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Les Reines de sang – Agrippine T01 – Sang céleste

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd Les Reines de sang - Agrippine T01 - Sang céleste

En l’an 19 la mort d’Auguste a plongé Rome dans le chaos.
Deux factions se disputent le pouvoir.
D’un côté le préfet Séjan, de l’autre la Gens Iulia, un clan dont fait partie la jeune Agrippine Mineure qui baigne dans les complots politiques décimant sa famille.

Mariée de force à un homme qui la répugne, la jeune femme attend patiemment son heure pour abattre sa fureur sur Rome.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Reines de sang – Agrippine T01 – Sang céleste »

Dans ce premier volet de la trilogie consacrée à Agrippine la JeuneLuca Blengino et Roberto Ali livrent une œuvre à la fois ambitieuse et fidèle à l’esprit de la collection Les Reines de sang. Cette bande dessinée, qui retrace l’ascension d’une des femmes les plus influentes de la Rome antique, s’impose comme un récit historique d’une rare intensité.

Le scénariste italien Luca Blengino, déjà auteur de Les Trois Julia dans la même collection, démontre une maîtrise de l’univers romain. L’intrigue, qui s’étend de la mort d’Auguste en 14 après J.-C. jusqu’à celle de Tibère, explore les mécanismes de pouvoir de l’Empire naissant. Les auteurs restituent l’atmosphère paranoïaque et complotiste qui caractérise cette époque, où « l’empire romain est une monarchie absolue tempérée par l’assassinat ».

La narration adopte le point de vue d’Agrippine elle-même, conférant au récit une dimension introspective qui permet de saisir la psychologie complexe de cette femme prise dans les tourments de son époque

Agrippine, fille du célèbre général Germanicus et sœur de Caligula, apparaît comme une figure fascinante, marquée par une intelligence remarquable. Sa philosophie de survie – « La connaissance, père, c’est la seule arme dont je dispose » – révèle une personnalité qui refuse la résignation face aux contraintes de son époque.

Roberto Ali déploie un style réaliste particulièrement adapté à l’ampleur du sujet. Sa technique privilégie les expressions faciales et la gestuelle, créant une connexion émotionnelle forte avec les personnages. Le dessinateur milanais, déjà reconnu pour son travail sur Les Sept Merveilles, propose des cadrages spectaculaires et une mise en page dynamique qui rend la lecture quasi épique.
Les décors, tant intérieurs qu’extérieurs, témoignent d’une reconstitution historique soignée, tandis que la colorisation d’Angelo Iozza apporte une dimension supplémentaire à l’atmosphère de la Rome tibérienne.

Malgré la complexité des enjeux politiques romains, Agrippine reste accessible au grand public grâce à un scénario clair et progressif. Les vingt années couvertes par ce premier tome s’articulent autour de moments-clés qui permettent de comprendre les ressorts de l’époque sans jamais perdre le lecteur.

Ce premier volet pose les bases d’une trilogie prometteuse, annonçant l’évolution d’Agrippine vers son destin d’impératrice et de mère de Néron.

Une réussite qui donne envie de découvrir la suite de cette épopée sanglante dans la Rome impériale.


Dunkerque 1940

Album publié en 2025 aux Editions Casterman.


couverture bd Dunkerque 1940

Avec un premier chapitre qui évoque le 10 mai 1940, l’invasion de la Belgique, de la France et du Pays-Bas par l’Allemagne nazie.


Le reste de l’album se situe à Dunkerque et aux environs, il retrace la bataille de Dunkerque à partir du 20 mai, l’Opération Dynamo du 26 mai au 3 juin, la résistance héroïque du Fort des Dunes, Dunkerque sous l’occupation avec la vie quotidienne, la libération en mai 1945 par des troupes canadiennes et tchèques.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dunkerque 1940 »

Publié en juin 2025 chez Casterman, cet album-documentaire réunit le talent de plusieurs artistes autour du héros de Jacques Martin pour revisiter l’un des épisodes majeurs de 1940. Patrick Oddone, docteur en histoire et président de la Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie, apporte ici son expertise sur le conflit dunkerquois, tandis que les dessinateurs Olivier Weinberg, Pierre Legein et Yves Plateau mettent en images cette chronique historique.

