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La Perle

Album publié en 2019 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de John Steinbeck publié en décembre 1945.

couverture bd La Perle

Le jour où Kino l’Indien, pauvre et analphabète, pêche une énorme perle, sa vie tourne au cauchemar.
John Steinbeck (prix Nobel 1962) signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque.
Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Perle »

Paru en janvier 2019 chez Futuropolis, cet album adapte le roman de John Steinbeck en bande dessinée. Jean-Luc Cornette en signe le scénario et les dessins, transposant avec sobriété l’histoire de Kino, pêcheur mexicain qui découvre une perle monumentale et bascule dans un cauchemar.

L’intérêt de cette adaptation réside dans son parti pris graphique : un trait volontairement sec et cassant, des hachures qui rongent le blanc de la page, des couleurs étouffantes qui enserrent les personnages. Jean-Luc Cornette refuse tout pittoresque ou exotisme facile. Son trait anguleux crée une tension constante, rendant l’atmosphère de la Basse-Californie non pas séduisante, mais suffocante, menaçante. C’est exactement ce qu’il faut pour servir le propos de John Steinbeck.

extrait bd La Perle

Au niveau du scénario, l’adaptation capture la descente inexorable de Kino vers le malheur. Chaque acquisition, chaque rêve de richesse devient un poids, une chaîne de plus. Jean-Luc Cornette découpe les planches avec intelligence : des triptyques qui ralentissent la lecture, des pages pleines qui écrasent le lecteur sous le poids de l’inévitable. ​

Pour les lecteurs exigeants qui aiment les adaptations sans concession, les histoires qui laissent un arrière-goût amer.

La Ballade de Sean Hopper

Album publié en 2016 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Martine Pouchain publiée le 6 octobre 2010.

Sean Hopper, c’est celui qui est chargé du sale boulot aux abattoirs : tuer les boeufs.
Sauf que lui, il y prend du plaisir…
Glacial, taciturne, il est redouté dans tout le comté de Springfield, où il habite avec sa femme Bonnie.
Mais un soir, Bonnie s’en va. Marre de vivre avec une bête humaine. De rage, Sean prend sa vieille Thunderbird, de l’alcool plein le sang et AC/DC à fond la caisse : il fonce dans un platane.
Et il frôle la mort. A son réveil, il a changé. Il n’est plus – tout à fait – la brute qu’il était… Personne n’a l’air de s’en apercevoir, excepté le petit Bud, conteur de cette histoire, qui habite à côté de chez lui, avec son hérisson apprivoisé et sa Grand’ma indienne.
Le petit Bud, qui n’oserait espérer que son existence puisse être ensoleillée par un homme comme Sean Hopper

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Ballade de Sean Hopper »

L’adaptation en bande dessinée du roman de Martine Pouchain par Christophe Merlin capture l’essence d’une Amérique souvent méconnu: celle des oubliés, des déracinés et des cœurs brisés cherchant une seconde chance. Cette œuvre de 151 pages explore les thèmes de la rédemption, du repentir et de la possibilité de transformation humaine à travers le portrait sombre puis lumineux de Sean Hopper, un homme taciturne et alcoolique.

Le cœur narratif repose sur l’observation du jeune Bud, qui raconte l’histoire depuis sa cachette, dans le grand arbre près de la maison de son voisin. Cette perspective enfantine confère une naïveté touchante à la tragédie qui s’y déploie, un puissant contraste qui renforce l’impact émotionnel. Les personnages, peints avec une psychologie détaillée, incarnent des archétypes universels : l’ouvrier alcoolisé, la femme dévouée, l’enfant désabusé.

extrait bd La Ballade de Sean Hopper

Graphiquement, Christophe Merlin adopte un style épuré, quasi storyboard, privilégiant la narration au spectaculaire. Ses vignettes baignent dans une teinte ouatée d’émotion, une chromatique pâle et mélancolique qui enveloppe chaque planche d’une intimité cinématographique.

