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Les soldats de Salamine

Bande dessinée publiée en 2020 aux éditions Actes Sud.


D’après le roman de Javier Cercas publié le 4 mars 2001.

couverture bd Les soldats de Salamine

On se souvient de la trame du roman éponyme de Javier Cercas : dans les derniers jours de la guerre civile espagnole, l’écrivain Rafael Sánchez Mazas, “le premier fasciste d’Espagne“, un des fondateurs de la Phalange, échappe au peloton d’exécution des troupes républicaines en déroute grâce à un soldat qui, bien que l’ayant vu, lui laisse la vie sauve.


Soixante ans plus tard, un journaliste s’attache au destin des deux adversaires qui ont joué leur vie dans un seul regard et entreprend de recueillir des témoignages pour transformer cette histoire en fiction.


— Dites-moi une chose, dit-il, la main sur la poignée de la porte entrouverte. Pourquoi vouliez-vous rencontrer le soldat qui a sauvé Sanchez Mazas ?
— Pour lui demander ce qu’il a pensé ce matin- là, dans la forêt, après la fusillade, quand il l’a reconnu et l’a regardé dans les yeux. Pour lui demander ce qu’il a vu dans ses yeux. Pourquoi il l’a sauvé, pourquoi il ne l’a pas dénoncé, pourquoi il ne l’a pas tué.
— Pourquoi l’aurait-il tué ?
— Parce qu’à la guerre, les gens tuent. Parce que c’était à cause de Sanchez Mazas et de quatre ou cinq types comme lui qu’il s’est passé ce qui s’est passé et qu’à ce moment-là ce soldat commençait son exil sans retour. Parce que si quelqu’un méritait d’être exécuté, c’était bien Sanchez Mazas.


Roman-document qui a bouleversé l’Espagne et connu une carrière internationale, (Actes Sud, 2002), ce livre est porté par une réflexion profonde sur l’essence même de l’héroïsme et l’inéluctable devoir de réconciliation après les horreurs d’une guerre civile fratricide.
Ce chef d’œuvre est devenu grâce au talent de José Pablo Garcia et à la complicité de Javier Cercas, un roman graphique à part entière. Une gageure, car la structure labyrinthique qui est le dispositif essentiel du livre, devait être sauvegardée très fidèlement. Sans oublier l’humour et l’autodérision


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les soldats de Salamine »

L’adaptation en bande dessinée du roman Les Soldats de Salamine par José Pablo García est un hommage réussi à l’œuvre de Javier Cercas.

À travers un style graphique qui oscille habilement entre la bichromie et la couleur, García parvient à capturer la complexité morale de cette période sombre de l’histoire espagnole. Le récit, qui explore les méandres de la guerre civile espagnole, est marqué par un geste aussi simple que bouleversant : un soldat républicain épargne la vie d’un phalangiste, un acte qui défie la logique de la guerre et interroge sur la nature de l’héroïsme.

García reste fidèle à la structure tripartite du roman, tout en enrichissant l’expérience visuelle par des choix artistiques pertinents. Les transitions entre passé et présent sont fluides, grâce à l’utilisation subtile de la couleur, qui ancre le lecteur dans les différentes temporalités du récit. La profondeur psychologique des personnages, renforcée par des expressions finement détaillées, permet de mettre en lumière les dilemmes humains au cœur de cette histoire.

extrait bd Les soldats de Salamine

Cette bande dessinée ne se contente pas de transposer le texte original en images, mais le rehausse par une dimension cinématographique, rendant l’œuvre accessible et percutante pour un large public.

José Pablo García offre ici une adaptation qui réussit à être à la fois respectueuse du texte source et innovante dans son approche visuelle, faisant de Les Soldats de Salamine une œuvre incontournable pour les amateurs d’histoire et de bande dessinée

A tous les garçons que j’ai aimés

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Jungle.


D’après le roman de Jenny Han publié le 11 février 2015.

couverture bd A tous les garçons que j ai aimés

Que se passerait-il si tous les garçons pour lesquels vous avez éprouvé des sentiments découvraient en même temps ce que vous ressentez pour eux ?

