Catégorie : Litterature en BD

Les Fourmis

Album publié en 1994 aux Editions Albin Michel.


Adapté du roman de Bernard Werber publié en mars 1991.

couverture bd Les Fourmis


Bernard Werber et Patrice Serres, le grand romancier des fourmis et le maître du dessin d’aventure, nouveaux explorateurs de l’inconnu ?
Les Fourmis en bande dessinée, c’est tout un monde qui s’ouvre à nous : celui des infra-terrestres.
À travers les yeux de 103 683ᵉ, fourmi de la cité de Bel-O-Kan, découvrez ou redécouvrez le best-seller de Bernard Werber.
Un inoubliable voyage fantastique au-delà du réel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Fourmis »

L’Écho des Savanes et Albin Michel ont publié en 1994 une adaptation du roman culte de Bernard WerberLes Fourmis. Cette bande dessinée unique en son genre, scénarisée par l’auteur lui-même et mise en images par Patrice Serres, constitue une expérience singulière dans le paysage de la BD franco-belge.

Cette adaptation intervient trois ans après le succès international du roman (1991), qui avait déjà séduit des millions de lecteurs par son approche documentaire teintée de fiction. Bernard Werber transpose fidèlement l’univers de sa cité fourmilière Bel-o-Kan, en se concentrant exclusivement sur les aventures de 103 683ème, petite fourmi soldate, abandonnant délibérément l’intrigue parallèle humaine du roman. .

extrait bd les fourmis

Patrice Serres, dessinateur confirmé formé auprès de Frank Robbins et spécialiste reconnu de l’aéronautique (Tanguy et Laverdure), déploie ici un talent graphique remarquable. Son trait précis et documenté surpasse la difficulté technique majeure : rendre expressives et distinctes des fourmis anatomiquement similaires. La quadrichromie enrichit les décors souterrains, créant une profondeur visuelle qui immerge le lecteur dans les galeries labyrinthiques de la fourmilière.

L’artiste excelle dans la représentation du monde de l’infiniment petit, transformant chaque case en fenêtre ethnologique sur cette société organisée. Son approche documentaire, héritée de ses collaborations scientifiques, confère une crédibilité saisissante aux séquences de guerre entre colonies et aux rituels sociaux fourmiliers.

Les Fourmis est une réussite remarquable, tant par l’originalité de son propos que par la maîtrise technique de Patrice Serres. Très belle adaptation qu’on relira avec plaisirs.

Retour sur Belzagor – Intégrale

Album publié en 2019 aux éditions Les Humanoïdes Associés.


Résumé éditeur

D’après le roman « Les Profondeurs de la Terre » de Robert Silverberg publiée en février 1973.

couverture bd Retour sur Belzagor - Intégrale

Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d’assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance…

L’ex-lieutenant Eddie Gundersen revient sur Belzagor où il a laissé naguère ses illusions de jeunesse, la femme de sa vie et un passé honteux de colonisateur.
Aujourd’hui la planète a été rendue à ses deux espèces intelligentes : les Nildoror et les Sulidoror.
Endossant le rôle de guide d’une expédition scientifique aux confins des terres indigènes, Gundersen va se confronter à ses démons et régler ses comptes avec une planète qui ne lui avait pas livré tous ses secrets.
Cette intégrale est accompagnée d’une postface signée par Joshua Sky, d’un cahier graphique inédit de 14 pages et d’un poster A3.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Retour sur Belzagor – Intégrale »

Cette adaptation du roman « Les Profondeurs de la Terre » de Robert Silverberg trouve dans l’alliance créative entre Philippe Thirault et Laura Zuccheri une seconde vie remarquable. Publié dans les années 1970 dans le contexte post-décolonisation du Vietnam, l’œuvre originale questionne avec acuité les mécanismes du colonialisme et du racisme, thématiques que les auteurs transposent dans leur relecture graphique.

