Étiquette : 2010

La chèvre de Monsieur Seguin

Album publié en 2010 aux éditions La Joie de Lire.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle d’Alphonse Daudet publiée le 14 septembre 1866 (dans le quotidien L’évènement et publié en 1869 dans les Lettres de mon moulin ) .

Faites découvrir à votre enfant un classique de la littérature française, adaptée en une bande dessinée humoristique et colorée!


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La chèvre de Monsieur Seguin »

Publié en 2010 aux éditions La Joie de Lire dans la collection Somnambule, cette adaptation en bande dessinée revisite le célèbre conte d’Alphonse Daudet issu des Lettres de mon moulin (1869). Adrienne Barman, illustratrice et graphiste suisse née en 1979, transpose avec fidélité cette histoire populaire de Provence tout en y apportant sa signature graphique contemporaine.

La BD se distingue par sa fidélité au texte original d’Alphonse Daudet. Contrairement à de nombreuses adaptations, Adrienne Barman conserve la structure narrative originale, incluant l’introduction où le narrateur raconte l’histoire à son ami Pierre Gringoire pour l’inciter à accepter un poste de chroniqueur plutôt que de rester poète. 

Le trait d’Adrienne Barman se caractérise par des personnages aux visages expressifs, tordus, brinquebalant. Cette technique graphique confère une humanité touchante aux protagonistes, particulièrement à Monsieur Seguin, représenté « tout dégingandé, toujours en mouvement et tout tordu ». La mise en page varie intelligemment entre cases resserrées et illustrations pleine page, créant un rythme qui souligne les moments clés : l’ennui de Blanquette seule dans sa prairie, sa découverte émerveillée de la montagne luxuriante. 

Cette adaptation est faite pour les jeunes lecteurs dès 5 ans et constitue une introduction idéale aux classiques de la littérature française.

La cavalière Elsa

Album publié en 2010 aux Editions Gallimard.


Adapté du roman de Pierre Mac Orlan (publié pour la première fois en mai 1921).

couverture bd La cavalière Elsa

Pierre Mac Orlan a près de quarante ans quand il écrit « La Cavalière Elsa ».
Dès sa sortie en 1921, ce roman est immédiatement reconnu et obtient le prix littéraire de la renaissance.
Renaissance, c’est aussi celle des hommes encore sous le choc de la grande tuerie de 14-18. Cette blessure se ressent dans l’écriture de la Cavalière Elsa.
Pierre Mac Orlan, ancien combattant puis reporter de la « der des ders », appréhende de façon prémonitoire des lendemains qui ne chanteront pas : l’ère des fascismes, qu’ils soient mussolinien, stalinien ou hitlérien.
La cavalière Elsa est avant tout égérie instrumentalisée, symbole magnifié, une femme manipulée à des fins idéologiques.

Afin de permettre à un large public d’accéder à cette œuvre littéraire, roman atypique de l’écrivain du « Quai des Brumes », l’Association TERROIRS, éditrice, a fait appel au trait affûté du dessinateur Jean CUBAUD qui a donné un visage à cette emblématique Cavalière.
L’introduction, les « bonus » et les diverses notes et quadrichromies expliquent le contexte artistique et historique de ce roman.
Cette édition, originale dans sa conception, devrait satisfaire aussi bien les amoureux de la littérature – l’adaptation reprend en grande partie le texte initial – que ceux de la bande dessinée.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La cavalière Elsa »

Jean Cubaud livre avec La Cavalière Elsa une adaptation du roman visionnaire de Pierre Mac Orlan (1921), Prix de la Renaissance 1922. Cette bande dessinée de 2010 transpose avec fidélité l’univers sombre de ce précurseur de la politique-fiction, anticipant de onze ans Le Meilleur des mondes d’Huxley.

