Catégorie : Litterature en BD

Le Père Goriot – Tome 2

Album publié en 2010 aux Editions Delcourt.


Adapté de l’œuvre d’Honoré De Balzac publiée en février 1835.

Après ses vaines tentatives pour s’imposer dans la haute société parisienne, Rastignac décide d’apporter son soutien au père Goriot.

Ce dernier, mourant, souhaite voir ses filles, désespérément absentes.

Finalement, seul le jeune homme assistera à l’enterrement. Du haut du cimetière de Paris, surplombant ce monde dans lequel il a voulu pénétrer, il lancera ces mots : – À nous deux maintenant !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Père Goriot – Tome 2 »

Thierry Lamy et son équipe saisissent avec acuité l’esprit de l’œuvre balzacienne, transportant le lecteur dans les méandres d’une société parisienne où le lustre des apparences masque souvent la rouille des âmes.

Ce deuxième tome continue à tisser le récit de Rastignac, jeune ambitieux dans la jungle aristocratique, où chaque relation est une échelle vers l’ascension ou la chute sociale.

Sa quête est mise en images avec une palette de couleurs et des traits qui expriment le contraste saisissant entre la richesse extérieure et la misère intérieure des personnages.

C’est une danse macabre de vanités, une sarabande où l’on court après le vent de la reconnaissance et de l’amour filial piétiné par l’égoïsme et l’ambition.

Les frivolités de l’époque de Balzac trouvent un écho dans notre ère numérique, où les réseaux sociaux sont les nouveaux salons de conversation et de séduction.

On notera la fidélité de l’adaptation, mais également la capacité de la bande dessinée à capturer la critique sociale aiguisée de Balzac.

Le dessin et la mise en couleurs de Bruno Duhamel viennent appuyer ce propos, offrant une immersion complète dans l’univers du XIXe siècle.

« Le Père Goriot – Tome 2 » est un hommage habilement réalisé à l’un des plus grands romans du canon littéraire français, un travail d’adaptation qui offre à la fois un rappel des classiques et une fenêtre sur notre propre société.


Le Père Goriot – Tome 1

La belle image

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Marcel Aymé publié le 28 janvier 1941.

couverture bd La belle image

En l’espace d’un instant, la vie d’un homme ordinaire bascule. Les passantes le suivent du regard, leurs yeux brillent, elles lui sourient… Il a changé de visage.


Mieux encore, ses traits se sont affinés, il paraît plus jeune et surtout, plus séduisant. Mais s’il gagne au change, il est devenu par la même occasion un parfait étranger pour tous ses proches. Plus personne ne le reconnaît et c’est toute sa vie qui se dérobe et qu’il doit réinventer.


Entre le charme de son épouse et celui de l’envoûtante Sarrazine, c’est aussi l’heure des choix et il va découvrir que cette «belle image» peut s’avérer difficile à porter…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La belle image »

Dans « La Belle Image« , Cyril Bonin s’empare avec audace du roman de Marcel Aymé pour le métamorphoser en une bande dessinée d’une finesse psychologique remarquable.

L’histoire de Raoul Cérusier, homme ordinaire doté d’un nouveau visage par un sortilège du quotidien, interroge profondément sur la notion d’identité et le poids de l’apparence dans nos sociétés.

Le dessin de Bonin, avec ses traits expressifs et ses couleurs empreintes de nostalgie, donne corps aux tourments intérieurs du protagoniste et à ce Paris aux allures intemporelles. La transformation de Raoul ne se limite pas à un changement esthétique ; elle conduit à une cascade de remises en question sur sa vie, ses choix et ses relations, dessinant une chronique sociale captivante.

extrait bd La belle image

Si le rythme de la narration peut sembler lent, il n’en demeure pas moins que cette lenteur semble volontaire, épousant le pas hésitant d’un homme qui redécouvre le monde à travers un regard neuf. Cette lenteur est aussi le reflet d’une certaine monochromie des teintes utilisées, renforçant la sensation d’étrangeté qui s’empare du lecteur.

