Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Chivalry

Album publié en 2022 aux Editions Headline.


Adapté de la nouvelle de Neil Gaiman publiée le 31 octobre 1992.

couverture bd Chivalry

Une veuve âgée achète dans une boutique de seconde main ce qui s’avère être le Saint Graal, et se retrouve embarquée dans une aventure épique aux côtés d’un chevalier qui lui offre d’anciennes reliques dans l’espoir de gagner le Graal.

Par l’équipe primée aux Eisner et Bram Stoker Awards, déjà à l’origine de « Snow, Glass, Apples« , cette nouvelle adaptation en roman graphique est à la fois pleine d’humour et de charme.

Prix Eisner 2022 Best Adaptation from Another Medium

BD uniquement en Anglais.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Chivalry »

Dans Chivalry, l’illustratrice Colleen Doran s’empare d’une nouvelle de Neil Gaiman pour livrer une œuvre poétique. L’histoire s’ouvre sur une prémisse délicieusement absurde : Mrs. Whitaker, une veuve britannique respectable, déniche le Saint Graal dans une boutique caritative (un charity shop) pour la modique somme de 50 pence. Elle l’achète simplement parce qu’il ferait « bel effet » sur sa cheminée, entre une statuette en porcelaine et la photo de son défunt mari.

La force du récit réside dans son décalage savoureux. Lorsque le noble Galaad débarque sur son destrier pour réclamer la coupe sacrée, il ne rencontre ni effroi ni révérence, mais une politesse ferme. Mrs. Whitaker refuse l’Épée de Balmung ou la Pomme des Hespérides (promesse de jeunesse éternelle) car « ce n’est pas convenable ».
Neil Gaiman et Colleen Doran explorent ici la dignité de la vieillesse. Le véritable pouvoir de Mrs. Whitaker n’est pas magique, mais réside dans son contentement ; elle préfère ses souvenirs et sa routine à l’immortalité. C’est une leçon d’humilité bouleversante.

extrait bd Chivalry

Graphiquement, l’album est un chef-d’œuvre d’orfèvrerie. Colleen Doran délaisse les cases traditionnelles pour une mise en page inspirée des manuscrits enluminés du Moyen Âge. L’usage de dorures et d’aquarelles évoque la douceur, créant un pont visuel entre le fantastique arthurien et le confort domestique anglais. Chaque planche fourmille de détails symboliques (fleurs, animaux).

Chivalry est un bijou de narration graphique. Loin des fracas des blockbusters, c’est une ode au temps qui passe et aux petits bonheurs. Un belle découverte approuvée par le jury du prix Eisner Best Adaptation from Another Medium (2022).

Ce que j’ai vu à Auschwitz – Les cahiers d’Alter

Album publié en 2026 aux Editions Dupuis.


Adapté de l’essai d’Alter Fajnzylberg écrit en 1945 et publié par son fils Roger Fajnzylberg le 17 janvier 2025.

La publication des cahiers d’Alter Fajnzylberg, détenu à Auschwitz-Birkenau d’avril 1942 à janvier 1945, forcé d’intégrer pendant dix-huit mois un Sonderkommando, constitue une contribution exceptionnelle à l’histoire de la Shoah.
Ces écrits inédits, rédigés en polonais à son arrivée en France, entre l’automne 1945 et le printemps 1946, dans l’urgence de dire ce qu’il avait vu dans les camps, furent alors enfouis dans une boîte à chaussures ? comme un secret brûlant.
Il a fallu des décennies à son fils unique Roger pour les extirper du passé, les faire transcrire, traduire et les contextualiser grâce à l’aide de l’historien Alban Perrin.

Un témoignage d’autant plus important que les rescapés des Sonderkommandos sont très rares, les nazis ayant veillé à éliminer tous les témoins directs de leur abominable entreprise.

Le témoignage bouleversant d’Alter Fajnzylberg, Juif déporté et rescapé d’Auschwitz, est adapté en BD, pour lui rendre hommage, par deux scénaristes spécialistes du sujet, Jean-David Morvan (Madeleine, résistanteAdieu Birkenau) et Victor Matet (Adieu Birkenau), avec la complicité du dessinateur Rafael Ortiz (Sur le front de Corée). Ce témoignage est en outre contextualisé par l’historien Alban Perrin.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ce que j’ai vu à Auschwitz – Les cahiers d’Alter »

La BD sortira en mars 2026.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Auschwitz

Belle et Sébastien –  Le Dernier Chapitre

Album publié en 2018 aux Editions Glénat.


Adapté des romans de Cécile Aubry publiés en 1965 (Belle et Sébastien), 1966 (Sébastien parmi les homme) et Le Retour de Belle et Sébastien (1968) .

