Catégorie : Litterature en BD

Don Quichotte (Davis) – Livre I

Album publié en 2015 aux éditions Warum.


Adapté de l’œuvre de Miguel de Cervantes parue en 1605.

couverture bd Don Quichotte (Davis) - Livre I

Il ne sera pas dit que l’âge d’or des chevaliers errants soit révolu.

Car voici que, sorti des livres de chevalerie qu’il collectionne, se dresse un fier hildalgo, plus tout jeune mais plein de vaillance, parti sur les routes pour rendre la justice, libérer les princesses et affronter mécréants, monstres, géants et nécromanciens.

Cet homme, c’est Don Quichotte, secondé par son voisin et désormais fidèle écuyer, Sancho Panza. Qimporte s’il est seul à voir l’adversité là où elle ne se trouve pas, Don Qichotte fera triompher l’aventure et l’imagination, au risque de prendre quelques coups au passage.

Face aux travers du monde moderne, Don Quichotte apporte un idéal d’humanité, plein d’amour, de rêve et de rire.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Don Quichotte (Davis) – Livre I »

Dans l’océan des adaptations graphiques, l’œuvre de Rob Davis, « Don Quichotte – Livre I« , se dresse comme un phare de fidélité créative. Elle n’est pas une simple réimpression des aventures du chevalier à la triste figure, mais une réinvention audacieuse qui s’empare du texte de Cervantès avec une main de maître et le fait résonner dans le médium de la bande dessinée avec une éloquence graphique saisissante.

Davis, tel un enchanteur moderne, donne vie à l’essence de l’ingénieux hidalgo avec un trait dynamique qui semble danser au rythme des phrases séculaires de Cervantès. Sa palette de couleurs flamboyantes ne se contente pas d’habiller le récit, mais participe activement à la narration, en soulignant le comique, en amplifiant l’émotion et en rendant palpable la mélancolie de notre errant chevalier.

Ce n’est pas seulement une adaptation; c’est une expansion de l’univers de Don Quichotte. Davis se fait poète et peintre, apportant une dimension supplémentaire au récit. Son Don Quichotte, bien que fidèle à l’esprit de Cervantès, respire une contemporanéité qui rend la figure mythique d’autant plus tangible et relatable.

En somme, Rob Davis ne se contente pas de traduire Don Quichotte en images; il le réimagine pour nous, lecteurs du XXIe siècle, en préservant son âme chevaleresque et en lui insufflant un nouveau souffle visuel.

« Don Quichotte – Livre I » est donc à la fois un hommage et une renaissance, une œuvre qui prouve que la bande dessinée est un excellent support pour les adaptations littéraires.


Miroir de nos peines

Album « Miroir de nos peines » publié en 2023 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adaptation du roman de Pierre Lemaitre publié en 2020.

couverture Miroir de nos peines

Avril 1940. Louise, en état de choc suite au suicide d’un homme âgé sous ses yeux, se retrouve à courir nue dans Paris.

Tentant de comprendre ce fait divers dans lequel elle est impliquée, elle se laissera entrainer dans le passé de sa propre mère et se découvrira un demi-frère caché.

Sa route croisera au hasard les destins de Raoul, soldat déserteur emmené en prison, Fernand, un garde pénitencier et Désiré, mystérieux personnage aux nombreuses facettes.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Miroir de nos peines »

À travers les pages de « Miroir de nos peines« , Christian De Metter orchestre un ballet visuel où les clairs-obscurs ne sont pas que des jeux de lumière, mais des métaphores d’une France à l’agonie, tiraillée entre l’opacité de son avenir et les lueurs d’espoir qui s’étiolent.

Cette bande dessinée ne se contente pas de raconter une histoire, elle nous plonge dans l’atmosphère lourde et incertaine de la débâcle de 1940 avec une précision documentaire qui confère une véritable épaisseur historique à l’intrigue.

Le dessinateur, devenu pour l’occasion historien et conteur, excelle dans l’art de la sélection narrative. Aucun détail n’est superflu, chaque planche contribue à l’architecture d’un récit qui, bien que condensé, ne sacrifie rien de l’esprit du texte original de Lemaitre.

De Metter se fait l’écho graphique de la prose de l’auteur, transposant avec brio la densité émotionnelle et la complexité des personnages dans un langage où le trait est parole.

extrait Miroir de nos peines

De Metter ne nous offre pas simplement une adaptation, mais une réinterprétation visuelle puissante qui, tout en respectant la matérialité de l’œuvre littéraire, s’approprie ses thématiques pour les réinventer dans un médium où l’image n’est pas qu’un support, mais un langage à part entière.

