Album publié en 2023 aux Editions Caurette.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de William Shakespeare (publiée pour la première fois en 1604).
Tout le talent de Julien Delval dans une adaptation de Shakespeare !
Il fallait bien un texte de Shakespeare pour que tout le talent de Julien Delval puisse s’exprimer, et le pari est largement réussi avec cette magnifique édition d’une des tragédies les plus emblématiques de la littérature ! En 43 illustrations, le peintre nous donne à voir non pas tant une illustration des scènes qu’une vision des décors et des costumes révélant les symboliques de la pièce. C’est toute la force de ce livre que d’illustrer les conflits intérieurs et la passion des personnages à travers la scénographie et la peinture, révélant ainsi ce qui est au-delà du texte.
Othello est le premier d’une série de 3 pièces que va illustrer Julien Delval. Prochains titres : Songe d’une nuit d’été et La Tempête.
La bd « Othello » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Othello »
Othello n’est pas une bande dessinée au sens classique, mais une édition illustrée de la tragédie de William Shakespeare, dont le texte intégral (traduction de François Pierre Guillaume Guizot) se déploie sous le pinceau de Julien Delval. Peintre formé à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, Julien Delval revendique une filiation avec les grands illustrateurs Arthur Rackham et Edmund Dulac, et le résultat tient de cette tradition : quarante-trois compositions qui n’illustrent pas les scènes une à une, mais donnent à voir décors, costumes et atmosphères.
Plutôt que de suivre l’action, Julien Delval traduit les tensions intérieures de la pièce par la scénographie et la couleur. La jalousie qu’Iago instille chez le Maure, la fragilité de Desdémone, la lente contamination du soupçon trouvent leur écho dans une lumière méditerranéenne qui vire du chaud au menaçant. Venise, Chypre et un Orient fantasmé composent une Renaissance rêvée, où le faste vénitien contraste avec l’huis clos du drame.
Graphiquement, la référence aux toiles d’opéra du XIXe siècle, celles de Pierre-Luc-Charles Cicéri et de Philippe Chaperon, nourrit des perspectives théâtrales et des ciels chargés. Le souvenir de l’Othello et Desdémone d’Eugène Delacroix affleure dans le traitement romantique des visages. Les doubles pages couleur alternent avec des planches en noir et blanc qui, par contraste, resserrent l’étau tragique.
On regrettera peut-être que le format laisse peu de place à la progression narrative, réservant l’ouvrage aux lecteurs déjà familiers du texte. Pour eux, et pour les amateurs de belle peinture, la vision de Julien Delval, premier volet d’un triptyque shakespearien, offre une relecture picturale d’une rare tenue.