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Les justes – Carl Lutz

Album publié en 2025 aux Editions Bamboo.


couverture bd Les justes - Carl Lutz

L’incroyable histoire du plus grand héros civil de la seconde guerre mondiale, inconnu du grand public !
Simple vice-consul de Suisse à Budapest, Carl Lutz fut, par son courage et ses initiatives, le sauveur des Juifs de Hongrie.
Faux papiers, perturbations d’exécutions, immunité diplomatique… Carl Lutz s’opposa par tous les moyens au SS Adolph Eichman et aux autorités hongroises collaborationnistes et réussit ainsi à
sauver entre 20 et 25 000 personnes !
Celui qui affirmait « Les lois de l’humanité sont supérieures aux lois des hommes.» fut pourtant oublié et désavoué par son pays
d’origine après la guerre. Un fantastique récit de notre spécialiste histoire, Jean-Yves Le Naour.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les justes – Carl Lutz »

Premier volume de la collection Les Justes chez Grand Angle (Bamboo), cet album scénarisé par l’historien Jean‑Yves Le Naour et dessiné par Brice Goepfert redonne une place centrale à Carl Lutz, vice‑consul de Suisse à Budapest durant la Seconde Guerre mondiale.
Entre 1942 et 1945, cet homme discret mit à profit son statut diplomatique pour sauver des dizaines de milliers de Juifs hongrois, affrontant à la fois la machine nazie d’Adolf Eichmann et la collaboration locale.

Jean‑Yves Le Naour construit un récit tendu, très documenté, qui ne se contente pas d’aligner les faits héroïques. Il montre un fonctionnaire pris dans un étau moral, obligé de contourner sa propre administration pour rester fidèle à sa conviction que « les lois de l’humanité sont supérieures aux lois des hommes ». Les scènes de négociation, de falsification de papiers, de tractations à huis clos font naître un vrai suspense tout en éclairant le contexte politique hongrois.

extrait bd Les justes - Carl Lutz

Le dessin réaliste de Brice Goepfert, soutenu par les couleurs sobres de Tanja Wenisch, adopte une mise en scène quasi documentaire : décors précis, véhicules, uniformes et rues de Budapest sont restitués avec un soin qui ancre le récit dans le réel. Les cadrages privilégient les visages, les foules en mouvement, les attentes dans les couloirs d’ambassade, créant une émotion retenue mais constante.

Complété par un dossier historique solide, Les Justes – Carl Lutz est une bande dessinée à la fois accessible et exigeante, idéale pour les passionnés d’histoire, les enseignants et tous ceux qui cherchent à comprendre comment un individu peut, seul, infléchir le cours de la barbarie.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Budapest

Les Justes – Emilie et Oskar Schindler

Album publié en 2025 aux Editions Bamboo.


couverture bd Les Justes - Emilie et Oskar Schindler

Steven Spielberg en a fait une icône, voici la véritable histoire d’Oskar Schindler !
Derrière l’homme d’affaires charismatique, bon vivant et nazi par opportunisme, il y a un personnage oublié dans « La liste de Schindler » : Émilie, la femme d’Oskar, qui
joua pourtant un grand rôle dans la destinée de son mari.
Quand celui-ci découvrit les persécutions dont faisaient l’objet les Juifs employés à bon marché dans son entreprise et envoyés en convois vers Auschwitz, il changea complètement d’attitude et fit tout pour les sauver, avec l’aide indéfectible d’Émilie.
C’est à travers son regard de femme trompée et éternellement dans l’ombre que se déroule ce magnifique récit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Justes – Emilie et Oskar Schindler »

Scénarisée par Jean-Yves Le Naour et illustrée par Christelle Galland, cette bande dessinée inaugure la collection « Les Justes » chez Grand Angle. La BD déplace intelligemment le projecteur d’Oskar Schindler, rendu célèbre par le film de Spielberg, vers Émilie, cette figure effacée mais essentielle qui contribua activement au sauvetage de plus de 1 200 vies pendant la Shoah.

