Catégorie : Litterature en BD

L’Homme qui corrompit Hadleyburg

Bande dessinée publiée en 2022 aux éditions La boite à Bulles.


Adapté de l’œuvre de Mark Twain parue en décembre 1899.

La ville la plus honnête d’Amérique mise à l’épreuve de la tentation… Une adaptation réussie de la célèbre nouvelle de Mark Twain.

couverture bd L Homme qui corrompit Hadleyburg

Hadleyburg, ville dont la réputation est d’être la plus intègre d’Amérique, reçoit un jour la visite d’un homme mystérieux. Ce dernier est venu pour laver l’offense qui lui a, jadis, été faite par ses habitants : trop imbus d’eux-mêmes, ils en avaient oublié les règles de base de l’hospitalité.
Cet étranger a décidé de porter le fer là où cela leur ferait le plus mal : en faisant voler en éclat leur réputation de probité…

Prétendant venir récompenser la personne qui lui porta secours quand il était sans le sou, l’inconnu confie à un des plus honorables habitants une lettre ainsi qu’un sac contenant 40 000 dollars ainsi qu’une enveloppe à ne pas ouvrir.

La lettre précise que l’argent est à remettre à ce fameux bienfaiteur dont le nom n’est pas mentionné. Celui-ci se fera connaître en révélant la phrase qu’il avait dite à l’époque à l’indigent et consignée dans l’enveloppe scellée.

L’argent et l’enveloppe sont remis au révérend de la ville. Ce dernier est missionné pour découvrir l’identité du bienfaiteur et la garder secrète jusqu’à la cérémonie durant laquelle elle sera révélée.

Mais Hadleyburg est-elle aussi intègre qu’elle le prétend ? Petit à petit, parviennent au révérend des lettres de ses plus vénérables habitants assurant tous avoir aidé l’inconnu et prononcé la fameuse formule…

En proposant cette réécriture du mythe de la tentation, Mark Twain mettait en scène l’hypocrisie du christianisme américain, à travers les habitants d’une ville respectable qui, peu à peu, révèlent leur véritable nature…

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui corrompit Hadleyburg »

L’adaptation de l’œuvre de Mark Twain par Wander Antunes De Souza s’avère être une entreprise aussi audacieuse qu’habile, cristallisant avec une précision thématique la satire mordante de l’original.

L’histoire, qui explore les thèmes de l’orgueil et de la cupidité, est incarnée dans une fable morale où la tentation est le fil conducteur vers la révélation de la véritable nature humaine.

Le travail d’Antunes est loué pour sa capacité à retranscrire l’Amérique des années 1870-1880 avec des illustrations de qualité. Cette dichotomie entre le style et le contenu est symptomatique des défis inhérents à l’adaptation d’une prose aussi riche que celle de Twain en une forme visuelle.

Cependant, le dessinateur réussit à apporter sa propre interprétation tout en restant fidèle à l’esprit critique de l’auteur original, notamment dans sa dénonciation de l’hypocrisie sociale et religieuse.

En somme, Antunes ne se contente pas de traduire Twain en images ; il offre un miroir où se reflètent les vices intemporels de notre société. C’est une œuvre qui interpelle, autant qu’elle repousse, invitant à une introspection sur l’authenticité de nos vertus.

« L’Homme qui corrompit Hadleyburg » est donc une bande dessinée qui, tout en suscitant un débat sur la fidélité graphique, réussit brillamment à perpétuer la pertinence de l’introspection morale de Twain à travers les âges.

Codine

Bande dessinée « Codine » publiée en 2018 aux éditions La boite à Bulles.


Adapté de l’œuvre du « Gorki des Balkans » (Panaït Istrati), un hymne à l’amitié émouvant et superbement mis en images. Publié en 1926.

couverture bd Codine

Au début du 20e siècle, le petit Adrien Zograffi, huit ans, vient vivre avec sa mère, blanchisseuse, dans le quartier le plus déshérité de Braïla, sur les bords du Danube, en Roumanie.

Il fait la connaissance de son voisin Codine, un géant révolté, ancien bagnard, emprisonné dix ans pour avoir tué son meilleur ami. Devenus amis, ils iront jusqu’à échanger leur sang et se promettre de se protéger l’un l’autre.

