Catégorie : Litterature en BD

La Guerre des Gaules

Albums publiés en 2023 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre de Jules César (8 livres publiés entre -58 avant JC et -44 avant JC).

couverture bd La Guerre des Gaules

Découvrez pour la première fois en manga l’adaptation d’un des ouvrages historiques les plus fameux, La Guerre des Gaules par Jules César !

En 58 avant J.-C., César devient le proconsul de plusieurs régions gauloises. Cependant, la Gaule est peuplée de centaines de tribus disparates, et bon nombre de ses habitants vivent en permanence sous la menace de la Germanie…

Une adaptation en manga de l’une des plus célèbres chroniques militaires, qui dépeint les exploits du héros César alors qu’il s’aventure dans les terres barbares gauloises.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des Gaules »

Hiromu Shinozuka réussit un pari audacieux avec La Guerre des Gaules, une adaptation en manga du célèbre récit historique de Jules César. En transposant ce texte emblématique dans le format dynamique du seinen, l’auteur et l’équipe de Variety Art Works offrent une relecture captivante des campagnes militaires romaines en Gaule.
Le choix du style manga, avec son découpage cinématographique et ses cadrages variés, insuffle une énergie nouvelle à cette épopée antique, tout en rendant l’histoire accessible à un public jeune et curieux

extrait bd La Guerre des Gaules

Graphiquement, le travail de la team Banmikas impressionne par sa capacité à mêler réalisme historique et expressivité propre au manga. Les scènes de bataille sont particulièrement saisissantes, combinant intensité dramatique et précision stratégique, tout en reflétant les dilemmes intérieurs de César. Ce dernier est présenté non seulement comme un conquérant implacable, mais aussi comme un homme assailli par des questionnements complexes, ce qui enrichit la narration et humanise le personnage.

Loin de glorifier aveuglément Rome, l’œuvre nuance son propos en mettant en lumière la richesse culturelle des tribus gauloises, souvent réduites à des clichés barbares. Cette approche pédagogique, alliée à un rythme soutenu et une esthétique soignée, fait de La Guerre des Gaules une œuvre aussi divertissante qu’instructive.
Une réussite qui prouve que l’histoire peut se réinventer sous les traits d’un héros de manga.

L’Iliade et l’Odyssée

Albums publiés en 2021 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre de Homère (écrite vers -800 AV JC).

couverture bd L'Iliade et l'Odyssée

L’adaptation en manga de l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, deux œuvres basées sur la mythologie de la Grèce Antique et acclamées comme étant les plus grands poèmes épiques grecs.

Il s’agit du temps des légendes, quand les Hommes et les Dieux tissaient ensemble la trame de l’Histoire.

Sous le regard de Zeus, le père des Dieux, omniscient et omnipotent, se déclenche la Guerre de Troie qui allait durer dix ans.

Bientôt, cette guerre atteint son point culminant avec l’affrontement décisif opposant les héros Achille et Hector


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Iliade et l’Odyssée »

Adapter les deux chefs-d’œuvre fondateurs d’Homère en bande dessinée est un défi audacieux que Variety Artworks relève avec brio dans cette version manga publiée chez Soleil. L’ouvrage s’inscrit dans une collection qui vise à rendre accessibles les grands classiques de la littérature mondiale, tout en respectant l’esprit des textes d’origine.

Sur le plan narratif, la BD condense avec efficacité les moments majeurs de l’Iliade – la colère d’Achille, le duel avec Hector – et de l’Odyssée – les épreuves d’Ulysse, la fidélité de Pénélope. Les thèmes universels de l’honneur, du destin, de la ruse et de la persévérance sont mis en avant, tout en conservant la complexité morale des personnages : Achille, tiraillé entre gloire et humanité, Ulysse, héros ambivalent, et les dieux, omniprésents et capricieux. Malgré l’inévitable simplification due au format, l’essentiel du souffle épique et de la profondeur psychologique est préservé.

extrait bd L'Iliade et l'Odyssée

Graphiquement, le manga séduit par son dynamisme et la clarté de ses planches. Les codes visuels du manga – expressivité des visages, découpage rythmé – insufflent une énergie nouvelle au récit, rendant les batailles et les péripéties d’Ulysse particulièrement vivantes. Les dessins, tout en stylisant les héros, leur confèrent un charisme immédiat, facilitant l’identification du jeune public sans trahir la dimension mythologique.

En conclusion, cette adaptation s’impose comme une excellente porte d’entrée vers les épopées homériques, idéale pour les adolescents et les lecteurs curieux de découvrir les grands récits antiques sous un angle moderne et accessible. Un hommage respectueux et pédagogique, qui donne envie de (re)plonger dans l’œuvre d’Homère.