Le choix narratif de privilégier le regard d’Émilie confère une puissance émotionnelle au récit. À travers ses entretiens avec deux journalistes allemands venus la rencontrer en Argentine en 1999, se dévoile un portrait sans complaisance d’Oskar : séducteur, opportuniste, membre du parti nazi par calcul, mais aussi homme capable d’un engagement total face à l’horreur des persécutions. Émilie y apparaît comme une femme digne, obstinée et déterminante dans cette opération de sauvetage, organisant l’acheminement de vivres et médicaments au péril de sa propre vie.

Le style graphique de Christelle Galland privilégie une approche semi-réaliste, claire et expressive. L’alternance entre couleurs et noir et blanc, possiblement inspirée du film de Spielberg, soutient l’intensité dramatique. Les visages travaillés traduisent avec justesse la complexité psychologique des personnages.

La rigueur historique de Jean-Yves Le Naour, historien vulgarisateur reconnu, transparaît à chaque page. Un dossier pédagogique enrichit l’ensemble, faisant de cet album un outil mémoriel précieux. Cette bande dessinée est une lecture pour comprendre l’humanité face à la barbarie.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Camp de Gross-Rosencamp de Plaszow

Normandie 1944 – Du D-DAY à la libération de Paris

Album publié en 2025 aux Editions Imagine Graphic.


couverture bd Normandie 1944 - Du D-DAY à la libération de Paris

Au matin du 6 juin 1944, les Alliés débarquent sur les plages de Normandie.
C’est la plus vaste opération militaire de tous les temps et le prélude à la Libération et à la chute d’Hitler.
Ce roman graphique raconte l’épopée du Débarquement et de la bataille de Normandie. Tout cet extraordinaire épisode de la Seconde Guerre mondiale revit sous nos yeux : la planification du Débarquement, l’assaut sur les plages, la construction des ports artificiels, la prise de Cherbourg, la bataille de Caen contre les Jeunesses hitlériennes, la poche de Falaise, la libération de Paris.
Un témoignage passionnant de cet incroyable « jour le plus long » qui a changé le cours de notre Histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Normandie 1944 – Du D-DAY à la libération de Paris »

Avec Normandie 1944 : Du D-DAY à la libération de Paris, Wayne Vansant utilise ses trois décennies de maîtrise du récit militaire graphique pour revisiter cette campagne décisive. Ancien du Vietnam et illustrateur de légende de The ‘Nam chez Marvel, l’auteur américain impose sa signature : une rigueur historique implacable doublée d’une humanité viscérale. Des 408 pages de ce roman graphique émane une autorité rare, fruit de recherches exhaustives sur les uniformes, les armements et les stratégies alliées et allemandes.

Le scénario, de la planification du Débarquement à la libération de Paris, en passant par les ports artificiels et la poche de Falaise, compose un tableau épique sans hiérarchiser les nations. Wayne Vansant trace les contours psychologiques de combattants polyvalents : fantassins tremblants, chars allemands pilotés par des hommes courageux, civils normands…. Le trait graphique réaliste, dépourvu de caricature, transmet le caractère tragique des événements. Ni cartoon navrant, ni sensationnalisme, l’illustration recherche la juste mesure pédagogique.

Pour amateurs d’histoire et néophytes cherchant une porte d’entrée visuelle rigoureuse dans cet épisode charnière de 1944. Une référence incontournable.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

ArromanchesFalaiseParis

Libres d’obéir

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Casterman.


D’après l’essai Libres d’obéir – Le management, du nazisme à aujourd’hui de Johann Chapoutot  publié le 9 janvier 2020.

couverture bd Libres d'obéir

Libres d’obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l’organisation nazie.
Les auteurs racontent comment Reinhard Höhn, ancien juriste du IIIᵉ Reich, a influencé la pensée managériale en prônant l’autonomie sous contrôle, de l’après-guerre jusqu’à nos jours.
Dans cette adaptation, a été ajouté le récit de deux femmes cadres, soumises à la pression managériale, mettant en scène les conséquences concrètes de cette idéologie dans le monde professionnel actuel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Libres d’obéir »

Cette adaptation en bande dessinée de l’essai d’historien Johann Chapoutot transforme une thèse vertigineuse en un scénario accessible, sans sacrifier la rigueur intellectuelle. La BD explore comment Reinhard Höhn, ancien général SS et théoricien du management, a implanté les germes d’une « autonomie sous contrôle » dans le management occidental d’après-guerre. Cette doctrine pernicieuse promet au salarié une liberté des moyens.

extrait bd Libres d'obéir

Le scénario intercale brillamment les dialogues de deux femmes cadres confrontées au burnout professionnel avec l’histoire de Höhn, concrétisant l’abstraction théorique. Le trait sobre et lisible de Philippe Girard sert ce propos : coloré au départ, virant au noir et blanc pour illustrer l’effondrement émotionnel des protagonistes. Les infographies conceptuelles et le glossaire facilitent la compréhension.