Lara Jean Song, 16 ans, conserve ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau offerte par sa mère. Ce ne sont pas des lettres d’amour que quelqu’un d’autre a écrites pour elle, ce sont des lettres qu’elle a écrites comme des lettres d’adieu pour arrêter d’être amoureuse !
Elle en a écrit une pour chaque garçon qu’elle a aimé, cinq en tout. Lorsqu’elle écrit, elle s’épanche sur son coeur et son âme et dit toutes les choses qu’elle ne dirait jamais dans la vraie vie, parce que ses lettres sont juste pour elle.
Jusqu’au jour où quelqu’un poste ses lettres secrètes. Et soudain, la vie amoureuse de Lara Jean passe de l’imaginaire à l’incontrôlable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A tous les garçons que j ai aimés »

L’adaptation graphique du célèbre roman de Jenny Han, portée par Véronique Grisseaux, Akimaro et Li Lu, est une véritable réussite qui séduira les amateurs de romances légères et colorées.
Ce roman graphique capture avec finesse l’essence douce et romantique de Lara Jean, une adolescente ingénue dont le quotidien bascule lorsque ses lettres d’amour secrètes sont envoyées à leurs destinataires.

Le récit, bien que prévisible, est empreint d’une fraîcheur et d’une légèreté qui rendent la lecture particulièrement agréable. Les thématiques abordées – premiers émois amoureux, triangle amoureux et quiproquos – sont traitées avec une innocence charmante, parfaitement adaptée à un public adolescent ou jeune adulte. On pourrait regretter un manque de profondeur émotionnelle dû au format court, cela est largement compensé par une narration fluide et divertissante.

extrait bd A tous les garçons que j ai aimés

Sur le plan visuel, les illustrations d’Akimaro et le character design de Li Lu apportent une esthétique captivante. Les graphismes, inspirés des mangas et webtoons, se distinguent par leur palette pastel et leur style « rose bonbon », en parfaite harmonie avec l’univers romantique et tendre de Lara Jean. Bien que certains décors puissent sembler minimalistes, cela n’enlève rien au plaisir visuel global.

 À tous les garçons que j’ai aimés est une adaptation graphique réussie qui offre un moment de lecture doux et réconfortant. Une œuvre à découvrir pour s’immerger dans un univers pétillant et nostalgique, en attendant peut-être une suite prometteuse !

Les Aventures d’Anselme Lanturlu – Le Trou noir

Bande dessinée publiée en 1985 aux éditions Belin.


couverture bd Les Aventures d'Anselme Lanturlu - Le Trou noir

Chacun sait, hélas, qu’un cours ou un texte de vulgarisation est une joie… pour l’auteur.
La bande dessinée scientifique, au contraire, c’est le triomphe du lecteur !
Celui-ci s’identifie aux personnages de la B.D., expérimente et vit les plus hauts concepts de la science à mesure qu’il les découvre.
Se  » shooter  » avec Albert Einstein est une aventure risquée ; ce n’est pourtant, pour Anselme Lanturlu et ses amis, que le début d’une aventure !
Anselme découvrira ainsi que le Grand Univers est courbé par les objets qu’il contient et qu’au-delà d’une certaine courbure, le voyageur cosmique se retrouve piégé dans les trous noirs, ces Maëlstroms de l’espace.
Peut-il en ressortir par des fontaines blanches ? Malgré la haute technicité des moyens mis en œuvre – papier, ciseaux et colle – on ne répondra pas à cette question profonde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Aventures d’Anselme Lanturlu – Le Trou noir »

La BD n’a pas encore été lue.

Ici l’Univers : Voyage en astrophysique

Bande dessinée publiée en 2022 aux éditions Helvetiq.


Remontez le temps avec le prix Nobel Michel Mayor pour comprendre les secrets de l’univers !

couverture bd Ici l'Univers : Voyage en astrophysique

La jeune chercheuse Céleste sauve le prix Nobel de physique Michel Mayor ― découvreur de la première exoplanète ― d’admirateurs envahissants. Ensemble, ils remontent le temps pour rencontrer les grands noms de la physique (Einstein, Newton…) et découvrir les principes qui gouvernent l’univers, des ondes gravitationnelles à la théorie de la relativité, en passant par les plus grandes des stars, les trous noirs.

Conçu par une équipe de choc composée d’un illustrateur et d’un physicien pétris d’humour, Ici l’Univers explique simplement et en images les phénomènes physiques qui régissent notre vie. Aventures, gags et rencontres décoiffantes sont au rendez-vous, apportant une saveur nouvelle à la gravitation universelle et autres principes de la physique et de la cosmologie.

