Catégorie : Litterature en BD

Ils étaient dix -Tome 1

Album publié en 2025 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre Agatha Christie publié en novembre 1939.

En 1939, quand Agatha Christie écrit – Ten Little Nigers – elle ne sait pas encore qu’elle va marquer à jamais l’histoire de la littérature. Son roman deviendra le plus vendu de sa carrière, une intrigue intemporelle et formidable qui ménage le suspens jusqu’aux dernières lignes.


86 ans après sa parution en français, nous sommes fiers de présenter pour la première fois une adaptation en manga de ce drame en 10 actes.
La – Reine du Crime – a encore frappé ! Ses intrigues n’ont pas de frontières !

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ils étaient dix -Tome 1 »

Quatre-vingt-six ans après sa publication originale, le roman le plus emblématique d’Agatha Christie trouve une nouvelle jeunesse dans cette adaptation manga signée Aya Nikaidō. Cette transposition marque la toute première adaptation en manga du chef-d’œuvre policier.

L’intrigue en huis clos, qui suit dix invités isolés sur une île mystérieuse où ils sont éliminés un à un selon une comptine macabre, conserve toute sa force dramatique originelleAya Nikaidō réussit le pari de préserver l’essence psychologique de l’œuvre d’Agatha Christie tout en exploitant les codes narratifs du manga. La construction du suspense bénéficie particulièrement de cette transposition : les silences visuels, les cadrages serrés sur les expressions faciales et la mise en page séquentielle amplifient la tension croissante
La mangaka démontre une compréhension profonde des mécanismes du thriller psychologique, comme elle l’explique : « Voir comment les gens réagissent sous une pression extrême crée des personnages fascinants, et réfléchir aux moyens de construire l’atmosphère était créativement épanouissant ».

extrait bd Ils étaient dix -Tome 1

Le style graphique d’Aya Nikaidō révèle une maîtrise technique, particulièrement dans son approche des expressions et des atmosphères. Ses illustrations allient la précision du trait japonais contemporain à une sensibilité européenne, créant un équilibre parfait pour cette œuvre britannique adaptée
Le traitement des scènes de tension privilégie les gros plans expressifs et les cadrages cinématographiques, renforçant l’impact émotionnel de chaque révélation. La palette en noir et blanc, ponctuée de trames subtiles, évoque l’ambiance gothique de l’île tout en maintenant la lisibilité propre au manga moderne.

Cette adaptation s’inscrit dans une démarche plus large de démocratisation des classiques littérairesAya Nikaidō théorise parfaitement cette mission : « Les adaptations manga aident à ‘élargir’ de bien des manières. Elles rendent plus accessibles des œuvres qui peuvent intimider certains lecteurs ». L’approche de l’auteure préserve l’intelligence du récit original tout en l’enrichissant des codes visuels manga, créant ainsi une œuvre hybride particulièrement réussie.

Aya Nikaidō livre ici une œuvre incontournable pour les amateurs de thriller psychologique et de manga d’auteur. Série prévue en 3 tomes.



Emma

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Jungle.


D’après le roman de Jane Austen publié le 23 décembre 1815.

couverture bd Emma

Une délicieuse comédie de mœurs signée Jane Austen portée par une héroïne haute en couleurs.

Dans le petit bourg de Highbury, Emma entend bien faire régner sa loi : elle s’est en effet improvisée entremetteuse auprès de son entourage.
En quête d’un mari pour la jeune Harriet, une jeune fille sans le sou qu’elle a prise sous son aile, il n’est pas impossible qu’elle se trouve elle-même face aux affres de l’amour et aux déconvenues de l’existence.
Dans cette fresque qui dépeint avec réalisme la campagne anglaise, c’est aussi le parcours initiatique d’une héroïne rafraichissante par son inexpérience que nous livre ici Jane Austen.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Emma »

Emma, publié le 12 juin 2025 chez Jungle, reprend fidèlement le roman de Jane Austen tout en offrant une nouvelle vision moderne et accessible. Dans l’Angleterre régence de 1815, Claudia Kühn transpose avec justesse l’irrésistible héroïne d’Austen, manipulant les convenances sociales de Highbury avec un mélange d’espièglerie et de candeur.

