Catégorie : Histoire

Verdun – Tome 3 – Les Fusillés de Fleury

Album publié en 2018 aux éditions Grand Angle.


Résumé éditeur

« Je t’embrasse pour la dernière fois, comme un fou. Crie après ma mort contre la justice militaire. »

couverture bd Verdun - Tome 3 - Les Fusillés de Fleury

Dans sa dernière lettre à sa femme, le 11 juin 1916, le sous-lieutenant Gustave Herduin, fusillé sans jugement sur le champ de bataille de Verdun, clame son innocence.

Pour Fernande, son épouse, commence alors une bataille judiciaire de longue haleine pour obtenir sa réhabilitation. Plainte contre les chefs qui ont condamné arbitrairement son mari, polémique de presse, scandale parlementaire, tout est bon pour alerter l’opinion et forcer la main au ministre de la Guerre qui ne veut pas rouvrir le dossier.

Voici l’histoire de dix ans de combat, une histoire d’amour et de fidélité, au nom de la justice et de l’honneur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Verdun – Tome 3 – Les Fusillés de Fleury »

La bande dessinée « Verdun – Tome 3 – Les Fusillés de Fleury« , conçue par Jean-Yves Le Naour et magnifiquement illustrée par Iñaki Holgado, se distingue comme une œuvre remarquable dans la littérature graphique historique.

En nous plongeant dans l’histoire poignante de Gustave Herduin, exécuté sans jugement durant la bataille de Verdun, Le Naour ne se contente pas de nous narrer un simple épisode de la Première Guerre mondiale. Il nous invite à méditer sur les notions de justice, d’honneur et de mémoire.

Le récit est un puissant hommage à Fernande Herduin, qui, par son combat inlassable pour réhabiliter la mémoire de son mari, devient une figure emblématique du courage et de la détermination face à l’injustice. Le scénario, solidement ancré dans des faits historiques, est porté par une narration fluide et des dialogues percutants qui captivent le lecteur du début à la fin.

extrait bd Verdun - Tome 3 - Les Fusillés de Fleury

Le talent d’Holgado se manifeste dans chaque planche, où les traits subtils des personnages et l’utilisation judicieuse des ombres et des lumières créent une atmosphère lourde de tension et d’émotion. La palette de couleurs, souvent sombre, accentue le caractère dramatique de l’histoire, rendant justice à la gravité des événements décrits.

Cette bande dessinée n’est pas seulement un récit historique, mais aussi un plaidoyer pour la vérité et la réhabilitation. Le Naour et Holgado réussissent ici une œuvre émouvante et profondément humaine, qui résonnera longtemps dans l’esprit de ses lecteurs


Verdun – Tome 2 – L’agonie du fort de Vaux

Album publié en 2017 aux éditions Grand Angle.


Résumé éditeur

Une résistance aussi héroïque que désespérée.

couverture bd Verdun -Tome 2 - L'agonie du fort de Vaux

Juin 1916.

Le commandant Raynal, un officier blessé, se porte volontaire pour une mission désespérée : prendre le commandement du fort de Vaux, aux avant postes des lignes françaises et tenir tête à l’offensive allemande qui avance.

Sans moyens et dans des conditions épouvantables, Raynal et ses hommes vont
pourtant se battre avec acharnement, assoiffés et ne tenant que grâce au maigre espoir de l’arrivée de renforts ou d’une contre-offensive salvatrice…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Verdun – Tome 2 – L’agonie du fort de Vaux »

Dans « Verdun – Tome 2 : L’agonie du fort de Vaux« , Jean-Yves Le Naour nous livre une bande dessinée captivante qui allie la rigueur historique à une mise en scène poignante des horreurs de la Première Guerre mondiale.

Ce second tome plonge le lecteur dans l’enfer de la bataille pour le fort de Vaux, où le commandant Raynal et ses hommes luttent contre une offensive allemande écrasante. Le scénario, admirablement construit, met en lumière les dilemmes moraux et les souffrances de ces soldats qui, malgré des conditions épouvantables, résistent avec un courage désespéré.