Malgré sa densité narrative, cette œuvre demeure captivante et stimulante intellectuellement. Pour lecteurs en quête de réflexion sur le management contemporain.

The Doomed Puma

Album publié en 2025 aux Editions Paquet.


couverture bd The Doomed Puma

En 1988, le 1er escadron de chasse du MH 59 a été créé à Kecskemét (Hongrie). La base aérienne de Dezso Szentgyorgyi a fait revivre le nom et l’insigne du Puma, perpétuant ainsi la tradition. 
Cependant, les pilotes ayant porté l’insigne du Puma qui avaient participés à la seconde guerre mondiale sont restés dans l’ombre pendant des décennies.
Beaucoup d’entre eux ont été contraints de quitter leur patrie bien-aimée et de commencer une nouvelle vie dans un pays étranger.
Beaucoup de ceux qui sont restés ont été persécutés. Parmi ceux-là, Lajos Toth, « Drumi » comme l’appelaient ses amis, a été condamné à mort par pendaison et exécuté en 1951.
Voici son histoire…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « The Doomed Puma »

The Doomed Puma, nouvel album de Gyula Pozsgay paru chez Paquet dans la collection Cockpit, retrace la vie du lieutenant hongrois Lajos Tóth, surnommé « Drumi ». Pilote d’élite de la Seconde Guerre mondiale crédité de 28 victoires aériennes à bord de son Messerschmitt Bf 109, Lajos Tóth incarne le destin tragique d’une génération sacrifiée par l’histoire. Exécuté en 1951 pour des accusations forgées de toutes pièces, il symbolise les purges perpétrées contre les pilotes du Puma restés en Hongrie après le basculement du pays au bloc soviétique.

extrait bd The Doomed Puma

Gyula Pozsgay livre un scénario immersif centrée sur les combats aériens spectaculaires, exploitant la dynamique des duels contre les Soviétiques et l’US Air Force. Son style graphique, alliant hyperréalisme et tension dramatique, accentue l’intensité des séquences aériennes par un découpage maîtrisé. Les couleurs saturées et l’illustration des appareils reflètent fidèlement l’esthétique de la collection Cockpit, reconnue pour son expertise aéronautique.

Cet album s’adresse particulièrement aux amateurs d’aviation et d’histoire militaire. Cette BD offre une plongée mémorielle dans une période particulièrement méconnue de la Seconde Guerre mondiale.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

KievKirowogradLac Balaton

Derrière la Haine

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Philéas.


D’après le roman Mothers’ Instinct de Barbara Abel  publié le 12 avril 2012.

couverture bd Derriere la Haine

Voisins du même âge, Tiphaine, Sylvain, Lætitia et David partagent les mêmes passions et la même conception de la vie.
Les deux couples sont devenus inséparables et, malgré la mince cloison qui les sépare, on peut dire qu’ils vivent joyeusement les uns avec les autres.
Une amitié fusionnelle tout naturellement renforcée quand deux petits garçons viennent au monde pour enchanter les maisons.
Maxime et Milo naissent la même année, grandissent ensemble, comme deux jumeaux qui le soir venu rentreraient dormir chez leurs parents respectifs.
Mais ce tableau idyllique éclate violemment le jour où Lætitia est témoin d’un tragique accident qui coûtera la vie au petit Maxime, le garçon de ses voisins.
Hantée par la culpabilité de n’avoir pas pu aider l’enfant et par la douleur d’avoir perdu un être qu’elle aimait comme un fils, Lætitia commence à s’inventer des histoires, aveuglée par la douleur.
Tiphaine lui en veut, elle va se venger, elle projette de tuer Milo qui lui rappelle chaque jour l’enfant qu’elle a perdu. Lætitia a tellement peur de perdre son enfant, de vivre ce qu’à vécu Tiphaine
La paranoïa l’isole du reste du monde et elle ne comprend pas que c’est peut-être elle qui est en train de tuer son fils, à petit feu…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Derriere la Haine »

Derrière la Haine, l’adaptation en bande dessinée du roman de Barbara Abel par Séverine Lambour au scénario et Rachid N’Haoua au dessin, est une BD marquante dans le paysage du thriller psychologique français. Publié chez Philéas en juin 2025, cet album de 96 pages transcende brillamment le medium littéraire pour offrir une expérience visuelle d’une intensité remarquable.