La BD explore avec une acuité troublante les mécanismes totalitaires naissants de l’après-Première Guerre mondiale. Elsa, jeune juive de Cologne transformée en icône révolutionnaire malgré elle, incarne cette « inquiétude européenne » que Pierre Mac Orlan souhaitait capturer. La trajectoire du personnage, perdant progressivement son identité pour se conformer à une légende orchestrée par des manipulateurs cyniques, résonne avec une modernité saisissante.

extrait bd La cavalière Elsa

Jean Cubaud , fort de son expérience dans l’animation (Alix, Barbe-Rouge, Histoires du Père Castor), déploie un trait en noir et blanc d’une sobriété parfaitement adaptée à la gravité du propos. Son style graphique, épuré mais non dénué d’émotion, sert l’ironie grinçante de Pierre Mac Orlan et la métaphore théâtrale qui traverse le récit.

Cette édition, enrichie d’annexes documentaires, constitue une redécouverte salutaire d’un texte prophétique. Une œuvre essentielle pour les amateurs de bande dessinée littéraire et d’anticipation politique, témoignant de la pertinence intemporelle des intuitions de Pierre Mac Orlan sur les dérives autoritaires.

Vies tranchées – Les Soldats Fous de la Grande Guerre

Album publié en 2018 aux Editions Delcourt.


couverture bd Vies tranchées - Les Soldats Fous de la Grande Guerre

La guerre est-elle cause de folie chez les soldats ?
Qui aujourd’hui ne répondrait pas oui à cette question ?
Mais lors de la Première Guerre mondiale, il en allait tout autrement.
Grâce à des documents d’époque inédits, redécouverts à Ville-Évrard par Hubert Bieser (historien en santé mentale), Vies tranchées retrace le parcours d’une quinzaine d’hommes, oscillant entre champs de bataille et asile psychiatrique.
Dans ces pages d’un réalisme saisissant, vous vivrez les cauchemars de Jean-Marie G., les hallucinations de Baptistin B., la dépression et la mutilation de Gabriel C., ou encore l’étrange destin de Louis N. que l’on hospitalise pour confusion mentale, et que l’on finit par condamner comme anarchiste…

Enfin se lève la chape de plomb qui s’est abattue, durant leur vie et bien au-delà, sur ces victimes méconnues.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Vies tranchées – Les Soldats Fous de la Grande Guerre »

À l’heure où les « gueules cassées » ont trouvé leur place dans notre mémoire collective, « Vies tranchées » explore un aspect longtemps occulté de la Première Guerre mondiale : celui des traumatismes psychiques qui ont brisé des milliers de soldats. Cette bande dessinée collective, orchestrée par Jean-David Morvan, Yann Le Gal et le spécialiste Hubert Bieser, repose sur une documentation médicale d’époque remarquable, aujourd’hui inaccessible.

L’album commence par dérouler l’histoire d’Émile P., soldat de 37 ans dont l’esprit se fracture sous les obus dans la Somme. Autour de ce fil conducteur s’articulent une quinzaine de cas cliniques authentiques, exposant avec sensibilité ces destins d’hommes parfois déjà fragiles, parfois brisés par l’indicible horreur des tranchées. La BD questionne intelligemment l’incompréhension médicale de l’époque face au stress post-traumatique, alors que ces hommes étaient souvent considérés comme simulateurs.

La diversité graphique, fruit de multiples collaborateurs offre une richesse visuelle qui reflète la multiplicité des expériences et des traumatismes. Chaque style apporte sa propre texture émotionnelle aux récits, créant un kaléidoscope puissant qui sert parfaitement le propos.

« Vies tranchées » constitue bien plus qu’une œuvre historique : c’est un acte de réhabilitation pour ces innocentes victimes longtemps oubliées de la folie des hommes. Une lecture poignante et nécessaire pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la psychiatrie moderne ou souhaite comprendre les cicatrices invisibles de la guerre.

Pardonne-moi Natacha

Album publié en 2010 aux Editions du Triomphe.


Adapté du roman de Sergei Kourdakov (publié pour la première fois en France le 15 septembre 2006).

