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« Je n’ai pas oublié… » – Histoires de la Shoah par balles

Album publié en 2024 aux éditions du Rocher.


Résumé éditeur

couverture bd "Je n'ai pas oublié..." - Histoires de la Shoah par balles

« Il a vu les nazis, le massacre des juifs, les balles dans la nuque à bout portant, les enfants traînés comme des chiens, la fosse commune se remplir la terre bouger au-dessus des cadavres. »

Un journaliste part en Pologne avec une vingtaine d’étudiants sur les traces des derniers témoins de la Shoah par balles. Elle a causé la mort de près de deux millions de victimes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lorsque la nature a repris ses droits, qu’il ne subsiste aucune trace de ce qui s’est produit et que les archives font défaut, il ne reste plus que leurs récits.

Mais, à 90 ans passés, ces femmes et ces hommes sont sur le point d’emporter avec eux ce qu’ils ont vu de ces fusillades de masse alors qu’ils n’étaient que des enfants : l’horreur d’un génocide en Europe de l’Est.

Cet album, inspiré de faits réels, raconte ce moment d’histoire peu connu et propose une réflexion plus globale sur les discriminations et le racisme aujourd’hui.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « « Je n’ai pas oublié… » – Histoires de la Shoah par balles »

La bande dessinée « Je n’ai pas oublié… Histoires de la Shoah par balles« , réalisée par Christophe Girard et Pierre-Roland Saint-Dizier, constitue une œuvre poignante et essentielle.

Ce roman graphique aborde une facette moins connue de la Shoah : l’extermination par fusillade de près de deux millions de Juifs et de Roms dans les pays de l’Est, un sujet souvent éclipsé par les récits des camps de concentration et des chambres à gaz.

L’album retrace le voyage d’un journaliste et de jeunes étudiants en Pologne, à la rencontre des derniers témoins de ces massacres. Les récits des survivants, tous nonagénaires, sont poignants et dévoilent des souvenirs atroces de fusillades de masse et de fosses communes. Ces témoignages sont une véritable quête de mémoire, capturée avec une justesse émotionnelle remarquable.

extrait bd "Je n'ai pas oublié..." - Histoires de la Shoah par balles

Le dessin de Christophe Girard est un élément clé de cette œuvre. Il distingue le passé du présent avec des jeux de couleurs subtils : des teintes vives pour le voyage des étudiants, des monochromes pour les événements passés. Cette dichotomie visuelle renforce l’impact des récits, permettant une immersion totale sans tomber dans le voyeurisme.

Au-delà de la simple narration historique, « Je n’ai pas oublié… » soulève des questions cruciales sur la mémoire et la transmission. Comment la nouvelle génération peut-elle porter le fardeau de ces histoires ? La bande dessinée réussit à lier le passé au présent, soulignant les dangers persistants du racisme et des discriminations.

« Je n’ai pas oublié… » est une lecture incontournable, un hommage poignant aux victimes et un appel à la vigilance pour les générations futures.

Chroniques de Francine R., résistante et déportée

Albums publiés en 2018 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Quand la BD frôle les frontières de l’intime…

couverture bd Chroniques de Francine R., résistante et déportée

Francine R. est arrêtée avec sa sœur par la Gestapo à Pouilly-sous-Charlieu, dans la Loire, le 6 avril 1944, pour les faits de résistance de leur frère Joannès.

De là, elles partiront dans un convoi de femmes puis elles seront séparées : sa sœur expédiée en camps de travail à Hanovre ; Francine à celui de Watenstedt dans les usines d’armement Herman Göring.

Tout au long de son parcours, rien ne lui sera épargné : frappes dès son arrestation par la Gestapo, humiliations continues, trajets en train dans un wagon à bestiaux, accueil par des chiens loups sur le quai de la gare du camp de concentration, expérience médicale, déshabillage des morts, pillage des vivants, travail forcé…

Mais aussi, la permanence de l’espoir de sortir vivant de cet enfer, la lumière de deux hommes, un français et un algérien croisés à Watenstedt, le sabotage du travail à la chaine, l’émotion à la libération du camp, la première nuit dans un vrai lit, le 14 juillet de la libération à Paris.

