L’Île du docteur Moreau – Tome 2
Album publié en 2021 aux éditions Delcourt.
Résumé éditeur
Adapté du roman de H.G. Wells publié le 17 avril 1896.

Second tome de l’adaptation du roman de H.G. Wells qui constitue, comme le Frankenstein de Mary Shelley, un avertissement sur les questions éthiques que pose la science et sur la notion même d’humanité.
Edward Prendick, unique survivant d’un naufrage, tente d’en savoir plus sur les expériences de vivisection que mène le docteur Moreau, assisté de Montgomery, depuis les nombreuses années qu’ils sont installés sur l’île.
Il découvre qu’ils y élaborent de véritables chimères, mi-homme mi-bête, et les rassemblent dans une communauté soumise à la férule d’une loi sévère édictée par leur créateur…
La bd « L’Île du docteur Moreau – Tome 2 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Île du docteur Moreau – Tome 2 »
Second et dernier volet de l’adaptation du roman de H.G. Wells, ce tome 2 s’impose comme un avertissement sur les questions éthiques que pose la science et sur la notion même d’humanité, un écho saisissant aux débats contemporains sur le clonage et les OGM.
Là où le premier opus instillait le doute et le mystère, ce volume bascule résolument dans la confrontation. Edward Prendick mesure ici les conséquences du projet du savant fou, lequel hybride des bêtes et des hommes, dominant son étrange ménagerie par une série de principes quasi religieux visant à contenir les comportements bestiaux. Cette dimension confère au récit une profondeur philosophique inattendue, interrogeant la frontière entre conditionnement et humanité véritable.
Stéphane Tamaillon a choisi de ne pas trahir le roman original ni de risquer l’anachronisme, injectant la modernité davantage dans la narration et le traitement graphique que dans le fond. Ce parti pris de fidélité porte ses fruits : la montée vers le chaos final, la chute de Moreau et la solitude de Prendick sur l’île dévastée atteignent une intensité dramatique réelle. Stéphane Tamaillon réussit à maintenir le suspense jusqu’au bout.

Graphiquement, Joel Legars souligne que Prendick s’enfonce dans l’horreur, perdant ses derniers repères d’homme civilisé, et que cette seconde partie est plus noire, plus violent. La palette crépusculaire d’Anna Conzatti accompagne cette descente, les tons ocres et les ombres envahissantes traduisant visuellement l’effondrement de l’ordre moral.
Un diptyque accompli, recommandé à quiconque souhaite (re)découvrir H.G. Wells par le prisme de la bande dessinée.