Au niveau du scénario, l’album explore la psychologie d’Emma Woodhouse : son orgueil touche autant qu’il charme, et sa maladresse d’entremetteuse révèle la profondeur de son apprentissage émotionnel. La scénariste conserve l’esprit des dialogues originaux, soulignant les nuances des relations familiales et amoureuses sans sacrifier la fluidité du récit.

extrait bd Emma

Graphiquement, Tara Spruit déploie des décors soignés, où l’architecture géorgienne et les costumes d’époque sont restitués avec un grand goût du détail. Les teintes acidulées créent une atmosphère lumineuse et estivale, renforçant l’empathie envers les personnages.

Cette bande dessinée constitue une porte d’entrée idéale pour un public adolescent ou adulte découvrant Jane Austen.

Watership Down

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.


D’après le roman de Richard George Adams publié en 1972.

couverture bd  Watership Down

C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.
Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer.

Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera- t-elle vraiment là?

Aimé et partagé par des millions de lecteurs à travers le monde, l’envoûtant roman de Richard Adams fait partie de ces récits mythiques et hors du temps, une épopée sombre et violente, néanmoins parcourue d’espoir et de poésie.
Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et, par-dessus tout, vous ressentirez l’irrépressible désir de savoir ce qui va se passer.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Watership Down »

Watership Down, adaptation BD du classique de Richard Adams, se révèle être un bijou narratif et visuel sous la plume de James Sturm et le trait de Joe Sutphin. Cette œuvre, couronnée du Prix Eisner 2024 de la meilleure adaptation, transcende brillamment le roman original pour lui offrir une nouvelle dimension.

L’odyssée de ces lapins fuyant l’inéluctable destruction de leur garenne, menés par le valeureux Hazel et son frère visionnaire Fyveer, prend vie avec une intensité remarquable. James Sturm préserve la profondeur du récit originel – ses réflexions sur l’exil, la survie et le courage – tout en l’adaptant parfaitement au medium graphique.

extrait bd Watership Down

Les illustrations de Joe Sutphin sont d’une sensibilité exceptionnelle. Son trait précis et expressif capte admirablement tant la fragilité que la détermination des protagonistes, créant un contraste saisissant entre la douceur bucolique des paysages et la violence du monde hostile qu’ils traversent. Sa connaissance approfondie de la nature transparaît dans chaque case, donnant une authenticité rare aux personnages tout en préservant leur dimension mythique.

Cette adaptation réussit l’exploit de captiver aussi bien les connaisseurs du roman que les nouveaux venus. Elle conserve l’essence de cette fable moderne sur la liberté et la communauté, son souffle épique et sa violence parfois brutale, sans jamais perdre sa poésie intrinsèque ni sa dimension allégorique.

Une œuvre majeure qui prouve, s’il le fallait encore, la puissance narrative de la bande dessinée.

Nouvelles Aventures de Randolph Carter

Album publié en 2025 aux éditions Adverse.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en 1920.

couverture bd Nouvelles Aventures de Randolph Carter

Dans une société déliquescente d’un futur éventuellement post-apocalyptique, nous suivons le retour à la vie de la créature zombie Randolph Carter, cherchant à reprendre pieds (en retrouvant le bon usage de ses sens) pour achever une mission incertaine au milieu d’apparitions fantastiques et monstrueuses.

Porté par une langue heurtée, hanté par des motifs Lovecraftien et un imaginaire pulp, Randolph Carter fait l’expérience d’une déréliction progressive de la signification et de la représentation.

