Catégorie : Toutes les BD

Le Vivant à vif

Album publié en 2024 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du livre À l’aube de la 6ᵉ extinction (Comment habiter la Terre) de Bruno David publié le 6 janvier 2021.

couverture bd Le Vivant à vif

Salomé et Félicien, deux collégiens particulièrement bavards, doivent préparer un exposé.
Peu réjouis à l’idée de devoir travailler sur cet exercice, il leur est distribué un sujet des plus mystérieux : « A l’aube de la sixième extinction ».
Menant des tentatives de réflexion plus vaines les unes que les autres, ils sont bientôt épaulés par Iris, une jeune scientifique rencontrée par le plus heureux des hasards.
Celle-ci, spécialiste de sujets environnementaux , va ouvrir les deux adolescents à l’étendue de ses connaissances, en leur décrivant la richesse de la biodiversité et les conséquences de l’exploitation intensive des ressource énergétique et alimentaires. 
À son contact, ils vont se sensibiliser à des questions environnementales plus que jamais d’actualité, pour devenir ensuite, à leur échelle, les porte-paroles de l’urgence à sauver notre planète.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Vivant à vif »

Comment une adaptation de roman en BD transforme-t-elle l’angoisse écologique en pédagogie lumineuse ? Voilà l’étonnant paradoxe que relève Simon Hureau dans « Le Vivant à vif« .
Là où Bergman explorait la mort de Dieu, l’auteur tourangeau ausculte l’agonie du vivant avec la précision d’un entomologiste et l’empathie d’un conteur. Cette BD, adaptation du dense essai de Bruno David « À l’aube de la 6e extinction« , m’a immédiatement rappelé ma première plongée dans les planches naturalistes de Fabre – ce même émerveillement mâtiné d’inquiétude face à la complexité du monde.

L’histoire suit Félicien et Salomé, deux collégiens confrontés à un mystérieux exposé sur la « sixième extinction ». Leur rencontre fortuite avec Iris, jeune scientifique passionnée, transforme ce travail scolaire en odyssée pédagogique. Contrairement aux mangas d’heroic-fantasy où Guts de Berserk affronte des démons surnaturels, nos protagonistes découvrent que les véritables monstres se cachent dans nos habitudes consuméristes. Cette approche évite brillamment l’écueil du prêche moralisateur pour privilégier la découverte.

L’urgence climatique traverse aujourd’hui tous les débats politiques, des COP aux manifestations de la jeunesse. Simon Hureau saisit cette actualité brûlante sans tomber dans le militantisme de façade. Son trait, déjà remarquable dans « L’Oasis », atteint ici une maturité graphique .

extrait bd Le Vivant à vif

Bruno David, paléontologue de renom et ancien directeur du Muséum d’Histoire naturelle, apporte sa caution scientifique à ce projet ambitieux. La préface ampoulée contraste heureusement avec la fluidité narrative de l’ensemble, preuve que la vulgarisation n’exclut pas la rigueur académique.

Cette BD fonctionne comme une loupe temporelle géante, révélant les mécanismes invisibles des extinctions passées pour éclairer notre présent vacillant. L’album évite les facilités catastrophistes pour privilégier une approche systémique des enjeux environnementaux. Peut-on encore ignorer que la biodiversité s’effrite plus vite que ne fondent les glaciers ? Simon Hureau transforme cette question rhétorique en fil rouge métaphorique, tissant subtilement les destins individuels et planétaires.

À offrir aux adolescents en quête de sens… et à cacher à leurs parents trop sûrs de leurs certitudes. Car comme le murmurait Darwin : « Il n’est pas le plus fort de l’espèce qui survit, mais celui qui s’adapte le mieux au changement » – une maxime que nos deux héros auraient pu faire leur dans leur périple initiatique au cœur du vivant en péril.

L’amour aux temps du choléra

Album publié en 2025 aux éditions Grasset.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gabriel Garcia Marquez publié en novembre 1985.

couverture bd L'amour aux temps du choléra

Quarante ans après sa publication, L’amour aux temps du choléral’un des romans les plus emblématiques de l’œuvre de Gabriel García Márquez, est adapté pour la première fois sous forme de roman graphique.