Francine a évoqué tout cela en détail à Boris Golzio dans un long entretien. Longtemps resté avec cette matière entre les mains, l’auteur décide aujourd’hui de retranscrire cette parole dans un récit de bande dessinée dont le dessin se fait le plus neutre et naïf possible afin de rendre l’horreur supportable.

Un récit où le texte n’est composé que par la voix de Francine, dans son langage à elle, brut, fait d’hésitations, de répétitions et de tremblements, afin de respecter la vérité ontologique de ses propos et de rendre compte de la meilleure manière possible ce que fut la vie de cette femme.

Une résistante, déportée, parmi des milliers d’autres, mais dont chaque voix, chaque parole est unique et doit être sauvée de l’oubli.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chroniques de Francine R., résistante et déportée »

Dans « Chroniques de Francine R., résistante et déportée« , Boris Golzio nous offre un témoignage saisissant, marqué par une authenticité brute et une sobriété poignante.

Adapté des entretiens avec sa cousine éloignée, Francine R., ce récit graphique retrace avec une précision déchirante les épreuves de cette résistante arrêtée par la Gestapo en 1944 et déportée dans les camps nazis.

Golzio fait le choix audacieux d’un dessin dépouillé, quasi naïf, qui contraste avec la dureté des événements décrits. Cette approche visuelle, minimaliste mais efficace, permet de focaliser l’attention du lecteur sur les paroles de Francine, conservées dans toute leur crudité et leur vérité​. Chaque case est une plongée dans l’horreur des camps, depuis les humiliations quotidiennes jusqu’aux lueurs d’espoir apportées par des rencontres fortuites mais cruciales.

Le récit est ponctué de détails historiques précis, intégrés de manière fluide au fil de la narration. Ces éléments enrichissent le témoignage de Francine sans jamais alourdir le propos, permettant aux lecteurs de saisir pleinement le contexte de sa déportation et de son combat pour la survie​​. Golzio réussit à équilibrer l’émotion et l’information, offrant ainsi un hommage respectueux et bouleversant à sa cousine et à tous ceux qui ont partagé son sort.

« Chroniques de Francine R. » n’est pas seulement une œuvre de mémoire, mais aussi un puissant rappel des atrocités passées et de l’importance de ne jamais les oublier. En résistant à la tentation du pathos, Golzio livre une bande dessinée qui touche par sa sincérité et son engagement, une lecture indispensable pour les générations présentes et futures​​.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

HanovrePouilly-sous-CharlieuWatenstedt

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – 1939-1945 – L’Allemagne nazie

Album publié aux éditions Dupuis en 2021.


couverture bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - 1939-1945 - L'Allemagne nazie

Nino n’a pas très envie d’affronter Léo-Mathis et sa bande au Laser game… Car ces derniers sont sûrs de leur force !

Ariane lui fait remarquer que l’Allemagne nazie, qui se sentait si puissante, a tout de même fini par perdre la Seconde Guerre mondiale

Un conflit qu’Ariane et Nino vont présenter d’une manière inédite, en expliquant comment chaque pays vécut la guerre, avec ses propres particularités. Un album, un pays. Ici l’Allemagne, prise dans la folie nazie par désir de revanche…
S’inviter dans l’Histoire pour en raconter les grands moments incontournables, voilà le parti pris d’Ariane et Nino. En partant toujours du réel d’aujourd’hui, ces livres permettent aux enfants de se sentir concernés par l’Histoire.

