Catégorie : Litterature en BD

Pour qui sonne le glas

Album publié en 2026 aux éditions Sarbacane.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Ernest Hemingway publié le 21 octobre 1940.

couverture bd Pour qui sonne le glas


Le soleil tape fort, la pente s’élève. Deux vautours tournent dans le ciel en silence. Un jeune homme, souple et beau comme on l’est à trente ans, suit sans forcer un vieux montagnard. Il sourit.
Enrôlé dans une guerre fratricide, il a rejoint un groupe de partisans républicains pour dynamiter un pont et favoriser une attaque de grande ampleur contre les troupes fascistes.
Il a soixante-douze heures devant lui. Ses chances de réussir sont minces, il le sait et n’en a cure.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pour qui sonne le glas »

Paru en avril 2026 aux éditions Sarbacane, ce roman graphique adapte l’un des grands romans du XXe siècle : Pour qui sonne le glas, publié par Ernest Hemingway en 1940 et nourri de son expérience de journaliste pendant la guerre civile espagnole.
Jean-David Morvan signe le scénario et Pierre Dawance les dessins, pour une collaboration qui relève le défi de faire tenir 500 pages de prose dense en 192 planches.

Robert Jordan, enseignant américain engagé dans les Brigades internationales, rejoint un groupe de partisans républicains cachés dans les montagnes pour dynamiter un pont et couper la route aux troupes franquistes. Il dispose de soixante-douze heures. Dans ce cadre resserré, Jean-David Morvan parvient à préserver l’essentiel : la tension entre l’urgence de la mission et la lenteur du temps suspendu dans le maquis, l’amour qui naît entre Jordan et Maria comme un démenti adressé à la mort imminente.
Le roman graphique explore la solidarité humaine et l’interconnexion des destins, avec l’idée tacite que la mort d’un homme touche toute l’humanité. On y retrouve le sacrifice de soi et la perte de l’innocence face à la brutalité absurde de la guerre civile. Ces thèmes traversent chaque séquence sans que Jean-David Morvan n’ait besoin de les souligner.

Il a fallu trois ans et 400 crayons à Pierre Dawance pour réaliser l’ouvrage. Les crayons vibrent, les textures se superposent, la lumière devient matière. Le trait de Pierre Dawance, à la fois brut et sensible, restitue l’âpreté des paysages castillans sans jamais écraser l’intimité des personnages.
Une adaptation qui rend justice à Hemingway, destinée aussi bien aux lecteurs du roman qu’à ceux qui le découvrent ici pour la première foi

L’occupation des sols

Album publié en 2026 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après la nouvelle de Jean Echenoz publiée en mars 1988.

couverture bd L'occupation des sols

« Comme tout avait brulé – la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c’était tout de suite beaucoup d’ouvrage : toute cette cendre et ce deuil... ».

Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d’un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d’occupation des sols menace la pérennité de l’icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance…
Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l’irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’occupation des sols »

Amateur de longue date de la prose de Jean Echenoz, Guy Delisle s’empare de « L’Occupation des sols », court récit paru à la fin des années 1980, avec un parti pris singulier. Il ne réécrit pas, ne réinterprète pas : il conserve l’intégralité du texte original et l’accompagne de ses images. Le résultat n’est pourtant pas un simple livre illustré, mais une véritable bande dessinée, où le texte de Jean Echenoz et les planches de Guy Delisle avancent d’un même pas.

Le récit suit Fabre et son fils Paul, privés par un incendie de tous leurs souvenirs de Sylvie, la mère disparue. Ne subsiste d’elle qu’un portrait publicitaire géant, peint sur la façade d’un immeuble parisien, que le plan d’occupation des sols menace bientôt de faire disparaître. De cette situation ténue, Jean Echenoz tire une méditation sur le temps qui passe, le souvenir et l’irrationalité du deuil, que Guy Delisle épouse sans jamais forcer l’émotion.

extrait bd L'occupation des sols

C’est graphiquement que se joue la réussite de l’album. Guy Delisle limite sa palette au bleu, au blanc et au noir, et laisse sa ligne claire donner vie aux murs, aux immeubles et aux engins de chantier, qui deviennent les vrais personnages du drame. Autour du quai de Valmy, la ville qui se construit devient la mesure implacable d’un temps qui efface, cruellement, le visage de Sylvie.