Dans une ville des Caraïbes, à la fin du XIXe siècle, Florentino Ariza – un jeune télégraphiste, pauvre, maladroit, poète et violoniste – rencontre la belle Fermina Daza. Sous les amandiers d’un parc, il lui jure une fidélité éternelle.
Pendant trois ans, ils ne feront que penser l’un à l’autre, vivre l’un pour l’autre, rêver l’un de l’autre, plongés dans l’envoûtement du premier amour.
Jusqu’au jour où Fermina, de retour d’un long voyage, lui préfère un jeune et riche médecin, Juvenal Urbino. Une fois mariés, Fermina et Juvenal gravissent les échelons de la réussite tout en affrontant les épreuves de la routine conjugale.
Florentino Ariza, lui, se réfugie dans la poésie et entreprend une carrière de séducteur impénitent. Toute sa vie n’est plus tournée que vers un seul objectif : se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera jamais d’aimer en secret.

Cette adaptation de L’amour aux temps du choléra donne une nouvelle vie au livre culte de Gabriel García Márquez. Fidèle à l’œuvre du grand écrivain colombien, Ugo Bertotti offre des couleurs et des visages à l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’amour aux temps du choléra »

Gabriel García Márquez, c’est pas rien. Le dessinateur italien Ugo Bertotti l’a bien compris en tentant de transformer ce monstre de roman en bande dessinée. Cinquante ans d’histoire d’amour, condensés en un peu plus d’une centaine de pages.

Florentino Ariza, un jeune télégraphiste sans un sou, rencontre Fermina Daza. Coup de foudre. Ils se promettent fidélité éternelle. Et puis voilà : Fermina se marie avec un médecin riche. Florentino ? Il attend. Cinquante-trois ans, sept mois et onze jours. Exactement. Jusqu’au jour où le mari meurt et que l’impossible devient possible.
Ugo Bertotti y va avec un trait nostalgique, des couleurs qui « lentement étiolent les souvenirs ». Ses personnages sont « pris dans leurs tourments, leurs passions contrariées ». Et plus on tourne les pages, plus l’atmosphère devient morose comme si le temps s’inscrivait dans chaque case.

Il faut bien comprendre : 500 pages en 130 planches, ça laisse des traces. Les ruptures narratives peuvent être « trop brutales ». On aurait aimé que ce soit plus généreux, plus « flamboyant ». Mais honnêtement, Ugo Bertotti synthétise plutôt agréablement.

À lire si vous aimez Gabriel García Márquez ou que vous cherchez une histoire de passion qui « résiste aux aléas du temps ». Pas décevant.

L’Île au trésor

Album publié en 2025 aux Editions Plein vent.


Adapté de l’œuvre de Robert Louis Stevenson publiée pour la première fois le 14 novembre 1883.

ile au trésor joubert

Pierre Joubert a plus de 80 ans et une carrière déjà bien remplie lorsqu’il s’attaque au chef-d’oeuvre de la littérature mondiale qu’est L’Ile au trésor.

Il a mis toute sa dextérité et son expérience au service de cette adaptation de l’œuvre de Stevenson publiée en feuilleton entre 1881 et 1882.

Cette œuvre célèbre de la littérature pour enfants raconte les aventures du jeune Jim Hawkins qui découvre une carte d’une île au trésor dans les affaires d’un pirate séjournant dans l’auberge familiale. S’ensuivent des aventures au long cours pour retrouver ce trésor en compagnie de personnages devenus aussi célèbres que notre jeune héros, Long John Silver comme les pirates de l’ancien équipage du capitaine Flint.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Île au trésor »

Quand Pierre Joubert, à plus de quatre-vingts ans, se confronte au roman mythique de Robert Louis Stevenson, c’est un pari audacieux. Et pourtant, cette édition grand format en témoigne : l’illustrateur légendaire du scoutisme français livre une adaptation qui honore le texte sans le trahir.