Sergei Kourdakov connaît une enfance difficile et grandit dans les sinistres orphelinats de l’Union soviétique poststalinienne.
Par son charisme et son intelligence, il s’élève vite dans l’échelle sociale communiste et accepte la mission de ‘confiance’ du KGB : traquer et persécuter les « religiosniki ».
Le regard de Natacha va pourtant le bouleverser au point de le faire fuir son pays et son confort.
Recueilli au Canada, il n’aura de cesse de témoigner de sa conversion jusqu’à sa mort ‘accidentelle’, à l’âge de 22 ans.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pardonne-moi Natacha »

« Pardonne-moi Natacha » plonge le lecteur dans l’URSS des années 1970 à travers le parcours déchirant de Sergeï Kourdakov, ancien tortionnaire du KGB converti en symbole de rédemption. Scénarisée par Guy Lehideux et dessinée par Hadi Temglit, cette BD mêle avec brio rigueur historique et tension narrative, offrant une immersion glaçante dans les mécaniques de la répression soviétique..

Une conversion aussi brutale que poignante
Le récit s’articule autour de la métamorphose de Sergeï, jeune prodige du système communiste chargé de persécuter les religiosniki (croyants). La rencontre avec Natacha, dont le regard « bouleverse » sa froideur idéologique, sert de pivot émotionnel. Les auteurs évitent le manichéisme : la violence des rafles est montrée sans fard, tandis que la chute du personnage principal – fuite au Canada, mort suspecte à 22 ans – conserve une aura tragique.

Un duo artistique au service du réalisme
Hadi Temglit opte pour un trait précis, presque documentaire, qui restitue l’austérité des paysages urbains soviétiques et l’intensité des expressions. Guy Lehideux, spécialiste des biographies en BD, structure le scénario en courts chapitres dynamiques, alternant flashbacks et témoignages. Leur collaboration avec l’Aide à l’Église en Détresse apporte une authenticité troublante aux scènes de persécution religieuse.

Bien plus qu’une leçon d’Histoire
La force de cet album réside dans sa capacité à humaniser un bourreau. En montrant comment la foi d’une victime ébranle un système, la BD transcende son contexte pour interroger la liberté intérieure face à l’oppression. 

L’Assassinat du père Noël 

Album publié en 2010 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Pierre Véry publiée en 1934.

couverture bd L'Assassinat du père Noël

Un « whodunit » savoureux et théâtral !

Il était une fois Mortefond, charmant village de Lorraine qui s’apprête à fêter la Noël. Le père Cornusse joue comme chaque année le rôle du Père Noël, tandis que Catherine, sa fille, rêve d’un prince charmant et que les hommes du village rêvent à elle.
Prosper Lepicq, un étranger au village, se joint à la population locale pour la fête. Mais après la messe, on découvre le corps du Père Noël, assassiné !
Qui parmi ce panel de personnages truculents a bien pu commettre le meurtre, dans ce bourg isolé et apparemment paisible ?

Voici, par les facétieux Adam et Convard, l’adaptation très libre d’un roman de Pierre Véry, datant de 1934 et adapté au cinéma en 1941 par Christian Jaque.
Un album flirtant entre le merveilleux et le policier, magnifiquement dessiné par Paul, dont le graphisme original, poétique et pictural, ne cesse de s’affirmer.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Assassinat du père Noël »

Une adaptation au charme désuet
Didier Convard
, Éric Adam et Florie Paul réinventent avec audace le roman de Pierre Véry dans une bande dessinée qui mêle avec habileté féerie et intrigue policière. L’album plonge le lecteur dans le village lorrain de Mortefond, décor idéal pour un whodunit campé dans les années 1930, où traditions locales et mystère s’entrelacent.

Un hommage graphique à l’époque
Le dessin de Florie Paul, que l’on peut qualifier de « naïf » ou de « pictural », se révèle être un choix audacieux et pertinent. Son style, aux couleurs douces et aux lignes épurées, évoque une ambiance à la fois nostalgique et onirique, renforçant le décalage temporel de l’histoire. Les décors capturent l’ambiance d’un village isolé, où chaque détail, de l’église aux maisons bourgeoises, sert de prétexte au suspense.

extrait bd L'Assassinat du père Noël

Entre enquête et folklore
L’intrigue, centrée sur l’assassinat du Père Noël et le vol d’une relique précieuse, suit Prosper Lepicq, avocat-enquêteur au profil atypique. Si le scénario emprunte des ficelles classiques (suspects truculents, indices disséminés), il tire sa force de son ancrage dans un folklore régional riche. Les dialogues, volontairement théâtraux, rappellent le ton des romans policiers de l’entre-deux-guerres, ajoutant une couche de charme désuet.

