Catégorie : Toutes les BD

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – La découverte des dinosaures

Bande dessinée publiée en 2018 aux éditions Dupuis.


couverture bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - La découverte des dinosaures

Ils ont vécu sur Terre il y a des millions d’années avant de s’éteindre subitement, laissant aux explorateurs le secret de leurs fossiles.
Depuis les premières découvertes archéologiques, dès le début du XIXe siècle, partez sur les traces de ces reptiles géants avec Ariane et Nino.
L’aventure grandeur nature de cette révolution archéologique !
S’inviter dans l’Histoire pour en raconter les grands moments incontournables, voilà le parti pris d’Ariane et Nino.
Avec humour et pédagogie, les jeunes lecteurs en apprendront autant que leurs aînés !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – La découverte des dinosaures »

Avec La découverte des dinosaures, le tandem Fabrice Erre et Sylvain Savoia signe un volume passionnant dans la collection Le fil de l’Histoire chez Dupuis. Plutôt que de dresser un énième inventaire de bestioles préhistoriques, les auteurs prennent le contre-pied pour nous raconter l’aventure humaine et scientifique qui a mené à leur exhumation.

Le scénario brille par son angle d’attaque : l’histoire des sciences. Fabrice Erre évite l’écueil du cours rébarbatif grâce à la dynamique rodée entre Nino, le petit frère curieux, et Ariane, la grande sœur érudite. Le récit vulgarise des concepts complexes, comme la fameuse « Guerre des os » entre paléontologues. C’est intelligent, rythmé et jamais infantilisant.

extrait bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - La découverte des dinosaures

Visuellement, la patte de Sylvain Savoia fait mouche. Son style « Ecole Marcinelle » moderne, à la fois rond et épuré, assure une lisibilité parfaite. Il parvient à rendre les reconstitutions historiques, des cabinets de curiosités victoriens aux friches du Far West, chaleureuses et accessibles. Le dessin soutient le propos pédagogique et apporte une clarté bienvenue aux explications techniques.

C’est un petit tour de force de vulgarisation qui plaira autant aux enfants qu’aux parents. En remettant l’humain au cœur de cette période, cet album se révèle indispensable pour comprendre comment nous avons, littéralement, déterré notre passé. Une lecture vivement recommandée pour tous les petits curieux dès 7 ans.​

Charles de Gaulle, la France martyrisée

Album publié en 2026 aux éditions Bamboo.


Résumé éditeur

couverture bd Charles de Gaulle, la France martyrisée

En mars 1916, sur le champ de bataille de Verdun, le jeune capitaine Charles de Gaulle est fait prisonnier.
Interné dans plusieurs forteresses allemandes, il tente à cinq reprises de s’évader. Loin de briser sa détermination, la captivité forge son caractère : il observe, analyse et tire les leçons d’une guerre industrielle dont il pressent déjà les évolutions.
En 1939, la France entre de nouveau en guerre. De Gaulle n’est encore qu’un colonel isolé dans ses convictions. Tandis qu’il défend une stratégie offensive fondée sur la concentration des blindés, l’état-major reste figé dans les certitudes du passé.
Au printemps 1940, lorsque les forces allemandes déferlent sur le territoire, il refuse l’armistice et choisit de poursuivre le combat pour sauver l’honneur de la France.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Charles de Gaulle, la France martyrisée »

Premier volet d’une biographie dessinée en deux temps, cet album réunit la première partie du portrait que l’historien Jean-Yves Le Naour consacre à Charles de Gaulle, servi au dessin par Claude Plumail. Le titre reprend la formule célèbre du discours de la Libération, annonçant un diptyque dont ce tome couvre les années de formation, de la captivité de 1916 au refus de l’armistice en 1940.

