Auteur/autrice : Sébastien D

Toute la philo en BD – La justice

Album publié en 2022 aux Editions Belin.


couverture bd Toute la philo en BD - La justice

Toutes les notions essentielles de philosophie en albums de bande dessinée.

L’être humain est-il naturellement juste ? Peut-on faire justice soi-même ? Être juste, est-ce obéir aux lois ?

Explorez ces questions à travers des exemples concrets, des mythes et des textes philosophiques racontés sous forme de bande dessinée. Un album qui présente de manière simple et ludique une notion essentielle de la philosophie : la justice.

Rassemblant pour la première fois un éditeur de bande dessinée (La Boîte à Bulles) et un éditeur scolaire (Belin Éducation), la collection « Toute la philo en BD » s’adresse aux lycéens, aux enseignants, mais aussi au grand public.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Toute la philo en BD – La justice »

Avec Toute la philo en BD – La justice, Martine Gasparov (scénario) et Émilie Boudet (dessin) s’attaquent à un mot que l’on brandit souvent… sans toujours savoir ce qu’on y met derrière. L’album, inscrit dans la collection Toute la philo en BD, assume un objectif clair : rendre pensable, donc discutable, une notion à la fois intime (le sentiment d’injustice) et publique (l’institution).

Le récit ne cherche pas un “grand héros” chargé d’incarner la Justice une fois pour toutes. Il préfère une galerie de situations et de figures-types, plus efficaces pour faire apparaître les tensions : punir ou réparer, être impartial ou être équitable, appliquer la règle ou regarder le contexte. Cette approche n’impose pas une morale prête à l’emploi, elle apprend plutôt à formuler un désaccord, à repérer un présupposé, à distinguer ce qui relève du droit, de la morale et de la politique.

extrait bd Toute la philo en BD - La justice

Graphiquement, l’album joue la lisibilité : découpage aéré, expressions nettes, et un sens du rythme qui évite l’effet “cours illustré”. Le dessin sert le propos en clarifiant les idées sans les appauvrir, avec juste ce qu’il faut d’humour et de variations visuelles pour relancer l’attention quand le débat se densifie.

A recommander aux lycéens, bien sûr, mais aussi à tout lecteur curieux de remettre de l’ordre dans ses intuitions sur le juste et l’injuste et d’en ressortir avec de meilleurs arguments, pas seulement des convictions.

Wish I Knew – Blockchain, Bitcoin, IoT ..

Album publié en 2020 aux éditions Karen New.


Résumé éditeur

BD en anglais.

Faites découvrir à votre enfant la finance et les nouvelles technologies dans cette toute nouvelle BD d’aventure !

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre à gérer l’argent avec bon sens et développer l’esprit critique. Ce roman graphique, accessible à tous les âges et pensé pour une lecture à voix haute, accompagne votre futur petit passionné de tech.
Avec Crypto Karen, les notions du quotidien (argent, échanges, sécurité, numérique) se mêlent à une grande aventure façon super-héros, pour instruire et divertir à la fois.

Suivez Koey et sa tante (DaYi) dans un voyage à travers l’espace et le temps. Ensemble, ils découvrent des mondes imaginaires inspirés par l’innovation technologique.
L’histoire présente des idées parfois complexes de manière simple et ludique, afin d’éveiller la curiosité des enfants.

Au programme :

  • L’histoire de la monnaie
  • La blockchain
  • Le bitcoin
  • Les contrats intelligents (smart contracts)
  • Les DAO (organisations autonomes décentralisées)

Ces thèmes peuvent sembler impressionnants au premier abord, mais ils sont expliqués à l’aide de comparaisons faciles à comprendre, adaptées dès 7 ans. En fin d’ouvrage, un guide propose des questions et des petits exercices créatifs à faire ensemble, pour encourager la curiosité et la réflexion. Le monde évolue vite : autant s’y préparer dès maintenant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Wish I Knew – Blockchain, Bitcoin, IoT .. »

Pas encore d’avis.

Bitcoin – The Hunt of Satoshi Nakamoto

Album publié en 2015 aux éditions Europe Comics.


