Catégorie : Litterature en BD

Aziyadé

Bande dessinée publiée en 2007 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Pierre Loti publié en 1879.

couverture Aziyadé

«Il y a quelques années, j’ai entendu à la radio une lecture d’Aziyadé par Daniel Mermet. J’ai vraiment été charmé par la langue de Pierre Loti, son côté répétitif, morbide et romantique.
C’est une belle histoire d’amour dans un contexte historique intéressant.

C’est la fin de l’empire ottoman. Mais ce qui me plaisait, c’était de raconter comment un officier anglais (rappelons qu’à cette époque, l’empire britannique est le « maître du monde ») peut tout lâcher pour prendre la nationalité turque et devenir simple batelier sur la mer Noire.


Curieusement, Loti, dont c’est l’un des premiers romans, et qui s’inspire de sa véritable histoire, a choisi d’appeler son personnage Loti, mais il en a fait un offcier anglais. Le livre comporte une sorte de dilettantisme dans sa construction. Des personnages apparaissant dans une scène peuvent très bien disparaître à tout jamais. Mais, je le répète, quel beau texte !
»

Franck Bourgeron.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Aziyadé »


Dans les méandres de la nostalgie et du désir, « Aziyadé » de Franck Bourgeron nous invite à traverser l’écran du temps pour retrouver l’essence d’une passion qui défie les époques.

C’est avec une plume empreinte d’un romantisme teinté de désespoir que Pierre Loti a jadis narré son amour impossible avec Aziyadé, et Bourgeron nous en livre une interprétation graphique qui se veut tout aussi poignante et délicate.

Le graphisme, loué pour sa capacité à capturer l’intensité d’un regard ou la douceur d’un geste, porte l’empreinte indélébile de l’artiste.

Bourgeron traduit la complexité des sentiments avec des traits qui semblent danser entre ombre et lumière, donnant vie à des personnages aux expressions vibrantes de réalité. Les couleurs, utilisées avec parcimonie mais d’une justesse éloquente, accentuent le drame latent de chaque scène, conférant à l’ensemble une atmosphère à la fois onirique et douloureusement réelle.

extrait bd Aziyadé

« Aziyadé » s’offre comme une fenêtre ouverte sur les tourments d’un amour figé dans le temps, mais vibrant d’une éternité d’émotions. Bourgeron réussit là où les mots seuls peuvent échouer : il invite le lecteur à ressentir plutôt qu’à comprendre, à se perdre dans la contemplation d’un amour qui, bien que perdu dans les méandres de l’histoire, résonne avec une intensité sans époque.

Le jour d’avant

Album publié en 2024 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Sorj Chalandon publiée en 2017.

couverture bd Le jour d'avant

« Venge-nous de la mine, avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis.

À sa mort, mes poings menaçant le ciel. Je n’ai jamais cessé de le lui promettre.
J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, mort en paysan. Venger ma mère, morte esseulée.
J’allais tous nous venger de la mine. Nous laver des Houillères, des crapules qui n’avaient jamais payé leurs crimes. »


Au-delà de leur travail d’adaptation, Romain et Simon enrichissent cet album d’un cahier documentaire, résultat d’un travail de terrain, à Liévin, au Musée de l’école de la Mine ou encore au Centre historique minier de Lewarde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le jour d’avant »

Avec Le Jour d’avant, Romain Dutter et Simon Géliot livrent une adaptation poignante du roman de Sorj Chalandon, relatant la catastrophe minière de Liévin en 1974.

Le récit suit Michel, hanté par la disparition de son frère aîné Joseph, mort lors de l’explosion tragique qui a coûté la vie à quarante-deux mineurs. À travers ses yeux, nous plongeons dans un monde où la souffrance devient héritage familial. Les auteurs naviguent habilement entre passé et présent, construisant une narration qui transcende le simple témoignage historique pour se muer en réflexion sur la mémoire et la vengeance.

extrait bd Le jour d'avant

Graphiquement, le travail de Simon Géliot est saisissant. Ses traits lourds et chargés de détails donnent vie à des personnages marqués par des années de peine. Les couleurs sombres, entre gris et noir, renforcent l’ambiance oppressante de cette époque minière où chaque descente au fond des galeries pouvait être la dernière.

L’intensité dramatique du récit est magnifiée par une mise en page fluide, alternant silences et éclats émotionnels. Le poids des souvenirs, la colère rentrée et l’injustice ressentie s’expriment avec une force rare, faisant de Le Jour d’avant bien plus qu’un simple roman graphique.