Le génie de Pierre Joubert réside dans son refus de la mièvrerie. Ses pirates ne sont pas des pantins : ce sont des hommes, avec leurs tics, leurs trognes expressives poussées jusqu’à la caricature savoureuse, leurs désirs brutaux. En parallèle, Pierre Joubert maîtrise un réalisme minutieux des détails maritimes, des gréements aux horizons tourmentés. Cette tension entre humour graphique et rigueur documentaire rend compte des ambiguïtés même du roman : l’aventure y est à la fois exaltante et dangereuse, Jim Hawkins à la fois innocence menacée et jeune homme en devenir.

extrait L'Île au trésor

Les compositions en double page constituent le véritable point fort. Loin de simples illustrations passives, elles créent une immersion totale. Le lecteur navigue véritablement aux côtés de Jim, mesure les rapports de force, partage ses doutes face à Long John Silver. Pierre Joubert, qui a passé soixante-dix ans à cerner les ressorts psychologiques de l’adolescence, trouve ici un terrain idéal.

Cette adaptation revitalise un classique sans prétention, simplement en restant fidèle à ce qui en fait la force : le mélange d’aventure brute et de finesse humaine. À recommander sans réserve à partir de douze ans. Attention, ce n’est pas une BD à proprement parlé, c’est un livre illustré.

Le livre de la jungle – Histoire de Mowgli

Album publié en 2025 aux Editions Plein Vent.


Adapté de l’œuvre de Rudyard Kipling publiée pour la première fois en 1894.

couverture bd Le livre de la jungle - Histoire de Mowgli

Pierre Joubert a près de 80 ans et une carrière déjà bien remplie lorsqu’il s’attaque au chef-d’œuvre de la littérature mondiale qu’est le Livre de la jungle.
C’est un sujet qu’il connaît parfaitement, comme tous les scouts, et dont la réalisation se révèle un vrai plaisir. Il a mis toute sa dextérité et son expérience au service de cette adaptation du recueil de nouvelles de Kipling publié pour la première fois en 1894.
Le livre, qui a inspiré le mouvement scout, utilise l’imaginaire de la jungle et les personnages comme cadre éducatif.
Cette œuvre majeure de la littérature pour enfants raconte les aventures de Mowgli, un jeune garçon élevé par les loups dans la jungle indienne.
Kipling s’est inspiré de son enfance passée en Inde pour créer cet univers fascinant où les animaux parlent et transmettent leur sagesse.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le livre de la jungle – Histoire de Mowgli »

Paru en octobre 2025 aux éditions Plein Vent, cet album de 160 pages propose une adaptation du recueil de nouvelles de Kipling publié pour la première fois en 1894. Il s’agit d’une somptueuse réédition des illustrations de Pierre Joubert, illustrateur qui a mis toute sa dextérité et son expérience au service de ce texte qu’il connaissait parfaitement, en tant que figure emblématique du scoutisme français, un mouvement directement inspiré par l’univers de Kipling.

Sur le plan narratif, l’ouvrage restitue l’intégralité du texte originel avec fidélité, en se concentrant sur les seuls chapitres consacrés à Mowgli. Cette œuvre majeure de la littérature pour enfants raconte les aventures d’un jeune garçon élevé par les loups dans la jungle indienne, dans un univers où les animaux parlent et transmettent leur sagesse. Au-delà de l’aventure, Kipling tisse une réflexion profonde sur l’identité, l’appartenance et le passage à l’âge adulte : Mowgli, ni tout à fait homme ni tout à fait animal, incarne une altérité fondatrice qui touche autant les jeunes lecteurs que les adultes.

extrait bd Le livre de la jungle - Histoire de Mowgli

Graphiquement, l’œuvre de Pierre Joubert est magnifique. Son trait, à la fois pur et puissant, témoigne de ses extraordinaires capacités à saisir l’essence d’une situation, tandis que sa maîtrise de la gouache lui permet d’exprimer couleurs et lumière avec une intensité exceptionnelle. Chaque illustration révèle une harmonie subtile entre ombres profondes et éclats de lumière, conférant à l’œuvre chaleur visuelle et sensibilité. Les scènes animalières oscillent entre tension dramatique et poésie silencieuse, restituant avec justesse la sauvagerie envoûtante de la jungle indienne.