Le scénario, fidèle au roman source, demeure son pivot : une chute, un chaos (l’accident de Sean), et une rédemption graduelle, portée par la curiosité bienveillante d’un enfant.

La Ballade de Sean Hopper offre un hymne discret à la fragilité humaine et à la résilience. Elle plaira aux lecteurs en quête d’histoires sincères, dépouillées du spectaculaire mais riches en profondeur psychologique. Une belle découverte pour amateurs de bandes dessinées portées par un humanisme authentique.

Les Quatre Filles du docteur March

Album publié en 2015 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Louisa May Alcott publié le 30 septembre 1868.

En Amérique, sous la guerre de Sécession, le docteur March est appelé au front, laissant seules sa femme et ses quatre filles.
Meg, l’aînée, est sage et un peu frivole. Jo, la cadette, est un vrai garçon manqué. La timide Beth est la générosité incarnée tandis qu’Amy, la plus jeune, est une incorrigible égoïste.
Mais leur quotidien va changer le jour où elles rencontrent leur voisin Laurie, avec qui elles vont vivre de nombreuses péripéties.
Malgré l’absence de leur père, les quatre sœurs réussiront elles à devenir meilleures ? Et leurs rêves finiront ils par se réaliser ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Quatre Filles du docteur March »

L’adaptation en manga de Nev nous offre une relecture fraîche du chef-d’œuvre de Louisa May Alcott. Publié en 2015 par Nobi Nobi!, ce classique transposé en images capture l’essence de l’histoire originale tout en la rendant accessible aux nouvelles générations.

L’histoire se déploie dans l’Amérique du XIXe siècle, pendant la Guerre de Sécession. Quatre sœurs, Meg, Jo, Beth et Amy, doivent grandir en l’absence de leur père. Nev condense magistralement ce roman fondateur en 304 pages, transmettant le cœur émotionnel du récit.

Le trait fin du manga shojo, travaillé en noir et blanc, favorise l’intimité des scènes familiales. Chaque personnage est caractérisé distinctement : Jo brûle d’une énergie rebelle, Meg rayonne de dignité sereine, Beth incarne la générosité silencieuse, Amy respire l’ambition jeune. Cette différenciation visuelle soutient la psychologie complexe de Louisa May Alcott, révélant comment l’adversité façonne chacune d’elles.

extrait bd Les Quatre Filles du docteur March

Nev préserve l’épicentre du roman : la croissance morale et l’indépendance féminine. Les sacrifices des sœurs, leurs conflits intérieurs, leur solidarité, demeurent puissants. L’adaptation ne réduit pas ces dimensions ; elle les amplifie par le langage visuel, transformant les introspections en expressions faciales éloquentes.

Cette version incarne pleinement la mission de la collection « Les Classiques en Manga » : moderniser sans remplacer l’original. Pour les lecteurs français, nostalgiques de l’anime culte, c’est une porte nouvelle vers une histoire qui a bercé des générations.

Recommandé à tous ceux souhaitant explorer ce classique par une voie alternative, des jeunes lecteurs curieux aux adultes.

L’Axe du loup

Album publié en 2023 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du livre de Sylvain Tesson publié le 4 novembre 2004.

couverture bd L'Axe du loup

Vu d’Occident, la Sibérie évoque de vastes étendues gelées où les Soviétiques exilaient leurs prisonniers.
Mais peut-on s’échapper d’une prison à ciel ouvert ?
Voilà le point de départ de ce récit haletant : un improbable voyage qu’entreprend Sylvain Tesson sur les traces des évadés du goulag, depuis Iakoutsk jusqu’au Golfe du Bengle, 5 000 kilomètres plus au sud.
Dans des conditions extrêmes, aux prises avec le froid, la faim et la soif, l’écrivain voyageur multiplie les rencontres en suivant la route du récit À marche forcée, de Slavomir Rawicz.
Ce dernier a-t-il pu s’évader au début des années 1940 ?
Ou bien a-t-il emprunté son histoire à un autre ? Entre mythe et réalité, récit de voyage et épreuve de force, Sylvain Tesson nous invite une nouvelle fois sur les chemins de la liberté.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Axe du loup »