Randolph Carter – Tome 2 – Par-delà les portes d’ivoire et de corne

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Soleil.


Adapté du roman de H. P. Lovecraft publié en 1920.

Poursuivant son expédition dans le désert de Syrie, Randolf Carter cherche Kadath l’inconnue, la ville sans nom. D’étranges phénomènes déciment ses compagnons. Quelque part à l’Est quelque chose l’attend, l’appelle et rêve.

Quelque chose ayant un rapport avec ce qu’avait trouvé son ancêtre au temps des croisades.

Les aventures de l’alter ego de Lovecraft se poursuivent au milieu des démons et des merveilles de l’Orient.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Randolph Carter – Tome 2 – Par-delà les portes d’ivoire et de corne »

Avec ce second tome, Simon Treins et Jovan Ukropina concluent leur diptyque inspiré de l’univers d’H. P. LovecraftPar-delà les portes d’ivoire et de corne plonge Randolph Carter dans une quête mystique au cœur du désert syrien, où l’écho des croisades et des créatures fantastiques se mêle à un complot menaçant. Ce récit, à la croisée de l’aventure et de l’horreur cosmique, s’inspire directement des récits d’H. P. Lovecraft tout en y ajoutant une touche personnelle.

Simon Treins explore des thèmes chers à H. P. Lovecraft, tels que l’indicible et la quête de savoir interdit. Cependant, si l’atmosphère est riche en mystère et en tension, certains aspects narratifs manquent de profondeur. Les péripéties s’enchaînent rapidement, au détriment d’un développement plus nuancé des personnages ou des créatures fantastiques. La fin ouverte, bien qu’audacieuse, peut laisser un goût d’inachevé.

extrait bd Randolph Carter - Tome 2 - Par-delà les portes d'ivoire et de corne

Le véritable point fort de cette BD réside dans le travail visuel de Jovan Ukropina et Stéphane Paitreau. Les décors variés – des tranchées de la Première Guerre mondiale aux paysages désertiques – sont magnifiquement détaillés, tandis que les créatures monstrueuses évoquent avec brio l’horreur de Lovecraft. Les jeux de lumière et les palettes chromatiques renforcent l’immersion dans cet univers étrange et oppressant.

Ce tome final reste une expérience captivante pour les amateurs d’H. P. Lovecraft. Le duo Treins-Ukropina offre un bel hommage visuel et thématique à l’univers du maître de Providence


Randolph Carter – Tome 1 – La ville sans nom

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Soleil.


Adapté du roman de H. P. Lovecraft publié en 1920.

couverture bd Randolph Carter - Tome 1 - La ville sans nom

Randolph Carter est un personnage fictif apparaissant dans sept récits de H. P. Lovecraft. Il est, vraisemblablement, le double de Lovecraft lui-même.

Engagé dans la Légion, Randolph Carter est blessé, seul survivant d’une attaque à Belloy-en-Santerre. Soigné à Marseille, il se lie d’amitié avec un autre légionnaire.

Il est témoin du suicide d’un marin américain rescapé du pacifique sud, rendu fou à la suite d’un naufrage. En 1917 ils sont volontaires pour partir au Levant et participent à la campagne de Cilicie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Randolph Carter – Tome 1 – La ville sans nom »

« Randolph Carter – Tome 1 : La ville sans nom« , scénarisé par Simon Treins et illustré par Jovan Ukropina, est une œuvre captivante qui plonge le lecteur dans l’univers sombre et envoûtant de H.P. Lovecraft.

Ce premier tome, édité par Soleil, s’ouvre sur un cadre historique de la Première Guerre mondiale, où le légionnaire Randolph Carter fait face à une horde de créatures surnaturelles lors d’un raid en 1916.

Treins réussit à tisser un récit riche en mystères et en suspense, oscillant habilement entre réalité et fantastique. Les visions et les rencontres énigmatiques de Carter, notamment avec le pendentif mystérieux, sont autant de fils conducteurs qui maintiennent le lecteur en haleine. L’intrigue, bien que parfois lente à se développer, est compensée par une profondeur narrative qui explore les obsessions et les traumatismes du protagoniste.

Le dessin de Jovan Ukropina est un véritable atout pour cette bande dessinée. Son style détaillé et réaliste, combiné aux couleurs sombres de Stéphane Paitreau, crée une atmosphère oppressante et immersive. Chaque planche est une invitation à plonger plus profondément dans les ténèbres de l’univers lovecraftien.