« La Belle Image » est plus qu’une simple adaptation. Bonin réussit à capturer l’esprit d’Aymé tout en offrant une perspective neuve, faisant de cette bande dessinée une lecture réfléchie et mélancolique sur la quête de soi et les illusions de la superficialité

Un sac de billes – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié en 1973.

couverture bd Un sac de billes - Tome 3

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 3 »

Dans le troisième tome de « Un sac de billes« , le dessinateur Vincent Bailly et le scénariste Kris poursuivent l’adaptation des mémoires de Joseph Joffo avec une sensibilité graphique captivante.

L’œuvre, qui s’inscrit dans le Paris de l’après-Seconde Guerre mondiale, dépeint avec justesse les tribulations adolescentes de Jo, personnage central du récit.

La force de cette bande dessinée réside dans sa capacité à mêler légèreté et profondeur, en dévoilant les rêves et les désillusions d’un jeune homme confronté à la dure réalité d’un monde en reconstruction.

À travers les jeux de baby-foot, les combats de boxe abandonnés, et les petits trafics, Jo émerge comme un protagoniste aussi ingénieux qu’attachant, dont la quête de liberté et d’identité résonne avec universalité.

L’art de Bailly brille particulièrement dans l’usage de l’aquarelle, conférant une douceur mélancolique à la palette de l’immédiat après-guerre.

extrait bd Un sac de billes - Tome 1

Kris, quant à lui, manie la plume avec une dextérité qui équilibre habillement le rythme de la narration, jonglant entre les moments d’effervescence et de contemplation.

« Un sac de billes – Tome 3 » peut sembler manquer de l’intensité émotionnelle de ses prédécesseurs, il n’en demeure pas moins une œuvre d’une grande finesse, témoignant de l’adolescence comme d’un moment de vie riche de promesses et d’incertitudes.

Un sac de billes – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié en 1973.

couverture bd tome 2

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 2 »

Dans le deuxième tome de l’adaptation graphique de « Un sac de billes » par Kris et Vincent Bailly, le périple continue pour les jeunes frères Joffo dans une France déchirée par la guerre. Si le premier tome plantait le décor d’une fuite dramatique mais nécessaire, ce second volume nous entraîne plus profondément dans leur quête d’innocence perdue, de liberté et de survie.

Le trait délicat de Bailly, déjà remarqué dans le premier opus, se fait plus assuré, capturant avec une acuité renouvelée les émotions complexes de Joseph et Maurice. Leur voyage est un équilibre précaire entre l’effroi et l’émerveillement, chaque page témoignant de la gravité de leur situation, tempérée par leur résilience enfantine.

extrait bd Un sac de billes - Tome 2

Kris, de son côté, continue de manier le récit avec dextérité, insufflant un rythme qui donne corps à la tension narrative. Sa capacité à rendre hommage au texte source tout en le réinventant visuellement est remarquable. L’adaptation ne s’écarte pas du poids de l’histoire, mais offre un regard renouvelé, à la fois frais et poignant.

Ce tome 2 ne se contente pas de suivre les traces de son prédécesseur; il le dépasse, explorant avec une subtilité accrue les thèmes de l’identité, du courage et de la fraternité.

Un sac de billes – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié le 24 septembre 1973.

couverture bd Un sac de billes - Tome 1

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 1 »

Dans la constellation des bandes dessinées historiques, « Un sac de billes – Tome 1 » brille d’un éclat particulier.

Cette adaptation graphique du roman autobiographique de Joseph Joffo par Kris et Vincent Bailly parvient à capturer l’essence d’une époque révolue avec une grâce inattendue et une acuité émotionnelle.

L’histoire est celle de l’innocence foulée aux pieds par la barbarie, celle de deux frères, Joseph et Maurice, dont le jeu enfantin est brutalement interrompu par l’occupation nazie. Le récit, dense et poignant, s’inscrit dans les méandres de la Seconde Guerre mondiale, une toile de fond tragique pour une aventure où la survie se mêle à la perte de l’insouciance.

Le trait de Bailly est une révélation. Chaque planche est une fenêtre ouverte sur le passé, où les détails minutieux des rues de Paris et des visages des protagonistes racontent des histoires sans mots.

