Catégorie : Litterature en BD

Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible

Album publié en 2016 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Philippe Claudel publiée le 22 aout 2007.

couverture bd Le Rapport de Brodeck - Tome 2 - L'Indicible

Manu Larcenet se confronte à une adaptation, celle du chef-d’œuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck.
Mais lorsque l’auteur de Blast et du Combat ordinaire s’empare du texte, c’est pour le faire sien, et lui donner une nouvelle vie éclatante, sombre et tragique.
Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes, une plongée dans les abîmes, servie par un noir et blanc sublime et violent.
Un très grand livre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible »

Dans cette conclusion magistrale de son adaptation du chef-d’œuvre de Philippe ClaudelManu Larcenet livre avec L’Indicible une BD d’une puissance graphique et narrative exceptionnelle. Ce second tome parachève brillamment l’adaptation du roman prix Goncourt des Lycéens 2007.

L’histoire poursuit le récit de Brodeck, ancien déporté chargé de rédiger un rapport sur le meurtre collectif de l’Anderer (« l’Autre »), cet étranger mystérieux dont la présence révélait aux villageois leur lâcheté face à l’Occupation. Manu Larcenet explore les thèmes de la xénophobie, de la culpabilité et de la collaboration.

extrait bd Le Rapport de Brodeck - Tome 2 - L'Indicible

Graphiquement, Manu Larcenet atteint des sommets artistiques. Son trait en noir et blanc dépasse la simple illustration pour devenir un véritable langage émotionnel. Le dessinateur maîtrise parfaitement l’art du clair-obscur, créant des atmosphères oppressantes où les silhouettes se détachent dramatiquement. Ses cadrages donnent aux visages une intensité troublante, particulièrement visible dans le traitement des soldats aux faces monstrueuses symbolisant l’occupant.

Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible est une adaptation exemplaire qui dépasse son modèle littéraire. Manu Larcenet réussit le tour de force de rester fidèle à l’esprit de Philippe Claudel tout en imposant sa propre vision artistique, créant un chef-d’œuvre qui marquera durablement la bande dessinée française.


Le Rapport de Brodeck – Tome 1 – L’autre

Album publié en 2015 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Philippe Claudel publiée le 22 aout 2007.

couverture bd Le Rapport de Brodeck - Tome 1 - L'autre

Manu Larcenet s’attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d’œuvre de Philippe Claudel, « Le Rapport de Brodeck« .
Mais lorsque l’auteur de « Blast » et du « Combat ordinaire » s’empare du texte, c’est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique.
Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes ; une plongée dans les abîmes servie par un noir et blanc sublime et violent.
Un très grand livre. Manu Larcenet adapte de façon majestueuse le best-seller de Philippe Claudel : un chef-d’œuvre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Rapport de Brodeck – Tome 1 – L’autre »

Manu Larcenet s’aventure pour la première fois dans l’exercice de l’adaptation de roman avec Le Rapport de Brodeck, transposant le chef-d’œuvre de Philippe Claudel (Prix Goncourt des Lycéens 2007) en une bande dessinée remarquable.
Cette œuvre inscrite dans l’après-guerre confronte le lecteur à l’histoire de Brodeck, ancien déporté contraint de rédiger un rapport sur l’assassinat de l’Anderer, mystérieux étranger lynché par les villageois.

L’adaptation révèle toute la complexité thématique du roman original : la xénophobie, la culpabilité collective et la lâcheté humaine. Manu Larcenet préserve la dimension parabolique de l’œuvre, où l’Anderer devient le miroir impitoyable révélant les compromissions des habitants avec l’occupant. La narration fragmentée, alternant présent de l’écriture et analepses, traduit la temporalité complexe du texte source. Brodeck, narrateur-témoin déchiré entre vérité officielle et réalité, incarne cette tension existentielle propre aux survivants.

extrait bd Le Rapport de Brodeck - Tome 1 - L'autre

Le noir et blanc exclusif de Manu Larcenet transcende le simple choix esthétique pour devenir langage. Son trait expressionniste, oscillant entre réalisme brut des visages villageois et beauté contemplative des paysages naturels, matérialise l’opposition entre bassesse humaine et pureté de la nature. Les pages muettes démontrent la maîtrise narrative de l’auteur. Cette économie verbale renforce l’impact émotionnel, laissant aux images le soin de traduire l’indicible.

