Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Jeeves – Les aventures d’un valet de chambre

Album publié en 2026 aux éditions Robinson.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle Le Grand handicap du sermon de P.G. Wodehouse publié en juin 1922.

couverture bd Jeeves - Les aventures d'un valet de chambre

Londes, 1922.
Bertie, héritier paresseux, et Jeeves, valet modèle, forment un duo atypique.
Lorsque Bertie reçoit une mystérieuse invitation de ses amis pour un week-end à Twing Hall, il accepte sans hésiter. Sur place, Bertie se laisse entraîner dans une aventure aussi étrange que divertissante.
Entre rivalités et intrigues sentimentales, les protagonistes ne sont pas au bout de leurs surprises.

P.G. Wodehouse (de son nom complet Pelham Grenville Wodehouse, 1881-1975) est un écrivain britannique, considéré comme l’un des maîtres de la comédie littéraire en langue anglaise.
Wodehouse est surtout connu pour ses romans humoristiques pleins de situations absurdes, de jeux de mots et d’un style très élégant et léger.
Ses oeuvres les plus célèbres tournent autour de personnages récurrents, notamment :

  • Bertie Wooster, jeune aristocrate un peu naïf
  • Jeeves, son valet extrêmement intelligent, qui résout toutes les situations.

Il a écrit plus de 90 livres et est toujours très lu aujourd’hui. Il est considéré comme un des plus grands auteurs humoristiques de tous les temps, influençant de nombreux écrivains.

Béjà s’inspire de la nouvelle Le Grand handicap du sermon  pour livrer une intrigue ausis drôle que rétro.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jeeves – Les aventures d’un valet de chambre »

La BD sortira en octobre 2026.

extrait bd Jeeves - Les aventures d'un valet de chambre

Orlando

Album publié en 2021 aux éditions Misma.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Virginia Woolf publié le 11 octobre 1928.

couverture bd Orlando

« Un murmure, un frisson, l’étrange silence de la nature… »
ORLANDO, jeune poète un peu efféminé, écrit de la poésie au sommet de sa colline, et c’est la seule chose qui compte pour lui.
Un jour sa mère décide de l’envoyer à la cour du roi pour qu’il devienne « un homme digne et viril »…
Si elle savait ! Ayant toujours pour but, et pour guide, l’écriture et la poésie, Orlando va effectuer un voyage initiatique et être confronté à toutes sortes d’aventures et d’expériences surprenantes.
En adaptant à sa sauce le roman ORLANDO de Virginia Woolf, Delphine Panique présente un album léger et drôle, qui mêle à la fois références à la littérature, à la culture populaire et aux récits de voyage tout en questionnant au passage le genre et la sexualité.
Longtemps épuisé, le tout premier album de Delphine Panique chez Misma fait peau neuve dans une nouvelle édition agrémentée de pages en couleurs dans lesquelles l’autrice revient sur son rapport à l’œuvre de Virginia Woolf et sur sa manière si particulière d’adapter ce roman.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Orlando »

Delphine Panique s’empare du roman que Virginia Woolf fit paraître en 1928, cette biographie imaginaire d’un personnage traversant les siècles en changeant de sexe. Le parti pris est annoncé sans détour, il s’agit d’une adaptation très libre, l’autrice s’appuyant sur le souvenir marquant mais flou d’une lecture ancienne plutôt que sur une transposition fidèle. Son Orlando est un jeune poète un peu efféminé, occupé à écrire au sommet de sa colline, que sa mère expédie à la cour du roi pour en faire un homme viril.

Cette méthode produit un livre singulier, moins soumis au modèle qu’en dialogue avec lui. Delphine Panique conserve la structure du roman initiatique et la question centrale du genre, mais y greffe des références à la culture populaire et au récit de voyage, dans un mélange revendiqué. La quête de la poésie parfaite, celle de la sérénité aussi, occupent une place au moins égale à celle de l’identité sexuelle. Le personnage de Sasha, à la fois amante et guide spirituelle, ponctue les pérégrinations d’Orlando de poèmes écrits par Sophie Régnier, qui apportent au récit des respirations lyriques bienvenues. La loufoquerie assumée ne dessert jamais le fond philosophique.

extrait bd Orlando

Le trait de Delphine Panique, très fin et presque timide, installe une atmosphère intimiste où l’étrangeté naît de la retenue plutôt que de l’effet. Le rythme alterne les séquences contemplatives et les échappées comiques, ce qui donne à l’album son caractère d’objet inclassable.

L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de Virginia Woolf .