Le scénariste Fabrice Erre est docteur en Histoire et professeur d’histoire-géographie, ces livres sont donc de véritables outils pédagogiques en lien avec le programme scolaire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – 1939-1945 – L’Allemagne nazie »

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – 1939-1945 : L’Allemagne nazie de Fabrice Erre et Sylvain Savoia est une œuvre brillante, mariant la pédagogie et la narration graphique pour rendre accessible une période troublée de l’Histoire. Destinée aux jeunes lecteurs, cette bande dessinée offre une introduction concise et captivante à la Seconde Guerre mondiale, centrée sur l’Allemagne nazie.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la clarté avec laquelle le récit est mené. Fabrice Erre, historien de formation, maîtrise l’art de vulgariser des sujets complexes sans sacrifier la rigueur. Le personnage d’Ariane, accompagnée de Nino, emmène les lecteurs dans un voyage historique qui, bien que court, s’avère complet et instructif. À travers des dialogues vivants et un ton léger, l’ouvrage parvient à démystifier l’une des périodes les plus sombres du XXe siècle, rendant son exploration accessible dès l’âge de 6 ans​.

Le travail de Sylvain Savoia au dessin vient magnifier cette approche. Son style précis et coloré équilibre les moments dramatiques et les touches plus légères, permettant une immersion sans accabler les jeunes lecteurs. L’ouvrage réussit ainsi à transmettre les horreurs du régime nazi tout en les rendant compréhensibles et adaptés à un jeune public​.

Cette BD est un outil précieux, aussi bien pour les enseignants que pour les parents, désireux de sensibiliser les plus jeunes à l’Histoire d’une manière claire, accessible et engageante.

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – 1939-1945 – La France entre collaboration et résistance

Album publié aux éditions Dupuis en 2021.


couverture bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - 1939-1945 - La France entre collaboration et résistance

Nino n’a pas très envie d’affronter Léo-Mathis et sa bande au Laser game… Car ces derniers sont sûrs de leur force !

Ariane lui fait remarquer que l’Allemagne nazie, qui se sentait si puissante, a tout de même fini par perdre la Seconde Guerre mondiale

Un conflit qu’Ariane et Nino vont présenter d’une manière inédite, en expliquant comment chaque pays vécut la guerre, avec ses propres particularités. Un album, un pays. Ici la France, qui dut vivre sous le joug nazi, suscitant parmi ses habitants autant de vocations de résistants que de collaborationnistes…
S’inviter dans l’Histoire pour en raconter les grands moments incontournables, voilà le parti pris d’Ariane et Nino. En partant toujours du réel d’aujourd’hui, ces livres permettent aux enfants de se sentir concernés par l’Histoire.

Le scénariste Fabrice Erre est docteur en Histoire et professeur d’histoire-géographie, ces livres sont donc de véritables outils pédagogiques en lien avec le programme scolaire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – 1939-1945 – La France entre collaboration et résistance »

La bande dessinée « Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino : 1939-1945 – La France entre collaboration et résistance«  s’impose comme une véritable réussite pédagogique. Destinée à un jeune public, elle parvient à présenter un épisode complexe de l’histoire de France, celui de la Seconde Guerre mondiale, avec une clarté exemplaire.

Fabrice Erre, à travers un récit à la fois concis et instructif, plonge les lecteurs dans une France déchirée entre le régime de Vichy et la Résistance. Le format réduit de 48 pages n’entrave en rien la richesse du contenu. L’utilisation de personnages comme Ariane et Nino permet une approche narrative engageante, où les jeunes lecteurs peuvent aisément s’identifier et ainsi mieux comprendre les enjeux de cette période troublée.

extrait bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - 1939-1945 - La France entre collaboration et résistance

Le graphisme de Sylvain Savoia, épuré et efficace, accompagne parfaitement ce propos, en rendant visuellement attractif un sujet souvent jugé difficile. Les ajouts pédagogiques, tels que les frises chronologiques et le vocabulaire expliqué, offrent une dimension interactive qui renforce l’aspect éducatif.

Ce tome est une belle réussite tant pour son contenu que pour sa présentation. Il constitue un excellent outil pour initier les plus jeunes à l’Histoire, tout en éveillant leur curiosité pour les grands événements du passé​

Le voyage du Saint-Louis – Un épisode oublié de la Shoah

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Marabout.


couverture bd Le voyage du Saint-Louis - Un épisode oublié de la Shoah

Le paquebot Saint-Louis, symbolise le destin des réfugiés juifs à la veille de la Seconde Guerre mondiale : l’indifférence face à la montée de la barbarie nazie.