Ce que le jour doit à la nuit

Album « Ce que le jour doit à la nuit » publié en 2023 aux éditions Philéas.


Résumé éditeur

Adaptation du roman de Yasmina Khadra publié en 2008.

couverture bd Ce que le jour doit à la nuit

Avec ses beaux yeux bleus et son physique avantageux, Younes, petit Algérien de dix ans, intègre une communauté de roumis, ces Français vivant en Algérie à la veille de l’insurrection.

Younes, un petit Algérien de dix ans, vit avec ses parents et sa sœur. Après l’incendie criminel de leur récolte, ils sont ruinés et doivent quitter leurs terres pour trouver du travail en ville à Oran.

Son père, ne pouvant subvenir à ses besoins, décide de confier son fils à son frère, pharmacien, marié à une Française.

Younes devient Jonas et intègre une communauté de roumis c’est-à-dire des Français vivant en Algérie, les futurs  » pieds-noirs « .

Avec ses beaux yeux bleus et son physique avantageux, Younes est vite accepté par sa nouvelle communauté aisée.

Au fil des années, il va découvrir son pays et apprendre à l’aimer, l’amitié entre quatre amis, de jeunes colons, et l’amour nommé Émilie. Mais il va aussi découvrir la misère des siens, la guerre et l’injustice.

À travers le destin de Younès, Yasmina Khadra retrace l’histoire de l’insurrection algérienne et les raisons du déracinement des français d’Algérie.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ce que le jour doit à la nuit »

« Ce que le jour doit à la nuit« , œuvre de Stella Lory d’après le roman poignant de Yasmina Khadra, émerge comme une perle rare qui capture avec délicatesse les nuances d’un récit algérien complexe et profond. Le passage de la prose au panneau illustré est souvent semé d’embûches, mais Lory, avec la collaboration artistique de Marion Duclos, navigue habilement entre fidélité et innovation.

Leur version dessinée de l’histoire de Younès/Jonas est un voyage émotionnel qui transcende les pages, où chaque trait de pinceau et chaque palette de couleurs semblent imprégnés d’une sensibilité particulière à l’âme algérienne, capturant l’essence de l’identité et du conflit. Duclos, avec ses planches aux teintes à la fois lumineuses et terreuses, offre un écho visuel à la prose lyrique de Khadra, bien que son trait parfois flottant puisse laisser les puristes du détail historique sur leur faim.

La contrainte de condensation, souvent malédiction des adaptations, est ici maniée avec une grâce qui frôle l’alchimie. En moins de 150 pages, Lory et Duclos parviennent à distiller la quintessence de l’œuvre originale, même si le spectre de l’amitié, pivot central du roman, semble par moments se dissiper comme une ombre dans la chaleur d’Oran.

« Ce que le jour doit à la nuit » en format bande dessinée s’offre comme un récit intime et universel, un pont entre les cultures, et un hommage à la résilience humaine face aux tiraillements de l’histoire.

Lory et Duclos rendent un vibrant hommage au chef-d’œuvre de Khadra. Leur interprétation graphique est une invitation à redécouvrir l’histoire à travers un prisme différent, offrant une expérience à la fois familière et rafraîchissante, un rappel que l’art, sous toutes ses formes, reste un vecteur puissant de mémoire et d’émotion.

Don Quichotte de la Manche

Album « Don Quichotte » publiée en 2023 aux éditions Daniel Maghen.


Adapté de l’œuvre de Miguel de Cervantes parue en 1605.

Don Quichotte passe entre les mains de Paul et Gaëtan Brizzi pour une adaptation somptueuse de ce classique de la littérature espagnole.

Paul et Gaëtan Brizzi reprennent le crayon et, après L’Enfer de Dante, s’attaquent à un autre très grand classique de la littérature espagnole, Don Quichotte.

L’Hidalgo de Miguel de Cervantes va passer sous les traits uniques des frères Brizzi pour une nouvelle adaptation spectaculaire !

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Don Quichotte de la Manche »

Dans un élan graphique où l’audace se mêle à l’irrévérence, Paul et Gaëtan Brizzi ont saisi l’épée de l’imaginaire pour donner vie à « Don Quichotte de la Manche » en une fresque où la couleur et le trait n’ont d’égal que l’ambition narrative.