Cette édition Plein Vent est un objet éditorial de premier ordre : un ouvrage qui offre une immersion fidèle et vibrante, portée par la force du texte originel et rehaussée par un art de l’illustration qui n’a rien perdu de son souffle. Un album à offrir aux amateurs de littérature classique illustrée et à tous ceux qui souhaitent (re)découvrir Kipling dans toute sa splendeur.

Les chefs d’œuvre de Lovecraft – L’Abomination de Dunwich – T01

Album publié en 2023 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en avril 1929.

couverture bd Les chefs d'œuvre de Lovecraft - L'Abomination de Dunwich - T01

Toute naissance n’est pas une bénédiction…

Dunwich, village en déliquescence aux confins de la Nouvelle-Angleterre, fait l’objet de nombreuses rumeurs. On dit que les cercles de monolithes au sommet de ses collines étaient jadis le théâtre de rites terrifiants…
En 1913, la naissance de Wilbur est un mystère de plus sur cette terre maudite. Sa mère est une albinos aux airs de sorcière, et l’identité du père est tenue secrète par le patriarche Whateley, qui assure qu’il s’agit d’un être supérieur, différent de tout ce qu’il connaît…

Les voisins le croient fou, néanmoins le faciès animal du jeune garçon semble appuyer ses dires. Sans compter qu’il grandit à une vitesse fulgurante… À dix ans, il se met en quête d’un ouvrage ésotérique, le Necronomicon, dont il s’enquiert auprès de diverses bibliothèques.
Le professeur Armitage de l’université Miskatonic, intrigué par cette demande, se rend sur place pour le rencontrer. L’intelligence de Wilbur l’impressionne, mais quand il voit les murs de l’étage se déformer sous l’effet d’une puissance inconnue, il repart la peur au ventre ! Quelles monstruosités se cachent chez les Whateley ?

Réunissant plusieurs figures du mythe de Cthulhu, L’Abomination de Dunwich est une des plus célèbres nouvelles de H. P. Lovecraft. De sa plume acérée, Gou Tanabe nous embarque sur les traces d’une famille maudite capable de donner vie aux pires cauchemars !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les chefs d’œuvre de Lovecraft – L’Abomination de Dunwich – T01 »

Gou Tanabe offre avec L’Abomination de Dunwich – T01 une adaptation remarquable de l’une des nouvelles les plus emblématiques d’H.P. Lovecraft. Publié en 1929 dans le magazine Weird Tales, ce récit fondateur du Mythe de Cthulhu trouve ici une nouvelle vie à travers le manga japonais.

L’histoire nous plonge dans le village décrépis de Dunwich, au Massachusetts, où la famille maudite des Whateley cache de terrifiants secrets. En 1913, la naissance de Wilbur, enfant au faciès animal et à la croissance surnaturelle, marque le début d’événements qui défient l’entendement humain. Le jeune prodige, en quête du mystérieux Necronomicon, attire l’attention du professeur Armitage de l’université Miskatonic.

Gou Tanabe respecte scrupuleusement les thèmes centraux d’ H.P. Lovecraft : l’horreur cosmique face à des forces qui dépassent la compréhension humaine , la dégénérescence familiale , et l’omniprésence de Yog-Sothoth, entité cosmique décrite comme « la porte et la clé ». Le mangaka traduit avec finesse la montée crescendo de l’angoisse caractéristique de l’auteur américain, maintenant cette « atmosphère pesante » si spécifique aux récits lovecraftiens.

extrait bd Les chefs d'œuvre de Lovecraft - L'Abomination de Dunwich - T01

Le trait réaliste et détaillé de Gou Tanabe constitue un atout majeur de cette adaptation. Utilisant la modélisation 3D pour concevoir ses décors avant l’encrage traditionnel , l’auteur parvient à retranscrire visuellement l’indescriptible. Ses dessins « aux traits durs » alternent entre scènes contemplatives et révélations horrifiques, créant un malaise constant. Le noir et blanc systématique renforce l’atmosphère oppressante, tandis que le découpage manga, avec ses silences visuels et ses gros plans , respecte parfaitement le rythme narratif originel.

