Catégorie : Toutes les BD

Stalingrad – Lettres depuis la Volga

Album publié en 2026 aux Editions Clair de Lune.


Stalingrad, ville industrielle située sur les rives du puissant fleuve Volga, qui, du 23 août 1942 au 3 février 1943, fut l’épicentre de la bataille la plus cruelle et la plus sanglante de la Seconde Guerre mondiale.

« Stalingrad. Lettres depuis la Volga » présente au lecteur le déroulement de cette bataille, du début à la fin, d’un point de vue singulier : à travers les yeux des soldats russes et allemands, où il pourra suivre chronologiquement ce qui fut un véritable massacre, revivre les combats et ressentir le drame de la survie dans un enfer implacable, avec des chaleurs extrêmes en été et les tempêtes de neige lors d’un hiver glacial…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Stalingrad – Lettres depuis la Volga »

Consacré à l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire, Stalingrad, Lettres depuis la Volga porte à la bande dessinée le siège qui, d’août 1942 à février 1943, fit près de deux millions de victimes. Le scénario de Daniel Ortega et le dessin d’Antonio Gil en restituent le déroulement chronologique, du premier assaut à la reddition.

Pour incarner cet enfer, Daniel Ortega adopte une entrée intime : les lettres qu’un officier de la Wehrmacht, Roland Niemann surnommé Rollo, adresse à sa femme Magda. Ce fil épistolaire ancre la démesure du carnage dans une voix singulière, celle d’un homme qui décrit les combats urbains, ces immeubles transformés en forteresses, avant d’être rattrapé par le froid, la faim et l’épuisement.
Chaque chapitre s’ouvre sur une page de contexte qui rappelle les enjeux militaires, si bien que l’album tient à la fois du témoignage sensible et du récit documenté. Loin de tout manichéisme, Daniel Ortega laisse affleurer le drame partagé des soldats et des civils, pris dans la même mécanique d’anéantissement.

extrait bd Stalingrad - Lettres depuis la Volga

Le dessin réaliste d’Antonio Gil sert cette exigence historique. Spécialiste de l’histoire militaire, il détaille avec une précision remarquable les uniformes, le matériel et les appareils de la Luftwaffe. Sa colorisation sombre, aux tonalités éteintes, épouse la noirceur du propos et fait ressentir tour à tour la fournaise de l’été et les tempêtes de neige de l’hiver.

L’ensemble compose un récit de guerre grave et rigoureux. On le recommandera aux passionnés d’histoire de la Seconde Guerre mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pour qui sonne le glas

Album publié en 2026 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Ernest Hemingway publié le 21 octobre 1940.

couverture bd Pour qui sonne le glas


Le soleil tape fort, la pente s’élève. Deux vautours tournent dans le ciel en silence. Un jeune homme, souple et beau comme on l’est à trente ans, suit sans forcer un vieux montagnard. Il sourit.
Enrôlé dans une guerre fratricide, il a rejoint un groupe de partisans républicains pour dynamiter un pont et favoriser une attaque de grande ampleur contre les troupes fascistes.
Il a soixante-douze heures devant lui. Ses chances de réussir sont minces, il le sait et n’en a cure.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pour qui sonne le glas »

Paru en avril 2026 aux éditions Sarbacane, ce roman graphique adapte l’un des grands romans du XXe siècle : Pour qui sonne le glas, publié par Ernest Hemingway en 1940 et nourri de son expérience de journaliste pendant la guerre civile espagnole.
Jean-David Morvan signe le scénario et Pierre Dawance les dessins, pour une collaboration qui relève le défi de faire tenir 500 pages de prose dense en 192 planches.

Robert Jordan, enseignant américain engagé dans les Brigades internationales, rejoint un groupe de partisans républicains cachés dans les montagnes pour dynamiter un pont et couper la route aux troupes franquistes. Il dispose de soixante-douze heures. Dans ce cadre resserré, Jean-David Morvan parvient à préserver l’essentiel : la tension entre l’urgence de la mission et la lenteur du temps suspendu dans le maquis, l’amour qui naît entre Jordan et Maria comme un démenti adressé à la mort imminente.
Le roman graphique explore la solidarité humaine et l’interconnexion des destins, avec l’idée tacite que la mort d’un homme touche toute l’humanité. On y retrouve le sacrifice de soi et la perte de l’innocence face à la brutalité absurde de la guerre civile. Ces thèmes traversent chaque séquence sans que Jean-David Morvan n’ait besoin de les souligner.