Résumé éditeur

BD en anglais.

couverture bd Bitcoin - The Hunt of Satoshi Nakamoto

L’ascension du Bitcoin est fulgurante à l’échelle mondiale. Satoshi Nakamoto, son créateur, demeure une figure aussi énigmatique qu’insaisissable.
Pourtant, les rumeurs entourant sa fortune potentielle ne sont pas passées inaperçues du côté de la mafia.
Il est également dans le collimateur des services secrets : des agents de la NSA sont en effet à ses trousses depuis quelque temps.

Les opportunités offertes par cette cryptomonnaie sur les marchés financiers ont érigé Nakamoto en héros, admiré aux quatre coins du globe.
Ses partisans sont prêts à tout pour le protéger. Pour beaucoup, la possibilité de gérer des transactions et d’émettre des bitcoins sans intermédiaire incarne les valeurs d’une liberté retrouvée.
L’espoir d’un monde meilleur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bitcoin – The Hunt of Satoshi Nakamoto »

Avec Bitcoin: The Hunt for Satoshi Nakamoto, le scénariste Alex Preukschat et son équipe évitent le piège du documentaire aride. Ici, la cryptomonnaie n’est pas un prétexte à un cours, mais le moteur explosif d’un thriller d’action. L’album prend le parti audacieux de raconter la révolution de la blockchain par le prisme de la fiction, transformant une innovation technologique en une aventure humaine haletante.

Le scénario repose sur un ressort classique mais efficace : le « faux coupable ». Nous ne suivons pas le véritable créateur du Bitcoin, mais un quidam pris par erreur pour Satoshi Nakamoto. Ce malentendu plonge le protagoniste dans une course-poursuite infernale, pris en étau entre la mafia et la NSA. Au-delà de l’adrénaline, l’histoire tisse habilement une toile de fond géopolitique post-crise de 2008. Les auteurs parviennent à vulgariser les idéaux liberté, anonymat, décentralisation sans alourdir le récit.

extrait bd Bitcoin - The Hunt of Satoshi Nakamoto

Graphiquement, José Ángel Ares livre une copie très solide. Son choix du noir et blanc, marqué par un encrage profond et des contrastes violents, installe immédiatement une atmosphère de film noir. Le trait est vif, anguleux, et sert parfaitement le dynamisme des scènes d’action. Le découpage est cinématographique, rendant la lecture fluide même lors des passages plus explicatifs.

Cet album est une réussite . Il se dévore comme un bon polar tout en offrant, en filigrane, une compréhension claire des enjeux autour du Bitcoin. Un divertissement intelligent qui nécéssite un niveau d’anglais moyen.

Alice au pays des cryptos : Bitcoin, NFT & autres curiosités

Album publié en 2025 aux éditions du Faubourg.


Résumé éditeur

couverture bd Alice au pays des cryptos : Bitcoin, NFT & autres curiosités

Plongez avec Alice dans le monde mystérieux et controversé des cryptomonnaies.

Nous sommes à la veille du confinement quand la jeune femme hérite de sa grand-mère et se demande que faire de cet argent que son banquier veut placer pour elle.

Par hasard, elle découvre que des monnaies parallèles lui ouvrent la porte d’un autre monde. Incomprise de sa famille et de ses amis, elle s’y investit à corps perdu.

Ses dessins font d’elle une passeuse influente, et on embarque jusqu’au Salvador pour comprendre la puissance et les dangers de Bitcoin, des NFT et d’autres curiosités.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Alice au pays des cryptos : Bitcoin, NFT & autres curiosités »

Dans le foisonnement éditorial sur la blockchain, Alice au pays des cryptos  réussit un pari : marier pédagogie et fiction. Scénarisé par Daniel Villa Monteiro et dessiné par Nicolas Balas, cet album s’émancipe du simple guide pratique pour proposer une véritable aventure humaine, ancrée dans le réel.

Nous suivons Alice, jeune femme en rupture avec le conservatisme bancaire paternel, qui plonge dans le « terrier » du Web3. L’album ne se contente pas d’expliquer le Bitcoin ou les NFT, il interroge aussi sur les fractures générationnelles et la quête de souveraineté individuelle. Le récit gagne une densité politique fascinante lors de l’immersion au Salvador, transformant une curiosité technologique en un véritable enjeu de société.

Graphiquement, Nicolas Balas opte pour un trait épuré, presque « ligne claire », qui désacralise la complexité du sujet. Son utilisation maîtrisée des contrastes et des aplats permet de matérialiser l’abstrait la blockchain, le minage sans jamais saturer la planche. C’est une mise en image qui respire, rendant la lecture fluide même lors des passages les plus techniques.


