Catégorie : Litterature en BD

Le Fantôme de l’Opéra – Première partie

Album publié en 2011 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaston Leroux publié le 23 septembre 1909.

couverture bd Le Fantôme de l'Opéra - Première partie

Paris, 1878.
Des drames inexpliqués secouent l’opéra Garnier : un machiniste est retrouvé pendu au bout d’une corde et le grand lustre se décroche en pleine représentation.
Un mystérieux « fantôme de l’Opéra » hante les lieux, se livrant à un étrange chantage…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Fantôme de l’Opéra – Première partie »

Dans cette première partie du « Fantôme de l’Opéra« , Christophe Gaultier offre une adaptation saisissante du célèbre roman de Gaston Leroux. Publiée en 2011 chez Gallimard, cette bande dessinée nous plonge dans le Paris de 1878, où d’inexplicables événements bouleversent l’Opéra Garnier : un machiniste retrouvé pendu, un lustre qui s’écrase en pleine représentation et un mystérieux fantôme exigeant tribut.

Christophe Gaultier conserve admirablement l’essence du récit original tout en l’adaptant parfaitement au médium graphique. Le triangle amoureux entre Ingrid Daaé, Pierre de Chagny et le Fantôme est au cœur de la narration, explorant les thèmes de la passion dévorante, de la difformité et de l’art comme rédemption. L’emprise presque surnaturelle du Fantôme sur la cantatrice devient palpable, transformant cette dernière en véritable artiste.

Le style graphique, délibérément sombre, épouse parfaitement l’ambiance gothique du récit. Le trait épais de Christophe Gaultier confère une profondeur remarquable aux planches, tandis que son dessin, suggérant les atmosphères plutôt que s’attardant sur les détails, crée une tension constante. Les couleurs de Marie Galopin accentuent cette atmosphère lugubre, jouant sur des contrastes subtils qui servent admirablement l’intrigue.

Cette bande dessinée séduira les amateurs d’ambiances oppressantes et de récits fantastiques. Christophe Gaultier, coutumier des histoires sombres, trouve ici un terrain d’expression idéal. Premier volet d’un diptyque prometteur, cette adaptation réussie nous fait attendre la suite avec une impatience.


Mélusine, Fée serpente – Intégrale

Album publié aux éditions Geste en 2017.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Intégrale

Née sous le nom de Mélusine, à la fin du XIVe siècle dans le roman de Jean d’Arras, souvent « imaginée » dans les enluminures du Moyen Âge, l’amoureuse passionnée qui fait chavirer le cœur de Raymondin, revit aujourd’hui dans une bande dessinée pleine de passion, de haine, de métamorphoses et de rebondissements.
L’histoire de la fée poitevine qui veut redevenir femme mortelle est à la fois humaine et surnaturelle.
Redécouvrez cette héroïne troublante et tragique dans une adaptation libre, moderne et documentée.
Mais attention… il y a quelques risques à épouser une légende !
L’histoire de Mélusine, fée poitevine désirant redevenir femme mortelle. Adaptation libre de Mélusine : roman du XIVe siècle de Jean d’Arras. Avec un dossier sur les coulisses de l’album.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Intégrale »

Pas encore d’avis.


Mélusine, Fée serpente – Tome 2 – Geoffroy la Grand’Dent

Album publié aux éditions Geste en 2001.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Tome 2 - Geoffroy la Grand'Dent

Mélusine, fée bâtisseuse de tant de forteresses en Poitou, s’est aussi donnée une descendance étonnante : pas moins de dix garçons, tous touchés du sceau de la malédiction familiale ! L’aîné, le géant Geoffroy la Grand’Dent, n’est pas le moins impressionnant de ces gaillards. Violent, imprévisible, Geoffroy marque à jamais l’illustre lignée…

Dans ce deuxième volet de Mélusine, Fée serpente, les auteurs ont à nouveau pris des libertés avec la légende et le mythe pour mieux exacerber les passions et développer des rencontres inattendues, inoubliables. Retrouvez Mélusine et Raymondin, Geoffroy et ses frères maudits, le neveu Gauscelin, sa mère Audeburge, sa sœur Blanche… dans un spectacle haut en couleurs qui allie Histoire médiévale et drame fantastique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Tome 2 – Geoffroy la Grand’Dent »

Avec ce second tome, Didier Quella-Guyot (scénario) et Sophie Balland (dessin) poursuivent leur adaptation ambitieuse de la légende médiévale de Mélusine, figure emblématique du folklore poitevin. L’album s’ancre dans le contexte du XIVe siècle, période où la fée-serpent, popularisée par Jean d’Arras, incarne la frontière trouble entre humanité et merveilleux. Ce volume met en lumière Geoffroy la Grand’Dent, fils aîné de Mélusine.