Couronné du Prix Landerneau BD 2015, ce premier tome confirme la stature de Manu Larcenet après Blast. L’auteur réussit le défi de rester fidèle au roman tout en imprimant sa signature visuelle singulière.
Un diptyque indispensable qui honore autant Philippe Claudel que le neuvième art.


L’Astragale

Album publié en 2013 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après le roman d’ Albertine Sarrazin publié le 20 septembre 1965.

couverture bd L'Astragale

L’héroïne de ce roman, Anne, 19 ans, se brise un petit os de la cheville joliment nommé astragale, en sautant le mur de la prison où elle est incarcérée pour braquage.
Anne court toujours, se planque, se prostitue, qu’importe, elle a rencontré Julien, petit voyou qu’elle aime éperdument.
À l’arrestation de Julien, Anne se prostitue, mettant de l’argent de côté pour vivre, un jour peut-être, heureuse, avec lui…
+ de 10 000 exemplaires du roman L’Astragale vendus à ce jour.
D’après un roman d’Albertine Sarrazin. Adaptation : Anne-Caroline Pandolfo Préface : Jean-Jacques Pauvert.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Astragale »

Dans ce roman graphique paru en 2013 chez Sarbacane, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg transposent l’autobiographie romanesque de d’Albertine Sarrazin, relatant la cavale d’Anne, 19 ans, qui se brise l’os éponyme en s’évadant d’une prison pour femmes. 
L’adaptation suit la chronologie et restitue l’atmosphère de la France d’après-guerre avec une rigueur historique.

La BD explore des thèmes puissants : la quête de liberté, l’amour inconditionnel et la précarité. La psychologie d’Anne se dévoile page après page : sa dépendance à Julien, son rapport ambigu à la prostitution et son indomptable volonté de s’en sortir. Chaque étape de sa cavale — de la fuite initiale aux planques sordides, jusqu’à l’attente lancinante de la libération de Julien — illustre un combat intérieur où l’os fracturé devient métaphore d’une vie constamment en péril.

extrait bd L'Astragale

Le noir et blanc sublimé par de larges aplats et un trait fin confère à l’album une intensité contrastée : les scènes d’ombre accentuent la violence et la solitude, tandis que les traits épurés sur les plans rapprochés d’Anne capturent sa fragilité et sa force. Le découpage fluide, alternant cases silencieuses et dialogues brefs, rythme la tension et fait résonner les silences du texte original.

L’Astragale est une adaptation envoûtante qui marie fidélité au roman originel et signature graphique personnelle.

Le Bureau des affaires occultes – Bas les masques

Album publié en 2025 aux éditions Albin-Michel.


Résumé éditeur

Inspiré des romans d’ Éric Fouassier Le Bureau des affaires occultes (premier tome publié le 3 mai 2021).

1832.
Suite à l’absence inattendue de l’inspecteur Verne, chef du Bureau des affaires occultes au sein de la Préfecture de police de Paris, son adjointe, Aglaé Marceau, reçoit pour mission d’enquêter sur un meurtre sans précédent.
Enquêtrice inexpérimentée devant faire ses preuves dans un monde d’hommes, assistée de Tafik et l’Entourloupe, Aglaé doit très vite faire face à une découverte bouleversante…

Bas les masques est une histoire originale centrée sur le personnage d’Aglaé Marceau, un spin-off inspiré de la série de romans d’Éric Fouassier, Le Bureau des affaires occultes.



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Bureau des affaires occultes »

La BD sortira en septembre 2025.

Les Fleurs du mal

Album publié en 2025 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté des poèmes de Charles Baudelaire publiés le 21 juin 1857 (écrit entre 1840 et 1850).

couverture bd Les Fleurs du mal

Au-delà des mots, une rencontre picturale et sensorielle avec Charles Baudelaire

Illustrateur, peintre et auteur d’une trentaine de bandes dessinées (Le Troisième Oeil, Wika, Requiem, Chroniques de la Lune Noire), Olivier Ledroit revient avec un défi digne de son sens de la démesure, de sa générosité visuelle et de sa passion pour les mondes oniriques, en adaptant le chef-d’œuvre de Charles BaudelaireLes Fleurs du mal.
En faisant revivre cette œuvre, Olivier Ledroit propose un regard singulier sur l’univers du poète, à travers le prisme de son propre univers, si apprécié des amateurs de bande dessinée et des collectionneurs d’art.
« Je ne souhaitais pas me contenter d’illustrer les poèmes de Baudelaire, détaille Olivier Ledroit. D’autres l’ont fait avant moi. L’objectif est plutôt de reproduire le bain culturel dans lequel a trempé Baudelaire. Ses visions, ses angoisses, ses inspirations, son monde, son Paris du XIXe siècle ».

