Catégorie : Litterature en BD

L’Homme qui rit – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2008 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

Chaos vaincu.

couverture bd L Homme qui rit - Tome 2

Les années ont passé depuis que Gwynplaine, un garçon marqué d’une profonde cicatrice au visage, et Déa, un nourrisson endormi au pied d’un gibet, ont été recueillis par le vieil Ursus.

Désormais, ils connaissent le bonheur d’une vraie famille et partagent le succès de leur pièce de théâtre « Chaos vaincu ».

Mais la vie réserve aussi ses coups du sort…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 2 »

Dans « L’homme qui rit – tome 2« , Jean David Morvan et Nicolas Delestret s’attaquent avec audace à l’adaptation d’une œuvre monumentale de Victor Hugo, un défi aussi périlleux que fascinant.

Là où la prose hugolienne tisse un drame social et humain dense, la bande dessinée doit transmuter la richesse textuelle en un langage visuel captivant.

Ce second tome s’inscrit dans la continuité du premier, explorant les conséquences d’une société clivée par les inégalités, à travers le prisme déformant de la difformité de Gwynplaine.

Le dessin de Delestret offre une interprétation graphique qui oscille entre fidélité à l’époque et modernité stylistique, une balance qui par moments enchante et, à d’autres, laisse une impression de discordance. L’illustrateur parvient néanmoins à capturer l’atmosphère sombre et la complexité des émotions, un exploit non négligeable.

Morvan, quant à lui, se heurte à l’immense tâche de condenser et de dialoguer un texte classique sans en perdre la substantifique moelle. Si parfois la narration s’avère dense, voire précipitée, elle demeure respectueuse de l’esprit hugolien, entre dénonciation sociale et quête identitaire.

Le récit se tisse autour de la troupe ambulante, devenue phare de la culture populaire londonienne, et des intrigues aristocratiques, où la jalousie et les complots mènent la danse. Les personnages, si vivement dessinés par Hugo, retrouvent une seconde vie sous le crayon de Delestret, et bien que le format séquentiel puisse limiter leur profondeur, leur essence tragique et leur lutte intérieure sont palpables.

« L’homme qui rit – tome 2 » est une œuvre de contrastes, où la réussite côtoie la limite des possibles de l’adaptation graphique. Si elle ne saurait égaler la puissance de l’original, elle demeure une porte d’entrée visuellement engageante vers l’univers de Hugo

L’Homme qui rit – Tome 1

Bande dessinée publiée en 2007 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Victor Hugo publié en avril 1869.

La Mer et la Nuit.

couverture bd L Homme qui rit - Tome 1

Suite à une altercation avec les habitants d’une cité, des gitans prennent la fuite sur leur navire, abandonnant un des leurs.

Lorsqu’une tempête les surprend et les pousse vers les récifs, ils décident de sauver un jeune garçon et le rebaptisent « son of the mauvais sort »… puis périssent dans le naufrage !

L’enfant, seul rescapé du drame, erre sur une route, épuisé, lorsqu’il découvre un nourrisson sur le corps d’une femme…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui rit – Tome 1 »

Dans la tentative audacieuse de Jean David Morvan et Nicolas Delestret de donner vie graphique à « L’Homme qui rit » de Victor Hugo, le premier tome de cette bande dessinée se débat entre l’innovation et la tradition.

L’approche steampunk érige un pont entre le passé et une vision presque futuriste, faisant écho aux thèmes atemporels de l’œuvre originelle. Cependant, cette liberté créative se confronte à l’épreuve du goût des lecteurs…

La palette de couleurs sombres et un graphisme qui divise reflètent les profondeurs et la complexité du texte hugolien, mais aussi le risque d’éloigner ceux en quête de clarté et de fidélité au classicisme.

La narration, si elle cherche à respecter l’essence du récit original, semble comme éparpillée, un écueil peut-être inhérent à l’exercice de condensation d’un roman si riche en une série limitée de planches. En même temps, ce format offre une densité qui peut être appréciée en tant qu’hommage à la prose luxuriante de Hugo.

Ce tome laisse donc le lecteur dans un entre-deux intrigant, entre l’hommage et la re-création, entre l’ombre et la lumière, entre le passé et une vision revisitée.

Entrez dans la danse

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2018.

Après sa magistrale adaptation de Charly 9, Richard Guérineau met à nouveau son talent au service de l’œuvre de Jean Teulé pour donner chair à cette incroyable épidémie de danse survenue il y a 500 ans à Strasbourg.