Deux ans ont passé.
Sébastien est à l’aube de l’adolescence et Belle est devenue maman de trois adorables chiots. Pierre et Angelina sont sur le point de se marier et rêvent d’une nouvelle vie, ailleurs… Au grand dam de Sébastien qui refuse de quitter sa montagne.
Lorsque Joseph, l’ancien maître de Belle, resurgit bien décidé à récupérer sa chienne, Sébastien se retrouve face à une terrible menace. Plus que jamais, il va devoir tout mettre en œuvre pour protéger son amie et ses petits…

Découvrez la bande dessinée adaptée du film Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre, réalisé par Clovis Cornillac, le 14 février au cinéma.
Adapté par Jean-Christophe Derrien et dessiné par Jean-Marc Stalner, cet album, relatant l’histoire complète du film, vous replongera dans cette belle aventure aux paysages époustouflants.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Belle et Sébastien –  Le Dernier Chapitre »

Paru en janvier 2018 chez Glénat, ce Tome 3 adapte le film de Clovis Cornillac sorti en février 2018. Scénario de Jean-Christophe Derrien, dessin toujours assuré par Jean-Marc Stalner. C’est la clôture de la trilogie : deux ans ont passé, Sébastien frôle l’adolescence, Belle est mère de trois chiots. La vie s’apprête à changer.​

Le vrai conflit, c’est Joseph : l’ancien propriétaire de Belle remonte de la vallée, bien décidé à récupérer sa chienne. Pour Sébastien, c’est impensable. Pendant ce temps, Pierre et Angelina rêvent d’une vie ailleurs un coup bas pour un enfant qui ne veut pas quitter sa montagne. L’histoire pèse son poids : c’est moins une aventure qu’un adieu à l’innocence.​

Cette fois, le scénario gagne en maturité. La menace n’est plus externe )mais interne : c’est la séparation, l’abandon. Sébastien doit apprendre que la vie s’écoule, qu’on ne peut pas tout garder. C’est plus sombre que prévu, mais authentique.

Jean-Marc Stalner, lui, ne s’endort pas. Les paysages alpins conservent leur splendeur les plans larges des montagnes toujours aussi envoûtants. Mais le dessin respire mieux : il y a plus d’intimité dans les plans rapprochés de Sébastien, plus de tension dans les regards échangés entre le garçon et Joseph.

Cette BD fonctionne indépendamment du film. Elle est complète, autonome. Le récit en images franchit un cap : on n’a plus une simple transposition cinéma, mais une véritable adaptation où la narration graphique prime.

Pour qui ? Ceux qui ont suivi la saga du début. Un vrai point final

Belle et Sébastien – L’Aventure Continue

Album publié en 2015 aux Editions Glénat.


Adapté des romans de Cécile Aubry publiés en 1965 (Belle et Sébastien), 1966 (Sébastien parmi les homme) et Le Retour de Belle et Sébastien (1968) .

couverture bd Belle et Sébastien - L'Aventure Continue

Quand tout espoir semble perdu, l’amitié est le dernier refuge.


Bonneval, septembre 1945.
Au village, on a fêté la fin de la Guerre. Sébastien a grandi, il a maintenant 10 ans. Belle et lui attendent impatiemment le retour d’Angelina…
Mais Angelina ne revient pas. Elle a disparu dans un accident d’avion au cœur des forêts transalpines. Tout le village a perdu espoir. Tout le village sauf César : le grand père de Sébastien connaît un homme qui pourrait les aider. Mais avant de sauver la jeune femme, Belle et Sébastien vont devoir braver mille dangers et affronter un terrible secret. Un secret qui va changer leur vie pour toujours. L’aventure continue…

Découvrez l’adaptation en bande dessinée du long-métrage Belle et Sébastien, l’aventure continue réalisé par Christian Duguay et qui sortira au cinéma le 9 décembre 2015 !
Écrit par les scénaristes du film eux-mêmes et dessiné par Jean-Marc Stalner, cet album, relatant l’histoire complète du film, vous replongera en BD dans cette belle aventure et ses paysages époustouflants.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Belle et Sébastien – L’Aventure Continue »

Paru en 2015 chez Glénat, ce Tome 2 adapte le second film de Christian Duguay sorti au cinéma en décembre 2015. Scénario de Juliette Sales et Fabien Suarez, dessin toujours confié à Jean-Marc Stalner. Environ 56 pages qui prolongent les aventures du duo.