Le scénario explore la dualité des personnages, tiraillés entre héritage féerique et destin humain. Geoffroy, à la fois géant et chevalier, fascine par sa force sauvage tempérée d’une quête de justice, évoquant la difficulté de concilier deux natures opposées

Graphiquement, le trait de Sophie Balland se distingue par une expressivité et une palette chromatique qui oscille entre onirisme et réalisme. Les scènes de métamorphose et de confrontation sont servies par une mise en page dynamique, soulignant la tension dramatique et la richesse émotionnelle des personnages.

Ce tome s’adresse aux amateurs de récits médiévaux revisités. Une bande dessinée érudite et sensible, qui renouvelle avec talent la légende de Mélusine sans jamais trahir ses racines historiques.


Mélusine, Fée serpente – Tome 1 – La Grand’Goule

Album publié aux éditions Geste en 2000.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Tome 1 - La Grand'Goule

Née sous le nom de Mélusine, à la fin du XIVᵉ siècle dans le roman de Jean d’Arras, souvent « imaginée » dans les enluminures du Moyen Âge, l’amoureuse passionnée qui fait chavirer le cœur de Raymondin, revit aujourd’hui dans une bande dessinée pleine de passions, de haines, de métamorphoses et de rebondissements.

L’histoire de la fée poitevine qui veut redevenir femme mortelle est à la fois humaine et surnaturelle.
Redécouvrez cette héroïne troublante et tragique dans une adaptation libre, moderne et documentée.
Mais attention… Il y a quelques risques à épouser une légende !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Tome 1 – La Grand’Goule »

Didier Quella-Guyot et Sophie Balland proposent avec ce premier tome une réinterprétation du roman de Jean d’Arras (1392-1394), donnant une nouvelle vie à l’une des figures les plus fascinantes de l’imaginaire médiéval français. 
Cette adaptation libre transpose l’histoire de la fée poitevine dans le langage contemporain de la bande dessinée, sans trahir l’essence du mythe originel.

La BD explore avec subtilité les thèmes universels de l’amour interdit et de la transgression du tabou. La relation entre Mélusine et Raymondin transcende le simple récit merveilleux pour questionner les fondements du couple et de la confiance mutuelle. Didier Quella-Guyot parvient à insuffler une dimension psychologique moderne aux personnages médiévaux, créant une tension scénaristique palpable autour du secret que doit garder Raymondin.

Sophie Balland déploie un style graphique qui allie « mystère et sensualité », parfaitement adapté à cette histoire d’amour surnaturel. Son approche « réaliste classique » enrichie d’une mise en page dynamique et moderne crée un équilibre visuel saisissant entre ancrage historique et accessibilité contemporaine. Les métamorphoses de Mélusine bénéficient d’un traitement graphique particulièrement réussi.

Cette adaptation constitue une introduction à la richesse de la littérature médiévale française, recommandée tant aux amateurs de bandes dessinées historiques qu’aux passionnés de légendes.


Ayla – Le Clan de l’ours des cavernes

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Jungle.


Adapté du roman « Les enfants de la terre » de Jean M. Auel publié le 4 mai 1980.

couverture bd Le Clan de l'ours des cavernes

Quelque part en Europe, 35 000 ans avant notre ère. Petite fille Cro-Magnon de cinq ans, Ayla est séparée de ses parents à la suite d’un violent tremblement de terre.
Elle est recueillie par le clan de l’ours des cavernes, une tribu Neandertal qui l’adopte, non sans réticence, ayant reconnu en elle la représentante d’une autre espèce, plus évoluée.

