Catégorie : Toutes les BD

Les empereurs gaulois – T02 – Victorinus

Album publié aux éditions Gallia Vetus en 2026.


Le 21 avril 247 après J.-C., l’Empire romain commémore ses mille ans d’existence.

Mais déjà de lourds nuages obscurcissent l’horizon. Bientôt l’Empire vacille.
Les provinces gauloises font sécession et les légions du Rhin choisissent un nouvel empereur Postumus.
Cette partition est reconnue par l’Histoire sous le nom d’Empire gaulois. Au printemps de l’année 266, au nord de la Gaule lyonnaise, un officier chargé par l’empereur Postumus d’enquêter sur un trafic de fausses monnaies, ne donne plus signe de vie.
Quatre ans plus tard, Lucius Pullio, un proche de l’empereur Victorinus, successeur de Postumus, reste hanté par la disparition de cet officier qui était son ami.
Il envisage de reprendre les investigations. L’occasion se présente quand Victorinus lui demande d’infiltrer un groupe de complotiste prônant la réunification de l’Empire.
Hasard ou destin, il va retrouver les traces des faux monnayeurs et se rapprocher enfin de la vérité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les empereurs gaulois – T02 – Victorinus »

La bande dessinée sortira en octobre 2026.

Les Compagnons de la Libération – Jean Moulin

Album publié en 2026 aux éditions Bamboo.


L’homme qui unifia la résistance.

couverture bd Les Compagnons de la Libération - Jean Moulin

Après leur débarquement en Afrique du Nord, en novembre 1942, les Alliés soutiennent le général Giraud pour contrecarrer les plans de De Gaulle.

Mais l’homme du 18 juin n’est pas du genre à se laisser écarter de l’échiquier politique et des tractations concernant le sort de la France.

Sur le terrain, dans la France occupée, Jean Moulin œuvre pour unifier la résistance.
Mais si coaliser les mouvements combattants est déjà difficile, les faire cohabiter avec des responsables politiques de tous bords s’avère presque impossible.

Pourtant, De Gaulle fait venir Jean Moulin à Londres et le charge de créer le Conseil National de la Résistance


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L’héroïsme de Jean Moulin ne fut pas celui des armes mais celui des réunions clandestines et des rivalités à dépasser. C’est le pari, risqué, de ce troisième tome de la collection Les Compagnons de la Libération : raconter un résistant dont le courage se joua surtout dans l’ombre des tractations politiques. Scénarisé par l’historien Jean-Yves Le Naour, mis en images par Iñaki Holgado sur un storyboard de Marko, avec les couleurs de Sébastien Bouët, l’album suit les derniers mois de Jean Moulin, entre la fin 1942 et 1943, quand Charles de Gaulle le charge d’unifier une Résistance éclatée.

Point de batailles ni d’évasions spectaculaires, mais des rendez-vous secrets, des noms de code (Max, Rex, Mercier), des mouvements rivaux qu’il faut convaincre de s’asseoir à la même table. Le récit montre bien que faire cohabiter des combattants et des responsables politiques de tous bords tenait de l’exploit, et que là résidait le vrai danger. Cette fidélité à la réalité historique donne un album exigeant, porté par une solide documentation.

extrait bd Les Compagnons de la Libération - Jean Moulin

Le dessin d’Iñaki Holgado adopte un classicisme encré, appliqué à restituer les uniformes, les intérieurs et la France occupée avec un souci de reconstitution. Les cadrages sont nets, la lecture aisée, au service d’un propos qui privilégie la clarté pédagogique sur l’effet. Le cahier documentaire qui clôt le volume prolonge ce travail de mémoire.

En racontant un héroïsme fait de réunions clandestines plus que de coups d’éclat, Jean-Yves Le Naour rend à Jean Moulin sa vraie grandeur, politique et risquée. On y saisit pourquoi tant de rues et d’écoles portent ce nom, et pourquoi cet homme incarna, mieux qu’aucun autre, l’unité retrouvée face à l’occupant.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Histoire des Sciences au Féminin

Album publié en 2026 aux éditions Casterman.


Un nouvel opus « au féminin », après les succès d’Histoire de France et d’Histoire de l’art au féminin !

couverture bd Histoire des Sciences au Féminin

Invisibilisées et empêchées, les femmes ont constamment été exclues de l’aventure scientifique.
Pourtant, elles ont largement contribué aux découvertes et aux progrès de notre monde.

Cette bande dessinée retrace ainsi l’histoire des sciences exactes modernes et occidentales en mettant en lumière leur rôle, de la Préhistoire aux nombreuses découvertes féminines du 20e siècle, d’Hypatie d’Alexandrie, philosophe antique, à Nashwa Eassa, physicienne du 21e siècle, en passant par Ada Lovelace ou Marie Curie.

Deux jeunes ados questionnent leur cousine sur l’histoire et la place des femmes dans le monde scientifique.


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La BD sortira en septembre 2026.

Nestor Burma dans l’île

Album publié en 2016 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1970.