La bande dessinée, ce médium si souvent cantonné à la légèreté, se trouve ici transcendée, portant les aspirations chevaleresques de l’Ingénieux Hidalgo à une hauteur rarement atteinte dans l’art séquentiel.

Le traitement de la quête chevaleresque, oscillant entre la noble folie et la satire sociale, s’épanouit sous la plume et le pinceau des frères Brizzi. Ils donnent corps à la dualité du rêve et de la raison, enveloppant le lecteur dans une épopée visuelle qui défie la linéarité du texte originel de Cervantes.

Loin de se contenter d’une simple adaptation, les Brizzi réinventent Don Quichotte. Ils ne se contentent pas de dépeindre la silhouette émaciée du chevalier errant, mais insufflent une vitalité nouvelle à l’iconographie de l’œuvre. Leurs dessins, qui tiennent autant de la caricature truculente que de la représentation fidèle, sont des fenêtres ouvertes sur un monde où la fantaisie n’a de cesse de contester la grisaille de la réalité.

C’est dans cet espace que se joue la tragi-comédie de l’existence, où l’amour, l’amitié et la loyauté sont autant de thématiques explorées avec une tendresse parfois mélancolique, parfois exubérante. Le format hors norme de cette bande dessinée n’est pas un simple choix esthétique, c’est une nécessité pour embrasser l’ampleur de la vision des Brizzi, où chaque page est un tableau, chaque séquence un poème.

« Don Quichotte de la Manche » par Paul et Gaëtan Brizzi n’est pas seulement une adaptation, c’est une réinterprétation, une célébration de l’esprit de Cervantes.

Les Brizzi, avec leur génie du dessin, ne nous offrent pas juste une bande dessinée ; ils nous invitent à chevaucher aux côtés de Don Quichotte, à la recherche de géants à terrasser, qui ne sont autres que nos propres illusions.

Don Quichotte dans la Manche

Album « Don Quichotte » publiée en 2004 aux éditions Vents d’Ouest (repris par Glénat).


Adapté de l’œuvre de Miguel de Cervantes parue en 1605.

couverture bd Don Quichotte dans la Manche

Dans un village de la Manche dont je ne veux me rappeler le nom, vivait un homme ayant choisi de quitter le monde du travail pour jouir du silence de sa demeure.

Un vieil héritage le lui avait permis. Malgré cela les trois quarts de ses revenus partaient dans son alimentation.

Le reste allait aux factures, au salaire de sa bonne et au fourrage de sa vieille carne. Il passait l’essentiel de son temps à la lecture…

Des lectures dites d’évasion, avec un goût prononcé pour les romans de chevalerie…

Il y consacra d’abord ses journées, puis ses nuits…

Dormir ne le concernait plus.

A force son cerveau s’étiolait. Les histoires d’enchantements, de tournois, de batailles, d’amours et de tourments finissaient par devenir réels…

Notre homme péta les plombs, si bien qu’un jour il eut une bien curieuse idée…

Il alla annoncer à sa vieille jument qu’il l’a rebaptisait Rossinante, qu’il se faisait chevalier errant, qu’il partait à l’aventure sauver des pucelles en détresse et affronter leurs geôliers. A lui les dangers, les victoires et la gloire éternelle ! Il venait de se choisir un nom : il s’appelle maintenant Don Quichotte.


Une savoureuse et hilarante relecture du texte de Cervantès à ne rater sous aucun prétexte.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Don Quichotte dans la Manche »

Dans la pléthore des réinventions de Don Quichotte, « Don Quichotte dans la Manche » de Denis Leroux et Stéphane Douay émerge comme une entreprise audacieuse, transplantant le chevalier errant dans le tissu de la modernité. Les auteurs y tissent avec un art jubilatoire un hommage qui se veut à la fois ludique et respectueux du texte cervantin.

En effet, la bande dessinée offre une relecture contemporaine, ancrant le mythe dans une réalité tangible et actuelle qui permet d’explorer avec délice les quiproquos entre un idéal chevaleresque anachronique et un monde prosaïque.

L’humour, pilier de cette œuvre, trouve sa voie dans le décalage entre l’archaïque et le moderne, une veine comique qui aurait toutefois pu être exploitée avec une verve plus tranchante. L’on aurait aimé que Douay et Leroux poussent le bouchon de la folie plus loin, flirtant avec l’absurde et l’irrévérence qui auraient pu conférer à leur création une dimension satirique plus marquée.

