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Paul et Virginie

Album publié en 2015 aux éditions IPC.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1788.

couverture bd Paul et Virginie

Rencontré dans les montagnes entourant Port Louis, un vieil homme raconte : il a été le témoin privilégié de l’amour tragique de Paul et Virginie, ces deux jeunes ayant grandi unis au cœur de la nature accueillante de l’Île de France, mais que la vie, et les hommes, finiront par séparer.

Ode à la nature, histoire d’amour impossible pour cause de différence sociale, vision de l’esclavage plus de deux siècles après sa parution, le bestseller de Bernardin de Saint-Pierre reprend ici vie et couleurs.

Le célèbre roman d’amour impossible, Paul et Virginie, écrit en 1787 par Bernardin de Saint-Pierre et dont l’histoire se déroule à l’île Maurice, connaît une seconde vie littéraire avec la retranscription de cette œuvre en bande dessinée.
52 planches disponibles en français et en créole sous la plume de Shenaz Patel et le coup de crayon de Laval Ng vous font ainsi replonger corps et âme dans l’histoire des deux amoureux au destin tragique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paul et Virginie »

Pas encore d’avis.

extrait bd Paul et Virginie

La position du tireur couché

Album publié en 2010 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié en aout 1981.

couverture bd La position du tireur couché

À dix-huit ans, Terrier est amoureux d’une jeune fille d’un milieu plus aisé qui lui promet de l’attendre dix ans le temps qu’il fasse fortune.
Terrier s’engage dans l’armée, devient mercenaire puis tueur à gages. Son but est simple : gagner suffisamment d’argent pour aller chercher sa bien aimée.
À trente ans, Terrier décide de se retirer pour retrouver sa promise comme promis. Mais rien ne se passe comme prévu…
Ce roman est certainement l’un des plus célèbres du prince de la Série Noire. Avec près de 100 pages en noir et blanc, il est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La position du tireur couché »

Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. En adaptant La position du tireur couché, Jacques Tardi ne s’est pas contenté d’illustrer Jean-Patrick Manchette : il a gravé dans le métal froid le testament du néo-polar français.

On y suit Martin Terrier, tueur à gages dont la volonté de « décrocher » se heurte à une machine sociale implacable. Ici, point de romantisme. Fidèle au style de l’œuvre originale de 1981, le récit refuse toute psychologie de comptoir. Martin Terrier est un rouage, une pièce d’usine qui saigne, piégée dans une fable politique où le capitalisme a le visage d’une organisation sans âme. C’est sec, nerveux, et d’une lucidité désespérante.

extrait bd La position du tireur couché

Graphiquement, c’est une gifle de grisaille. Tardi déploie un noir et blanc poisseux qui capture à merveille la France des zones industrielles et des chambres d’hôtels anonymes. Ses « tronches » habituelles, marquées par une lassitude existentielle, donnent une chair incroyable au texte. Les scènes d’action, d’une violence clinique et sans fioritures, soutiennent un rythme qui ne laisse jamais respirer le lecteur.

Cet album est une relecture habitée, une œuvre de « sale gosse » qui cogne là où ça fait mal. Jacques Tardi et Jean-Patrick Manchette signent ici le portrait d’un monde qui finit de s’effondrer.

Raison et sentiments

Album publié en 2017 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Jane Austen publié pour la première fois le 30 octobre 1811.

couverture bd Raison et sentiments

Marianne et Elinor Dashwood sont des sœurs très différentes  : l’une est impulsive tandis que l’autre est très méfiante.
Pourtant elles doivent toutes deux faire face à la mort de leur père et à ses conséquences. L’attachement d’Elinor pour le timide Edward Ferrars se voit détruit par l’opposition familiale de celui-ci tandis que la romance entre Marianne et le beau John Willoughby se termine en trahison et en humiliation publique…
Les deux sœurs arriveront-elles à trouver le bonheur et à surmonter ces épreuves que la vie leur impose  ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Raison et sentiments »

Po Tse réussit le pari audacieux de transposer le roman fondateur de Jane Austen en manga, sans sacrifier l’essence de l’œuvre. Cette adaptation, publiée en 2017 chez Nobi Nobi!, propose une relecture visuelle du premier chef-d’œuvre de Jane Austen, où les deux sœurs Dashwood incarnent deux philosophies opposées face à l’amour et à la vie.

