Catégorie : Litterature en BD

En enfer avec Dante

Bande dessinée publiée en 2015 aux éditions Casterman.


D’après l’œuvre de Dante Alighieri composée en 1307 et 1321.

couverture bd En enfer avec Dante

La Divine Comédie de Dante revisitée avec… humour !

Dante, un hipster quadra en pleine crise existentielle, s égare dans une forêt symbole de l errance de l individu dans notre société de consommation.

Guidé par le poète antique Virgile (incarné ici en un chacal rouge), Dante traverse les 9 cercles de l enfer, faisant nombre de rencontres inattendues : Silvio Berlusconi (qui s y sent visiblement chez lui), Hitler et Pinochet mijotant dans un fleuve de sang, ou encore deux diablotins, qui tentent de remettre l énergie atomique au goût du jour…..


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « En enfer avec Dante »

Dans l’arène toujours fertile des adaptations graphiques, « En enfer avec Dante » de Michael Meier, paru chez Casterman, se démarque comme une œuvre qui transcende les frontières entre les classiques de la littérature et la modernité insouciante de la bande dessinée contemporaine.

L’audace de Meier réside dans son choix de plonger un Dante réinventé, incarnant le parfait hipster quadragénaire, dans les profondeurs flamboyantes d’un Enfer qui mélange habilement la trame de l’Alighieri original et un commentaire cinglant sur notre société actuelle.

Les figures historiques deviennent des compagnons d’infortune ou des démons sarcastiques dans les cercles de l’Enfer, Berlusconi y trouvant une aisance inquiétante, signe que l’histoire, même infernale, est un éternel recommencement.

Le trait de Meier, à la fois simple et expressif, avec ses teintes de rouge infernal et de noir abyssal, imprime un dynamisme qui rappelle celui d’un film d’animation. Cette esthétique contribue à une lecture fluide, qui, alliée à l’humour mordant et à l’action, rend cette bande dessinée rapidement consommable, mais durable dans son impact.

extrait bd En enfer avec Dante

L’ouvrage est un format à l’italienne, une référence subtile à l’œuvre de Dante. Chaque page est un festin visuel où l’on savoure la mise à jour d’un texte légendaire sans jamais se sentir accablé par son poids historique.

« En enfer avec Dante » est une recommandation enthousiaste pour ceux qui cherchent à revisiter un classique à travers le prisme de la culture pop, sans perdre de vue la portée philosophique et critique du texte d’origine.

Meier réussit avec brio à tisser le nouveau et l’ancien, prouvant une fois de plus que l’enfer, bien que peuplé de démons, peut être aussi un lieu de redécouverte jubilatoire.

L’Homme qui rit – Tome 4

Bande dessinée publiée en 2011 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

En ruine !

couverture bd L Homme qui rit - Tome 2

Gwynplaine découvre les origines de sa naissance.

Il est le fils légitime de Lord Clancharlie, un pair d’Angleterre, et a été vendu aux Comprachicos à la suite de la déchéance de son père.

Un moment enivré par cette révélation, il entend retrouver son rang.

Mais après avoir goûté aux fastes, il décide de retourner vers ses vrais amis…

Arrivera-t-il à temps pour les sauver d’un funeste épilogue ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 4 »

Dans le quatrième et dernier opus de l’adaptation graphique de « L’Homme qui rit » par Jean David Morvan et Nicolas Delestret, le roman de Victor Hugo est sublimé en images puissantes qui transcendent les mots pour parler directement à l’âme.

La conclusion de ce périple graphique, « En ruine !« , n’est pas qu’un simple épilogue mais une apothéose qui canalise toute la force émotionnelle du récit original.

Morvan, en fidèle scénariste, a su distiller l’essence du message d’Hugo, tandis que Delestret, à travers son pinceau, rend visible l’invisible douleur de Gwynplaine, ce personnage défiguré par la cruauté du sort mais noblement sculpté par la compassion de l’auteur.

La symbiose entre le texte et l’image atteint son apogée lors du discours de Gwynplaine à la Chambre des Lords, moment où le protagoniste dévoile sa vérité déchirante face à une aristocratie muette.