Là-bas

couverture bd Là-bas

Album publié en 2013 aux éditions Dupuis.


Résumé éditeur

D’après le roman Bleu figuier d’ Anne Sibran  publié le premier avril 1999.

couverture bd Là-bas

Bientôt l’indépendance.
Alain, pied-noir, employé dans une compagnie d’assurances, doit quitter l’Algérie.
À Paris, il rejoint sa mère et sa femme enceinte. Commence alors une autre vie.
Une vie de grisaille, loin du soleil, des plages de Bab-el-Oued, de la mer tiède.
Loin de là-bas. Une autre vie avec les blessures d’Algérie qui ne se sont pas refermées, avec la peur qui hante encore ses jours et ses nuits, les mystères qui l’entourent et les mensonges qui l’enferment.
Avec les souvenirs de là-bas. Une autre vie, avec une fille désormais. Sa fille, Jeanne, qui met ses pas dans les siens, pour trouver les mots qu’il lui fallait entendre, et lui rendre la vie.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Là-bas »

Adaptation libre du roman Bleu figuier d’Anne Sibran, qui en signe aussi le scénario, Là-bas donne au dessinateur Didier Tronchet l’occasion de quitter le registre humoristique qui l’a fait connaître. L’album raconte l’exil d’Alain, pied-noir contraint de fuir l’Algérie à la veille de l’indépendance pour rejoindre à Paris sa mère et sa femme enceinte, et la lente érosion d’un homme que le déracinement finit par éteindre.

La force du récit tient à son point de vue. C’est Jeanne, la fille d’Alain, qui raconte son père en voix intérieure, mettant ses pas dans les siens pour comprendre un silence et réparer une absence. Anne Sibran évite l’écueil du réquisitoire historique et préfère l’intime, la façon dont les blessures algériennes se transmettent, dont la nostalgie tourne à l’amertume, dont un homme humilié par les préjugés se referme sur lui-même. Le drame collectif des rapatriés affleure sans jamais écraser la chronique familiale.

Didier Tronchet adopte un trait sobre et des aplats de couleurs très lisibles, mais son geste le plus juste réside dans l’usage de la palette. Les ors et les bleus chauds de l’Algérie, ceux du soleil et de la mer de Bab-el-Oued, s’opposent aux gris pluvieux d’un Paris de grisaille. Ce contraste chromatique dit à lui seul la perte, la distance entre un paradis perdu et un exil sans relief.

Anne Sibran et Didier Tronchet signent une chronique douce-amère d’une réelle délicatesse, où l’Histoire se lit à hauteur d’un seul homme.

Le Prophète

couverture bd Le Prophète

Album publié en 2021 aux éditions Contre-dires.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre poétique et philosophique de Khalil Gibran publié le 28 septembre 1923.

couverture bd Le Prophète

L’adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran !

« Le plaisir est un chant de liberté, mais il n’est pas la liberté. Il est l’épanouissement de vos désirs, mais il n’est pas leur fruit. »

Dans cette adaptation graphique du célèbre Prophète de Khalil Gibran, le conte du prophète Almustafa est entrecroisé avec l’histoire d’une femme qui veille sur son père souffrant.
Le dessinateur de renom, Pete Katz, donne vie à ce recueil de 28 poèmes qui offrent des observations profondes et intemporelles sur de nombreux aspects de la vie – l’amour, la liberté, la douleur, la beauté, la mort… Il remet ainsi ces poèmes au goût du jour pour faire connaître l’un des ouvrages spirituels classiques les plus populaires au monde à une nouvelle génération de lecteurs.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Prophète »

Publié pour porter à un nouveau public l’un des textes spirituels les plus lus au monde, cet album adapte en bande dessinée Le Prophète de Khalil Gibran, recueil de vingt-huit méditations en prose paru en 1923. Le dessinateur Pete Katz met en images le conte d’Almustafa, ce sage qui, sur le point de quitter la cité d’Orphalese après des années d’exil, livre ses enseignements aux habitants venus l’interroger sur l’amour, le travail, la joie ou la mort.

Le parti pris le plus original de Pete Katz consiste à entrelacer ce texte ancien avec une trame contemporaine, celle d’une jeune femme veillant son père malade. Ce contrepoint intime ancre les aphorismes de Khalil Gibran dans une expérience concrète du deuil et de la tendresse filiale. Les paroles du prophète cessent d’être des sentences abstraites pour accompagner une douleur bien réelle, gagnant en résonance ce qu’elles auraient pu perdre en solennité.