L’album débute le 10 mai 1940 avec l’invasion de la Belgique, des Pays-Bas et de la France par l’Allemagne nazie, avant de se concentrer sur la bataille de Dunkerque. Le récit détaille l’Opération Dynamo (26 mai-3 juin), qui permit l’évacuation de près de 340 000 soldats alliés, la résistance héroïque du Fort des Dunes où périt le général Janssen, puis la vie sous l’Occupation et la libération de mai 1945 par les troupes canadiennes et tchèques.

extrait bd Dunkerque 1940

Le format hybride combine bande dessinée, textes explicatifs et photographies d’archives, dans la lignée des précédents Reportages de Lefranc consacrés au Débarquement ou au Mur de l’Atlantique. Les illustrations, fidèles à l’héritage graphique de Jacques Martin, allient précision documentaire et ligne claire, rendant accessible un événement complexe sans sacrifier la rigueur historique.

Cette réalisation offre un remarquable outil pédagogique qui dépasse le simple récit d’aventure pour devenir un véritable témoignage visuel de l’un des moments charnières de la Seconde Guerre mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Dunkerque

Moi, Jules César 

Albums publiés en 2025 aux Editions Allary.


La vie de Jules César (100 -44 avant J.C.) est un thriller épique.
Cette bande dessinée est une enquête historique impressionnante, et le récit d’un destin hors norme.

Comment Jules, adolescent chétif et désargenté, est-il devenu César, l’homme le plus puissant du monde ?
Comment a-t-il pu terrasser tous ses ennemis, et mourir assassiné par ses amis ?

Nourri par un impressionnant travail de reconstitution historique, cette biographie nous fait vivre son incroyable destin.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Moi, Jules César »

Fruit d’une enquête journalistique de trois ans menée sur trois continents, « Moi, Jules César » d’Alfred de Montesquiou et Névil nous plonge dans l’intimité du plus célèbre des Romains avec une ambition rare. Prolongement de la série documentaire réalisée par Alfred de Montesquiou, cette bande dessinée de 256 pages parvient à désacraliser le mythe tout en magnifiant l’homme.

La BD s’articule comme une autobiographie fictive en onze chapitres, nous faisant revivre le parcours extraordinaire de ce patricien désargenté devenu maître du monde. Le récit démarre la veille des ides de mars 44 av. J.-C.
Au-delà des batailles spectaculaires et des intrigues politiques, c’est l’exploration psychologique d’un stratège visionnaire qui fascine, révélant un animal politique moderne, capable de court-circuiter les institutions pour s’adresser directement au peuple.

extrait bd Moi, Jules César

Graphiquement, le trait précis et dynamique de Névil, sublimé par les couleurs de Vérane Otéro, offre une reconstitution historique impressionnante. Chaque lieu, chaque monument est restitué avec minutie, fruit d’un travail documentaire colossal auprès de 32 historiens contemporains.

Cette fresque épique dépoussière notre vision de César en montrant l’homme derrière le mythe : tantôt brillant réformateur, tantôt stratège impitoyable. Un ouvrage essentiel qui, par sa rigueur historique comblera autant les passionnés d’histoire que les amateurs de bandes dessinées de qualité.

Le joint français -1972 récit de l’occupation d’une usine en grève

Album publié en 2025 aux éditions Des ronds dans l’O.


Résumé éditeur

Le «Joint Français», filiale de la C.G.E., est à l’origine une usine implantée à Bezons dans le Val d’Oise.
Elle se délocalise en 1962 à Saint-Brieuc. Tout est mis en œuvre pour faciliter son installation mais la filiale ne tient pas ses promesses : les conditions de travail sont difficiles et les salaires sont bien en-deçà des salaires de Bezons.
Face au silence de la C.G.E., les ouvriers vont voter en avril 1972 la grève générale. Ce mouvement, très localisé au départ, va toucher toute la région Bretagne qui va, au fil des semaines de conflit, affirmer son identité et sa culture.