Une bande dessinée accessible dès 14 ans, qui vulgarise avec beaucoup d’humour des concepts connus mais rarement compris.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ici l’Univers : Voyage en astrophysique »

Parue le 18 octobre 2022 aux éditions Helvetiq, Ici l’Univers : Voyage en astrophysique réunit l’illustrateur Herji et le physicien Jérémie Francfort, avec la caution scientifique du prix Nobel Michel Mayor. Accessible dès 14 ans, cette bande dessinée invite le lecteur à un véritable « road-trip » cosmique, où Céleste, jeune chercheuse, sauve Michel Mayor et remonte le temps à la rencontre des pionniers de la physique (Newton, Einstein…) pour décrypter les lois qui régissent l’Univers.

Au cœur de cette BD, la curiosité scientifique sert de fil rouge : exploration de l’expansion de l’Univers, découverte du fond diffus cosmologique, ondes gravitationnelles et la relativité générale d’Einstein sont traitées avec rigueur sans jamais exiger de connaissances préalables. Le ton didactique, ponctué de gags visuels et de dialogues en aparté, maintient un équilibre entre pédagogie et divertissement.

Le trait de Herji se distingue par sa clarté et sa sobriété : des planches structurées, où la personnification des corps célestes renforcent l’immersion. Les dessins, souvent épurés, jouent sur la gestuelle et l’expression des personnages pour rendre tangibles des notions abstraites ; la palette chromatique, dominée par des bleus profonds et des contrastes de blanc, évoque à la fois le vide spatial et la lumière émise lors du Big Bang.

Mariant science pointue et humour communicatif, Ici l’Univers : Voyage en astrophysique se révèle un voyage instructif. Son scénario fluide et son graphisme accessible en font un ouvrage recommandable aussi bien aux adolescents curieux qu’aux adultes en quête d’une première approche de l’astrophysique.

La guerre des loups – L’enfer du Lingekopf

Album publié en 2017 aux éditions Pierre de Taillac.


Résumé éditeur

couverture bd La guerre des loups - L'enfer du Lingekopf

Le narrateur, jeune paysan habitué au terrain vallonné, se voit incorporé au 14ème bataillon de chasseurs alpins lorsque la Première Guerre mondiale éclate.

Il y côtoie de jeunes soldats, d’horizons très différents, aux côtés desquels il doit d’abord affronter le froid et l’insupportable attente, dans l’ignorance. Puis les premiers affrontements ont lieu, et le narrateur est alors confronté aux « orages d’acier » et à la folie humaine en temps de guerre.

Se rappelant son pays natal, il s’identifie aux meutes de loups qui se réunissent pour survivre avant de sombrer lui aussi dans la folie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La guerre des loups – L’enfer du Lingekopf »

Victor Lepointe nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale avec « La guerre des loups – L’enfer du Lingekopf« , une bande dessinée qui allie une précision historique à une atmosphère angoissante.

Le récit, qui se déroule en 1915 lors de la bataille du Linge, nous fait suivre une compagnie de chasseurs alpins français dans une lutte acharnée contre les forces allemandes. Lepointe, avec un souci du détail minutieux, parvient à capturer la brutalité des combats tout en explorant la psychologie complexe des soldats, une dimension souvent négligée dans les récits de guerre.

extrait La guerre des loups - L'enfer du Lingekopf

Ce qui distingue cette œuvre, c’est la manière dont elle équilibre l’intensité des batailles avec une profondeur narrative. Plutôt que de se perdre dans des représentations gratuites de violence, Lepointe préfère focaliser sur l’état mental des combattants, leur peur, leur résilience, et leur humanité face à l’horreur de la guerre. Le style visuel, avec ses teintes pâles et sa sobriété, renforce cette atmosphère pesante, rendant chaque page poignante.

« La guerre des loups – L’enfer du Lingekopf » est une œuvre qui mérite d’être lue, notamment pour sa capacité à mêler histoire et émotion avec une telle acuité. Elle s’impose comme une lecture incontournable pour les amateurs de récits de guerre.


Quand la nuit tombe – Mylaine

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Quand la nuit tombe - Mylaine

Septembre 1943, nées juives comme des millions d’autres, Mylaine et sa petite soeur Lisou se cachent avec leur famille dans un chalet à douze kilomètres de Grenoble.