Ce volume s’adresse aux lecteurs de Jean Echenoz curieux de le voir passer en images, aux amateurs de bande dessinée littéraire. Guy Delisle y démontre qu’accompagner un texte, plutôt que l’adapter, peut être la forme la plus juste de fidélité.

Berezina

Album publié en 2021 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du livre de Sylvain Tesson publié le 22 janvier 2015.

couverture bd Berezina

Deux siècles après la retraite de Russie, Sylvain Tesson refait la route de l’armée napoléonienne déchue… en side-car et en plein hiver.
Ils sont cinq : trois Français et deux Russes. Unis par l’amitié et par un grand défi, ils décident de commémorer à leur façon le bicentenaire de la retraite de Russie : en suivant le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle.
Partis de Moscou, Sylvain Tesson et ses amis traversent l’immense Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne, faisant route vers Paris au guidon de leurs Oural, ces side-cars russes réputés indestructibles.
En chemin, ils franchissent le fleuve Berezina, devenu au fil du temps un nom commun pour désigner les échecs les plus cuisants…
Porté par la langue et l’esprit d’aventure de Sylvain Tesson, le plus fameux des écrivains voyageurs contemporains, ce récit au long cours est de nouveau dessiné par Virgile Dureuil (déjà auteur en 2019 de Dans les forêts de Sibérie en bande dessinée).
À travers les multiples allers-retours entre le XIXe et le XXIe siècle, un incroyable épisode de l’histoire française est ici revisité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Berezina »

Adapté par Virgile Dureuil d’après le récit de Sylvain TessonBerezina transpose en bande dessinée une aventure hors du commun : cinq voyageurs qui refont, en 2012, le trajet de la Grande Armée napoléonienne deux cents ans plus tard, à bord de side-cars « Ural ».

Le choix de Virgile Dureuil fonctionne remarquablement bien : il alterne entre les scènes de 1812 et le voyage contemporain. Les planches juxtaposent l’horreur glacée de la retraite et le road-trip moderne, créant une dialogue forcément troublant entre hier et aujourd’hui. Les flashbacks historiques restituent le calvaire réel des grognards : 450 000 soldats qui ne reviendront qu’au nombre de 200 000.

extrait bd Berezina

Graphiquement, Virgile Dureuil a fait le choix intelligent de réduire le texte pour que l’image respire. Ses paysages des steppes russes aux villes modernes sonnent justes, et son trait capture vraiment le mouvement et l’urgence.

Le vrai reproche qu’on peut faire, c’est que 136 pages, c’est un peu juste pour raconter deux histoires à la fois. L’épopée napoléonienne gagne en densité tandis que le volet contemporain reste un peu en arrière-plan. Malgré ce petit bémol, Berezina mérite vraiment qu’on s’y arrête. C’est un beau voyage graphique dans les steppes russes.

St ex – Un Prince dans sa citadelle

Album publié en 2020 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

Saint-Exupéry est né à Lyon dans un milieu aristocratique, construit sur une architecture de valeurs classiques évoquant la marquise de Sévigné, les dentelles, les goûters d’enfants sous les arbres d’un jardin familial vaste comme un parc…
Il est mort 44 ans plus tard, encapsulé aux commandes d’un avion de reconnaissance stratosphérique préfigurant l’âge de l’astronautique.

Entre son arrivée sur Terre et son départ dans un ciel d’été il a vécu l’aventure des pionniers de l’aviation de ligne au sein de la mythique Aéropostale, habité le désert de la côte atlantique du Sahara dans un environnement évoquant la planète Mars, sillonné le continent sud-américain du Brésil tropical au Cap Horn à bord d’avions de bois et toile.
Il a commencé à écrire, est devenu grand reporter témoin de son temps en couvrant la Guerre d’Espagne, captivé le Tout-Paris littéraire avec ses récits récompensés par le Prix Femina et le Prix du Roman de l’Académie Française, récits qui ont traversé l’Atlantique Nord et fasciné des éditeurs new-yorkais qui l’ont propulsé aux côtés de Faulkner, Hemingway, Steinbeck en première division de la littérature américaine lorsque « Wind, Sand and Stars » a été nommé Livre de l’Année aux Etats-Unis.