Graphiquement, Pete Katz déploie des planches aux couleurs chaudes et à la lumière dorée, évoquant l’Orient méditerranéen cher à Khalil Gibran. Il alterne les grandes compositions symboliques, où le corps et les éléments dialoguent, et des scènes plus feutrées pour la veillée contemporaine. Le trait, souple et lisible, rend accessibles des textes réputés difficiles.

L’album s’adresse aux lecteurs curieux de spiritualité et de poésie, et ceux qui découvriraient Khalil Gibran pour la première fois. Pete Katz réussit une transposition respectueuse et sensible, qui donne chair à une sagesse centenaire sans jamais la figer.

Les Découvreurs – Brève histoire de la découverte du monde

Album publié en 2026 aux éditions Albin Michel.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Daniel J. Boorstin publié le 12 octobre 1983.

couverture bd Les Découvreurs - Brève histoire de la découverte du monde

Pour quelles raisons les Chinois n’ont-ils pas découvert l’Amérique ?
Comment a-t-on pu calculer la circonférence de la Terre avec un bâton ?
Cartographier les étoiles sans télescope ?
Comprendre le fonctionnement du corps sans IRM et sans radios, ou appréhender l’évolution des espèces sans connaître l’ADN ?…

Bien plus qu’une histoire des sciences et des grandes découvertes, Daniel J. Boorstin écrit celle, jamais achevée, de l’insatiable quête de connaissance qui caractérise l’humanité.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Découvreurs – Brève histoire de la découverte du monde »

La BD sortira en septembre 2026.

Les nuits de Saturne

Album publié en 2015 aux Editions Sarbacane.


Adapté librement du roman Carnage, constellation de Marcus Malte publié le 5 février 1998.

couverture bd Les nuits de Saturne

Au départ, il y a deux êtres que tout oppose, qui n’auraient jamais dû se rencontrer et encore moins s’aimer.
D’un côté, Césaria, jeune homme paumé perché sur de hauts talons, qui se transforme peu à peu en femme et qui se prostitue. De l’autre, Milan Klovisevitch, dit Clovis, roi déchu et ancien braqueur, tout juste sorti de prison.
Dix ans de taule et la vengeance à venir pour seule nourriture. Mais avant la vengeance, il y aura la rencontre, et une passion qui ne s’explique pas.
Un polar exceptionnel d’une grande sensibilité, loin des canons habituels.
Par Pierre-Henry Gomont, PRIX SNCF DU POLAR 2015 catégorie Bande dessinée Adapté d’un roman de Marcus Malte, prix Fémina 2016 pour Le Garçon.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les nuits de Saturne »

Un homme sort de prison avec une seule idée en tête, se venger. C’est le point de départ classique que Pierre-Henry Gomont, seul au scénario, au dessin et à la couleur, détourne peu à peu vers autre chose. Adaptant librement le roman Carnage, constellation de Marcus Malte, il suit Milan Klovisevitch, dit Clovis, ancien braqueur mêlé jadis à la mouvance terroriste, qui a purgé dix ans pour une exfiltration ratée. À peine dehors, il croise Césaria, jeune femme trans qui se prostitue, lumineuse et entière. De cette rencontre que rien ne destinait à advenir naît une passion.

Tout l’art de Pierre-Henry Gomont est de laisser la vengeance en toile de fond et de placer au centre cet amour improbable. Le récit avance par allers et retours entre passé et présent, révélant par bribes ce qui a mené Clovis en cellule, tandis que le présent l’attache à Césaria malgré lui. Le vrai sujet n’est pas le règlement de comptes annoncé mais ce qui pourrait le désarmer : la tendresse, le désir, la possibilité d’une autre vie. Cette tension entre la haine qui appelle et l’amour qui retient tend le livre jusqu’à sa dernière page.

extrait bd Les nuits de Saturne

Le dessin fait le reste. Pierre-Henry Gomont travaille au lavis, dans une gamme de bleus nocturnes et de gris crépusculaires, la plupart des scènes se déroulant la nuit. Son trait souple, un peu flottant, rend la sensualité sans jamais l’exhiber. Les étreintes se suggèrent plus qu’elles ne se montrent, avec pudeur.

En laissant la vengeance en toile de fond pour filmer un amour improbable, Pierre-Henry Gomont fait de ce polar une histoire de passion bien plus que de règlement de comptes.