Le vagabond des Étoiles – Intégrale

Album publié en 2021 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jack London publié en 1915.

L’un des chefs-d’oeuvre de Jack London, magistralement adapté par Riff Reb’s, proposé sous la forme d’une prestigieuse édition intégrale.


Orné d’un fer à chaud argent, cette édition intégrale – grand format – réunit les volumes 1 et 2 du Vagabond des Étoiles, un projet que Riff Reb’s porte en lui depuis une trentaine d’années.

Oscillant entre réalisme et fantastique, ce récit s’impose à la fois comme un procès contre l’univers carcéral et un hommage à la puissance de l’imaginaire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le vagabond des Étoiles – Intégrale »

Riff Reb’s, avec son dernier chef-d’œuvre graphique « Le Vagabond des Étoiles« , ne se contente pas de transposer en images le récit de Jack London, mais il le transcende. Dans cette épopée carcérale où la noirceur des murs de la prison contraste avec l’éclat des rêves d’évasion, Reb’s déploie un art narratif qui marie avec brio le texte et l’image.

Son dessin, tantôt épuré, tantôt détaillé, accompagne le lecteur dans l’obscurité des cellules aussi bien que dans la lumière des paysages intérieurs du protagoniste. La palette de couleurs est une métaphore visuelle des états d’âme, des transitions douces des bleus et gris des songes aux teintes dures et réelles de la vie en détention.

Cette œuvre, portée par un projet de trente ans, est un hommage à la liberté de l’esprit face à l’oppression physique. Reb’s ne se fait pas seulement l’écho de London, il amplifie sa voix avec une puissance graphique qui donne une nouvelle dimension à l’histoire.



Le vagabond des Étoiles – Seconde partie

Album publié en 2020 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jack London publié en 1915.

couverture bd Le vagabond des Étoiles - Seconde partie

Magistralement adapté en deux volumes par Riff Reb’s, Le Vagabond des Étoiles est un sublime hommage à l’un des chefs-d’oeuvre de Jack London.

San Quentin. Dans la prison d’État, Darrell Standing, toujours soumis à la torture de la camisole de force, poursuit ses voyages extracorporels.

Il s’incarne dans de nouvelles vies – hommes, femme, enfant – à travers l’histoire du monde, qui nous font voyager du western au péplum en passant par la préhistoire.

Pour garder la raison, Darrell Standing recherche et trouve des preuves de la réalité de ses vies antérieures. S’ouvre également pour lui un abîme de réflexions sur l’immuable destin de l’humanité partout et toujours inféodée à l’amour, la superstition et la violence.

Finalement en marche vers la potence, il esquisse un sourire car il a cette phrase en tête : « Il m’a fallu mourir et mourir encore pour m’apercevoir que la vie était inépuisable. »


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le vagabond des Étoiles – Seconde partie »

Dans « Le vagabond des Étoiles – Seconde partie« , Riff Reb’s parachève son voyage artistique dans les méandres de l’esprit de Darrell Standing, personnage de Jack London condamné à l’immobilité corporelle et à l’errance astrale.

Si la prison de San Quentin est le théâtre de son calvaire physique, c’est dans l’éther que se joue sa quête de liberté. Reb’s, dans un graphisme où la force des noirs et blancs rivalise avec l’audace des couleurs assignées à chaque chapitre, crée une atmosphère qui est un cri contre l’enfermement et une ode à la puissance évocatrice des rêves.

extrait bd Le vagabond des Étoiles - Seconde partie

Ce dernier opus, baigné dans une palette de teintes singulières, transporte le lecteur à travers des vies antérieures débordantes de réalisme et de fantastique.

Le trait de Reb’s, précis et captivant, alloue à chaque personnage une identité graphique forte, éloignée de la redondance visuelle souvent reprochée dans le neuvième art. Ce travail d’adaptation ne se contente pas de rendre hommage à London mais interroge, par la profondeur de ses illustrations, la condition humaine face à l’adversité.

L’ingéniosité narrative de Reb’s se révèle dans sa capacité à tisser un lien intime entre le lecteur et le protagoniste, dont les évasions mentales deviennent des fenêtres d’évasion pour nous tous.

« Le vagabond des Étoiles » n’est pas seulement un succès graphique, c’est une expérience transcendante qui rappelle que l’imaginaire est le dernier sanctuaire de liberté de l’homme.