L’Axe du loup ne raconte pas seulement un voyage : il en éprouve la réalité. Virgile Dureuil s’empare du récit de Sylvain Tesson, ce périple de Iakoutsk à Calcutta sur les traces des évadés du Goulag, pour en faire un roman graphique où l’endurance physique côtoie l’enquête historique. L’album suit ces 5 000 kilomètres à travers la Sibérie, le Gobi et l’Himalaya, non pas comme une simple tranche de vie, mais comme une traversée à fleur de peau de la légende des fugitifs.​

L’enjeu tient dans cette friction entre mythe et réalité. Sylvain Tesson ne « vérifie » pas Slavomir Rawicz : il questionne ce que signifie, concrètement, fuir un monde carcéral pour la liberté. La voix off, puisée au texte source, entrelace géopolitique des camps soviétiques, écotope des steppes glacées et sensations intimes froid, faim, solitude sans lourdeur.

Graphiquement, Virgile Dureuil joue la carte d’un réalisme classique : trait franc, aplats nets, compositions où les paysages prennent souvent toute la planche. Les cartouches rectangulaires remplacent les bulles, laissant les images respirer. Des cartes ouvrent chaque chapitre, matérialisant la progression.

Roman graphique solide, L’Axe du loup séduira les amateurs de récits de voyage exigeants, d’histoire soviétiques et d’odyssées à la fois géographiques et intérieures. Une très belle adaptation en BD.

Fils de sorcières

Album publié en 2019 aux Editions Jungle.


Adapté du roman de Pierre Bottero publié le 7 juin 2006.

couverture bd Fils de sorcières

La famille de Jean est un peu particulière : sa mère, sa petite soeur, sa grand-mère et ses six tantes sont des sorcières !
Mais Jean n’a aucun pouvoir, car la magie se transmet de mère en fille.
Un jour, un affreux buveur de magie s’en prend à sa famille et les transforme les unes après les autres en poupées de chiffons. Désormais, Jean est le seul à pouvoir les sauver !
Aidé de sa petite sœur Lisa, qui a pu échapper au monstre, il va retrouver son père qu’il n’a jamais connu et tout tenter pour sauver les siens.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Fils de sorcières »

Avec Fils de sorcières, le scénariste Maxe L’Hermenier relève le défi d’adapter l’univers du regretté Pierre Bottero. L’album nous plonge dans le quotidien de Jean, garçon ordinaire né au sein d’une illustre lignée de sorcières, qui doit prouver sa valeur lorsqu’un terrifiant « buveur de magie » change sa famille en poupées de chiffon.

Au niveau du scénario, l’adaptation brille par son équilibre. Maxe L’Hermenier parvient à condenser la mélancolie et l’humour du roman originel sans en trahir l’esprit. Plus qu’une simple quête fantastique, le récit explore avec finesse la psychologie de la différence et la légitimité. Jean, héros « sans don », incarne une résilience touchante, transformant son handicap magique en force stratégique pour protéger sa sœur Lisa.

extrait bd Fils de sorcières

Graphiquement, le travail de Stedho est une excellente surprise. Son trait vif et anguleux, presque caricatural par moments, insuffle une énergie moderne. Il privilégie l’expressivité : la terreur du buveur de magie contraste habilement avec la chaleur des tons ocre et orangés des scènes familiales.

Fils de sorcières est une réussite qui ravira autant les nostalgiques de Pierre Bottero que les jeunes lecteurs (dès 8-10 ans) en quête d’aventures intelligentes. Une fable visuelle énergique sur la quête de soi.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1

Album publié en 2021 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1936.

couverture bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Pénétrez dans la sinistre bourgade d’Innsmouth, théâtre de tous les cauchemars !