Une magnifique fable sociale, adaptée du roman de Panait Istrati, écrivain roumain francophone, voyageur humaniste, défenseur de la liberté.

Un véritable hymne à l’amitié émouvant et touchant.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Codine »


« Codine » de Jacques Baujard est une œuvre qui mérite une attention particulière, non seulement pour sa fidélité à l’esprit du roman original de Panaït Istrati mais aussi pour sa capacité à transcender le médium de la bande dessinée pour toucher à l’universel.

D’une main de maître, Baujard, appuyé par les pinceaux expressifs de Simon Géliot, nous convie à un voyage rétrograde dans une Roumanie du début du XXe siècle, où les strates sociales se dessinent avec une acuité poignante. La relation entre Adrien, enfant à la santé ébranlée, et Codine, colosse échappé des chaînes de la justice, devient le prisme à travers lequel se révèlent les contradictions et les complexités de l’âme humaine.

Le scénario de Baujard est une merveille de construction. Il n’est pas seulement question d’une amitié, mais d’une communion d’esprits que tout oppose en apparence. L’innocence se heurte à la brutalité, la fragilité à la force, et pourtant, c’est une mélodie harmonieuse qui se dégage de leurs interactions. C’est un récit qui célèbre la résilience de l’esprit humain et la rédemption qui se trouve souvent dans les liens improbables.

Les illustrations de Géliot sont, à cet égard, d’une importance capitale. Son trait capte l’essence des personnages, leur humanité et leur environnement avec une précision qui frôle le cinématographique. Chaque planche est un tableau qui raconte sa propre histoire, un fragment d’une époque révolue qui continue de résonner avec notre présent.

extrait bd Codine

« Codine » est une œuvre qui refuse de se laisser enfermer dans une catégorie. C’est une bande dessinée, certes, mais c’est aussi un morceau d’histoire, une réflexion philosophique sur l’amitié, et un hommage à la capacité de l’art de dépeindre la complexité du cœur humain.

Baujard et Géliot nous offrent un miroir du passé qui reflète notre propre image, invitent à une introspection aussi douloureuse que nécessaire, et, par-dessus tout, rappellent la puissance de la littérature et de l’art graphique quand ils s’unissent pour raconter une histoire.

Honore de Balzac- Les nouvelles en BD

Album « Honoré de Balzac- Les nouvelles en BD » publié en 2008 aux éditions Petit à Petit.


Résumé éditeur

Cette bande dessinée est tirée des nouvelles suivantes de Balzac :
El Verdugo publiée en 1830,
Adieu publiée en 1830,
La bourse publiée en 1832,
Madame Firmiani publiée en 1832,
Le réquisitionnaire publiée en 1831,
Une passion dans le désert publiée en 1830,
Un épisode sous la terreur publiée en 1842,
Pierre Grassou publiée en 1840.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Honoré de Balzac- Les nouvelles en BD »


Dans cet hommage à Honoré de Balzac, Kevin Henry réussit brillamment à condenser la quintessence des nouvelles de l’auteur dans un format bande dessinée. Les récits, choisis avec discernement, reflètent le génie de Balzac par leur style nerveux et leur rythme entraînant, propre à l’écrivain.

La transposition graphique enrichit l’expérience de lecture, apportant une nouvelle dimension à ces classiques de la littérature.

Ce recueil est une célébration du talent de Balzac, offrant aux aficionados comme aux novices une porte d’entrée visuelle et dynamique dans son univers littéraire.

Une réussite qui marie avec finesse le dessin et le verbe, capturant l’essence balzacienne.


Histoires de Bretagne – T08 La Légende de la mort – Partie 3

Album paru en 2012 aux éditions Soleil.


couverture bd La Legende de la mort - Partie 3

Anatole Le Braz (1859-1926) reste sans doute, de tous les écrivains bretons sans exception, celui qui a le plus intimement pénétré tous les secrets de l’âme bretonne.

Une multitude de témoignages, de confidences et de récits recueillis en Armor et en Argoat.

C’est un fidèle miroir de la sensibilité des Bretons qui se reconnaissent toujours dans La Légende de la Mort, et ne sont pas terrorisés par l’ombre de l’Ankou (la représentation de la mort) sur le peuple des Anaon (âmes) et pour qui les Kannerezed Noz (lavandières de la nuit) ont gardé leur pouvoir enchanteur. »

Les Contes de Bretagne en bande dessinée. D’après Anatole le Braz.

