Robinson Crusoé
Album publié en 2026 aux Editions Mosquito.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Daniel Defoe (publié la première fois en 1719). Œuvre majeure du XVIIIe siècle.

Remarquable adaptation du roman de Daniel Defoe.
Jeune Anglais assoiffe d’aventures, Robinson décide de s’embarquer à bord d’un navire.
Il apprend la dure vie de marin et affronte de nombreux dangers.
Après quelque temps passé au Brésil, il repart pour la Guinée, où il n’arrivera jamais…
Unique survivant d’un naufrage, il échoue sur une île déserte.
Il s’invente alors une vie solitaire, jusqu’au jour où débarque un jeune indigène, Vendredi…
La bd « Robinson Crusoé » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Robinson Crusoé »
En ce début d’année 2026, les éditions poursuivent leur travail de réédition de l’œuvre de Sergio Toppi en exhumant l’adaptation qu’il consacra au roman de Daniel Defoe. Maître milanais disparu en 2012, styliste parmi les plus originaux de la bande dessinée italienne, Sergio Toppi relève ici une gageure, condenser en une cinquantaine de planches un texte de près de six cents pages, sans jamais donner l’impression de survoler le mythe du plus célèbre des naufragés.
L’intelligence de Sergio Toppi tient d’abord à ses choix de synthèse. Par des ellipses habiles, il rappelle que Robinson Crusoé eut un passé avant l’île, celui d’un fils de bonne famille anglaise happé par l’aventure, réduit en esclavage par les Maures, puis enrichi au Brésil. Fait notable, l’auteur ne dissimule pas la part trouble du personnage, marchand d’esclaves lancé dans un voyage funeste, et lui restitue une humanité souffrante plutôt qu’héroïque. Les longues années de solitude deviennent alors une méditation sur le temps, sur l’homme confronté à une nature muette, jusqu’à cette aspiration finale à la paix.

Le dessin, entièrement en noir et blanc, constitue l’attrait majeur de l’album. À la plume, Sergio Toppi couvre la page de hachures et de croisillons d’une densité décorative saisissante, détachant ses figures burinées sur des fonds vides qui accentuent l’isolement. La séquence de la tempête, d’une beauté presque funèbre, illustre cette manière de ralentir la lecture pour mieux immerger le lecteur.
Servi par la traduction de Michel Jans, l’album s’adresse aux amateurs de grande bande dessinée d’auteur. Sergio Toppi signe une relecture d’un souffle épique, autant à lire qu’à contempler.