La force de cette adaptation réside dans son respect scrupuleux de la trame originale. Po Tse ne dilue ni ne modernise l’intrigue : les obstacles familiaux, les questions d’héritage et la condition féminine au XIXe siècle demeurent au cœur du récit.​

Po Tse excelle dans la caractérisation visuelle des héroïnes. Eleanor, avec ses sourires discrets et son maintien réservé, incarne la raison. Marianne, aux expressions multiples et au mouvement constant, représente le sentiment. Les yeux stylisés et les expressions détaillées révèlent les non-dits, transformant le silence d’Eleanor en langage visuel. Les costumes soignés, les coiffures élégantes et les ornements minutieux fleurs, volutes, rubans enrichissent chaque page.

Cette adaptation s’adresse aux admirateurs de Jane Austen. Po Tse livre un hommage visuel captivant à l’une des grandes amoureuses de la littérature anglaise.

Contes des mille et une nuits

Album publié aux éditions Adonis en 2007.


Publié pour la première fois par Antoine Galland vers 1704.

couverture bd Contes des mille et une nuits

Un Calife est captivé par les contes merveilleux que lui narre la babillarde Shéhérazade, au point qu’il la laisse vivre un jour, puis un autre jour encore, se disant en lui-même qu’il la fera bien toujours mourir quand elle parviendra à la fin de son dernier conte.
Mais, sans cesse, elle reprend ses récits. En voici deux parmi cent et mille. En premier, celui de la princesse à marier Nourannahar que trois frères courtisent et qui sont envoyés au devant d’épreuves afin de se départager.
Sortilèges, transports dans les airs abolissant le temps, villes grouillantes aux confins de la Perse et de la Chine. Rencontres de mages et de magiciens, voyage au centre de la Terre auprès de la fée Pari-Banou…
Vient ensuite l’histoire de la princesse Gelnare dont le palais est sous la Mer, qui épouse un prince de la Terre. Leur fils Bader est bientôt aux prises tour à tour avec des génies malfaisants ou bienfaisants, des magiciennes, le cruel roi de Samandal dont il veut épouser la fille. Chacun s’ingénie à entraver ou aider sa quête vers l’amour de sa bien-aimée…

Contes sans fin, toujours recommencés, mots qui coulent comme une source merveilleuse d’entre les lèvres de Shéhérazade. Mais le Calife, comme il lui parut, ne demandait pas mieux que de les entendre, elle poursuivit donc sans attendre son ordre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes des mille et une nuits »

S’attaquer à un monument comme les Mille et Une Nuits est un pari risqué, souvent piégeux. C’est pourtant le défi relevé avec assurance par Daniel Bardet dans cet album paru aux éditions Adonis/Glénat. Connu pour sa rigueur historique sur Les Chemins de Malefosse, le scénariste évite ici l’écueil de la compilation indigeste pour revenir à la source véritable du récit : la traduction d’Antoine Galland.

Daniel Bardet opère des choix narratifs chirurgicaux, se focalisant sur des pépites comme l’histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. Ce parti-pris restitue la véritable mécanique du conte oriental : cette narration en « tiroirs » où la parole devient une arme de survie. On y retrouve une Shéhérazade stratège et une densité psychologique que les adaptations jeunesse ont souvent gommée. Le texte respecte la saveur littéraire du XVIIIe siècle, mêlant le merveilleux à une certaine cruauté sans fausse pudeur.

extrait bd Contes des mille et une nuits

Aux pinceaux, Rachid Nawa livre une partition graphique étonnante. Son trait réaliste ancre le mythe dans une matière tangible, loin des imageries vaporeuses habituelles. Ses décors fouillés et son travail sur les textures confèrent à l’ensemble une atmosphère pesante et envoûtante. La mise en couleurs, chaude et contrastée, sert la dramaturgie.