Une défense du patrimoine littéraire
Certes, l’adaptation prend des libertés avec l’œuvre originale, mais elle réussit à en préserver l’esprit : une critique sociale voilée, un humour subtil et une morale humaniste. La scène du procès offre une réflexion sur la justice et la rédemption.

Cette BD séduira les amateurs de polar vintage et d’ambiances rurales enneigées. Un hommage réussi à un roman oublié, servi par un graphisme qui ose la singularité.

La Guerre des Boutons – Tome 4 – La rentrée des claques

Bande dessinée publiée en 2010 aux éditions Petit à Petit.


Adapté du roman de Louis Pergaud publié en 1912.

Quand Lebrac se fait piquer par les Velran le plus beau des joyaux, à savoir un bouton doré, que peut-il se passer ?

Vous l’aurez deviné!

La reprise des hostilités entre les deux bandes adverses avec, au menu : une farandole de beignes, une avalanche de torgnoles, un tsunami de baffes…

Avec « la rentrée des claques », retrouvez Lebrac, le Grand Gibus, le Petit Gibus, Camus, La Crique dans une trépidante et savoureuse aventure… inédite!

Accrochez vous, ca va chauffer !!!


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des Boutons – Tome 4 – La rentrée des claques »

« La Guerre des Boutons – Tome 4 : La rentrée des claques » est une œuvre qui parvient à capter l’attention par la richesse de son univers et la vigueur de son récit. Adapté du roman éponyme de Louis Pergaud, ce quatrième volet continue de raconter les aventures de deux bandes rivales, plongées dans une guerre de boutons symbolique et pourtant si sérieuse pour les protagonistes.

Sous la plume de Céka et le pinceau de Khaz, les personnages prennent vie avec une expressivité remarquable, témoignant d’un soin particulier accordé aux détails du quotidien rural.

Les scènes de confrontation, véritables moments clés de la série, sont orchestrées avec une énergie communicative. L’humour, omniprésent, apporte une légèreté bienvenue tout en soulignant le contraste avec la gravité perçue par les enfants dans ces querelles.

Cet album se distingue par sa capacité à capturer l’esprit de camaraderie et de rivalité qui anime ces jeunes héros. Toutefois, on pourrait reprocher à l’œuvre de ne pas suffisamment explorer de nouvelles voies narratives, laissant ainsi une impression de déjà-vu.

« La Guerre des Boutons – Tome 4 : La rentrée des claques » ravira les amateurs de la série qui y retrouveront les ingrédients qui ont fait son succès.


Les Précieuses ridicules

Album publié aux éditions Vents d’Ouest en 2010.


Adapté de la pièce de théâtre Les Précieuses ridicules, de Molière jouée le 18 novembre 1659.

couverture bd Les Précieuses ridicules

Deux jeunes provinciales éconduisent leurs galants en les ridiculisant… Bien mal leur en a pris ! Car la vengeance sera amère…

Le principe de la collection Commedia est d’associer la bande dessinée au théâtre, assurant lisibilité, clarté, et facilité de lecture. Ainsi le 9è Art se retrouve au service des plus grands classiques du théâtre dans leur texte intégral !


Et pour s’adapter aux habitudes des jeunes lecteurs, Commedia adopte un format manga, plus nomade, et un plus petit prix !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Précieuses ridicules »

L’adaptation en bande dessinée des Précieuses ridicules de Molière par Simon Léturgie offre une porte d’entrée rafraîchissante vers une œuvre théâtrale majeure. En reprenant le texte original, cette version illustrée réussit à rendre accessible l’ironie mordante et la vivacité du XVIIe siècle à un public contemporain.