Alice au pays des cryptos est une réussite. C’est l’ouvrage idéal pour le néophyte cherchant à comprendre la révolution crypto sans l’aridité des livres d’experts.

La Grande aventure du bitcoin et de la blockchain

Album publié en 2022 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

couverture bd La Grande aventure du bitcoin et de la blockchain

Qui est Satoshi Nakamoto, inventeur du Bitcoin ?
Comment fonctionne cette monnaie numérique indépendante des banques ? Comment investir ?
Que sont Ethereum et les NFTs ? Quelles applications pour la blockchain ?
Le dernier né de la collection de vulgarisation Octopus répond à toutes ces questions et décrypte la technologie blockchain sous-jacente au Bitcoin et aux crypto-monnaies.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Grande aventure du bitcoin et de la blockchain »

Avec La Grande aventure du Bitcoin et de la Blockchain, paru dans la stimulante collection « Octopus » des éditions Delcourt, Olivier Bossard et Maud Rivière relèvent un pari : rendre limpide l’un des sujets les plus nébuleux de notre époque.
Cet album documentaire s’impose comme une porte d’entrée indispensable pour quiconque souhaite comprendre les mécanismes de la finance décentralisée sans se noyer dans le jargon technique.

Le scénario remonte aux origines de la monnaie et du troc pour mieux éclairer la rupture provoquée par le fameux « Livre blanc » de Satoshi Nakamoto en 2008. Si l’aspect fictionnel reste un prétexte pédagogique, la narration réussit à humaniser la technologie : la figure quasi-mythique de Nakamoto y est traitée avec une aura de mystère qui tient le lecteur en haleine, transformant une explication théorique en une véritable quête de sens.

extrait bd La Grande aventure du bitcoin et de la blockchain

C’est visuellement que l’album séduit le plus. Le trait de Maud Rivière apporte une légèreté bienvenue à la densité du propos. Elle déploie une ingéniosité pour illustrer l’invisible : la blockchain devient une architecture tangible et le minage un processus ludique. Ce choix d’une ligne claire moderne, ponctuée de métaphores visuelles efficaces, permet de digérer des concepts complexes comme le halving ou la preuve de travail avec une fluidité déconcertante.

Plus qu’une simple BD, cet ouvrage est un outil de compréhension, d’éducation. Olivier Bossard signe ici une référence de la vulgarisation économique. Idéale pour les néophytes curieux comme pour les investisseurs amateurs souhaitant consolider leurs fondamentaux avec plaisir.

Gaza 1956 – En marge de l’Histoire

Album publié en 2010 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

Quinze ans après la publication de son premier livre, Palestine une nation occupée, Joe Sacco retourne dans la bande de Gaza pour enquêter sur un massacre de la population palestinienne par l’armée israélienne en 1956.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gaza 1956 – En marge de l’Histoire »

Joe Sacco livre avec Gaza 1956 – En marge de l’Histoire  un roman graphique de reportage d’une rigueur impressionnante, né d’une mention dans un rapport de l’ONU qui ouvre sur une enquête au long cours. L’auteur s’attache à reconstituer, à partir de témoignages, les massacres de Khan Younis et de Rafah à l’automne 1956, dans le contexte de la crise de Suez, et à interroger l’oubli qui entoure ces événements.

La force de cette BD tient d’abord à sa manière de raconter l’enquête. Joe Sacco fait sans cesse l’aller-retour entre le temps où il interroge les gens à Gaza (2002-2003) et l’année 1956, quand les faits se sont produits. Il montre très concrètement les difficultés du travail : souvenirs abîmés par le temps, versions qui ne coïncident pas, détails flous ou disputés. Plutôt que d’imposer une conclusion “toute faite”, il recoupe les récits et met en évidence ce qui est sûr, ce qui reste incertain, et pourquoi. C’est ce sérieux dans la méthode qui donne aux témoins une vraie présence : ils ne sont pas des silhouettes, mais des personnes, avec leur parole, leurs hésitations et parfois leurs silences.

extrait bd Gaza 1956 - En marge de l'Histoire

Le noir et blanc, dense et minutieux, renforce cette ambition documentaire : visages très expressifs, arrière-plans fouillés, sensation de promiscuité qui pèse sur le lecteur autant que sur le récit.