Voici donc son histoire, en mots et en illustrations, signés de deux auteurs qui partagent avec St Ex cette fascination respectueuse des aviateurs pour la nature et ses majestueuses vérités.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « St ex – Un Prince dans sa citadelle »

Cet ouvrage imposant n’est pas une bande dessinée à proprement parler, mais une biographie illustrée de 176 pages, dont certaines se déplient en panorama. Bernard Chabbert, fils d’un pionnier de l’Aéropostale, journaliste et pilote lui-même, s’est associé à Romain Hugault, dessinateur dont l’essentiel de l’oeuvre est consacré à l’aviation des deux guerres mondiales et qui a obtenu son brevet de pilote à dix-sept ans. La rencontre de ces deux spécialistes donne au projet une crédibilité certaine.
Romain Hugault et Bernard Chabbert ont eu l’humilité de s’effacer derrière leur sujet. Habités par une même admiration pour Antoine de Saint-Exupéry, ils livrent un récit ciselé, tissant avec précision le lien entre les aventures aériennes du pilote et les œuvres littéraires qu’elles ont nourries. Bernard Chabbert se montre exhaustif sur le parcours de Saint-Exupéry : de sa petite enfance entourée de femmes à ses premières expériences de vol avec Wrobleski, de son passage aux beaux-arts à ses missions sur les différents continents avec l’Aéropostale, sans oublier son engagement militaire. Le texte éclaire aussi les crashs à répétition, la mécanique des appareils, et les circonstances encore mystérieuses de la dernière mission.

Ce qui retient l’attention, c’est la façon dont Bernard Chabbert restitue l’homme derrière la légende : ses contradictions, ses fragilités, ses élans, sans jamais céder à la tentation du portrait idéalisé.
Les illustrations de Romain Hugault sont époustouflantes, avec un dessin minutieux et extrêmement réaliste. Certaines pages se déplient en panorama, offrant aux scènes de vol une ampleur que le format habituel ne permet pas.
Un ouvrage destiné aussi bien aux passionnés d’aviation qu’aux lecteurs de Saint-Exupéry qui souhaitent comprendre de quelle matière brute ses livres ont été tirés.


Les 3 œuvres d'Antoine de Saint-Exupéry en BD

Terre des Hommes
2 Oct 2025

Terre des Hommes

Vol de nuit
6 Oct 2011

Vol de nuit

Le Petit Prince
18 Sep 2008

Le Petit Prince

Pierre Loti – Une vie de voyageur

Album publié en 2023 aux éditions Calmann-Lévy.


Résumé éditeur

La vie de Pierre Loti en BD (14 janvier 1850 / 10 juin 1923).

couverture bd Pierre Loti - Une vie de voyageur

« Les lieux où nous n’avons ni aimé ni souffert ne laissent pas de traces dans notre souvenir. »
Pierre Loti

Pierre Loti, par sa vocation de marin et par goût pour les voyages et l’écriture, a sillonné le monde toute sa vie. De l’île de Pâques au Japon, en passant par le Sénégal, l’Égypte et le Pays basque, il a porté son regard curieux sur des pays, des peuples et des événements extraordinaires.
À partir de son œuvre littéraire et de ses reportages, accompagnés du dessin riche et pittoresque de Pascal Regnauld, les auteurs font renaître sous nos yeux les voyages de Pierre Loti.
Il vit des expériences culturelles multiples, s’enthousiasme, condamne. Sa découverte des différences, la richesse des ailleurs, la peur de l’uniformisation, les amours aussi, font de son existence un roman qui trace un tour du monde fascinant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pierre Loti – Une vie de voyageur »

Ce roman graphique de 160 pages réunit Didier Quella-Guyot et Alain Quella-Villéger au scénario et Pascal Regnauld au dessin et aux couleurs. Alain Quella-Villéger est spécialiste reconnu de Pierre Loti, auteur d’une thèse sur la bande dessinée et critique BD depuis 1990.