L’histoire suit Edmund Gundersen, ancien administrateur colonial revenu sur Belzagor huit ans après la décolonisationPhilippe Thirault, scénariste aguerri aux récits d’envergure, structure le récit par des allers-retours temporels entre passé colonial et présent post-décolonisation. Cette construction du scénario révèle progressivement la quête de rédemption d’un homme confronté à ses erreurs passées et à son mépris ancien envers les Nildoror et Sulidoror, les deux espèces intelligentes de la planète
Le concept mystique de « Renaissance », cérémonie sacrée centrale du récit, devient le prétexte d’un pèlerinage spirituel où l’ancien colonisateur cherche à comprendre une culture qu’il a jadis contribué à asservir.

extrait Retour sur Belzagor - Intégrale

Le dessin de Laura Zuccheri, déjà remarqué dans « Les Épées de verre », atteint ici une maturité saisissante. Son trait fin et détaillé crée un bestiaire luxuriant qui évoque les mondes de Léo tout en conservant son identité propre. Les paysages de Belzagor, jungle tropicale peuplée de créatures fascinantes, deviennent sous son crayon un véritable personnage. La mise en couleur chatoyante de Silvia Fabris renforce cette immersion visuelle, créant une ambiance qui plonge immédiatement le lecteur dans l’étrangeté de cette planète décolonisée.

Cette intégrale est une adaptation exemplaire, fidèle à l’esprit philosophique de Robert Silverberg tout en exploitant pleinement les possibilités visuelles de la bande dessinée. Une très belle BD qui se lie d’une traite pour les amateurs de science-fiction !


Les sœurs Jacob

Album publié en 2025 aux Editions Les Arenes.


Adapté du roman Simone et ses sœurs de David Teboul publié le 13 octobre 2022.

« Les sœurs Jacob, c’est le secret de Simone Veil.
Elles étaient trois : Milou, Denise et Simone, la dernière
. »
– David Teboul

Les sœurs Jacob grandissent à Nice, entourées d’une mère aimante, Yvonne, d’un frère chéri, Jean, et d’un père, André, architecte et républicain.
Elles traversent leur enfance et leur adolescence dans un cocon, bercées par la beauté et la douceur de la Méditerranée.
Mais autour de la famille, l’Histoire s’embrase et les périls s’accumulent.
Le 1 septembre 1939, la France et l’Angleterre déclarent enfin la guerre à l’Allemagne nazie. La défaite de la France et la collaboration précipitent la famille Jacob dans la pauvreté, l’exclusion et la persécution, jusqu’à la déportation.
Marquées à jamais, les trois sœurs se retrouvent au retour des camps. La vie reprend pourtant ses droits. Avant que le destin ne les frappe cruellement…
Ce récit graphique choral, composé à partir des correspondances des trois sœurs et des archives familiales, raconte l’enfance et la jeunesse de ces trois femmes aux tempéraments exceptionnels, l’immense tendresse qui les a unies, et leur inépuisable courage.
Les Sœurs Jacob est une adaptation du film et du livre de David Teboul, avec Marie Desplechin au scénario et Fred Bernard au dessin et à la couleur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les sœurs Jacob »

La BD sortira en septembre 2025.

extrait bd Les sœurs Jacob

Le roi sans couronne

Album publié en 2025 aux Editions Sarbacane.


Adapté du roman de Javier Cosnava.

couverture bd Le roi sans couronne

17 juillet 1978, Baguio, aux Philippines, le championnat du monde d’échecs est sur le point de commencer.
Le prétendant au titre Viktor Korchnoï va affronter le champion en titre, Anatoli Karpov. Bien au-delà de la compétition sportive, se prépare un combat psychologique entre deux maîtres aux parcours et aux allégeances idéologiques opposées.
Karpov, fervent soviétique soutenu par le KGB et le Kremlin, incarne la discipline et la loyauté envers le régime. Korchnoï, quant à lui, est nettement plus rebelle : se présentant comme candidat apatride après avoir fui en Suisse, il est considéré par l’URSS comme un traître.
S’il gagne, ce sera une victoire idéologique de l’Occident. Dans la chaleur moite du centre de convention philippin flambant neuf, plus qu’une partie d’échec, c’est la guerre froide qui se joue.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le roi sans couronne »

Le Roi sans couronne constitue une adaptation captivante d’un roman historique qui entrelace faits réels et fiction. L’œuvre transpose le championnat du monde d’échecs de 1978 aux Philippines, où Anatoli Karpov et Viktor Korchnoï s’affrontent dans un duel symbolique de la Guerre froide.