La Fille à la robe rouge (1893)
Le Laboureur et la Ménagère (1900)
La Bague du capitaine (1909)

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Légende de la mort – Partie 3 »

« Histoires de Bretagne – T08 La Légende de la mort – Partie 3« , par Christophe Babonneau, est le dernier né d’une série qui s’attache à revisiter le riche folklore breton. Ce tome explore des récits tels que « La Fille à la robe rouge », « Le Laboureur et la Ménagère », et « La Bague du capitaine », poursuivant la tradition des tomes précédents dans la retranscription graphique des contes d’Anatole Le Braz.

La série dans son ensemble s’est établie comme un pont culturel important, reliant les légendes ancestrales bretonnes au public contemporain. Babonneau, à travers son travail, ne se contente pas de narrer ; il peint, il inspire, il évoque.

Les dessins de Christophe Babonneau se distinguent par leur capacité à capturer l’essence du folklore breton avec une sensibilité artistique remarquable. Ses illustrations, souvent décrites comme immersives et expressives, jouent un rôle crucial dans la narration, rehaussant les contes d’Anatole Le Braz avec un style visuel qui mêle tradition et modernité

Son art va au-delà de la simple illustration, il s’agit d’une réinterprétation, offrant ainsi une nouvelle vie à des histoires traditionnelles, et invitant les lecteurs à plonger dans un monde où le mythe et la réalité s’entremêlent de manière envoûtante.



Lieux visités par la bd en Bretagne

Histoires de Bretagne – T07 La Légende de la mort – Partie 2

Album paru en 2012 aux éditions Soleil.


Anatole Le Braz (1859-1926) reste sans doute, de tous les écrivains bretons sans exception, celui qui a le plus intimement pénétré tous les secrets de l’âme bretonne.

Une multitude de témoignages, de confidences et de récits recueillis en Armor et en Argoat.

C’est un fidèle miroir de la sensibilité des Bretons qui se reconnaissent toujours dans La Légende de la Mort, et ne sont pas terrorisés par l’ombre de l’Ankou (la représentation de la mort) sur le peuple des Anaon (âmes) et pour qui les Kannerezed Noz (lavandières de la nuit) ont gardé leur pouvoir enchanteur. »

Les Contes de Bretagne en bande dessinée. D’après Anatole le Braz.

Le Pendu.(1893)
La Coiffe de la morte.(1893)
La Mère morte.(1893)

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Légende de la mort – Partie 2 »

Christophe Babonneau nous livre avec « Histoires de Bretagne – T07 La Légende de la mort – Partie 2« , une suite captivante qui plonge le lecteur au cœur du folklore breton.

Cet opus, illustrant de nouvelles facettes des contes d’Anatole Le Braz, continue de personnifier la mort, tantôt messagère de malheur, tantôt annonciatrice d’espoir.

On ne peut que célébrer le talent artistique de Babonneau, dont les planches redessinent les légendes avec une telle vivacité qu’elles semblent s’animer sous nos yeux.

extrait La Légende de la mort - Partie 2

La série demeure une fenêtre ouverte sur un monde où le fantastique breton s’immisce dans le quotidien, bouleversant la vie des personnages.

Un véritable régal visuel qui confirme que la beauté des légendes bretonnes reste intemporelle.



Lieux visités par la bd en Bretagne

Histoires de Bretagne – T06 La Légende de la mort – Partie 1

Album paru en 2012 aux éditions Soleil.


couverture bd bd La Légende de la mort - Partie 1

Les Contes de Bretagne en bande dessinée. D’après Anatole le Braz.

Histoire de Marie-Job Kerguennou (publié en 1897)


Le Linceul de Marie-Jeanne.(publié en 1892)


Celle qui passa la nuit dans un charnier.(publié en 1893)

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Légende de la mort – Partie 1 »

« Histoires de Bretagne – T06 La Légende de la mort – Partie 1 » de Christophe Babonneau est une œuvre qui se distingue par son hommage respectueux aux traditions folkloriques de la Bretagne, tout en les rendant accessibles au lecteur moderne.

Chaque récit, ancré dans les paysages emblématiques des Côtes d’Armor, est une fenêtre ouverte sur un passé où les légendes ne sont pas de simples histoires mais des fragments d’une réalité vécue.