Cet album réussit le tour de force de concilier le respect du texte classique et le dynamisme de la bande dessinée moderne. Une redécouverte pour les amateurs de littérature qui souhaitent voir les mots de d’Antoine Galland prendre vie.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Album publié en 2017 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Sijie Dai publié le 20 janvier 2000.

couverture bd Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

En pleine Révolution culturelle lancée par Mao Zedong, Ma et Luo, deux amis de 17 et 18 ans, sont envoyés en rééducation dans la province du Sichuan car ils sont considérés comme des «intellectuels».
Les deux amis rencontrent la fille du tailleur voisin, considérée comme la plus belle de la montagne, mais sans instruction. Tous deux en tombent immédiatement amoureux.
Ils décident de voler une valise de livres interdits de grands auteurs occidentaux du XIXe siècle.
Luo en fait le serment : «Avec ces livres, je transformerai la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde».


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Balzac et la Petite Tailleuse chinoise »

Balzac et la petite tailleuse chinoise transpose avec beaucoup de justesse le roman de Sijie Dai dans un langage de bande dessinée à la fois ample et sensible. L’histoire se déroule dans la Chine du début des années 1970, en pleine Révolution culturelle : deux adolescents, Luo et Ma, sont envoyés en « rééducation » dans un village de montagne. Leur quotidien, rythmé par le labeur et la surveillance, bascule lorsqu’ils mettent la main sur une valise de livres interdits. À partir de là, la littérature devient un passage secret : elle ouvre des brèches dans un monde fermé, et redessine le champ des possibles.

Le récit fonctionne comme un apprentissage sous contrainte, où l’intime et le politique se nouent sans jamais forcer l’effet. La relation entre Luo, Ma et la Petite Tailleuse évite le schéma simpliste : l’éveil qu’apportent les lectures n’efface ni les rapports de domination, ni les contradictions du désir. C’est précisément cette zone grise entre fascination, amour, manipulation et besoin de liberté qui donne sa force aux personnages.

extrait bd Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Graphiquement, Freddy Nadolny Poustochkine privilégie des compositions qui respirent, souvent moins “case à case” que portées par de grandes images. Les paysages de montagne, la mine, les intérieurs pauvres : tout participe d’une atmosphère à la fois rude et presque hypnotique. La couleur, travaillée par climats, renforce l’oppression du quotidien autant qu’elle laisse affleurer, par moments, l’élan romanesque des lectures.

A découvrir.

Un nouveau dans la ville

Album publié en 2016 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 10 février 1950.

couverture bd Un nouveau dans la ville

Il était petit, plutôt gras sans être gros. Il paraissait la quarantaine et quelque chose de peu soigné dans sa personne faisait penser qu’il devait être célibataire.
Les deux doigts de sa main droite qui tenaient la cigarette étaient jaunis par le tabac et une demi-lune du même jaune sous la lèvre indiquait qu’il fumait ses cigarettes jusqu’à l’extrême bout.
Il était vêtu en homme des grandes villes, d’un complet bleu marine et de souliers noirs trop fins pour la région.
Son pardessus de demi-saison, couleur mastic, très fripé, était trop léger aussi pour l’hiver dans le Nord.

Dans une ville du nord des États-Unis, près de la frontière canadienne, l’arrivée d’un étranger suscite la curiosité, puis l’hostilité…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un nouveau dans la ville »

Un nouveau dans la ville est l’adaptation graphique du roman de George Simenon (1950) par Jacques de Loustal, l’un des illustrateurs les plus littéraires de la bande dessinée. Jacques de Loustal, admirateur fervent de Simenon, avait déjà collaboré sur Les Frères Rico et Six Enquêtes de Maigret. Cette nouvelle adaptation confie au crayon du maître un roman situé dans une petite ville américaine du Maine, où George Simenon avait lui-même séjourné pendant dix ans.

L’œuvre capture l’essence même de la narration de George Simenon : l’arrivée de Justin Ward, homme énigmatique porteur d’une liasse de billets, provoque une tension collective chez les habitants. Jacques de Loustal retranscrit magistralement cette atmosphère d’hostilité latente. Le roman explore l’opacité du personnage principal et la curiosité inquiète de la ville, notamment incarnée par Charlie, le tenancier du bar. Le mystère de Ward, en réalité Kennedy, un délateur en fuite, crée une mécanique narrative de suspicion croissante jusqu’à son épilogue tragique.

extrait bd Un nouveau dans la ville

Jacques de Loustal traduit l’introspection du roman de George Simenon par une ligne épurée et des teintes hivernales. Son approche picturale, oscillant entre illustration et bande dessinée, refuse la surcharge narrative. Les cafés, les paysages enneigés et les physionomies des personnages ordinaires deviennent des témoins silencieux de la tension psychologique. Cette retenue confère une dignité mélancolique à chaque scène, fidèle au ton des « romans durs » de Simenon .

