Catégorie : Litterature en BD

Le Comte de Monte-Cristo

Album publié en 2024 aux Editions Du Rocher.


Adapté de l’œuvre d’Alexandre Dumas publié en 1844 pour la première fois.

couverture bd Le Comte de Monte-Cristo

Edmond Dantès est honnête, talentueux et travailleur. Il a du succès en tant que marin et il est amoureux. Malheureusement, sa joie de vivre attire les jalousies d’hommes cruels, cupides et ambitieux. Il est victime de leur trahison, puis condamné par une justice corrompue qui l’envoie dans les cachots du château d’If. Son coeur se creuse et devient affamé de vengeance.


Motivé par son désir de confondre ceux qui l’ont dupé et oublié, Dantès trompe la mort et réussit une évasion spectaculaire. Il se précipite vers l’île de Monte-Cristo, où on lui a secrètement confié qu’un trésor était enfoui.
Se croyant agent de la Providence, il poursuivra systématiquement ceux qui l’ont privé de sa vie, de l’amour et de sa famille. Le comte de Monte-Cristo apparaît : urbain, puissant et mystérieux. Sa richesse et ses exploits font parler de lui à Paris.
Mais la vengeance est souvent cruelle et insatiable… et qui s’y enivre risque de boire un breuvage amer.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Comte de Monte-Cristo »

L’adaptation en bande dessinée du Comte de Monte-Cristo par Jared Reinmuth et illustrée par Amazing Améziane se distingue par sa capacité à transposer avec une grande fidélité le récit intemporel d’Alexandre Dumas tout en lui insufflant une modernité visuelle saisissante.

Cette œuvre graphique ne se contente pas simplement de retracer les grandes lignes de l’histoire d’Edmond Dantès, mais parvient à réinterpréter ce classique sous une forme visuelle riche et immersive.

Les illustrations d’Améziane, à la fois réalistes et expressives, donnent une nouvelle vie aux personnages, rendant palpable la transformation psychologique de Dantès, de jeune marin naïf à justicier impitoyable. La profondeur des visages et l’intensité des décors, souvent sombres et oppressants, renforcent l’atmosphère de tension et de mystère qui imprègne cette quête de vengeance.

extrait bd Le Comte de Monte-Cristo

Le scénario de Reinmuth, quant à lui, réussit à condenser l’immense complexité du roman tout en conservant sa richesse narrative. Les dialogues sont percutants et respectent l’esprit de l’œuvre originale, tout en étant adaptés à un format plus concis. Le résultat est une adaptation à la fois fidèle et accessible, qui saura séduire les amateurs de Dumas tout comme les novices.

Cette bande dessinée est une réussite éclatante, offrant une relecture captivante d’un chef-d’œuvre littéraire. Elle allie le respect de l’œuvre originale à une audace graphique qui la rend unique et indispensable dans toute collection de bande dessinée.

Grossir le ciel

Album publié aux éditions Delcourt en 2024.


Adapté du roman de Franck Bouysse publié en 2014.

Un récit noir et poignant adapté du roman à succès de Franck Bouysse, par Borris, le dessinateur de Charogne, récompensé par le prix Quai du polar en 2019.

Gus, éleveur dans les Cévennes, mène une vie solitaire avec son chien Mars comme seul réconfort et son voisin Abel, devenu ami de circonstance.

Un quotidien bien rythmé qui se trouve bouleversé quand des visiteurs inopportuns arrivent au village et que Gus découvre des traces de sang menant à la ferme d’Abel…

Un huis clos rural saisissant sur l’isolement, la folie et le besoin de rédemption.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Grossir le ciel »

Avec Grossir le ciel, Borris offre une adaptation saisissante du roman éponyme de Franck Bouysse, plongeant le lecteur dans les recoins sombres et solitaires des Cévennes. À travers cette bande dessinée, l’isolement et les non-dits prennent une dimension visuelle puissante, rendant le récit encore plus immersif.

L’histoire, centrée sur Gus, un éleveur vivant en retrait du monde, commence par une découverte troublante : des traces de sang près de la ferme de son voisin Abel. Peu à peu, le lecteur est aspiré dans une intrigue où le quotidien le plus banal s’entrelace avec une tension presque palpable, jusqu’à l’explosion finale.