Ce récit est l’histoire d’un mouvement social dont l’élan de solidarité marqua l’histoire des revendications sociales. 
C’est un projet qui mêle petite histoire et grande Histoire, entre une expérience individuelle, celle du père de l’autrice, militant syndical, et celle, plus collective, des ouvriers  de toute une région qui a lutté pour ses droits.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le joint français -1972 récit de l’occupation d’une usine en grève »

La BD sortira en septembre 2025.

extrait bd Le joint français -1972 récit de l'occupation d'une usine en grève

Lieu visité par la bd en Bretagne

Saint-Brieuc

Jules Matrat – Tome 3

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Charles Exbrayat publiée en 1942.

Le destin brisé d’un poilu traumatisé par la guerre.

couverture bd Jules Matrat - Tome 3

C’est dans la paisible Haute-Loire que la guerre vient chercher Jules Matrat, un beau jour d’août 1914. La guerre, il n’avait pas envie de la faire, comme il n’avait pas envie de laisser Rose, sa fiancée.
De retour chez lui après quatre années terribles dans les tranchées où il a vu son ami Louis Agnin périr, Jules n’est plus le même homme. Brisé, il s’est muré dans un douloureux silence.
En 1919, après avoir perdu son fils, il continue de se perdre lui-même. Pour l’aider et tenter de sauver leur couple, Rose lui propose de faire ce qu’il avait promis à son copain Louis : visiter son village et rencontrer sa famille.
Peut-être qu’après ce pèlerinage, la tristesse le quittera enfin. Mais une fois sur place rien ne se passera comme Jules l’avait imaginé…
Son camarade n’est plus ; dans son village, la vie paraît avoir repris sans lui et seul son chien semble encore attendre son maître. Jules, de retour à la maison, se noie dans ses pensées les plus noires.

Adapté du roman éponyme de Charles Exbrayat (publié aux éditions Albin Michel), cette trilogie conçue comme « le récit d’une vie quotidienne » raconte le destin brisé d’un jeune poilu hanté par les images d’une guerre qualifiée de « boucherie ».

Serge Fino dépeint avec un réalisme déconcertant la détresse d’un homme et les conséquences sur les générations futures de tels massacres, s’affirmant du même coup comme un auteur majeur du neuvième art.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jules Matrat – Tome 3 »

Avec ce troisième et ultime volet, Serge Fino achève brillamment son adaptation du roman de Charles Exbrayat, transformant cette œuvre littéraire méconnue en une bande dessinée d’une puissance narrative exceptionnelle. Ce tome final explore le délicat pèlerinage de Jules vers le village de son ami disparu Louis Agnin, dans l’espoir vain de trouver enfin la paix intérieure.

Jules entreprend ce voyage symbolique à la demande de Rose, tentant de honorer sa promesse faite dans les tranchées. Mais la désillusion face à la vie qui a continué sans Louis aggrave son incompréhension du monde. Serge Fino dépeint avec un réalisme saisissant cette confrontation entre l’idéalisation du souvenir et la brutalité du réel, révélant l’irréversibilité des blessures psychologiques.

Les couleurs directes de Serge Fino atteignent ici leur pleine maturité artistique. Sa technique d’aquarelliste traduit avec justesse l’alternance entre les paysages apaisants de Haute-Loire et l’obscurité intérieure du protagoniste. Chaque planche révèle un soin méticuleux du détail historique, fruit d’un important travail documentaire sur la vie paysanne de l’époque. La mise en page classique et équilibrée permet une contemplation mélancolique parfaitement accordée au rythme du récit original.

Cette adaptation constitue une réussite totale qui honore le roman de Charles Exbrayat. Serge Fino reprend des phrases entières du texte source, créant une œuvre d’une authenticité confondante. Sa voix off et son écriture simple mais ciselée transforment cette trilogie en témoignage essentiel sur les conséquences durables des conflits armés.

Cette œuvre s’impose comme l’un des sommets du neuvième art contemporain.


La Maison du canal

Album publié en 2025 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de George Simenon publiée en 1933.

À la mort de son père, Edmée, une jeune fille de 16 ans, quitte Bruxelles pour s’installer chez des cousins, au cœur de la Flandre. Le contraste est brutal entre les lumières de la grande ville et l’ambiance pesante de la campagne flamande, sillonnée de canaux et plongée dans une lumière blafarde.