Le Naour parvient à capter l’attention du lecteur en dressant un portrait nuancé de Raynal, un homme à la fois déterminé et vulnérable. Les dialogues, parfois laconiques mais toujours chargés de sens, ajoutent une profondeur émotionnelle qui rend ce récit historique d’autant plus saisissant.

extrait Verdun - Tome 2 - L'agonie du fort de Vaux

Le travail d’Iñaki Holgado au dessin complète parfaitement le texte. Ses illustrations, qui oscillent entre le chaos des combats et les moments d’introspection, transportent le lecteur au cœur des tranchées et des ruines du fort. La qualité graphique est indéniable, chaque planche étant imprégnée d’une atmosphère pesante qui reflète la brutalité du conflit.

Ce tome réussit à offrir une évocation puissante de la résistance héroïque des poilus. C’est une œuvre qui parvient à captiver et émouvoir, un véritable hommage à ceux qui ont vécu cette période sombre de notre histoire.


Verdun – Tome 1 – Avant l’orage

Album publié en 2016 aux éditions Grand Angle.


Résumé éditeur

couverture bd Verdun -Tome 1 - Avant l'orage

Décembre 1915.

Les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française, à Verdun.

Mais le Maréchal Joffre se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne.

Janvier 1916.

L’attaque ne fait plus le moindre doute. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. Et le miracle se produit : pendant des jours, la pluie s’abat sur la ville, repoussant l’offensive des troupes allemandes.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Verdun – Tome 1 – Avant l’orage »

« Verdun – Tome 1 : Avant l’orage » de Jean-Yves Le Naour s’impose comme une bande dessinée incontournable pour les passionnés d’histoire, mais aussi pour les amateurs de récits militaires qui apprécient une approche analytique des événements.

Ce premier volume, illustré avec une précision qui confère au réalisme, se concentre sur les prémices de la bataille de Verdun, révélant les tensions politiques et stratégiques au sein de l’État-Major français.

Le Naour, historien de formation, livre un scénario rigoureux, presque documentaire, qui nous plonge dans les dédales des décisions militaires d’une époque troublée. À travers une narration fluide et des dialogues empreints d’une certaine gravité, l’auteur réussit à capturer l’immobilisme et la confusion qui règnent parmi les responsables militaires. Le général Joffre y apparaît sous un jour sombre, symbolisant à lui seul l’inertie d’un commandement dépassé par les événements.

Les dessins d’Iñaki Holgado et Marko ajoutent une dimension visuelle puissante au récit. Le contraste entre les teintes chaudes des sphères de pouvoir et les couleurs froides des tranchées souligne habilement la dualité entre le confort des élites et la réalité brutale des soldats. Bien que certains visages manquent parfois de distinction, l’ensemble visuel reste captivant et en phase avec l’atmosphère oppressante de l’époque.

Ce premier tome, enrichi de bonus didactiques, se présente ainsi comme une œuvre dense, à la fois informative et saisissante, qui se distingue par son souci du détail et sa profondeur narrative.

Un ouvrage indispensable pour quiconque cherche à comprendre les rouages complexes de la Première Guerre mondiale.


Les Taxis de la Marne 

Album publié en 2014 aux éditions Grand Angle.


Résumé éditeur

Le jour où la France devait perdre la Guerre.

couverture bd Les Taxis de la Marne 

Septembre 1914.

Les Allemands avancent vers Paris, l’armée française recule et le gouvernement abandonne la capitale au général Gallieni qui ne pourra tenir longtemps face à l’ennemi.

Mais Gallieni découvre que les Allemands délaissent Paris pour poursuivre les soldats français en retraite. C’est l’occasion inespérée de lancer une attaque avec la garnison de Paris !

Mais cette contre-offensive ne pourra fonctionner que si l’armée française fait front. Problème : Joffre, le général en chef, a du mal à accepter les conseils de Gallieni. Alors que la France tangue comme un bateau ivre, se dessine la bataille de la Marne qui va changer le sort du pays et le destin du monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Taxis de la Marne »

Jean-Yves Le Naour, historien reconnu, s’attaque avec « Les Taxis de la Marne » à un épisode clé de la Première Guerre mondiale, revisitant la légende de ces taxis parisiens qui, en septembre 1914, ont transporté les troupes pour défendre la Marne.

