Catégorie : Litterature en BD

Poil de Carotte (Petit à Petit)

Bande dessinée publiée en 2010 aux éditions Petit à Petit.


D’après le roman de Jules Renard publié en 1894

La célèbre histoire de Poil de Carotte est celle d’un enfant roux mal aimé, victime d’une famille cruelle.

François Lepic, de son vrai nom, grandit entre une mère qui le hait et un père indifférent.

On suit le parcours de ce jeune garçon, sa relation avec ses parents, avec le monde qui l’entoure et avec la nature.

Poil de Carotte utilise la ruse pour lutter contre les humiliations du quotidien et braver le monde des adultes.

Ainsi, malgré le drame, on savoure de délicieuses aventures, drôles, cocasses, émouvantes, souvent traitées avec l’ironie si bien maîtrisée par le scénariste Luc Duthil et la dessinatrice Céline Riffard.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poil de Carotte »

« Poil de Carotte » de Luc Duthil et Céline Riffard s’érige en tant qu’adaptation remarquable qui parvient à capturer l’essence de l’œuvre originale de Jules Renard, tout en insufflant une modernité saisissante à travers le prisme de la BD. Cette œuvre graphique nous plonge dans la complexité des relations familiales, mises en lumière par une narration visuelle aussi expressive que poignante.

La plume de Duthil, à la fois acérée et délicate, reconstruit avec subtilité l’univers de Renard. Il peint le portrait de François Lepic, alias Poil de Carotte, un enfant aux prises avec l’indifférence paternelle et la cruauté maternelle, dans un style qui oscille entre la satire sociale et une tendre mélancolie.

Le jeune garçon, mal aimé et souvent chahuté par le sort, trouve dans la ruse et une ironie innée les armes pour affronter un quotidien qui ne lui fait pas de cadeaux. Cette adaptation ne se contente pas de représenter les tourments de Poil de Carotte ; elle invite aussi à réfléchir sur la résilience et la capacité à trouver de la beauté et de l’espoir dans les interstices d’une vie qui semble parfois vouloir l’engloutir.

Le trait de Riffard, quant à lui, est une ode à la complémentarité avec le texte de Duthil. Les illustrations, vives et captivantes, ne trahissent pas la gravité du récit ; elles lui offrent au contraire un contrepoint visuel qui amplifie les émotions.

Les couleurs chaudes et l’expressionnisme subtil des personnages confèrent à la bande dessinée une dimension presque théâtrale, où chaque case est une scène chargée de significations et d’émotions.

La dualité entre le scénario et le graphisme crée un dialogue où l’humour et la tragédie se côtoient sans jamais se confondre, une prouesse qui témoigne de la maîtrise des auteurs sur leur art. « Poil de Carotte » ne se lit pas uniquement avec les yeux ; il se ressent, faisant appel à la sensibilité et à l’intelligence émotionnelle du lecteur.

Cette œuvre s’impose comme un incontournable dans le paysage de la bande dessinée francophone, un classique revisité qui, bien que fidèle à son matériau d’origine, n’hésite pas à explorer de nouvelles avenues narratives et esthétiques. Elle s’adresse à tous ceux qui, à l’instar de Poil de Carotte, cherchent leur place dans un monde qui n’est pas toujours prêt à les accueillir.

Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin

Album publié en 2016 aux éditions DCL.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre Les frères Corses de Alexandre Dumas publié la première fois en 1844.

Mars 1841. Après un voyage en Corse et alors qu’il rentre chez lui à Paris, Alexandre Dumas se rend chez Louis de Franchi, afin de lui transmettre le courrier de sa famille, qui vit dans le village de Sollacaro.

Se nouant d’amitié avec le jeune avocat insulaire, Alexandre Dumas accepte de l’accompagner au bal de l’Opéra.

Là, les deux hommes sont invités à dîner dans la nuit. Espérant y retrouver la femme qu’il aime en secret, Louis de Franchi accepte.