On est en septembre 1945, la guerre est finie. Sébastien a 10 ans, Belle vieillit. Angelina, l’infirmière de la Résistance, a disparu dans un accident d’avion au-dessus des forêts transalpines. Tandis que le village abandonne, César et Sébastien refusent de croire à sa mort et partent en quête. L’enjeu ? Sauver Angelina et affronter « un secret qui va changer leur vie ».

extrait bd Belle et Sébastien - L'Aventure Continue

Le récit se déploie moins comme une intrigue serrée que comme une succession de périls : feu de forêt, tension entre Sébastien et l’aviateur Pierre, chasse aux énigmes. C’est agréable, maîtrisé, mais prévisible. Les personnages ne gagnent pas vraiment en profondeur.

Graphiquement, Jean-Marc Stalner continue son boulot sérieux : les paysages de montagne restent généreux et lumineux, la composition des planches facilite le suivi..

Ce Tome 2 fonctionne d’abord comme produit d’accompagnement au film. Pour les lecteurs qui ont aimé le premier, c’est un petit plus agréable.

Belle et Sébastien

Album publié en 2013 aux Editions Xo.


Adapté des romans de Cécile Aubry publiés en 1965 (Belle et Sébastien), 1966 (Sébastien parmi les homme) et Le Retour de Belle et Sébastien (1968) .

Là-haut, dans les Alpes, là où la neige est immaculée, là où les chamois coursent les marmottes, là où les sommets tutoient les nuages.
Un village paisible…jusqu’à ce que la Deuxième Guerre mondiale éclate, jusqu’à ce que les Allemands arrivent.
C’est la rencontre d’un enfant solitaire et d’un chien sauvage. C’est l’aventure de Sébastien qui apprivoise Belle.
C’est l’histoire d’une amitié indéfectible. C’est le récit extraordinaire d’un enfant débrouillard et attendrissant au cœur de la Seconde Guerre mondiale.
C’est l’odyssée d’un petit garçon à la recherche de sa mère, d’un vieil homme à la recherche de son passé, d’un résistant à la recherche de l’amour, d’une jeune femme en quête d’aventures, d’un lieutenant allemand à la recherche du pardon.
C’est la vie de Belle et Sébastien.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Belle et Sébastien »

Sortie en novembre 2013 chez XO/12 BIS, cette adaptation en bande dessinée du film de Nicolas Vanier qui est également une adaptation des romans de Cécile Aubry se dévore en un rien de temps. Scénario de Juliette Sales et Fabien Suarez, dessins de Jean-Marc Stalner, couleurs de Bruno Pradelle 56 pages de montagne et d’amitié canine.​

Nicolas Vanier a fait le pari de replonger Belle et Sébastien en 1944, dans les Hautes-Alpes occupées. Fini les aventures bucoliques de la série télé des années 60 : ici, c’est la Seconde Guerre mondiale qui fait décor. Sébastien, enfant orphelin, rencontre Belle, accusée d’être une bête dangereuse, et une amitié inattaquable naît. Résistants, réfugiés, soldats allemands le contexte historique donne du poids au scénario.

extrait bd Belle et Sébastien

Jean-Marc Stalner dessine avec soin ces paysages de montagne où se nouent les enjeux. La couleur de Pradelle joue sur les contrastes : la lumière crue des pics enneigés contre l’ombre de l’occupation. Sébastien respire la détermination enfantine, Belle reste impressionnante sans être caricaturale. C’est solide, c’est juste.

L’album suit un peu trop fidèlement le film. La narration reste linéaire, presque servile. On sent qu’on lit une adaptation.

Pour ceux qui veulent découvrir Belle et Sébastien autrement que par la nostalgie des années 1960. Et pour tous ceux qui ne connaissent pas encore cette histoire d’amitié intemporelle.

Train de nuit dans la Voie lactée

Album publié en 2018 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Kenji Miyazawa publié en 1934.

couverture bd Train de nuit dans la Voie lactée

Issu d’une famille pauvre, Giovanni travaille dur après l’école et doit s’occuper seul de sa mère malade.
Le jour de la fête du Centaure célébrée dans son village, le jeune garçon se retrouve soudain assis dans un train traversant la Voie lactée avec Campanella, un de ses camarades de classe.
Est-ce un rêve ? La réalité ?
Un merveilleux voyage céleste débute alors, permettant aux deux amis de rencontrer des personnages étonnants et de découvrir des lieux tous plus fantastiques les uns que les autres…
Jusqu’où ce train va-t-il les mener ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Train de nuit dans la Voie lactée »

L’adaptation manga de Hinata Kino redonne vie à un classique incontournable de la littérature japonaise du XXe siècle. Publié par Nobi Nobi en novembre 2018 dans la collection « Les Classiques en Manga », ce projet propose une transposition du roman poétique de Kenji Miyazawa, écrit en 1927 et resté longtemps à l’état de manuscrit avant sa publication posthume en 1934.