Soutenu par les illustrations précises de Claude Plumail, l’auteur livre une reconstitution minutieuse, plongeant le lecteur dans les méandres des stratégies militaires françaises, avec une attention particulière portée à la relation complexe entre les généraux Joffre et Gallieni.

extrait bd Les Taxis de la Marne 

La bande dessinée brille par son exactitude historique. Le Naour ne se contente pas de répéter les faits bien connus, mais cherche à réhabiliter le rôle souvent négligé de Gallieni, mettant en lumière sa clairvoyance face à l’orgueil de Joffre.

Cependant, cette rigueur se fait parfois au détriment de l’émotion. Les personnages, bien que finement dessinés, manquent de profondeur humaine, laissant le lecteur spectateur d’une série d’événements plus qu’acteur de ce drame historique. Cette distance est accentuée par le choix de Plumail de privilégier un style graphique sobre, efficace pour la reconstitution des décors, mais qui peine à transmettre l’intensité des moments critiques.

« Les Taxis de la Marne » s’impose comme un outil pédagogique d’une grande valeur, mais il manque parfois l’élan nécessaire pour captiver pleinement. C’est une œuvre qui plaira avant tout aux passionnés d’histoire militaire.

Le Saint et l’assassin – Le franciscain de Bourges et Paoli

Album publié en 2017 aux éditions Bulleberry.


Résumé éditeur

Lyon en guerre 1940-1944.

couverture bd Le Saint et l'assassin - Le franciscain de Bourges et Paoli

Il y a les héros, il y a les salauds.
Avec parfois un mélange imprécis des deux. Ainsi Bourges pendant l’Occupation, entre 1942 et 1944, a vu se croiser deux personnages aussi contraires qu’incroyables : le « bon » soldat allemand, le frère Alfred Stanke, un franciscain muté comme infirmier à la prison du Bordiot ; le « mauvais » français, Pierre-Mary Paoli, un jeune homme d’Aubigny-sur-Nère, embauché par la Gestapo.
Celui-ci deviendra le plus atroce tortionnaire de ses compatriotes, celui-là se fera le sauveur de nombre d’entre eux.
Et l’éternelle question se pose : entre le courage de l’un et la lâcheté de l’autre, quel camp aurions nous choisi en pareilles circonstances ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Saint et l’assassin – Le franciscain de Bourges et Paoli »

En ouvrant Le Saint et l’Assassin – Le franciscain de Bourges et Paoli de Bernard Capo, on plonge dans un pan méconnu de l’histoire de Bourges. D’un côté, le franciscain, ce prêtre qui sauva des vies au péril de la sienne, et de l’autre, Pierre-Marie Paoli, agent de la Gestapo, dont le nom résonne encore dans les mémoires locales. Une dualité frappante, portée par un récit à la fois intime et universel.

Les dessins, précis et empreints de réalisme, plongent le lecteur dans les ruelles de Bourges, presque comme s’il marchait lui-même sur les pavés de l’époque. On reconnaît des lieux familiers, comme l’église Saint-Bonnet ou le palais Jacques-Cœur, qui ancrent davantage l’intrigue dans le réel.

Une œuvre qui mérite d’être lue, à la fois pour ses qualités graphiques et pour la mémoire qu’elle préserve.


  • Le Site « Mémoire » et son article « Alfred Stanke, le franciscain de Bourges« .
  • Reportage vidéo sur Pierre Paoli

Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Bourges

L’Alsace à tout prix ! – Tome 2

Album publié en 2021 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

couverture bd L’Alsace à tout prix ! - Tome 2

Entre 1940 et 1945, l’Alsace est plongée dans l’enfer nazi. Abandonnée à son misérable sort après une campagne de France calamiteuse, elle a été purement et simplement annexée par l’Allemagne, sans l’accord de qui que ce soit.

Certains Alsaciens ont pu se réfugier, avant le début des hostilités, dans le sud-ouest français. D’autres ont profité de filières d’évasion et ont quitté l’Alsace par les montagnes.

Ceux qui n’ont pu faire autrement que rester ont dû se plier à la germanisation et à la nazification engagées par le sinistre gauleiter Robert Wagner, qui décida même de mobiliser sous l’uniforme allemand les jeunes Alsaciens. Le drame des Malgré-Nous et des Malgré-Elles est scellé. Encore une fois, l’Alsace devient un enjeu territorial, mettant les populations civiles au supplice.