Au-delà de ce conflit idéologique, Javier Cosnava tisse une intrigue policière parallèle mettant en scène Benjamin, un prisonnier libéré après 33 ans, qui retrouve un vieil ami en spectateur du championnat. Cette dualité narrative maintient un suspense constant jusqu’à la conclusion.

extrait bd Le roi sans couronne

Graphiquement, Toni Carbos excelle grâce à un dessin épousant la ligne claire, des coloris chaleureux évoquant les Philippines et une caractérisation précise des personnages. Son découpage dynamique crée une tension visuelle qui soutient l’intensité dramatique du récit.

Cette fusion réussie entre histoire authentique et thriller psychologique offre une lecture accessible même sans connaissances préalables en échecs. Un album incontournable pour qui apprécie les BD historiques combattant rigueur narrative et émotions nuancées.

J’ai toujours cette musique dans la tête

Album publié en 2025 aux Editions Michel Lafon.


Adapté du roman d’Agnès Martin-lugand publié pour le 16 mars 2017.

couverture bd J'ai toujours cette musique dans la tête

« L’auteur a réussi encore une fois à créer des personnages qu’on n’oublie pas. »

À Paris, Yanis et Véra forment un couple uni avec leurs trois enfants. Mais quand Yanis décide de quitter l’ombre de son beau-frère pour se lancer à son compte dans l’architecture, l’équilibre familial vacille. Soutenu par Véra et l’arrivée d’un client providentiel, Yanis croit son rêve à portée de main…
Mais peu à peu, la situation bascule. Pris dans une spirale dangereuse, Yanis parviendra-t-il à sauver ce qu’il a de plus précieux : son couple, sa famille et sa liberté ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « J’ai toujours cette musique dans la tête »

Cette adaptation en bande dessinée réussit à transformer un roman très “vie réelle” en lecture tendue, tout en restant centrée sur l’intime et le couple.​ Parue chez Michel Lafon le 25 septembre 2025, J’ai toujours cette musique dans la tête est signée Agnès Martin-Lugand, adaptée par Véronique Grisseaux, et illustrée par Émilien Varela De Casa.

L’album compte 112 pages et propose des illustrations en couleur, dans un grand format.
Le point de départ est clair : à Paris, Véra et Yanis forment une famille avec trois enfants, jusqu’au moment où Yanis veut s’émanciper professionnellement dans l’architecture.

Le livre parle surtout de rêves, d’ambition et de la fragilité d’un équilibre familial quand le travail prend toute la place.​ L’arrivée d’un client “providentiel” et la montée d’une spirale dangereuse installent une tension qui dépasse le simple drame domestique, avec une vraie question de liberté.​ Le titre fait écho à une idée d’obsession intérieure, et l’autrice a d’ailleurs relié l’écriture de cette histoire à une immersion musicale (notamment autour d’Ibrahim Maalouf).

extrait bd J'ai toujours cette musique dans la tête

Le choix d’une BD en couleur et en grand format crée un espace confortable pour suivre les émotions et les bascules du quotidien.​ La lecture gagne en clarté : on comprend vite ce qui se fissure, parce que la mise en images donne un rythme immédiat aux scènes de couple et de famille.

À conseiller aux lecteurs qui aiment les histoires contemporaines, centrées sur le couple, la pression sociale et les décisions qui changent une vie.

La ferme des animaux

Album publié en 2021 aux éditions Jungle.


Résumé éditeur

D’après le roman de George Orwell  publié le 17 aout 1945.

couverture bd La ferme des animaux

Le chef d’œuvre d’Orwell adapté pour la jeunesse !

Dans une petite ferme d’Angleterre, la révolte gronde chez les animaux. Ceux-ci chassent l’homme qui les exploitait et prennent le pouvoir.
Ils veulent instaurer un nouvel ordre dans lequel chacun participerait aux décisions et travaillerait à sa juste mesure.
Mais les cochons dirigent le nouveau régime et, bien vite, les animaux se retrouvent sous le joug d’un chef encore plus cruel…


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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La ferme des animaux »

La ferme des animaux, bande dessinée scénarisée par Maxe L’Hermenier et illustrée par Thomas Labourot, avec les couleurs de Diego Parada Lopez, transpose le chef-d’œuvre satirique de George Orwell dans un format accessible à tous, tout en conservant l’essence politique et allégorique du roman original.
Parue en 2021 chez Jungle, l’œuvre reprend la fable animalière dénonçant la dérive totalitaire et la corruption du pouvoir, en mettant en scène la révolte des animaux contre le fermier Jones, rapidement détournée par une nouvelle élite porcine qui trahit les idéaux initiaux.