Les Rats de Montsouris

Album publié en 2020 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

couverture bd Les Rats de Montsouris

Paris, été 1955.
Burma est engagé simultanément par deux clients résidant dans le 14e arrondissement.
L’un, Ferrand, un ancien compagnon de captivité pendant la guerre, demande l’aide du détective pour une histoire de cambriolages en série.
L’autre, un riche bourgeois du nom de Gaudebert, veut découvrir qui s’amuse à le faire chanter. À première vue, rien de commun à ces deux affaires.
Pourtant, il n’y a pas de hasard et Dynamite Burma va vite découvrir qu’elles sont en fait liées toutes les deux à la tristement célèbre bande des Rats de Montsouris, un gang de cambrioleurs spécialisés dans les caves parisiennes.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Rats de Montsouris »

Treizième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, Les Rats de Montsouris marque un renouvellement d’équipe : François Ravard reprend le crayon, sur une adaptation d’Emmanuel Moynot et dans le prolongement de l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, la couleur revenant à Philippe De La Fuente.

L’intrigue se déploie dans le Paris de l’été 1955, au cœur du quatorzième arrondissement. Nestor Burma y est engagé simultanément par deux clients du quartier : Ferrand, ancien compagnon de captivité au Stalag, l’entraîne dans une obscure affaire de cambriolages, tandis que le bourgeois Gaudebert cherche à démasquer un maître chanteur. Deux enquêtes sans lien apparent, que Nestor Burma finit par relier au gang des Rats de Montsouris, cambrioleurs des caves parisiennes.
Emmanuel Moynot restitue la mécanique retorse de Léo Malet, ses fausses pistes et ses ellipses, et surtout la langue du privé : l’argot des faubourgs, la gouaille façon Audiard, qui donne chair aux malfrats comme aux petites gens. La ruse initiale, où Nestor Burma doit se grimer en clochard, dit d’emblée le goût du roman pour le déguisement et le faux-semblant.

extrait bd Les Rats de Montsouris

Au dessin, François Ravard épouse l’héritage de Jacques Tardi avec une précision remarquable, sans raideur, restituant les rues, les troquets et les caves d’un quartier arpenté sous toutes ses faces. La mise en couleurs de Philippe De La Fuente, particulièrement soignée dans le dernier tiers, ancre cette flânerie policière dans une atmosphère rétro cohérente.

L’ensemble est une BD / polar classique et savoureux, servi par un dessinateur prometteur. On le recommandera aux lecteurs de Léo Malet et aux amoureux du Paris des années 1950.



Corrida aux Champs-Élysées

Album publié en 2019 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 23 février 1956.

couverture bd Corrida aux Champs-Élysées

Années 50, Burma sort à peine d’une mission bien agréable, puisqu’il servait de garde du corps à une starlette de cinéma dont, bien sûr, il est tombé amoureux.
Désœuvré, il prolonge son séjour dans l’hôtel des Champs-Élysées où résidait sa cliente et traîne à quelques avant-premières, invité par son pote Covet, journaliste au Crépuscule.
Aussi, lorsqu’une actrice sur le retour est trouvée morte d’une overdose, est-il aux premières loges pour mettre son nez dans les affaires louches du show-business.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Corrida aux Champs-Élysées »

Publié chez Casterman, l’album Corrida aux Champs-Élysées marque une étape savoureuse dans les reprises des enquêtes de Nestor Burma. Fidèle à l’héritage graphique de Jacques Tardi, c’est cette fois le dessinateur Nicolas Barral qui adapte avec brio le douzième volet des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1956.
Nestor Burma délaisse ici ses quartiers populaires pour le chic caniculaire du 8e arrondissement, plongeant dans les coulisses du septième art après l’overdose suspecte d’une actrice. L’intrigue brille par sa déconstruction féroce du star-system des années 1950. La narration, faussement nonchalante au début, décortique habilement les thèmes des faux-semblants, des addictions et de l’ambition destructrice des producteurs et starlettes.
Nestor Burma s’y déploie avec une belle profondeur psychologique : amoureux transi d’une jeune comédienne dont il assurait la protection, il cache sous son ironie mordante une vulnérabilité touchante et un dégoût viscéral pour la corruption des puissants.

extrait bd Corrida aux Champs-Élysées

Graphiquement, Nicolas Barral livre une prestation remarquable en s’appropriant parfaitement les codes de la série. Les décors des Champs-Élysées, des cinémas d’époque aux grands hôtels, bénéficient d’une précision historique remarquable. Surtout, les visages se font plus expressifs. La mise en couleurs joue un rôle fort, opposant la lumière écrasante et étouffante d’un été parisien aux teintes feutrées des bureaux de production et des boîtes de nuit.