L’intérêt du récit tient à son parti pris, montrer l’homme avant la légende. Jean-Yves Le Naour s’attache au jeune capitaine fait prisonnier à Verdun, dont les cinq tentatives d’évasion et les longues années d’internement forgent le caractère et aiguisent la réflexion militaire. Loin de toute idéalisation, l’album le présente aussi comme un officier plein d’assurance et d’illusions, puis comme un colonel isolé, prêchant en vain pour une stratégie offensive fondée sur les blindés face à un état-major figé. Cette insistance sur la solitude et l’obstination éclaire d’un jour concret la décision de 1940, moins comme un geste providentiel que comme l’aboutissement d’une conviction longuement mûrie.

extrait bd Charles de Gaulle, la France martyrisée

Formé à l’histoire, Jean-Yves Le Naour garantit la rigueur documentaire du propos, prolongée par un dossier réalisé avec la Fondation Charles de Gaulle. Au dessin, Claude Plumail adopte un trait réaliste et lisible, attentif à la reconstitution des uniformes, des forteresses et des champs de bataille, que les couleurs d’Albertine Ralenti nuancent selon les atmosphères, de la boue de Verdun aux ors feutrés des états-majors.

L’album s’adresse aux amateurs de bande dessinée historique et aux curieux d’histoire du vingtième siècle. Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail signent une biographie exigeante et incarnée, qui restitue la genèse d’un destin sans céder à la statue.

Les Frères Rico

Album publié en 2015 aux éditions Omnibus.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée en décembre 1952.

Le roman simenonien de la Mafia, magistralement illustré par Loustal.

Les trois frères Rico appartiennent à l’Organisation. Quand Tony, le plus jeune, disparaît après un coup manqué et fait savoir qu’il veut reprendre sa liberté, l’Organisation ordonne à Eddie, l’aîné, de retrouver son jeune frère pour lui conseiller de fuir.
Mais cette mission est un piège, et quand Eddie s’en rend compte, il est déjà trop tard…
Loustal s’est emparé de ce roman de Mafia très noir, histoire de trahison et de lâcheté, et a restitué, en cinquante illustrations, le décor sombre de Brooklyn comme les paysages lumineux de la Floride.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Frères Rico »

Le livre Les Frères Rico n’est pas une bande dessinée classique, mais un roman illustré. L’artiste Jacques de Loustal met en images le texte célèbre de Georges Simenon. Publié aux éditions Omnibus, ce livre nous plonge dans l’Amérique des années 1950. Il raconte une histoire sombre sur la mafia.

L’intrigue ne parle pas de grandes fusillades. C’est une histoire psychologique. Le héros s’appelle Eddie Rico. Il travaille pour « l’Organisation » (la mafia). Eddie est un homme calme, un gestionnaire. Sa vie bascule quand il doit retrouver son frère Tony. Tony a trahi le clan et doit disparaître. Eddie doit choisir entre sa famille et l’Organisation. On ressent sa peur et sa solitude. Le récit est tragique : les personnages ne peuvent pas échapper à leur destin.

Les dessins de Jacques de Loustal sont superbes. Il propose environ 50 illustrations en couleurs. Chaque image ressemble à un tableau immobile. Jacques de Loustalest le maître des ambiances. Il utilise la lumière avec talent. Il oppose deux mondes : la chaleur aveuglante de la Floride et la froideur sombre de Brooklyn. Son trait est élégant et statique. Cela renforce le sentiment d’attente et d’angoisse du héros. Les couleurs (ocres, bleus nuit) installent une atmosphère « noire » très réussie.

Les Frères Rico est un livre qui respecte parfaitement l’esprit de Simenon. L’alliance entre le texte dur et les images douces de Loustal fonctionne à merveille.

Adios Muchachos

Album publié en 2011 aux Editions Casterman.


Adapté du roman de Daniel Chavarría publié le 2 mai 1997 en France.

couverture bd Adios Muchachos

Alicia est une jolie étudiante en dessin de La Havane, très indépendante et très libre de moeurs, qui se laisse parfois séduire par des hommes rencontrés en ville au hasard de ses déplacements en vélo.
Comme elle est très pauvre, elle se sent libre d’accepter des cadeaux, mais refuse catégoriquement qu’on la paie, de peur d’être confondue avec une prostituée.