Exigeant par ses 424 pages, Gaza 1956 s’adresse aux lecteurs de BD de reportage et à ceux qui cherchent une approche historique du conflit Israélo-Palestinien.

Les tournesols d’Ukraine

Album publié en 2023 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

couverture bd Les tournesols d'Ukraine

Pietro est italien, Lisa, ukrainienne. Ils se rencontrent en 2016 et vivent dès lors entre les deux pays, partageant et découvrant ainsi la culture de l’autre.
En septembre 2021, J-180, Lisa s’inquiète des mouvements russes à la frontière, ses proches la rassurent.
L’avenir donnera malheureusement raison à Lisa.
Le 19 février 2022, J-4, Lisa et Pietro arrivent en Italie. La famille de Lisa n’a pas voulu quitté le pays.
Le 25 février, J+2, la ville de Mykolaiv, où vit la famille de Lisa, est bombardée.
Ses proches se décident à la rejoindre en Italie, à l’exception de son père.
Dès lors, le quotidien est rythmé par les infos et l’inquiétude de savoir son père si exposé mais aussi les détails prosaïques de la cohabitation avec les proches, les souvenirs qui refont surface et la nécessité de sensibiliser l’opinion.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les tournesols d’Ukraine »

Avec Les tournesols d’Ukraine : Échapper à l’invasion, Pietro B. Zemelo livre un récit à la fois sobre et bouleversant, ancré dans la réalité de février 2022, lorsque la guerre contraint Lisa et sa famille à reconsidérer chaque certitude. Le livre choisit l’échelle du quotidien : les décisions prises dans l’urgence, les proches qu’on laisse derrière soi, l’angoisse qui s’installe durablement.

Le scénario se distingue par une construction en fragments, faite d’allers-retours entre avant et après l’irruption de la guerre. Ce montage montre comment un événement historique recompose la mémoire, transforme les gestes ordinaires et fracture les trajectoires. La tension dramatique naît moins des scènes de violence que de ce qu’elles imposent aux relations familiales, en particulier quand l’exil devient la seule option pour certains, tandis que d’autres s’obstinent à rester.

extrait bd Les tournesols d'Ukraine

Pietro B. Zemelo assume aussi sa place dans le récit : celle d’un proche qui accompagne, écoute, et mesure ses limites face à une expérience qu’il ne vit pas dans sa chair. Cette position, délicate, renforce l’impression d’honnêteté. Le dessin, clair et expressif, privilégie la lisibilité et l’émotion juste. Les visages, les silences, les intérieurs deviennent des repères ; le tournesol, motif récurrent, apporte une respiration symbolique sans jamais forcer l’effet.

On ressort de cette lecture avec la sensation d’avoir compris, de l’intérieur, ce que “tenir” veut dire. Un roman graphique recommandé à celles et ceux qui cherchent un témoignage humain sur le conflit russo-ukrainien. Les tournesols d’Ukraine capte l’intime au cœur de l’Histoire.

Le Mirage de la croissance verte

Album publié en 2022 aux Editions Delcourt.


couverture bd Le Mirage de la croissance verte

29 juin 2020.
Convention citoyenne sur le climat. Emmanuel Macron adopte 146 propositions citoyennes. Arnaud, devant le discours, est content : des solutions vont enfin être apportées pour adapter notre économie aux enjeux climatiques.
Mais ce n’est pas l’avis de son beau-père Doc qui, tout en l’écoutant dérouler ses arguments, va tout faire pour le détromper…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Mirage de la croissance verte »

Avec Le Mirage de la croissance verte, Anthony Auffret signe une BD de salubrité publique qui tranche radicalement avec les discours ambiants. Là où beaucoup d’ouvrages écologiques misent sur la culpabilisation ou la fiction d’anticipation, cet essai graphique choisit l’arme de l’analyse rationnelle pour déconstruire le mythe d’une économie infinie dans un monde fini.

Anthony Auffret ne raconte pas une histoire, il mène une démonstration implacable. Il s’attaque aux vaches sacrées de notre époque : le « découplage » entre PIB et émissions de CO2, l’avion vert ou encore la voiture électrique comme solution miracle. En s’appuyant sur des données physiques concrètes (limites des métaux, thermodynamique), il démonte pièce par pièce l’illusion du « techno-solutionnisme ».

extrait bd Le Mirage de la croissance verte

L’auteur opte judicieusement pour un graphisme épuré, à la frontière de l’infographie et du dessin de presse. Ce minimalisme n’est pas une faiblesse, mais une force : il hiérarchise l’information. L’usage de l’humour et de métaphores visuelles permet de digérer les concepts macroéconomiques sans lourdeur.