Les nuances de la couleur directe transcendent la simple illustration pour devenir le reflet des émotions et des tensions de l’époque. Cette harmonie entre le texte et l’image crée une synergie qui transporte le lecteur au cœur de l’histoire.

extrait bd Un sac de billes - Tome 1

Le scénario de Kris fait preuve d’une fidélité louable à l’œuvre originale, tout en exploitant pleinement le potentiel narratif de la bande dessinée.

La chronique sociale se déroule avec une fluidité qui rend justice à la complexité des thèmes abordés, tels que l’identité, la fraternité et la résilience. Le voyage des jeunes frères est à la fois une évasion géographique et une quête intérieure, une métaphore puissante de la transition de l’enfance vers une maturité forcée.

En somme, « Un sac de billes – Tome 1 » est une réussite, la brièveté du tome laisse le lecteur avide de plus. Vivement le second tome !

Pêcheur D’Islande – Tome 2

Album publié en 2023 aux éditions Ouest-France.


Résumé éditeur

D’après le roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti paru 1886.

couverture bd Pêcheur d'Islande tome 2

Le second tome se concentre sur le point de vue de Gaud, la fiancée de Yann, qui vit dans l’attente de nouvelles ou d’un retour.

« La lumière matinale, la lumière vraie, avait fini par venir en y voyant si clair, on s’apercevait bien à présent qu’on sortait de la nuit que cette lueur d’avant avait été vague et étrange comme celle des rêves peu à peu, on vit s’éclairer très loin une chimère : une sorte de découpure rosée très haute un promontoire de la sombre Islande. »
Pierre Loti


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pêcheur d’Islande »

Dans le sillage du premier tome, « Pêcheur d’Islande Tome 2 » d’Alexandre Noyer imprime une suite marquée par une narration plus ancrée, s’éloignant légèrement du lyrisme visuel de son prédécesseur pour se focaliser sur la saga humaine à terre.

Ce changement de cap ne diminue en rien la force de l’œuvre; au contraire, il enrichit la toile de fond maritime d’un supplément d’âme.

Alexandre Noyer, habilement, troque une partie du lyrisme graphique contre une exploration plus profonde des états d’âme de Gaud.

C’est un pari risqué qui s’avère payant, donnant corps aux attentes et angoisses de ceux qui veillent sur le rivage. Les critiques soulignent l’habileté avec laquelle le dessinateur intègre le texte de Pierre Loti, évoquant une histoire d’amour contrariée par le poids des traditions et l’implacabilité de la mer.

extrait bd Pêcheur d'Islande tome 2

Si le tome précédent était un hommage au combat de l’Homme contre la nature, ce second volume est un poème dédié à la patience et à la résilience, chantant la douleur de l’attente et la poésie des retours. Les noirs et blancs, toujours aussi expressifs, portent cette fois un récit plus intime, tout en préservant la majesté des éléments naturels qui font la signature de la série.

Alexandre Noyer confirme son talent de narrateur graphique, capable de transcender le support pour inviter le lecteur à une expérience immersive.

« Pêcheur d’Islande Tome 2 » s’inscrit ainsi dans la continuité d’une œuvre respectueuse de son matériau d’origine tout en s’affirmant dans son identité propre. Une réussite qui conforte la place de cette adaptation dans le paysage de la bande dessinée contemporaine.



Lieu visité par la bd en Bretagne

Les larmes de l’assassin

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman d’ Anne-Laure Bondoux publié le 7 mai 2003.

couverture bd Les larmes de l'assassin

Avec plus de vingt récompenses et une quinzaine de traductions, Les Larmes de l’assassin est devenu un roman culte.


Thierry Murat réussit la gageure de l’adapter en bande dessinée, avec la force nécessaire aux terres hostiles de Patagonie et la délicatesse requise par les personnages à la sensibilité enfouie.


Un récit dense sur l’innocence et le mal, qui interroge la complexité des sentiments humains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les larmes de l’assassin »


Dans la solitude oppressante de la Patagonie chilienne, « Les larmes de l’assassin » de Thierry Murat, adaptée du roman d’Anne-Laure Bondoux, déploie un récit de survie et d’émotions contradictoires qui interroge la nature humaine.