Strasbourg, juillet 1518. La ville est soumise depuis quatre ans aux pires calamités. La sécheresse, les grands froids, la famine, la maladie…

C’est ce qui explique pourquoi Enneline est allée précipiter son enfant depuis le pont au Corbeau. Ça et la folie de la danse qui s’est saisie d’elle tout de suite après. Nombreux furent ceux à entrer dans la danse à sa suite… certains jusqu’à la mort.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Entrez dans la danse »

Dans l’adaptation graphique de l’œuvre de Jean Teulé « Entrez dans la danse« , Richard Guérineau nous plonge dans une tranche d’histoire médiévale aussi sombre que fascinante, celle de la « danse de Saint-Guy » à Strasbourg en 1518. Par le prisme de son dessin fin et expressif, Guérineau transcende les anecdotes historiques et l’anti-cléricalisme teuléen pour créer une fresque vibrante où la détresse humaine danse avec la mort.

Le récit est ancré dans un réalisme poignant : une ville médiévale en proie aux fléaux naturels, une population affamée et désespérée. Dans ce contexte, la danse devient épidémique, un symptôme de misère plutôt qu’une célébration de la vie.

La BD navigue habilement entre l’horreur de l’événement et l’humour noir, offrant une distanciation qui ne minimise jamais la gravité de la situation, mais qui en fait plutôt une satire mordante des réponses humaines à la catastrophe.

Guérineau ne se contente pas de dépeindre un drame; il interroge aussi, à travers son art, les réponses des autorités civiles et ecclésiastiques, dévoilant leur impuissance et leur opportunisme face à l’inexplicable. L’écho contemporain est inévitable, les thèmes du pouvoir, de la superstition et de la crise sanitaire résonnant avec une pertinence troublante aujourd’hui.

La bande dessinée se révèle ainsi comme un miroir de l’histoire, où la danse devient une métaphore de l’irrationnel et du tragique, magnifiquement capturée par le talent de Guérineau pour le détail et la couleur.

Avec « Entrez dans la danse« , l’auteur offre un spectacle visuel où l’histoire et la légende se côtoient, et où le lecteur, comme les personnages, est invité à une réflexion sur la nature humaine et les réponses collectives aux crises.

Cette critique est une création originale basée sur les informations fournies par les ressources précédemment citées.

Histoires de Bretagne – T04 – Le Gardien du feu – Partie 2

Albums publiés en 2010 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre roman d’Anatole Le Braz publié pour la première fois en 1900.

Cloîtré dans un phare au large de la Pointe du Raz, Goulven Dénès raconte ce qui l’a poussé à commettre un crime incroyablement cruel.

Rien ne devait rapprocher ce sombre Léonard d’une belle et insouciante Trégorroise.

Et pourtant Goulven se prend d’un amour fou et maladroit pour Adèle, qu’il adule sans être capable de la rendre heureuse…

Une passion maladive exacerbée par le cadre étouffant d’un phare, au large d’un Cap Sizun hostile, qui le mène à commettre un crime incroyablement cruel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Histoires de Bretagne – T04 – Le Gardien du feu – Partie 2 »

Dans « Le gardien de feu – Tome 2 – Adèle« , François Debois, secondé par le pinceau expressif de Sandro, poursuit avec une maîtrise sombre le récit de passions dévorantes sur fond de landes bretonnes.

L’ouvrage, qui clôt ce diptyque, s’empare de l’ambiance âpre des côtes du Finistère pour déployer un drame humain, où l’amour côtoie la trahison et la folie. Le phare, personnage à part entière, veille sur les destins croisés de Goulven, Adèle et Hervé, dans une histoire où le huis clos maritime se fait écho du tumulte des cœurs.

Le trait de Sandro, alliant rugosité et éclats de lumière, offre une porte ouverte sur l’âme de ces personnages tourmentés, tandis que le scénario de Debois, bien qu’empruntant à des thématiques classiques du triangle amoureux, surprend par son intensité psychologique. La dimension tragique s’accentue au fil des pages, dépeignant avec une efficacité redoutable le basculement dans la vengeance et la folie.

extrait bd bd Le gardien de feu - Tome 2 - Adèle

Cette bande dessinée n’est pas qu’une simple lecture; c’est une immersion dans une Bretagne mythique et sauvage, où le surnaturel frôle le quotidien.

« Le gardien de feu » est une œuvre qui, au-delà de ses qualités narratives et esthétiques, interroge sur la nature humaine et la fine frontière entre l’amour fou et la démence.



