Catégorie : Toutes les BD

Un sac de billes – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié le 24 septembre 1973.

couverture bd Un sac de billes - Tome 1

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 1 »

Dans la constellation des bandes dessinées historiques, « Un sac de billes – Tome 1 » brille d’un éclat particulier.

Cette adaptation graphique du roman autobiographique de Joseph Joffo par Kris et Vincent Bailly parvient à capturer l’essence d’une époque révolue avec une grâce inattendue et une acuité émotionnelle.

L’histoire est celle de l’innocence foulée aux pieds par la barbarie, celle de deux frères, Joseph et Maurice, dont le jeu enfantin est brutalement interrompu par l’occupation nazie. Le récit, dense et poignant, s’inscrit dans les méandres de la Seconde Guerre mondiale, une toile de fond tragique pour une aventure où la survie se mêle à la perte de l’insouciance.

Le trait de Bailly est une révélation. Chaque planche est une fenêtre ouverte sur le passé, où les détails minutieux des rues de Paris et des visages des protagonistes racontent des histoires sans mots.

Les nuances de la couleur directe transcendent la simple illustration pour devenir le reflet des émotions et des tensions de l’époque. Cette harmonie entre le texte et l’image crée une synergie qui transporte le lecteur au cœur de l’histoire.

extrait bd Un sac de billes - Tome 1

Le scénario de Kris fait preuve d’une fidélité louable à l’œuvre originale, tout en exploitant pleinement le potentiel narratif de la bande dessinée.

La chronique sociale se déroule avec une fluidité qui rend justice à la complexité des thèmes abordés, tels que l’identité, la fraternité et la résilience. Le voyage des jeunes frères est à la fois une évasion géographique et une quête intérieure, une métaphore puissante de la transition de l’enfance vers une maturité forcée.

En somme, « Un sac de billes – Tome 1 » est une réussite, la brièveté du tome laisse le lecteur avide de plus. Vivement le second tome !

Pêcheur D’Islande – Tome 2

Album publié en 2023 aux éditions Ouest-France.


Résumé éditeur

D’après le roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti paru 1886.

couverture bd Pêcheur d'Islande tome 2

Le second tome se concentre sur le point de vue de Gaud, la fiancée de Yann, qui vit dans l’attente de nouvelles ou d’un retour.

« La lumière matinale, la lumière vraie, avait fini par venir en y voyant si clair, on s’apercevait bien à présent qu’on sortait de la nuit que cette lueur d’avant avait été vague et étrange comme celle des rêves peu à peu, on vit s’éclairer très loin une chimère : une sorte de découpure rosée très haute un promontoire de la sombre Islande. »
Pierre Loti


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pêcheur d’Islande »

Dans le sillage du premier tome, « Pêcheur d’Islande Tome 2 » d’Alexandre Noyer imprime une suite marquée par une narration plus ancrée, s’éloignant légèrement du lyrisme visuel de son prédécesseur pour se focaliser sur la saga humaine à terre.

Ce changement de cap ne diminue en rien la force de l’œuvre; au contraire, il enrichit la toile de fond maritime d’un supplément d’âme.

Alexandre Noyer, habilement, troque une partie du lyrisme graphique contre une exploration plus profonde des états d’âme de Gaud.

C’est un pari risqué qui s’avère payant, donnant corps aux attentes et angoisses de ceux qui veillent sur le rivage. Les critiques soulignent l’habileté avec laquelle le dessinateur intègre le texte de Pierre Loti, évoquant une histoire d’amour contrariée par le poids des traditions et l’implacabilité de la mer.

extrait bd Pêcheur d'Islande tome 2

Si le tome précédent était un hommage au combat de l’Homme contre la nature, ce second volume est un poème dédié à la patience et à la résilience, chantant la douleur de l’attente et la poésie des retours. Les noirs et blancs, toujours aussi expressifs, portent cette fois un récit plus intime, tout en préservant la majesté des éléments naturels qui font la signature de la série.

Alexandre Noyer confirme son talent de narrateur graphique, capable de transcender le support pour inviter le lecteur à une expérience immersive.

« Pêcheur d’Islande Tome 2 » s’inscrit ainsi dans la continuité d’une œuvre respectueuse de son matériau d’origine tout en s’affirmant dans son identité propre. Une réussite qui conforte la place de cette adaptation dans le paysage de la bande dessinée contemporaine.



Lieu visité par la bd en Bretagne

Jérôme K. Jérôme Bloche – Tome 4 – Passé recomposé

Album publié en 1986 pour la première fois, aux éditions Dupuis.