Iza, la guérisseuse, Brun, le chef et Creb, le magicien lui enseignent les règles de la vie communautaire, leurs rites, leurs peurs, leurs audaces. Mais Ayla, la fillette blonde aux yeux bleus les surprend par sa puissance de raisonnement qui lui permet de s’adapter, de réagir rapidement et de ne pas être totalement dépendante de son environnement.
Une différence qui ne tarde pas à faire d’elle une menace pour tout le clan, et à attiser la convoitise de Brud, le fils du chef… 

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Clan de l’ours des cavernes »


Avec Le Clan de l’ours des cavernes, Camille Moog réussit une adaptation graphique à la fois fidèle et vibrante du roman culte de Jean M. Auel.
Plongé dans l’Europe de la Préhistoire, le lecteur suit Ayla, jeune Homo sapiens séparée de sa famille par un cataclysme et recueillie par un clan de Néandertaliens. Ce contexte, minutieusement reconstitué, sert de toile de fond à une réflexion profonde sur la différence, l’émancipation et la condition féminine, des thèmes étonnamment contemporains pour une histoire située il y a 35 000 ans

La narration de Camille Moog se distingue par la justesse de ses choix : elle met en scène la lutte d’Ayla pour s’intégrer dans une société qui la rejette, tout en soulignant la richesse psychologique des personnages. Les tensions entre traditions ancestrales et ouverture à l’autre sont incarnées avec subtilité, notamment à travers la relation entre Ayla et sa mère adoptive Iza, mais aussi dans la confrontation avec le patriarcat du clan.

Graphiquement, l’album séduit par ses illustrations puissantes et immersives. Le découpage clair et les ambiances colorées de Marta Todeschini renforcent l’émotion des scènes, qu’il s’agisse des moments de douceur ou de violence rituelle. Le trait expressif de Moog traduit parfaitement la rudesse du quotidien préhistorique tout en rendant les personnages attachants et nuancé

Le Clan de l’ours des cavernes s’adresse autant aux adolescents qu’aux adultes amateurs de récits d’émancipation. Cette bande dessinée offre un voyage dépaysant.

Jules Matrat – Tome 3

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Charles Exbrayat publiée en 1942.

Le destin brisé d’un poilu traumatisé par la guerre.

couverture bd Jules Matrat - Tome 3

C’est dans la paisible Haute-Loire que la guerre vient chercher Jules Matrat, un beau jour d’août 1914. La guerre, il n’avait pas envie de la faire, comme il n’avait pas envie de laisser Rose, sa fiancée.
De retour chez lui après quatre années terribles dans les tranchées où il a vu son ami Louis Agnin périr, Jules n’est plus le même homme. Brisé, il s’est muré dans un douloureux silence.
En 1919, après avoir perdu son fils, il continue de se perdre lui-même. Pour l’aider et tenter de sauver leur couple, Rose lui propose de faire ce qu’il avait promis à son copain Louis : visiter son village et rencontrer sa famille.
Peut-être qu’après ce pèlerinage, la tristesse le quittera enfin. Mais une fois sur place rien ne se passera comme Jules l’avait imaginé…
Son camarade n’est plus ; dans son village, la vie paraît avoir repris sans lui et seul son chien semble encore attendre son maître. Jules, de retour à la maison, se noie dans ses pensées les plus noires.

Adapté du roman éponyme de Charles Exbrayat (publié aux éditions Albin Michel), cette trilogie conçue comme « le récit d’une vie quotidienne » raconte le destin brisé d’un jeune poilu hanté par les images d’une guerre qualifiée de « boucherie ».

Serge Fino dépeint avec un réalisme déconcertant la détresse d’un homme et les conséquences sur les générations futures de tels massacres, s’affirmant du même coup comme un auteur majeur du neuvième art.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jules Matrat – Tome 3 »

Avec ce troisième et ultime volet, Serge Fino achève brillamment son adaptation du roman de Charles Exbrayat, transformant cette œuvre littéraire méconnue en une bande dessinée d’une puissance narrative exceptionnelle. Ce tome final explore le délicat pèlerinage de Jules vers le village de son ami disparu Louis Agnin, dans l’espoir vain de trouver enfin la paix intérieure.

Jules entreprend ce voyage symbolique à la demande de Rose, tentant de honorer sa promesse faite dans les tranchées. Mais la désillusion face à la vie qui a continué sans Louis aggrave son incompréhension du monde. Serge Fino dépeint avec un réalisme saisissant cette confrontation entre l’idéalisation du souvenir et la brutalité du réel, révélant l’irréversibilité des blessures psychologiques.