Connu pour ses incroyables planches épiques autant que pour la délicatesse et la sensualité de ses figures, de ses formes et de ses compositions, retrouvez dans les pages de ce bel ouvrage toute la puissance de son trait.
Les femmes splendides côtoient ici les monuments parisiens, les chats, les têtes de mort et les fantasmes tirés de substances psychotropes. Tantôt éclatant de couleurs, tantôt mélancolique ou célébrant les corps féminins, c’est un voyage esthétique inédit au plus près du poète maudit du XIXsiècle que nous propose Olivier Ledroit dans ce superbe ouvrage en grand format à l’italienne.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Fleurs du mal »

La BD sortira en novembre 2025.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – L’Indicible

Album publié en 2025 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en juillet 1925.

couverture bd L Indicible

La clé des rêves est à votre portée… oserez-vous l’utiliser ?

L’étoile Polaris guide le dormeur dans le monde des rêves, mais peut aussi l’y retenir prisonnier et lui faire perdre tout repère… Seulement, la réalité aussi contient sa part d’irréel, cachée là où on ne l’attend pas.

Les voleurs qui tentent de s’attaquer à la fortune du Terrible Vieillard l’apprendront à leurs dépens… Et pourtant, même les vieux briscards dans son genre ne peuvent rien face aux forces anciennes qui hantent certains lieux, comme l’étrange maison haute dans la brume. Il le sait, parfois, quand plus rien ne fait sens, mieux vaut abandonner toute logique.

Finalement, ne seraient-ce pas les rêveurs comme Randolph Carter qui détiennent la clé du mystère de cet indicible qui effraie autant qu’il fascine ? Loin de le fuir, il tente de s’en approcher, peut-être trop…

Enfoncez-vous dans les contrées du Rêve pour un voyage sans retour ! Gou Tanabe donne corps avec brio à Randolph Carter, alter ego de Howard Phillips Lovecraft… À travers lui s’expriment les pensées et les peurs de l’inventeur de l’horreur cosmiqu


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Indicible »

Le manga sortira en septembre 2025.

Pinocchio (adapté par Winshluss)

Album publié en 2012 aux Editions Requins Marteaux.


Adapté du roman de Carlo Collodi (publié pour la première fois en février 1883).

(Re)découvrez Pinocchio, l’un des plus merveilleux contes de fées, dans une version modernisée et transcendée par le dessin de Tim McBurnie. Un bel écrin pour un joyau de poésie.

Pinocchio, pantin de bois né des mains du menuisier Geppetto est un bien mauvais fils, qui a envoyé son père en prison et doit se faire pardonner.
Ainsi débute l’histoire du pantin qui voulait devenir un vrai petit garçon.
Un récit hors du temps, jouant des contrastes pour évoquer des thèmes universels comme la paternité ou le rapport à la différence.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pinocchio »

Publié en 2008 (republié en 2012) aux Requins Marteaux, Pinocchio de Winshluss est une libre réinterprétation du conte de Carlo Collodi, où le pantin de bois devient un androïde destiné à devenir arme de guerre. Lauréat du Fauve d’or à Angoulême 2009, cet album modernise le récit initiatique en y injectant une satire contemporaine percutante.

Winshluss conserve le fil conducteur du passage à l’âge adulte, mais déploie une galerie de vignettes connexes explorant l’exploitation, le capitalisme et la quête de sens. Pinocchio, figure muette et naïve, incarne l’innocence face à la violence du monde, tandis que Jiminy Cafard, parasite moral, offre un contrepoint ironique à travers ses monologues cyniques et alcoolisés. Cette dichotomie souligne la tension entre innocence et corruption.

Le style graphique se caractérise par une explosion de techniques : aquarelle, encre, crayon ou planches muettes en noir et blanc. Chaque changement de traitement visuel renforce l’atmosphère, qu’il s’agisse de l’épaisseur tragique des séquences dramatiques ou de la légèreté cruelle des scènes humoristiques. Les compositions, parfois inspirées des cartoons Disney des années 40, créent un contraste saisissant.