L’atout majeur de cette adaptation réside dans le travail graphique de Borris. À l’aide d’un jeu subtil de nuances de gris, ponctué de touches de couleurs stratégiques – rouge pour la violence et le sang, bleu pour les moments fantasmés – il parvient à transmettre l’oppression et l’intensité des émotions. Cette sobriété visuelle permet d’amplifier le poids des silences et des regards, éléments cruciaux du récit.

La narration conserve la profondeur psychologique des personnages imaginés par Franck Bouysse. Gus, dans toute sa rudesse et son humanité, devient encore plus tangible sous le trait de Borris, tandis que les paysages ruraux, à la fois majestueux et hostiles, servent de toile de fond parfaite à cette tragédie.

Grossir le ciel est une bande dessinée remarquable, un polar rural visuellement et scénaristiquement abouti, qui comblera les amateurs d’histoires sombres et les passionnés de récits graphiques de qualité. Une réussite indéniable.

Adolphe

Album publié en 2013 aux éditions Emmanuel Proust.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Benjamin Constant publiée en 1816.

couverture bd Adolphe

A tout juste 22 ans, Adolphe, caustique, charmeur, mène une vie dissolue qui ne l’empêche pas d’être promis à une brillante carrière.

Lors d’un dîner, il rencontre la troublante Ellénore, polonaise, de 10 ans son aînée et… mariée.

Ce n’est pas un obstacle pour ce jeune homme habitué à obtenir tout ce qu’il désire. À force d’empressement, il fera plier Ellénore… mais « en croyant gagner son corps, c’est toute son âme qu’il a obtenue ».

Ellénore est prise d’une passion dévorante pour Adolphe, passion qu’il est bien incapable de partager, et qui va précipiter leurs vies à tous deux dans le chaos.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Adolphe »

Adolphe de Pascal Croci est une œuvre qui transcende les frontières de la bande dessinée pour s’imposer comme une réflexion profonde sur la condition humaine.

En adaptant le classique de Benjamin Constant, Croci parvient à capturer toute la complexité des émotions qui déchirent ses personnages. Les illustrations, à la fois sombres et délicates, instaurent une atmosphère chargée de tension, reflétant avec brio l’intensité des sentiments contradictoires d’Adolphe.

extrait bd Adolphe

Ce qui frappe immédiatement, c’est la manière dont Croci use de l’expression graphique pour intensifier le drame psychologique. Les visages tourmentés, les ombres oppressantes, tout concourt à plonger le lecteur dans une introspection sans concession. Loin de se contenter d’une simple transposition visuelle, Croci enrichit le récit original en explorant les nuances du non-dit, amplifiant ainsi la portée émotionnelle de l’œuvre.

Cette bande dessinée est un véritable dialogue entre deux formes d’art, où chaque image devient le reflet des tourments intérieurs. À travers Adolphe, Croci démontre une fois de plus sa maîtrise du neuvième art, offrant une œuvre aussi intellectuellement stimulante que visuellement captivante.

Pour les amateurs de littérature classique et de bande dessinée, c’est une création incontournable qui révèle les possibilités infinies de l’art de la bande dessinée.

La princesse de Clèves

Album publié aux éditions Dargaud en 2019.


Adapté du roman écrit par madame de La Fayette publié en 1678.

couverture bd La princesse de Clèves

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, « La Princesse de Clèves » est un roman fondateur.

La jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II.
Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions.

En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La princesse de Clèves »

L’adaptation de La Princesse de Clèves par Claire Bouilhac et Catel Muller s’impose comme une œuvre remarquable qui transcende les attentes traditionnelles des adaptations littéraires.

Les deux artistes réussissent un pari ambitieux : réconcilier le respect du texte original avec une interprétation visuelle moderne, tout en conservant l’intensité des émotions et la complexité des relations humaines qui ont fait de ce roman un classique de la littérature française.

L’une des grandes forces de cette bande dessinée réside dans son approche graphique. Claire Bouilhac, avec son trait à la fois délicat et puissant, parvient à capturer l’atmosphère raffinée et parfois étouffante de la cour du XVIe siècle.

extrait bd La princesse de Clèves


Les vignettes alternent avec aisance entre des compositions détaillées des châteaux historiques et des scènes plus épurées, mettant en avant l’intimité des dialogues et la profondeur des sentiments. Cette dualité visuelle permet de souligner les tensions internes des personnages, en particulier celles de la Princesse, déchirée entre devoir et passion.