Graphiquement, le trait de Douay accompagne efficacement le scénario de Leroux, bien que l’on puisse parfois désirer une palette plus expressive pour capturer toute la fantaisie du récit.

« Don Quichotte dans la Manche » s’inscrit ainsi dans le canon des adaptations de l’œuvre de Cervantes, une addition respectueuse qui tout en amusant, nous rappelle la pérennité et la plasticité du rêve quichottesque.

Le Comte de Monte-Cristo – Tome 2

Album publié en 2024 aux Editions Delcourt


Adapté de l’œuvre d’Alexandre Dumas publié en 1844 pour la première fois.

couverture bd Le Comte de Monte-Cristo - Tome 2

Dans ce second et dernier tome de l’adaptation du célèbre roman de Dumas, le Comte de Monte-Cristo accomplit sa vengeance et dévoile les crimes des traîtres qui l’ont fait condamner. Le dénouement d’une œuvre culte.

Le Comte de Monte-Cristo est à Paris pour se venger de ceux qui l’ont accusé à tort et fait emprisonner.

Il multiplie les identités et élabore un plan complexe pour punir ceux qui l’ont trahi : il dévoile leurs crimes, les conduisant à l’humiliation, la folie, la ruine ou la mort. Mais sur le chemin de la vengeance, Edmond Dantès trouvera aussi celui de la rédemption.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Comte de Monte-Cristo – Tome 2 »

En revisitant le classique indémodable d’Alexandre Dumas, Patrick Mallet et son équipe artistique s’emparent d’une tâche colossale : transposer la complexité narrative du « Comte de Monte-Cristo » dans l’économie visuelle de la bande dessinée.

Le défi n’est pas mince ; il s’agit de capturer l’esprit de la vengeance méthodique d’Edmond Dantès, tout en rendant hommage à la richesse des personnages et à la profondeur psychologique de l’œuvre originale.

Le second tome, tout en poursuivant la trajectoire implacable de la vengeance de Dantès, ne fait pas l’erreur de se précipiter vers sa conclusion. Plutôt, il prend le temps de s’imprégner des nuances de chaque revanche, donnant à la rédemption finale une résonance bien méritée. Les illustrations de Bruno Loth, avec les couleurs de Corentin Loth, ne sont pas qu’un simple accompagnement mais s’élèvent au rang de narrateurs, déployant devant nos yeux le Paris du XIXe siècle avec une authenticité qui confine à la magie du temps retrouvé.

Ce n’est pas seulement l’histoire qui est rendue avec brio, mais aussi l’essence même des personnages. Dantès, avec ses multiples visages, est un tourbillon de douleur et de calcul, mais aussi, inattendu, un vecteur de grâce. Les antagonistes ne sont pas de simples caricatures de méchants mais des figures tragiques, enfermées dans les conséquences de leurs actions passées.

Le « Comte de Monte-Cristo – Tome 2 » de Mallet est donc bien plus qu’une adaptation ; c’est une réinterprétation qui honore son prédécesseur tout en revendiquant sa propre place dans la bibliothèque graphique.

Ceux qui cherchent dans la bande dessinée un équivalent du plaisir de lire un roman dense et riche trouveront ici leur compte.


La Guerre du feu – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Delcourt.


Adapté du roman J-H Rosny aîné publié en 1909.

Par le pays des eaux.

couverture bd La Guerre du feu - Tome 3

Naoh, Naw et Gaw ont réussi à garder le feu et se sont assuré l’alliance des mammouths, mais l’accalmie n’est que passagère.

Les vivres à disposition ne cessent de diminuer et de nouveaux ennemis se présentent à eux… les nains rouges !

Dernier tome de l’adaptation du chef-d’oeuvre de J.-H. Rosny aîné.

Un hymne à la préhistoire réalisé par un spécialiste, Emmanuel Roudier, l’auteur de Neandertal.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre du feu – Tome 3 »


Le troisième et dernier volet de « La Guerre du feu« , sous la plume et le pinceau d’Emmanuel Roudier, clôt avec panache cette odyssée préhistorique qui a su captiver son lectorat depuis le premier tome. Roudier, en véritable érudit de la préhistoire, nous offre une fresque saisissante où le moindre détail semble invoquer l’esprit des temps anciens avec une précision anthropologique.

