Jack London – Arriver à bon port ou sombrer en essayant
Album publié en 2017 aux éditions Le Lombard.
Résumé éditeur
Jack London en BD (12 janvier 1876 / 22 novembre 1916).

Jack London a connu plusieurs vies : vagabond, chercheur d’or, chasseur de phoques, garde-côte, militant…
Il en a tiré une des œuvres littéraires les plus fortes de sa génération : des grands romans d’aventure, mais aussi des romans sociaux où il a dénoncé les injustices de son époque.
Un hommage éblouissant à un homme qui a vécu à la hauteur de son oeuvre.
La bd « Jack London – Arriver à bon port ou sombrer en essayant » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jack London – Arriver à bon port ou sombrer en essayant »
Il y a des vies qui débordent tellement qu’elles semblent déjà être de la fiction. Celle de Jack London en fait partie. Vagabond, chercheur d’or au Klondike, journaliste de guerre, militant socialiste, marin malgré lui et par-dessus tout ça, écrivain. Le duo Koza (le scénariste Maximilien Le Roy et l’artiste Native sont associé sous ce nom) avait donc du grain à moudre, et ils le savent.
Leur point d’entrée est judicieux : en avril 1907, Jack London quitte San Francisco à bord du Snark, voilier dont il a lui-même dessiné les plans, pour un tour du monde qui devait durer sept ans et s’arrêtera au bout de deux. Un échec magnifique, en somme et le titre de l’album, déjà, dit tout de l’état d’esprit du bonhomme.
Le huis clos du bateau (gestes du quotidien, conversations intimes, corps épuisés) alterne avec des retours en arrière qui convoquent tour à tour le détenu pour vagabondage, le journaliste couvrant la guerre russo-japonaise, le prospecteur du Grand Nord. Ce va-et-vient donne au récit une respiration naturelle, jamais artificielle.
Koza ne fait pas l’impasse sur le Jack London politique : ses lectures de Marx, son aversion pour la bourgeoisie, ce Martin Eden mi-roman mi-autoportrait qu’il rédige justement pendant la traversée. C’est là que l’album gagne en épaisseur : Jack London n’est pas qu’une icône d’aventure, c’est un homme en contradiction permanente avec son époque et avec lui-même.

Graphiquement, Native impose un trait vif, parfois rugueux, que les couleurs de Maya Mihindou ancrent dans des teintes marines et polaires parfaitement cohérentes avec le propos. L’image occupe tout l’espace, les dialogues sont rares et brefs — et c’est exactement ce qu’il faut.
Un album pour les curieux de Jack London.




