Le récit est également enrichi par la structure narrative, qui inclut un prologue et un épilogue dessinés par Catel Muller. Ces ajouts offrent une réflexion subtile sur les parallèles entre Madame de La Fayette et son héroïne, renforçant ainsi l’écho entre fiction et réalité​.

Cette adaptation est une réussite éclatante qui invite tant les néophytes que les connaisseurs à redécouvrir La Princesse de Clèves sous un jour nouveau, tout en respectant la profondeur et la subtilité du texte originel.

L’homme qui venait d’ailleurs

Album publié aux éditions Philéas en 2023.


Adapté du roman de Walter Tevis L’Homme tombé du ciel paru en 1963.

couverture bd L'homme qui venait d'ailleurs

Un mystérieux extraterrestre, Thomas Jerome Newton, tombe sur Terre, en mission pour sauver de la destruction écologique sa planète d’origine, Anthea, en proie à la sécheresse.

Décidé à trouver un moyen de transporter de l’eau jusqu’à son monde agonisant, Newton commence à vendre des brevets ressortissant la technologie d’avant-garde, mais son succès fait bientôt de lui la cible du gouvernement… et d’une sinistre entreprise concurrente.

Comme sa mission se prolonge, il est au fil des années séduit par les excès de notre monde et éprouve un besoin désespéré de rentrer chez lui, de retrouver sa famille.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme qui venait d’ailleurs »

Dan Watters et Dev Pramanik nous offrent une adaptation ambitieuse du classique « L’homme qui venait d’ailleurs« . Fidèle au film de 1976, lui-même inspiré du roman de Walter Tevis, cette bande dessinée transpose avec brio l’atmosphère visuelle et le personnage iconique incarné par David Bowie.

Les illustrations de Pramanik sont un hommage visuel au film, capturant l’essence androgyne et mystérieuse de Thomas Jerome Newton. Cependant, cette fidélité visuelle ne compense pas entièrement les lacunes narratives de l’œuvre. La transition du récit de l’écran à la BD semble parfois maladroite, avec des enchaînements de cases manquant de fluidité et de cohérence.

extrait bd L'homme qui venait d'ailleurs

Malgré ces petites défauts, l’œuvre se distingue par son actualisation des thèmes. La dimension écologique du film est enrichie par une critique des complots industriels et gouvernementaux, ajoutant une pertinence contemporaine à l’histoire.

Cette bande dessinée, tout en étant imparfaite, reste une lecture fascinante pour les fans de science-fiction et de récits dystopiques.

« L’homme qui venait d’ailleurs » est une œuvre visuellement captivante, mais narrativement inégale, qui mérite néanmoins l’attention pour ses thèmes et son esthétique.

Salon de Beauté

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Dupuis.


D’après le roman de Mario Bellatin publié en 1994.

couverture bd Salon de Beauté

Les journées de Jeshua, jeune propriétaire d’un salon de beauté, sont rythmées par les soins apportés à ses clientes. Coiffure, maquillage, manucure… Il prodigue attention et conseils avec douceur et bienveillance.

La nuit venue, c’est sur lui-même qu’il joue de sa magie. Travesti, il défile avec ses amis sur les trottoirs ou dans les bains publics.

L’arrivée d’une épidémie dévastatrice va bouleverser ce quotidien tranquille.

Jeshua va prendre la dure décision de transformer son salon de beauté en refuge pour malades et devenir le témoin silencieux de la violence sociale et des progrès inéluctables de la maladie.

Quentin Zuttion est un auteur confirmé. Il a reçu de nombreux prix dont le Fauve spécial jury jeunesse 2023 du FIBD pour Toutes les Princesses meurent après minuit. 

Deux de ses titres, Touchées et Toutes les Princesses meurent après minuit sont adaptés en film et court métrage. Salon de beauté est sa première adaptation d’un roman, celui de Mario Bellatin (finaliste du prix Médicis étranger en 2000), pour lequel il a eu un véritable coup de cœur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Salon de Beauté »

« Salon de Beauté » de Quentin Zuttion est une bande dessinée d’une grande subtilité, qui nous immerge dans un univers où la vulnérabilité et la tendresse se côtoient dans une harmonie poignante.