Le trait de Simon Léturgie, précis et expressif, confère aux personnages une présence visuelle aussi comique que pertinente. Les mimiques exagérées et la dynamique des scènes amplifient la satire de Molière, donnant un impact supplémentaire aux dialogues. L’utilisation judicieuse des couleurs et des cadrages renforce l’humour tout en ancrant l’histoire dans un univers visuel riche.

extrait bd Les Précieuses ridicules

Cette bande dessinée s’inscrit dans la collection Commedia, un projet visant à faire dialoguer le théâtre classique avec le neuvième art. Ce mariage entre texte intégral et narration graphique revitalise son potentiel comique et critique, tout en respectant la lettre et l’esprit de Molière.

En conclusion, Simon Léturgie parvient à conjuguer fidélité et inventivité, offrant une adaptation qui ravira autant les amateurs de bande dessinée que les passionnés de littérature. Les Précieuses ridicules en bande dessinée est une véritable passerelle culturelle, aussi éducative que divertissante. Une œuvre à découvrir, que l’on soit néophyte ou connaisseur.

Roméo et Juliette

Album publié en 2010 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de William Shakespeare parue en 1597.

couverture bd Roméo et Juliette

De grands auteurs du répertoire. Un respect du texte à la virgule près. Et des dessinateurs au trait plein de vie et d’entrain. C’est Commedia !

Commedia, c’est une nouvelle façon de lire le théâtre. Nouveau format compact. Respect du texte intégral. Noir et blanc nerveux et mise en scène rythmée rendant à merveille l’ambiance des planches et le jeu des acteurs. La preuve que théâtre et bande dessinée sont des arts possédant de très nombreuses affinités !

Cette année, après le plébiscite du grand public et des enseignants, vous pourrez découvrir la réédition de L’Avare et du Médecin malgré lui.

Commedia s’attaque maintenant à l’adaptation d’un des plus grands auteurs qui soient, Shakespeare, dont le Roméo et Juliette, traduit avec respect et talent par Léturgie et Marce, trouve un nouvel et sublime écrin, apte à rendre accessible à tous sa stupéfiante beauté dramatique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Roméo et Juliette »

L’adaptation en bande dessinée de « Roméo et Juliette » par Helena Marcé et David Amorin est une réinterprétation audacieuse et visuellement frappante du classique shakespearien.

Fidèle à la trame originale, cette œuvre parvient à capturer la profondeur tragique de l’histoire tout en la rendant accessible à un public plus jeune. Les illustrations en noir et blanc de David Amorin, bien que caricaturales par moments, apportent une dimension nouvelle à l’œuvre. Les expressions exagérées des personnages, combinées à une mise en scène minutieuse, accentuent les contrastes entre l’amour passionné des protagonistes et la violence de leur environnement.

extrait bd Roméo et Juliette

Le choix du format, cependant, s’avère discutable. Avec un total de 387planche, le livre prend une densité qui peut déstabiliser le lecteur.

Néanmoins, l’intégration du texte original, traduit par François-Victor Hugo, ajoute une richesse littéraire indéniable à cette œuvre, permettant de découvrir ou redécouvrir les dialogues poignants de Shakespeare.

Cette bande dessinée réussit à moderniser « Roméo et Juliette » sans trahir l’original, offrant une expérience à la fois visuelle et littéraire, bien que le choix du format puisse ne pas convenir à tous les lecteurs.

Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, d’Alphonse Daudet – Volume 2

Album publié en 2010 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre d’Alphonse Daudet publiée en 1872.

Surnommé « Le Roi de Tarascon », Tartarin, régale ses compagnons chasseurs de casquettes des récits de ses multiples exploits.

Nul n’a autant de verve que lui lorsqu’il s’agit de raconter la capture d’un animal sauvage.