Dans ce tome, nos protagonistes, Naoh, Naw et Gaw, continuent de défendre leur précieuse découverte — le feu. Ce n’est pas seulement une lutte pour la survie contre les éléments naturels, mais aussi une quête qui les confronte à l’émergence de nouveaux adversaires, les intrigants nains rouges, qui ajoutent une tension palpable à l’intrigue. Cette tension est le moteur d’une narration qui ne faiblit jamais, entretenant une cadence qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

La qualité de l’adaptation du roman de J.-H. Rosny aîné est incontestable, Roudier ayant su capturer l’essence du récit tout en y apposant sa marque visuelle distinctive. Le soin apporté aux illustrations renforce l’immersion, chaque coup de crayon servant à évoquer une époque révolue avec une fidélité qui frôle le cinématographique.

La dynamique entre les personnages est rendue avec une justesse qui transcende les âges, nous rappelant que les émotions et les liens sociaux sont intemporels.

C’est avec un sentiment de nostalgie que l’on referme ce dernier chapitre, conscient d’avoir été témoin d’une saga qui, bien qu’ancrée dans les méandres de la préhistoire, est empreinte d’une universalité émotionnelle et d’une résonance contemporaine.

« La Guerre du feu – tome 3 » est donc une réussite qui confirme Emmanuel Roudier comme un conteur d’exception et un artiste au sommet de son art.

La Guerre du feu – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2013 aux éditions Delcourt.


Adapté du roman J-H Rosny aîné publié en 1909.

Sur les rives du grand fleuve.

couverture bd La Guerre du feu - Tome 2

Naoh, aidé de Nam et Gaw, a retrouvé la piste du feu : il est gardé par la terrifiante tribu des Kzamms, les dévoreurs d’homme.

Pour dérober le feu et échapper à la férocité de leurs ennemis, ils ne pourront se contenter de leur ruse ou de leur force.

Il leur faudra nouer une alliance extraordinaire, impensable : une alliance avec les mammouths, maîtres incontestés de la Terre en ces temps reculés.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre du feu – Tome 2 »

« La guerre du feu – tome 2 » d’Emmanuel Roudier se distingue comme une œuvre remarquable qui transcende la simple adaptation pour devenir un récit palpitant et visuellement captivant. Roudier, déjà reconnu pour son talent à évoquer la préhistoire avec une fidélité et une imagination saisissante, confirme son expertise dans ce deuxième opus.

Le dessinateur-scénariste parvient à injecter dans ses planches une vitalité qui fait écho à la grandeur épique du roman de J.-H. Rosny aîné, tout en y ajoutant sa propre empreinte artistique. Les illustrations, d’une richesse graphique éloquente, confèrent au récit une dimension immersive qui transporte le lecteur à l’époque des cavernes, parmi les tribus et les mastodontes de la Terre ancienne.

Le récit, loin de se cantonner à une lutte pour la survie, explore des thèmes universels tels que l’alliance, l’ingéniosité, et l’adaptation face à l’adversité. La quête du feu devient ainsi une métaphore de la quête de l’humanité pour la connaissance et la maîtrise de son environnement. L’album se dresse donc non seulement comme une aventure préhistorique mais aussi comme une réflexion sur les fondements même de notre civilisation.

Avec ce tome, Roudier ne se contente pas de dérouler un scénario captivant ; il invite également à une réflexion sur la complexité des relations entre les espèces et l’environnement, ici illustrée par l’alliance stratégique avec les mammouths. C’est un choix narratif audacieux qui enrichit la dynamique de l’intrigue et reflète la profondeur de la recherche de l’auteur sur le sujet.

« La guerre du feu – tome 2 » est une réussite qui confirme la position d’Emmanuel Roudier comme un maître conteur de l’histoire de l’humanité. Par son graphisme expressif et son scénario ingénieux, il apporte une contribution significative à la bande dessinée historique et offre une expérience de lecture à la fois éducative et divertissante.

La Guerre du feu – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Delcourt.


Adapté du roman J-H Rosny aîné publié le 15 juillet 1909.

Dans la nuit des âges.

couverture bd La Guerre du feu - Tome 1

Fous de terreur et de désespoir, les Oulhamrs fuient dans les ténèbres de la nuit : le feu est mort, détruit par les ennemis de la horde.

Pour la survie de la tribu et l’amour de la belle Gammla, Naoh, le fils du Léopard, se voue à reconquérir le feu.