En conclusion : un ouvrage lucide qui remet les pieds sur terre, idéal pour les lycéens comme pour les adultes.

Le Drakkar perdu – Histoires de la vie des hommes

Album publié en 1979 aux Editions la Pibole.


couverture bd Le Drakkar perdu - Histoires de la vie des hommes

L’Histoire comme si on y était

Comment s’est faite l’Histoire des hommes ? Avec des chefs de guerre ? des héros ? des rois et des dictateurs ? Ou avec des gens de tous les jours, à la fois si semblables et si différents de nous ?
Connaître l’histoire de la vie des hommes de tous les temps et partout dans le monde, c’est mieux connaître et comprendre notre propre destin et le fabuleux héritage de l’Histoire de l’humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Drakkar perdu – Histoires de la vie des hommes »

BD pas lue, très peu d’exemplaire disponible. 1 exemplaire disponible ici.

L’ère de l’égoïsme : Comment le néolibéralisme l’a emporté

Album publié en 2014 aux Editions ça et là.


couverture bd L'ère de l'égoïsme : Comment le néolibéralisme l'a emporté

Après la science (« Fables Scientifiques ») et la maladie mentale (« Fables Psychiatriques »), Darryl Cunningham se penche sur les relations entre la politique et l’économie, et plus précisément sur l’évolution des doctrines libérales et leur rôle dans le déclenchement de la crise de 2008, puis de la montée des extrêmes droites en Europe.
Dans un premier temps, Cunningham brosse le portrait d’Ayn Rand, auteure américaine, – notamment de « La Grève » – relativement peu connue en France mais qui a été extraordinairement influente aux États-Unis. Ayn Rand est à l’origine de la doctrine de l’objectivisme et a influencé de très nombreux hommes politiques américains, dont les libertariens, mais aussi des personnes clés de l’administration qui jouèrent un rôle prédominant au moment de la crise de 2008.

Cunningham décrit également dans le détail les mécanismes en cause dans cette crise et les ravages qu’elle a causés, parallèlement à un nouvel essor des politiques libérales et à la montée de l’individualisme dans nos sociétés.
Son engagement est sans équivoque et il annonce clairement la couleur dans sa préface : « Dans des États démocratiques, où le droit de vote existe, nous sommes responsables d’avoir donné le pouvoir à ceux qui estiment vertueux de privilégier l’amoncellement d’argent au lieu de l’égalité de tous. »


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’ère de l’égoïsme : Comment le néolibéralisme l’a emporté »

Avec L’Ère de l’égoïsme, Darryl Cunningham signe une BD de vulgarisation économique d’une lucidité redoutable. Cet essai graphique remonte aux sources de la crise financière de 2008 pour exposer comment une philosophie marginale a fini par dominer le monde.

L’album se construit comme une enquête implacable. Darryl Cunningham tisse habilement le portrait psychologique d’Ayn Rand, figure de proue de l’objectivisme, pour éclairer l’influence de sa pensée sur son disciple, Alan Greenspan. Le récit excelle à rendre limpides des mécanismes complexes (dérégulation, produits dérivés) en les ancrant dans une histoire humaine : celle d’une idéologie née du traumatisme communiste de Rand. La démonstration est brillante : l’auteur prouve que l’économie n’est pas une science froide, mais le résultat direct de nos choix moraux.

extrait bd L'ère de l'égoïsme : Comment le néolibéralisme l'a emporté

Graphiquement, Darryl Cunningham prend le parti d’un minimalisme radical, presque enfantin, qui tranche avec la gravité du propos. Ce choix est loin d’être une faiblesse : son trait épuré et l’usage d’aplats de couleurs sobres permettent de digérer la densité des informations sans saturation. L’auteur use de métaphores visuelles percutantes pour matérialiser les flux financiers, transformant l’abstrait en concret avec efficacité.

Documenté, intelligent et accessible, L’Ère de l’égoïsme est une belle découverte. Darryl Cunningham réussit le pari de nous armer intellectuellement contre des discours économiques opaques. Indispensable pour comprendre notre époque.