La descente aux enfers de Gwynplaine, après la révélation de ses origines et la confrontation avec son nouveau statut de pair d’Angleterre, est une métaphore de la quête d’identité et de la lutte contre les préjugés.

Ce tome est une réussite non seulement narrative mais aussi graphique. Le dessin de Delestret est une fenêtre ouverte sur l’époque, ses décors et ses costumes, mais surtout sur l’âme tourmentée des personnages. L’adaptation parvient à être fidèle tout en se réappropriant l’histoire pour la rendre accessible et vibrante pour un public moderne.

Morvan et Delestret offrent une œuvre qui, bien que s’inscrivant dans une tradition littéraire classique, s’affirme comme une création contemporaine forte et résonnante.

L’Homme qui rit – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

La Tentation de saint Gwynplaine.

couverture bd L Homme qui rit - Tome 3

Angleterre, XVIIe siècle.

Ursus pleure Gwynplaine, celui que l’on nommait l’homme qui rit.

Il le croit mort et enterré alors que repose dans le cercueil le cadavre d’un autre…

Ce dernier, avant d’être tué, aurait fait une troublante révélation : il y a de nombreuses années, lui et ses comprachicos auraient été payés pour déformer le visage d’un enfant qui se trouvait être le fils de Lord Clancharlie !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 3 »

Dans « La Tentation de saint Gwynplaine« , troisième acte graphique d’une série inspirée du roman de Victor Hugo, Jean David Morvan et Nicolas Delestret tissent une toile sombre où s’entremêlent destin et défiguration.

C’est un Gwynplaine arraché à sa troupe de saltimbanques et propulsé dans les hautes sphères de l’aristocratie anglaise que nous retrouvons, déchiré entre son identité grotesque de scène et sa noblesse d’héritage révélée.

Le récit, qui a emprunté la voie de la bande dessinée pour se réinventer, s’efforce de garder l’âme hugolienne, tout en y ajoutant des nuances propres au neuvième art. L’illustration n’est pas en reste, capturant avec une précision déconcertante la complexité des émotions qui traversent notre héros.

« La Tentation de saint Gwynplaine » est une œuvre qui se balance entre l’hommage fidèle et l’interprétation audacieuse, un funambule graphique sur la corde raide de l’adaptation littéraire.

Elle s’adresse à ceux qui cherchent à voir un classique sous un nouveau jour, tout en restant ancrée dans le paradoxe de son double héritage, celui d’une histoire intemporelle et d’une forme artistique en constante évolution.

L’Homme qui rit – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2008 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

Chaos vaincu.

couverture bd L Homme qui rit - Tome 2

Les années ont passé depuis que Gwynplaine, un garçon marqué d’une profonde cicatrice au visage, et Déa, un nourrisson endormi au pied d’un gibet, ont été recueillis par le vieil Ursus.

Désormais, ils connaissent le bonheur d’une vraie famille et partagent le succès de leur pièce de théâtre « Chaos vaincu ».

Mais la vie réserve aussi ses coups du sort…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 2 »

Dans « L’homme qui rit – tome 2« , Jean David Morvan et Nicolas Delestret s’attaquent avec audace à l’adaptation d’une œuvre monumentale de Victor Hugo, un défi aussi périlleux que fascinant.

Là où la prose hugolienne tisse un drame social et humain dense, la bande dessinée doit transmuter la richesse textuelle en un langage visuel captivant.

Ce second tome s’inscrit dans la continuité du premier, explorant les conséquences d’une société clivée par les inégalités, à travers le prisme déformant de la difformité de Gwynplaine.

Le dessin de Delestret offre une interprétation graphique qui oscille entre fidélité à l’époque et modernité stylistique, une balance qui par moments enchante et, à d’autres, laisse une impression de discordance. L’illustrateur parvient néanmoins à capturer l’atmosphère sombre et la complexité des émotions, un exploit non négligeable.