Pierre Loti relate ses voyages à son amie l’ex-femme du Prince de Monaco, qu’il accueille chez lui à Rochefort, évoquant tour à tour l’île de Pâques, Tahiti, Saint-Louis du Sénégal, Constantinople, la Baie d’Along, Nagasaki, le Maroc, l’Égypte, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge. Ce cadre conversationnel permet aux auteurs de mettre en miroir les aventures de Pierre Loti avec les écrits qu’elles lui ont inspirés, donnant au récit une profondeur que la simple chronologie n’aurait pas atteinte.
Pierre Loti appartient à cette catégorie des écrivains-voyageurs dont les livres sont nourris d’expériences multiples et de rencontres humaines et amoureuses. Sa découverte des différences, la peur de l’uniformisation et les amours de passage traversent chaque escale comme autant de variations sur un même vertige existentiel.
Ce qui frappe, c’est l’honnêteté du portrait : ni hagiographie, ni réquisitoire, mais le récit d’un homme qui s’enthousiasme, condamne, se contredit parfois, et reste fascinant jusqu’au bout.

extrait bd Pierre Loti - Une vie de voyageur

Pascal Regnauld traduit en dessins des ambiances dépaysantes, voire envoûtantes, avec un savant travail sur les éclairages et les décors au rendu très graphique, et des visages typés qui contribuent à lui donner un style vraiment original.
Un album destiné aux lecteurs curieux de littérature de voyage et à ceux qui souhaitent (re)découvrir un académicien trop souvent relégué aux marges des programmes scolaires.



Les 3 œuvres de Pierre Loti en BD

Pêcheur D’Islande - Tome 2
6 Oct 2023

Pêcheur D’Islande - Tome 2

Pêcheur d'Islande - Tome 1
7 Oct 2022

Pêcheur d'Islande - Tome 1

Aziyadé
1 Fév 2007

Aziyadé

Carton Blême

Album publié en 2024 aux Editions Komics initiative.


Adapté du roman de Pierre Siniac publié en mars 1985.

couverture bd Carton Blême - le roman de Pierre Siniac en BD

Dans un futur proche, dès l’âge de seize ans, chaque individu est testé.
Si le coefficient de santé est trop bas, les personnes reçoivent un carton blême.
Les détenteurs ne reçoivent alors plus d’assistance de la part de la Police.
Paul Héclans est membre de la brigade criminelle. Il enquête sur une vague de crimes commises par le « tueur au marteau ». Quelque chose interpelle l’inspecteur lorsqu’il dé- couvre une nouvelle victime.
Celle-ci n’a pas bénéficié de l’aide policière, étant détentrice d’un carton blême.
Mais l’autopsie révèle que son coefficient de santé était élevé et qu’elle n’aurait jamais dû avoir ce satané sésame..


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Carton Blême »

Carton blême est une adaptation en bande dessinée d’un roman de Pierre Siniac, scénarisée par Jean‑Hugues Oppel et dessinée par Boris Beuzelin. L’album s’inscrit dans une veine de polar d’anticipation où l’organisation sociale bascule dans une logique de tri sanitaire symbolisée par des cartes (“bleu” versus “blême”).

Le cœur du livre tient dans sa satire : la maladie n’est plus un état, mais un statut qui vous expulse du corps social. Au fil d’une enquête menée par le policier Paul Heclans, le récit ausculte la violence administrative, la peur de déchoir et la façon dont une société “raisonnable” fabrique de l’inhumain à bas bruit. Jean‑Hugues Oppel privilégie une narration tendue, très efficace, qui laisse la dystopie agir par ses conséquences concrètes plutôt que par de longs discours.

Le dessin de Boris Beuzelin épouse cette noirceur avec un langage visuel âpre, fait de contrastes et d’ombres, idéal pour installer une atmosphère de roman noir.
La mise en scène resserre l’espace et accentue l’étouffement.

extrait bd Carton Blême - le roman de Pierre Siniac en BD

On recommandera Carton blême aux lecteurs qui aiment les polars sociaux et d’anticipation, quand l’intrigue sert surtout à révéler les lignes de fracture d’une époque. C’est une BD qui secoue autant qu’elle divertit.

La gosse

Album publié en 2026 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre Nadia Daam publiée le 27 mars 2024.

Seule après le divorce puis la mort du père, la mère élève la gosse adolescente dans un quotidien fait de tendresse, de questions et de beaucoup de compréhension.
Elle passe en revue les copines, les origines, l’alcool, pas de tabou entre les membres de cette petite famille.
Tout ça avec une honnêteté parfois crue, souvent émouvante.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La gosse »

Adapté du récit autobiographique de Nadia Daam, La Gosse porte en bande dessinée le regard d’une mère sur sa fille qui grandit. Cati Baur, familière du lien mère-fille dans son œuvre, en signe l’adaptation, le dessin et la couleur, avec une inventivité qui fait la singularité de l’album.