Mais le destin les rattrape et les sépare : Lisou s’échappe tandis que Mylaine est arrêtée par les Nazis avant d’être déportée dans un camp de concentration en Pologne. Ce récit est son histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Quand la nuit tombe – Mylaine »

Une plongée poignante dans l’Histoire: « Quand la nuit tombe – Mylaine »

Avec Quand la nuit tombe – Mylaine, Marion Achard et Toni Galmès livrent une œuvre bouleversante, à la fois témoignage historique et hommage vibrant. Ce deuxième tome du diptyque explore le destin de Mylaine Veil, jeune femme juive déportée durant la Seconde Guerre mondiale, à travers un récit tiré des souvenirs de la grand-tante de l’autrice. Après avoir évoqué l’échappée de Lisou dans le premier tome, cette suite plonge dans les profondeurs de l’horreur des camps nazis, tout en conservant une humanité lumineuse.

Un récit intime et universel

La narration, sobre et chronologique, capte avec justesse les étapes du calvaire de Mylaine : l’arrestation, les interrogatoires, Drancy, Auschwitz-Birkenau, puis Bergen-Belsen. Marion Achard parvient à équilibrer l’indicible souffrance et les rares instants d’espoir grâce à une écriture sensible et respectueuse. Mylaine n’est pas seulement une victime : elle est une survivante dont le courage et la résilience transcendent l’horreur.

Une esthétique délicate au service de l’émotion

Le dessin de Toni Galmès est un véritable tour de force. Son trait fin et ses aquarelles aux tons doux contrastent avec la dureté des événements décrits, créant un équilibre subtil entre poésie visuelle et réalisme historique. Les scènes des camps sont saisissantes sans jamais sombrer dans la surenchère. La progression graphique accompagne celle du récit : les visages marqués par la faim et la douleur traduisent avec puissance l’effacement progressif des identités.

Un devoir de mémoire essentiel

Quand la nuit tombe – Mylaine est un témoignage nécessaire pour les générations actuelles et futures. Accessible à un large public – adolescents comme adultes –, cet album marie pédagogie et émotion avec brio. Un chef-d’œuvre à lire pour comprendre, se souvenir et honorer ceux qui ont survécu à l’indicible.


Les BD de la série « Quand la nuit tombe »


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

AuschwitzCamp de Bergen-BelsenDrancySarcenas

Quand la nuit tombe – Lisou

Album publié en 2024 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Quand la nuit tombe - Lisou

Marion Achard raconte l’histoire de ses deux grands-tantes, Lisou et Mylaine, parentes de Simone Veil. Lisou échappera à la rafle mais Mylaine n’aura pas cette chance et vivra la terrible expérience des camps.


En septembre 1943, pour tenter d’échapper aux nazis, la famille de Lisou est obligée de se cacher dans un chalet, à douze kilomètres de Grenoble.


En février 44, le destin la rattrape. Grâce au sacrifice de sa grande sœur, Mylaine, Lisou échappera à la rafle et pourra prévenir ses parents miraculeusement absents ce jour-là.

Lisou vivra cachée jusqu’à la fin du conflit. Ce livre est son histoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Quand la nuit tombe – Lisou »

Avec Quand la nuit tombe – Lisou, Marion Achard et Toni Galmès livrent une bande dessinée poignante, inspirée de l’histoire vraie des grandes-tantes de l’autrice, Lisou et Mylaine. Ce premier tome retrace l’enfance de Lisou, une jeune fille juive cachée avec sa famille dans les montagnes près de Grenoble pour échapper aux persécutions nazies. À travers son regard d’enfant, le récit mêle l’innocence à la gravité des événements, offrant une perspective intime sur les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Les thèmes abordés sont profonds et universels : la peur, la solidarité, le sacrifice et l’espoir. La narration de Marion Achard brille par sa sensibilité et sa justesse. Elle parvient à capturer les émotions complexes de Lisou tout en restant accessible à un public jeune. Les moments de légèreté apportés par les souvenirs d’enfance équilibrent habilement la tension dramatique, rendant le récit à la fois poignant et humain.

extrait bd Quand la nuit tombe - Lisou

Le style graphique de Toni Galmès est un véritable atout. Ses illustrations aquarellées, aux tons doux et chaleureux, adoucissent la dureté du contexte historique tout en amplifiant l’émotion. Les paysages enneigés des montagnes et les scènes intérieures éclairées à la bougie dégagent une atmosphère intimiste qui soutient parfaitement le récit.