Il a fallu trois ans et 400 crayons à Pierre Dawance pour réaliser l’ouvrage. Les crayons vibrent, les textures se superposent, la lumière devient matière. Le trait de Pierre Dawance, à la fois brut et sensible, restitue l’âpreté des paysages castillans sans jamais écraser l’intimité des personnages.
Une adaptation qui rend justice à Hemingway, destinée aussi bien aux lecteurs du roman qu’à ceux qui le découvrent ici pour la première foi

L’occupation des sols

Album publié en 2026 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après la nouvelle de Jean Echenoz publiée en mars 1988.

couverture bd L'occupation des sols

« Comme tout avait brulé – la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c’était tout de suite beaucoup d’ouvrage : toute cette cendre et ce deuil... ».

Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d’un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d’occupation des sols menace la pérennité de l’icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance…
Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l’irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’occupation des sols »

Amateur de longue date de la prose de Jean Echenoz, Guy Delisle s’empare de « L’Occupation des sols », court récit paru à la fin des années 1980, avec un parti pris singulier. Il ne réécrit pas, ne réinterprète pas : il conserve l’intégralité du texte original et l’accompagne de ses images. Le résultat n’est pourtant pas un simple livre illustré, mais une véritable bande dessinée, où le texte de Jean Echenoz et les planches de Guy Delisle avancent d’un même pas.

Le récit suit Fabre et son fils Paul, privés par un incendie de tous leurs souvenirs de Sylvie, la mère disparue. Ne subsiste d’elle qu’un portrait publicitaire géant, peint sur la façade d’un immeuble parisien, que le plan d’occupation des sols menace bientôt de faire disparaître. De cette situation ténue, Jean Echenoz tire une méditation sur le temps qui passe, le souvenir et l’irrationalité du deuil, que Guy Delisle épouse sans jamais forcer l’émotion.

extrait bd L'occupation des sols

C’est graphiquement que se joue la réussite de l’album. Guy Delisle limite sa palette au bleu, au blanc et au noir, et laisse sa ligne claire donner vie aux murs, aux immeubles et aux engins de chantier, qui deviennent les vrais personnages du drame. Autour du quai de Valmy, la ville qui se construit devient la mesure implacable d’un temps qui efface, cruellement, le visage de Sylvie.

Ce volume s’adresse aux lecteurs de Jean Echenoz curieux de le voir passer en images, aux amateurs de bande dessinée littéraire. Guy Delisle y démontre qu’accompagner un texte, plutôt que l’adapter, peut être la forme la plus juste de fidélité.

Berezina

Album publié en 2021 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du livre de Sylvain Tesson publié le 22 janvier 2015.

couverture bd Berezina

Deux siècles après la retraite de Russie, Sylvain Tesson refait la route de l’armée napoléonienne déchue… en side-car et en plein hiver.
Ils sont cinq : trois Français et deux Russes. Unis par l’amitié et par un grand défi, ils décident de commémorer à leur façon le bicentenaire de la retraite de Russie : en suivant le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle.
Partis de Moscou, Sylvain Tesson et ses amis traversent l’immense Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne, faisant route vers Paris au guidon de leurs Oural, ces side-cars russes réputés indestructibles.
En chemin, ils franchissent le fleuve Berezina, devenu au fil du temps un nom commun pour désigner les échecs les plus cuisants…
Porté par la langue et l’esprit d’aventure de Sylvain Tesson, le plus fameux des écrivains voyageurs contemporains, ce récit au long cours est de nouveau dessiné par Virgile Dureuil (déjà auteur en 2019 de Dans les forêts de Sibérie en bande dessinée).
À travers les multiples allers-retours entre le XIXe et le XXIe siècle, un incroyable épisode de l’histoire française est ici revisité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Berezina »

Adapté par Virgile Dureuil d’après le récit de Sylvain TessonBerezina transpose en bande dessinée une aventure hors du commun : cinq voyageurs qui refont, en 2012, le trajet de la Grande Armée napoléonienne deux cents ans plus tard, à bord de side-cars « Ural ».