Le vagabond des Étoiles – Première partie

Album publié en 2019 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jack London publié en aout 1915.

couverture bd Le vagabond des Étoiles - Première partie

Magistralement adapté en deux volumes par Riff Reb’s, Le Vagabond des Étoiles est un sublime hommage à l’un des chefs d’oeuvre de Jack London.

San Quentin. Dans la prison d’État de Californie, Darrell Standing, ingénieur agronome, s’apprête à être pendu.

Pour supporter les tortures que lui infligent les geôliers, il s’évade au gré de voyages astraux dans des vies passées.

Il se retrouve sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure au coeur du Paris de Louis XIII ; sous ceux d’un enfant sur les pistes de la conquête de l’Ouest ; en ermite hystérique ; en migrante irlandaise ; ou encore en Viking devenu soldat romain…

Oscillant entre réalisme et fantastique, ce roman remarquablement adapté par Riff Reb’s s’impose à la fois comme un procès contre l’univers carcéral et un hommage à la puissance de l’imaginaire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le vagabond des Étoiles – Première partie »

Dans l’adaptation audacieuse de Riff Reb’s, « Le Vagabond des Étoiles – Première partie » se révèle être un triomphe visuel qui s’empare de l’essence même de l’œuvre de Jack London. Ce n’est pas tant une adaptation qu’une renaissance où les frontières entre la prison corporelle et l’évasion de l’esprit s’estompent dans un ballet d’ombres et de lumières.

Reb’s, armé de son pinceau comme d’un scalpel, dissèque la dureté du système carcéral américain et offre, par contraste, une ode à la liberté de l’esprit humain. Son protagoniste, Darrell Standing, incarne la résilience de l’âme face à l’oppression, trouvant refuge dans des vies antérieures aussi diverses que captivantes. Chaque page est une fresque qui nous transporte d’une époque à l’autre, une palette de souffrances et de rêves.

extrait bd Le vagabond des Étoiles - Première partie

L’album, tout en étant un hommage au talent narratif de London , se démarque par la force de son expression graphique. Reb’s ne se contente pas de dessiner ; il grave dans le papier le cri silencieux d’un homme en quête de son dernier territoire de liberté : l’imaginaire.

En résulte une œuvre à la fois sombre et lumineuse, un reflet poignant de l’humanité qui, même enchaînée, aspire à l’infini des étoiles. « Le Vagabond des Étoiles » est ainsi une invitation à redécouvrir London à travers le prisme d’un artiste qui ne se contente pas d’illustrer un récit, mais qui le transcende.



Ô vous, frères humains

Album publié en 2016 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman d‘Albert Cohen publié le 31 mai 1972.

couverture bd Ô vous, frères humains

«Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant.»


En deux courtes phrases, Albert Cohen livre l’essentiel de son propos.

Un texte uppercut qui revit aujourd’hui sous la plume de Luz, né l’année de publication chez Gallimard de ce court récit moins connu que Belle du seigneur ou Solal, lus de générations en générations.

Après son album très personnel, Catharsis, Luz s’attèle à nouveau sur un sujet qui l’habite : la perte de l’innocence.

Il s’affirme ici comme un dessinateur humaniste incontournable.

Source :



Dans un monde où les cicatrices de l’histoire se perpétuent à travers les âges, « Ô vous, frères humains » de Luz apparaît comme une réflexion visuelle aussi bouleversante qu’intemporelle.

Adaptation de l’œuvre éponyme d’Albert Cohen, Luz y transpose le témoignage d’un enfant confronté à la brutalité de l’antisémitisme.

C’est un voyage graphique dans le crâne d’un Cohen vieillissant, hanté par les affres de son enfance. Luz, par le minimalisme de son dessin, parvient à laisser résonner le silence assourdissant d’une insulte qui a fissuré une âme.

Sans cases ni bulles, Luz dépeint avec une précision émotionnelle l’instant où l’innocence est souillée par la haine. Cette haine, qui prélude aux plus grands effrois de l’humanité, trouve dans cette BD un écho visuel percutant. La dualité entre la simplicité du trait de Luz et la complexité des émotions transmises renforce le message humaniste de l’œuvre originale. L’album devient un cri graphique, où chaque coup de pinceau est un appel à la mémoire et à la conscience collective.

L’œuvre de Luz questionne la capacité de l’art à incarner le refus d’une amnésie collective face aux horreurs du passé. En nous montrant comment un enfant juif se voit brutalement assigné à une identité par la calomnie et le rejet, Luz ne fait pas que raconter une histoire – il interpelle chaque lecteur sur les violences quotidiennes qui, bien que moins spectaculaires que les chambres à gaz, n’en sont pas moins destructrices.