Mai 1939, le paquebot allemand Saint-Louis appareille de Hambourg avec à son bord 937 réfugiés juifs. Leur destination : Cuba, où ils espéraient trouver refuge. Leur voyage se transforme en cauchemar. Le gouvernement cubain, sous la pression de l’Allemagne nazie, leur refuse le débarquement.

Après le refus des États-Unis et du Canada d’accueillir les passagers, ces derniers sont finalement débarqués à Anvers.

Plus de 250 d’entre eux périront dans les camps de concentration.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le voyage du Saint-Louis – Un épisode oublié de la Shoah »

Dans Le Voyage du Saint-Louis – Un épisode oublié de la Shoah, Sara Dellabella et Alessio Lo Manto retracent avec sensibilité un chapitre méconnu de l’Histoire : l’errance tragique des 937 réfugiés juifs à bord du paquebot allemand Saint-Louis en mai 1939.

Narrativement, l’œuvre plonge le lecteur dans une succession d’espoirs brisés. De Cuba aux États-Unis, en passant par le Canada, les passagers se heurtent à une série de refus glaçants, révélant les mécanismes de la xénophobie et des intérêts politiques. Le capitaine Gustav Schröder (Juste parmi les Nations) émerge comme une figure lumineuse, incarnant courage et humanité face à l’injustice. À travers lui, l’album explore les tensions morales et les dissensions internes, y compris au sein de l’équipage du navire.

extrait bd Le voyage du Saint-Louis - Un épisode oublié de la Shoah

Graphiquement, le style d’Alessio Lo Manto privilégie un trait sobre mais expressif, qui capte avec justesse la détresse des passagers sans sombrer dans l’excès. Les tons souvent sombres et les cadrages serrés renforcent l’atmosphère oppressante du récit, tandis que certains détails visuels — comme les visages marqués par la peur ou l’espoir — ajoutent une dimension émotionnelle.

Le Voyage du Saint-Louis est une œuvre poignante et nécessaire. Elle s’adresse à ceux qui s’intéressent à la mémoire historique. Ce roman graphique ne se contente pas de raconter un drame passé : il interroge nos responsabilités présentes face à l’humanité en détresse.

Rethondes, Le wagon de l’Armistice (1918-1940)

Album publié en 2018 aux éditions du Triomphe.


Résumé éditeur

Deux guerres. Un symbole. Le 7 novembre 1918, dans le secret de la campagne isarienne, près de Rethondes, deux trains sont sur le point de se rencontrer.
Ils vont être les témoins des négociations de l’armistice entre les états-majors alliés et allemands et de la déclaration du cessez-le-feu à la très symbolique 11e heure du 11e jour du 11e mois de l’année 1918. 
Mais quelle est l’histoire du « wagon de Rethondes » après cela ? D’abord exposé dans la cour des Invalides, à Paris, le wagon est ramené dans la clairière de Rethondes pour participer à la glorification de ces soldats morts pour la Patrie.
Pourtant son destin ne s’arrête pas là car, devenu un véritable symbole, il sera réutilisé en 1939, pour l’armistice signant la défaite française contre Hitler, l’occupation allemande ainsi que la création de la « zone libre » dans le sud de la France.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Rethondes, Le wagon de l’Armistice (1918-1940) »

Rethondes, Le wagon de l’Armistice (1918-1940) de Patrick Deschamps se distingue comme une bande dessinée captivante qui explore deux moments charnières de l’histoire franco-allemande.

