Mois : août 2026

Les Mondes d’Ewilan – Tome 1 – La forêt des captifs

Album publié en 2020 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Pierre Bottero publié le 3 novembre 2004.

couverture bd Les Mondes d'Ewilan - Tome 1 - La forêt des captifs

Le chef-d’œuvre de Pierre Bottero en BD !
Tandis que ses parents explorent les territoires sauvages de l’Autre monde, Ewilan se retrouve prisonnière sur terre d’une sinistre institution.
Au coeur de ce laboratoire clandestin, la Sentinelle félonne Elea Ril’Morienval fomente son retour en Gwendalavir, qu’elle cherche à conquérir. Privée de son don et réduite à l’impuissance par de terribles expériences, Ewilan ne pourra compter que sur le courage de Salim pour s’échapper…
L’univers de Pierre Bottero, développé en plusieurs cycles, s’est imposé comme une référence en matière de roman de fantasy pour adolescents.
Nouveaux environnements, nouveaux dangers, nouveaux personnages, Les Mondes d’Ewilan poursuit avec brio l’aventure initiée dans La Quête tout en creusant la psychologie adolescente de nos héros.
La talentueuse Cecilia Formicola rejoint à cette occasion l’équipe expérimentée de la Quête, Laurence Baldetti, Lylian et Nicolas Vial pour cette nouvelle saison.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Mondes d’Ewilan – Tome 1 – La forêt des captifs »

Après les sept volumes consacrés à La Quête d’Ewilan, l’équipe reprend l’univers de Pierre Bottero pour un deuxième cycle. Lylian Klepakowsky signe le scénario, Laurence Baldetti le storyboard, Cecilia Formicola le dessin et Nicolas Vial les couleurs. Camille rentre sur Terre avec Salim pour quelques semaines tranquilles, pendant que ses parents explorent les terres sauvages de l’Autre monde. La tranquillité ne durera pas.

Le choix le plus courageux de cet album est de retirer à son héroïne ce qui faisait sa force. Privée du Dessin, enfermée, soumise à des expériences dans un laboratoire clandestin, Ewilan cesse d’être celle qui résout les situations. Le récit se déplace alors vers Salim, dont la fidélité têtue devient le seul moteur, et vers Maniel, homme-lige des parents de Camille, qui donne au volume ses meilleures pages sur le sens d’un serment librement prêté. Lylian Klepakowsky laisse volontairement des fils en suspens, une enquête policière et des meurtres inexpliqués, et assume une ouverture de cycle qui pose plus de questions qu’elle n’en résout. Le retour d’Éléa Ril’Morienval en fait une menace nettement plus concrète que dans le cycle précédent.

extrait bd Les Mondes d'Ewilan - Tome 1 - La forêt des captifs

Cecilia Formicola s’inscrit dans la continuité graphique de la série sans se contenter de l’imiter. Le passage de la fantasy de Gwendalavir à des décors contemporains, salles carrelées et couloirs fermés, lui permet un travail de cadrage plus resserré, et Nicolas Vial suit le mouvement en assombrissant sensiblement sa palette.

Le vrai héros de ce premier tome s’appelle Salim, ce qui est la meilleure idée qu’on pouvait avoir pour relancer la série. À conseiller aux lecteurs de dix à quatorze ans, aux amateurs du premier cycle en bande dessinée, et à ceux qui ont lu les romans de Pierre Bottero et voudront comparer la façon dont l’adaptation resserre son intrigue.


Les Futurs de Liu Cixin – Tome 02 – Pour que respire le désert

Album publié en 2022 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Liu Cixin publiée en mars 2004.

couverture bd Les futurs de Liu Cixin - Tome 2 - Pour que respire le désert

La passion de Yuanyuan pour les bulles de savon irritait son père depuis toujours. Lui qui avait voué sa vie à la protection de la Cité de la Route de la Soie contre une désertification galopante, ne pouvait admettre son goût pour la légèreté.
Oublierait-il que nombre de d’avancées scientifiques naissent d’une idée fantaisiste, jaillissent d’esprits originaux et créatifs ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les futurs de Liu Cixin – Tome 2 – Pour que respire le désert »

Valérie Mangin adapte ici une nouvelle de Liu Cixin, dessinée par Steven Dupré et mise en couleurs par Cyril Saint-Blancat. On y suit Yuanyuan, née dans la Cité de la Route de la Soie, ville neuve plantée en plein désert par une génération d’ingénieurs convaincus qu’on peut faire reverdir des terres mortes. Elle, depuis toute petite, ne s’intéresse qu’aux bulles de savon.