Morvan, quant à lui, se heurte à l’immense tâche de condenser et de dialoguer un texte classique sans en perdre la substantifique moelle. Si parfois la narration s’avère dense, voire précipitée, elle demeure respectueuse de l’esprit hugolien, entre dénonciation sociale et quête identitaire.

Le récit se tisse autour de la troupe ambulante, devenue phare de la culture populaire londonienne, et des intrigues aristocratiques, où la jalousie et les complots mènent la danse. Les personnages, si vivement dessinés par Hugo, retrouvent une seconde vie sous le crayon de Delestret, et bien que le format séquentiel puisse limiter leur profondeur, leur essence tragique et leur lutte intérieure sont palpables.

« L’homme qui rit – tome 2 » est une œuvre de contrastes, où la réussite côtoie la limite des possibles de l’adaptation graphique. Si elle ne saurait égaler la puissance de l’original, elle demeure une porte d’entrée visuellement engageante vers l’univers de Hugo

L’Homme qui rit – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2007 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

La Mer et la Nuit.

couverture bd L Homme qui rit - Tome 1

Suite à une altercation avec les habitants d’une cité, des gitans prennent la fuite sur leur navire, abandonnant un des leurs.

Lorsqu’une tempête les surprend et les pousse vers les récifs, ils décident de sauver un jeune garçon et le rebaptisent « son of the mauvais sort »… puis périssent dans le naufrage !

L’enfant, seul rescapé du drame, erre sur une route, épuisé, lorsqu’il découvre un nourrisson sur le corps d’une femme…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 1 »

Dans la tentative audacieuse de Jean David Morvan et Nicolas Delestret de donner vie graphique à « L’Homme qui rit » de Victor Hugo, le premier tome de cette bande dessinée se débat entre l’innovation et la tradition.

L’approche steampunk érige un pont entre le passé et une vision presque futuriste, faisant écho aux thèmes atemporels de l’œuvre originelle. Cependant, cette liberté créative se confronte à l’épreuve du goût des lecteurs…

La palette de couleurs sombres et un graphisme qui divise reflètent les profondeurs et la complexité du texte hugolien, mais aussi le risque d’éloigner ceux en quête de clarté et de fidélité au classicisme.

La narration, si elle cherche à respecter l’essence du récit original, semble comme éparpillée, un écueil peut-être inhérent à l’exercice de condensation d’un roman si riche en une série limitée de planches. En même temps, ce format offre une densité qui peut être appréciée en tant qu’hommage à la prose luxuriante de Hugo.

Ce tome laisse donc le lecteur dans un entre-deux intrigant, entre l’hommage et la re-création, entre l’ombre et la lumière, entre le passé et une vision revisitée.

Entrez dans la danse

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2018.

Après sa magistrale adaptation de Charly 9, Richard Guérineau met à nouveau son talent au service de l’œuvre de Jean Teulé pour donner chair à cette incroyable épidémie de danse survenue il y a 500 ans à Strasbourg.

Strasbourg, juillet 1518. La ville est soumise depuis quatre ans aux pires calamités. La sécheresse, les grands froids, la famine, la maladie…

C’est ce qui explique pourquoi Enneline est allée précipiter son enfant depuis le pont au Corbeau. Ça et la folie de la danse qui s’est saisie d’elle tout de suite après. Nombreux furent ceux à entrer dans la danse à sa suite… certains jusqu’à la mort.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Entrez dans la danse »

Dans l’adaptation graphique de l’œuvre de Jean Teulé « Entrez dans la danse« , Richard Guérineau nous plonge dans une tranche d’histoire médiévale aussi sombre que fascinante, celle de la « danse de Saint-Guy » à Strasbourg en 1518. Par le prisme de son dessin fin et expressif, Guérineau transcende les anecdotes historiques et l’anti-cléricalisme teuléen pour créer une fresque vibrante où la détresse humaine danse avec la mort.

Le récit est ancré dans un réalisme poignant : une ville médiévale en proie aux fléaux naturels, une population affamée et désespérée. Dans ce contexte, la danse devient épidémique, un symptôme de misère plutôt qu’une célébration de la vie.