Réalisé par Jean Paillot (scénario), Francis Caryn et Didier Chardez (dessins), cet ouvrage complète le premier tome consacré à l’Alsace pendant la Première Guerre Mondiale. Il est accompagné d’un cahier historique rédigé par l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire de l’Alsace pendant la Deuxième Guerre Mondiale, le professeur Jean-Laurent Vonau.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Alsace à tout prix ! – Tome 2 »

« L’Alsace à tout prix ! – Tome 2« , scénarisé par Jean Paillot et illustré par Francis Caryn et Didier Chardez, plonge les lecteurs dans une reconstitution poignante de l’histoire de l’Alsace sous l’occupation nazie.

Continuant sur la lancée du premier tome, qui traitait de la Première Guerre mondiale, ce volume s’intéresse à la période tumultueuse de 1940 à 1945. Le récit, solidement appuyé par une recherche historique approfondie, se concentre sur les drames humains qui ont marqué cette époque, notamment à travers la figure des « Malgré-Nous« , ces jeunes Alsaciens enrôlés de force dans la Wehrmacht.

Le dessin de Caryn, accompagné par les couleurs de Chardez, donne vie à ce drame avec une précision visuelle qui capte l’angoisse et la souffrance des personnages. Le style réaliste et détaillé des illustrations renforce l’impact du scénario, soulignant les horreurs de l’annexion allemande et la difficile résilience des Alsaciens face à la germanisation imposée.

Ce qui distingue cette bande dessinée, c’est son habileté à allier narration et pédagogie. Le cahier historique qui complète l’ouvrage, signé par Jean-Laurent Vonau, fournit un contexte essentiel et enrichit l’expérience de lecture. Cette approche permet à l’œuvre de s’adresser tant aux amateurs d’histoire qu’aux passionnés de bande dessinée, offrant un éclairage unique sur cette période sombre.

L’Alsace à tout prix ! – Tome 2 se présente ainsi non seulement comme un témoignage visuel puissant, mais aussi comme un outil de mémoire précieux.



Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

AlsaceMunster

L’Alsace à tout prix ! – Tome 1

Album publié en 2014 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

couverture bd L’Alsace à tout prix ! - Tome 1

Cette bande dessinée retrace les principaux combats ayant eu lieu en Alsace en 1914 et 1915 (libération d’Altkirch et de Thann, prises de Mulhouse, de Munster, batailles du Val de Liepvre (jusqu’à Sainte-Marie-aux Mines), de l’Hartmannswillerkopf et du Linge) tant du côté français que du côté allemand.


Nous y découvrons également certains aspects de la vie quotidienne des Alsaciens pendant cette période.


De grandes figures historiques alsaciennes et nationales évoquent avec force la Grande Guerre dans les deux départements.


Un cahier historique de 16 pages complète cet ouvrage en apportant le regard original d’historiens renommés comme Jean-Noël Grandhomme, Florian Hensel, Thérèse Puppinck.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Alsace à tout prix ! – Tome 1 »

« L’Alsace à tout prix ! – Tome 1« , de Jean Paillot et Frédéric Garcia, s’affirme comme une bande dessinée historique singulière qui explore la complexité des identités alsaciennes durant la Première Guerre mondiale. À travers une narration soignée et des personnages profondément ancrés dans leur contexte, cette œuvre éclaire les tensions et les déchirements vécus par une population prise entre deux nations.

La grande force de cet album réside dans son engagement à représenter fidèlement les événements tragiques qui ont marqué la région de l’Alsace. Loin des récits héroïques classiques, le scénario de Paillot met en lumière les dilemmes moraux et les loyautés contradictoires de ses personnages.

extrait bd L’Alsace à tout prix ! - Tome 1

Sur le plan graphique, Frédéric Garcia apporte une rigueur documentaire à ses illustrations, renforçant ainsi la dimension historique de l’œuvre. Les paysages de l’Alsace, magnifiquement restitués, servent de toile de fond à un récit où chaque coup de pinceau semble murmurer les douleurs passées de cette terre meurtrie.

Toutefois, si l’approche régionale confère à l’album une authenticité indéniable, elle peut également limiter son universalité, rendant l’œuvre moins accessible à un public non familier des particularités alsaciennes.

Malgré cela, « L’Alsace à tout prix ! – Tome 1 » reste une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire et de bande dessinée, offrant un témoignage poignant sur une époque où l’identité se forgeait dans le sang et le sacrifice.