Quand la nuit tombe – Lisou est une œuvre remarquable qui allie une narration émouvante à un graphisme sublime. Elle s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes, et constitue un outil précieux pour transmettre la mémoire historique avec délicatesse et profondeur. Une lecture pour tous ceux qui souhaitent comprendre cette période sombre à travers les yeux d’une enfant.


Les BD de la série « Quand la nuit tombe »


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Sarcenas

Civilisations – Égypte

Album publié aux éditions Delcourt en 2025.


couverture bd Civilisations - Égypte

Quand l’astrologie fait trembler l’Histoire. Civilisations, une série en trois volumes qui nous emmènera en Crète, en Égypte et à Rome.

4600 avant J.-C. Kem-Et. La terre noire, aujourd’hui appelée Égypte, abrite une civilisation sur le point de connaître un bouleversement majeur : une dynastie de pharaons prend fin pour laisser place à une autre.
Im-Hotep, « celui qui vient en paix », grand réformateur et scientifique, aidera le prince Djoser à s’installer comme nouveau souverain dans cette période instable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Civilisations – Égypte »

Civilisations – Égypte, second volet de la série éponyme publiée chez Delcourt dans la collection Histoire & Histoires, nous transporte en 4600 avant J.-C. dans la vallée du Nil. France Richemond au scénario et Giulia Pellegrini au dessin signent une œuvre qui explore les prémices de la IIIe dynastie égyptienne à travers le personnage emblématique d’Im-Hotep, « celui qui vient en paix ».

La BD excelle dans sa capacité à entrelacer récit historique et dimension mystique. France Richemond, historienne de formation diplômée de la Sorbonne et conférencière au Louvre, choisit Im-Hotep comme guide narratif pour révéler cette période méconnue du grand public. 
Le scénario déploie avec précision les enjeux politiques et spirituels de l’époque : tensions entre Haute et Basse-Égypte, querelles dynastiques, et surtout la naissance du panthéon polythéiste égyptien sous sa forme renouvelée. 

extrait bd Civilisations - Égypte

Giulia Pellegrini, dessinatrice italienne formée à l’école des Beaux-Arts de Carrare, livre un travail graphique remarquable d’authenticité historique. Son trait énergique et sa mise en page dynamique évitent l’écueil de l’illustration scolaire. L’artiste excelle particulièrement dans l’interpénétration du réel et du fantastique : les créatures célestes prenant corps lors des batailles, les représentations allégoriques où un faucon combat un chien sauvage sur les rives du Nil. Cette approche hybride, soutenue par une mise en couleurs signée Axel Gonzalbo, transforme chaque planche en une double lecture : esquisse archéologique et représentation mythologique.

Civilisations – Égypte est une réussite de la bande dessinée historique contemporaine. Dense et érudit sans être hermétique, l’album bénéficie d’un dossier documentaire éclairant les choix scénaristiques. Cette fresque s’adresse aux amateurs d’histoire antique désireux de découvrir les racines méconnues de la civilisation égyptienne.

Il Était Une Fois 1914

Album publié en 2014 aux éditions Abbaye de Stavelot.


Résumé éditeur

couverture bd Il Était Une Fois 1914

Espaces, Tourisme et Culture, l’association gestionnaire de l’Abbaye de Stavelot et de son site, prend place dans le calendrier officiel du centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale en organisant un événement d’envergure intitulé Il Etait Une Fois 1914.

Sous ce titre se cache une bande dessinée, œuvre inédite et collective qui rassemble une dizaine de dessinateurs et de scénaristes wallons. Ensemble, dans ce projet ambitieux et original, ces auteurs racontent la petite histoire dans la grande Histoire, au long de neuf récits illustrés qui ont pour cadre Stavelot, bien sûr, mais aussi Liège, Bruxelles ou encore Mons.

Des événements inédits ou moins connus de ces années noires sont évoqués, de l’invasion allemande à l’aide apportée en Wallonie par l’armée française, de la légende des anges de Mons à un massacre de civils, d’un haut fait de la Résistance au quotidien de la Croix-Rouge.

Un cahier graphique et pédagogique accompagne cette bande dessinée. Le lecteur y trouvera un complément d’information sur les différentes thématiques abordées dans chacun des récits fictifs ou véridiques.