 


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nouvelles Aventures de Randolph Carter »

Avec Nouvelles aventures de Randolph Carter, Blexbolex, épaulé par Jérôme LeGlatin, propose un hommage audacieux à la littérature et à l’univers de H.P. Lovecraft, tout en s’ancrant dans une démarche artistique singulière et contemporaine.
Conçue initialement pour le fanzine Amici entre 2014 et 2018, cette bande dessinée s’affranchit des codes narratifs traditionnels pour offrir un feuilleton graphique où l’expérimentation plastique prime.

Le récit, oscillant entre science-fiction et fantastique, plonge le lecteur dans une conscience altérée, paranoïaque et peuplée de figures monstrueuses. Loin d’un simple pastiche, Blexbolex interroge les conséquences de l’effondrement contemporain, faisant résonner les thématiques lovecraftiennes avec nos angoisses actuelles. La dilution progressive du récit, accompagnée par la dissémination des matrices graphiques, évoque la fragilité de nos repères et la porosité entre réalité et cauchemar.

extrait bd Nouvelles Aventures de Randolph Carter

Graphiquement, l’album se distingue par une esthétique radicale : Blexbolex sculpte la page en dioramas, joue sur les reliefs, les pliages et les jeux d’ombres, créant une profondeur inédite. Cette approche, loin de l’épure de ses albums jeunesse, sert magistralement l’atmosphère d’étrangeté et d’oppression du récit. Chaque page devient un espace immersif, où l’œil du lecteur se perd dans les strates du dessin, à l’image de l’esprit égaré de Carter.

Nouvelles aventures de Randolph Carter s’adresse aux amateurs de bande dessinée d’auteur, de littérature fantastique et d’objets graphiques rares. C’est une expérience sensorielle et intellectuelle, qui renouvelle le mythe d’H.P. Lovecraft tout en questionnant notre présent.

Intempérie – Edition spéciale

Album publié en 2017 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman de Jesus Carrasco publié pour la première fois en janvier 2013.

couverture bd Intempérie - Edition spéciale

Au milieu de ces terres espagnoles ravagées par une interminable sécheresse, un jeune garçon effrayé fuit à travers les champs d’oliviers jusqu’à trouver refuge entre les racines.
Sur ses traces, le shérif du village et ses hommes de main ratissent la campagne afin de le ramener chez son père. Mais pourquoi un enfant fuirait il le domicile paternel ? Pourquoi préférerait il subir les blessures d’un soleil porté au fer-blanc plutôt que de rentrer avec les siens ?
Ces questions, le vieux chevrier nomade qui le recueille peu après n’en a cure. D’un caractère aussi rude que ces régions assoiffées, il prendra toutefois soin du fugitif et tentera vaille que vaille de le protéger de ces ombres lancées à sa poursuite.
Et ce, même s’il faut lui apprendre que pour échapper à la violence, on se doit parfois d’en user en retour.

Adaptation éponyme du roman de Jesús Carrasco, élu meilleur roman de langue espagnole en 2013, « Intempérie » est un véritable roman graphique réalisé par le talentueux auteur d’ « Un maillot pour l’Algérie« .
À travers de superbes images à la force brute, Javi Rey nous offre une expérience de lecture âpre et puissante, où les sons, les saveurs et les sensations sont portés à leur paroxysme ; un chef-d’œuvre dont on ne ressort pas indemne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Intempérie – Edition spéciale »

Intempérie – Edition spéciale est une version de la bande dessinée à tirage limité, également en couverture rigide et 152 pages, parue à la même date et chez le même éditeur.

Vous pouvez retrouver la critique de la BD ici.

Extrait de la BD :

extrait bd Intempérie - Edition spéciale

Intempérie

Album publié en 2017 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman de Jesus Carrasco publié pour la première fois en janvier 2013.

couverture bd Intempérie

Au milieu de ces terres espagnoles ravagées par une interminable sécheresse, un jeune garçon effrayé fuit à travers les champs d’oliviers jusqu’à trouver refuge entre les racines.
Sur ses traces, le shérif du village et ses hommes de main ratissent la campagne afin de le ramener chez son père. Mais pourquoi un enfant fuirait il le domicile paternel ? Pourquoi préférerait il subir les blessures d’un soleil porté au fer-blanc plutôt que de rentrer avec les siens ?
Ces questions, le vieux chevrier nomade qui le recueille peu après n’en a cure. D’un caractère aussi rude que ces régions assoiffées, il prendra toutefois soin du fugitif et tentera vaille que vaille de le protéger de ces ombres lancées à sa poursuite.
Et ce, même s’il faut lui apprendre que pour échapper à la violence, on se doit parfois d’en user en retour.