Le scénario, très respectueux du texte de George Orwell, expose avec clarté les thèmes de la manipulation, de l’inégalité et de la fragilité démocratique, rendant accessibles à un public jeunesse comme adulte la portée universelle du message. Les personnages, portés par des animaux anthropomorphes, gagnent en expressivité : la naïveté désarmée de certains croise la cruauté croissante d’autres.

extrait bd La ferme des animaux

Graphiquement, l’album séduit par ses illustrations rondes et colorées : le style caricatural de Thomas Labourot, adouci mais jamais mièvre, accentue les émotions à chaque page. Les décors généreux et la palette lumineuse accompagnent avec la gradation dramatique du récit, du rêve d’égalité à la désillusion, tout en facilitant l’identification des plus jeunes.

Cette adaptation, à la fois pédagogique et ambitieuse, s’adresse autant aux collégiens désireux de découvrir un classique qu’aux adultes attentifs au sous-texte politique. Une BD remarquable, qui réussit le pari de rendre vivante et vibrante une fable majeure de la littérature contemporaine.

Fahrenheit 451

Album publié en 2010 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

D’après le roman de Ray Bradbury publié le 19 octobre 1953.

Guy Montag exerce le métier de pompier depuis dix ans.
Un soir, en quittant son service, il rencontre une jeune fille très intrigante, Clarisse Mc Clellan, avec laquelle il sympathise.
La jeune fille a des goûts étranges : marcher dans les bois, regarder la lune, déambuler sous la pluie, et raconte des choses saugrenues mais troublantes, comme cette curieuse histoire selon laquelle autrefois, les pompiers éteignaient les incendies au lieu de les allumer.
Car dans ce monde-là, oui, les pompiers mettent le feu : ils ont pour mission de brûler les livres interdits par la loi.

Dans cette première adaptation autorisée en bande dessinée, réalisée en étroite collaboration avec Ray Bradbury, Tim Hamilton a su créer une œuvre d’art véritablement saisissante. La prise de conscience par le héros des méthodes d’un gouvernement violemment obscurantistes s’y accompagne de la découverte de l’importance de la lecture en tant que liberté individuelle.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Fahrenheit 451 »

Fahrenheit 451, adapté en bande dessinée par Tim Hamilton avec l’aval de Ray Bradbury, transpose le chef-d’œuvre dystopique de 1953 dans un format visuel saisissant.
Publiée en 2010 chez Casterman, cette version conserve le propos central sur la censure et la perte de l’esprit critique dans une société où les pompiers brûlent les livresRay Bradbury lui-même signe la préface de la BD.

Le scénario met en lumière le parcours intérieur de Guy Montag, dont la rencontre avec Clarisse déclenche une remise en question profonde. Tim Hamilton illustre la paranoïa d’une Amérique maccarthyste, où le conformisme est érigé en norme, et rend palpable l’évolution psychologique des personnages grâce à des plans serrés sur leurs visages et des dialogues épurés.

extrait bd Fahrenheit 451

Sur le plan graphique, le choix d’une palette automnale, dominée par des ocres et des rouges brûlants, souligne la montée de la violence et l’urgence du déclin culturel. Les rares touches de bleu traduisent la fragilité de l’espoir, tandis que la mise en page cinématographique accentue l’intensité dramatique. Les aplats sombres et les jeux d’ombre renforcent l’atmosphère oppressante et confinent le lecteur dans l’univers étouffant de Ray Bradbury.

Cette adaptation respecte le texte original. Elle s’adresse autant aux passionnés de l’œuvre qu’à un public novice désireux de découvrir ce récit intemporel sous un angle contemporain et immersif.

Mort aux cons

Album publié en 2022 aux éditions Jungle.