Le choix de Virgile Dureuil fonctionne remarquablement bien : il alterne entre les scènes de 1812 et le voyage contemporain. Les planches juxtaposent l’horreur glacée de la retraite et le road-trip moderne, créant une dialogue forcément troublant entre hier et aujourd’hui. Les flashbacks historiques restituent le calvaire réel des grognards : 450 000 soldats qui ne reviendront qu’au nombre de 200 000.​

extrait bd Berezina

Graphiquement, Virgile Dureuil a fait le choix intelligent de réduire le texte pour que l’image respire. Ses paysages des steppes russes aux villes modernes sonnent justes, et son trait capture vraiment le mouvement et l’urgence.

Le vrai reproche qu’on peut faire, c’est que 136 pages, c’est un peu juste pour raconter deux histoires à la fois. L’épopée napoléonienne gagne en densité tandis que le volet contemporain reste un peu en arrière-plan. Malgré ce petit bémol, Berezina mérite vraiment qu’on s’y arrête. C’est un beau voyage graphique dans les steppes russes.

Bons baisers d’Iran

Album publié en 2015 aux éditions Vraoum !


Résumé éditeur

couverture bd Bons baisers d'Iran

2014, Lénaïc et sa compagne partent en voyage dans un pays qui vient juste d’ouvrir ses portes au tourisme : l’Iran.
De Téhéran à Chiraz en passant par Ispahan, Lénaïc nous emporte dans un récit plein d’humour et de rencontres, en tordant le cou à de nombreux clichés.
On découvre la civilisation perse, ses ruines et son passé, mais aussi la culture contemporaine d’une population partagée entre conservatisme et ouverture. Et on rit. Beaucoup.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bons baisers d’Iran »

Auteur remarqué deux ans plus tôt pour un album tiré de son expérience de veilleur de nuit, Lénaïc Vilain raconte ici le voyage effectué en 2014 avec sa compagne dans un pays qui venait tout juste de rouvrir ses portes au tourisme. Munis d’un simple guide et de quelques idées reçues, ils traversent l’Iran en bus et en voiture, de la capitale aux ruines perses du Sud.

La force du récit tient à la posture adoptée par Lénaïc Vilain, celle du faux naïf qui observe, s’étonne et se moque d’abord de lui-même. L’auteur relève ainsi que le gouvernement s’exprime sur des réseaux sociaux qu’il interdit, et que les Iraniens savent tous contourner une censure numérique dont seuls les touristes pâtissent réellement. La popularité de la chirurgie esthétique, les stratégies des jeunes pour s’amuser, les silhouettes féminines composant avec le voile, autant de détails concrets qui dessinent une société partagée entre conservatisme et ouverture. L’auteur ne cache pas les aspects qui le heurtent, notamment la propagande d’État. Le livre reste toutefois un carnet de voyage, le couple s’aventurant rarement hors des circuits touristiques, ce qui limite la portée de l’enquête.

extrait bd Bons baisers d'Iran

Le dessin rond et volontairement simple, servi par une palette réduite, épouse ce ton décontracté. Cette légèreté graphique n’est pas une facilité, elle rend le propos accessible et désamorce toute solennité.

L’album s’adresse aux amateurs de carnets de voyage sur l’Iran et aux lecteurs curieux de récits qui bousculent les clichés.

Né en Iran

Album publié en 2024 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

couverture bd Né en Iran

Une autobiographie onirique dans l’Iran des années 1990, vu à travers les yeux d’un enfant.