La BD navigue habilement entre l’horreur de l’événement et l’humour noir, offrant une distanciation qui ne minimise jamais la gravité de la situation, mais qui en fait plutôt une satire mordante des réponses humaines à la catastrophe.

Guérineau ne se contente pas de dépeindre un drame; il interroge aussi, à travers son art, les réponses des autorités civiles et ecclésiastiques, dévoilant leur impuissance et leur opportunisme face à l’inexplicable. L’écho contemporain est inévitable, les thèmes du pouvoir, de la superstition et de la crise sanitaire résonnant avec une pertinence troublante aujourd’hui.

La bande dessinée se révèle ainsi comme un miroir de l’histoire, où la danse devient une métaphore de l’irrationnel et du tragique, magnifiquement capturée par le talent de Guérineau pour le détail et la couleur.

Avec « Entrez dans la danse« , l’auteur offre un spectacle visuel où l’histoire et la légende se côtoient, et où le lecteur, comme les personnages, est invité à une réflexion sur la nature humaine et les réponses collectives aux crises.

Cette critique est une création originale basée sur les informations fournies par les ressources précédemment citées.

Histoires de Bretagne – T04 – Le Gardien du feu – Partie 2

Albums publiés en 2010 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre roman d’Anatole Le Braz publié pour la première fois en 1900.

Cloîtré dans un phare au large de la Pointe du Raz, Goulven Dénès raconte ce qui l’a poussé à commettre un crime incroyablement cruel.

Rien ne devait rapprocher ce sombre Léonard d’une belle et insouciante Trégorroise.

Et pourtant Goulven se prend d’un amour fou et maladroit pour Adèle, qu’il adule sans être capable de la rendre heureuse…

Une passion maladive exacerbée par le cadre étouffant d’un phare, au large d’un Cap Sizun hostile, qui le mène à commettre un crime incroyablement cruel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Histoires de Bretagne – T04 – Le Gardien du feu – Partie 2 »

Dans « Le gardien de feu – Tome 2 – Adèle« , François Debois, secondé par le pinceau expressif de Sandro, poursuit avec une maîtrise sombre le récit de passions dévorantes sur fond de landes bretonnes.

L’ouvrage, qui clôt ce diptyque, s’empare de l’ambiance âpre des côtes du Finistère pour déployer un drame humain, où l’amour côtoie la trahison et la folie. Le phare, personnage à part entière, veille sur les destins croisés de Goulven, Adèle et Hervé, dans une histoire où le huis clos maritime se fait écho du tumulte des cœurs.

Le trait de Sandro, alliant rugosité et éclats de lumière, offre une porte ouverte sur l’âme de ces personnages tourmentés, tandis que le scénario de Debois, bien qu’empruntant à des thématiques classiques du triangle amoureux, surprend par son intensité psychologique. La dimension tragique s’accentue au fil des pages, dépeignant avec une efficacité redoutable le basculement dans la vengeance et la folie.

extrait bd bd Le gardien de feu - Tome 2 - Adèle

Cette bande dessinée n’est pas qu’une simple lecture; c’est une immersion dans une Bretagne mythique et sauvage, où le surnaturel frôle le quotidien.

« Le gardien de feu » est une œuvre qui, au-delà de ses qualités narratives et esthétiques, interroge sur la nature humaine et la fine frontière entre l’amour fou et la démence.



Lieu visité par la bd en Bretagne

Phare de la Vieille

L’Enfer De Dante

Album publié en 2023 aux éditions Daniel Maghen.


D’après l’œuvre de Dante Alighieri composée en 1307 et 1321.

couverture bd bd L'Enfer De Dante

L’Enfer est la première partie de la Divine Comédie de Dante, un grand classique de la littérature italienne.

Si le récit est complexe, l’idée centrale est simple. Guidé par le poète Virgile, Dante traverse les neuf cercles de l’Enfer pour retrouver sa bien-aimée Béatrice au Paradis.

Paul et Gaëtan Brizzi ont réalisé un travail remarquable de réécriture pour rendre accessible cette oeuvre réputée difficile sans la dénaturer et trahir l’esprit du génie italien.