Les couleurs directes de Serge Fino atteignent ici leur pleine maturité artistique. Sa technique d’aquarelliste traduit avec justesse l’alternance entre les paysages apaisants de Haute-Loire et l’obscurité intérieure du protagoniste. Chaque planche révèle un soin méticuleux du détail historique, fruit d’un important travail documentaire sur la vie paysanne de l’époque. La mise en page classique et équilibrée permet une contemplation mélancolique parfaitement accordée au rythme du récit original.

Cette adaptation constitue une réussite totale qui honore le roman de Charles Exbrayat. Serge Fino reprend des phrases entières du texte source, créant une œuvre d’une authenticité confondante. Sa voix off et son écriture simple mais ciselée transforment cette trilogie en témoignage essentiel sur les conséquences durables des conflits armés.

Cette œuvre s’impose comme l’un des sommets du neuvième art contemporain.


La Maison du canal

Album publié en 2025 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée en 1933.

À la mort de son père, Edmée, une jeune fille de 16 ans, quitte Bruxelles pour s’installer chez des cousins, au cœur de la Flandre. Le contraste est brutal entre les lumières de la grande ville et l’ambiance pesante de la campagne flamande, sillonnée de canaux et plongée dans une lumière blafarde.

Pour Edmée, le choc est d’autant plus rude que, le jour de son arrivée, c’est le père de sa nouvelle famille qui décède à son tour. Pour ne rien arranger, elle découvre que les finances familiales se révèlent moins florissantes qu’annoncé.

Désormais, elle va devoir apprendre à se faire une place parmi ses six cousins et cousines, aux tempéraments si différents. Entre attirance et répulsion, entre lourds secrets et jeux de séduction parfois ambigus, l’atmosphère se délite peu à peu, ouvrant la voie à un drame que rien ni personne ne pourra empêcher…

Dans un récit qu’il considérait comme son premier « roman libre », Georges Simenon explore les tréfonds de l’âme humaine et ses noirceurs. José-Louis Bocquet et Édith en livrent une adaptation qui met à nu l’humanité des personnages, et dans laquelle le graphisme rend presque palpables la pesanteur de leur quotidien et le poids accablant de leur destinée.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Maison du canal »

La Maison du canal, adaptation en bande dessinée du roman de Georges Simenon parue en septembre 2025, constitue une transposition du premier « roman libre » de l’écrivain. José-Louis Bocquet et l’artiste Édith livrent une interprétation fidèle au roman source.

Le récit suit Edmée, seize ans, qui abandonne Bruxelles suite au décès de son père et s’établit en Flandre profonde, au domaine des Irrigations. Cette jeune femme, caractérisée par son insubordination naturelle, s’impose progressivement dans une famille de cousins qu’elle méprise d’emblée. Georges Simenon renverse l’architecture policière classique : les crimes surviennent en cours de narration, tandis que l’enquête demeure épilogue.

extrait bd La Maison du canal

Le trait de génie réside dans la palette graphique d’Édith, dominée par cinquante nuances de gris chargées d’une symbolique mélancolique. Chaque case épouse la pesanteur psychologique des protagonistes, cernés par des paysages délavés et la pluie incessante. Les visages expressifs témoignent d’une humanité en détresse, prisonnière d’un huis clos où la nature elle-même semble complice d’un destin inévitable.

Cette adaptation séduira les amateurs de romans psychologiques noirs et les admirateurs de Georges Simenon.

La Belle et la Bête

Album publié aux éditions Réunion Des Musées Nationaux en 2025.


Adapté de l’œuvre d’ Jeanne-Marie Leprince de Beaumont parue en 1756.

couverture bd La Belle et la Bête

Une Belle qui joue du clavecin mais porte des baskets, une Bête aussi effrayante qu’adorable, un père aimant qui enchaîne les gaffes et deux soeurs aussi idiotes que les plus idiotes des influenceuses : voici, dans le texte original du XVIIIe siècle, la véritable histoire de la Belle et la Bête !
Grâce aux dessins malicieux de Jul, redécouvrez la beauté universelle d’un classique de la littérature.
Parce que l’humour et l’ironie sont un trésor, pour les enfants comme pour les grands, voici un livre à mettre entre toutes les griffes !