Mais lorsqu’au cours du repas mondain la jeune femme est humiliée publiquement par son amant, Louis vole à son secours et provoque en duel le fameux et redoutable de Château-Renaud.

Avant d’en découdre au bois de Vincennes, et dans la nuit précédant le combat, le jeune Corse reçoit la visite du fantôme de son défunt père lui annonçant sa mort prochaine.

Pendant ce temps, Lucien de Franchi quitte la Corse afin de rejoindre son jumeau à Paris. Dès lors, le surnaturel et la mort s’invitent dans ce récit passionné et passionnant.

Mais il n’est pas au bout de ses surprises…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin »

Dans la veine de la littérature classique et de la tradition graphique, « Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin » de Frédéric Bertocchini, illustré par Eric Rückstühl et colorisé par Pascal Nino, s’aventure avec audace sur les traces d’Alexandre Dumas.

Cet opus clôt la diptyque commencée par « Les Frères Corses – Tome 1 – Le Paceru« , emportant le lecteur dans un Paris de 1841 où le mystère et le surnaturel dansent un ballet aussi élégant que mélancolique.

Bertocchini, avec une main de maître, nous présente un Alexandre Dumas en plein cœur d’une intrigue qui dépasse la fiction. À travers les yeux de Louis de Franchi, jeune avocat corse, le récit dépeint une fraternité déchirée par le destin. Le pathos de l’histoire s’entrelace avec la beauté tragique de l’île de Corse, évoquant les thèmes universels de l’honneur et de la vendetta insulaire.

Le scénario, bien qu’ancré dans un contexte historique et littéraire dense, ne perd jamais le lecteur grâce à un rythme bien maîtrisé et des dialogues ciselés. La bande dessinée se lit comme un roman d’antan, avec la vivacité et le dynamisme propre au neuvième art.

Les dessins de Rückstühl et les couleurs de Nino se marient à merveille avec le ton de l’œuvre, créant une atmosphère qui oscille entre réalisme historique et lyrisme. Les expressions des personnages portent en elles les émotions complexes de l’intrigue, tandis que les arrière-plans détaillés invitent à une immersion totale.

« Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin » est ainsi une lecture recommandée non seulement pour les passionnés de Dumas et les amateurs de récits historiques,



Lieu visité par la bd en Corse

Sollacaro

Tarzan, l’homme-singe – Tome 1

Album publié une première fois en 2024 aux Editions Glénat.


Adapté du roman de Edgar Rice Burroughs publié en octobre 1912.

Tarzan est un enfant de la jungle et pourtant, il est différent de ceux qui l’entourent. Chétif, imberbe, maladroit… sa place parmi les grands singes ne s’impose que grâce à l’amour que lui porte Kala, sa mère adoptive.

Mais en grandissant, Tarzan reconnait en lui des qualités que les membres de son groupe ne possèdent pas. Il est rusé, patient et ses faiblesses sont largement compensées par sa compréhension d’outils qui s’apparentent pour lui à des extensions de son être.

Petit à petit, Tarzan comprend que la place qui lui revient au sein de sa forêt natale, c’est celle de maître.

Bientôt, il montrera à tous qu’il est le Seigneur de la jungle. Mais c’était sans compter sur sa rencontre avec Jane, une étrange créature qui réussit à provoquer chez Tarzan un émoi qu’il n’avait jamais ressenti jusque-là…

Adaptation fidèle du roman d’Edgar Rice BurroughsTarzan, seigneur des singes nous invite à découvrir l’origine du mythe de ce personnage devenu culte. Dans cette version qui ne subit pas le traitement édulcoré du dessin animé Disney, découvrez un récit tragique et l’histoire de l’avènement d’un homme qui rencontre la civilisation.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tarzan, l’homme-singe – Tome 1 »