Ils ont su la traduire en bande dessinée tout en veillant à préserver l’essentiel : un goût pour la démesure, la tension dramatique du récit et la noirceur inévitable du propos.

« Les frères Brizzi ont créé un véritable chef-d’œuvre épique. Leur œil de cinéaste nous livre un monde à la fois fascinant et repoussant. L’échelle titanesque des gouffres abyssaux contraste avec l’éventail des émotions humaines qu’on peut lire sur le visage de Dante. Le rendu des matières lié à l’élégance du style graphique transcende chaque page. Un tour de force de l’imagination au pouvoir. »

Roger Allers, réalisateur du Roi lion (1994)


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Enfer De Dante »

Dans les méandres de l’imaginaire graphique, la bande dessinée « L’Enfer de Dante » de Paul et Gaëtan Brizzi se déploie comme une fresque somptueuse, gravitant autour de la célèbre épopée dantesque.

Les frères Brizzi, forts de leur héritage dans le monde de l’animation, nous offrent une traversée visuelle de l’au-delà qui s’érige avec une grâce presque divine, témoignant d’une fidélité artistique au poème immortel de Dante Alighieri.

La mise en page, majestueuse, se compose de planches où chaque trait semble taillé dans l’étoffe des rêves, évoquant les gravures de Doré, et imbibées de cette austérité propre à la Renaissance.

Ici, la grandeur de l’Enfer n’est pas seulement narrée, elle est vécue à travers un dessin au crayon, où la précision et la finesse du trait invitent à une contemplation silencieuse des royaumes infernaux.

Certes, certains puristes de l’œuvre originelle pourraient soupirer face à une narration qui, tout en restant linéaire et respectueuse du texte, se permet peu d’écarts.

Si la bande dessinée ne prétend pas se substituer à la complexité et à la richesse du poème de Dante, elle se distingue néanmoins par sa capacité à incarner graphiquement le voyage de l’âme.

En effet, chaque cercle de l’Enfer se dévoile avec une puissance esthétique qui n’a d’égal que la prose du poète florentin.

« L’Enfer de Dante » par les Brizzi est donc bien plus qu’une simple adaptation ; c’est une œuvre d’art en soi, un hommage où l’esprit de Dante et l’encre des Brizzi dansent une sarabande crépusculaire, invitant le lecteur à une réflexion sur la nature de la damnation et de la rédemption.

Les auteurs, conscients de l’ambition de leur entreprise, n’ont pas cherché à réinventer la Divine Comédie, mais à en partager l’essence à travers leur prisme artistique, faisant de cette bande dessinée un joyau à la fois respectueux et inspirant.

Molière et les médecins

Album publié une première fois en 2022 aux Editions Petit à Petit.


Texte intégral de trois pièces en BD.

couverture Molière et les médecins

Molière et les médecins, c’est tout une histoire  ! Retrouvez dans cet ouvrage trois pièces adaptées en BD  : L’Amour médecin (14 septembre 1665), Le Médecin volant (18 avril 1659) et La Jalousie du Barbouillé (décembre 1660). 

Le texte intégral est respecté à la virgule près et tous les codes de la BD permettent une lecture fluide et une meilleure compréhension de l’œuvre. 

Idéal pour (re)découvrir les classiques  !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Molière et les médecins »

Dans l’univers foisonnant de la bande dessinée, l’œuvre « Molière et les médecins » se distingue comme un vibrant hommage au géant du théâtre français à l’occasion de son quatrième centenaire. Cette œuvre collective, à laquelle François Foyard, Julien Margerit et Antoane Rivalan prêtent leurs talents graphiques, est une exploration visuelle des satires sociales de Molière sur la médecine.

À travers des dessins expressifs et un respect scrupuleux du texte original, ce trio d’artistes parvient à insuffler une nouvelle vie à des pièces moins connues telles que « Le Médecin volant » et « La Jalousie du Barbouillé« . Leur démarche est louable : démystifier les archaïsmes de Molière pour les jeunes lecteurs, tout en préservant l’essence comique et critique de son œuvre.