La version de La Belle et la Bête adaptée par Jul est une relecture contemporaine et satirique du conte classique de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.
Jul, connu pour son humour et son regard acéré sur la société (Silex and the CityLucky Luke), transpose l’histoire dans un univers moderne, tout en conservant la trame du texte original du XVIIIe siècle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle et la Bête »

Cette adaptation contemporaine du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont par Jul constitue une réinvention graphique audacieuse qui revisite avec brio l’un des récits les plus universels de la littérature française
Initialement commandée pour l’opération « Un livre pour les vacances » avant d’être censurée par le ministère de l’Éducation nationale, cette BD trouvera finalement sa place en librairie aux éditions GrandPalais-RMN.

Jul démontre ici sa capacité à dépasser son registre habituel de la satire sociale pour s’approprier un classique littéraire. Son approche révèle une compréhension fine du texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : ce texte vibre d’une actualité étonnante, mais plus fondamentalement, il est intemporel, car l’absence de descriptions laisse à l’imagination le soin de créer ses propres décors et personnages. Cette lecture éclairée permet à l’auteur de Silex and the City de proposer une transposition contemporaine sans dénaturer l’essence du conte.

Le dessinateur exploite intelligemment l’indétermination physique de la Belle dans le texte original pour en faire « une brunette un peu typée », incarnation d’une jeunesse multiculturelle qui reflète la diversité de la France d’aujourd’hui. Cette représentation inclusive s’inscrit dans la dimension féministe du conte original, Jul soulignant avec justesse que l’œuvre « respire le féminisme, ou au moins l’aspiration à l’égalité des sexes ».

Formé au dessin de presse satirique, Jul adapte son trait habituel – cette « ligne simple, jetée » caractéristique de son travail journalistique – pour servir un propos plus nuancé. Son style graphique épuré, hérité de ses années chez Charlie Hebdo et dans diverses publications, trouve ici une nouvelle dimension. La conception de la Bête illustre parfaitement cette évolution : « un monstre à mi-chemin entre une créature de Miyazaki et Barbouille de Barbapapa, à la fois effrayant et profondément attachant ».

L’insertion d’éléments contemporains – smartphones, réseaux sociaux, références aux influenceurs – pourrait sembler anachronique, mais s’avère parfaitement maîtriséeJul évite l’écueil du modernisme gratuit en ancrant ces références dans une critique sociale cohérente : les sœurs « obsédées par les écrans et le nombre de leurs abonnés » s’opposent à Belle qui « lit des livres ou fait de la musique ». Cette dichotomie porte un message d’une actualité brûlante sur la « tyrannie des écrans ».

L’auteur déploie ici son talent habituel d’observateur social, transposant dans l’univers du conte sa capacité à « capter l’air du temps » qui fait le succès de ses créations précédentes, de Il faut tuer José Bové à 50 nuances de Grecs.

Au-delà de la controverse qui a entouré sa création, cette Belle et la Bête révèle la richesse créative d’un auteur capable de renouveler son approche artistique sans perdre son identité. L’album confirme que Jul possède les outils intellectuels et artistiques pour aborder les grands textes du patrimoine littéraire avec pertinence et originalité.

Cette adaptation s’adresse autant aux jeunes lecteurs qu’aux adultes, proposant plusieurs niveaux de lecture. Elle constitue une passerelle réussie entre patrimoine littéraire et culture contemporaine, démontrant que les classiques peuvent encore parler aux nouvelles générations quand ils sont approchés avec intelligence et respect.

Guy de Maupassant – Nouvelles – Tome 4

Album publié en 2025 aux éditions Varou.