Les illustrations sont plus qu’un simple écrin pour les textes d’Anatole Le Braz : elles en sont le souffle vital, réveillant les légendes pour les murmurer de nouveau à l’oreille d’un public contemporain.

Babonneau ne se contente pas de narrer ; il peint et évoque, faisant de cette bande dessinée un petit bijou de la littérature graphique bretonne.



Lieux visités par la bd en Bretagne

Helgvor du fleuve bleu

Bande dessinée publiée en 2016 aux éditions Regards (association).


Adapté du roman J-H Rosny aîné publié en 1929.

L’histoire se déroule autour de Glâva, une jeune femme de la tribu Tzoh, vivant au pied d’un volcan.

Elle est initialement destinée à Kzahm, un guerrier brutal, mais décide de fuir avec Amhao et l’enfant de cette dernière pour échapper à un mariage forcé et pour empêcher sa sœur d’être sacrifiée aux esprits de la montagne​​.

Glâva et Amhao s’aventurent dans la forêt la nuit et ne sont pas poursuivies immédiatement en raison d’un tremblement de terre qui décime une grande partie de leur tribu, les Tsoh​​.

Dans cette aventure, elles apprennent à se défendre, à chasser et à survivre seules. Leur périple est compliqué par le fait que le volcan a englouti la majorité de la tribu des Tsoh, qui se retrouve contrainte de kidnapper les femmes du clan Ougmar du Fleuve Bleu​​.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Helgvor du fleuve bleu »

La bande dessinée n’a pas encore été lue.

Don Quichotte en BD

Album « Don Quichotte » publiée en 2022 aux éditions Glénat.


Adapté de l’œuvre de Miguel de Cervantes parue en 1605.

Découvrez le chef-d’œuvre de Cervantes en BD !

Passionné de lecture de romans de chevalerie, l’hidalgo Don Quichotte se croit chevalier errant et part chercher sa Dulcinée, sur sa monture Rossinante, équipé d’un casque en carton.

Prenant une auberge pour un château et les prostituées qui y sont pour des châtelaines, il tue deux muletiers dans un combat qu’il croit héroïque.

Il est rejoint par Sancho Panza, écuyer fidèle, dont la principale préoccupation est la nourriture.

Leurs aventures improbables conduisent les deux compères à travers l’Espagne…


couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Don Quichotte »

L’adaptation en bande dessinée de « Don Quichotte » par Philippe Chanoinat et Jean-Blaise Djian mérite une attention particulière. Elle s’inscrit dans une démarche ambitieuse : transposer l’immense richesse d’un classique de la littérature dans un médium visuel.

Les scénaristes ont opté pour une fidélité linguistique remarquable, conservant la complexité du langage de l’époque de Cervantès, ce qui est à la fois un hommage et un défi pour le lecteur moderne. Cependant, cette fidélité peut aussi être une entrave, rendant l’œuvre moins accessible, surtout pour un public non averti.

Les illustrations de David Pellet présentent un style qui oscille entre l’humoristique et le détaillé, avec des couleurs vives qui attirent l’œil mais dont la qualité peut parfois être inégale. Le format bande dessinée impose des contraintes de synthèse, et ici, on peut regretter l’absence de célèbres épisodes, soulignant ainsi les limites d’une adaptation condensée d’un texte aussi riche.

Cette BD peut servir de première porte d’entrée vers l’univers de Don Quichotte, mais elle devrait être considérée comme un complément plutôt qu’un substitut au roman original. Elle réussit à capturer l’essence de la folie chevaleresque du protagoniste et la parodie des récits de chevalerie.

Tom Sawyer

Bande dessinée « Tom Sawyer » publiée en 2019 aux éditions Glénat.


Adapté de l’œuvre de Mark Twain parue le 9 juin 1876.

Une ode à l’enfance et à l’aventure.

couverture bd Tom Sawyer

Largement inspiré de la propre enfance de l’auteur, Les Aventures de Tom Sawyer (1876) relate les espièglerie du jeune Tom et de son ami Huckleberry Finn dans une petite communauté rurale du Missouri située sur les rives du Mississippi.