Par son approche graphique réaliste, Guillaume Berteloot parvient à illustrer avec minutie l’atmosphère tendue des négociations d’armistice, tout en mettant en lumière des détails historiques rarement abordés en BD. Les lecteurs se retrouvent plongés dans l’histoire de ce wagon, témoin de la fin des deux guerres mondiales, d’abord glorifié en 1918 avant de devenir le lieu de l’humiliation française en 1940.

extrait bd Rethondes, Le wagon de l'Armistice (1918-1940)

Loin de se limiter à une simple reconstitution des événements, cet album révèle une profondeur symbolique puissante. La juxtaposition des deux armistices, dans le même cadre mais avec des conséquences si opposées, offre une réflexion sur les revirements de l’histoire. Patrick Deschamps, en tant qu’historien, propose une narration précise et riche, accessible aussi bien aux passionnés qu’aux novices.
Les scènes, telles que celle de la mort d’Augustin Trébuchon, dernier soldat tué en 1918, apportent un poids émotionnel fort et témoignent du souci de l’auteur pour la dimension humaine derrière les faits.

Cette bande dessinée s’impose ainsi comme une œuvre à la fois instructive et profondément poignante, reliant passé et présent à travers un objet symbolique.

Les Grandes Batailles Navales – U9

Album publié aux éditions Glénat en 2024.


L’U-9, où quand l’improbable vient bousculer des certitudes.

Septembre 1914.

La Première Guerre mondiale a embrasé le monde dans un triste jeu de domino. Sur mer, la marine impériale allemande tente de s’opposer à la marine anglaise, première puissance mondiale incontestée sur toutes les mers et les océans.

Dans cette guerre maritime qui voit s’affronter de titanesques cuirassés, croiseurs de bataille ou encore croiseurs cuirassés, une arme dénote quelque peu : le torpilleur submersible que l’on nomme plus généralement « sous-marin ».

L’arme n’est pas nouvelle, on en trouve la trace déjà dans des récits antiques, mais dans les premières heures du conflit mondial, le sous-marin – qu’il soit allemand, français ou anglais – demeure encore une machine imparfaite, malodorante, lente et faiblement armés.

Que pourrait bien faire un submersible déplaçant quelques centaines de tonne contre un vaisseau de surface armé de puissants canons et dont le tonnage se compte en dizaine de milliers de tonnes ?

Aux premières lueurs du 22 septembre 1914, l’improbable va ébranler les certitudes.

Dans les eaux grises de la mer du Nord, le SM U9 de la Kaiserliche Marine allemande avec 26 hommes d’équipage et commandé par Otto Eduard Wediggen va envoyer par le fond trois croiseurs cuirassés anglais en moins d’une heure, infligeant à la Royal Navy l’un des plus sévères camouflets de la guerre.

Pour son dernier album, Philippe Adamov (Les Eaux de Mortelune et L’Impératrice rouge) revient sur un exploit historique en compagnie de Jean-Yves Delitte.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Grandes Batailles Navales – U9 »

Ce vingt-sixième tome de la série Les Grandes Batailles Navales met en lumière un fait d’armes extraordinaire de la Première Guerre mondiale. Le 22 septembre 1914, le sous-marin allemand U-9 coula trois croiseurs cuirassés britanniques en une heure, infligeant à la Royal Navy un revers humiliant.

Jean-Yves Delitte, accompagné des dessinateurs Philippe Adamov et Fabio Pezzi, transcende l’épopée guerrière en un portrait nuancé de l’équipage. Plutôt que de célébrer une victoire abstraite, le récit explore les états d’âme des marins allemands et anglais, révélant les doutes et la fragilité humaine face à l’impensable. La narration fluide maintient une tension palpable jusqu’au combat décisif.

extrait bd Les Grandes Batailles Navales – U9

Graphiquement, les dominantes de bleu et gris épousent l’atmosphère des eaux glaciales de la mer du Nord. Les submersibles et vaisseaux de guerre sont minutieusement documentés, tandis que la mise en couleurs confère au combat une réalité poignante.
Cette adaptation magnifie un moment historique oublié du grand public : le naissance de la guerre sous-marine moderne.

Kersten, Médecin D’Himmler – Intégrale

Album publié une première fois en 2024 aux Editions Glénat.