En 1927, le jeune Robert Olmstead débarque à Newburyport. En quête de ses origines, il n’a d’autre option, pour atteindre sa destination, que de prendre un bus qui passe par Innsmouth, ville voisine sur laquelle courent d’effroyables rumeurs : pacte avec les démons, habitants difformes, culte ésotérique d’un étrange dieu marin… La peur qu’elle inspire est telle que personne n’ose s’y rendre, et nul ne sait ce qui se cache derrière les façades de ses maisons délabrées…

Pourtant, les mises en garde des résidents de Newburyport, loin de décourager Robert, le poussent au contraire à s’intéresser à ce lieu pestiféré : il décide d’explorer les méandres de la cité maudite ! C’est le début d’une descente aux enfers qui le mènera aux portes de la folie…

Découvrez la majestueuse adaptation d’un des récits les plus complexes et haletants d’H. P. Lovecraft ! Mêlant polar, suspense et horreur, Le Cauchemar d’Innsmouth ancre les obsessions de Lovecraft dans le quotidien d’une ville sinistre dont personne ne sort indemne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le cauchemar d’Innsmouth – Tome 1 »

Adaptation de la nouvelle de H.P. Lovecraft écrite en 1931 (publiée en 1936), le premier tome du Cauchemar d’Innsmouth de Gou Tanabe transpose l’univers du « maître de l’horreur » en manga. Publié en 2021 par Ki-oon, ce récit en deux tomes suit Robert Olmstead, un jeune homme curieux qui explore la sinistre ville côtière d’Innsmouth et découvre progressivement l’existence d’une malédiction séculaire impliquant un culte dédié aux créatures marines appelées « Ceux des profondeurs ».

extrait bd Le cauchemar d Innsmouth - Tome 1

Le talent de Gou Tanabe réside dans son travail graphique impressionniste : ses dessins en noir et blanc dégagent une atmosphère étouffante et claustrophobe grâce à des jeux d’ombre minutieux et une accumulation de détails savamment dosée. La mise en scène maitrisée crée un suspense croissant où le lecteur devient complice du protagoniste dans sa descente aux enfers.
Ce premier tome captive par son establishment d’une horreur sourde et progressive, invitant irrésistiblement à découvrir son dénouement au tome suivant. Une adaptation d’une fidélité remarquable qui renouvelle magistralement un classique de la littérature horrifique.

Le passager clandestin

Album publié en 2018 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 5 décembre 1947.

Du pont d’un paquebot aux paysages enchanteurs de Tahiti, un roman exotique de Simenon magnifié par le dessin et les couleurs de Loustal.
Il y avait six canots sur le pont, calés dans leur berceau, sans compter la grande baleinière. Chacun était recouvert d’une bâche en grosse toile grise qui formait tente.
Une de ces bâches remuait, un vide se dessinait entre elle et le plat-bord, et l’on aurait pu penser à la présence de quelque animal si l’on n’avait distingué des doigts humains.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le passager clandestin »

Paru en 2018 aux éditions Omnibus, ce livre illustré reprend le roman policier de Georges Simenon publié en 1947. L’écrivain belge y raconte une histoire captivante : à bord du cargo Aramis, qui navigue de Panama à Tahiti, trois personnages immoraux mais fascinants cherchent à retrouver un héritier pour s’approprier sa fortune. Le passager clandestin du titre ?

Georges Simenon excelle dans la création de personnages complexes : le major Owen, vieux militaire anglais ; Lotte, danseuse énigmatique ; Alfred Mougins, criminel en fuite. Ces trois figures ne sont pas des héros, mais des êtres mus par l’intérêt et la survie. L’auteur explore comment la quête d’héritage révèle les peurs profondes et la corruption du cœur humain. Les dialogues restent étonnamment modernes, sans jugement moralisateur. À travers cette intrigue en plusieurs bandes, Georges Simenon peint la solitude et la fascination que l’argent exerce sur nos âmes.