Séverine Lambour, scénariste reconnue pour son travail sur des thrillers psychologiques comme La Rebouteuse et On me l’a enlevée, démontre ici sa maîtrise de l’adaptation littéraire. Elle parvient à distiller l’essence du roman de Barbara Abel – auteure belge réputée pour ses explorations des zones sombres de la nature humaine – en conservant toute la tension psychologique de l’œuvre originale. Le récit suit deux couples voisins, Tiphaine et Sylvain d’un côté, Lætitia et David de l’autre, unis par une amitié fusionnelle qui vole en éclats après un tragique accident coûtant la vie au petit Maxime.

extrait bd Derriere la Haine

Le dessinateur Rachid N’Haoua, vétéran de l’industrie ayant œuvré pour Disney et Warner, déploie un style réaliste d’une précision saisissante. Son trait minutieux capture avec brio les micro-expressions révélatrices de la déliquescence psychologique des personnages. La colorisation de Nephiko amplifie cette virtuosité par des dégradés chromatiques – rouge, vert, bleu – qui modulent l’intensité émotionnelle de chaque case, créant une véritable symphonie visuelle.

L’album excelle dans la construction du scénario, alternant habilement entre passé et présent pour dévoiler progressivement les mécanismes de la culpabilité, de la paranoïa et de la haine. Cette adaptation révèle toute la complexité du roman original : un thriller domestique où l’ordinaire bascule dans l’horreur, explorant les ressorts les plus sombres des relations humaines. Le deuil d’un enfant y devient le catalyseur d’une spirale destructrice qui interroge les limites de l’amitié et les ravages des non-dits.

Cette bande dessinée s’impose comme une adaptation remarquable qui honore l’univers de Barbara Abel tout en exploitant pleinement les spécificités offerte par la bande dessinée, offrant aux lecteurs une expérience immersive.

Jérusalem – Tome 1 – Salem

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Jérusalem - Tome 1 - Salem

Sion, Jérusalem, Al-Qods.
Fondée vers 3000 av. J.-C. cette cité abrite des lieux sacrés des trois religions du Livre : le Mur des Lamentations, le Saint- Sépulcre et la Mosquée Al-Aqsa…
Le premier tome d’une ambitieuse trilogie consacrée à la naissance de cette cité millénaire, l’une des plus illustres créées par l’Homme.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jérusalem – Tome 1 – Salem »

Une fresque antique ambitieuse et richement détaillée

Jean-Pierre Pécau inaugure avec Salem, premier tome d’une trilogie consacrée aux origines de Jérusalem, une entreprise remarquable. Cette bande dessinée nous plonge dans les fondations légendaires d’une cité millénaire fondée vers 3000 av. J.-C., carrefour spirituel des trois religions du Livre.

Le scénario de Jean-Pierre Pécau privilégie une approche rigoureuse, mêlant histoire documentée et épopée biblique. Le récit débute avec David conquérant Jébus (ancien nom de Jérusalem) des Jébuséens et culminant avec le règne de Salomon et la construction du Temple. Sans céder à la simplification, Jean-Pierre Pécau restitue les complexités politico-religieuses de cette époque : tensions entre centralisation du pouvoir et unité spirituelle, conflits entre tribus, ambitions d’un roi bâtisseur. L’épisode d’Urie et Bethsabée, notamment, révèle un David humanisé, faillible, dont les choix personnels influencent l’histoire politique.

extrait bd Jérusalem - Tome 1 - Salem

Le trait d’Alexandre Jubran soutient magnifiquement cette ambition. Ses dessins précis, détaillés, restituent la majesté des palais, la rudesse des pierres anciennes et la ferveur spirituelle des lieux sacrés. Les panoramas de Jérusalem en construction offrent une immersion visuelle remarquable. La couverture, magnifique, parachève cette impression d’œuvre soignée et rigoureuse.