L’œuvre s’ancre dans un paysage à la fois aride et majestueux, capturé par un dessin où l’épure et la retenue amplifient la force du récit. Le choix de la palette de couleurs – ocres, sépias, bleus nocturnes – renforce cette impression d’un monde suspendu entre la dure réalité et le rêve, entre l’effroi et la beauté contemplative.

Murat dépasse la simple narration graphique pour instaurer une atmosphère où les silences et les regards portent autant de sens que les mots.

L’histoire, bien que cruelle, est narrée avec une telle sensibilité qu’elle semble presque douce, portée par les dessins qui invitent à une contemplation mélancolique.

Cette beauté formelle contraste parfois avec une narration qui, pour certains, peut sembler distante ou retenue, ne parvenant pas à saisir pleinement l’essence viscérale du roman original.

En définitive, « Les larmes de l’assassin » est une œuvre où le silence résonne avec autant de force que les cris, une bande dessinée où chaque trait de pinceau est un mot, chaque couleur une émotion.

L’obéissance

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de François Sureau publié le 4 janvier 2007.

Après avoir magnifiquement adapté Aziyadé, le roman de Pierre Loti, Franck Bourgeron revient avec une nouvelle adaptation littéraire.

Tirée d’une histoire authentique, L’Obéissance, romancée par François Sureau, nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale et nous démontre qu’hélas, les États ennemis savent s’entendre en matière de tuerie, que ce soit en gros ou en détail…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’obéissance »

Dans les méandres de l’histoire gravés sur le papier glacé, « L’Obéissance » de Franck Bourgeron émerge comme une œuvre austère, plongeant le lecteur dans les abîmes de la Première Guerre mondiale. Cette bande dessinée n’est pas qu’un simple récit graphique ; c’est une incursion dans la psyché d’une époque où l’obéissance aveugle menait les hommes au-delà des frontières de l’humanité.

La narration, adaptée du roman de François Sureau, orchestre une symphonie de désolation où chaque personnage joue sa partition dans un monde où la mort est une compagne aussi familière que l’air qu’ils respirent. Bourgeron, avec un pinceau trempé dans une palette de désespoir, dépeint avec minutie la lourdeur de l’atmosphère et l’oppression d’une guerre qui dévore ses enfants.

Le trait est incisif, capturant l’essence d’une époque révolue dans des teintes de vert militaire et de terre humide, évoquant une pluie incessante, métaphore d’une tragédie qui ne cesse de s’abattre sur les hommes. Les visages, parfois indistincts, reflètent l’universalité de la souffrance, et le lecteur, tel un voyeur involontaire, se retrouve immergé dans cette mosaïque de douleur.

On pourrait arguer que le rythme lent et les dialogues chargés entravent le flot de la lecture, transformant ce qui aurait pu être une marche réfléchie en un chemin sinueux et ardu. Néanmoins, cette lenteur est à l’image de l’époque qu’elle représente : une période où chaque seconde était un fardeau, chaque décision une potentielle sentence de mort.

« L’Obéissance » est donc plus qu’une bande dessinée ; c’est une fresque historique et philosophique, un tableau sombre où chaque coup de crayon est un écho des questions éternelles sur le devoir, la moralité et le sacrifice.

Une œuvre exigeante, certes, mais dont la portée transcende le papier pour s’inscrire dans le panthéon des récits de guerre qui nous forcent à contempler les abysses de notre passé collectif.

Mendiants et orgueilleux

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman d’Albert Cossery publié en septembre 1955.

couverture bd Mendiants et orgueilleux

Quinze ans avant la vogue des adaptations littéraires en bandes dessinées, Golo adaptait avec succès le roman d’Albert CosseryMendiants et orgueilleux.

Quinze ans après sa première publication dans «(À suivre)», Futuropolis réédite ce livre essentiel. Cossery y dépeint les laissés-pour-compte des quartiers miséreux du Caire, faisant l’éloge du dénuement et de la paresse conçus comme un art de vivre, en opposition à nos pratiques occidentales : «Gagner est un mot obscène, un terme de commerce. Je hais l’argent et l’ambition, ils sont la cause de tous les malheurs du monde.