Une intégrale en hommage à un héros oublié de l’Histoire.

couverture bd bd Kersten - Intégrale

23 juin 1941. Un train blindé fonce dans la nuit vers le front de l’Est. À son bord : Heinrich Himmler avec sa garde rapprochée et tous les membres de ses services. Lors des séances de soin avec son médecin particulier, le docteur Félix Kersten, le Reichsführer a pris l’habitude de se confier, délivrant des informations capitales sur les plans secrets du Reich.

Fort de sa position, Kersten se livre de son côté à un marchandage : en guise d’honoraires, il obtient la libération de prisonniers de guerre. Mais ce pacte avec le diable commence à intriguer Heydrich, chef de la Gestapo et bras droit d’Himmler, qui voit d’un mauvais œil la complicité entre le médecin et son patient. Il soupçonne Kersten d’être un agent allié infiltré…

Entre fiction et réalité, les auteurs nous racontent dans cette intégrale, le parcours d’un héros discret de l’Histoire. Personnage injustement oublié de la Deuxième Guerre mondiale, Félix Kersten fut à l’origine du « Contrat pour l’Humanité », sauvant la vie de 60 000 Juifs emprisonnés dans les camps de la mort.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Kersten, Médecin D’Himmler – Intégrale »

La bande dessinée Kersten, médecin d’Himmler, scénarisée par Patrice Perna et magnifiquement illustrée par Fabien Bedouel, plonge le lecteur dans une intrigue à la fois historique et profondément humaine.

Cette œuvre met en lumière la trajectoire complexe de Felix Kersten, masseur personnel de l’un des plus puissants dignitaires nazis, Heinrich Himmler, et explore son rôle ambigu de confident et de sauveur.

L’une des grandes réussites de cette bande dessinée est son habileté à marier tension dramatique et authenticité historique. Le récit est minutieusement documenté. Les planches sont sublimées par l’art de Fabien Bedouel dont le style saisissant ajoute une réelle profondeur émotionnelle à chaque scène, ancrant le lecteur dans une ambiance pesante et troublante. On ressent presque physiquement l’atmosphère étouffante de l’Allemagne nazie, ainsi que les dilemmes moraux qui tourmentent Felix Kersten.

Le personnage principal, quant à lui, fascine par sa dualité. Est-il un héros caché ou un opportuniste ambigu ? Ce flou moral est l’un des points forts de l’œuvre, qui incite à la réflexion tout en restant captivante. Kersten pousse le lecteur à se questionner sur la limite entre complicité et résistance, offrant ainsi une lecture intelligente et nuancée.

Kersten, médecin d’Himmler est une bande dessinée magistrale. Une réussite tant sur le plan narratif qu’esthétique.


Le maillot de la discorde

Albums publiés en 2024 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

Uruguay, juillet 1930, première Coupe du monde de football de l’histoire.

Alexandre Villaplane, milieu de terrain et capitaine de l’équipe de France, partage l’affiche avec Étienne Mattler, solide défenseur.

Une équipe, deux destins : tandis que le premier sera fusillé pour haute trahison à la Libération de Paris, le second deviendra un héros de la Résistance.


Si proches, si loin, ces deux hommes ont connu des destins totalement opposés. Cet ouvrage richement documenté revient sur leur trajectoire.

Deux histoires méconnues : celle d’un traître oublié et celle d’un héros très discret.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le maillot de la discorde »

« Le maillot de la discorde » par Arnaud Ramsay et Étienne Oburie est une bande dessinée qui explore les destins croisés de deux footballeurs français des années 1930, Alexandre Villaplane et Étienne Mattler.

Cette œuvre captivante mêle habilement histoire sportive et contexte politique tumultueux, mettant en lumière la trajectoire opposée de ses protagonistes.