Evidemment, cette façade comme il faut est totalement factice. Alicia est en réalité une jinetera (une « cavalière »), l’une de ces nombreuses Cubaines qui se prostituent plus ou moins occasionnellement auprès des touristes occidentaux dans l’espoir d’être entretenue, voire épousée.
Avec l’entière complicité de sa mère Margarita, elle s’efforce ainsi de conjurer la pauvreté chronique qui sévit à Cuba.

Lorsque cette histoire commence, la jeune femme vient de séduire le beau Juanito, un Canadien en mission de longue durée pour une grosse compagnie hollandaise du secteur touristique.
Grosse maison, gros moyens et fascination éperdue pour les arguments très… palpables d’Alicia : la jinetera et sa mère sentent d’emblée qu’elles ont ferré le gros poisson. Elles n’imaginent pas un instant que le pedigree de Juanito est lui aussi très différent de ce qu’il donne à voir…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Adios Muchachos »

Dans la moiteur d’une Cuba asphyxiée par la chute du bloc soviétique, Adiós Muchachos (Casterman/Rivages Noir) nous offre une plongée en apnée au cœur de la « Période Spéciale ». Matz s’empare du roman culte de Daniel Chavarría pour en livrer une partition cynique et jubilatoire, où la survie est élevée au rang de beaux-arts.

Loin du polar classique, l’album dresse le portrait fascinant d’Alicia, une jinetera à bicyclette qui ne vend pas son corps, mais le loue à des fins logistiques. Ici, point de victimes, seulement des prédateurs : Alicia et sa mère orchestrent des pièges lubriques avec une ingéniosité redoutable, ciblant les étrangers naïfs. La force du récit réside dans cette immoralité joyeuse, cette « lutte » quotidienne (la fameuse lucha) où l’arnaque devient une forme de résistance. Les dialogues, ciselés, évitent tout misérabilisme pour privilégier un humour noir décapant, fidèle à la verve de de Daniel Chavarría.

Visuellement, le choix de Paolo Bacilieri est audacieux. Son trait hachuré, dense, presque underground, sature l’espace comme la chaleur sature l’air havanais. Il ne cherche pas le « beau » lisse, mais le « vrai » : il magnifie les façades lépreuses, les corps en sueur et le chaos architectural de la ville.

Cette adaptation est une réussite totale. Elle capture l’essence picaresque du roman : une farce tragique où l’on rit pour ne pas pleurer. Un album pour toucher du doigt l’âme cubaine, sensuelle, brutale et indomptable.

Descartes – La philosophie cartésienne en BD

Album publié en 2021 aux éditions Ellipses.


Résumé éditeur

René Descartes en BD (31 mars 1596 / 11 février 1650).

couverture bd Descartes - La philosophie cartésienne en BD

Gentilhomme poitevin formé dans le meilleur collège Jésuite de France, Descartes est l’un des plus grands génies de son temps. Gloire de la France, celui qu’on appelle le père du rationalisme vécut pourtant plus de la moitié de sa vie en Hollande, pays refuge dans des temps troublés par la guerre de Trente ans et le début de la Fronde.
C’est l’histoire de cet homme chaleureux et de sa pensée révolutionnaire pour les sciences et la métaphysique que dépeint cette Bande Dessinée.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Descartes – La philosophie cartésienne en BD »

Cet album de 128 pages réunit Nicolas Tenaillon au scénario et Hélène Zeyer au dessin. Nicolas Tenaillon est agrégé de philosophie et professeur en classe préparatoire aux Grandes Écoles. Cette double compétence, universitaire et vulgarisatrice, est précisément ce qui manque souvent aux biographies de philosophes en bande dessinée : un auteur qui connaît vraiment son sujet de l’intérieur.