Adaptée du roman de Mario Bellatin, l’histoire suit Jeshua, le gérant d’un salon de beauté, qui, au lieu d’embellir, choisit d’offrir refuge à des âmes en souffrance, touchées par une mystérieuse épidémie. Dans ce huis clos onirique, la maladie se matérialise sous forme d’écailles de poisson, métaphore visuelle qui incarne à la fois la fragilité humaine et l’étrangeté de cette condition.

extrait bd Salon de Beauté

Quentin Zuttion excelle dans l’art de la suggestion graphique, en utilisant des lignes douces et des couleurs vibrantes qui subliment l’intimité des personnages. Chaque page est une composition soignée, où les gestes et regards se chargent d’une émotion silencieuse, dévoilant sans mots le lien profond qui unit les personnages. L’artiste nous invite à contempler des moments d’une rare beauté, capturés avec une délicatesse qui transcende les mots.

Si le récit prend une tournure plus sombre à mesure que l’épidémie progresse, cette rupture narrative illustre avec justesse l’impact brutal de la maladie sur ce microcosme de solidarité.

Avec « Salon de Beauté », Quentin Zuttion nous offre une œuvre graphique à la fois intense et poétique, qui célèbre l’humanité dans toute sa complexité.

Une rose seule

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Muriel Barbery publié le 19 aout 2020.

couverture bd Une rose seule

Rose arrive au Japon pour la première fois de sa vie, sur les traces d’un père qu’elle n’a jamais connu.

Celui-ci, décédé depuis peu, lui avait laissé une lettre à son intention, l’invitant à se rendre dans ce pays si lointain qui est en partie le sien.

Accueillie à Kyoto, elle est guidée par Paul, l’assistant de son père, à travers un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres, qui va lui permettre dépasser l’amertume et la colère liées à l’absence pour se laisser emporter par le tourbillon de ses origines enfin retrouvées.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Une rose seule »

Une Rose Seule, adapté par Kan Takahama du roman de Muriel Barbery, est une œuvre délicate et introspective qui plonge le lecteur dans un voyage au cœur du Japon, à la fois géographique et émotionnel.

L’histoire suit Rose, une botaniste française, qui arrive à Kyoto pour découvrir les racines de son père qu’elle n’a jamais connu. Guidée par Paul, l’assistant de son père, elle parcourt un itinéraire marqué par des temples, des jardins et des rencontres qui lui permettent de se reconnecter avec elle-même et ses origines.

L’intérêt de cet album ne réside pas tant dans une intrigue surprenante, mais plutôt dans l’expérience immersive qu’il propose. Le récit se développe lentement, au rythme des pas de Rose à travers Kyoto, avec une atmosphère contemplative accentuée par les illustrations sensibles et détaillées de Kan Takahama.

extrait bd Une rose seule

Les thèmes de la quête identitaire, de la réconciliation avec le passé, et du deuil sont abordés avec une grande finesse. La relation entre Rose et Paul, subtilement tissée, sert de fil conducteur à cette exploration intérieure.

Une Rose Seule est une bande dessinée introspective qui offre une expérience riche et émouvante, magnifiquement illustrée et imprégnée de la sérénité des paysages japonais.

Le prix à payer

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Leduc.


D’après le roman de Lucile Quillet publié en 6 octobre 2021.

couverture bd Le prix à payer

Quel est le point commun entre celles qui rêvent du prince charmant, les féministes fières de faire 50/50, les femmes au foyer, les mères célibataires, les veuves, en bref, toutes les femmes ?

Avant, pendant et après le couple, elles en paient le prix : épilation, contraception, répartition des dépenses, ajustements de carrière, charge parentale…

L’addition est longue, mais invisible ! Pourquoi l’idéal du couple – avec sa répartition des rôles très genrée – coûte-t-il si cher ? Et si Cupidon s’était planté ?

Pour le comprendre, Lucile Quillet et Tiffany Cooper nous emmènent dans un univers délirant et pop, où femmes et hommes, libéré·e·s des attentes et normes, peuvent s’aimer dans l’égalité, la joie et la liberté.

La BD qui lève le voile sur le tabou de l’argent dans le couple, pour en finir avec les inégalités derrière le mythe rose bonbon.

Lucile Quillet est journaliste, autrice, coach et conférencière. Elle dédie son travail à la condition féminine et à l’égalité, dans la sphère privée comme au travail, dans ELLE, sur Welcome to the Jungle et au sein de l’Observatoire de l’émancipation économique de la Fondation des femmes. Elle est l’autrice de l’essai Le Prix à payer, ce que le couple hétéro coûte aux femmes, qui a trouvé un grand écho auprès des médias et des lectrices.