Éric Corbeyran et Roy Allan Martinez réussissent le tour de force de redonner vie au mythe de Tarzan avec une authenticité et une profondeur remarquables.
Dans ce premier tome, le scénariste et le dessinateur revisitent l’histoire du héros sauvage avec une approche narrative et visuelle qui capte immédiatement l’attention. Éric Corbeyran s’empare de la psychologie complexe de Tarzan, explorant le tiraillement entre sa nature humaine et son appartenance à la jungle. Ce thème, déjà familier aux lecteurs, prend ici une dimension émotive, permettant de redécouvrir un personnage plus vulnérable et conscient de sa singularité.

extrait bd Tarzan, l'homme-singe - Tome 1

Les illustrations de Roy Allan Martinez renforcent ce sentiment, avec des planches d’une beauté frappante, où la jungle devient un véritable personnage à part entière. Son utilisation des ombres et des textures donne à chaque scène une profondeur immersive, traduisant la sauvagerie et la majesté de cet environnement impitoyable. Les scènes d’action, quant à elles, sont dynamiques et précises, capturant l’agilité féline de Tarzan avec une précision rare.

« Tarzan, l’homme-singe – Tome 1 » propose une réinterprétation inspirée qui ravira aussi bien les admirateurs de longue date que les nouveaux lecteurs. Éric Corbeyran et Roy Allan Martinez nous offrent une œuvre visuellement captivante et narrativement riche, un hommage vibrant et contemporain à l’icône intemporelle de la littérature d’aventure.


L’Appel de la forêt (Dequest)

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Plein Vent


Adapté de l’œuvre de Jack London, publié sous la forme d’un roman pour la première fois en 1903.

couverture bd L Appel De La Foret (Dequest)

L‘appel de la forêt nous livre le témoignage de la ruée vers l’or de 1896 dans la région du Klondike.

Les températures glaciales imposent une vie âpre et rude. Buck, un chien domestique, a été volé.

Attelé à un traîneau, il va connaître le supplice de la piste et devoir s’adapter pour survivre. Nous découvrons un monde dominé par la peur.

Les lois du monde sauvage et la cruauté des hommes vont l’amener à se tourner vers sa nature profonde : devenir un loup parmi les loups.

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « L’Appel de la forêt »

Dans l’Alaska impitoyable de la fin du XIXe siècle, la bande dessinée « L’Appel De La Forêt » de Pierre-Emmanuel Dequest retranscrit avec brio la fable intemporelle de Jack London.

Cette adaptation graphique offre une fenêtre ouverte sur le périple brutal et rédempteur de Buck, un chien arraché à la douceur de son foyer et précipité dans les abysses glacées du Klondike.

Dequest, avec une main de maître, taille dans les étendues sauvages un récit de survie où la nature, à la fois mère et bourreau, façonne Buck dans l’adversité. Les dessins, d’une précision chirurgicale, illustrent la transformation du protagoniste canin, dont la domesticité cède la place à un état plus sauvage et authentique.

L’œuvre déploie un scénario dense et un graphisme qui transcende le récit originel. Le souci du détail de Dequest offre aux yeux ébahis des planches où la rigueur du trait se marie à la poésie des paysages enneigés, capturant la grandeur menaçante de l’immensité nordique.

La violence, inhérente à l’époque et au lieu, se reflète dans les interactions entre hommes et bêtes, soulignant une critique sociale subtile de l’exploitation et de la quête effrénée d’enrichissement. Buck, victime puis acteur de son destin, incarne un désir de liberté et d’indépendance, un écho à l’appel primal de la forêt qui résonne en chaque être.

Cette bande dessinée n’est pas simplement une adaptation ; c’est une réinterprétation artistique, un hommage qui s’élève au-delà de l’œuvre originale, invitant à une introspection sur la condition animale, la brutalité humaine et la quête éternelle d’émancipation.

Dequest ne se contente pas de raconter une histoire — il nous la fait vivre avec une intensité palpable, faisant de « L’Appel De La Forêt » une expérience graphique qui hante bien après la dernière page tournée.