Adaptation éponyme du roman de Jesús Carrasco, élu meilleur roman de langue espagnole en 2013, « Intempérie » est un véritable roman graphique réalisé par le talentueux auteur d’ « Un maillot pour l’Algérie« .
À travers de superbes images à la force brute, Javi Rey nous offre une expérience de lecture âpre et puissante, où les sons, les saveurs et les sensations sont portés à leur paroxysme ; un chef-d’œuvre dont on ne ressort pas indemne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Intempérie »

Adaptation graphique du roman éponyme de Jesús CarrascoIntempérie de Javi Rey s’impose comme une bande dessinée rare et puissante, à la croisée du western et du récit d’initiation.
Dans une Espagne rurale des années 1960, ravagée par la sécheresse et la violence, un jeune garçon fuit un père brutal et croise la route d’un vieux berger nomade. Cette errance, tendue entre survie et quête d’humanité, s’inscrit dans un paysage aride où la nature hostile reflète la brutalité des hommes.

Javi Rey réussit le pari d’une adaptation fidèle mais singulière, en s’appropriant la sobriété narrative du roman : les mots sont rares, le silence et les regards en disent long. La psychologie des personnages s’exprime dans les gestes, les silences et les choix moraux, notamment dans la relation quasi filiale qui se noue entre le garçon et le berger, figure de transmission et de bonté face à l’alguazil, incarnation du mal et du pouvoir oppressif. 

extrait bd Intempérie

Graphiquement, Javi Rey impose une identité forte : les couleurs chaudes, déclinées en camaïeux de jaunes et d’orangés, dessinent une nature sèche, écrasante, tandis que les bleus nocturnes et les rouges vifs soulignent la menace et la violence. 
L’expressivité des visages, la composition des planches et la symbolique des mains ou du chapeau de paille traduisent subtilement l’évolution intérieure du garçon. 

Intempérie est un roman graphique d’une intensité rare, où chaque planche résonne comme un cri silencieux contre la fatalité. Javi Rey y déploie un scénario et des planches remarquables, offrant une expérience sensorielle et émotionnelle qui marquera les lecteurs sensibles aux récits d’émancipation, aux ambiances oppressantes et à la beauté rugueuse de la bande dessinée contemporaine.

Chroniques de San Francisco 2

Bande dessinée publiée en 2021 aux éditions Steinkis.


D’après les romans d’ Amistead Maupin publiés en 1978.

couverture bd Chroniques de San Francisco 2

San Francisco, Saint-Valentin 1977.
Les protégés de Mme Madrigal ont déserté le 28 Barbary Lane.
Mary Ann et Michael poursuivent leur quête du grand amour, embarqués sur un bateau de croisière en direction d’Acapulco.
Tandis que l’une fait la rencontre d’un bel amnésique curieusement phobique des roses, l’autre tombe par hasard sur son gynécologue préféré.

De son côté, Mona, devenue réceptionniste d’un bordel à Winnemucca, ne se doute pas qu’elle est sur le point d’en apprendre plus sur sa logeuse… et sur elle-même.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chroniques de San Francisco 2 »

Une chronique graphique vibrante et profondément humaine

Ce deuxième tome des « Chroniques de San Francisco » confirme magistralement le talent du duo Bauthian-Revel pour adapter l’œuvre culte d’Armistead Maupin. Dans cette suite, les pensionnaires du 28 Barbary Lane poursuivent leurs quêtes personnelles loin de leur foyer d’adoption : Mary Ann en croisière à Acapulco où elle rencontre un amnésique intrigant, Michael retrouvant un amour passé, et Mona devenue réceptionniste d’un bordel à Winnemucca, où des révélations l’attendent.