Résumé éditeur

D’après le roman de Carl Aderhold publiée le 22 aout 2007.

couverture bd Mort aux cons

Mort aux cons raconte le parcours de Ben, ce combattant qui a un jour décidé de franchir le pas…

Des cons, il y en a partout. Il y en a toujours eu. Il y en aura toujours.
Le con est une engeance qui s’adapte à tous les climats, à tous les reliefs, à toutes les époques.
Le con est endémique, on n’arrive pas à s’en débarrasser, comme le chiendent, c’est à désespérer.
L’histoire que vous allez lire prouve pourtant qu’avec un zeste de bonne volonté, une dose de lucidité et un plan d’action solide, on peut s’attaquer au problème à la racine.
L’élimination systématique des cons n’est cependant pas une entreprise ordinaire. Ça n’a rien d’un hobby innocent, c’est un job à plein temps.
Mieux : un combat.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mort aux cons »

Mort aux cons, adaptation en bande dessinée par Éric Corbeyran (scénario) et Alexis Saint-Georges (dessin et couleurs), transpose avec brio le roman de Carl Aderhold paru en 2007. Publié le 20 janvier 2022 aux éditions Jungle, ce one-shot de 132 pages explore la dérive d’un antihéros fasciné par l’idée d’éradiquer la « connerie » qui gangrène son quotidien.

Dès l’introduction, le lecteur est immergé dans une intrigue où la cruauté de Ben, déclenchée par la mort d’un chat, bascule en véritable manifeste assassin. Les thèmes —l’irréformabilité des « cons », la vacuité de la justice, et la recherche d’un sens dans l’absurde—sont traités avec cynisme et pertinence. La progression du scénario met en lumière la profondeur psychologique du protagoniste : tour à tour narrateur lucide et impitoyable, il se débat entre apathie sociale et soif de contrôle, offrant un portrait complexe et troublant.

extrait bd Mort aux cons

Sur le plan graphique, Alexis Saint-Georges impose un trait nerveux et contrasté, où les angles de vue serrés et les aplats de couleurs expriment avec force la folie grandissante de Ben. Les changements subtils de palette accompagnent l’évolution dramatique.

Mort aux cons séduit par son équilibre maîtrisé entre humour noir et réflexion sociologique. Cette œuvre s’adresse à un public adulte amateur de polars atypiques et d’analyses sociales acérées, prêt à être dérangé tout en y trouvant un plaisir coupable.

Adopted Love – Tome 1

Album publié en 2023 aux éditions Hugo BD.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaïa Alexia publiée le 12 octobre 2017.

couverture bd Adopted Love

L’adaptation en roman graphique de la série à succès !
Orphelin, Teagan erre depuis son plus jeune âge de foyers en familles d’accueil. Jeune homme écorché par la vie, la justice le rattrape à l’aube de ses 18 ans.
La sentence ? Un an de conditionnelle durant lequel il devra se tenir à carreau s’il ne veut pas finir en prison.
Il ne lui reste qu’une chance de se remettre dans le droit chemin et c’est dans une ultime famille d’accueil qu’elle va se jouer.
Mais la rencontre avec Elena, la fille aînée de la famille, risque de compliquer les choses.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Adopted Love »

Adopted love, adaptation en roman graphique du best-seller de Gaïa Alexia signé Véronique Grisseaux et Francesca Follini, confirme la vitalité artistique du genre new romance transposé en BD. Cette œuvre, parue chez Hugo BD en novembre 2023, transforme une saga née sur la plateforme d’écriture Fyctia en 2016.

L’adaptation se distingue par son approche sensible du traumatisme et de la reconstruction. Teagan, orphelin de 17 ans ballotté entre familles d’accueil et condamné à un an de conditionnelle, incarne une jeunesse meurtrie cherchant sa voie. Le récit explore les séquelles de l’abandon et de la maltraitance institutionnelle, utilisant les flashbacks pour révéler progressivement le passé douloureux du protagoniste

extrait bd Adopted Love

Francesca Follini, dessinatrice italienne diplômée de l’Académie des Beaux-Arts et spécialisée en design graphique, livre un travail graphique qui sublime le roman. Son trait privilégie les émotions faciales et le langage corporel pour transcrire les états intérieurs complexes des personnages. Les illustrations alternent entre séquences dramatiques intenses et moments contemplatifs, créant une symphonie visuelle qui accompagne parfaitement la dimension mélancolique du récit. Les détails graphiques, notamment le rendu des tatouages de Teagan, amplifient la dimension rebelle et vulnérable du personnage.