Toutes les bd adaptées de l’œuvre de Jack London

Charly 9

Bande dessinée publiée en 2013 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publié le 10 mars 2011.

couverture bd Charly 9

Charles IX fut de tous les rois de France l’un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint- Barthélemy qui épouvanta l’Europe entière.

Abasourdi par l’énormité de son crime, il sombra dans la folie.

Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous…

Pourtant, il avait un bon fond.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Charly 9 »

Dans les méandres de l’histoire française, il y a des figures tragiques que seul l’art peut réhabiliter, ou du moins, éclairer sous une lumière plus nuancée. La bande dessinée « Charly 9 » de Richard Guérineau, adaptation du roman éponyme de Jean Teulé, est une tentative réussie de peindre la tragédie d’un roi malgré lui, Charles IX, à travers les prismes colorés de la bande dessinée.

Guérineau, avec une palette où le rouge sang et le noir profond prédominent, nous plonge dans les tumultes d’une époque révolue mais dont les échos résonnent encore. Le traitement graphique, mélangeant habilement lavis traditionnel et retouches numériques, apporte une profondeur et une gravité à ce récit historique.

Chaque page est un contraste frappant entre la légèreté de l’existence et la lourdeur du destin, entre les clins d’œil humoristiques et la réalité macabre d’un règne marqué par le sang.

extrait bd Charly 9

« Charly 9 » ne se contente pas de retracer des événements ; il offre une introspection dans l’âme d’un roi jouet des volontés maternelles, un souverain tourmenté par la culpabilité et rongé par la folie.

La montée en puissance du rouge dans les pages est symptomatique de cette descente inexorable vers la démence. L’humour, parfois noir, parfois décalé, sert de soupape à la tension narrative, rendant l’œuvre d’autant plus poignante.

La BD de Guérineau est un véritable tour de force, qui allie recherche historique minutieuse et créativité artistique. Elle s’adresse non seulement aux passionnés d’histoire, mais aussi à ceux qui cherchent dans l’art une porte vers les complexités de l’âme humaine.

« Charly 9 » est une réflexion sur le pouvoir et la folie, un miroir tendu à notre époque qui, malgré les siècles, ne semble pas avoir fini de répéter les erreurs du passé.

Je, François Villon – Tome 02

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2006.

Bienvenue parmi les ignobles

couverture Bd Je, François Villon - Tome 02

François Villon fait la rencontre de Colin de Cayeux, chef des Coquillards, brigands pervers et sanguinaires.

Pour être initié, Villon doit réaliser trois chefs-d’oeuvre : un vol scandaleux, un crime écoeurant et un présent abominable.

Ainsi, il volera une femme qui enterre son enfant, égorgera une pauvre prostituée et, sur demande de Colin, il offrira sa femme… Bienvenue parmi les ignobles !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je, François Villon – Tome 02 »

Au fil des pages du second tome de « Je, François Villon« , Luigi Critone plonge le lecteur dans les abysses d’une âme torturée, où la légende noire du poète maudit prend toute son ampleur. Loin de la verve légère et de l’esprit facétieux du premier volume, cette suite déroule le tapis de l’obscurité sous les pas d’un Villon plus sombre, dont la descente aux enfers est aussi irrésistible qu’effrayante.

La force de ce tome réside dans la capacité de Critone à saisir le paradoxe d’un Villon à la fois poète et scélérat. La plume se fait ici pinceau, dessinant les contours d’un homme écartelé entre la grandeur de son art et la bassesse de ses actes.

Les illustrations, bien que magnifiques, portent en elles la noirceur d’un récit qui ne fait pas l’économie de la violence. Les actes de Villon, peints avec une précision qui frôle parfois la caricature, sont un rappel glaçant que derrière la poésie se cache parfois la brutalité la plus crue.

extrait bd Bd Je, François Villon - Tome 02

Critone nous convie à une réflexion sur la nature humaine, où la noblesse de l’art de Villon se heurte à ses choix moralement discutables. Le lecteur se trouve alors dans l’inconfort de la dualité, à la fois captivé par le talent indéniable du poète et repoussé par ses actions répréhensibles. L’auteur questionne subtilement les limites de notre empathie, nous forçant à contempler l’homme dans toute sa complexité.