Il Etait Une Fois 1914 est un album à mettre entre toutes les mains, des enfants aux moins jeunes, histoire d’encore et toujours rappeler que la défense de la démocratie et des libertés fondamentales passe par la solidarité et la résistance à l’oppression.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Il Était Une Fois 1914 »

La bande dessinée Il Était Une Fois 1914, publiée par l’Abbaye de Stavelot, se distingue comme une œuvre collective ambitieuse et poignante, rassemblant une dizaine d’artistes belges autour du thème de la Première Guerre mondiale.

En revisitant neuf récits ancrés dans différentes régions de Wallonie et de Bruxelles, les auteurs nous offrent une mosaïque d’histoires, tantôt réelles, tantôt légendaires, qui mettent en lumière les épreuves et les résistances des populations locales face à l’occupation allemande.

Chaque artiste apporte sa propre interprétation graphique, ce qui confère à l’album une diversité visuelle fascinante. Par exemple, les dessins détaillés de Philippe Jarbinet et les illustrations évocatrices de Marco Venanzi enrichissent considérablement la narration, créant un contraste marqué entre les styles, tout en respectant l’atmosphère sombre de l’époque.

extrait bd Il Était Une Fois 1914

L’une des réussites majeures de cet album réside dans sa capacité à combiner pédagogie et émotion. Le cahier graphique, qui clôt l’ouvrage, propose un contexte historique indispensable pour comprendre la portée de chaque récit. Cet ajout permet non seulement de renforcer l’immersion du lecteur, mais aussi de souligner l’importance de la mémoire collective.

Il Était Une Fois 1914 n’est pas seulement une bande dessinée historique; c’est un hommage en BD aux victimes et héros anonymes de la Grande Guerre.

Ce projet, tout à la fois ambitieux et touchant, mérite une reconnaissance pour sa contribution à la culture mémorielle belge.

L’Écume des jours

Album publié en 2020 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Boris Vian publiée le 20 mars 1947.

couverture bd L Écume des jours

Jeune homme fortuné, Colin est tourmenté par son célibat. Jusqu’au jour où il rencontre Chloé, la femme de sa vie. Le bonheur est à portée de main.
Mais il ne saurait durer. Chloé d’ailleurs toussote.
Diagnostic : dans son poumon pousse un nénuphar, que Colin s’épuise à soigner. Mais rien n’y fait. Son état s’aggrave, si bien que leur maison rapetisse, se délabre. Tout devient étriqué, étouffant.

« Dans la vie, l’essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d’en déduire des règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d’être formulées pour qu’on les suive. Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de La Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l’histoire est entièrement vraie. puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. Sa réalisation matérielle proprement dite consiste essentiellement en une projection de la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion. On le voit, c’est un procédé avouable, s’il en fut« .
La Nouvelle-Orléans. 10 mars 1946.. (Avant-propos de Boris Vian à L’écume des jours).

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Écume des jours »

Adapter un monument littéraire comme L’Écume des jours de Boris Vian représente un défi de taille, que Jean-David Morvan et Marion Mousse relèvent avec une audace singulière.
Leur choix d’un graphisme en noir et blanc, d’une esthétique tantôt minimaliste, tantôt foisonnante, évoque un univers où la poésie visuelle rencontre le surréalisme littéraire de l’œuvre originale. Les contrastes marqués et les lignes dynamiques insufflent à cette bande dessinée une vie propre, tout en rendant hommage à l’onirisme du roman.

extrait bd L'Écume des jours

La narration, fidèle à l’intrigue, parvient à retranscrire l’émotion et l’absurde des situations vécues par Colin, Chloé et les autres personnages. Les scènes clés, notamment celles où le nénuphar devient une allégorie omniprésente, sont transposées avec une intensité graphique saisissante. Malgré un style visuel qui peut dérouter, cette approche reflète parfaitement l’étrangeté et la beauté de l’univers de Boris Vian.

Cette bande dessinée offre une relecture audacieuse et pertinente d’un classique intemporel. Une œuvre riche de sens, à la fois fidèle et innovante. C’est un voyage visuel et littéraire qui ouvre une nouvelle porte vers l’imaginaire de Boris Vian, offrant aux lecteurs une occasion de redécouvrir ce chef-d’œuvre sous un œil différent.