Pour Edmée, le choc est d’autant plus rude que, le jour de son arrivée, c’est le père de sa nouvelle famille qui décède à son tour. Pour ne rien arranger, elle découvre que les finances familiales se révèlent moins florissantes qu’annoncé.

Désormais, elle va devoir apprendre à se faire une place parmi ses six cousins et cousines, aux tempéraments si différents. Entre attirance et répulsion, entre lourds secrets et jeux de séduction parfois ambigus, l’atmosphère se délite peu à peu, ouvrant la voie à un drame que rien ni personne ne pourra empêcher…

Dans un récit qu’il considérait comme son premier « roman libre », Georges Simenon explore les tréfonds de l’âme humaine et ses noirceurs. José-Louis Bocquet et Édith en livrent une adaptation qui met à nu l’humanité des personnages, et dans laquelle le graphisme rend presque palpables la pesanteur de leur quotidien et le poids accablant de leur destinée.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Maison du canal »

La Maison du canal, adaptation en bande dessinée du roman de Georges Simenon parue en septembre 2025, constitue une transposition du premier « roman libre » de l’écrivain. José-Louis Bocquet et l’artiste Édith livrent une interprétation fidèle au roman source.

Le récit suit Edmée, seize ans, qui abandonne Bruxelles suite au décès de son père et s’établit en Flandre profonde, au domaine des Irrigations. Cette jeune femme, caractérisée par son insubordination naturelle, s’impose progressivement dans une famille de cousins qu’elle méprise d’emblée. Georges Simenon renverse l’architecture policière classique : les crimes surviennent en cours de narration, tandis que l’enquête demeure épilogue.

extrait bd La Maison du canal

Le trait de génie réside dans la palette graphique d’Édith, dominée par cinquante nuances de gris chargées d’une symbolique mélancolique. Chaque case épouse la pesanteur psychologique des protagonistes, cernés par des paysages délavés et la pluie incessante. Les visages expressifs témoignent d’une humanité en détresse, prisonnière d’un huis clos où la nature elle-même semble complice d’un destin inévitable.

Cette adaptation séduira les amateurs de romans psychologiques noirs et les admirateurs de Georges Simenon.

La Belle et la Bête

Album publié aux éditions Réunion Des Musées Nationaux en 2025.


Adapté de l’œuvre d’ Jeanne-Marie Leprince de Beaumont parue en 1756.

couverture bd La Belle et la Bête

Une Belle qui joue du clavecin mais porte des baskets, une Bête aussi effrayante qu’adorable, un père aimant qui enchaîne les gaffes et deux soeurs aussi idiotes que les plus idiotes des influenceuses : voici, dans le texte original du XVIIIe siècle, la véritable histoire de la Belle et la Bête !
Grâce aux dessins malicieux de Jul, redécouvrez la beauté universelle d’un classique de la littérature.
Parce que l’humour et l’ironie sont un trésor, pour les enfants comme pour les grands, voici un livre à mettre entre toutes les griffes !

La version de La Belle et la Bête adaptée par Jul est une relecture contemporaine et satirique du conte classique de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.
Jul, connu pour son humour et son regard acéré sur la société (Silex and the CityLucky Luke), transpose l’histoire dans un univers moderne, tout en conservant la trame du texte original du XVIIIe siècle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle et la Bête »

Cette adaptation contemporaine du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont par Jul constitue une réinvention graphique audacieuse qui revisite avec brio l’un des récits les plus universels de la littérature française
Initialement commandée pour l’opération « Un livre pour les vacances » avant d’être censurée par le ministère de l’Éducation nationale, cette BD trouvera finalement sa place en librairie aux éditions GrandPalais-RMN.

Jul démontre ici sa capacité à dépasser son registre habituel de la satire sociale pour s’approprier un classique littéraire. Son approche révèle une compréhension fine du texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : ce texte vibre d’une actualité étonnante, mais plus fondamentalement, il est intemporel, car l’absence de descriptions laisse à l’imagination le soin de créer ses propres décors et personnages. Cette lecture éclairée permet à l’auteur de Silex and the City de proposer une transposition contemporaine sans dénaturer l’essence du conte.