Cette introduction pose des bases solides pour une saga prometteuse, fidèle à l’esprit de Lovecraft tout en apportant une touche moderne.

« Randolph Carter – Tome 1 : La ville sans nom » est une réussite qui séduira les amateurs de fantastique et d’horreur. Une lecture incontournable pour ceux qui apprécient les récits riches en mystère et en ambiance.


Trois contes de fantômes

Album publié en 2019 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Adapté de nouvelles de Guy de Maupassant : Apparition 4 avril 1883, Le Tic 14 juillet 1884, La Morte 31 mai 1887.

couverture bd Trois contes de fantômes

Trois contes de fantômes propose trois nouvelles fantastiques écrites par Guy de Maupassant, choisies et illustrées par Camille Garoche, véritable orfèvre du papier découpé.

Apparition s’intéresse à une histoire étrange survenue au marquis de la Tour-Samuel, alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’années, et qui le hante depuis…

Le Tic est le récit d’un père, affligé d’un tic singulier, qui raconte les mystérieuses raisons qui incitent sa fille à porter un gant à la main gauche…

Enfin, La Morte nous immerge dans les souvenirs du narrateur dont la femme est morte, lorsque d’étranges phénomènes se produisent…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Trois contes de fantômes »

Dans « Trois contes de fantômes« , Camille Garoche réinterprète magistralement les nouvelles fantastiques de Guy de Maupassant à travers une technique visuelle unique : le papier découpé.

Publié chez les éditions Soleil dans la collection Métamorphose, cet ouvrage est bien plus qu’une simple adaptation ; c’est une œuvre d’art à part entière qui marie texte et illustration avec une rare élégance.

Garoche sélectionne trois récits emblématiques de Maupassant : « Apparition« , « Le Tic » et « La Morte ». Ces histoires, déjà chargées de mystère et de surnaturel, trouvent une nouvelle vie grâce aux illustrations délicates et évocatrices de l’artiste. Chaque page est un tableau qui capture l’essence des récits, offrant une immersion visuelle qui accentue la tension narrative.

extrait bd Trois contes de fantômes

Les découpages de Garoche, précis et minutieux, apportent une texture et une dimension qui enrichissent la lecture. On note la capacité de l’illustratrice à magnifier les textes sans les trahir, créant une symbiose parfaite entre image et mot​​. Chaque illustration semble dialoguer avec le texte, ajoutant des couches de signification et intensifiant l’atmosphère de chaque conte.

En revisitant ces classiques du fantastique, Garoche ne se contente pas de les illustrer ; elle les transcende, les rendant accessibles et captivants pour une nouvelle génération de lecteurs. « Trois contes de fantômes » est un hommage vibrant à Maupassant et un chef-d’œuvre visuel qui mérite une place de choix dans toute bibliothèque dédiée à la littérature et à l’art.

Alice au pays des merveilles

Album publié en 2010 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Lewis Carroll publiée en en 1865.

couverture bd Alice au pays des merveilles

Le monde magique que découvre Alice en tombant dans le terrier du Lapin Blanc est sombre, effrayant… délicieusement dangereux.

Il a perdu toute logique et, pour qui ne connaît pas les règles, le risque est grand de perdre la tête, au sens propre du terme !

Voici une nouvelle version du chef-d’œuvre de Lewis Carroll, très fidèle à l’histoire originelle et magnifiée par un dessin délicat, rehaussé d’une subtile mise en couleurs. Petits et grands y (re)découvriront ainsi un imaginaire extraordinaire, qu’aucune entrave ne vient limiter.

Pour leur première collaboration, les auteurs David Chauvel et Xavier Collette livrent avec Alice au pays des Merveilles un hommage amoureux à ce conte onirique, d’une évidente modernité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Alice au pays des merveilles »

L’adaptation en bande dessinée d’Alice au pays des merveilles par David Chauvel et Xavier Collette, publiée en 2010 par les éditions Drugstore, est une véritable réussite visuelle. Collette, avec son premier album, éblouit par ses illustrations féériques et immersives, plongeant le lecteur dans un univers où le surréalisme et la fantaisie de Lewis Carroll prennent vie avec une grâce indéniable.

Chauvel reste fidèle à l’œuvre originale de Carroll, respectant la narration décousue et les rencontres singulières qui jalonnent le parcours d’Alice. Si cette fidélité est louable, elle peut néanmoins paraître déroutante pour certains lecteurs, rendant la lecture parfois confuse. Cette adaptation ne cherche pas à réinventer le récit, mais à le magnifier par l’art visuel.