En Orient, lorsqu’on a de quoi vivre, on ne travaille pas. En Occident, plus on a d’argent, plus on en veut.»
Un livre essentiel pour Golo qui s’est installé alors au Caire, et qui revient aujourd’hui, avec Mes mille et une nuits au Caire, sur sa ville d’adoption et ses habitants, avec chaleur et humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mendiants et orgueilleux »

Dans l’ édition graphique de « Mendiants et orgueilleux » par Golo, inspirée du roman d’Albert Cossery, le Caire s’illustre comme le théâtre d’une humanité fracturée. Le dessin, épuré et poignant, porte le récit d’une société cairote clivée non seulement par les richesses, mais aussi par les idéaux.

Gohar, l’ancien philosophe devenu mendiant, est le symbole d’un dénuement qui, loin de l’abattre, semble lui conférer une forme de noblesse austère. La dualité se lit dans chaque trait, chaque ombre de ce roman graphique où la misère côtoie la grandeur d’âme.

La narration visuelle met en relief la satire sociale du roman original. Elle illustre avec acuité la superficialité des possédants et l’authenticité des pauvres, questionnant la véritable essence de la richesse.

extrait bd Mendiants et orgueilleux

L’adaptation de Golo reste fidèle à l’esprit subversif de Cossery, transposant le mépris pour le matérialisme dans un langage visuel qui résonne avec le caractère intemporel du message. Ce n’est pas tant dans les possessions que dans l’indépendance de l’esprit que Gohar et ses compagnons d’infortune trouvent leur dignité.

Le personnage d’El Kordi, oscillant entre son milieu bourgeois et son aspiration à la solidarité avec les plus démunis, incarne cette lutte intérieure et souligne l’hypocrisie d’une société où les apparences sont reines. La révolte qu’il symbolise est aussi intérieure que sociale, un appel à la lucidité dans un monde d’illusions.

« Mendiants et orgueilleux » se révèle ainsi être une œuvre où la simplicité du dessin contraste avec la complexité des thématiques, un réquisitoire graphique contre l’aliénation par l’argent et un éloge de la liberté de l’esprit.

Mise en bouche

Bande dessinée publiée en 2008 aux éditions Futuropolis.


D’après la nouvelle de Philippe Djian publiée en juillet 2003.

couverture bd Mise en bouche

Mise en bouche est une nouvelle de Philippe Djian paru en 2003 en supplément d’un magazine culturel.

À sa lecture, Jean-Philippe Peyraud a tout de suite eu envie d’adapter cette fantaisie dramatique en bande dessinée.


Quelques années plus tard, contact est pris, et Philippe Djian, qui aime particulièrement ce texte, mais aussi la bande dessinée, et apprécie le travail de Jean-Philippe Peyraud, donne immédiatement son accord.

Jean-Philippe Peyraud adapte la nouvelle en bande dessinée, tandis que Djian peaufine les dialogues…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mise en bouche »


Dans « Mise en bouche », le pinceau de Jean-Philippe Peyraud s’empare avec une subtilité remarquable de la nouvelle de Philippe Djian pour tisser une toile graphique qui, à l’instar de ses protagonistes, captive et retient.

En marge des faits divers, le récit épouse une tangente intimiste, où une situation extrême – la prise d’otages dans une école maternelle – devient l’écrin d’une romance naissante et improbable.

Peyraud ne se contente pas de transposer; il transcende la matière première pour la fondre dans le moule de la bande dessinée avec une maîtrise qui s’admire à chaque planche. Son trait, épuré mais expressif, épouse les émotions et les sous-entendus, tandis que les couleurs de Laurence Croix apportent la profondeur nécessaire à l’ambiance confinée de ce huis clos palpitant.

extrait bd Mise en bouche

L’originalité de l’œuvre réside dans sa capacité à détourner l’attention du sensationnalisme pour la focaliser sur l’humain, ses failles et ses aspirations.

Le dessin simple mais poignant accompagne une narration où les non-dits ont autant de poids que les dialogues finement ciselés par Djian. La gestion des silences, les regards échangés, tout concourt à rendre cette histoire d’amour aussi délicate que le contexte est brutal.

Cette BD confirme l’engagement de Futuropolis dans la publication d’œuvres qui interpellent, déstabilisent et restent en mémoire bien après avoir tourné la dernière page.