Cette adaptation intéressera particulièrement les amateurs du roman de l’Après-Guerre, des adaptations graphiques ambitieuses, et des univers américains nuancés. Jacques de Loustal offre une vision respectueuse et poétique du texte original, sans concession au spectaculaire.

Les Frères Rico

Album publié en 2015 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée en décembre 1952.

Le roman simenonien de la Mafia, magistralement illustré par Loustal.

Les trois frères Rico appartiennent à l’Organisation. Quand Tony, le plus jeune, disparaît après un coup manqué et fait savoir qu’il veut reprendre sa liberté, l’Organisation ordonne à Eddie, l’aîné, de retrouver son jeune frère pour lui conseiller de fuir.
Mais cette mission est un piège, et quand Eddie s’en rend compte, il est déjà trop tard…
Loustal s’est emparé de ce roman de Mafia très noir, histoire de trahison et de lâcheté, et a restitué, en cinquante illustrations, le décor sombre de Brooklyn comme les paysages lumineux de la Floride.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Frères Rico »

Le livre Les Frères Rico n’est pas une bande dessinée classique, mais un roman illustré. L’artiste Jacques de Loustal met en images le texte célèbre de Georges Simenon. Publié aux éditions Omnibus, ce livre nous plonge dans l’Amérique des années 1950. Il raconte une histoire sombre sur la mafia.

L’intrigue ne parle pas de grandes fusillades. C’est une histoire psychologique. Le héros s’appelle Eddie Rico. Il travaille pour « l’Organisation » (la mafia). Eddie est un homme calme, un gestionnaire. Sa vie bascule quand il doit retrouver son frère Tony. Tony a trahi le clan et doit disparaître. Eddie doit choisir entre sa famille et l’Organisation. On ressent sa peur et sa solitude. Le récit est tragique : les personnages ne peuvent pas échapper à leur destin.

Les dessins de Jacques de Loustal sont superbes. Il propose environ 50 illustrations en couleurs. Chaque image ressemble à un tableau immobile. Jacques de Loustalest le maître des ambiances. Il utilise la lumière avec talent. Il oppose deux mondes : la chaleur aveuglante de la Floride et la froideur sombre de Brooklyn. Son trait est élégant et statique. Cela renforce le sentiment d’attente et d’angoisse du héros. Les couleurs (ocres, bleus nuit) installent une atmosphère « noire » très réussie.

Les Frères Rico est un livre qui respecte parfaitement l’esprit de Simenon. L’alliance entre le texte dur et les images douces de Loustal fonctionne à merveille.

3 fois dès l’aube

Album publié en 2018 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman d’Alessandro Baricco publié le 21 mars 2012 sous le titre Tre volte all’alba.

couverture bd 3 fois dès l'aube

Deux personnages se rencontrent à trois reprises.
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l’héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l’homme s’ouvre à elle mais mal lui en prend.

Un portier d’hôtel aide une jeune cliente à s’enfuir afin d’échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu’elle, il lui révèle qu’il a passé treize ans en prison à la suite d’un meurtre.

Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l’incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l’emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.

Trois histoires nocturnes qui se concluent à l’aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu’Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d’élégance et même de sensualité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 3 fois dès l’aube »

Publiée en février 2018 chez Futuropolis, cette adaptation du roman d’Alessandro Baricco constitue une belle surprise. Denis Lapière au dessin et Aude Samama à la couleur relèvent le pari de transposer un texte poétique et énigmatique en bande dessinée sans le simplifier.

Le roman original tourne autour de trois rencontres nocturnes entre des personnages différents. Chaque histoire se termine à l’aube, mais les connexions entre elles restent volontairement floues. C’est là toute la subtilité de d’Alessandro Baricco : créer du suspense sans vraiment en avoir besoin, laisser des zones d’ombre plutôt que de tout expliquer.