Le dessinateur Majid Bita se replonge dans l’Iran de son enfance. Celui des années 1990, au lendemain de la guerre contre l’Irak.
Il accumule des souvenirs qui dessinent les contours de son identité : les gâteaux sucrés de sa grand-mère qu’il chapardait, la chaleur réconfortante des couvertures brodées, l’odeur de l’opium que fument les hommes ou le grésillement discontinu de la radio…
Mais les spectres de la guerre et les interdits du régime de l’Ayatollah Khomeini planent sur le quotidien et l’imaginaire du petit garçon. Ses angoisses se matérialisent dans des volutes de fumée noire, hantées par des djinns persans au regard halluciné.
Majid Bita trace le portrait d’une identité morcelée, entre héritages culturels, intimité familiale et contexte sociopolitique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Né en Iran »

Né en Iran en 1985 et installé en Italie depuis une dizaine d’années, Majid Bita signe avec ce volume de plus de trois cent cinquante pages sa première bande dessinée, écrite et dessinée seul. Il y revient sur son enfance dans l’Iran des années 1990, au lendemain de la longue guerre contre l’Irak, dans une famille cultivée et soudée.

Le récit avance par flashes plutôt que par chronologie. Majid Bita juxtapose des sensations minuscules, les gâteaux sucrés dérobés à sa grand-mère, la chaleur des couvertures brodées, l’odeur de l’opium que fument les hommes, le grésillement d’une radio, et laisse affleurer entre elles ce que l’enfant ne comprend pas encore, les séquelles du conflit et le poids des interdits. Cette construction éclatée sert le propos, celui d’une identité morcelée qui se recompose depuis l’exil. L’auteur se décrit lui-même comme à moitié exilé, le cœur resté attaché à un pays qu’il ne reconnaissait plus à chaque retour.

extrait bd Né en Iran

Le dessin porte l’essentiel de cette intensité. Le trait de Majid Bita est dense, hachuré, taché d’encre, laissant des blancs griffés qui donnent aux planches une âpreté physique. Les angoisses du garçon se matérialisent en volutes de fumée noire peuplées de djinns persans au regard halluciné, greffant le fonds mythologique iranien sur la mémoire intime.

Une œuvre âpre, prolongée par une postface où Majid Bita explicite sa démarche.

Iran – Révolution

Album publié en 2019 aux éditions Les Arènes.


Résumé éditeur

couverture bd Iran - Révolution

Février 1978
Le shah Reza Pahlavi semble indétrônable.

Février 1979
L’ayatollah Khomeyni rentre en Iran pour instaurer la première république islamique.
Michel Setboun, alors âgé de 26 ans, est l’un des rares photojournalistes à avoir couvert, de 1978 à 1981, la totalité de cet événement majeur de notre histoire contemporaine.
Des premières manifestations à Téhéran jusqu’à la prise d’otages à l’ambassade des États-Unis, Iran, révolution est un témoignage inédit sur ces quelques mois qui ont changé la face du monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Iran – Révolution »

Cet ouvrage n’est pas une bande dessinée dessinée au sens strict, mais un objet hybride entre le roman-photo et le récit graphique, construit à partir de photographies retravaillées numériquement.
Photographe de presse, Michel Setboun avait vingt-six ans lorsqu’il se rendit en Iran en 1978, pressentant que le pays allait basculer. Il y resta plus d’un an et fut l’un des rares reporters occidentaux présents tout au long des événements, jusqu’à photographier l’ayatollah Khomeyni en France avant son retour triomphal. Quarante ans plus tard, il tire de cette expérience un récit qui couvre les années 1978 à 1981, de la contestation du chah Mohammad Reza Pahlavi à l’installation de la République islamique.

Le parti pris le plus remarquable de Michel Setboun tient au traitement de ses images. Il puise dans un fonds de plus de six cents photographies, dont une large part demeurait inédite, et les retravaille par un procédé numérique qui les rapproche du dessin, entre trace crayonnée et matière presque impressionniste. L’auteur revendique dans sa note d’intention le désir de renouer le lien entre photographie et graphie, et le résultat produit des planches d’une force singulière, où le document conserve son autorité tout en gagnant une dimension picturale.

extrait bd Iran - Révolution

Sur le fond, l’ouvrage tient la position du reporter. Michel Setboun ne prend pas parti pour l’un ou l’autre camp et laisse au lecteur le soin d’interpréter une séquence historique complexe, nourrie d’aspirations démocratiques, de rejet du modèle occidental et de ferveur religieuse. Les textes qui accompagnent les images replacent le contexte, prolongés par une préface d’historien et une carte du pays.