L’Abomination de Dunwich – T01 confirme la place de Gou Tanabe comme l’interprète de référence de l’œuvre d’H.P. Lovecraft en version dessinée.

Gatsby le magnifique

Album illustré publié en 2025 aux éditions Gallimard.


Adapté du roman de Francis Scott Fitzgerald publié le 10 avril 1925.

Chef-d’œuvre de la littérature américaine, Gatsby le Magnifique devient, sous le pinceau de Benjamin Lacombe, une fresque visuelle d’une rare intensité.
L’élégance fiévreuse de Fitzgerald s’incarne dans des images où l’or et l’ombre valsent au rythme du jazz. À travers les yeux de Nick Carraway, jeune narrateur désabusé, se dessine le portrait du mystérieux Jay Gatsby, millionnaire romantique.
Son amour absolu pour Daisy, ses fêtes flamboyantes et son destin brisé révèlent les illusions perdues de la génération des Années folles, entre faste et vertige.
Benjamin Lacombe magnifie ce roman culte avec des illustrations d’une force dramatique rare : silhouettes élancées, décors Art déco, paysages intérieurs aux teintes crépusculaires. Chaque image prolonge l’ambivalence du texte – entre éclat et désillusion, rêve et mensonge.
En miroir, une narration graphique retrace le destin de Zelda et Scott Fitzgerald, amants terribles et reflets poignants de leurs avatars littéraires : Daisy Buchanan et Jay Gatsby. Pensée comme un objet d’exception (avec un dépliant sculpté), cette édition explore les failles d’un monde fasciné par la richesse. Un conte moderne aux reflets d’or et de nuit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Gatsby le magnifique »

L’édition illustrée de Gatsby le Magnifique par Benjamin Lacombe offre une nouvelle jeunesse au roman de Francis Scott Fitzgerald, publié en 1925. À travers les yeux du narrateur Nick Carraway, Benjamin Lacombe construit une fresque graphique qui enrichit considérablement l’œuvre littéraire originale.

Le parti pris esthétique de Benjamin Lacombe s’impose d’emblée : une dominante d’or et de teintes crépusculaires. Les décors Art Déco, ciselés avec précision, ne se contentent pas d’évoquer les Années folles : ils incarnent visuellement l’ambivalence du roman, ce contraste permanent entre l’éclat séduisant du rêve et le vide abyssal de la désillusion. Les fêtes somptueuses de Gatsby, représentées avec une élégance géométrique, deviennent des paraboles visuelles de la corruption morale de l’époque.

extrait bd Gatsby le magnifique

Le travail sur les personnages révèle une compréhension fine du texte. Daisy possède chez Benjamin Lacombe une beauté énigmatique, loin du cliché : ses traits conservent une certaine étrangeté qui reflète parfaitement le mystère qu’elle incarne dans le roman. Gatsby lui-même respire une perfection troublante, une distinction artificielle qui souligne l’imposture douce de son ascension sociale.

Benjamin Lacombe ne réduit pas Francis Scott Fitzgerald à ses images : il le prolonge. Pour ceux qui ont découvert le roman à l’école, cette édition propose une redécouverte vivifiante. Pour les nouveaux lecteurs, elle rend accessible et viscéral un classique qui méritait cette attention.

La Rivière à l’envers – Tome 1 – Tomek

Album publié en 2023 aux éditions Belin.


D’après le roman de Jean-Claude Mourlevat  publié le 25 aout 2000.

Dossier pédagogique de Gaëlle Brodhag.

Un jour, Hannah entre dans l’épicerie de Tomek et demande s’il vend de l’eau de la rivière Qjar. Selon la jeune fille, boire cette eau empêcherait de mourir. Elle repart bredouille. Mais Tomek, tombé amoureux de la jeune fille, décide alors de partir à la recherche de cette rivière qui s’écoule à l’envers et de retrouver Hannah.

