Gueules cassées – Histoire du preneur d’âmes
Album publié en 2025 aux Editions Osmose.
Résumé éditeur

Le père Louis Lenoir est un prêtre jésuite né le 14 février 1879 à Vendôme (Loir-et-Cher). Lorsque la guerre éclate, il est professeur à Marneffe, en Belgique, exilé par les lois anticongrégationistes de la République.
Répondant à lappel aux armes, il rentre en France pour s’engager comme aumônier militaire « afin de mettre Jésus-Christ dans la vie et l’âme de ceux qui allaient se battre ».
Souhaitant être au plus près des combattants, il est affecté auprès de la 2e division d’infanterie coloniale.
Durant plus de trente mois, il ne cessera d’accompagner sa division sur tous les champs de bataille : en Champagne, dans la Somme et à Salonique.
Inlassablement, il n’hésite pas à monter en première ligne ni à multiplier les kilomètres pour venir en aide aux blessés et orienter les âmes de chacun vers « le Bon Dieu », comme il aimait l’appeler.
Son message était d’autant mieux accepté par tous qu’il se montrait à la hauteur de ce qu’il exigeait.
Un soldat aurait dit du père Louis Lenoir, pour le décrire à sa famille : « Notre aumônier a le diable au corps pour faire aimer le bon Dieu ! ».
En novembre 1916, le Père Lenoir rejoint le front d’Orient, puis en 1917, les coloniaux montent en ligne à l’est de Monastir et s’installent face aux positions bulgares, dominées par le Piton Jaune (1.055 mètres d’altitude).
Le 9 mai 1917, alors qu’il sen va porter secours à des blessés tombés près des lignes ennemis, l’abbé Lenoir prend le risque de se mettre à découvert et se fait faucher par la mitraille bulgare. Sur sa dépouille, deux lettres sont retrouvées. Dans la première, adressée à ses parents, il écrit : « si cette lettre vous parvient, c’est que notre Divin Maître vous aura fait un très grand honneur : après avoir donné à votre fils les grâces de la vocation religieuse et du sacerdoce, Il lui aura donné de mourir en servant à la fois Dieu et la France ».
La deuxième lettre est adressée aux hommes de son régiment. « De tout mon cœur de Français, je leur demande de continuer à faire vaillamment leur devoir, à maintenir les traditions d’héroïsme du régiment, à lutter et à souffrir tant qu’il faudra, sans faiblir, pour la délivrance du pays, avec une foi inconfusible dans les destinées de la France », écrit-il.
Mort pour au service de la France et de l’Église, l’abbé Lenoir a laissé derrière lui un Livre de prières du soldat catholique.
« Vous êtes fiers d’être soldats, soldats de la France, soldats de tel régiment dont le drapeau évoque tant de gloire , soyez plus fiers encore d’être catholiques, c’est-à-dire soldats de Jésus-Christ et de l’Église sous le drapeau de la Croix qui rallie tous les élus », y affirme-t-il. « Soyez fiers d’aller à l’Église, de prier Dieu, de vous approcher de Lui dans la communion ».
La bd « Gueules cassées – Histoire du preneur d’âmes » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gueules cassées – Histoire du preneur d’âmes »
Consacrer une bande dessinée à un aumônier militaire de la Grande Guerre, c’est éclairer une figure souvent laissée dans l’ombre des récits de tranchées. « Gueules cassées, Histoire du preneur d’âmes » retrace le parcours du père Louis Lenoir, prêtre jésuite qui, en 1914, quitte son enseignement en Belgique pour s’engager comme aumônier auprès des combattants. Le scénario de Christophe Hadevis, prêtre et auteur primé de bande dessinée chrétienne, en fait le cœur d’un récit à la fois historique et spirituel.
L’intérêt de l’album tient à son ancrage documentaire. Affecté à la 2e division d’infanterie coloniale, Louis Lenoir suit ses hommes en Champagne, dans la Somme puis jusqu’à Salonique, et Christophe Hadevis restitue avec précision cette présence au plus près du feu. Le titre dit bien la double lecture : derrière les « gueules cassées », ces corps brisés par l’artillerie, se joue une autre bataille, celle d’un homme surnommé le « preneur d’âmes », qui paie de sa personne pour secourir les blessés et accompagner les mourants. Le récit interroge ainsi le sacrifice et l’engagement total d’un homme de foi au milieu de l’horreur.

Sur le plan graphique, le dessin de Christophe Henin épouse étroitement le texte et soutient la reconstitution historique, des uniformes aux champs de bataille. Ce parti pris met l’illustration au service du témoignage plutôt que du spectacle, et laisse toute leur place aux instants d’humanité.
Loin des grandes fresques de bataille, cet album choisit un seul homme pour dire une vérité plus vaste : au front, le courage prenait aussi le visage de ceux qui n’y allaient pas pour tuer.


