Située au large de la Côte de granit rose, l’île (fictive) de Men-Bahr jouit habituellement d’une arrière-saison plutôt calme.
Enfin… jusqu’à ce que notre détective de choc y débarque !
Appelé au chevet d’une ancienne cliente, il arrive juste à temps pour son enterrement. Mais son sixième sens d’enquêteur est en éveil et, il en est persuadé, cette destination idéale pour les vacances cache quelque chose.

Tirage limité avec 8 pages de dossier graphique. En noir et blanc.

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La BD sortira en septembre 2026.


Je mourrai pas gibier

Album publié en 2009 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Guillaume Guéraud publié le 17 janvier 2006.

couverture bd Je mourrai pas gibier

Mortagne, c’est mille deux cent dix-neuf habitants.
Mortagne, c’est du bois et de la vigne, les deux seules ressources qui alimentent les deux seules entreprises de la commune : Le Château Clément et la Scierie Listrac.
Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac, et inversement.
La haine fouette les murs de Mortagne et c’est comme ça depuis toujours. Martial a préféré fuir ces querelles de clochers. Jusqu’à son geste sans retour…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je mourrai pas gibier »

Adaptation percutante du roman éponyme de Guillaume Guéraud paru en 2006, la bande dessinée Je mourrai pas gibier, scénarisée et dessinée par Alfred en 2009, s’impose comme une œuvre d’une noirceur absolue. Situé dans une atmosphère rurale étouffante, le récit adopte le point de vue du jeune Martial et retrace le mécanisme implacable qui va conduire ce dernier à commettre un massacre familial le jour du mariage de son frère.

La BD dissèque avec une froideur clinique la violence systémique d’un milieu social sclérosé par les non-dits, l’alcoolisme et la brutalité masculine ordinaire. Le thème de l’aliénation et du déterminisme social y est central : Martial n’est pas présenté comme un monstre de foire, mais comme le produit tragique d’un environnement toxique. Sa trajectoire psychologique, marquée par un refus viscéral de devenir une victime « un gibier » face aux prédateurs qui l’entourent, suscite un inconfort profond chez le lecteur, oscillant constamment entre la terreur et une terrible forme d’empathie.

extrait bd Je mourrai pas gibier

Le dessin d’Alfred est indispensable à cette tension. Rompant avec son style habituel, l’auteur utilise une bichromie expressive dominée par des teintes de noir, de blanc et un vert ocre lourd, évoquant la pourriture et la chaleur moite des vignobles girondins. Le trait est âpre, nerveux, presque anguleux, traduisant graphiquement la suffocation des personnages. Le découpage, heurté et haletant, accentue l’inéluctabilité du drame à venir.

Je mourrai pas gibier est un coup de poing graphique et littéraire majeur. Par sa rudesse thématique et sa puissance visuelle, cette tragédie moderne est à recommander à un public averti, amateur de romans noirs.

Le Sommet des Dieux – Tome 5

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Le Sommet des Dieux - Tome 5

Habu, après avoir sauvé la vie de Fukamachi, continue son ascension clandestine de l’Everest.
En levant les yeux, Fukamachi aperçoit la silhouette de Habu, minuscule, loin au-dessus de lui. Ses mouvements sont prodigieux… Pourtant, Fukamachi sent que pour lui, l’aventure s’arrête là, il a frôlé la mort.
Les hallucinations se sont calmées mais la migraine ne le lâche pas.


Il est redescendu en dessous des 7000 mètres où l’air est plus dense et Habu et son formidable exploit ne quitte pas son esprit…
Voici l’épilogue de cette magnifique série qui atteint des sommets dans l’art du dessin et de la narration !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 5 »

Ultime chapitre de la magistrale adaptation du roman de Baku Yumemakura par Jirō Taniguchi, ce cinquième tome du Sommet des Dieux clôt une pentalogie légendaire. Le récit atteint ici son dénouement sur les pentes glaciales de l’Everest, là où l’enquête journalistique sur l’appareil photo de George Mallory s’efface devant le dénouement tragique et grandiose de l’ascension hivernale de Habu Jōji.

Ce volume final est une consécration thématique. Jirō Taniguchi y explore le dépouillement ultime, la solitude absolue de l’alpiniste et la question métaphysique du sens de l’existence. La profondeur psychologique culmine lors du face-à-face entre Habu, poussé au bout de ses limites physiques, et Fukamachi, devenu le dépositaire spirituel de son histoire. Le deuil et la persévérance s’entremêlent avec une force poignante. L’œuvre ne cherche pas à glorifier l’exploit, mais à sonder le mystère de cette force intérieure qui pousse l’homme vers les sommets, quitte à y laisser son âme.

extrait Le Sommet des Dieux - Tome 5

Graphiquement, l’art de Jirō Taniguchi atteint une pureté absolue. Le réalisme chirurgical de son trait s’épure pour laisser place à l’immensité blanche et au silence assourdissant de la très haute altitude. Les planches nocturnes, les visages défigurés par les gelures et les paysages vertigineux d’une précision documentaire écrasent le lecteur sous une tension permanente. Le découpage utilise le temps et le vide pour figurer l’asphyxie et l’épuisement, faisant du dessin l’outil direct de l’empathie.