L’atmosphère étrange et magique du pays des merveilles est rendue avec une précision et une beauté saisissantes. Les personnages, du Chapelier fou à la Reine de Cœur, sont représentés avec un souci du détail et une expressivité qui captivent.

Les scènes colorées, comme la chute d’Alice dans le terrier, sont particulièrement remarquables et témoignent du talent de Collette pour le choix des palettes de couleurs et la composition des planches​.

Cette adaptation de Alice au pays des merveilles est un enchantement visuel. Une œuvre à savourer autant pour ses illustrations que pour la redécouverte d’un classique intemporel.

Gatsby le magnifique

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Paquet.


Adapté du roman de Francis Scott Fitzgerald publié en 1925.

couverture bd bd Gatsby le magnifique

New York, années folles…

Dans sa somptueuse demeure de Long Island, Jay Gatsby organise de fastueuses réceptions où les invités se pressent en foule.

Mais leur hôte ne cherche à éblouir qu’une seule personne : Daisy Buchanan. Elle est élégante, riche, séduisante, mais elle est la femme d’un héritier millionnaire…

Un des plus grands romans de la littérature américaine du XXe siècle, adapté pour la première fois en bande dessinée par des auteurs américains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gatsby le magnifique »

L’adaptation en bande dessinée de « Gatsby le Magnifique » par Ted Adams et illustrée par Jorge Coelho est une œuvre captivante qui réussit à transposer le classique de F. Scott Fitzgerald dans un format visuel.

La narration, fidèle au texte original, est portée par le personnage de Nick Carraway, dont la perspective interne ajoute une profondeur introspective à l’histoire. Les illustrations de Coelho, avec leur style semi-réaliste et leurs couleurs lumineuses, évoquent magnifiquement l’opulence et la décadence des années 1920.

extrait bd bd Gatsby le magnifique

On notera la qualité graphique de cette adaptation. Le dessin de Coelho, précis et évocateur, recrée avec brio l’atmosphère des fêtes somptueuses et des paysages architecturaux de l’époque. La colorisation, souvent audacieuse, illumine le récit tout en accentuant les contrastes dramatiques de l’histoire.

Cette adaptation ne se contente pas de reproduire fidèlement le récit de Fitzgerald. Elle apporte une nouvelle dimension visuelle qui enrichit l’expérience de lecture, permettant aux lecteurs de redécouvrir cette œuvre sous un angle inédit.

Cette bande dessinée est une réussite artistique et narrative, un hommage respectueux et innovant au chef-d’œuvre littéraire original.

La délicatesse du homard

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Michel Lafon.


Adapté du roman de Laure Manel parue en 2016.

couverture bd La délicatesse du homard

François, grand solitaire, dirige un centre équestre en Bretagne.

Lors d’une promenade à cheval sur la plage, il découvre une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher.

Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner.

À son réveil, l’inconnue déclare s’appeler Elsa mais refuse de répondre à toute autre question.

Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre… Qui est Elsa ? Quelle vie est-elle en train de fuir ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La délicatesse du homard »

« La Délicatesse du Homard » est une bande dessinée poignante qui touche le cœur avec une histoire de résilience et de découverte de soi.

Adaptée du roman de Laure Manel par Véronique Grisseaux et illustrée par Alexandra Davis, elle dépeint la rencontre fortuite entre François, un propriétaire de centre équestre, et Elsa, une jeune femme traumatisée, trouvée inconsciente sur une plage bretonne.

La force de cette œuvre réside dans sa capacité à capturer les émotions humaines avec finesse. Le scénario de Grisseaux est une symphonie d’émotions, dévoilant progressivement les blessures d’Elsa tout en illustrant la tendresse et la patience de François.

Les illustrations de Davis complètent admirablement ce récit, apportant une douceur visuelle qui contraste avec la profondeur des thèmes abordés, tels que la peur et la guérison.

On peut loué cette adaptation pour sa fidélité à l’œuvre originale et sa capacité à toucher le lecteur par sa sincérité et son humanité. Malgré quelques longueurs narratives, cela n’enlève rien à l’impact global de l’histoire.

« La Délicatesse du Homard » est une œuvre délicate et puissante, à recommander sans réserve aux amateurs de récits humains et profonds.

Dieu n’habite pas la Havane

Album publié aux éditions Michel Lafon en 2021.


Adapté du roman de Yasmina Khadra publié en 2016.

couverture bd Dieu n'habite pas la Havane

À l’heure où le régime castriste semble avoir vécu, Juan del Monte Jonava, à cinquante ans passés, chante toujours dans les cabarets de La Havane.