Cependant, cette noirceur omniprésente peut susciter une certaine lassitude. L’accumulation des scènes d’une violence graphique peut parfois sembler gratuite, éclipsant la subtilité que l’on attend d’une œuvre qui se veut aussi littéraire. Ce choix audacieux de Critone risque de diviser : est-ce un hommage appuyé à la légende de Villon ou une simplification excessive d’une figure historique complexe ?

« Je, François Villon – Tome 02 » est une œuvre qui ne laisse pas indifférent. Critone y fait preuve d’une maîtrise artistique indéniable, mais le lecteur pourrait regretter que l’obscurité du récit prenne le pas sur la lumière de la poésie.

Une chose est certaine : ce Villon-là ne cessera de hanter ceux qui auront osé s’aventurer dans les méandres de son âme tourmentée.

Voyage avec un âne

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Futuropolis.


Librement adapté du récit de Robert Louis Stevenson publié en juin 1879.

couverture bd Voyage avec un âne

En septembre 1878, Robert Louis Stevenson a 28 ans. Accompagné de Modestine, une ânesse rétive, il traverse en douze jours les Cévennes, de Monastier à Saint-Jean-du-Gard.

Dormant sous les étoiles qui avaient éclairé la révolte des camisards, se lavant dans l’eau courante des rivières, amical envers les moines trappistes comme envers les dissidents protestants, il découvre la magie des rencontres, la complicité des paysages, l’ivresse de la liberté.

Lui qui est parti sur la route à la suite de sa rupture avec Fanny Osbourne, une américaine mariée de 10 ans son aînée, il trouve en chemin toutes les raisons de croire en l’amour qui va changer son existence et ramène le livre le plus cordial et le plus confiant en la vie.

Après la mort de Stevenson, le succès du livre et l’engouement pour ce voyage se développent au point qu’en 1978, pour le centenaire, cette randonnée de 220 kilomètres est devenue « le chemin de Stevenson » sous le nom de GR70 !

À partir du livre de l’écrivain écossais, mais aussi à travers sa correspondance, Perrissin et Sterckeman adaptent fidèlement son récit mais aussi le contexte de son voyage.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Voyage avec un âne »

Dans « Voyage avec un âne dans les Cévennes« , Christian Perrissin et Matthieu Blanchin revisitent avec brio le récit de voyage de Robert Louis Stevenson. Cette adaptation en bande dessinée, fidèle à l’esprit du texte original, offre une expérience de lecture immersive et poétique.

Perrissin et Blanchin ont su préserver l’essence du récit de Stevenson en respectant son ton et son rythme. Les dialogues, savoureux, et les personnages, attachants, sont dépeints avec justesse et sensibilité.

L’âne Modestine, compagnon de route de l’écrivain écossais, devient un véritable personnage, doté d’une personnalité propre. Sa relation avec Stevenson, faite de complicité et de confrontation, apporte une touche d’humour et de tendresse à l’histoire.

extrait Voyage avec un âne

La dimension poétique de l’œuvre est indéniable. Les paysages des Cévennes, magnifiquement illustrés par Blanchin, sont mis en valeur par une palette de couleurs automnales qui confère à l’ensemble une atmosphère douce et mélancolique. Les cases, souvent dépourvues de texte, laissent une large place à l’image et invitent le lecteur à la contemplation.

« Voyage avec un âne » est également une réflexion sur la condition humaine et le rapport de l’homme à la nature. Au fil de son périple, Stevenson rencontre des personnages hauts en couleur, qui lui permettent de questionner ses propres valeurs et de porter un regard critique sur la société de son époque.

« Voyage avec un âne » est une adaptation réussie du récit de Stevenson. Servie par un scénario fidèle et un dessin délicat, cette bande dessinée est une invitation au voyage et à la réflexion, qui saura séduire les amateurs de littérature et de belles images. Une promenade poétique et introspective à ne pas manquer.