Villaplane, capitaine de l’équipe de France lors de la première Coupe du monde en 1930, sombre dans la criminalité et la collaboration avec l’occupant nazi, tandis que Mattler, surnommé « Le Lion de Belfort », incarne l’intégrité et le courage en devenant un héros de la Résistance.

extrait bd Le maillot de la discorde

Les auteurs parviennent à illustrer avec brio les tensions politiques de l’époque, notamment l’influence des régimes fascistes sur le sport. Les illustrations d’Oburie, réalistes et immersives, renforcent le caractère dramatique du récit. Ramsay, de son côté, signe un scénario bien documenté et poignant, qui interroge sur la moralité et les choix individuels face à l’histoire.

« Le maillot de la discorde » est une lecture essentielle pour les amateurs de bande dessinée historique. Cette œuvre permet de redécouvrir une période charnière de l’histoire à travers le prisme du sport, révélant comment les turbulences politiques peuvent façonner les trajectoires personnelles de manière spectaculaire.

La 3e Kamera

Album publié en 2024 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Quand l’Histoire défile sous nos yeux : retour sur les reporters du IIIe Reich.

couverture bd La 3e Kamera

1945 à Berlin sous occupation alliée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 700 soldats, appareils photo et caméras en main, alimentaient la propagande du Reich.

Ces « Propaganda Kompanien », des reporters de guerre allemands sous les ordres de Goebbels, avaient pour habitude d’utiliser deux appareils photo officiels. Pourtant certains s’étaient munis d’un 3e appareil clandestin, échappant à tout contrôle : la fameuse 3e « Kamera ».

C’est le cas du lieutenant Frentz, mandaté pour suivre le Führer en personne ! Dans la capitale en ruine, une course effrénée contre la montre commence pour récupérer ces clichés. En vue du procès de Nuremberg, les fameuses 3e « Kamera » qui documentaient les crimes commis par le régime vont devenir un enjeu stratégique pour les soldats américains du CIC ( Counter Intelligence Corps) !

Ce type d’appareil peut révéler le visage des officiers SS mais aussi apporter la preuve irréfutable des atrocités perpétrées dans les camps. Mais quels autres secrets pourrait encore livrer le boitier de Frentz ?

Après le succès de La Bombe – ouvrage traduit à ce jour en 18 langues et vendu à plus de 150 000 exemplaires en France – Denis Rodier s’associe au scénariste Cédric Apikian pour un récit fictionnel puissant, basé sur des faits historiques.

En nous plongeant avec un réalisme saisissant dans l’enfer de la guerre, les auteurs reviennent sur l’existence de ces soldats-photographes et s’interrogent : étaient-ils tous alliés à la cause du régime ? L’album s’accompagne d’un dossier historique détaillé.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La 3e Kamera »

Avec « La 3e Kamera« , Cédric Apikian et Denis Rodier livrent une bande dessinée qui plonge le lecteur dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale, tout en explorant le rôle ambigu des photographes de propagande.

Le scénario de Cédric Apikian se distingue par sa profondeur historique et sa justesse narrative. L’auteur parvient à mêler fiction et vérités historiques de manière saisissante, invitant le lecteur à réfléchir sur la complexité morale des protagonistes. Chaque personnage est dessiné avec nuance, rendant palpable leur lutte entre conviction, survie et culpabilité.

extrait bd La 3e Kamera

Le dessin de Denis Rodier, réaliste et détaillé, est à la hauteur du récit : ses reconstitutions de Berlin en ruine sont époustouflantes, et les expressions humaines dépeintes avec une grande finesse. Les planches évocatrices confèrent à l’album une dimension cinématographique qui captive d’emblée le lecteur, renforçant l’impact dramatique de chaque scène.

La force de « La 3e Kamera » réside dans sa capacité à éclairer un aspect méconnu de l’Histoire : celui des clichés interdits, loin des images officielles glorifiant le régime nazi. Cette tension entre la vérité capturée et la propagande imposée est traitée avec brio, rendant l’œuvre non seulement divertissante mais aussi instructive.

Cette bande dessinée est un témoignage percutant et nécessaire, qui ne manquera pas de marquer ceux qui s’y aventurent.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Berlin