Hinata Kino relève le défi de créer un récit fondamentalement métaphorique sans trahir la philosophie profonde qui le sous-tend. Son trait délicat se déploie avec élégance, alliant un sens du détail exceptionnel au dynamisme narratif. Les planches généreuses, enrichies de décors fouillés et de personnages charismatiques, créent une atmosphère propice à la contemplation, essentielle au voyage allégorique proposé par Kenji Miyazawa.

extrait bd Train de nuit dans la Voie lactée

Le scénario traite avec soin les grands thèmes du roman : l’altruisme, la quête du sens de la vie et les aspirations humaines. Chaque rencontre à bord du mystérieux train devient l’occasion d’explorer les rêves et les espoirs des passagers, invitant le lecteur à s’interroger sur l’identité et le bonheur. ​

Quelques passages, cependant, s’avèrent philosophiquement denses et pourraient demander un effort aux lecteurs plus jeunes. ​

Cette adaptation mérite d’être découverte : elle constitue une excellente porte d’entrée vers un chef-d’œuvre méconnu en France. Cette œuvre prouve que le manga peut servir de véhicule idéal pour les textes littéraires complexes.

Croc-Blanc

Album publié en en 2026 aux éditions du Kalopsia.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jack London publiée en octobre 1906.

couverture bd Croc-Blanc

Croc-Blanc est une adaptation du roman du même nom, écrit par Jack London et publié en 1906 sous le titre original White Fang.
Le récit se déroule dans le territoire du Yukon pendant la ruée vers l’or du Klondike. Il raconte l’histoire du parcours d’un chien-loup, de la vie sauvage à la civilisation, et explore les thèmes de la survie, de la violence et du pouvoir transformateur de l’amour.

Croc-Blanc naît dans la nature sauvage d’une mère mi-loup, Kiche. Ses premières années sont marquées par une lutte acharnée pour survivre contre la faim, les prédateurs et la cruauté de la nature.

En grandissant, Croc-Blanc est amené dans un campement autochtone où il découvre pour la première fois le pouvoir et la domination des humains. Plus tard, il tombe entre les mains de Beauty Smith, un propriétaire cruel qui l’exploite pour des combats de chiens. Croc-Blanc devient dur, féroce et méfiant, et est surnommé « le loup de combat ».

Il est finalement sauvé par Weedon Scott, un homme gentil qui lui montre pour la première fois de la compassion. Peu à peu, Croc-Blanc commence à faire confiance et à répondre à l’amour, se transformant d’une créature violente et défensive en un compagnon fidèle.

Croc-Blanc retrace le parcours d’un chien-loup, de la survie sauvage à la confiance et à la loyauté, montrant comment l’environnement et le traitement façonnent les animaux comme les humains.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « Croc-Blanc »

La BD sortira en mars 2026.

extrait bd Croc-Blanc

Touriste de bananes

Album publié en 1998 aux éditions Vertige Graphic.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée le 29 juillet 1938.

Dans le Tahiti des années 1930, qui n’a rien de paradisiaque, amours interdites et meurtres inexpliqués troublent la quiétude glauque de la société coloniale.

Le roman Touriste de bananes prolonge la tragique saga de la famille Donadieu, richissimes armateurs de La Rochelle, entamée en Folio Policier dans Le testament Donadieu.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Touriste de bananes »

Georges Simenon publie Touriste de bananes en 1938, roman né de son séjour tahitien de 1935. En 1998, Jacques de Loustal en propose une très belle adaptation : un roman illustré de vingt-cinq aquarelles qui transforme le texte en expérience visuelle. Cette rencontre entre deux maîtres, le conteur psychologique et le peintre de la couleur, produit une œuvre hybride où l’image n’illustre pas seulement, mais amplifie.

Oscar Donadieu fuit la civilisation pour Tahiti, rêvant d’une vie naturelle loin des hypocrisies. Or, l’île coloniale qui l’accueille est un miroir cruel. Entre le charme sensuel de Tamatéa et la bassesse de la justice coloniale, Oscar découvre l’illusion de son idéal. Le roman interroge l’impossible échappatoire et l’absurdité existentielle.

extrait bd Touriste de bananes

Jacques de Loustal saisit cette tension par sa technique signature : encre de Chine épurée et aquarelles aux tonalités chaudes. Ses palettes ocres, bleus océan, verts explosifs restituent l’ivresse polynésienne tout en révélant l’étroitesse étouffante du Relais des Méridiens. Les compositions cinématographiques privilégient les cadrages serrés sur les visages, renforçant l’isolement psychologique du héros. Jacques de Loustal laisse au texte sa densité et à l’image son autonomie.