Si le rythme condensé laisse parfois peu de place à l’approfondissement émotionnel des personnages, cette densité témoigne de la portée quasi-encyclopédique du projet.
Pour les lecteurs attirés par les grands récits fondateurs et les fresques historiques visuellement ambitieuses, Salem est une réussite incontestable. Cette BD demeure remarquablement accessible, posant les fondations d’une trilogie prometteuse.

Jekyll & Hyde – Le docteur et l’assassin

Album publié en 2025 aux Editions Glénat.


Adapté de l’œuvre de Robert Louis Stevenson L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de mister Hyde (publiée pour la première fois en janvier 1886).

couverture bd Jekyll & Hyde - Le docteur et l'assassin

Un homme, deux identités 

À Londres, le docteur Jekyll, un philanthrope obsédé par l’idée de cohabitation en un même être de plusieurs personnalités, met au point une potion pour séparer son bon côté de son côté sombre. Mais c’est ce dernier qui bientôt prendra le dessus pour le transformer en monstrueux Mister Hyde… Après Dracula et Frankenstein, ce troisième volume consacré aux classiques littéraires du fantastique gothique adaptés en bande dessinée offre un souffle nouveau à Docteur Jekyll & Mister Hyde, le chef-d’œuvre de Robert Louis Stevenson.
À travers l’étrange affaire du docteur Jekyll, Marco Cannavó explore le thème de la dualité qui caractérise le roman, les notions de bien et de mal ainsi que le dédoublement de personnalité, ce que souligne superbement Corrado Roi, grâce aux subtils contrastes de son trait en clair-obscur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jekyll & Hyde – Le docteur et l’assassin »

Sous la plume de Marco Cannavó et dans les sombres clair-obscur de Corrado Roi, « Jekyll & Hyde – Le docteur et l’assassin » revisite le mythe de Robert Louis Stevenson avec une intensité troublante et originale. Adaptant le roman « L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde » (1886), Marco Cannavó plonge le lecteur dans l’Angleterre victorienne où la dualité de l’âme humaine s’incarne à travers les pulsions contrariées de Jekyll, ici marqué dès l’enfance par la violence et le doute.

Le scénario creuse la profondeur psychologique via des dialogues intérieurs entre Jekyll et Hyde, la fascination pour le mal, et l’ajout de personnages comme l’artiste Amélia Dyer, qui complète le portrait d’un univers où la monstruosité et la séduction se côtoient. L’intégration des crimes de Jack l’Éventreur accentue la noirceur et brouille les frontières entre horreur et récit policier.

extrait bd Jekyll & Hyde - Le docteur et l'assassin

Côté graphique, Corrado Roi magnifie l’ambiance avec un encrage noir et blanc remarquable, fusain réaliste, évoquant Gustave Doré et les codes du gothique. Londres devient un théâtre hypnotique de la folie, la violence et la tension morale.

Cette adaptation puissante et sans concession s’adresse aux amateurs de classiques revisités, Cette BD renouvelle l’intérêt pour le roman originel.

Le Clan des Otori – Les Neiges de l’exil – 5

Album publié en 2025 aux Editions Gallimard.


Adapté du roman de Lian Hearn publié pour la première fois le 2 septembre 2004.

couverture bd Le Clan des Otori - Les Neiges de l'exil - 5

L’hiver est tombé sur les Trois Pays -le temps des frimas et des choix décisifs. Kaede, en proie à des drames intimes, lutte pour s’imposer comme seigneuresse incontestée, tandis que Takeo maudit sa vie d’espion et de tueur au sein de la Tribu.
Chantage, amour, détresse, violence extrême… Le courage demeure leur seul recours.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Clan des Otori – Les Neiges de l’exil – 5 »

Adaptant avec brio la saga de Lian Hearn, Benjamin Bachelier et Stéphane Melchior livrent avec ce cinquième tome une bande dessinée d’une rare intensité, plongeant le lecteur dans un Japon féodal fictif, inspiré de l’époque Sengoku, où guerres de clans, intrigues politiques et destinées contrariées s’entrelacent.