Le récit avance par sauts d’une tranche de vie à l’autre, à la manière d’une biographie d’inventrice, et Valérie Mangin en tire un conflit très concret entre un père accaparé par sa ville et une fille qui poursuit ce que tout le monde autour d’elle juge frivole. Le père a de bonnes raisons, la sécheresse est là, les crédits manquent, et c’est ce qui rend le désaccord intéressant : personne n’a tort. Liu Cixin défend une idée simple, que la recherche désintéressée finit par produire ce que la recherche utile ne trouvait pas, et le scénario la met en scène sans jamais la formuler comme une morale.

extrait bd Les futurs de Liu Cixin - Tome 2 - Pour que respire le désert

Steven Dupré travaille dans un registre réaliste et lisible. Les vues de la ville et des étendues arides sont détaillées sans lourdeur, et Cyril Saint-Blancat installe un contraste durable entre les ocres poussiéreux du sol et les irisations des bulles, seule couleur vraiment libre de l’album. Le dépliant panoramique ménagé dans le volume donne à ce contraste toute son ampleur.

Une science-fiction où l’invention décisive tient dans un tube de savon, ce qui est la manière la plus élégante de dire que rien n’est futile. Un album à conseiller aux lecteurs qui cherchent un support de discussion sur le climat sans discours catastrophiste.


Les Futurs de Liu Cixin – Tome 01 – La terre vagabonde

Album publié en 2022 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Liu Cixin publié en juillet 2000.

couverture bd Les Futurs de Liu Cixin - Tome 1 - La terre vagabonde

Depuis la prévision de la mort de notre soleil, l’humanité s’activait à sa survie dans un projet sans précédent : piloter la Terre jusqu’à la constellation du Centaure afin d’y trouver la nécessaire chaleur de son étoile.
Un voyage long de 2500 années terrestres…


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extrait bd Les Futurs de Liu Cixin - Tome 1 - La terre vagabonde

Emma – Les classiques en manga

Album publié en 2018 aux éditions Nobi Nobi.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Jane Austen publié le 23 décembre 1815.

Emma Woodhouse a tout pour elle : la jeunesse, la fortune et l’intelligence.
Du haut de ses vingt-et-un ans, son passe-temps favori est de former des couples dans son entourage.
Après avoir joué les cupidons pour sa gouvernante, elle prend sous son aile une nouvelle venue, Mlle Harriet Smith.
Mais son caractère affirmé ainsi que ses préjugés seront une source de complications et de mésententes.
Et que dire de ses propre amours ? L’arrivée du séduisant M. Churchill va chambouler tous les plans et croyances de la jeune femme…


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Faire tenir Emma dans un manga relève du pari. Le roman de Jane Austen repose sur des sous-entendus, des silences et des malentendus que le lecteur perce bien avant l’héroïne. Crystal S. Chan en signe l’adaptation, Po Tse le dessin, avec des dialogues anglais retravaillés par Stacy King.

Crystal S. Chan n’adoucit pas Emma Woodhouse. À vingt et un ans, riche, oisive, persuadée de savoir mieux que tout le monde qui doit épouser qui, elle reste passablement agaçante, comme Jane Austen l’avait voulue, et sa maladresse avec la jeune Harriet Smith fait des dégâts réels. Le récit garde aussi l’essentiel du réseau social qui l’entoure, ce petit monde de rentiers occupés à des bals, des pique-niques et des conversations où chaque phrase compte double. L’humour de Jane Austen passe bien, souvent porté par les visages plutôt que par les répliques.

extrait bd Jane Austen

Po Tse utilise les codes du manga pour ce que le roman confiait au monologue intérieur : gros plans sur un regard qui se dérobe, déformation comique quand l’émotion déborde, cases muettes pour un aveu que personne ne formule. Le noir et blanc et le travail des trames rendent bien la douceur des intérieurs anglais et les costumes du début du dix-neuvième siècle, avec un soin du détail particulier.

Les coupes sont nombreuses, inévitables sur un roman de cette longueur. Reste une porte d’entrée efficace vers Jane Austen, à conseiller aux collégiens et lycéens, curieux de littérature anglaise.


14 juillet – Destins d’une révolution

Album publié en 2022 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Destins d’une révolution.

couverture bd 14 juillet - Destins d'une révolution

Huit personnages issus de diverses couches sociales vivent les semaines décisives menant au 14 Juillet 1789. Des destins qui convergent dans le Paris effervescent des derniers jours de l’Ancien Régime.
Le 17 juin 1789, le jour où le Tiers-État se proclame « Assemblée nationale », outre les personnalités les plus en vue, quatre anonymes vont être pris dans la tourmente.
Jean-Baptiste Jacquet, ouvrier au chômage, Suzanne la couturière, Pierre, le garde-française et Jeannette Langlois, jeune paysanne employée à la Bastille au service d’un prisonnier qui n’a de noble que le titre.