Le dessinateur Jacques de Loustal se révèle le complément idéal de ce texte. Ses 50 illustrations originales en couleur restituent l’atmosphère tropicale avec maestria : vert sombre des arbres, bleu du ciel, blanc éclatant des costumes coloniaux. Son trait noir et ombré crée une ambiance sensuelle et interlope. Les visages féminins portent ce regard mystérieux caractéristique de Georges Simenon : des femmes qui en disent plus par le silence que par les paroles.

Cette version illustrée transforme le roman en expérience visuelle complète. Elle séduira les lecteurs de Georges Simenon. Une belle réussite.

La Guerre éternelle – Tome 1 – Lieutenant Mandella 2010/2020

Album publié en 1988 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman « The Forever War« de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

couverture bd La Guerre éternelle - Tome 1 - Lieutenant Mandella 2010/2020

Un commando militaire débarque sur une planète pour détruire une base opérationnelle ennemie dont il ignore tout.
Tenaillé par la peur, placé en état de « postsuggestion hypnotique » afin d’activer ses réflexes de haine, les soldats se livreront au massacre absurde d’un peuple pacifique.
Le récit poignant d’une guerre sale, qui transpose dans le cadre de la science-fiction le conflit vietnamien.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 1 – Lieutenant Mandella »

Marvano et Joe Haldeman signent une adaptation graphique remarquable du roman fondateur de Haldeman. Adapté par celui qui a connu la guerre du Viêt-Nam, ce récit transpose avec force l’absurdité du conflit en univers futuriste.

Le premier tome suit William Mandella, scientifique enrôlé de force dans l’armée terrienne pour combattre les Taurans, une race extraterrestre mystérieuse. L’intrigue repose sur un paradoxe fascinant : les soldats voyagent à vitesse lumière et ne vieillissent que de quelques mois, tandis que des années s’écoulent sur Terre. Mandella devient progressivement un étranger dans son propre temps. Ce décalage temporel n’est pas qu’un artifice : c’est le cœur du roman, bien plus que les combats spatiaux.

extrait bd La Guerre éternelle - Tome 1 - Lieutenant Mandella 2010/2020

Graphiquement, Marvano privilégie un trait réaliste et épuré. Une austérité qui renforce la froideur du monde militaire. Les scènes de combat frappent par leur crudité notamment le massacre des Taurans au premier contact. Le découpage affirme une maîtrise technique certaine. Les machines de guerre, minutieusement dessinées, côtoient des paysages minéraux.​

Le scénario s’attaque aussi à des thèmes qui résonnent encore : la propagande d’État, la censure de l’information, et surtout l’absurdité d’une armée hyper-technisée où les soldats combattent à l’épée. C’est une critique en règle de la machine militaire et de son indifférence aux individus.

Cette bande dessinée reste une référence incontournable en science-fiction. Une très belle adaptation en BD d’un roman qui mérite d’être redécouvert.

L’île du crâne – Tome 2 – Maudit Graal

Album publié en en 2024 aux éditions du Jungle.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Anthony Horowitz publié le 29 octobre 1999 (titre original The Unholy Grail).

couverture bd L'île du crâne - Tome 2 - Maudit Graal

Un an s’est écoulé depuis que David est sur l’île du Crâne.
Devenu meilleur élève de l’école, il est certain de remporter le grand prix : le Graal maudit. Toutefois, l’arrivée de Vincent vient rebattre les cartes, et David va devoir lutter pour remporter le trophée magique.
Mais, catastrophe !
Il semblerait que le destin de Groosham Grange soit lié au Graal maudit…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « L’île du crâne – Tome 2 – Maudit Graal »

L’Île du crâne – Tome 2 poursuit la transposition en bande dessinée du roman The Unholy Grail (1999) d’Anthony Horowitz. Maxe L’Hermenier et Clément Lefèvre capturent l’essence de cette œuvre précurseur du fantastique jeunesse, qu’Anthony Horowitz avait conçue bien avant l’émergence de la saga Harry Potter, s’inspirant de son propre parcours en internat britannique.