Résumé éditeur

couverture bd Jérôme K. Jérôme Bloche - Tome 4 - Passé recomposé

Charles Legoff est l’homme le plus influent de la petite île bretonne de Saint-Mathieu.

Mais Charles Legoff a peur. Depuis plusieurs nuits, une main malfaisante glisse sous sa porte des photos et des lettres liant sa femme à son meilleur ami François.

François qui est mort sous ses yeux, il y a plus de quarante ans, et qui a emporté ces documents dans sa tombe… à l’autre bout de l’Europe !

Chargé d’élucider cette énigme morbide, Jérôme devra combattre d’inquiétants fantômes du passé…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jérôme K. Jérôme Bloche – Tome 4 – Passé recomposé »

Dans « Jérôme K. Jérôme Bloche – Tome 4 – Passé recomposé« , Alain Dodier s’empare avec brio des commandes de son récit pour délivrer une enquête policière empreinte d’une nostalgie captivante et d’un humanisme poignant.

Sur l’île de Saint-Mathieu (lieu fictif en Bretagne qui serait proche de Brest), Dodier tisse une toile complexe de sentiments, de mystères enfouis et de révélations inattendues, où le passé s’entremêle au présent dans un ballet mémoriel qui défie le temps et la mémoire.

Ce tome, qui signe l’émancipation de Dodier en tant qu’auteur complet, illustre sa capacité à créer des ambiances aussi riches que nuancées.

Les paysages bretons sont croqués avec un réalisme qui transpire l’authenticité, chaque coup de crayon révélant les subtilités de ce terroir maritime. La représentation graphique est une réussite incontestable, où la douceur des traits se marie à la dureté des drames joués.

extrait Jérôme K. Jérôme Bloche - Tome 4 - Passé recomposé

Le personnage de Jérôme K. Jérôme Bloche est traité avec une délicatesse remarquable. Naïf mais ingénieux, gentil mais déterminé, le détective incarne une jeunesse éternelle confrontée aux erreurs impardonnables d’un passé tumultueux.

La narration, évitant l’écueil de la violence gratuite, préfère explorer la profondeur des rapports humains et la complexité des émotions.

« Passé recomposé » se distingue par sa subtile critique sociale, explorant les thèmes de la jalousie, de la trahison et de la culpabilité sans jamais tomber dans le jugement moralisateur.

C’est une œuvre qui se lit avec le cœur autant qu’avec l’esprit, un tome qui, bien que publié il y a des décennies, continue de résonner avec une actualité et une pertinence intemporelles.


Lieu visité par la bd en Bretagne

Les larmes de l’assassin

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman d’ Anne-Laure Bondoux publié le 7 mai 2003.

couverture bd Les larmes de l'assassin

Avec plus de vingt récompenses et une quinzaine de traductions, Les Larmes de l’assassin est devenu un roman culte.


Thierry Murat réussit la gageure de l’adapter en bande dessinée, avec la force nécessaire aux terres hostiles de Patagonie et la délicatesse requise par les personnages à la sensibilité enfouie.


Un récit dense sur l’innocence et le mal, qui interroge la complexité des sentiments humains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les larmes de l’assassin »


Dans la solitude oppressante de la Patagonie chilienne, « Les larmes de l’assassin » de Thierry Murat, adaptée du roman d’Anne-Laure Bondoux, déploie un récit de survie et d’émotions contradictoires qui interroge la nature humaine.

L’œuvre s’ancre dans un paysage à la fois aride et majestueux, capturé par un dessin où l’épure et la retenue amplifient la force du récit. Le choix de la palette de couleurs – ocres, sépias, bleus nocturnes – renforce cette impression d’un monde suspendu entre la dure réalité et le rêve, entre l’effroi et la beauté contemplative.

Murat dépasse la simple narration graphique pour instaurer une atmosphère où les silences et les regards portent autant de sens que les mots.

L’histoire, bien que cruelle, est narrée avec une telle sensibilité qu’elle semble presque douce, portée par les dessins qui invitent à une contemplation mélancolique.

Cette beauté formelle contraste parfois avec une narration qui, pour certains, peut sembler distante ou retenue, ne parvenant pas à saisir pleinement l’essence viscérale du roman original.

En définitive, « Les larmes de l’assassin » est une œuvre où le silence résonne avec autant de force que les cris, une bande dessinée où chaque trait de pinceau est un mot, chaque couleur une émotion.

Pizza Roadtrip

Album publié en 2012 aux éditions Ankama


Résumé éditeur

couverture bd Pizza Roadtrip

Prenez deux gars qui savent que quoi qu’il arrive, un ami, c’est un mec pour qui on serait capable de se mouiller pour de bon.