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extrait bd 14 juillet - Destins d'une révolution

Aqueduc – D’Uzès à Nîmes en passant par le pont du Gard

Album publié en 2026 aux éditions 100Bulles.


Résumé éditeur

L’histoire de la construction de l’aqueduc de Nîmes et du Pont du Gard.

couverture bd Aqueduc - D'Uzès à Nîmes en passant par le pont du Gard

Nemaussus (Nîmes), milieu du premier siècle après J.-C. Sous le règne de l’empereur Claude (41 à 54 après J.-C.)
La colonie romaine de droit latin se dote, sous l’impulsion d’Octave Auguste, d’une enceinte de 6,5 km de long, de la maison Carré au centre du forum dédiée à la mémoire de Caius et Lucius César et de l’Augusteum; vaste complexe religieux organisé autour de la « source sacrée ».
Auguste lui rattache 24 villages, ce qui concourt à la prospérité de la cité qui voit sa population atteindre les 20 000 habitants. Dans ce contexte de prospérité, la cité, afin d’accroître son prestige et le confort de sa population, décide de la construction d’un aqueduc et qui mieux que Caius Aemilius Postumus ingénieur, de la VI légion Victris et Lucius Aebutius arpenteur et géomètre romain, pour s’atteler à cette tâche pharaonique ?


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Brume – Tome 05 – La Cité d’Ys

Album publié en 2026 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

La plus grande menace jamais affrontée par Brume.

couverture bd Brume - Tome 05 - La Cité d'Ys

Brume pensait avoir déjà affronté le pire. Raté. La barrière magique de Naïa qui protégeait le village vient de céder, libérant une horde de monstres baveux dans les rues.
Mais pour Brume, le plus grave est ailleurs : Hubert a disparu !
Pour le retrouver et sauver le village, Brume n’a qu’une solution : réactiver une magie ancienne.
Problème : la formule est beaucoup trop dangereuse pour une apprentie sorcière. Même Drouk hésite à s’en mêler. Et comme si ça ne suffisait pas, il manque un ingrédient rare que l’on trouve uniquement dans la mystérieuse Cité d’Ys, engloutie sous l’océan.

Entre créatures légendaires, secrets enfouis et révélations inattendues, Brume, Hugo et Hubert vont devoir plonger au cœur de leur aventure la plus périlleuse. Certaines magies protègent les villages. D’autres réveillent les souvenirs…

Dans ce cinquième tome, Jérôme Pélissier et Carine Hinder entraînent Brume dans les profondeurs d’un mystère englouti. Entre monstres affamés, secrets de famille et magie oubliée, la série poursuit son enchantement avec humour, émotion et mystère.

Un album riche en émotions où l’on découvre que certaines formules ne se trouvent pas dans les grimoires mais dans le courage, l’amitié et les souvenirs enfouis.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée «Brume – Tome 05 – La Cité d’Ys»

La BD sortira en octobre 2026.

extrait bd Brume - Tome 05 - La Cité d'Ys

Le Fantôme de l’Opéra (L’Intégrale)

Album publié en 2026 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaston Leroux publié le 23 septembre 1909.

couverture bd Le Fantôme de l'Opéra (L'Intégrale)

Paris, 1878.
Des drames inexpliqués secouent l’opéra Garnier : un machiniste est retrouvé pendu au bout d’une corde et le grand lustre se décroche en pleine représentation.
Un mystérieux « fantôme de l’Opéra » hante les lieux, se livrant à un étrange chantage…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Fantôme de l’Opéra (L’Intégrale) »

La BD sortira en septembre 2026.

extrait bd Le Fantôme de l'Opéra (L'Intégrale)

Le fils de l’Ursari

Album publié en 2019 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Xavier-Laurent Petit publié le 24 aout 2016.

couverture bd Le fils de l'Ursari

Quand on est le fils d’un montreur d’ours, d’un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu’on ne reste jamais bien longtemps au même endroit.
Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis vers une nouvelle vie à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d’argent à gagner.
Cependant leurs rêves se fracassent sur une réalité violente.
À peine installés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d’ours, devient ferrailleur, M’man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian son apprenti.
Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa « journée de travail ». C’est qu’il a découvert le paradis, le jardin du « Lusquenbour » où il observe en cachette des joueurs de lézecheck.
Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s’aperçoit vite qu’il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C’est le début d’une nouvelle vie pour le fils de l’Ursari.