Le livre s’ouvre sur un deuil : la gosse a onze ans quand son père meurt, et sa mère, désormais seule, dresse un campement de fortune dans le salon, cocon fragile pour laisser passer la peine. De ce point de départ, Cati Baur déroule une suite de chapitres thématiques, l’amitié, les origines, la peur maternelle, l’entrée dans la féminité, toujours filtrés par le point de vue de la mère. Le récit tire sa justesse de cette honnêteté parfois crue : comment prémunir sa fille de la violence sans la cloîtrer, comment lui transmettre le droit d’oser sans la décourager. Choix fort, le prénom de l’enfant n’est dévoilé qu’à la dernière page, ce qui donne au récit une portée universelle et fait de cette révélation le symbole de son émancipation.

extrait bd La gosse

Le dessin de Cati Baur est la grande réussite du livre. Son trait souple et expressif capte l’émotion d’un regard ou d’un silence, dans des teintes pastel qui adoucissent les sujets graves. Surtout, chaque chapitre adopte son propre imaginaire graphique, emprunté à la broderie, au conte ou au jeu, à l’image de ce jeu de l’oie figurant les angoisses d’une mère. La mise en page, libre et pensée, épouse le propos.

C’est une adaptation sensible et lumineuse. On la recommandera aux parents, aux lecteurs de récits intimistes et à qui aime les BD sur la transmission entre mère et fille.

Le livre de la jungle

Album publié en 2018 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté de l’œuvre de Rudyard Kipling publiée pour la première fois en 1894.

couverture BD Le livre de la jungle

La loi de la jungle est sans appel, et chaque habitant se doit de la suivre.
Mowgli, le petit d’homme adopté par les loups, va en faire la douloureuse expérience en étant banni de son clan, tout en menant de front une guerre personnelle contre Shere Khan le tigre boiteux qui a juré sa perte.
Kotick, le phoque blanc, va partir en quête d’un endroit sûr pour son peuple après avoir été témoin du massacre de ses semblables.
Quant à Rikki- Tikki-Tavi, la mangouste, elle va chasser les serpents du jardin afin de protéger sa nouvelle famille…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le livre de la jungle »

Rudyard Kipling méritait mieux que Disney. Cette adaptation manga de Crystal S. Chan et Julien Choy, parue chez Nobi Nobi en 2018, nous le rappelle avec force. En 316 pages, elle restitue l’intégralité du roman originel, sans coupes ni compromis sur la complexité des thèmes.

Au lieu de se focaliser sur Mowgli, l’adaptation explore tous les contes : le phoque blanc Kotick en quête d’un refuge, la courageuse Rikki-Tikki-Tavi face aux serpents, et bien d’autres créatures de la jungle indienne. Chaque histoire se clôt par une chanson, créant une respiration poétique bienvenue. Cette structure accumule les leçons de vie, le courage, l’intégration communautaire, la protection des innocents sans jamais donner l’impression de moraliser.

extrait bd Le livre de la jungle

Graphiquement, Julien Choy livre du travail solide. Le découpage dynamique fait circuler l’énergie entre les cases, tandis que les décors immergent le lecteur dans la jungle du XIXe siècle. Les animaux sont traités avec une douceur visuelle qui contraste intelligemment avec la brutalité des enjeux : la lutte contre Shere Khan, l’appartenance au clan. Le trait permet aussi quelques touches d’humour qui allègent sans banaliser.

Ce qui distingue aussi cette version des adaptations animées, c’est la maturité de Mowgli. Moins naïf que le jeune garçon de Disney, il affronte une jungle réelle, avec ses dangers et ses lois implacables.

Une belle réussite. Pour qui veut (re)découvrir le vrai Kipling au-delà des clichés, c’est le format idéal.

La Perle

Album publié en 2019 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de John Steinbeck publié en décembre 1945.

couverture bd La Perle

Le jour où Kino l’Indien, pauvre et analphabète, pêche une énorme perle, sa vie tourne au cauchemar.
John Steinbeck (prix Nobel 1962) signe avec La Perle une fable sociale noire mais lucide sur les injustices les plus révoltantes de son époque.
Jean-Luc Cornette s’empare de cette histoire universelle, dans une adaptation graphique captivante au pouvoir d’évocation d’une grande intensité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Perle »

Paru en janvier 2019 chez Futuropolis, cet album adapte le roman de John Steinbeck en bande dessinée. Jean-Luc Cornette en signe le scénario et les dessins, transposant avec sobriété l’histoire de Kino, pêcheur mexicain qui découvre une perle monumentale et bascule dans un cauchemar.