Cependant, cette adaptation en bande dessinée n’est pas exempte de défis. Le sérieux de la documentation historique, bien que riche et instructive, entrave parfois le dynamisme inhérent à la forme de la BD. L’équilibre entre le didactisme et le plaisir visuel n’est pas toujours atteint, laissant le lecteur en suspens entre le livre d’histoire et la pure création artistique.

Néanmoins, « Molière et les médecins » réussit un pari audacieux : celui de rendre accessible et attractif un pan de la littérature classique française qui, autrement, pourrait sembler lointain. C’est une passerelle illustrée entre les siècles qui permet de redécouvrir Molière sous un jour contemporain, un exploit qui, même s’il peut parfois sembler hésitant dans son exécution, reste une contribution significative à la célébration de l’immense héritage de cet auteur.

Cette bande dessinée pourrait donc se poser en compagnon essentiel pour les éducateurs et en lecture de loisir pour les passionnés de théâtre, aussi bien que pour ceux qui cherchent à pénétrer l’univers de Molière par une voie moins ardue.

Je, François Villon – Tome 03

Bande dessinée publiée en 2016 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2006.

Je crie à toutes gens merci.

couverture bd Je, François Villon - Tome 03

Ce troisième volume de l’adaptation du texte de Jean Teulé par Luigi Critone conclut admirablement cette fresque médiévale, hommage à la mesure de François Villon, poète au destin et au talent incomparables.

François Villon aura tout expérimenté de l’art de la subversion.

Aucune règle ni aucun sentiment, même les plus naturels en apparence, n’auront pu éviter une remise en cause par son esprit fort et rebelle.

Aucune fréquentation enfin ne l’aura rebuté, quand bien même elle serait désastreuse pour sa réputation.

Il fut rejeté, banni, mais reste aujourd’hui encore l’un des plus grands poètes de notre histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je, François Villon – Tome 03 »

« Je, François Villon – Tome 3« , œuvre de Luigi Critone, se distingue comme une île mystérieuse et envoûtante. Inspiré par le texte de Jean Teulé, Critone nous livre un récit graphique qui est à la fois une plongée dans l’âme tourmentée d’un poète et un miroir de son temps, le XVe siècle français, une époque rude et sans pitié.

Ce dernier opus conclut la trilogie avec une maestria qui équilibre la noirceur des actes de Villon avec une introspection presque théâtrale, où le protagoniste se confronte à ses démons et à sa conscience, en une sorte de huis clos existentialiste. Les critiques ont salué la façon dont Critone manipule le rythme narratif, alternant entre les citations poétiques en ancien français et une linéarité qui facilite la digestion de ces textes anciens.

Le dessin de Critone est encensé pour sa finesse et son élégance, offrant un regard presque cinématographique sur l’époque. L’illustrateur ne se contente pas de dessiner une époque ; il la réanime, lui insuffle un souffle de vie qui permet au lecteur de sentir le froid des cachots et la dureté des pavés. La colorisation de Giorgia Casetti est également remarquée pour sa capacité à magnifier le travail de l’artiste, ajoutant une profondeur émotionnelle palpable à chaque planche.

extrait bd Je, François Villon - Tome 03

La caractérisation de François Villon est une réussite indéniable. Le lecteur suit avec fascination ce personnage historique, de ses débuts de jeune étudiant rebelle à son inéluctable chute, en passant par sa vie de bandit.

Ce troisième tome illustre sa repentance et sa confrontation avec les conséquences de ses actes, une démarche qui le mène à une certaine maturité. Cette évolution psychologique est un véritable tour de force, rendant Villon non seulement plus humain mais aussi profondément attachant, malgré ou à cause de ses nombreux défauts.

« Je, François Villon – Tome 3 » s’érige non seulement comme une bande dessinée historique de premier plan mais aussi comme une étude de caractère captivante. Ce volume est une invitation à redécouvrir Villon, à apprécier la richesse de son œuvre poétique et à méditer sur les ambivalences de la nature humaine.