Les Neiges de l’exil s’ouvre sur un hiver glacial dans les Trois Pays, métaphore d’un temps suspendu où chaque personnage doit affronter ses propres démons. Kaede, figure féminine puissante et complexe, lutte pour s’imposer face à un monde dominé par les hommes, tandis que Takeo, héritier déchiré, s’enfonce dans la solitude et la violence imposée par la Tribu. Le scénario alterne habilement entre leurs trajectoires, révélant la profondeur psychologique de leurs dilemmes : honneur, amour, pouvoir et sacrifice s’entremêlent, portés par une écriture subtile qui évite le manichéisme.

extrait bd Le Clan des Otori - Les Neiges de l'exil - 5

Graphiquement, Benjamin Bachelier excelle à traduire l’atmosphère feutrée et onirique du récit. Son trait délicat capte la tension des corps et la gravité des regards, tandis que la palette de couleurs, tantôt sourde, tantôt éclatante, souligne l’intensité des émotions. 
L’anthropomorphisme discret des personnages ajoute une dimension symbolique et poétique, renforçant l’étrangeté fascinante de ce Japon rêvé.

Ce cinquième tome s’impose comme une adaptation fidèle et inspirée, à recommander aux amateurs de fresques historiques, de récits initiatiques.


couverture Le Clan des Otori tome 1

1

couverture Le Clan des Otori tome 2

2

couverture Le Clan des Otori tome 3

3

couverture Le Clan des Otori tome 4

4

couverture Le Clan des Otori tome 5

5

Le Racisme expliqué à ma fille

Album publié en 2025 aux éditions Seuil.


Résumé éditeur

D’après l’essai de Tahar Ben Jelloun publié en 1998.

couverture bd Le Racisme expliqué à ma fille

« Un enfant est curieux. Il pose beaucoup de questions et il attend des réponses précises et convaincantes. On ne triche pas avec les questions d’un enfant. C’est en m’accompagnant à une manifestation contre un projet de loi sur l’immigration que ma fille m’a interrogé sur le racisme. Nous avons beaucoup parlé. Les enfants sont mieux placés que quiconque pour comprendre qu’on ne naît pas raciste mais qu’on le devient. Parfois. Ce livre qui essaie de répondre aux questions de ma fille s’adresse aux enfants qui n’ont pas encore de préjugés et veulent comprendre. »
Tahar Ben Jelloun

Parce que le sujet est plus que jamais d’actualité, une adaptation en BD du best-seller de Tahar Ben Jelloun, pour aider les enfants à mieux comprendre les mécanismes du racisme, et ainsi à les combattre.

Un livre d’utilité publique, accessible dès 8 ans.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Racisme expliqué à ma fille »

Plus de 25 ans après la parution du best-seller de Tahar Ben Jelloun, cette adaptation en bande dessinée par Marzena Sowa et Hélène Le Cam réactualise brillamment un dialogue devenu référence. À travers la conversation entre un père et sa fille Mérième, l’ouvrage décrypte avec finesse les mécanismes du racisme dans notre société contemporaine.

Le point fort de cette adaptation réside dans sa capacité à rendre accessible des concepts complexes sans jamais les simplifier à l’excès. Le scénario de Marzena Sowa préserve l’essence pédagogique du texte original tout en l’ancrant dans notre époque, intégrant habilement des références à des événements récents. La progression narrative, organisée en chapitres thématiques abordant l’esclavage, la colonisation, les génocides ou encore les discriminations religieuses, permet une lecture fluide et progressive.

extrait bd Le Racisme expliqué à ma fille

Le dessin d’Hélène Le Cam, pour sa première BD, impressionne par sa justesse. Son trait réaliste mais chaleureux offre une représentation sensible des personnages dans leur quotidien – à table, en promenade, dans le métro. Sa palette colorée et son découpage clair servent parfaitement le propos, rendant les exemples concrets et immédiatement compréhensibles pour les jeunes lecteurs.

Accompagné d’un glossaire précieux, cet ouvrage constitue un remarquable outil pédagogique qui saura toucher les enfants dès 8 ans. Une lecture fondamentale pour comprendre et, surtout, combattre le racisme qui, malheureusement, reste toujours d’actualité.