Prenez la copine d’un des potes, qui sait faire preuve d’un sang-froid sans faille…

Et collez-leur un cadavre sur le dos !

Les voici embarqués dans une galère pas croyable pour livrer un paquet un peu plus encombrant qu’une pizza…

Savant mélange de coups foireux et de mauvais plans, Pizza Roadtrip nous révèle l’histoire d’une bande de potes unis à la vie à la mort.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pizza Roadtrip »


Dans « Pizza Roadtrip« , Cha et El Diablo servent une tranche savoureuse de polar urbain, dressant le tableau d’une épopée rocambolesque à la sauce tragico-comique.

Le scénario se dévore, mélangeant habilement la comédie noire et le suspense d’un thriller. La pâte de l’histoire se pétrit dans l’ambiance urbaine, mais c’est à Caouënnec que la garniture prend toute sa saveur, ajoutant une touche régionale à cette saga truculente.

À travers les péripéties de Rudy, Romuald et Mathilde, on savoure une galerie de personnages hauts en couleur, dont les interactions sont aussi croustillantes qu’une croûte de pizza bien dorée.

Le style graphique de Cha s’impose : le choix audacieux d’un noir et blanc agrémenté d’orange et de rouge pour les éléments clés du récit confère à l’œuvre une identité visuelle frappante, aussi tranchante qu’un couteau à pizza. Cette décision artistique, loin d’être anodine, marque le lecteur, colorant sa perception de l’histoire d’une lumière quasi expressionniste.

extrait bd Pizza Roadtrip

La langue d‘EL Diablo est un argot contemporain qui pulse au rythme de la cité, dotant le dialogue d’un réalisme cru. La narration, elle, ne manque pas de sel : les apartés des personnages brisent le quatrième mur, offrant un piment supplémentaire à une intrigue déjà relevée.

« Pizza Roadtrip » est une commande audacieuse qui livre un mélange de genres maîtrisé. Bien que certains pourraient trouver la dernière bouchée moins à leur goût, la majorité du menu est préparée avec un savoir-faire qui confirme Cha et El Diablo comme de véritables chefs de la bande dessinée moderne.


Lieu visité par la bd en Bretagne

L’obéissance

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de François Sureau publié le 4 janvier 2007.

Après avoir magnifiquement adapté Aziyadé, le roman de Pierre Loti, Franck Bourgeron revient avec une nouvelle adaptation littéraire.

Tirée d’une histoire authentique, L’Obéissance, romancée par François Sureau, nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale et nous démontre qu’hélas, les États ennemis savent s’entendre en matière de tuerie, que ce soit en gros ou en détail…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’obéissance »

Dans les méandres de l’histoire gravés sur le papier glacé, « L’Obéissance » de Franck Bourgeron émerge comme une œuvre austère, plongeant le lecteur dans les abîmes de la Première Guerre mondiale. Cette bande dessinée n’est pas qu’un simple récit graphique ; c’est une incursion dans la psyché d’une époque où l’obéissance aveugle menait les hommes au-delà des frontières de l’humanité.

La narration, adaptée du roman de François Sureau, orchestre une symphonie de désolation où chaque personnage joue sa partition dans un monde où la mort est une compagne aussi familière que l’air qu’ils respirent. Bourgeron, avec un pinceau trempé dans une palette de désespoir, dépeint avec minutie la lourdeur de l’atmosphère et l’oppression d’une guerre qui dévore ses enfants.

Le trait est incisif, capturant l’essence d’une époque révolue dans des teintes de vert militaire et de terre humide, évoquant une pluie incessante, métaphore d’une tragédie qui ne cesse de s’abattre sur les hommes. Les visages, parfois indistincts, reflètent l’universalité de la souffrance, et le lecteur, tel un voyeur involontaire, se retrouve immergé dans cette mosaïque de douleur.

On pourrait arguer que le rythme lent et les dialogues chargés entravent le flot de la lecture, transformant ce qui aurait pu être une marche réfléchie en un chemin sinueux et ardu. Néanmoins, cette lenteur est à l’image de l’époque qu’elle représente : une période où chaque seconde était un fardeau, chaque décision une potentielle sentence de mort.

« L’Obéissance » est donc plus qu’une bande dessinée ; c’est une fresque historique et philosophique, un tableau sombre où chaque coup de crayon est un écho des questions éternelles sur le devoir, la moralité et le sacrifice.

Une œuvre exigeante, certes, mais dont la portée transcende le papier pour s’inscrire dans le panthéon des récits de guerre qui nous forcent à contempler les abysses de notre passé collectif.