Tiffany Cooper est autrice et illustratrice. Elle s’est fait connaître en collaborant avec Karl Lagerfeld en 2015. Elle est l’autrice de plusieurs romans graphiques et albums jeunesse, dans lesquels elle aborde des thèmes comme l’amour, le patriarcat et les inégalités dans l’espace domestique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le prix à payer »

Avec « Le Prix à Payer », Tiffany Cooper et Lucile Quillet signent une bande dessinée aussi percutante qu’instructive, adaptant avec brio l’essai éponyme de Lucile Quillet.
À travers une combinaison astucieuse d’humour, de réflexion critique et d’illustrations vibrantes, les autrices exposent les déséquilibres souvent invisibles qui façonnent les relations hétérosexuelles.

Une mise en lumière des inégalités

Divisée en trois sections – avant, pendant, et après le couple –, l’œuvre dissèque les étapes d’une relation sous l’angle de la charge mentale, financière et émotionnelle. Elle met en évidence des thématiques cruciales comme la répartition des dépenses, la gestion domestique, le coût de la contraception ou encore les sacrifices professionnels imposés aux femmes. La BD dépeint des situations familières, parfois caricaturées, mais toujours ancrées dans une réalité systémique.

Un ton à la fois léger et percutant

Ce qui distingue véritablement « Le Prix à Payer« , c’est son usage de l’humour pour faire passer des messages complexes. Tiffany Cooper, avec son style visuel coloré et accessible, introduit des personnages et des situations comiques – notamment un Cupidon décalé – qui allègent un sujet potentiellement lourd. Derrière ces moments de légèreté se cache une réflexion sérieuse et sans compromis sur le poids du patriarcat dans le couple contemporain.

Un succès artistique et narratif

Le style graphique de Tiffany Cooper mérite également d’être salué. Ses illustrations dynamiques capturent parfaitement les émotions des personnages et ajoutent une couche supplémentaire d’accessibilité. Chaque scène est visuellement mémorable, ce qui permet aux lecteurs d’entrer facilement dans des discussions sur des sujets encore trop souvent tabous, comme l’argent dans le couple ou les sacrifices de carrière.

extrait bd Le prix à payer

En conclusion

« Le Prix à Payer » est une œuvre à la fois divertissante et nécessaire. En dénonçant les inégalités économiques et mentales dans le couple hétérosexuel, cette bande dessinée donne à réfléchir, mais aussi à rire. Cette BD agit avant tout comme un cri d’alarme, invitant chacun à repenser les normes et à envisager des relations plus justes.

À mettre entre toutes les mains, et pas seulement celles des femmes. Cette BD pourrait bien révolutionner votre vision du couple et des dynamiques qui le sous-tendent.

La Poursuite du bonheur

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Philéas.


D’après le roman de Douglas Kennedy publié le 29 aout 2001.

couverture bd La Poursuite du bonheur

Manhattan, Thanksgiving 1945.
Artistes, écrivains, musiciens… tout Greenwich Village se presse à la fête organisée par Eric Smythe, dandy et dramaturge engagé. Ce soir-là, sa soeur Sara, fraîchement débarquée à New York, croise le regard de Jack Malone, journaliste de l’armée américaine en permission.
Sara tombe amoureuse de Jack au premier regard, et ce sera l’amour de sa vie. Mais, rien n’est simple…
Amour d’une nuit, passion d’une vie, l’histoire de Sara et Jack va bouleverser plusieurs générations.

L’autre homme dans la vie de Sara, c’est son frère Éric, un artiste qui s’est laissé tenter par le Communisme qu’il percevait comme porteur de plus de justice sociale. Il a même adhéré au parti pendant quelques années, avant de prendre ses distances…
Mais en plein Maccarthysme, les autorités chassent les communistes et les homosexuels qui seraient susceptibles de nuire à la patrie.