Lieu visité par la bd en Bretagne

L’Enfer De Dante

Album publié en 2023 aux éditions Daniel Maghen.


D’après l’œuvre de Dante Alighieri composée en 1307 et 1321.

couverture bd bd L'Enfer De Dante

L’Enfer est la première partie de la Divine Comédie de Dante, un grand classique de la littérature italienne.

Si le récit est complexe, l’idée centrale est simple. Guidé par le poète Virgile, Dante traverse les neuf cercles de l’Enfer pour retrouver sa bien-aimée Béatrice au Paradis.

Paul et Gaëtan Brizzi ont réalisé un travail remarquable de réécriture pour rendre accessible cette oeuvre réputée difficile sans la dénaturer et trahir l’esprit du génie italien.

Ils ont su la traduire en bande dessinée tout en veillant à préserver l’essentiel : un goût pour la démesure, la tension dramatique du récit et la noirceur inévitable du propos.

« Les frères Brizzi ont créé un véritable chef-d’œuvre épique. Leur œil de cinéaste nous livre un monde à la fois fascinant et repoussant. L’échelle titanesque des gouffres abyssaux contraste avec l’éventail des émotions humaines qu’on peut lire sur le visage de Dante. Le rendu des matières lié à l’élégance du style graphique transcende chaque page. Un tour de force de l’imagination au pouvoir. »

Roger Allers, réalisateur du Roi lion (1994)


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Enfer De Dante »

Dans les méandres de l’imaginaire graphique, la bande dessinée « L’Enfer de Dante » de Paul et Gaëtan Brizzi se déploie comme une fresque somptueuse, gravitant autour de la célèbre épopée dantesque.

Les frères Brizzi, forts de leur héritage dans le monde de l’animation, nous offrent une traversée visuelle de l’au-delà qui s’érige avec une grâce presque divine, témoignant d’une fidélité artistique au poème immortel de Dante Alighieri.

La mise en page, majestueuse, se compose de planches où chaque trait semble taillé dans l’étoffe des rêves, évoquant les gravures de Doré, et imbibées de cette austérité propre à la Renaissance.

Ici, la grandeur de l’Enfer n’est pas seulement narrée, elle est vécue à travers un dessin au crayon, où la précision et la finesse du trait invitent à une contemplation silencieuse des royaumes infernaux.

Certes, certains puristes de l’œuvre originelle pourraient soupirer face à une narration qui, tout en restant linéaire et respectueuse du texte, se permet peu d’écarts.

Si la bande dessinée ne prétend pas se substituer à la complexité et à la richesse du poème de Dante, elle se distingue néanmoins par sa capacité à incarner graphiquement le voyage de l’âme.

En effet, chaque cercle de l’Enfer se dévoile avec une puissance esthétique qui n’a d’égal que la prose du poète florentin.

« L’Enfer de Dante » par les Brizzi est donc bien plus qu’une simple adaptation ; c’est une œuvre d’art en soi, un hommage où l’esprit de Dante et l’encre des Brizzi dansent une sarabande crépusculaire, invitant le lecteur à une réflexion sur la nature de la damnation et de la rédemption.

Les auteurs, conscients de l’ambition de leur entreprise, n’ont pas cherché à réinventer la Divine Comédie, mais à en partager l’essence à travers leur prisme artistique, faisant de cette bande dessinée un joyau à la fois respectueux et inspirant.

Molière et les médecins

Album publié une première fois en 2022 aux Editions Petit à Petit.


Texte intégral de trois pièces en BD.

couverture Molière et les médecins

Molière et les médecins, c’est tout une histoire  ! Retrouvez dans cet ouvrage trois pièces adaptées en BD  : L’Amour médecin (14 septembre 1665), Le Médecin volant (18 avril 1659) et La Jalousie du Barbouillé (décembre 1660). 

Le texte intégral est respecté à la virgule près et tous les codes de la BD permettent une lecture fluide et une meilleure compréhension de l’œuvre. 

Idéal pour (re)découvrir les classiques  !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Molière et les médecins »

Dans l’univers foisonnant de la bande dessinée, l’œuvre « Molière et les médecins » se distingue comme un vibrant hommage au géant du théâtre français à l’occasion de son quatrième centenaire. Cette œuvre collective, à laquelle François Foyard, Julien Margerit et Antoane Rivalan prêtent leurs talents graphiques, est une exploration visuelle des satires sociales de Molière sur la médecine.