Une aventure à travers des contrées magiques et inoubliables adaptée en bande dessinée, d’après le roman de Jean-Claude Mourlevat !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Rivière à l’envers – Tome 1 – Tomek »

Adaptation du roman jeunesse de Jean-Claude Mourlevat par Maxe L’Hermenier (scénario) et Djet (dessin), ce premier tome plonge le lecteur dans un récit initiatique où l’eau d’une mystérieuse rivière inversée promet l’immortalité.

Le scénario mise sur un rythme soutenu : aucune scène superflue n’alourdit la progression de Tomek, un jeune épicier de 13 ans, dont la quête pour retrouver Hannah, l’inconnue, conduit à une exploration du courage, de la confiance et de la curiosité. Les dialogues précis et les ellipses judicieuses donnent de l’ampleur à la dimension poétique et fantastique du conte.

Le trait vif et expressif de Djet, associé à une colorisation lumineuse, magnifie les décors enchanteurs sans verser dans l’excès. Les cadrages dynamiques et les gros plans renforcent l’émotion, rendant chaque rencontre et chaque paysage inoubliable.

Enrichie d’un équilibre parfait entre aventure et réflexion intérieure, cette bande dessinée s’adresse aux lecteurs de 10 à 14 ans et séduira aussi les amateurs de fables oniriques. Un incontournable.

Lehman, la crise et moi

Album publié en 2022 aux éditions La Boite à Bulles.


Résumé éditeur

Adapté du livre Ma petite entreprise a connu la crise  de Nicolas Doucerain publié le 5 janvier 2011.

couverture bd Lehman, la crise et moi

Ce témoignage retrace le parcours d’un patron de PME dont l’entreprise se retrouve violemment frappée par la crise de 2008 et les répercussions de la chute de Lehman Brothers.

15 septembre 2008, chute de Lehman Brothers. Cette crise financière signe aussi le début de la crise pour Solic, PME en alors plein essor dans le domaine du recrutement.

Jour après jour, le lecteur suit son dirigeant, Nicolas Doucerain, et ses collaborateurs dans leur combat pour sauver Solic de la faillite : endettement, licenciements, confrontation aux banques, dépôt de bilan et mise en redressement judiciaire, menace de faillite personnelle, captation de nouveaux clients, sauvetage final de l’entreprise.

Les éléments de cette dramaturgie haletante, de cette course ivre pour la survie sont tous issus du quotidien que doivent affronter les salariés et dirigeants de PME.

Une leçon de solidarité et de combativité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Lehman, la crise et moi »

Adaptation du témoignage de Nicolas Doucerain, « Lehman, la crise et moi » transforme en bande dessinée le vécu douloureux d’un dirigeant de PME confronté à l’onde de choc de la crise des subprimes de 2008. Florent Papin livre un scénario haletant qui suit jour après jour la lutte acharnée pour éviter la faillite : licenciements, confrontations bancaires, redressement judiciaire.

Le dessin d’Étienne Appert, sobre et direct, met en avant la clarté du récit plutôt que l’esthétisme. Son style épuré traduit l’angoisse du chef d’entreprise et donne aux réunions de crise une intensité digne d’un thriller. Cette simplicité renforce l’authenticité du témoignage et garde le lecteur concentré sur l’essentiel..

extrait bd Lehman, la crise et moi

L’album montre comment la chute de Lehman Brothers a bouleversé des entreprises pourtant solides. À travers le témoignage de Nicolas Doucerain, on découvre la résilience d’un entrepreneur face aux conséquences humaines d’une crise économique mondiale.

Cette BD documentaire est un témoignage clé pour comprendre les enjeux économiques actuels. Elle s’adresse particulièrement aux dirigeants et aux étudiants en économie qui veulent saisir concrètement les mécanismes de survie d’une entreprise.

Nicolas Eymerich Inquisiteur – 4 – Le Corps et le sang

Album publié en 2007 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après le roman de Valerio Evangelisti   publié en 1994.

couverture bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 4 - Le Corps et le sang

1358. Castres.
Nicolas Eymerich prépare un autodafé pour purifier Castres sous la domination d’une secte aux rites impies et sanglants.
Devant l’inquisiteur se dresse le spectre de la « Mort Rouge ».