Jusqu’ici tout va bien

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Rue de Sevres.


D’après le roman de Gary D. Schmidt publié en 2017.

1968, dans une petite ville de l’État de New York.

Un père sans repères, une mère sans remède. Deux grands frères, l’un brutal, l’autre avalé par la guerre du Vietnam.

Pas assez d’argent à la maison, des petits boulots pour se maintenir à flot. Trop de bagarres au collège. Une bibliothèque ouverte le samedi pour s’évader.

Une collection d’oiseaux éparpillée à tous les vents. Des talents inexploités. Et une envie furieuse d’en découdre avec la vie.

Dans ce contexte sinistre mais pas dénué d’espoir, Doug s’efforce de ne plus être ce que tout le monde semble penser qu’il est, un « voyou maigrichon ».

Grâce à Lil, alliée inattendue, il va trouver la force d’affronter le passage de l’adolescence et l’envie de rêver à des horizons plus radieux.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jusqu’ici tout va bien »

Jusqu’ici tout va bien‘ de Nicolas Pitz est une adaptation graphique remarquable du roman éponyme de Gary D. Schmidt. L’histoire, située en 1968 dans une petite ville de l’État de New York, suit le parcours de Doug, un adolescent en quête d’identité dans un environnement familial et social chaotique.

Le récit, sombre mais empreint d’espoir, est porté par un dessin fin et expressif, majoritairement en noir et blanc, où la couleur, utilisée avec parcimonie, devient un véritable outil narratif. Pitz réussit à transmettre avec justesse les émotions et les tourments de Doug, personnage central attachant et résilient.

L’adaptation est fidèle au roman original, tout en offrant une nouvelle perspective grâce au médium de la bande dessinée. Pitz parvient à retranscrire la subtilité des rapports familiaux et humains, évitant ainsi le pathos. L’œuvre rend également hommage à Jean-Jacques Audubon, illustrateur naturaliste méconnu, dont les dessins d’oiseaux sont une révélation pour Doug.

Les thématiques abordées sont nombreuses et universelles : la résilience, l’amitié, la découverte de l’art et de la littérature, le tout dans le contexte de la guerre du Vietnam. Le lecteur ne peut que s’attacher à Doug, jeune homme en pleine construction, qui évolue tout au long de l’histoire.

‘Jusqu’ici tout va bien’ est une lecture forte et émouvante, une adaptation graphique réussie d’un roman inoubliable. Les touches de couleur, utilisées avec subtilité, renforcent la puissance du récit. Une magnifique découverte, à la fois coup de cœur et coup de poing, qui ne laissera personne indifférent.

Le combat d’Henry Fleming

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Dupuis.


D’après le roman The Red Badge of Courage, de Stephen Crane publié en octobre 1895.

bd Le combat d Henry Fleming

Henry Fleming, un jeune fermier de 18 ans, a quitté sa mère pour s’engager dans l’armée nordiste. Mais au fur et à mesure que le temps passe sans qu’il combatte ni aperçoive un seul rebelle sudiste, la motivation d’Henry s’effiloche.

Jusqu’au jour où arrive la nouvelle que la bataille est pour bientôt…

Cette fois, Henry n’a d’autre choix que de se poser clairement la question : aura-t-il le courage de participer à la grande boucherie des marées humaines se percutant ?

Il trouvera la réponse au cœur des détonations de la bataille, mais aussi du dialogue mené avec lui-même dans l’intimité de son âme tourmentée…

Une somptueuse charge pacifiste interrogeant le concept d’héroïsme, adaptation libre de The Red Badge of Courage, de Stephen Crane, monument de la littérature américaine.