BD protéiforme et audacieuse, Pinocchio de Winshluss dépasse la simple adaptation pour offrir un miroir acerbe de notre société. Une version revisitée de Pinocchio à découvrir d’urgence !

La Petite Princesse Sara

Album publié en 2014 aux éditions Nobi Nobi.


Résumé éditeur

Adapté du roman « La Petite Princesse » de Frances Hodgson Burnett publié en 1905.

couverture bd La Petite Princesse Sara

Sara Crewe est une enfant de sept ans placée dans un pensionnat à Londres par son père, riche homme d’affaires aux Indes.
Passionnée de contes et légendes, Sara saura se faire aimer par ses talents de conteuse. Son monde bascule à la mort de son père après sa faillite.
L’horrible directrice, Miss Minchin fera alors d’elle une domestique et n’aura de cesse de la tourmenter et de l’exploiter…
Sara réussira-t-elle à tenir la promesse faite à son père de devenir une princesse malgré toutes les épreuves qu’elle devra endurer ?

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Petite Princesse Sara »

Cette adaptation manga de La Petite Princesse Sara d’Azuki Nunobukuro constitue une réussite éditoriale au sein de la collection « Les Classiques en Manga » de nobi nobi !. L’œuvre transpose avec finesse le roman éponyme de Frances Hodgson Burnett, publié en 1905, dans l’univers graphique japonais, créant ainsi un pont culturel entre la littérature victorienne et l’esthétique manga contemporaine.

L’adaptation puise dans un patrimoine littéraire solide : le roman original de Frances Hodgson Burnett, initialement publié sous forme de feuilleton en 1888 puis développé en roman complet en 1905. Cette histoire, qui raconte la transformation de Sara Crewe d’enfant privilégiée en domestique maltraitée avant sa rédemption finale, s’inscrit dans la tradition des romans d’apprentissage victoriens

Azuki Nunobukuro parvient à condenser l’intégralité du roman en quatre chapitres sur environ 200 pages, un défi relevé avec brio. La mangaka préserve l’essence du récit original tout en l’adaptant aux codes du manga shojo. Les moments clés – l’arrivée de Sara au pensionnat, la mort de son père, sa chute sociale et sa rédemption finale – sont restitués avec une fidélité remarquable à l’œuvre source

extrait bd La Petite Princesse Sara

Le trait d’Azuki Nunobukuro s’inscrit parfaitement dans l’esthétique shojo, avec ses proportions délicates et ses expressions faciales expressives. La mangaka maîtrise l’art de la transition émotionnelle, passant des scènes lumineuses de bonheur aux moments sombres de détresse avec une palette graphique adaptée. Les yeux scintillants typiques du genre manga deviennent ici des vecteurs d’émotion authentiques qui renforcent l’impact dramatique des épreuves de Sara.

La Petite Princesse Sara d’Azuki Nunobukuro est une invitation à la redécouverte d’un classique intemporel. Cette œuvre s’adresse autant aux lecteurs nostalgiques du dessin animé qu’aux jeunes découvrant cette histoire pour la première fois

Le Comte de Monte-Cristo

Album publié en 2024 aux éditions Nobi Nobi.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre d’Alexandre Dumas publié en le 28 aout 1844 pour la première fois.

couverture bd Le Comte de Monte-Cristo

Le récit d’une vengeance.
Une conspiration et une erreur judiciaire transforment le noble Edmond Dantès en un implacable agent du destin : le Comte de Monte-Cristo.
Obsédé par la vengeance et le pouvoir donné par la providence, le Comte prend sa revanche sur ceux qui l’ont enfermé dans un sombre cachot pendant quatorze années.
Cependant, s’agit-il de justice ou d’orgueil démesuré ? Le Comte le sait-il lui-même ?
Une trépidante saga aux multiples rebondissements mêlant intrigues et trahisons, dans un conflit entre le bien et le mal.

Une adaptation fidèle à l’original
Découvrez le destin tragique d’Edmond Dantès, personnage aux multiples visages, passé maître dans l’art du déguisement dans une adaptation manga fidèle au roman d’origine.
Les illustrations réalistes servent à merveille le récit sombre de la vengeance implacable du personnage principal.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Comte de Monte-Cristo »

Nockman Poon adapte le chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas (publié en feuilleton entre 1844 et 1846), dans la collection Les Classiques en Manga chez Nobi Nobi (réédition 5 juin 2024).
Edmond Dantès, victime d’un complot pour des motifs politiques post-napoléoniens, s’évade du château d’If après quatorze années d’emprisonnement et entreprend une vengeance implacable.