Touriste de bananes ravira les lecteurs de Georges Simenon en quête de nouvelles clefs d’interprétation, ainsi que les amateurs d’illustrations fines.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – Celui qui hantait les ténèbres

Album publié en 2021 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en décembre 1936.

couverture bd Les chefs d œuvre de Lovecraft - Celui qui hantait les ténèbres

Un voyage au tréfonds de notre monde, là où se tapit l’innommable…

Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Ce sont cette fois Celui qui hantait les ténèbres et Dagon qu’il fait renaître sous sa plume dans toute leur terrifiante noirceur !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Celui qui hantait les ténèbres »

L’adaptation de Gou Tanabe transpose la nouvelle de 1935 de Howard Phillips Lovecraft en manga. Cette cinquième adaptation du maître de l’horreur cosmique excelle par son exploration progressive de la descente psychologique : de l’intrigue initiale jusqu’à l’invocation involontaire du Necronomicon, chaque planches intensifie le climat d’angoisse existentielle central aux thèmes de Howard Phillips Lovecraft.

Le style graphique de Gou Tanabe est l’atout majeur de ce volume. Son approche monochrome et son accumulation méticuleuse de textures créent une densité visuelle qui transcende l’indicible prose de Howard Phillips Lovecraft. Chaque détail architectural, contreforts effondrés, fenêtres gothiques béantes, hiéroglyphes inquiétants, renforce la crédibilité de l’impossible, préalable à la transmission émotionnelle de la terreur.

extrait  bd Les chefs d œuvre de Lovecraft - Celui qui hantait les ténèbres

L’accompagnement de Dagon (novembre 1919) complète brillamment ce recueil. En effet, cet album propose deux histoires distinctes : Dagon  et Celui qui hantait les ténèbres. Cette double sélection intéresse particulièrement les amateurs de Lovecraft.

Un sac de bille

Bande dessinée publiée en 1989 aux éditions Bayard.


D’après le roman de Joseph Joffo publié en octobre 1973.

Maurice et Joseph sont frères.
Ils vivent à Paris et jouent dans les rues, tout comme leurs petits camarades.
Enfin presque… car dans une France en guerre, occupée par les Allemands, il n’est pas facile de porter l’étoile jaune, cette marque infamante qui permet de distinguer les juifs de tous les autres.
Sur les conseils de leur père et avec une musette pour tout bagage, les deux gamins partent retrouver leurs frères Henri et Albert qui vivent dans le sud de la France, en zone libre.
À maintes reprises, Maurice et Joseph évitent la catastrophe, mais ils tombent dans un piège tendu par les nazis…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes »

Publiée en 1989 chez Bayard dans la collection Okapi, cette adaptation en bande dessinée du récit autobiographique de Joseph Joffo (paru en 1973) transpose avec justesse l’odyssée de deux jeunes frères juifs fuyant l’Occupation nazie.
Le scénario d’Alain Bouton et les dessins de Marc Malès offrent une relecture accessible du témoignage bouleversant de Joseph et Maurice Joffo, contraints de quitter Paris en 1941 pour rejoindre la zone libre.

L’adaptation se révèle fidèle à l’œuvre originale, capturant l’essentiel du parcours initiatique de ces deux enfants face aux périls de la guerre. Alain Bouton parvient à condenser en 47 pages les moments-clés du récit : le port obligatoire de l’étoile jaune, les brimades à l’école, la décision déchirante des parents d’envoyer leurs cadets vers le Sud, et les multiples dangers du voyage. Le rythme demeure soutenu sans paraître précipité, permettant aux personnages de conserver leur attachante humanité.

extrait bd Un sac de billes

​Le travail graphique de Marc Malès constitue un atout de cette BD. Formé à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Marc Malès déploie un trait expressif et soigné qui donne vie aux protagonistes. Son dessin excelle dans la représentation des émotions et des tensions. Sa mise en couleur contribue à recréer l’atmosphère oppressante des années 1940 tout en préservant une certaine douceur adaptée au jeune lectorat visé.

Cette bande dessinée est une passerelle mémorielle, permettant aux nouvelles générations d’appréhender les persécutions antisémites à travers le regard innocent d’enfants. Elle traite avec intelligence et justesse des sujets graves sans verser dans le traumatisme visuel, privilégiant la suggestion à la violence explicite.
Œuvre pédagogique autant qu’artistique, elle est un témoignage essentiel sur la Shoah.