Le scénario d’Isabelle Bauthian réussit l’équilibre délicat entre fidélité à l’œuvre originale et liberté créative, multipliant « clins d’œil et trouvailles narratives ». Les dialogues, empreints d’humour et de sensibilité, éclairent avec justesse les relations tissées entre les personnages dans ce San Francisco de 1977, symbole de libération sexuelle et d’émancipation sociale.

extrait bd Chroniques de San Francisco 2

Le trait de Sandrine Revel offre une interprétation graphique à la fois « vive et douce » de cette époque charnière. Ses illustrations colorées et expressives enrichissent l’exploration des thèmes de tolérance et d’identité au cœur du récit.

Cette adaptation en bande dessinée réussit le pari de capturer l’esprit du roman original tout en apportant une dimension visuelle qui renforce l’attachement aux personnages.
Une lecture pour les amateurs de romans graphiques sensibles et intelligents, qu’ils connaissent ou non l’œuvre originale.


Chroniques de San Francisco 1

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Steinkis.


D’après les romans d’ Amistead Maupin publiés en 1978.

couverture bd Chroniques de San Francisco 1

San Francisco, fin des années 1970.
Mary Ann Singleton débarque dans la baie après avoir coupé le cordon ombilical et quitté son Ohio natal.
Elle trouve refuge dans une pension familiale au 28 Barbary Lane. La propriétaire, Madame Madrigal est, disons, pittoresque mais materne ses locataires avec une inépuisable gentillesse. Et ils en ont tous bien besoin, car « s’il ne pleut jamais en Californie, les
larmes en revanche peuvent y couler à flots ». Mary Ann va devoir s’adapter à cette nouvelle vie, Mona vient de perdre son emploi, Michael cherche l’homme de sa vie…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chroniques de San Francisco 1 »

Une plongée vibrante dans le San Francisco des années 70.

Au cœur de la contre-culture californienne de la fin des années 1970, Isabelle Bauthian et Sandrine Revel offrent une adaptation remarquable du célèbre cycle romanesque d’Armistead Maupin. Cette bande dessinée capture avec justesse l’atmosphère d’une époque où San Francisco incarnait l’épicentre des libertés et de l’émancipation.

Le récit suit Mary Ann Singleton, jeune femme de l’Ohio qui trouve refuge au 28 Barbary Lane, pension tenue par l’énigmatique Madame Madrigal. C’est le début d’une aventure humaine où se croisent Mona, Michael et d’autres personnages aux trajectoires singulières, formant peu à peu une véritable famille de cœur.

Isabelle Bauthian réussit brillamment à condenser l’essence de l’œuvre originale, préservant son équilibre entre légèreté et gravité.

extrait bd Chroniques de San Francisco 1

Le trait de Sandrine Revel apporte une dimension visuelle parfaitement accordée à cette chronique urbaine. Ses couleurs vives et ses textures soignées créent un univers graphique à la fois nostalgique et contemporain. Par ses lignes teintées et ses dégradés subtils, elle fait revivre avec authenticité l’exubérance queer et l’architecture distinctive de la ville.

Cette adaptation respire la sensibilité et l’intelligence, offrant tant aux connaisseurs de l’œuvre originale qu’aux nouveaux lecteurs une plongée émouvante dans un San Francisco mythique, où les personnages réalistes nous renvoient à nos propres doutes et espérances.


La Guerre des boutons

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Le Genevrier.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

couverture bd La Guerre des boutons

Le père de Lebrac est furieux contre son rejeton, le chef d’une armée de gamins (les Longevernes) en guerre contre celle du village voisin (les Velrans).
Le guerrier est rentré d’une bataille calamiteuse pour son camp, les habits en loques…
Mais si le père savait tout ce qui se passe dans les bois, près de « la Saute », il s’étranglerait de rage !