La trame du manga respecte l’ossature du roman : la dénonciation calomnieuse, la lente maturation de l’esprit vengeur et la métamorphose psychologique de Dantès. La séquence en prison, bien que synthétisée, saisit l’aliénation et la douleur du héros, tandis que ses manœuvres œdipiennes contre ses bourreaux sont mises en place avec clarté et suspense. L’ambiguïté morale — vengeance ou justice ? — irrigue chaque rebondissement.

extrait bd Le Comte de Monte-Cristo

Le dessin conjugue un réalisme soigné et une mise en scène dynamique, alternant plans larges et gros plans expressifs. Les décors d’époque et les jeux d’ombre renforcent l’atmosphère oppressante du cachot. Le trait, à la fois précis et énergique, soutient efficacement les émotions et l’intensité dramatique.

Cette adaptation magistrale s’adresse autant aux néophytes désireux de découvrir Alexandre Dumas qu’aux amateurs de mangas. Elle réussit le pari d’allier fidélité littéraire et force visuelle, offrant un voyage passionnant dans les arcanes de la vengeance et de la rédemption de Dantès.

La vie devant soi

Album publié en 2025 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Romain Gary(allias Émile Ajar) publié le 14 septembre 1975.

couverture bd La vie devant soi

Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires, La Vie devant soi est avec La Promesse de l’aube le livre le plus populaire de Romain Gary / Emile Ajar.
Paru en 1975, le roman a été récompensé par le Prix Goncourt il y a 50 ans.
Cette version illustrée par Manuele Fior, tête de file de la nouvelle BD italienne, déjà vendue à 10 000 exemplaires, bénéficie d’une nouvelle couverture.



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La vie devant soi »

L’adaptation graphique de La vie devant soi par Manuele Fior magnifie l’œuvre culte de Romain Gary (publiée sous le pseudonyme d’Émile Ajar en 1975) par une approche visuelle d’une délicatesse remarquable.
Cinquante ans après son Prix Goncourt, ce roman emblématique trouve une nouvelle incarnation qui révèle toute la modernité de son propos sur l’amour filial et la solidarité interculturelle.

Le travail de Manuele Fior dépasse la simple illustration pour proposer une véritable « transformation du langage », selon les propres mots de l’artiste italien. Son style graphique, caractérisé par un camaïeu d’orangé et un trait rapide, esquissé, qui fait penser à une photo sépia et aux souvenirs d’enfance, sert parfaitement l’atmosphère mélancolique et tendre du récit. Cette palette chromatique vintage évoque l’univers du Belleville des années 1970, tout en conférant une dimension intemporelle à l’histoire de Momo et Madame Rosa.

Manuele Fior fait le choix d’un style simple, épuré, rapide à la gouache, technique qui lui permet de modifier, de revenir, d’améliorer ses compositions. Cette approche technique reflète parfaitement la vivacité physique et mentale de Momo, le jeune narrateur dont le regard oscille entre naïveté enfantine et lucidité précoce. Les décors, traités avec une économie de moyens remarquable, laissent toute la place aux personnages et à leurs expressions.

extrait bd La vie devant soi

Ce qui frappe dans cette adaptation, c’est la symbiose entre texte et dessins. Manuele Fior, reconnu internationalement depuis son Fauve d’Or 2011 pour Cinq mille kilomètres par seconde, démontre ici sa maîtrise de l’adaptation littéraire. Ses illustrations insufflent littéralement la vie à ces personnages.

L’artiste italien se dépasse dans la représentation de la galerie de personnages haute en couleur imaginée par Romain Gary : Madame Rosa, l’ancienne prostituée juive rescapée d’Auschwitz ; Madame Lola, le travesti sénégalais ; Monsieur Hamil, le sage marchand de tapis. Chaque figure trouve sa juste incarnation graphique, respectant l’esprit du texte original tout en apportant une dimension visuelle inédite.

L’adaptation graphique de Manuele Fior est un modèle du genre, prouvant que l’illustration littéraire peut dépasser son statut d’accompagnement pour devenir un art à part entière. Elle offre une lecture renouvelée de ce classique de la littérature française, accessible aux nouvelles générations et respecte l’intégrité de l’œuvre originale.
Une réussite artistique qui honore autant l’héritage de Romain Gary que le talent exceptionnel de son illustrateur