Véronique Grisseaux, forte de son expérience de scénariste télévisuelle (Un Gars/Une Fille) et d’adaptatrice BD reconnue, apporte sa maîtrise de la construction narrative à cette transposition. Sa capacité à condenser en 165 pages l’essentiel d’un roman de 651 pages témoigne d’un talent d’adaptation indéniable. Elle préserve l’authenticité des personnages tout et adapte le rythme aux exigences de la BD, créant une synergie efficace entre texte et image.

Cette première adaptation graphique d’Adopted love confirme le potentiel artistique des romans issus des plateformes numériques et ouvre la voie à une reconnaissance plus large de la new romance comme genre littéraire à part entière.

Retour sur Belzagor – Tome 2

Album publié en 2017 aux éditions Les Humanoïdes Associés.


Résumé éditeur

D’après le roman « Les Profondeurs de la Terre » de Robert Silverberg publiée en février 1973.

Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d’assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance…

L’ex-lieutenant Eddie Gundersen revient sur Belzagor où il a laissé naguère ses illusions de jeunesse, la femme de sa vie et un passé honteux de colonisateur.
Aujourd’hui la planète a été rendue à ses deux espèces intelligentes : les Nildoror et les Sulidoror.
Endossant le rôle de guide d’une expédition scientifique aux confins des terres indigènes, Gundersen va se confronter à ses démons et régler ses comptes avec une planète qui ne lui avait pas livré tous ses secrets.
Eddie Gundersen a obtenu du Nildoror Vol’Himyor un laissez-passer pour le Pays des Brumes où se déroule la mystérieuse cérémonie de la renaissance.
Alors que la petite équipée scientifique se met en route pour assister à ce rituel sacré auquel aucun humain n’a pu assister jusque ici, Eddie se remémore ses douloureuses années passées dans l’administration coloniale. Dans sa quête de sens d’une culture qu’il a jadis contribué à soumettre, Gundersen va comprendre ses erreurs et tenter de renouer avec ce paradis végétal qu’est la planète Belzagor.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Retour sur Belzagor – Tome 2 »

Cette adaptation soigneusement orchestrée du chef-d’œuvre de Robert Silverberg Les Profondeurs de la terre  trouve sa conclusion dans ce second volet Philippe Thirault, scénariste reconnu pour ses séries marquantes comme Miss et Mille Visages , livre ici une œuvre mature qui dépasse le simple exercice d’adaptation pour proposer une réflexion profonde sur la colonisation, la rédemption et l’altérité .

L’intrigue suit l’ex-lieutenant Eddie Gundersen dans la phase ultime de son voyage initiatique, guidant un couple d’ethnologues vers la mystérieuse cérémonie de la Renaissance au pays des Brumes Philippe Thirault mêle habilement flashbacks et présent pour révéler progressivement les motivations complexes de son anti-héros en quête de rédemption . Le scénariste aborde avec finesse les thématiques post-coloniales héritées de l’œuvre originale de Robert Silverberg : la décolonisation, les préjugés raciaux, l’écologie et la coexistence entre espèces intelligentes .

extrait bd Retour sur Belzagor - Tome 2

Laura Zuccheri, dessinatrice italienne réputée pour sa série Les Épées de verre , déploie un talent graphique éblouissant qui constitue l’un des atouts majeurs de l’album. Son trait fin et précis nourrit un monde inquiétant peuplé de créatures étranges et finalement très crédibles . La précision du dessin, rehaussée par les couleurs de Silvia Fabris, crée une ambiance immersive qui plonge immédiatement le lecteur au cœur de l’étrange planète Belzagor .

Malgré les contraintes du format BD de 56 pages par tome, Philippe Thirault parvient à préserver l’essence du roman de Robert Silverberg, cette critique sans concession du racisme et de l’impérialisme qui résonnait particulièrement dans les années 70 dans le contexte de la guerre du Vietnam . L’adaptation respecte l’inspiration originale du récit, véritable hommage au Cœur des ténèbres de Joseph Conrad, tout en développant une intrigue divertissante aux enjeux clairs .

Robert Silverberg lui-même a validé cette transposition en déclarant apprécier « le résultat de cette adaptation » et sa « représentation très riche de la planète Belzagor » 

Ce tome 2 est une conclusion réussie d’une série de science-fiction intelligente qui mérite sa place dans toute bibliothèque . L’alliance entre la maturité narrative de Philippe Thirault et la virtuosité graphique de Laura Zuccheri produit une BD qui honore dignement l’héritage littéraire de Robert Silverberg.