Gentilhomme poitevin formé dans le meilleur collège jésuite de France, René Descartes est l’un des plus grands génies de son temps. Celui qu’on appelle le père du rationalisme vécut pourtant plus de la moitié de sa vie en Hollande, pays refuge dans des temps troublés par la guerre de Trente ans et le début de la Fronde. Nicolas Tenaillon tire intelligemment parti de cette biographie paradoxale : un homme qui pense la clarté depuis l’exil, qui bâtit un système fondé sur la certitude dans un siècle de guerres et de doutes.
Le pari de l’album est double : raconter la vie de René Descartes et rendre accessible sa pensée, du doute méthodique au cogito, en passant par le dualisme corps-âme et la géométrie analytique. Ce que réussit Nicolas Tenaillon, c’est de montrer comment ces concepts abstraits ont émergé d’une vie concrète, de voyages, de rencontres et d’une correspondance nourrie avec les plus grands esprits de l’époque.

extrait bd Descartes - La philosophie cartésienne en BD


Le dessin d’Hélène Zeyer adopte un trait clair et expressif, adapté à un propos qui exige de la lisibilité avant tout. Les séquences consacrées aux expériences de pensée, notamment les célèbres méditations, sont restituées avec une économie de moyens graphiques qui sert la rigueur du texte sans l’alourdir.
Un album qui s’adresse aussi bien aux lycéens et étudiants en philosophie qu’aux lecteurs curieux qui souhaitent approcher René Descartes sans passer par les textes en latin.



Les 2 œuvres de René Descartes en BD

Discours de la méthode - Je pense, donc je suis !
11 Mar 2021

Discours de la méthode - Je pense, donc je suis !

Discours de la Méthode
8 Mar 2017

Discours de la Méthode

3 fois dès l’aube

Album publié en 2018 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman d’Alessandro Baricco publié le 21 mars 2012 sous le titre Tre volte all’alba.

couverture bd 3 fois dès l'aube

Deux personnages se rencontrent à trois reprises.
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l’héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l’homme s’ouvre à elle mais mal lui en prend.

Un portier d’hôtel aide une jeune cliente à s’enfuir afin d’échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu’elle, il lui révèle qu’il a passé treize ans en prison à la suite d’un meurtre.

Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l’incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l’emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.

Trois histoires nocturnes qui se concluent à l’aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu’Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d’élégance et même de sensualité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 3 fois dès l’aube »

Publiée en février 2018 chez Futuropolis, cette adaptation du roman d’Alessandro Baricco constitue une belle surprise. Denis Lapière au dessin et Aude Samama à la couleur relèvent le pari de transposer un texte poétique et énigmatique en bande dessinée sans le simplifier.

Le roman original tourne autour de trois rencontres nocturnes entre des personnages différents. Chaque histoire se termine à l’aube, mais les connexions entre elles restent volontairement floues. C’est là toute la subtilité de d’Alessandro Baricco : créer du suspense sans vraiment en avoir besoin, laisser des zones d’ombre plutôt que de tout expliquer.

Denis Lapière traduit cette ambiguïté avec beaucoup de retenue. Il épure le scénario, garde l’essentiel du dialogue, et mise sur l’intimité des personnages plutôt que sur l’action. C’est un choix judicieux : moins on en dit, plus on laisse le lecteur construire ses propres interprétations.

extrait bd 3 fois dès l'aube

Mais le véritable coup de génie, c’est le travail d’Aude Samama à la couleur. Ses peintures à l’acrylique baignent les pages dans des teintes chaudes et douces qui rassurent autant qu’elles troublent. Les visages sont traités avec une grande retenue, des regards intenses mais fermés, comme si les personnages gardaient jalousement leurs secrets. Les décors dépouillés renforcent cette sensation d’isolement.

Cette adaptation fonctionne vraiment parce qu’elle ne trahit pas le roman. Elle ne cherche pas à le rendre plus dramatique ou spectaculaire. Au contraire, elle en renforce le caractère contemplatif.
À recommander à ceux qui aiment les histoires qui ne donnent pas toutes leurs clés.