Malgré-Nous

Album publié en 2022 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

Le 22 juin 1940, La France capitule devant l’Allemagne et signe l’armistice qui ne précise dans aucune de ses clauses le sort réservé à l’Alsace et à la Moselle.
Et pourtant… Le 4 juillet 1940, l’ancienne frontière franco-allemande telle que tracée par Bismarck en 1871 est rétablie.
Le 2 août 1940, l’Alsace et la Moselle cessent d’être un territoire français et deviennent des provinces d’origine allemande. La Moselle est rattachée au Gau (territoire administratif) de Sarre Palatinat, et l’Alsace au pays de Bade.
Alors commence la germanisation de nos trois départements : l’adhésion obligatoire à la « Jeunesse Hitlérienne » pour les garçons et les filles, l’instauration du Service National du Travail, le RAD – Reichsarbeitsdienst -, et enfin, en août 1942, l’incorporation dans l’armée allemande.

Au mépris de toutes les lois internationales et de celles de l’honneur, 103 000 Alsaciens, 31 000 Mosellans et 21 000 femmes de nos trois départements vont être contraints d’endosser l’uniforme allemand. On les appellera les « Malgré-Nous ».C’est l’histoire tragique que ces femmes et ces hommes ont vécue il y a quatre-vingt ans, que nous nous proposons de retracer dans cet ouvrage.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Malgré-Nous »

La bande dessinée Malgré-Nous de Charly Damm et François Abel nous emmène à travers différents lieux emblématiques qui marquent les étapes du périple tragique des jeunes Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande.

Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans l’atmosphère oppressante de l’Alsace annexée par le Troisième Reich, où les conscrits sont arrachés à leur terre natale. Les rues et villages, dessinés avec un réalisme poignant par François Abel, restituent l’ambiance lourde et tendue de cette région, partagée entre sa culture française et son incorporation forcée dans l’Allemagne nazie.

Le récit nous entraîne ensuite sur le front de l’Est, où la brutalité des combats et les conditions extrêmes sont dépeintes avec une intensité visuelle qui laisse peu de place à l’imagination. Les tranchées, les campagnes enneigées de Russie, et les paysages désolés deviennent des personnages à part entière, symbolisant à la fois l’horreur de la guerre et l’isolement des soldats. Abel parvient à capturer l’hostilité de ces lieux, renforçant le sentiment de perdition qui hante les protagonistes.

Enfin, le retour dans une Alsace en ruines, libérée mais défigurée, ne marque pas pour autant la fin du calvaire. Les lieux de mémoire, les cimetières militaires et les monuments en hommage aux victimes soulignent la persistance des blessures. Cette dernière partie de la BD illustre le déchirement identitaire et la difficulté de retrouver une place dans une société marquée par la guerre et les trahisons.

Cette BD est une œuvre puissante et évocatrice. MalgréNous se distingue ainsi comme une BD essentielle pour sa dimension historique.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Alsace

L’Alsace déracinée

Album publié en 2021 aux éditions du Signe.


Résumé éditeur

couverture bd L’Alsace déracinée

Ni les paroles pleines de bonnes intentions, ni les ouvrages de la ligne Maginot construits sur 1 500 kilomètres le long des frontières nationales n’empêcheront l’Allemagne d’envahir la France.

L’Alsace, comme sa voisine la Moselle, va connaître une des pages les plus sombres de son histoire, celle de l’occupation allemande nazie.
Le 1er septembre 1939, devant l’imminence de la guerre, les habitants des localités alsaciennes situées le long de la frontière avec l’Allemagne sont évacués. 374 000 Alsaciens provenant de 107 communes bas-rhinoises prennent la direction du sud-ouest de la France, principalement en Dordogne, en Haute-Vienne et dans l’Indre.
Ceux des 79 communes haut-rhinoises sont évacués vers le Gers, la Haute-Garonne et les Landes.