L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de récits documentaires et à ceux qui souhaitent comprendre les origines du régime iranien actuel.

Love Story à L’Iranienne

Album publié en 2016 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Love Story à L'Iranienne

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ?
Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ?
Comment flirter ?
Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.
Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Love Story à L’Iranienne »

Depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en 2009 et la répression du mouvement de protestation qui l’a suivie, la plupart des journalistes étrangers ont dû quitter l’Iran. C’est dans ce vide que travaille Jane Deuxard, pseudonyme d’un couple de reporters qui s’y rend clandestinement pour recueillir des témoignages. Deloupy met en images en donnant la parole à des Iraniens de vingt à trente ans qui racontent une chose apparemment simple, aimer.

Le choix du sujet fait la force du livre. En prenant l’intime comme angle, Jane Deuxard rend palpable ce qu’un exposé politique laisserait abstrait, puisque l’interdiction des relations hors mariage et le contrôle social transforment le moindre rendez-vous en prise de risque. Les témoignages recueillis évitent la simplification, certains jeunes gens trouvant à la transgression un piquant qui les amuse, d’autres exprimant leur angoisse, une jeune femme se déclarant même satisfaite de sa condition. Le récit montre aussi que vivre une histoire d’amour ne suppose pas les mêmes contraintes selon que l’on habite les quartiers aisés ou populaires de Téhéran. Cette pluralité de voix, sans commentaire, constitue le vrai parti pris de l’ouvrage.

extrait bd Love Story à L'Iranienne

Le dessin de Deloupy assume un rôle de témoin plus que d’illustrateur. Les visages, très expressifs, portent l’essentiel de l’émotion, tandis que sa mise en couleurs sobre maintient le récit à distance du pittoresque.

L’album s’adresse aux lecteurs de bande dessinée de reportage, aux enseignants et à tous ceux qui souhaitent comprendre la société iranienne autrement que par la géopolitique.

Iranienne – Rebelle et fière au pays des Mollahs

Album publié en 2024 aux éditions Marabulles.


Résumé éditeur

couverture bd Iranienne - Rebelle et fière au pays des Mollahs

À Téhéran, Raya a tout pour finir en prison, voire pire. Cette Iranienne de 19 ans cumule en effet tout ce que déteste le régime des mollahs : elle est lesbienne, révoltée, et amoureuse de la fête et du rock.
Un terrible choix s’impose à elle : rester en Iran, rentrer dans le rang et se trahir, ou fuir à l’étranger et abandonner sa terre natale à cette dictature.
Que va-t-elle décider ?
L’histoire vraie de Raya, une femme bien décidée à se battre contre un système impitoyable. Et faire entendre au monde entier les cris de révolte de toute sa génération.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Iranienne – Rebelle et fière au pays des Mollahs »

Publiée dans une collection tournée vers le documentaire et le témoignage, cette bande dessinée porte à l’image le parcours de Raya, une jeune Téhéranaise de dix-neuf ans. Le scénario d’Éric Darbré s’appuie sur le récit d’Aran de Shahdad pour raconter une histoire vraie, celle d’une femme qui cumule tout ce que le régime des mollahs réprouve, puisqu’elle est lesbienne, éprise de rock et de liberté, et incapable de se taire.

Le récit tire sa force de son ancrage dans le quotidien plutôt que dans le manifeste. Éric Darbré montre l’oppression par le détail concret, l’interdiction du vernis, des sourcils épilés ou d’une coupe jugée indécente, ces contraintes minuscules qui disent un contrôle total des corps féminins. Le dilemme de Raya, rester et se renier ou fuir et abandonner sa terre, structure le récit. La relation avec sa mère, partagée entre inquiétude et soutien, ajoute une nuance intime à ce portrait d’une génération qui a fait sien le mot d’ordre Femmes, vie, liberté.

extrait bd Iranienne - Rebelle et fière au pays des Mollahs

Au dessin, Zainab Fasiki met sa pratique d’illustratrice féministe au service du propos. Son trait clair et ses couleurs franches refusent le misérabilisme, affirmant au contraire la vitalité et la fierté de son héroïne. Les scènes de fête clandestine, saturées de teintes vives, contrastent avec la grisaille de l’espace public surveillé, traduisant visuellement l’écart entre la vie rêvée et la vie permise.