Cette adaptation de Nicolas Barral redynamise le mythe Nestor Burma avec un sens du rythme impeccable. Recommandé aux amoureux d’un Paris rétro et fan de Nestor Burma.



L’homme au sang bleu

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd L'homme au sang bleu

Quand un aristo de province lui propose une simple surveillance, Burma n’hésite pas et saute dans le premier train.
Faut dire que monsieur le comte réside à Cannes et qu’en cette fin d’été 1946, voilà une mission qui fleure bon le farniente…
Une enquête du détective de choc sur la côte d’Azur.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme au sang bleu »

Onzième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, L’Homme au sang bleu adapte le troisième roman de Nestor Burma, écrit en 1945. Emmanuel Moynot en assure l’adaptation et le dessin, prolongeant l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec signe les couleurs. L’album a ceci de singulier qu’il arrache le détective à son Paris habituel.

Nous sommes à la fin de l’été 1946. Lassé d’une capitale trop paisible, Nestor Burma accepte une simple mission de surveillance pour le compte d’un aristocrate de province et file vers Cannes. À peine descendu du train, il assiste à une fusillade, avant d’apprendre que son client s’est donné la mort. Le frère du défunt le charge alors d’élucider ce suicide suspect.
Emmanuel Moynot déploie une intrigue foisonnante où se croisent drogue, fausse monnaie, music-halls et trahisons, fidèle à la mécanique retorse de Léo Malet. Le dépaysement fait tout le sel de l’album : transplanté sous le soleil, Nestor Burma conserve sa gouaille et son flair, mais se heurte à une faune méridionale, tel ce commissaire nonchalant à l’accent chantant, qui évoque irrésistiblement l’univers de Pagnol.

extrait bd L'homme au sang bleu

Côté dessin, Emmanuel Moynot personnalise l’héritage de Jacques Tardi. Son trait légèrement cabossé gagne en expressivité et met en valeur les décors ensoleillés de la Côte d’Azur, tranchant avec la grisaille parisienne des épisodes précédents. La couleur de Chantal Quillec accompagne ce changement d’atmosphère, plus lumineuse sans rien perdre de la tension.

Cette BD est un polar rétro dépaysant et solidement mené. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et à ceux que séduit le Midi des années 1940.



Micmac moche au Boul’Mich

couverture bd Micmac moche au Boul'Mich

Album publié en 2015 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 mars 1954.

couverture bd Micmac moche au Boul'Mich

Le suicide d’un étudiant en médecine oblige Nestor Burma à réviser ses classiques et à arpenter les trottoirs glacés du Quartier latin.
Une enquête du détective de choc dans le cinquième arrondissement de Paris. Nestor Burma, le détective qui met le mystère K.O !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Micmac moche au Boul’Mich »

Deuxième adaptation de Nestor Burma signée Nicolas Barral, après Boulevard… ossements, Micmac moche au Boul’Mich transpose le roman de Léo Malet en se coulant dans l’univers graphique créé par Jacques Tardi. Nicolas Barral en assure cette fois le scénario, le dessin et la couleur, pour une enquête ancrée dans le cinquième arrondissement parisien.

L’affaire se noue autour d’une mort troublante. Jacqueline Carrier vient trouver le détective Nestor Burma, convaincue que le décès de son fiancé, Paul Leverrier, jeune étudiant en médecine, n’est pas le suicide qu’ont conclu la police et le commissaire Faroux.
L’originalité du récit tient à ce renversement : nul mystère apparent au départ, si bien que Nestor Burma enquête moins pour confondre un coupable que pour épargner à sa cliente de sombrer dans le chagrin. Fidèle à la noirceur de Léo Malet, l’intrigue explore des thèmes rudes, du deuil aux secrets d’un milieu interlope, et déploie une galerie de suspects savoureuse, de la comédienne naïve au médecin véreux, en passant par un mage-guérisseur. L’humour du privé tempère la gravité du propos.

extrait bd Micmac moche au Boul'Mich

Le grand atout de l’album tient à sa mise en couleurs. Nicolas Barral respecte le trait hérité de Jacques Tardi, mais la couleur lui permet de sublimer l’atmosphère : l’éclairage jaunâtre des cafés, le bois patiné des bureaux du quai des Orfèvres, la neige qui recouvre le Quartier latin. Le découpage nerveux et les scènes d’action dynamiques restituent le rythme d’un vrai polar.

L’ensemble est une adaptation savoureuse et rigoureuse. On la recommandera aux amateurs de polars rétro, aux nostalgiques du Paris des années cinquante et aux lecteurs de Léo Malet séduits par l’univers de Jacques Tardi.