À travers des dessins expressifs et un respect scrupuleux du texte original, ce trio d’artistes parvient à insuffler une nouvelle vie à des pièces moins connues telles que « Le Médecin volant » et « La Jalousie du Barbouillé« . Leur démarche est louable : démystifier les archaïsmes de Molière pour les jeunes lecteurs, tout en préservant l’essence comique et critique de son œuvre.

Cependant, cette adaptation en bande dessinée n’est pas exempte de défis. Le sérieux de la documentation historique, bien que riche et instructive, entrave parfois le dynamisme inhérent à la forme de la BD. L’équilibre entre le didactisme et le plaisir visuel n’est pas toujours atteint, laissant le lecteur en suspens entre le livre d’histoire et la pure création artistique.

Néanmoins, « Molière et les médecins » réussit un pari audacieux : celui de rendre accessible et attractif un pan de la littérature classique française qui, autrement, pourrait sembler lointain. C’est une passerelle illustrée entre les siècles qui permet de redécouvrir Molière sous un jour contemporain, un exploit qui, même s’il peut parfois sembler hésitant dans son exécution, reste une contribution significative à la célébration de l’immense héritage de cet auteur.

Cette bande dessinée pourrait donc se poser en compagnon essentiel pour les éducateurs et en lecture de loisir pour les passionnés de théâtre, aussi bien que pour ceux qui cherchent à pénétrer l’univers de Molière par une voie moins ardue.

Je, François Villon – Tome 03

Bande dessinée publiée en 2016 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2006.

Je crie à toutes gens merci.

couverture bd Je, François Villon - Tome 03

Ce troisième volume de l’adaptation du texte de Jean Teulé par Luigi Critone conclut admirablement cette fresque médiévale, hommage à la mesure de François Villon, poète au destin et au talent incomparables.

François Villon aura tout expérimenté de l’art de la subversion.

Aucune règle ni aucun sentiment, même les plus naturels en apparence, n’auront pu éviter une remise en cause par son esprit fort et rebelle.

Aucune fréquentation enfin ne l’aura rebuté, quand bien même elle serait désastreuse pour sa réputation.

Il fut rejeté, banni, mais reste aujourd’hui encore l’un des plus grands poètes de notre histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je, François Villon – Tome 03 »

« Je, François Villon – Tome 3« , œuvre de Luigi Critone, se distingue comme une île mystérieuse et envoûtante. Inspiré par le texte de Jean Teulé, Critone nous livre un récit graphique qui est à la fois une plongée dans l’âme tourmentée d’un poète et un miroir de son temps, le XVe siècle français, une époque rude et sans pitié.

Ce dernier opus conclut la trilogie avec une maestria qui équilibre la noirceur des actes de Villon avec une introspection presque théâtrale, où le protagoniste se confronte à ses démons et à sa conscience, en une sorte de huis clos existentialiste. Les critiques ont salué la façon dont Critone manipule le rythme narratif, alternant entre les citations poétiques en ancien français et une linéarité qui facilite la digestion de ces textes anciens.

Le dessin de Critone est encensé pour sa finesse et son élégance, offrant un regard presque cinématographique sur l’époque. L’illustrateur ne se contente pas de dessiner une époque ; il la réanime, lui insuffle un souffle de vie qui permet au lecteur de sentir le froid des cachots et la dureté des pavés. La colorisation de Giorgia Casetti est également remarquée pour sa capacité à magnifier le travail de l’artiste, ajoutant une profondeur émotionnelle palpable à chaque planche.

extrait bd Je, François Villon - Tome 03

La caractérisation de François Villon est une réussite indéniable. Le lecteur suit avec fascination ce personnage historique, de ses débuts de jeune étudiant rebelle à son inéluctable chute, en passant par sa vie de bandit.

Ce troisième tome illustre sa repentance et sa confrontation avec les conséquences de ses actes, une démarche qui le mène à une certaine maturité. Cette évolution psychologique est un véritable tour de force, rendant Villon non seulement plus humain mais aussi profondément attachant, malgré ou à cause de ses nombreux défauts.

« Je, François Villon – Tome 3 » s’érige non seulement comme une bande dessinée historique de premier plan mais aussi comme une étude de caractère captivante. Ce volume est une invitation à redécouvrir Villon, à apprécier la richesse de son œuvre poétique et à méditer sur les ambivalences de la nature humaine.

Poil de Carotte (Petit à Petit)

Bande dessinée publiée en 2010 aux éditions Petit à Petit.