« Ô vous, frères humains » est une réussite remarquable qui, loin de se cantonner à la seule évocation d’une époque révolue, s’ancre profondément dans les questionnements de notre présent. Luz nous rappelle avec force que la barbarie commence dans le cœur et le verbe de l’homme, et qu’il est de notre devoir de veiller à ne jamais laisser cette haine se banaliser.

La Neige en deuil

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvre.


D’après le roman de Henri Troyat publié en 1952.

couverture bd La Neige en deuil

Isaïe et Marcellin, deux frères, vivent depuis toujours dans leur bergerie familiale au sein de la montagne.

Tout semble pourtant les opposer. Isaïe, marqué par un grave accident d’alpinisme lui ayant laissé des séquelles, vit pour s’occuper de ses moutons.

À l’opposé, Marcellin rêve de quitter la monotonie de ce quotidien pour rejoindre la ville et ouvrir son magasin.

Un jour, un avion s’écrase au sommet de la montagne. On raconte qu’il abrite de l’or.

Prêt à tout pour arriver à ses fins, Marcellin propose à Isaïe une dangereuse expédition à la recherche de l’épave, quitte à mettre en péril leur relation fraternelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Neige en deuil »

Dans l’adaptation graphique de « La Neige en Deuil » par Dominique Monféry, il y a une collision spectaculaire entre la majesté imperturbable de la montagne et la fragilité déchirante de l’âme humaine.

La montagne, personnifiée presque comme un protagoniste silencieux, est à la fois le théâtre et le juge des drames humains qui se déroulent sur ses flancs enneigés. Monféry saisit cette essence avec une maîtrise qui transcende le médium de la bande dessinée.

Le récit, emprunté au roman d’Henri Troyat, est celui d’une fraternité mise à l’épreuve par la cupidité et le désir d’évasion. Isaïe, le frère aîné, est un monument de résilience, un reliquat du passé qui se tient stoïquement contre les assauts incessants du progrès incarné par son frère cadet, Marcellin.

Le dessin de Monféry est une symphonie visuelle qui joue sur le contraste entre la chaleur des relations familiales et le froid de l’ambition, avec des paysages qui sont autant des tableaux que des toiles de fond.

extrait bd La Neige en deuil

La progression de la palette de couleurs au fil de l’histoire est notable, reflétant la tension croissante et les émotions évoluant de l’espoir à la tragédie. La forme physique de la bande dessinée elle-même, avec ses planches étendues, offre une ampleur qui émule la grandeur de la montagne, tout en permettant une proximité intime avec les personnages.

« La Neige en Deuil » est donc une œuvre qui ne parle pas seulement de deux frères ou d’une montagne, mais d’une humanité aux prises avec ses propres limites, et de la manière dont nos ambitions peuvent nous élever ou nous précipiter vers notre chute. En somme, Monféry livre une méditation graphique sur la condition humaine, tout en rendant hommage à la fois à Troyat et à la puissance de la nature.

Le Père Goriot – Tome 2

Album publié en 2010 aux Editions Delcourt.


Adapté de l’œuvre d’Honoré De Balzac publiée en février 1835.

Après ses vaines tentatives pour s’imposer dans la haute société parisienne, Rastignac décide d’apporter son soutien au père Goriot.

Ce dernier, mourant, souhaite voir ses filles, désespérément absentes.

Finalement, seul le jeune homme assistera à l’enterrement. Du haut du cimetière de Paris, surplombant ce monde dans lequel il a voulu pénétrer, il lancera ces mots : – À nous deux maintenant !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Père Goriot – Tome 2 »

Thierry Lamy et son équipe saisissent avec acuité l’esprit de l’œuvre balzacienne, transportant le lecteur dans les méandres d’une société parisienne où le lustre des apparences masque souvent la rouille des âmes.

Ce deuxième tome continue à tisser le récit de Rastignac, jeune ambitieux dans la jungle aristocratique, où chaque relation est une échelle vers l’ascension ou la chute sociale.

Sa quête est mise en images avec une palette de couleurs et des traits qui expriment le contraste saisissant entre la richesse extérieure et la misère intérieure des personnages.

C’est une danse macabre de vanités, une sarabande où l’on court après le vent de la reconnaissance et de l’amour filial piétiné par l’égoïsme et l’ambition.