Les Croix Noires

Album publié en 2017 aux Editions Auto Edition.


Vassieux en Vercors, juillet 1944.
« Les avions à croix noires ! Vite, allons nous cacher.« 
Suzanne a souvent entendu ces paroles inquiétantes.
Dans l’insouciance de ses huit ans, elle était loin de s’imaginer qu’en quelques minutes, elle serait brutalement plongée dans l’horreur de la guerre, les bombardements, les exécutions sommaires, les blessures, la peur. Elle devra fuir, rester cachée comme tous les habitants du village.
Rien ne lui sera épargné.
Des souvenirs, gravés à jamais dans son âme et dans son corps, que Mick Berthet, le cousin de Suzanne, raconte à travers cette bande dessinée.
Juste un témoignage pour ne pas oublier.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Croix noires »

Pas encore d’avis.

extrait bd Les Croix noires

Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Le Magicien d’Oz

Album publié en 2016 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté de l’œuvre de Lyman Frank Baum (publiée pour la première fois le 17 mai 1900).

Originaire du Kansas en Amérique, Dorothée est une jeune fille rêveuse qui a soif d’aventure.
Un soir de tempête, une tornade l’emporte dans un monde étrange et merveilleux.
Sa seule piste pour rentrer chez elle : aller à la Cité d’Émeraude afin de rencontrer le Grand Magicien d’Oz, capable d’exaucer tous les vœux !
En chemin, elle va faire la connaissance de personnages hauts en couleur avec qui elle se liera d’amitié, mais devra aussi affronter de terribles épreuves.
Les aventures de Dorothée sur la route de briques jaunes ne font que commencer !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Magicien d’Oz »

Tommy Ohtsuka signe une adaptation magistrale du chef-d’œuvre de L. Frank Baum. Ce manga, paru chez Nobi-Nobi! dans la collection « Les Classiques en Manga », réussit l’exploit de condenser le roman en 176 pages sans en sacrifier la richesse émotionnelle.

L’histoire reste fidèle à sa source : Dorothée, une jeune fille du Kansas aspirant à l’aventure, se voit emportée par une tornade vers Oz, un monde étrange et fantastique. Sa quête pour rejoindre la Cité d’Émeraude et rencontrer le Grand Magicien forme l’épine dorsale du récit, amplifiée par les amitiés précieuses qu’elle noue avec l’Épouvantail, le Bûcheron et le Lion poltron.

Le style graphique de Tommy Ohtsuka brille par son élégance délicate. Les personnages possèdent une expressivité remarquable, transmettant les émotions complexes la peur, l’amitié, l’espoir, avec une finesse qui touche lecteurs jeunes et adultes. Les paysages d’Oz resplendissent, notamment la fameuse route de briques jaunes qui devient un véritable personnage du voyage.

Destiné aux enfants dès 8 ans, Tommy Ohtsuka offre via ce manga une porte d’entrée accessible vers un classique intemporel.

Le Mage du Kremlin

Album publié en 2026 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Giuliano da Empoli publiée le 14 avril 2022.

On l’appelait le « mage du Kremlin ».
Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu’il intrigue.
Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d’illusions, où la politique devient théâtre.
De la Tchétchénie à l’Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir.
Dans cette adaptation, Luc Jacamon donne corps à la Russie post-soviétique grâce à son réalisme stylisé, parfaitement adapté à cet univers implacable.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Mage du Kremlin »

L’adaptation en bande dessinée du Mage du Kremlin, tirée du roman phénomène de Giuliano da Empoli, relève avec brio le défi de transposer visuellement les arcanes du pouvoir russe contemporain. L’œuvre retrace l’ascension de Vadim Baranov, metteur en scène devenu l’éminence grise du « Tsar ».