Une nouvelle manière pour Steve Cuzor, après Cinq branches de coton noir, d’explorer le mythe américain.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le combat d’Henry Fleming »

Dans « Le Combat d’Henry Fleming« , Steve Cuzor nous convie à un périple graphique à travers les doutes et les désillusions d’un jeune soldat dans la guerre de Sécession, adaptation du roman de Stephen Crane. Cet album, publié dans l’éminente collection Aire Libre de Dupuis, est bien plus qu’une simple transcription visuelle : c’est une réinterprétation qui brasse l’intimité du courage et la brutalité de la guerre.

Cuzor, déjà salué pour son travail dans « Cinq Branches de coton noir », poursuit ici son exploration du noir et blanc avec une bichromie qui souligne avec acuité le contraste entre les idéaux de la jeunesse et la réalité du front. Son dessin réaliste, évoquant les grands noms de la bande dessinée classique, sert un récit où chaque trait semble porter en lui le poids de l’histoire et la fragilité de l’humain.

L’album excelle dans sa capacité à rendre les mouvements de troupes et les conflits internes d’Henry avec une intensité rare.

On est loin des clichés héroïques de la guerre : ici, la peur, la fuite et le retour au combat sont dépeints avec une sincérité déroutante, faisant de cette BD une expérience presque palpable. Cuzor ne se contente pas de reproduire des scènes de bataille ; il nous immerge dans l’esprit tourmenté de son protagoniste, rendant son introspection universelle.

L’adaptation est judicieuse, concentrée sur l’essence du personnage et de ses tribulations intérieures plutôt que sur des descriptions littéraires superflues. C’est une œuvre qui invite à la réflexion sur le concept de courage et la condition humaine au sein du chaos de la guerre.

« Le Combat d’Henry Fleming » est donc une œuvre magistrale qui, grâce à la maîtrise de Cuzor, devient un miroir de nos propres peurs et de notre recherche de bravoure.

Mémoires D’un Paysan Bas-Breton – Tome 1

Album publié en 2017 aux éditions Soleil Production


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jean-Marie Déguignet publiée pour la première fois par Anatole Le Braz le 15 décembre 1904.

couverture bd Mémoires D'un Paysan Bas-Breton - Tome 1

Un témoignage exceptionnel pour un destin hors-norme adapté aujourd’hui en bande-dessinée.

Né dans la misère, Jean-Marie Déguignet sort du rang lorsqu’une abeille cause un accident qui a pour conséquence de le rendre intelligent.

Dès lors, il voit les choses telles qu’elles sont et non plus comme les croyances ou la bêtise les expliquent communément.

Il se sent vite à l’étroit dans sa Bretagne natale et n’aspire qu’à une chose : étendre sa soif de connaissance en découvrant le monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mémoires D’un Paysan Bas-Breton – Tome 1 »

Dans l’univers graphique de Stéphane Betbeder, « Mémoires d’un paysan Bas-Breton » se veut un miroir du passé, reflétant la rusticité d’une Bretagne ancestrale, avec ses croyances et ses luttes.

La bande dessinée nous plonge au cœur de l’existence éreintante de Jean-Marie Déguignet, figure centrale du récit, qui émerge comme un héraut de la sagacité dans un monde pétri de superstitions et d’ignorance.

L’atmosphère retranscrite est indéniablement authentique, avec des paysages et des costumes dessinés avec une précision qui souligne la mélancolie d’une époque révolue. Les couleurs servent cette ambiance d’un autre temps, contribuant à immerger le lecteur dans un XIXe siècle breton, fait de pluie et de pénombre.

extrait bd Mémoires D'un Paysan Bas-Breton - Tome 1

Cette œuvre est un tableau fidèle de la Bretagne du XIXe siècle, l’âpreté des terres bretonnes côtoie la douceur des scènes intimes, de la veillée familiale aux premières leçons ébauchées dans une classe improvisée

« Mémoires d’un paysan Bas-Breton » est une invitation à la découverte, un pas vers la compréhension d’une Bretagne d’antan, mais qui exige du lecteur une certaine indulgence pour apprécier pleinement le voyage dans le temps qu’elle propose.



Lieux visités par la bd en Bretagne

Ergué-GabéricGuengatQuimper