L’album s’adresse aux lecteurs sensibles à l’actualité iranienne, comme à un public adolescent et adulte en quête de témoignages engagés. Éric Darbré, Aran de Shahdad et Zainab Fasiki signent un portrait solidaire, qui donne un visage à une révolte collective.

St ex – Un Prince dans sa citadelle

Album publié en 2020 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

Saint-Exupéry est né à Lyon dans un milieu aristocratique, construit sur une architecture de valeurs classiques évoquant la marquise de Sévigné, les dentelles, les goûters d’enfants sous les arbres d’un jardin familial vaste comme un parc…
Il est mort 44 ans plus tard, encapsulé aux commandes d’un avion de reconnaissance stratosphérique préfigurant l’âge de l’astronautique.

Entre son arrivée sur Terre et son départ dans un ciel d’été il a vécu l’aventure des pionniers de l’aviation de ligne au sein de la mythique Aéropostale, habité le désert de la côte atlantique du Sahara dans un environnement évoquant la planète Mars, sillonné le continent sud-américain du Brésil tropical au Cap Horn à bord d’avions de bois et toile.
Il a commencé à écrire, est devenu grand reporter témoin de son temps en couvrant la Guerre d’Espagne, captivé le Tout-Paris littéraire avec ses récits récompensés par le Prix Femina et le Prix du Roman de l’Académie Française, récits qui ont traversé l’Atlantique Nord et fasciné des éditeurs new-yorkais qui l’ont propulsé aux côtés de Faulkner, Hemingway, Steinbeck en première division de la littérature américaine lorsque « Wind, Sand and Stars » a été nommé Livre de l’Année aux Etats-Unis.

Voici donc son histoire, en mots et en illustrations, signés de deux auteurs qui partagent avec St Ex cette fascination respectueuse des aviateurs pour la nature et ses majestueuses vérités.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « St ex – Un Prince dans sa citadelle »

Cet ouvrage imposant n’est pas une bande dessinée à proprement parler, mais une biographie illustrée de 176 pages, dont certaines se déplient en panorama. Bernard Chabbert, fils d’un pionnier de l’Aéropostale, journaliste et pilote lui-même, s’est associé à Romain Hugault, dessinateur dont l’essentiel de l’oeuvre est consacré à l’aviation des deux guerres mondiales et qui a obtenu son brevet de pilote à dix-sept ans. La rencontre de ces deux spécialistes donne au projet une crédibilité certaine.
Romain Hugault et Bernard Chabbert ont eu l’humilité de s’effacer derrière leur sujet. Habités par une même admiration pour Antoine de Saint-Exupéry, ils livrent un récit ciselé, tissant avec précision le lien entre les aventures aériennes du pilote et les œuvres littéraires qu’elles ont nourries. Bernard Chabbert se montre exhaustif sur le parcours de Saint-Exupéry : de sa petite enfance entourée de femmes à ses premières expériences de vol avec Wrobleski, de son passage aux beaux-arts à ses missions sur les différents continents avec l’Aéropostale, sans oublier son engagement militaire. Le texte éclaire aussi les crashs à répétition, la mécanique des appareils, et les circonstances encore mystérieuses de la dernière mission.

Ce qui retient l’attention, c’est la façon dont Bernard Chabbert restitue l’homme derrière la légende : ses contradictions, ses fragilités, ses élans, sans jamais céder à la tentation du portrait idéalisé.
Les illustrations de Romain Hugault sont époustouflantes, avec un dessin minutieux et extrêmement réaliste. Certaines pages se déplient en panorama, offrant aux scènes de vol une ampleur que le format habituel ne permet pas.
Un ouvrage destiné aussi bien aux passionnés d’aviation qu’aux lecteurs de Saint-Exupéry qui souhaitent comprendre de quelle matière brute ses livres ont été tirés.


Les 3 œuvres d'Antoine de Saint-Exupéry en BD

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Le Petit Prince
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