Sur le plan narratif, l’album conserve toute la puissance analytique du texte original. Le scénario dissèque avec une acuité redoutable les mécanismes de la propagande moderne et l’effacement de la vérité au profit du récit d’État. La profondeur psychologique de Baranov est saisissante : artiste cynique mué en marionnettiste politique, il est tiraillé entre sa fascination pour l’absolutisme et une lucidité profondément mélancolique. Il incarne à lui seul la tragédie d’un esprit brillant qui fini par être dévoré par le monstre institutionnel qu’il a contribué à façonner.

extrait bd Le Mage du Kremlin

Le dessin sert magistralement l’atmosphère oppressante de l’intrigue. Par un usage habile des clairs-obscurs et une palette chromatique froide, où s’affrontent la grisaille moscovite et les dorures étouffantes des couloirs du Kremlin, l’illustration traduit visuellement l’isolement et la paranoïa des sphères dirigeantes. Le découpage, souvent clinique lors des huis clos, capte parfaitement la rigidité du pouvoir tout en appuyant le regard insaisissable de Baranov.

Cette relecture graphique est une œuvre fascinante. Elle matérialise avec élégance une réflexion d’une actualité brûlante sur la manipulation de masse. C’est un ouvrage à recommander d’urgence aux passionnés de géopolitique.

La sage-femme d’Auschwitz

Album publié en 2026 aux éditions Imagine Graphic.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Anna Stuart publiée en mars 2023.

couverture bd La sage-femme d'Auschwitz

Lorsqu’elle arrive à Auschwitz, Ana est persuadée qu’elle ne survivra pas à l’enfer du camp. Mais elle possède une compétence que les nazis recherchent : elle est sage-femme. Son travail sera de donner naissance aux enfants des prisonnières.
Une mission terrible car, dès qu’ils ont poussé leur premier cri, les bébés sont arrachés aux mères et donnés à des familles allemandes. Malgré la détresse de ces femmes auxquelles on vole leurs enfants, Ana essaie de leur apporter un peu de réconfort.
Et un jour, elle réalise qu’elle peut faire plus. Secrètement, elle commence à tatouer les petits avec les numéros de déportées de leurs mères. Une lueur d’espoir dans ce monde d’une infinie noirceur : et si un jour, après l’horreur de la guerre, grâce à ce petit geste, ces enfants et leurs mères pouvaient se retrouver ?

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La sage-femme d’Auschwitz »

Pascal Bresson, scénariste habitué des vies marquantes (Simone Veil, le couple Klarsfeld), adapte le roman d’Anna Stuart, lui-même inspiré d’une histoire vraie. Le dessin est confié à Serge Fino. Le récit suit Ana, sage-femme polonaise déportée à Auschwitz, et son amie Ester, jeune infirmière juive. Dans l’enfer du camp, la compétence d’Ana lui vaut une tâche insoutenable : mettre au monde les enfants des prisonnières, aussitôt arrachés à leur mère.

Le cœur du livre tient à un geste minuscule et bouleversant. Ana se met à tatouer en secret les nouveau-nés avec le matricule de leur mère, pour qu’un jour, peut-être, les uns et les autres se retrouvent. Pascal Bresson évite le récit à charge et préfère montrer comment, au milieu de l’anéantissement, des femmes tiennent debout par la solidarité et par ce refus obstiné de renoncer à l’humain.

extrait bd La sage-femme d'Auschwitz

Le dessin de Serge Fino épouse cette gravité. Son trait réaliste, ses cadrages sobres, une palette sourde qui refuse le spectaculaire laissent toute la place aux visages et aux regards. Là où les mots pourraient manquer, l’image suggère sans jamais surligner l’horreur, ce qui rend le propos d’autant plus fort.

Tout le livre tient dans ce geste discret, ces matricules tatoués sur des nouveau-nés, pour qu’après la nuit des camps un lien reste possible entre une mère et son enfant. Le roman graphique d’une histoire vraie, entre horreur concentrationnaire et lueur d’espoir.