D’après le roman de Jules Renard publié en 1894

La célèbre histoire de Poil de Carotte est celle d’un enfant roux mal aimé, victime d’une famille cruelle.

François Lepic, de son vrai nom, grandit entre une mère qui le hait et un père indifférent.

On suit le parcours de ce jeune garçon, sa relation avec ses parents, avec le monde qui l’entoure et avec la nature.

Poil de Carotte utilise la ruse pour lutter contre les humiliations du quotidien et braver le monde des adultes.

Ainsi, malgré le drame, on savoure de délicieuses aventures, drôles, cocasses, émouvantes, souvent traitées avec l’ironie si bien maîtrisée par le scénariste Luc Duthil et la dessinatrice Céline Riffard.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poil de Carotte »

« Poil de Carotte » de Luc Duthil et Céline Riffard s’érige en tant qu’adaptation remarquable qui parvient à capturer l’essence de l’œuvre originale de Jules Renard, tout en insufflant une modernité saisissante à travers le prisme de la BD. Cette œuvre graphique nous plonge dans la complexité des relations familiales, mises en lumière par une narration visuelle aussi expressive que poignante.

La plume de Duthil, à la fois acérée et délicate, reconstruit avec subtilité l’univers de Renard. Il peint le portrait de François Lepic, alias Poil de Carotte, un enfant aux prises avec l’indifférence paternelle et la cruauté maternelle, dans un style qui oscille entre la satire sociale et une tendre mélancolie.

Le jeune garçon, mal aimé et souvent chahuté par le sort, trouve dans la ruse et une ironie innée les armes pour affronter un quotidien qui ne lui fait pas de cadeaux. Cette adaptation ne se contente pas de représenter les tourments de Poil de Carotte ; elle invite aussi à réfléchir sur la résilience et la capacité à trouver de la beauté et de l’espoir dans les interstices d’une vie qui semble parfois vouloir l’engloutir.

Le trait de Riffard, quant à lui, est une ode à la complémentarité avec le texte de Duthil. Les illustrations, vives et captivantes, ne trahissent pas la gravité du récit ; elles lui offrent au contraire un contrepoint visuel qui amplifie les émotions.

Les couleurs chaudes et l’expressionnisme subtil des personnages confèrent à la bande dessinée une dimension presque théâtrale, où chaque case est une scène chargée de significations et d’émotions.

La dualité entre le scénario et le graphisme crée un dialogue où l’humour et la tragédie se côtoient sans jamais se confondre, une prouesse qui témoigne de la maîtrise des auteurs sur leur art. « Poil de Carotte » ne se lit pas uniquement avec les yeux ; il se ressent, faisant appel à la sensibilité et à l’intelligence émotionnelle du lecteur.

Cette œuvre s’impose comme un incontournable dans le paysage de la bande dessinée francophone, un classique revisité qui, bien que fidèle à son matériau d’origine, n’hésite pas à explorer de nouvelles avenues narratives et esthétiques. Elle s’adresse à tous ceux qui, à l’instar de Poil de Carotte, cherchent leur place dans un monde qui n’est pas toujours prêt à les accueillir.

Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin

Album publié en 2016 aux éditions DCL.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre Les frères Corses de Alexandre Dumas publié la première fois en 1844.

Mars 1841. Après un voyage en Corse et alors qu’il rentre chez lui à Paris, Alexandre Dumas se rend chez Louis de Franchi, afin de lui transmettre le courrier de sa famille, qui vit dans le village de Sollacaro.

Se nouant d’amitié avec le jeune avocat insulaire, Alexandre Dumas accepte de l’accompagner au bal de l’Opéra.

Là, les deux hommes sont invités à dîner dans la nuit. Espérant y retrouver la femme qu’il aime en secret, Louis de Franchi accepte.

Mais lorsqu’au cours du repas mondain la jeune femme est humiliée publiquement par son amant, Louis vole à son secours et provoque en duel le fameux et redoutable de Château-Renaud.

Avant d’en découdre au bois de Vincennes, et dans la nuit précédant le combat, le jeune Corse reçoit la visite du fantôme de son défunt père lui annonçant sa mort prochaine.

Pendant ce temps, Lucien de Franchi quitte la Corse afin de rejoindre son jumeau à Paris. Dès lors, le surnaturel et la mort s’invitent dans ce récit passionné et passionnant.

Mais il n’est pas au bout de ses surprises…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin »

Dans la veine de la littérature classique et de la tradition graphique, « Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin » de Frédéric Bertocchini, illustré par Eric Rückstühl et colorisé par Pascal Nino, s’aventure avec audace sur les traces d’Alexandre Dumas.