Denis Lapière traduit cette ambiguïté avec beaucoup de retenue. Il épure le scénario, garde l’essentiel du dialogue, et mise sur l’intimité des personnages plutôt que sur l’action. C’est un choix judicieux : moins on en dit, plus on laisse le lecteur construire ses propres interprétations.

extrait bd 3 fois dès l'aube

Mais le véritable coup de génie, c’est le travail d’Aude Samama à la couleur. Ses peintures à l’acrylique baignent les pages dans des teintes chaudes et douces qui rassurent autant qu’elles troublent. Les visages sont traités avec une grande retenue, des regards intenses mais fermés, comme si les personnages gardaient jalousement leurs secrets. Les décors dépouillés renforcent cette sensation d’isolement.

Cette adaptation fonctionne vraiment parce qu’elle ne trahit pas le roman. Elle ne cherche pas à le rendre plus dramatique ou spectaculaire. Au contraire, elle en renforce le caractère contemplatif.
À recommander à ceux qui aiment les histoires qui ne donnent pas toutes leurs clés.

Pour qui sonne le glas

Album publié en 2026 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Ernest Hemingway publié le 21 octobre 1940.

couverture bd Pour qui sonne le glas


Le soleil tape fort, la pente s’élève. Deux vautours tournent dans le ciel en silence. Un jeune homme, souple et beau comme on l’est à trente ans, suit sans forcer un vieux montagnard. Il sourit.
Enrôlé dans une guerre fratricide, il a rejoint un groupe de partisans républicains pour dynamiter un pont et favoriser une attaque de grande ampleur contre les troupes fascistes.
Il a soixante-douze heures devant lui. Ses chances de réussir sont minces, il le sait et n’en a cure.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pour qui sonne le glas »

La BD sortira en avril 2026.

Berezina

Album publié en 2021 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du livre de Sylvain Tesson publié le 22 janvier 2015.

couverture bd Berezina

Deux siècles après la retraite de Russie, Sylvain Tesson refait la route de l’armée napoléonienne déchue… en side-car et en plein hiver.
Ils sont cinq : trois Français et deux Russes. Unis par l’amitié et par un grand défi, ils décident de commémorer à leur façon le bicentenaire de la retraite de Russie : en suivant le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle.
Partis de Moscou, Sylvain Tesson et ses amis traversent l’immense Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne, faisant route vers Paris au guidon de leurs Oural, ces side-cars russes réputés indestructibles.
En chemin, ils franchissent le fleuve Berezina, devenu au fil du temps un nom commun pour désigner les échecs les plus cuisants…
Porté par la langue et l’esprit d’aventure de Sylvain Tesson, le plus fameux des écrivains voyageurs contemporains, ce récit au long cours est de nouveau dessiné par Virgile Dureuil (déjà auteur en 2019 de Dans les forêts de Sibérie en bande dessinée).
À travers les multiples allers-retours entre le XIXe et le XXIe siècle, un incroyable épisode de l’histoire française est ici revisité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Berezina »

Adapté par Virgile Dureuil d’après le récit de Sylvain TessonBerezina transpose en bande dessinée une aventure hors du commun : cinq voyageurs qui refont, en 2012, le trajet de la Grande Armée napoléonienne deux cents ans plus tard, à bord de side-cars « Ural ».

Le choix de Virgile Dureuil fonctionne remarquablement bien : il alterne entre les scènes de 1812 et le voyage contemporain. Les planches juxtaposent l’horreur glacée de la retraite et le road-trip moderne, créant une dialogue forcément troublant entre hier et aujourd’hui. Les flashbacks historiques restituent le calvaire réel des grognards : 450 000 soldats qui ne reviendront qu’au nombre de 200 000.

extrait bd Berezina

Graphiquement, Virgile Dureuil a fait le choix intelligent de réduire le texte pour que l’image respire. Ses paysages des steppes russes aux villes modernes sonnent justes, et son trait capture vraiment le mouvement et l’urgence.

Le vrai reproche qu’on peut faire, c’est que 136 pages, c’est un peu juste pour raconter deux histoires à la fois. L’épopée napoléonienne gagne en densité tandis que le volet contemporain reste un peu en arrière-plan. Malgré ce petit bémol, Berezina mérite vraiment qu’on s’y arrête. C’est un beau voyage graphique dans les steppes russes.