Une adaptation au plus près des dialogues de l’œuvre de Louis Pergaud, qui garde ici toute sa verve.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons »

Dans son adaptation graphique du classique de Louis Pergaud, Bruno Heitz restitue toute la saveur de cette histoire emblématique de la littérature jeunesse. L’illustrateur parvient à capturer l’essence même de ce récit rural de la fin du XIXe siècle, où deux bandes rivales de garçons, les Longevernes et les Velrans, s’affrontent dans une guerre sans merci dont l’enjeu est la confiscation des boutons des vaincus.

Le talent de Bruno Heitz réside dans sa capacité à conserver la truculence du langage d’origine tout en apportant, par son trait simple mais expressif, une dimension visuelle qui rend l’œuvre parfaitement accessible aux jeunes lecteurs contemporains. Son style graphique, sans chichis mais précis, sert admirablement le propos et l’atmosphère campagnarde du récit.

Ce qui fait la force de cette adaptation, c’est l’intelligence avec laquelle Bruno Heitz aborde la campagne et son talent d’observateur. Il parvient à restituer la véritable violence qui traverse le roman original, souvent édulcorée dans d’autres adaptations. Sa narration fidèle des principaux épisodes, couplée à son sens du détail et de la mise en page, donne une nouvelle vie à cette histoire intemporelle.

Une œuvre réjouissante qui, tout en respectant la lettre et l’esprit de Louis Pergaud, offre aux lecteurs dès 9 ans une porte d’entrée idéale vers ce monument de notre patrimoine littéraire.

Le Fantôme de l’Opéra – Seconde partie

Album publié en 2013 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaston Leroux publié le 23 septembre 1909.

couverture bd Le Fantôme de l'Opéra - Seconde partie

Suite et fin de cette adaptation à l’intrigue envoûtante, entre histoire d’amour, récit policier et fantastique.

Après avoir provoqué une série de drames à l’Opéra Garnier, le ténébreux «Fantôme» enlève une nouvelle fois Ingrid, la jeune cantatrice qu’il semble avoir envoûtée.
En suivant les traces de son rival, Pierre de Chagny découvre de sombres horreurs dans les sous-sols de l’Opéra…
Un voyage en enfer qui le mène bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Fantôme de l’Opéra – Seconde partie »

Christophe Gaultier conclut magistralement son adaptation du classique de Gaston Leroux dans ce second tome paru chez Gallimard en 2013. Cette finale nous plonge dans les profondeurs de l’Opéra Garnier où Pierre de Chagny poursuit le mystérieux fantôme qui a enlevé, une fois de plus, la jeune cantatrice Ingrid.

L’auteur excelle dans la transcription de l’atmosphère gothique et oppressante du roman original. La descente aux enfers de Pierre dans les souterrains parisiens devient une métaphore puissante de l’exploration des abîmes de l’âme humaine. Le triangle amoureux tragique atteint ici son paroxysme, révélant toute la complexité des personnages, particulièrement celle d’Erik, ce fantôme déchiré entre amour obsessionnel et rédemption.

extrait bd Le Fantôme de l'Opéra - Seconde partie

Le trait épais et expressionniste de Christophe Gaultier, rehaussé par l’extraordinaire travail chromatique de Marie Galopin, contribue pleinement à l’intensité émotionnelle du récit. Les visages, bien que peu détaillés, sont paradoxalement très expressifs, traduisant avec justesse les tourments intérieurs. Les cadrages impeccablement posés alternent entre pauses contemplatives et mouvements dramatiques, maintenant constamment le lecteur en haleine.

Cette adaptation fidèle du chef-d’œuvre de Gaston Leroux captivera les amateurs de récits gothiques et de bandes dessinées d’atmosphère sombre. Christophe Gaultier réussit le tour de force de nous faire ressentir l’écho lointain des notes d’orgue du fantôme, résonnant dans les souterrains labyrinthiques de l’Opéra, et ce … jusqu’à la dernière page.