Une histoire du débarquement

Album publié en 2024 aux éditions Petit à petit.


Résumé éditeur

Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquaient sur les plages normandes pour libérer l’Europe de l’Allemagne nazie.

À l’occasion des 80 ans de l’événement, replongez dans les étapes historiques qui ont mené à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Aux côtés de figures connues ou d’anonymes, vivez en BD toute la préparation qui a mené au Débarquement, de l’évacuation des troupes alliés de Dunkerque en 1940 jusqu’au sacrifice des Bedford Boys.

Grâce à des pages documentaires richement documentées, rédigées par l’historienne Isabelle Bournier, apprenez-en plus sur l’une des plus importantes opérations militaires de l’histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Une histoire du débarquement »

Isabelle Bournier nous livre avec « Une histoire du Débarquement » une bande dessinée historiquement riche qui retrace l’opération Overlord, le fameux débarquement allié du 6 juin 1944.

À travers des illustrations poignantes et des récits documentés, l’auteure réussit à capturer l’essence d’un des événements les plus marquants de la Seconde Guerre mondiale.

La force de cette œuvre réside dans sa capacité à équilibrer rigueur historique et accessibilité. Les pages documentaires, rédigées avec soin, offrent une immersion profonde dans les préparatifs et les sacrifices menant au Jour J. On salue l’approche pédagogique de Bournier, qui parvient à rendre compréhensible la complexité de l’événement tout en restant captivante​ .

On notera également l’aspect humain de la bande dessinée, où les destins individuels des soldats et civils sont habilement intégrés dans le récit global, ajoutant une dimension émotionnelle qui résonne avec le lecteur​.

« Une histoire du Débarquement » est une réussite tant sur le plan historique qu’artistique. Bournier offre une œuvre indispensable pour les amateurs d’histoire, tout en restant accessible aux néophytes. Une lecture essentielle pour commémorer et comprendre le Débarquement.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

La révolte des bonnets rouges

Album publié en 2007 aux éditions CPE.


Résumé éditeur

couverture bd La révolte des bonnets rouges

Printemps 1675.

Des troubles éclatent à Rennes puis à Nantes. La population, excédée par la pression fiscale de Louis XIV, refuse de nouveaux impôts levés contre la volonté du Parlement de Bretagne et en violation du Traité de 1532 qui assurait que le respect des vieilles institutions du pays.

Bientôt les émeutes prennent un caractère insurrectionnel.

Après les villes de Haute Bretagne ce sont les campagnes de Basse Bretagne qui s’enflamment.

En Cornouaille, les insurgés rédigent un Code Pessovat (« ce qui est bon ») qui pose les bases d’une république bretonne égalitaire, tandis que Sébastien Le Balp, notaire à Kerglof, près de Carhaix, prend la tête du mouvement…

C’est cette belle page d’Histoire de Bretagne que Thierry Jigourel, journaliste, écrivain et Gérard Clam, dessinateur de presse et illustrateur, font revivre en 48 pages d’un rythme haletant dans lequel le souci de l’épique ne le cède en rien à la rigueur historique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La révolte des bonnets rouges »

Dans « La révolte des Bonnets Rouges« , Thierry Jigourel et Gérard Clam plongent le lecteur dans les méandres d’une Bretagne insurgée contre l’oppression fiscale du roi Louis XIV.

Avec un scénario vibrant et des illustrations qui capturent crûment la ferveur de la révolte, cette bande dessinée ne se contente pas de narrer des faits ; elle les incarne.

extrait bd La révolte des bonnets rouges

Jigourel, s’armant de sa plume historienne, dresse un récit où l’épopée des simples se heurte à la complexité des enjeux politiques.

Clam, quant à lui, imprime cette tension sur le papier avec un style brut qui sied à la rudesse de l’époque.

Ensemble, ils offrent une œuvre qui n’est pas seulement une fenêtre sur le passé, mais un miroir des luttes actuelles.

Cette BD, à la fois didactique et révoltée, est un cri du cœur du patrimoine breton qui résonne bien au-delà de ses frontières historiques.


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Lieux visités par la bd en Bretagne

Mendiants et orgueilleux

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman d’Albert Cossery publié en septembre 1955.

couverture bd Mendiants et orgueilleux

Quinze ans avant la vogue des adaptations littéraires en bandes dessinées, Golo adaptait avec succès le roman d’Albert CosseryMendiants et orgueilleux.