Mais suite à un quiproquo, tout le village pense que Tartarin s’apprête à partir en Afrique chasser le lion… le bavard impénitent n’a d’autre choix que de tenter l’aventure !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, d’Alphonse Daudet – Volume 2 »

La bande dessinée « Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, d’Alphonse Daudet T02 » par Isabelle Merlet et Jean-Jacques Rouger est une œuvre qui réinvente habilement le roman satirique classique de Daudet. Cette adaptation graphique met en lumière le personnage truculent de Tartarin, un bourgeois provençal qui se rêve en héros des mille et une nuits, tout en conservant l’humour et la critique sociale mordante de l’original.

Les illustrations de Jean-Jacques Rouger sont une véritable réussite. On ne peut que louer la vivacité des dessins et leur capacité à capturer l’atmosphère du sud de la France au XIXe siècle​​. Chaque case est imprégnée d’une chaleur méridionale, avec des couleurs éclatantes et des détails soignés qui plongent le lecteur dans l’univers fantasque de Tartarin.

extrait bd Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, d'Alphonse Daudet - Volume 2

Isabelle Merlet, quant à elle, réussit à transposer le texte de Daudet avec une finesse remarquable. Elle parvient à rendre accessibles les subtilités de l’humour et de la satire de l’époque tout en modernisant le langage pour les lecteurs contemporains. Cette collaboration harmonieuse entre texte et image rend la bande dessinée à la fois fidèle à l’œuvre originale et innovante dans sa présentation.

Le récit, fidèle à l’esprit de Daudet, est un mélange de burlesque et de tragique. Tartarin, avec sa naïveté et ses ambitions démesurées, incarne à la fois la grandeur et le ridicule des rêves héroïques. Ses aventures en Algérie, où il finit par tuer un lion pour prouver sa bravoure, sont narrées avec un humour décalé qui ne manque jamais de charmer le lecteur.

« Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, d’Alphonse Daudet T02 » est une bande dessinée qui réussit à rendre hommage au chef-d’œuvre littéraire de Daudet tout en offrant une expérience visuelle et narrative riche et plaisante.

C’est une lecture incontournable pour les amateurs de bande dessinée et les admirateurs de la littérature classique française.


Les Fourberies de Scapin

Album publié en 2010 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Molière parue le 24 mai 1671.

Si tu ne viens pas à Molière, Molière viendra à toi !

couverture bd Les Fourberies de Scapin

Octave et Léandre tombent amoureux de jeunes filles qui ne plaisent pas vraiment à leurs riches et sévères pères…

Pour les infléchir, ils demandent l’aide du valet Scapin, rusé et malin ! Mais s’il est doué pour faire rire, ce dernier a de bien étranges méthodes pour résoudre les conflits…

Le principe de la collection Commedia est d’associer la bande dessinée au théâtre, assurant lisibilité, clarté, et facilité de lecture. Ainsi le 9è Art se retrouve au service des plus grands classiques du théâtre dans leur texte intégral !


Et pour s’adapter aux habitudes des jeunes lecteurs, Commedia adopte un format manga, plus nomade, et un plus petit prix !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Fourberies de Scapin »

Les Fourberies de Scapin, adapté par Kogus et illustré par Grégory Saint-Félix, propose une version graphique de la célèbre comédie de Molière.

Inscrite dans la collection « Commedia », cette bande dessinée se distingue par son format, évoquant celui du manga, qui vise à capter l’intérêt d’un jeune public tout en respectant l’intégralité du texte original.

Le scénario, bien que fidèle à la pièce, parvient à transposer l’énergie vive des dialogues de Molière dans un univers visuel qui renforce l’humour et la malice de Scapin.

extrait bd Les Fourberies de Scapin

Les dessins de Saint-Félix, d’une grande expressivité, jouent un rôle crucial dans la dynamisation du récit. Les mimiques exagérées et les mises en scène créatives permettent de rendre accessibles les subtilités du texte, souvent difficiles pour les lecteurs contemporains.

Cette adaptation reste très académique. Les puristes apprécieront cette fidélité rigoureuse. Il aurait pu être intéressant de voir l’univers de Scapin revisité avec une plus grande audace créative, offrant ainsi une lecture véritablement renouvelée du classique.

Cette bande dessinée constitue une porte d’entrée idéale pour les jeunes lecteurs vers l’œuvre de Molière.