Le dessinateur exploite intelligemment l’indétermination physique de la Belle dans le texte original pour en faire « une brunette un peu typée », incarnation d’une jeunesse multiculturelle qui reflète la diversité de la France d’aujourd’hui. Cette représentation inclusive s’inscrit dans la dimension féministe du conte original, Jul soulignant avec justesse que l’œuvre « respire le féminisme, ou au moins l’aspiration à l’égalité des sexes ».

Formé au dessin de presse satirique, Jul adapte son trait habituel – cette « ligne simple, jetée » caractéristique de son travail journalistique – pour servir un propos plus nuancé. Son style graphique épuré, hérité de ses années chez Charlie Hebdo et dans diverses publications, trouve ici une nouvelle dimension. La conception de la Bête illustre parfaitement cette évolution : « un monstre à mi-chemin entre une créature de Miyazaki et Barbouille de Barbapapa, à la fois effrayant et profondément attachant ».

L’insertion d’éléments contemporains – smartphones, réseaux sociaux, références aux influenceurs – pourrait sembler anachronique, mais s’avère parfaitement maîtriséeJul évite l’écueil du modernisme gratuit en ancrant ces références dans une critique sociale cohérente : les sœurs « obsédées par les écrans et le nombre de leurs abonnés » s’opposent à Belle qui « lit des livres ou fait de la musique ». Cette dichotomie porte un message d’une actualité brûlante sur la « tyrannie des écrans ».

L’auteur déploie ici son talent habituel d’observateur social, transposant dans l’univers du conte sa capacité à « capter l’air du temps » qui fait le succès de ses créations précédentes, de Il faut tuer José Bové à 50 nuances de Grecs.

Au-delà de la controverse qui a entouré sa création, cette Belle et la Bête révèle la richesse créative d’un auteur capable de renouveler son approche artistique sans perdre son identité. L’album confirme que Jul possède les outils intellectuels et artistiques pour aborder les grands textes du patrimoine littéraire avec pertinence et originalité.

Cette adaptation s’adresse autant aux jeunes lecteurs qu’aux adultes, proposant plusieurs niveaux de lecture. Elle constitue une passerelle réussie entre patrimoine littéraire et culture contemporaine, démontrant que les classiques peuvent encore parler aux nouvelles générations quand ils sont approchés avec intelligence et respect.

Guy de Maupassant – Nouvelles – Tome 4

Album publié en 2025 aux éditions Varou.


Résumé éditeur

couverture bd bd Guy de Maupassant - Nouvelles - Tome 4

Originaire de Normandie, Guy de Maupassant est un écrivain majeur de la littérature française et certainement le plus grand auteur de nouvelles.
Grâce à son style sobre et limpide et à ses thèmes touchant l’universel, ses œuvres gardent aujourd’hui encore la même modernité, la même force.
Disséquant l’âme humaine à travers ses vices et ses malices, il n’épargne personne, ni les paysans, ni les bourgeois, ni les jeunes, ni les anciens. Il a une prédilection pour les destins tragiques, même s’il ne délaisse pas totalement un registre plus léger, teinté d’ironie.
Il est aussi l’un des pères du fantastique avec ses histoires mystérieuses et angoissantes.
Pour vous, nous avons sélectionné sept nouvelles représentatives de l’œuvre unique de Guy de Maupassant et de sa vision du monde. 3 nouvelles extraites de l´album : Le tic, La rempailleuse, Divorce.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Guy de Maupassant – Nouvelles – Tome 4 »

Ce quatrième et dernier tome réussit à capturer la profondeur psychologique de Guy de Maupassant en sept nouvelles adaptées avec sensibilité. On y retrouve les grands classiques : DivorceLa Rempailleuse, l’histoire touchante d’une femme oubliée qui trouve enfin un sens à son amour, et Le Tic, récit dérangeant d’une maladie nerveuse qui détruit un homme de l’intérieur.

Les différents dessinateurs, menés par Olivier Brazao au trait épuré et réaliste, parviennent à transposer l’atmosphère oppressante de chaque nouvelle. Les dialogues courts mais incisifs, typiques de Guy de Maupassant, restent intacts et conservent cette ironie grinçante envers les petitesses humaines : l’hypocrisie bourgeoise, la cupidité, l’ambition qui corrompt.

extrait bd Guy de Maupassant - Nouvelles - Tome 4

La force de cette adaptation réside dans son respect du texte original. Aucun artifice gratuit, juste des images justes qui donnent à voir ce que Guy de Maupassant savait si bien écrire. Le dessin ne vient pas distraire la lecture, il l’accompagne naturellement.