Quinze ans après sa première publication dans «(À suivre)», Futuropolis réédite ce livre essentiel. Cossery y dépeint les laissés-pour-compte des quartiers miséreux du Caire, faisant l’éloge du dénuement et de la paresse conçus comme un art de vivre, en opposition à nos pratiques occidentales : «Gagner est un mot obscène, un terme de commerce. Je hais l’argent et l’ambition, ils sont la cause de tous les malheurs du monde.

En Orient, lorsqu’on a de quoi vivre, on ne travaille pas. En Occident, plus on a d’argent, plus on en veut.»
Un livre essentiel pour Golo qui s’est installé alors au Caire, et qui revient aujourd’hui, avec Mes mille et une nuits au Caire, sur sa ville d’adoption et ses habitants, avec chaleur et humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mendiants et orgueilleux »

Dans l’ édition graphique de « Mendiants et orgueilleux » par Golo, inspirée du roman d’Albert Cossery, le Caire s’illustre comme le théâtre d’une humanité fracturée. Le dessin, épuré et poignant, porte le récit d’une société cairote clivée non seulement par les richesses, mais aussi par les idéaux.

Gohar, l’ancien philosophe devenu mendiant, est le symbole d’un dénuement qui, loin de l’abattre, semble lui conférer une forme de noblesse austère. La dualité se lit dans chaque trait, chaque ombre de ce roman graphique où la misère côtoie la grandeur d’âme.

La narration visuelle met en relief la satire sociale du roman original. Elle illustre avec acuité la superficialité des possédants et l’authenticité des pauvres, questionnant la véritable essence de la richesse.

extrait bd Mendiants et orgueilleux

L’adaptation de Golo reste fidèle à l’esprit subversif de Cossery, transposant le mépris pour le matérialisme dans un langage visuel qui résonne avec le caractère intemporel du message. Ce n’est pas tant dans les possessions que dans l’indépendance de l’esprit que Gohar et ses compagnons d’infortune trouvent leur dignité.

Le personnage d’El Kordi, oscillant entre son milieu bourgeois et son aspiration à la solidarité avec les plus démunis, incarne cette lutte intérieure et souligne l’hypocrisie d’une société où les apparences sont reines. La révolte qu’il symbolise est aussi intérieure que sociale, un appel à la lucidité dans un monde d’illusions.

« Mendiants et orgueilleux » se révèle ainsi être une œuvre où la simplicité du dessin contraste avec la complexité des thématiques, un réquisitoire graphique contre l’aliénation par l’argent et un éloge de la liberté de l’esprit.

Mise en bouche

Bande dessinée publiée en 2008 aux éditions Futuropolis.


D’après la nouvelle de Philippe Djian publiée en juillet 2003.

couverture bd Mise en bouche

Mise en bouche est une nouvelle de Philippe Djian paru en 2003 en supplément d’un magazine culturel.

À sa lecture, Jean-Philippe Peyraud a tout de suite eu envie d’adapter cette fantaisie dramatique en bande dessinée.


Quelques années plus tard, contact est pris, et Philippe Djian, qui aime particulièrement ce texte, mais aussi la bande dessinée, et apprécie le travail de Jean-Philippe Peyraud, donne immédiatement son accord.

Jean-Philippe Peyraud adapte la nouvelle en bande dessinée, tandis que Djian peaufine les dialogues…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mise en bouche »


Dans « Mise en bouche », le pinceau de Jean-Philippe Peyraud s’empare avec une subtilité remarquable de la nouvelle de Philippe Djian pour tisser une toile graphique qui, à l’instar de ses protagonistes, captive et retient.

En marge des faits divers, le récit épouse une tangente intimiste, où une situation extrême – la prise d’otages dans une école maternelle – devient l’écrin d’une romance naissante et improbable.

Peyraud ne se contente pas de transposer; il transcende la matière première pour la fondre dans le moule de la bande dessinée avec une maîtrise qui s’admire à chaque planche. Son trait, épuré mais expressif, épouse les émotions et les sous-entendus, tandis que les couleurs de Laurence Croix apportent la profondeur nécessaire à l’ambiance confinée de ce huis clos palpitant.

extrait bd Mise en bouche

L’originalité de l’œuvre réside dans sa capacité à détourner l’attention du sensationnalisme pour la focaliser sur l’humain, ses failles et ses aspirations.

Le dessin simple mais poignant accompagne une narration où les non-dits ont autant de poids que les dialogues finement ciselés par Djian. La gestion des silences, les regards échangés, tout concourt à rendre cette histoire d’amour aussi délicate que le contexte est brutal.

Cette BD confirme l’engagement de Futuropolis dans la publication d’œuvres qui interpellent, déstabilisent et restent en mémoire bien après avoir tourné la dernière page.