Ce roman connaîtra un succès commercial considérable, assurant à Mark Twain une renommée internationale laquelle sera confortée 8 ans plus tard avec la parution des Aventures de Huckleberry Finn (1884).

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tom Sawyer »

L’adaptation graphique des « Aventures de Tom Sawyer » par Caterina Mognato mérite une attention particulière. Puisant dans le puits intemporel de l’œuvre classique de Mark Twain, Mognato, avec l’appui artistique de Danilo Loizedda, navigue adroitement dans les eaux de la nostalgie enfantine et de la fraternité aventureuse.

Le défi de transposer l’esprit d’un roman aussi emblématique que celui de Twain en une série d’images est loin d’être trivial.

La mise en image d’un tel récit requiert non seulement une compréhension profonde des personnages et de l’atmosphère, mais aussi une capacité à traduire le rythme et le ton de l’aventure en séquences visuelles qui captivent et maintiennent le lecteur en haleine. Le duo Mognato-Loizedda semble avoir été à la hauteur de cette tâche, en immortalisant les espiègleries de Tom et les échappées de Huck avec une vivacité qui fait écho à la prose de Twain.

Cette bande dessinée se présente non seulement comme un hommage respectueux mais aussi comme une porte d’entrée vers l’univers de Twain pour le public moderne. Elle conserve la joie et l’innocence d’une époque révolue, tout en offrant une expérience visuelle riche et contemporaine.

C’est une œuvre, un classique du 19 -ème siècle, mérite d’être découverte, que l’on soit un jeune lecteur avide d’aventures ou un adulte cherchant à se replonger dans les souvenirs de sa propre enfance.

Le Chevalier double

Album « Le Chevalier double » publié en 2014 aux éditions La boite à Bulles


Une adaptation du conte fantastique de Théophile Gautier (paru en juillet 1840), à la fois très personnelle et respectueuse du texte initial.

Edwige, la délicate blonde, devrait être aux anges, enfin enceinte de son vieux comte… Pourtant, elle se morfond dans la mélancolie depuis le passage d’un bohémien, fort charmeur.
Son fils, au sombre regard et à la peau blanche et vermeille ferait la joie de ses parents si son thème astral ne contenait deux étoiles, une verte et une rouge, opposées, qui l’influencent en alternance. Le mire déclare qu’il sera très heureux ou très malheureux, voire les deux à la fois.
De fait, un moment charmant, l’autre presque démoniaque, il fait la fierté de son père qui voit en lui un fier guerrier. Puis sa mère s’éteint, emmenant avec elle son lourd secret… A 20 ans, le jeune homme reprend le titre de comte de son défunt père et ravage les cœurs féminins sans réussir à s’investir dans la moindre relation.
Mais le jeune homme pense avoir trouvé en la personne de la comtesse Brenda, celle qui pourra lui faire connaître l’amour. S’il se débarrasse de son démon…

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Chevalier double »


« Le Chevalier double » se distingue par un esthétisme à la fois raffiné et novateur. Sous le pseudonyme Modrimane, Maud Riemann rehausse le conte intemporel de Théophile Gautier d’une vibrante nouvelle vie, tissant une toile visuelle où la couleur n’est pas simplement un fond, mais une voix narrative à part entière.

Le génie de Modrimane réside dans sa capacité à capturer l’essence dualiste du conte : un combat incessant entre la lumière et l’ombre, l’ange et le démon, le joie et la tristesse. Chaque page de ce récit graphique est une mosaïque de sentiments, où le lecteur est invité à naviguer entre les émotions contradictoires du protagoniste, un homme écartelé entre sa liberté sauvage et son mystère profond.

Ce qui aurait pu n’être qu’une redite d’une fable médiévale se transforme entre les mains de Modrimane en un examen subtil des dilemmes moraux, un avertissement contre les tentations et les conséquences de l’infidélité. L’artiste transcende le didactisme pour atteindre une résonance universelle, faisant de ce conte une leçon de vie aussi pertinente aujourd’hui qu’elle l’était dans la France du XIXe siècle.

« Le Chevalier double » est un ouvrage qui ne se contente pas de satisfaire l’œil ; il interpelle l’esprit et émeut le cœur. À la fois un hommage et une réinvention, cette bande dessinée s’avère être un joyau à offrir ou à s’offrir, un éclat de beauté à préserver dans l’écrin de notre culture littéraire.