Cet opus clôt la diptyque commencée par « Les Frères Corses – Tome 1 – Le Paceru« , emportant le lecteur dans un Paris de 1841 où le mystère et le surnaturel dansent un ballet aussi élégant que mélancolique.

Bertocchini, avec une main de maître, nous présente un Alexandre Dumas en plein cœur d’une intrigue qui dépasse la fiction. À travers les yeux de Louis de Franchi, jeune avocat corse, le récit dépeint une fraternité déchirée par le destin. Le pathos de l’histoire s’entrelace avec la beauté tragique de l’île de Corse, évoquant les thèmes universels de l’honneur et de la vendetta insulaire.

Le scénario, bien qu’ancré dans un contexte historique et littéraire dense, ne perd jamais le lecteur grâce à un rythme bien maîtrisé et des dialogues ciselés. La bande dessinée se lit comme un roman d’antan, avec la vivacité et le dynamisme propre au neuvième art.

Les dessins de Rückstühl et les couleurs de Nino se marient à merveille avec le ton de l’œuvre, créant une atmosphère qui oscille entre réalisme historique et lyrisme. Les expressions des personnages portent en elles les émotions complexes de l’intrigue, tandis que les arrière-plans détaillés invitent à une immersion totale.

« Les frères Corses – Tome 2 – Le Témoin » est ainsi une lecture recommandée non seulement pour les passionnés de Dumas et les amateurs de récits historiques,



Lieu visité par la bd en Corse

Tarzan, l’homme-singe – Tome 1

Album publié une première fois en 2024 aux Editions Glénat.


Adapté du roman de Edgar Rice Burroughs publié en octobre 1912.

Tarzan est un enfant de la jungle et pourtant, il est différent de ceux qui l’entourent. Chétif, imberbe, maladroit… sa place parmi les grands singes ne s’impose que grâce à l’amour que lui porte Kala, sa mère adoptive.

Mais en grandissant, Tarzan reconnait en lui des qualités que les membres de son groupe ne possèdent pas. Il est rusé, patient et ses faiblesses sont largement compensées par sa compréhension d’outils qui s’apparentent pour lui à des extensions de son être.

Petit à petit, Tarzan comprend que la place qui lui revient au sein de sa forêt natale, c’est celle de maître.

Bientôt, il montrera à tous qu’il est le Seigneur de la jungle. Mais c’était sans compter sur sa rencontre avec Jane, une étrange créature qui réussit à provoquer chez Tarzan un émoi qu’il n’avait jamais ressenti jusque-là…

Adaptation fidèle du roman d’Edgar Rice BurroughsTarzan, seigneur des singes nous invite à découvrir l’origine du mythe de ce personnage devenu culte. Dans cette version qui ne subit pas le traitement édulcoré du dessin animé Disney, découvrez un récit tragique et l’histoire de l’avènement d’un homme qui rencontre la civilisation.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tarzan, l’homme-singe – Tome 1 »

Éric Corbeyran et Roy Allan Martinez réussissent le tour de force de redonner vie au mythe de Tarzan avec une authenticité et une profondeur remarquables.
Dans ce premier tome, le scénariste et le dessinateur revisitent l’histoire du héros sauvage avec une approche narrative et visuelle qui capte immédiatement l’attention. Éric Corbeyran s’empare de la psychologie complexe de Tarzan, explorant le tiraillement entre sa nature humaine et son appartenance à la jungle. Ce thème, déjà familier aux lecteurs, prend ici une dimension émotive, permettant de redécouvrir un personnage plus vulnérable et conscient de sa singularité.

extrait bd Tarzan, l'homme-singe - Tome 1

Les illustrations de Roy Allan Martinez renforcent ce sentiment, avec des planches d’une beauté frappante, où la jungle devient un véritable personnage à part entière. Son utilisation des ombres et des textures donne à chaque scène une profondeur immersive, traduisant la sauvagerie et la majesté de cet environnement impitoyable. Les scènes d’action, quant à elles, sont dynamiques et précises, capturant l’agilité féline de Tarzan avec une précision rare.

« Tarzan, l’homme-singe – Tome 1 » propose une réinterprétation inspirée qui ravira aussi bien les admirateurs de longue date que les nouveaux lecteurs. Éric Corbeyran et Roy Allan Martinez nous offrent une œuvre visuellement captivante et narrativement riche, un hommage vibrant et contemporain à l’icône intemporelle de la littérature d’aventure.