L’intérêt de cette adaptation réside dans son parti pris graphique : un trait volontairement sec et cassant, des hachures qui rongent le blanc de la page, des couleurs étouffantes qui enserrent les personnages. Jean-Luc Cornette refuse tout pittoresque ou exotisme facile. Son trait anguleux crée une tension constante, rendant l’atmosphère de la Basse-Californie non pas séduisante, mais suffocante, menaçante. C’est exactement ce qu’il faut pour servir le propos de John Steinbeck.

extrait bd La Perle

Au niveau du scénario, l’adaptation capture la descente inexorable de Kino vers le malheur. Chaque acquisition, chaque rêve de richesse devient un poids, une chaîne de plus. Jean-Luc Cornette découpe les planches avec intelligence : des triptyques qui ralentissent la lecture, des pages pleines qui écrasent le lecteur sous le poids de l’inévitable. ​

Pour les lecteurs exigeants qui aiment les adaptations sans concession, les histoires qui laissent un arrière-goût amer.

Joseph Kessel – L’indomptable

Album publié en 2023 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

Joseph Kessel, en BD (10 février 1898 / 23 juillet 1979).

couverture bd Joseph Kessel - L'indomptable

Les dernières confessions de Joseph Kessel.

Durant soixante ans, Joseph Kessel a parcouru les continents sur la trace de ces instants de vie où l’homme affronte la mort.
Homme d’action autant qu’homme de lettres, cet écrivain voyageur, journaliste, aventurier, résistant, aviateur est le témoin direct et le conteur exceptionnel des événements qui ont marqué l’histoire du XXe siècle.
Lors d’un dernier entretien, encore inédit, il se livre à son filleul. Il nous laisse entrevoir ce qu’il cherchait en consacrant sa vie à braver la mort.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Joseph Kessel – L’indomptable »

Paru en septembre 2023 aux éditions Steinkis, ce roman graphique réunit Jonathan Hayoun et Judith Cohen-Solal au scénario, Nicolas Otero au dessin et le collectif 1Ver2Anes à la mise en couleurs. C’est en 1975, à Avernes, dans le Val-d’Oise, que Joseph Kessel se posa enfin, face à son filleul et à un micro, pour raconter. Pour cet homme polyvalent et insaisissable, raconter l’Histoire, c’est raconter son histoire.
Le parti pris est aussi simple qu’efficace : les auteurs s’appuient sur une dizaine d’heures d’enregistrements inédits datant du milieu des années 1970, que le neveu de Joseph Kessel a confiés à Jonathan Hayoun et Judith Cohen-Solal. Celà donne au récit une authenticité précieuse. Durant soixante ans, le reporter et écrivain Joseph Kessel a parcouru les continents sur la trace de ces instants de vie où l’homme affronte la mort, témoignant des événements majeurs du XXe siècle : des guerres civiles irlandaises et espagnoles à la montée du nazisme, de la Seconde Guerre mondiale aux procès de Nuremberg et Eichmann, en passant par la traite négrière en mer Rouge, la révolte kenyane et les luttes afghanes.

extrait bd Joseph Kessel - L'indomptable

Sur le plan graphique, Nicolas Otero démontre son talent graphique en croquant à merveille les lieux emblématiques, les décors d’époque et les expressions de personnages historiques immédiatement reconnaissables, avec un dessin saisissant de réalisme. Un noir et blanc élégant et des lavis expressifs constituent la marque de son esthétique, tandis que la mise en couleurs de 1Ver2Anes joue un rôle essentiel en mettant en évidence les objets et les événements significatifs de la vie de Joseph Kessel.
Un album destiné aussi bien aux lecteurs de Joseph Kessel qu’à ceux qui souhaitent aborder, par l’image, un siècle de convulsions à travers le regard d’un homme qui en fut le témoin privilégié.



Les 2 œuvres de Joseph Kessel en BD

L'Armée des ombres
17 Oct 2024

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Le Lion
9 Oct 2024

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