Les frivolités de l’époque de Balzac trouvent un écho dans notre ère numérique, où les réseaux sociaux sont les nouveaux salons de conversation et de séduction.

On notera la fidélité de l’adaptation, mais également la capacité de la bande dessinée à capturer la critique sociale aiguisée de Balzac.

Le dessin et la mise en couleurs de Bruno Duhamel viennent appuyer ce propos, offrant une immersion complète dans l’univers du XIXe siècle.

« Le Père Goriot – Tome 2 » est un hommage habilement réalisé à l’un des plus grands romans du canon littéraire français, un travail d’adaptation qui offre à la fois un rappel des classiques et une fenêtre sur notre propre société.


Le Père Goriot – Tome 1

La belle image

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Marcel Aymé publié le 28 janvier 1941.

couverture bd La belle image

En l’espace d’un instant, la vie d’un homme ordinaire bascule. Les passantes le suivent du regard, leurs yeux brillent, elles lui sourient… Il a changé de visage.


Mieux encore, ses traits se sont affinés, il paraît plus jeune et surtout, plus séduisant. Mais s’il gagne au change, il est devenu par la même occasion un parfait étranger pour tous ses proches. Plus personne ne le reconnaît et c’est toute sa vie qui se dérobe et qu’il doit réinventer.


Entre le charme de son épouse et celui de l’envoûtante Sarrazine, c’est aussi l’heure des choix et il va découvrir que cette «belle image» peut s’avérer difficile à porter…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La belle image »

Dans « La Belle Image« , Cyril Bonin s’empare avec audace du roman de Marcel Aymé pour le métamorphoser en une bande dessinée d’une finesse psychologique remarquable.

L’histoire de Raoul Cérusier, homme ordinaire doté d’un nouveau visage par un sortilège du quotidien, interroge profondément sur la notion d’identité et le poids de l’apparence dans nos sociétés.

Le dessin de Bonin, avec ses traits expressifs et ses couleurs empreintes de nostalgie, donne corps aux tourments intérieurs du protagoniste et à ce Paris aux allures intemporelles. La transformation de Raoul ne se limite pas à un changement esthétique ; elle conduit à une cascade de remises en question sur sa vie, ses choix et ses relations, dessinant une chronique sociale captivante.

extrait bd La belle image

Si le rythme de la narration peut sembler lent, il n’en demeure pas moins que cette lenteur semble volontaire, épousant le pas hésitant d’un homme qui redécouvre le monde à travers un regard neuf. Cette lenteur est aussi le reflet d’une certaine monochromie des teintes utilisées, renforçant la sensation d’étrangeté qui s’empare du lecteur.

« La Belle Image » est plus qu’une simple adaptation. Bonin réussit à capturer l’esprit d’Aymé tout en offrant une perspective neuve, faisant de cette bande dessinée une lecture réfléchie et mélancolique sur la quête de soi et les illusions de la superficialité

Un sac de billes – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié en 1973.

couverture bd Un sac de billes - Tome 3

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 3 »

Dans le troisième tome de « Un sac de billes« , le dessinateur Vincent Bailly et le scénariste Kris poursuivent l’adaptation des mémoires de Joseph Joffo avec une sensibilité graphique captivante.

L’œuvre, qui s’inscrit dans le Paris de l’après-Seconde Guerre mondiale, dépeint avec justesse les tribulations adolescentes de Jo, personnage central du récit.

La force de cette bande dessinée réside dans sa capacité à mêler légèreté et profondeur, en dévoilant les rêves et les désillusions d’un jeune homme confronté à la dure réalité d’un monde en reconstruction.

À travers les jeux de baby-foot, les combats de boxe abandonnés, et les petits trafics, Jo émerge comme un protagoniste aussi ingénieux qu’attachant, dont la quête de liberté et d’identité résonne avec universalité.

L’art de Bailly brille particulièrement dans l’usage de l’aquarelle, conférant une douceur mélancolique à la palette de l’immédiat après-guerre.

extrait bd Un sac de billes - Tome 1

Kris, quant à lui, manie la plume avec une dextérité qui équilibre habillement le rythme de la narration, jonglant entre les moments d’effervescence et de contemplation.

« Un sac de billes – Tome 3 » peut sembler manquer de l’intensité émotionnelle de ses prédécesseurs, il n’en demeure pas moins une œuvre d’une grande finesse, témoignant de l’adolescence comme d’un moment de vie riche de promesses et d’incertitudes.