À découvrir pour tous ceux qui aiment la littérature française et cherchent une nouvelle façon de la redécouvrir.


Le Roi des fauves – Tome 2 : Falko

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Delcourt.


D’après le roman d’ Aurélie Wellenstein publié le 21 mai 2015.

couverture bd Le Roi des fauves - Tome 2 : Falko

La métamorphose a commencé. Pourtant, Ivar, Oswald et Kaya résistent encore.
Tandis qu’ils marchent lentement vers ce Roi des Fauves qui continue de les appeler en rêve, ils en restent convaincus : le ver qu’ils ont ingéré de force ne peut pas, ne va pas gagner.
Mais les épreuves se multiplient et les obligent peu à peu à révéler la violence qui les habite… Au prix de leur humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Roi des fauves – Tome 2 : Falko »

L’adaptation en bande dessinée du roman d’Aurélie Wellenstein continue de fasciner. David Chauvel et Sylvain Guinebaud concluent ce diptyque avec un second tome qui intensifie la tension existentielle du trio : Ivar, Oswald et Kaya, condamnés à devenir des berserkirs, qui doivent atteindre le mystérieux Roi des fauves avant leur transformation totale.
Alors que chaque jour rapproche les protagonistes de la bestialité, leurs choix révèlent une violence cachée, questionnant les limites entre survie et sacrifices moraux.

Le style graphique de Sylvain Guinebaud demeure impressionnant, transformant le décor nordique en personnage à part entière. Les teintes froides et chaudes de Lou accentuent l’ambiance oppressante, tandis que les transformations sont rendues avec un dynamisme viscéral.
Le format bref en deux tomes s’avère judicieux, évitant l’étirement du scénario tout en maximisant l’impact émotionnel du dénouement. Cette conclusion haletante confirme que ce diptyque constitue l’une des meilleures explorations du fantastique médiéval de l’année.


Voyage au centre de la Terre – Tome 2

Albums publiés en 2025 aux éditions Pika.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre roman de Jules Verne publié pour la première fois en 1864.

couverture bd Voyage au centre de la Terre - Tome 2

Le professeur Lidenbrock, Axel et Mans continuent leur exploration des entrailles de la Terre et quelle n’est pas leur surprise lorsqu’ils découvrent l’existence d’une mer souterraine !
Ils construisent alors un radeau et embarquent aussitôt pour de nouvelles aventures.
Cependant, il semblerait qu’une gigantesque créature à la mâchoire puissante rôde dans ces eaux mystérieuses…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Voyage au centre de la Terre – Tome 2 »

Dès l’ouverture de ce deuxième opus, l’univers victorien planté par Norihiko Kurazono se déploie avec la même rigueur historique que dans le roman de Jules Verne : Hambourg et ses quartiers de briques rouges cèdent la place aux entrailles minérales, où le guide Hans repère un cours d’eau souterrain dont chaque ondulation dessine une géographie nouvelle.

La tension narrative croît au fil des péripéties : l’égarement d’Axel dans des galeries obscures traduit magnifiquement sa dualité — la curiosité scientifique contre la peur du noir. Le professeur Lidenbrock conserve son dogmatisme passionné, entraînant son neveu vers l’inconnu sans concession.

Norihiko Kurazono use d’un noir et blanc ciselé, évoquant les gravures du XIXᵉ siècle : les hachures serrées créent un effet de relief saisissant, tandis que les cadrages vertigineux renforcent l’immersion. Les plans larges rendent palpable le vertige du gouffre, et les gros plans sur les visages captent l’émotion avec une précision presque cinématographique.

Voyage au centre de la Terre – Tome 2 confirme la réussite de cette adaptation : solide dans son respect historique, riche en suspens et portée par un graphisme expressif. Les amateurs de récits d’exploration et de mangas adultes y trouveront un équilibre subtil entre science fiction classique et renouveau contemporain.