L’été des oubliés
Album publié en 2026 aux éditions Futuropolis.
Résumé éditeur

Prévert compose le poème Chasse à l’enfant, mis en musique par Joseph Kosma et interprété par Marianne Oswald en 1936 avant d’écrire un scénario, son huitième, un exposé sans dialogues ou presque, inspiré de la mutinerie de Belle-île, L’île des enfants perdus, qu’il propose à Marcel Carné, jeune assistant réalisateur, qui n’a encore tourné aucun long métrage.
Le tournage est annoncé en avril 1937. Mais le contenu du scénario effraie et le film est arrêté par la censure en juin 1939. Entre 1937 et 1946, Prévert et Carné tournent Drôle de drame, puis Le Quai des brumes, Le jour se lève, Les Visiteurs du soir, Les Enfants du Paradis et enfin Les Portes de la nuit.
En août 1946, le projet de L’Île des enfants perdus, rebaptisé La Fleur de l’âge, refait surface lorsque le producteur Nicolas Vondas décide de le reprendre avec Arletty, à qui il voue une immense admiration.
Prévert modifie son scénario et Carné se lance à nouveau dans l’aventure. Le premier tour de manivelle est donné le 28 avril 1947, à Belle-île…
Dès les premières prises, les ennuis commencent… Simon Rochepeau et Benjamin Bachelier racontent l’histoire méconnue de ce film qui va sceller la collaboration d’un des duos les plus célèbres du cinéma français.
La bd « L’été des oubliés » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’été des oubliés »
Simon Rochepeau et Benjamin Bachelier remontent le fil d’un scandale oublié pour éclairer l’une des grandes déchirures du cinéma français. Tout part de Belle-Île-en-Mer, en 1934, où éclate une révolte au pénitencier pour enfants. La répression est féroce, la traque des fugitifs soulève l’opinion. Jacques Prévert, bouleversé, en tire un poème, La Chasse à l’enfant, puis un scénario qu’il porte à Marcel Carné, alors débutant.
Simon Rochepeau tient là un sujet magnifique et le traite avec justesse. L’album suit ce projet de film maudit, arrêté par la censure, repris après-guerre sous un autre titre, jamais achevé. En chemin, il croise les grandes années du tandem Prévert-Carné, du Quai des brumes aux Enfants du Paradis, et donne à voir comment une colère née d’un fait divers irrigue toute une œuvre. Le récit tient autant de l’enquête que de l’hommage aux enfants qu’on a voulu faire taire.

Le dessin de Benjamin Bachelier, qui signe aussi les couleurs, avance avec délicatesse. Sa peinture joue des lumières d’été et des ombres, entre l’éclat des plages bretonnes et la noirceur du sujet. Cette tension, entre douceur et gravité, est de circonstance : raconter l’innocence broyée sans forcer l’émotion. La lumière estivale, ici, n’a rien d’insouciant.
Sous la lumière d’été de Benjamin Bachelier, l’album redonne un visage à des enfants que l’histoire officielle avait rangés parmi les oubliés. Une histoire de Belle-île-en-Mer méconnue du grand public à redécouvrir.