À l’origine, un copieux roman de plus de 700 pages divisé en deux période, les dix années narrant l’histoire d’amour de Sara et Jack, puis la relation des années plus tard entre Kate, la fille de Jack, et Sara….
Cyril Bonin a su se faire remarquer pour la qualité des adaptations parsemant sa bibliographie : La Belle image, La Délicatesse, Le Dames de Kimoto
Il reprend ici à son compte le récit en se concentrant sur la relation passionnée de Sara et Jack en assumant une unité d’époque pour être au plus près des sentiments contrastés du couple, mais aussi pour illustrer le tragique destin d’Eric, victime de l’intolérance et de la paranoïa d’une Amérique livrée à ses démons intérieurs.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Poursuite du bonheur »

La bande dessinée La Poursuite du bonheur de Cyril Bonin, inspirée du roman de Douglas Kennedy, s’impose comme une œuvre à la fois riche et émouvante, un véritable hommage au New York des années 1940 et 1950. Dans cette adaptation ambitieuse, Cyril Bonin réussit à capter l’âme d’une époque où l’amour et la politique s’entrechoquent violemment.

L’histoire suit Sara Smythe, une journaliste dont la rencontre avec Jack Malone bouleverse l’équilibre fragile de sa vie. Leur relation devient le théâtre d’une lutte entre passion et devoir, où chaque choix laisse des traces indélébiles. Le talent de Cyril Bonin réside dans sa capacité à condenser une intrigue dense en une narration visuelle fluide, soutenue par un dessin précis et empreint de poésie.

extrait bd La Poursuite du bonheur

Les tons pastel et l’élégance des lignes évoquent le charme des films classiques, tandis que le découpage des cases guide le lecteur avec une aisance remarquable. Chaque personnage est doté d’une profondeur psychologique palpable, et leurs dilemmes trouvent une résonance universelle.

Ce qui frappe, c’est la manière dont l’auteur traduit la tension sociale et intime d’une époque révolue tout en la rendant incroyablement actuelle. En combinant l’introspection des sentiments humains à une critique subtile des dérives politiques, Cyril Bonin livre une œuvre qui, bien qu’épurée dans sa forme, est d’une densité impressionnante.

La Poursuite du bonheur est un voyage graphique et narratif d’une rare justesse, un album qui laisse une empreinte durable dans l’esprit du lecteur.

Héros – Tome 1 – Le Réveil

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Sarbacane.


D’après le roman de Benoît Minville publié le 1 octobre 2018.

couverture bd Héros - Tome 1 - Le Réveil

Trois potes contre les forces occultes !

Ils grandissent au pied du Morvan, entre ville et village. Matéo, diamant à l’oreille, Richard, la tête rentrée dans les épaules, et l’inénarrable, intarissable, insupportable José, duvet au menton et hygiène douteuse.

Leur passion : la légendaire BD Héros, dont ils attendent chaque mois le nouveau numéro. Leur rêve : publier un jour leur propre série, inspirée de cet univers fascinant et occulte qui domine les records de ventes.

Après tout, la série a bien été créée dans leur région, il y a plus de 80 ans : alors, pourquoi pas eux ?

Mais un soir, alors qu’ils planchent dans leur Q.G., un homme apparaît comme par magie, blessé à mort. Juste avant de s’effondrer, il tend à Richard une étrange fiole… une fiole dont le contenu vibre et scintille, comme s’il était vivant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Héros – Tome 1 – Le Réveil »

Avec Héros – Tome 1 : Le Réveil, Marc Garreta et Albert Torner nous invitent à découvrir une œuvre subtilement équilibrée entre la fantaisie et la réalité sociale.
Dans le cadre rural du Morvan, trois adolescents – Matéo, Richard et José – voient leur quotidien bouleversé lorsqu’un inconnu blessé leur confie une mystérieuse fiole avant de mourir. Ce point de départ ouvre les portes à un récit à la fois intense et profondément humain.

Le tour de force de cette bande dessinée réside dans l’attention portée à la caractérisation des personnages. L’amitié des trois protagonistes est dépeinte avec une sincérité touchante, renforcée par des dialogues authentiques qui font écho aux préoccupations des adolescents d’aujourd’hui. Ce réalisme contraste habilement avec les touches surnaturelles du scénario, conférant au récit une profondeur émotionnelle.

extrait bd Héros - Tome 1 - Le Réveil

Les auteurs ancrent leur histoire dans un contexte social réaliste, abordant des thématiques telles que la précarité et les rêves contrariés. Ce traitement confère une richesse supplémentaire à l’œuvre, invitant le lecteur à une double lecture : celle de l’action et celle de la réflexion.

Visuellement, les illustrations marquent par leur dynamisme et leur capacité à capturer tant les atmosphères intimistes que les moments de tension. Héros – Tome 1 : Le Réveil s’impose comme une entrée prometteuse dans une série qui saura, sans doute, séduire et interpeller.