Six siècles plus tard, les États-Unis sont touchés par une vague d’épidémies – véhiculées par le sang – ciblant exclusivement les gens de couleur. L’Amérique est au bord d’une catastrophe génétique.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nicolas Eymerich Inquisiteur – 4 – Le Corps et le sang »

Paru en avril 2007 aux éditions Delcourt, Le Corps et le sang signe le quatrième volet de l’adaptation BD du cycle de Valerio Evangelisti par Jorge Zentner (scénario) et David Sala (dessin, couleurs). Ce diptyque conjugue l’enquête inquisitoriale de 1358 à Castres, où Nicolas Eymerich prépare un autodafé contre la « Mort Rouge », et 1952 à Atlanta, théâtre d’une conspiration sanguinaire fomentée par un professeur du Ku Klux Klan.

Le scénario excelle à tisser des résonances entre foi et barbarie. Eymerich, froid et calculateur, incarne un fanatisme raisonné dont la profondeur se révèle dans ses interrogatoires implacables. En parallèle, le projet de diffusion d’une maladie génocidaire souligne l’universalité du mal et interroge la frontière entre savoir scientifique et idéologie raciste.

extrait bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 4 - Le Corps et le sang

Graphiquement, David Sala déploie un art de l’aquarelle : palettes chaudes pour le Moyen Âge, nuances froides pour le XXe siècle. Alternant traits précis et contours estompés, chaque planche diffuse une densité émotionnelle. Les jeux de lumière rouge sang ou bleutée renforcent la tension entre mysticisme et science, tandis que la composition des cases intensifie la claustrophobie du récit.

Sombre, maîtrisée et d’une grande originalité, Le Corps et le sang séduira les lecteurs en quête d’une bande dessinée mariant habilement enquête historique, fantastique et réflexion sur la nature du pouvoir et de la foi.

Nicolas Eymerich Inquisiteur – 3 – Le Corps et le sang

Album publié en 2006 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après le roman de Valerio Evangelisti   publié en 1994.

couverture bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 3 - Le Corps et le sang

1358. Nicolas Eymerich se rend à Castre afin d’y mener une enquête sur les « mascs ».
Ces adeptes d’un culte hérétique sont suspectés d’être à l’origine de « la mort rouge », une maladie du sang inconnue.

Atlanta, 1952. Stetson Kennedy, agent infiltré dans le Klan, découvre la personnalité froide et déterminée de Lycurgus Pinks, biologiste spécialisé dans l’étude des maladies congénitales des populations noires.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nicolas Eymerich Inquisiteur – 3 – Le Corps et le sang »

Le troisième opus de la série adaptée par Jorge Zentner et David Sala puise dans le roman éponyme de Valerio Evangelisti pour offrir une intrigue à tiroirs, déployée entre l’Aragon médiéval et l’Amérique ségrégationniste de 1952.
L’Inquisiteur Général, nommé six ans après ses premières enquêtes, doit à la fois déjouer une secte propageant la “Mort Rouge” à Carcassonne en 1358 et, en parallèle, infiltrer le Ku Klux Klan prêt à déclencher une épidémie sanglante contre la population noire.

Le scénario joue habilement sur la tension entre foi et science-fiction, dévoilant la lucidité cynique d’Eymerich face à l’horreur rituelle. Son profil impitoyable, oscillant entre intransigeance religieuse et raisonnement d’enquêteur, confère une vraie profondeur psychologique à ce personnage hors norme.

extrait bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 3 - Le Corps et le sang

Le style graphique de David Sala, fidèle à son approche aquarelle, mise sur des ambiances nocturnes et des flous chromatiques rougeoyants qui soudent émotion et mystère. Les plages de couleurs vives surgissent comme des alertes sanglantes, tandis que la somptueuse sobriété des décors renforce l’atmosphère oppressante.

Ce tome confirme la force d’un récit ésotérique et historique, idéal pour les amateurs d’enquêtes sombres et ambitieuses.