Une grande quête débute, au coeur d’un univers de titans, où les aurochs et les mammouths, les ours et les lions géants sont les maîtres de la Terre.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre du feu – Tome 1 »


Dans « La guerre du feu – tome 1« , Emmanuel Roudier convoque l’esprit de nos ancêtres dans une fresque préhistorique de toute beauté, où la lutte pour l’élément primordial – le feu – s’érige en épopée fondamentale. À travers ses planches, Roudier ne se contente pas de dessiner ; il sculpte un récit dans la roche même de notre mémoire collective.

Le tracé est sûr, les couleurs terriennes – on perçoit presque l’odeur de la suie et le crépitement des flammes sous les doigts de l’artiste. Les dessins, d’une précision remarquable, ne sont pas de simples illustrations, mais de véritables fenêtres ouvertes sur une ère révolue, donnant à voir et à ressentir la rudesse et la majesté d’un monde où la nature régnait en maître incontesté.

L’intrigue, loin de se limiter à une simple quête, brosse le portrait d’une humanité aux prises avec ses mythes fondateurs. Elle allie la grandeur d’une épopée à la proximité émotionnelle d’une histoire d’amour et de tendresse, qui vient tempérer la brutalité d’un monde sans pitié. Naoh, le fils du Léopard, n’est pas qu’un héros de légende ; c’est le reflet de notre humanité dans ses contradictions les plus profondes, entre sauvagerie et douceur, survie et sacrifice.

La perte du feu par la tribu des Oulhamr est une métaphore puissante de notre propre vulnérabilité. Le désespoir qui s’ensuit, la lutte pour la reconquête de la flamme, fait écho à nos peurs les plus primaires. Roudier, en véritable conteur, nous rappelle que la flamme de la civilisation est fragile et que la barbarie n’est jamais qu’à un souffle de nous.

« La guerre du feu » n’est pas qu’une bande dessinée ; c’est un poème visuel, une ode à la survie et à la complexité de l’âme humaine. Chaque case est un battement de cœur, chaque page un souffle de vie.

Emmanuel Roudier signe ici une œuvre qui, à n’en pas douter, marquera de son empreinte la bande dessinée historique.

Sansévérino est Papillon

Bande dessinée publiée en 2016 aux éditions La boite à Bulles.


Adapté du roman de Henri Charrière publiée en main 1969.

Dans ce livre-disque, Sanseverino incarne le célèbre bagnard Henri Charrière et chante ses aventures au son de sa guitare, accompagné par le dessin fringant de Sylvain Dorange.

Henri Charrière a vingt-cinq ans et on l’appelle Papillon. Un surnom qui trouve son origine dans le tatouage qui orne sa poitrine.

Ce Don Juan du Montmartre des années 30 se retrouve accusé à tort d’un meurtre et prend «perpet’». Il troque alors son costume trois pièces contre celui des travaux forcés. Mais bien vite, Papillon enfile la tenue qui lui vaudra sa réputation : celle de l’évadé.

Un album à lire ET à écouter où musique et dessins dialoguent et se répondent pour nous faire découvrir la vie mouvementée d’Henri Charrière !

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Sansévérino est Papillon »

Dans « Sansévérino est Papillon« , Sylvain Dorange orchestre une symphonie visuelle et sonore qui transcende le genre de la bande dessinée. La figure de Papillon, incarnée par le chanteur Sanseverino, est traitée avec une fidélité scrupuleuse et une inventivité qui honorent la mémoire d’Henri Charrière. Le récit, bien qu’ancré dans une réalité brutale de l’univers carcéral, est étonnamment empreint d’une joie de vivre, une célébration de la résilience humaine face à l’adversité.

L’illustration de Dorange est une véritable révélation, la palette de couleurs pastel adoucit les contours de la tragédie sans en diminuer l’impact. Chaque visage est capturé avec une intensité qui nous invite à plonger dans l’âme des personnages, tandis que les textes de chansons introduits par Sanseverino ajoutent une dimension poétique et narrative.

Ce livre-CD est un hommage non seulement à Papillon, mais aussi à l’art de la narration mixte. Dorange et Sanseverino forment un duo harmonieux, dont le produit final est une œuvre qui défie les conventions, une expérience immersive où l’image et le son se répondent pour créer une atmosphère à la fois nostalgique et vivifiante.

C’est une aventure qui se lit et s’écoute, se savoure comme un voyage à travers le temps et l’humanité.