Après l’armistice de juin 1940, une question se pose à ces réfugiés : rester dans les départements d’accueil ou rentrer au pays ?
Ceux qui rentrent assistent alors à la défrancisation et à la nazification de l’Alsace ainsi qu’à l’expulsion des juifs, tsiganes, communistes, syndicalistes, religieux et de tous ceux qui « n’entrent pas dans l’idéologie nazie.
C’est l’histoire de ces Alsaciens évacués, expulsés, réfugiés que « Lisel » vous propose de raconter dans ces pages.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Alsace déracinée »

L’Alsace déracinée est une œuvre qui s’inscrit dans la tradition des récits graphiques mémoriels, abordant des sujets historiques avec une sensibilité à la fois didactique et émotionnelle. Scénarisée par Charly Damm et illustrée par Jean-Marie Cuzin, cette bande dessinée raconte le drame des Alsaciens expulsés de leur terre natale durant la Seconde Guerre mondiale, un épisode souvent méconnu mais pourtant marquant.

À travers des illustrations aux couleurs froides et une mise en scène soignée, Cuzin parvient à capturer la tristesse et la résilience de ces familles déracinées. Les planches, sans être révolutionnaires sur le plan artistique, se montrent efficaces pour ancrer le lecteur dans cette période troublée, où chaque visage exprime la douleur de l’exil.

Le scénario, bien documenté, ne se contente pas de relater des faits historiques ; il parvient à humaniser le récit en se concentrant sur le choc culturel et les défis auxquels ces Alsaciens ont dû faire face dans leur nouvelle vie. La dimension historique est renforcée par l’inclusion d’un chapitre dédié aux Juifs alsaciens et au camp du Struthof, ajoutant une profondeur supplémentaire à l’œuvre.

Cette bande dessinée réussit à éveiller la conscience du lecteur sur un chapitre oublié de l’histoire française, tout en offrant un hommage digne et respectueux aux victimes de cette tragédie.

L’Alsace déracinée se distingue par sa rigueur historique et son engagement à faire revivre un passé douloureux, tout en étant accessible à un large public.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

AlsaceCamp de Struthof

Morts par la France – Thiaroye 1944

Album publié en 2018 aux éditions Les Arènes.


Résumé éditeur

couverture bd Morts par la France - Thiaroye 1944

«  LʼHistoire est une compagne de voyage intransigeante et parfois impitoyable… Elle vous fait prendre des chemins escarpés, des sentiers semés de pièges, d’embuches et de déceptions. Celle que je mʼapprête à vous raconter a été trop longtemps dissimulée. Enfouie sous des tonnes de mensonges, sous des tombereaux d’hypocrisie. Mais la vérité est comme la vie, elle trouve toujours un chemin.« 


Le 1er décembre 1944 à Thiaroye, au Sénégal, lʼarmée coloniale française ouvre le feu et assassine des centaines de soldats « indigènes », anciens prisonniers de guerre.
Depuis, lʼÉtat français ment sur cet épisode tragique et nie ce meurtre de masse.
Armelle Mabon, historienne, se bat depuis vingt ans pour rétablir la vérité.
Morts par la France rend hommage à ces soldats oubliés et tente de réhabiliter leur honneur bafoué.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Morts par la France – Thiaroye 1944 »

Avec « Morts par la France« , Pat Perna et Nicolas Otéro proposent une œuvre à la croisée du documentaire et de la bande dessinée, où l’engagement se mêle à une esthétique soignée pour révéler un pan sombre et souvent occulté de l’histoire coloniale française.

Le massacre de Thiaroye, point central du récit, est abordé à travers une narration captivante qui alterne entre les recherches acharnées de l’historienne Armelle Mabon et les événements tragiques de 1944. Ce choix permet d’éclairer les faits tout en maintenant une tension dramatique qui transporte le lecteur. Le scénario, rigoureux sans être aride, plonge dans les méandres de l’omerta et de la manipulation institutionnelle.

extrait bd Morts par la France - Thiaroye 1944

Le trait de Nicolas Otéro, à la fois expressif et précis, accentue la gravité des situations tout en humanisant les protagonistes. Les couleurs, souvent sombres, accompagnent parfaitement le ton de l’ouvrage, renforçant l’impact émotionnel.

« Morts par la France » est un outil pédagogique qui met en lumière les injustices infligées aux tirailleurs sénégalais. Les auteurs réussissent à créer une œuvre marquante, à la fois bouleversante et instructive, qui interpelle sur les responsabilités historiques et les silences d’un passé colonial complexe.

Une lecture qui se devrait incontournable pour quiconque s’interroge sur l’Histoire et les droits humains.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Camp Fronstallag 133Thiaroye