Ce second tome marque une évolution tangible du protagoniste David Eliot : transformé en un an, il incarne désormais l’étudiant maîtrisant progressivement ses pouvoirs magiques. Le véritable enjeu narratif repose non pas sur une simple querelle académique avec son rival Vincent King, mais sur un antagonisme de plusieurs strates où manipulation gouvernementale et compétition adolescente s’entrelacent, révélant que la rivalité initiale masque des enjeux d’ordre existentiel pour Groosham Grange elle-même.

extrait bd L'île du crâne - Tome 2 - Maudit Graal

Le dessin de Clément Lefèvre est une réussite. Son trait délibérément rond, ses couleurs pastel et sa composition libérée des cases traditionnelles confèrent au récit une respirabilité. L’atmosphère magique émane de chaque planche : symboles ésotériques, lumières tamisées jaune-orangée et scènes nocturnes légèrement inquiétantes créent une immersion dans cet univers britannique singulier aux tourelles imposantes.

Cette adaptation séduira les lecteurs en quête de fantastique et d’esthétique graphique soignée. Une BD qui rend hommage au texte source.

L’île du crâne – Tome 1 – Groosham Grange

Album publié en en 2023 aux éditions du Jungle.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Anthony Horowitz publié le 28 mars 1988 (titre original Groosham Grange).

David Eliot s’est fait renvoyer du prestigieux collège où ses ancêtres ont tous étudié. Pour le punir, ses parents décident de l’envoyer à Groosham Grange, un établissement réputé pour sa discipline de fer. Mais ni eux ni David ne réalisent véritablement où il va mettre les pieds…
Ses nouveaux camarades, Jill et Jeffrey, en font la découverte en même temps que lui : dans cet incroyable château perdu sur l’île du Crâne, les professeurs sont tous plus étranges les uns que les autres, tandis que les élèves se comportent tous de façon inhabituelle.
Groosham Grange cache un terrible secret que David et ses amis sont déterminés à découvrir ! Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « L’île du crâne – Tome 1 – Groosham Grange »

Adapté du roman fantastique d’Anthony Horowitz, ce premier tome de L’Île du Crâne est une transposition fidèle en BD. Bien que précédant Harry Potter de neuf années, l’œuvre originale partage des archétypes similaires : un adolescent renvoyé de son école presqu’élitiste, envoyé contre son gré dans un pensionnat singulier, accompagné d’amis tout aussi énigmatiques. Pourtant, Anthony Horowitz construit un univers distinct, ancré dans une esthétique gothique anglaise où la menace prime sur l’émerveillement.

Le scénario de Maxe L’Hermenier capture le malaise progressif ressenti par David Eliot. L’intrigue se déploie : les révélations émergent graduellement, jamais précipitées, permettant au lecteur de découvrir les mystères parallèlement aux personnages. Les dialogues révèlent la psychologie complexe de David, particulièrement la relation toxique avec ses parents, dont l’hostilité devient une source d’humour noir savamment dosée.

extrait bd L'île du crâne - Tome 1 - Groosham Grange

Clément Lefèvre excelle dans sa représentation du château de Groosham Grange. Ses couleurs chaudes contrastées par des teintes sombres créent une ambiance énigmatique magistrale. L’architecture du château, les détails menaçants le miroir sans reflet de M. Kilgraw, les disparitions nocturnes des élèves, sont mis en images avec subtilité. Clément Lefèvre privilégie la suggestion à l’exposition, renforçant l’atmosphère angoissante.

Les personnages secondaires, professeurs monstrueux, pairs énigmatiques forment une galerie mémorables. Les rebondissements abondants laissent le lecteur dans l’expectative quant aux secrets de cette institution.

Cette BD captivera tant les amateurs de fantastique anglais que ceux en quête d’une intrigue riche où le suspense prédomine la magie. Dès 10 ans.