Sa voix magnifique qui électrisait les foules lui a valu le surnom de « Don Fuego », mais le temps s’est écoulé et sa gloire s’est ternie. À l’instar de nombreux Cubains habitués aux restrictions, Juan vit chez sa sœur et sa nombreuse famille.

En quête d’un nouveau contrat, il traîne son mal-être dans les rues de la ville, quand il tombe sur Mayensi, une jeune fille rousse et sauvage qui a fui son village.

Touché par la grâce et le désarroi de la jeune fille, Don Fuego décide de l’emmener chez sa sœur.

Malgré la différence d’âge, il éprouve pour elle une attirance de plus en plus forte et, à son contact, la vitalité et la passion qu’il croyait à jamais disparues renaissent en lui.

Hélas, cette beauté farouche semble nourrir une étrange méfiance à l’égard des hommes. Et si Don Fuego réussit à la séduire, il sait que ce moment de bonheur parfait qu’elle lui offre ne pourra être qu’une parenthèse miraculeuse.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dieu n’habite pas la Havane »

« Dieu n’habite pas la Havane« , adapté du roman de Yasmina Khadra par Véronique Grisseaux et illustré par Arnaud Floc’h, est une œuvre qui captive par son mélange de nostalgie et de réalisme magique.

Le récit suit Don Fuego, un chanteur déchu de La Havane, dont la rencontre avec la mystérieuse Mayensi ravive un semblant d’espoir et de passion dans sa vie ternie.

Grisseaux réussit à retranscrire la profondeur émotionnelle du roman, tout en injectant une dynamique propre à la bande dessinée. Les dialogues sont poignants, révélant les failles et les désirs des personnages avec une subtilité remarquable. La plume de Grisseaux, combinée aux illustrations évocatrices de Floc’h, donne vie à une Havane pittoresque et envoûtante.

extrait bd Dieu n'habite pas la Havane

Les dessins de Floc’h, soutenus par les couleurs vibrantes de Christophe Bouchard, restituent à merveille l’atmosphère des années 50-60 de la capitale cubaine. Chaque vignette est un tableau, riche en détails et en émotions, plongeant le lecteur dans un voyage visuel et narratif saisissant​​.

Le seul bémol que l’on pourrait reprocher à cette BD est une vision quelque peu stéréotypée de Cuba, proche des clichés hollywoodiens.

Malgré cela, la beauté des illustrations et la profondeur narrative font de « Dieu n’habite pas la Havane » une lecture incontournable pour les amateurs de récits intenses et visuellement splendides​.

Retour à Killybegs

Album publié en 2019 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Sorj Chalandon publiée en 2011.

Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais.

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. »

Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Retour à Killybegs »

« Retour à Killybegs » est une adaptation en bande dessinée du roman éponyme de Sorj Chalandon, superbement réalisée par Pierre Alary.

Le récit explore la vie tumultueuse de Tyrone Meehan, figure légendaire de l’IRA devenue traître à sa cause. Par ses souvenirs, Tyrone nous plonge dans son enfance, marquée par un père alcoolique et violent, son engagement dans la lutte pour l’indépendance irlandaise, et sa descente inexorable vers la trahison.

L’œuvre se distingue par sa profondeur émotionnelle et sa richesse historique. Les dialogues introspectifs de Tyrone, confronté aux fantômes de son passé, permettent de comprendre les motivations complexes derrière ses actions. L’auteur ne se contente pas de relater les événements; il les contextualise, offrant un aperçu nuancé des conflits internes et externes qui ont façonné le parcours de Tyrone.

Les illustrations de Pierre Alary sont à la hauteur de la narration. Les planches, aux tons monochromes oscillant entre le vert et l’ocre, capturent parfaitement l’atmosphère sombre et mélancolique du récit. La précision du trait et l’élégance de la mise en page renforcent l’immersion du lecteur, rendant palpable la tension et le désarroi du protagoniste.

Ce roman graphique va au-delà de la simple adaptation; il devient une œuvre à part entière, enrichissant le matériau original de Chalandon. Les choix esthétiques et narratifs d’Alary apportent une dimension supplémentaire à l’histoire, permettant une immersion totale dans les tourments de Tyrone.

« Retour à Killybegs » est une exploration poignante de la trahison, du désespoir et de la quête de rédemption. Il nous rappelle que la frontière entre héros et traître est souvent floue et que derrière chaque acte de trahison se cache une histoire humaine complexe et déchirante.

Un must-read pour les amateurs de bandes dessinées et d’histoire contemporaine.