Résumé éditeur

couverture bd bd Guy de Maupassant - Nouvelles - Tome 4

Originaire de Normandie, Guy de Maupassant est un écrivain majeur de la littérature française et certainement le plus grand auteur de nouvelles.
Grâce à son style sobre et limpide et à ses thèmes touchant l’universel, ses œuvres gardent aujourd’hui encore la même modernité, la même force.
Disséquant l’âme humaine à travers ses vices et ses malices, il n’épargne personne, ni les paysans, ni les bourgeois, ni les jeunes, ni les anciens. Il a une prédilection pour les destins tragiques, même s’il ne délaisse pas totalement un registre plus léger, teinté d’ironie.
Il est aussi l’un des pères du fantastique avec ses histoires mystérieuses et angoissantes.
Pour vous, nous avons sélectionné sept nouvelles représentatives de l’œuvre unique de Guy de Maupassant et de sa vision du monde. 3 nouvelles extraites de l´album : Le tic, La rempailleuse, Divorce.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Guy de Maupassant – Nouvelles – Tome 4 »

Ce quatrième et dernier tome réussit à capturer la profondeur psychologique de Guy de Maupassant en sept nouvelles adaptées avec sensibilité. On y retrouve les grands classiques : DivorceLa Rempailleuse, l’histoire touchante d’une femme oubliée qui trouve enfin un sens à son amour, et Le Tic, récit dérangeant d’une maladie nerveuse qui détruit un homme de l’intérieur.

Les différents dessinateurs, menés par Olivier Brazao au trait épuré et réaliste, parviennent à transposer l’atmosphère oppressante de chaque nouvelle. Les dialogues courts mais incisifs, typiques de Guy de Maupassant, restent intacts et conservent cette ironie grinçante envers les petitesses humaines : l’hypocrisie bourgeoise, la cupidité, l’ambition qui corrompt.

extrait bd Guy de Maupassant - Nouvelles - Tome 4

La force de cette adaptation réside dans son respect du texte original. Aucun artifice gratuit, juste des images justes qui donnent à voir ce que Guy de Maupassant savait si bien écrire. Le dessin ne vient pas distraire la lecture, il l’accompagne naturellement.

À découvrir pour tous ceux qui aiment la littérature française et cherchent une nouvelle façon de la redécouvrir.


La Chambre des merveilles

Album publié en 2022 aux Editions Bamboo.


Adapté du roman de Julien Sandrel publié pour la première fois le 7 mars 2018.

couverture bd La Chambre des merveilles

Le pari fou d’une mère qui veut sortir son fils du coma en réalisant ses rêves…

Louis a 12 ans quand un camion le percute et le plonge dans le coma. Le pronostic est sombre. Si son état n’évolue pas, il faudra débrancher le respirateur.
Plutôt que de baisser les bras, sa mère Thelma décide de se battre à sa façon : la seule qui lui paraît envisageable.
Durant ce temps suspendu à cette décision médicale dramatique, à la place de son fils, elle va réaliser ses « merveilles », toutes les expériences qu’il aurait aimé vivre et qu’il a consignées dans un carnet.
À travers elle, il verra combien la vie est belle. Peut-être même que ça l’aidera à revenir. Et si Louis doit mourir, il aura vécu par procuration la vie dont il rêvait.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Chambre des merveilles »

Adaptée du roman à succès de Julien Sandrel, « La Chambre des merveilles » trouve sous la plume de Philippe Pelaez et le pinceau de Patricio Angel Delpeche une nouvelle dimension graphique, toute en sensibilité et en éclat.
Cette bande dessinée plonge le lecteur dans le combat bouleversant de Thelma, mère célibataire absorbée par sa carrière, confrontée à l’accident de son fils Louis, plongé dans le coma à seulement douze ans. Face à l’urgence, Thelma entreprend de réaliser une à une les « merveilles » consignées par Louis dans un carnet secret, espérant ainsi raviver en lui l’envie de vivre.

Le récit équilibre émotion et espoir, alternant moments de profonde tristesse et pointes d’humour, notamment à travers les situations cocasses auxquelles Thelma se confronte en réalisant les rêves parfois farfelus de son fils. 
La profondeur psychologique des personnages, en particulier celle de Thelma, s’affine au fil des pages : son parcours introspectif, sa vulnérabilité et sa capacité à se réinventer résonnent avec justesse.

extrait bd La Chambre des merveilles

Côté graphisme, Patricio Angel Delpeche insuffle à l’album une énergie lumineuse. Les couleurs vives et les compositions dynamiques donnent vie aux émotions, rendant palpable la vitalité de Louis à travers les actions de sa mère. Chaque planche accentue la dimension positive de l’histoire, tout en respectant la gravité du sujet.

Cette adaptation en bande dessinée réussit le pari de conjuguer légèreté et gravité. Elle offre une lecture aussi réconfortante qu’inspirante.