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Adapté du roman de Xavier-Laurent Petit, Le Fils de l’Ursari trouve en Cyrille Pomès un passeur idéal. Auteur de l’adaptation, du découpage et du dessin, épaulé par Isabelle Merlet à la couleur, il suit Ciprian, gamin rom fils d’un montreur d’ours, des forêts de Roumanie jusqu’à un bidonville de la région parisienne.

Cyrille Pomès installe d’abord la famille Zidar dans sa cohésion et sa débrouille, avant de laisser la mécanique de l’exploitation se refermer : le père devenu ferrailleur, la mère et Vera à la mendicité, les garçons au vol, tous sous la coupe de passeurs qui menacent les leurs. La découverte du jeu d’échecs au jardin du « Lusquembourg » ouvre une brèche, mais l’album se garde du conte de fées, préférant une fin ouverte à toute résolution facile. La voix candide de Ciprian, qui déforme les mots d’une langue qu’il ne possède pas encore, porte une lucidité d’enfant sur la peur et sur le devoir de protéger les siens.

extrait bd Le fils de l'Ursari

Le dessin de Cyrille Pomès épouse ce mouvement. Son trait souple, volontiers déséquilibré, tangue au rythme des acrobaties de cette famille du peuple du vent et traduit l’instabilité de leur condition. Les couleurs d’Isabelle Merlet accompagnent la trajectoire : sombres dans les premiers temps, elles s’éclaircissent à mesure que Ciprian trouve sa voie, faisant de la palette un baromètre de l’espoir.

Doublement primé en 2019 (Prix Atomium de la BD citoyenne 2019 et prix Jeunesse ACBD 2019), l’album compose une œuvre juste sur l’exil et la tolérance. On le recommandera aux collégiens à partir de treize ans, aux enseignants et aux lecteurs de Xavier-Laurent Petit.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Album publié en 2021 aux éditions Caurette.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Luis Sepúlveda publié le 19 septembre 1996.

couverture bd Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Une hymne à l’amitié et à la différence.
Zorbas, le gros chat noir, était bien tranquille jusqu’à ce que la mouette Kengah vienne s’échouer sur son balcon !
Mourante, elle lui arrache la promesse de veiller sur son oeuf, d’élever son poussin et de lui apprendre à voler…
C’est le point de départ d’une formidable aventure pour cette famille pas comme les autres. Malgré toutes les difficultés que Zorbas et sa protégée vont rencontrer, et avec l’aide des chats du port, ils surmonteront tous les obstacles jusqu’à ce que la jeune mouette prenne son envol.
Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un hymne à l’amitié et à la différence, marqué par l’engagement de son auteur lors de ses années passées à Hambourg. C’est également un best-seller qui continue à se vendre en roman à 25000 ex. par an depuis sa sortie en 1996.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler »

Zorbas est grand, noir et gros. Kengah, mouette argentée engluée dans une nappe de pétrole, s’écrase sur son balcon de Hambourg et lui arrache trois promesses : ne pas manger l’œuf qu’elle va pondre, veiller sur le poussin, lui apprendre à voler. Cever adapte ici le roman que Luis Sepúlveda avait publié en 1996, après lui avoir soumis ses premiers croquis et obtenu son accord.

Le récit tient parce qu’il n’adoucit rien. La mort de Kengah est montrée sans détour, le dégazage sauvage aussi, et l’on comprend vite que la promesse coûtera cher. Cever garde la mécanique du conte, avec ses chats du port qui délibèrent comme un conseil, Colonello sentencieux, Jesaitout perdu dans son encyclopédie. Mais il laisse au silence une place que le texte d’origine ne pouvait pas lui donner. Plusieurs planches se passent de dialogue : le chat qui couve, l’œuf qui bouge, le poussin qui trébuche. La question de l’adoption y gagne, parce qu’elle passe par des gestes plutôt que par des phrases.

extrait bd Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Le noir et blanc fait beaucoup. Cever a été biologiste avant de dessiner, et cela se voit au rendu des plumes, des pattes, du basculement d’un corps d’oiseau qui rate son atterrissage. Les décors portuaires, grues, quais, toits mouillés, ancrent la fable dans une ville qui existe. Les contrastes sont tranchés, jamais criards, et les regards, très travaillés, portent presque tout le jeu d’acteur.

Une fable où l’on gagne parce qu’on est plusieurs, et où le noir et blanc suffit à faire entendre la mer sale. À conseiller aux lecteurs dès neuf ans, et aux adultes qui ont aimé Luis Sepúlveda : ils retrouveront son goût des causes perdues.