Ce cinquième opus achève le chef-d’œuvre avec une bouleversante solennité. Recommandé à tous les amateurs de grande littérature et de bandes dessinées exigeantes, ce final s’impose comme un monument du manga mondial. Une expérience de lecture qui résonne longtemps après avoir refermé la page.

Le Sommet des Dieux – Tome 4

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

couverture bd Le Sommet des Dieux - Tome 4

Tandis que l’appareil photo qui aurait pu appartenir au célèbre alpiniste disparu George Mallory suscite toujours toutes les convoitises, Fukamachi entreprend de suivre en tant que photographe l’ascension clandestine de Habu Jôji sur la face Sud Ouest de l’Everest, en hiver et sans oxygène !!
Habu accepte uniquement à la condition qu’ils n’aient plus de contacts une fois l’ascension commencée et que chacun se débrouille. Fukamachi rejoint alors Habu pour la période d’acclimatation à l’altitude où il va en apprendre un peu plus sur ce mystérieux et fascinant personnage et peut-être également sur lui-même !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 4 »

Avant-dernier chapitre de l’adaptation du roman de Baku Yumemakura par Jirō Taniguchi, ce quatrième tome du Sommet des Dieux hisse le récit vers son paroxysme. L’enquête journalistique cède définitivement la place à l’action brute : l’affrontement tant attendu avec la face sud-ouest de l’Everest en hivernal et en solitaire. Le reporter Fukamachi bascule ici du rôle d’enquêteur à celui de compagnon de cordée partiel, liant indéfectiblement son destin à celui du taciturne Habu Jōji.

Ce volume atteint une intensité dramatique vertigineuse en explorant la dualité de la condition humaine face à l’impossible. Jirō Taniguchi orchestre une transition psychologique cruciale : l’obsession individualiste de Habu se mue en une lutte universelle pour la survie. Le thème de la transmission et de la fraternité y est traité avec une pudeur poignante. À travers les épreuves physiques extrêmes et le manque d’oxygène, l’auteur dissèque la métamorphose de Fukamachi, dont le regard fige le génie et la démesure de Habu pour la postérité.

extrait bd Le Sommet des Dieux - Tome 4

Visuellement, l’œuvre livre des planches d’un réalisme saisissant, terrifiant de précision technique. Le trait de Jirō Taniguchi sublime la verticalité et le gigantisme de la chaîne himalayenne, écrasant les silhouettes humaines sous l’immensité blanche. Le découpage, alternant de longs silences contemplatifs et de violentes tempêtes de lignes de force, restitue à la perfection le rythme de la haute altitude : l’effort surhumain, la morsure du gel et le ralentissement du temps.

Ce quatrième opus est un monument de tension et de pureté graphique. Un sommet de la bande dessinée contemporaine qui coupe littéralement le souffle.

Le Sommet des Dieux – Tome 3

Album publié en 2011 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Le tome 3 s’ouvre sur le 6 juin 1924, lorsque George Mallory et Andrew « Sandy » Irvine, bouteilles d’oxygène et vivres et appareil photo sur le dos, quittèrent le camp 4 accompagnés de huit porteurs pour tenter d’atteindre le sommet de l’Everest.
On suit leurs traces jusqu’à l’altitude à laquelle ils ont disparu.
Ont-ils atteint le sommet ?
On retrouva des années plus tard quelques effets personnels mais jamais leur appareil photo Kodak ne refit surface officiellement.
Le fabricant assure pourtant que si le film est encore dans l’appareil, il est possible de le développer, même plus de cinquante ans après.
L’énigme serait-elle donc sur le point d’être résolue…?
C’est la question que se pose Fukamachi, à Katmandou, en essayant de pister l’appareil photo qui lui a été dérobé et Habu Jôji qu’il a vraisemblablement ramassé près du toit du monde.
« L’histoire de l’ascension des monts himalayens s’est poursuivie sans interruption depuis le 19e siècle.
Mais elle est peut-être en train de se clore lentement, par l’intermédiaire de Habu. Et, par l’intermédiaire de l’appareil photo de Mallory, Fukamachi est là pour assister au tomber de rideau
. »

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 3 »

Pivot central de la pentalogie adaptée du roman de Baku Yumemakura, ce troisième tome du Sommet des Dieux marque un tournant décisif. Après les longs flashbacks sur la jeunesse des protagonistes, Jirō Taniguchi recentre son récit sur le temps présent de l’enquête. Le reporter Fukamachi retrouve enfin la trace de l’insaisissable Habu Jōji à Katmandou, scellant le destin croisé de ces deux hommes au pied de l’Himalaya.

Ce volume brille par sa tension dramatique, glissant subtilement du documentaire historique vers le thriller psychologique de haute volée. Le thème du renoncement et du sacrifice y est traité avec acuité. À travers les figures tragiques du passé qui hantent Habu, notamment le souvenir du jeune Kishi, l’auteur explore la culpabilité du survivant. La psychologie des personnages s’épaissit : Habu n’apparaît plus seulement comme un monstre d’égoïsme, mais comme un homme condamné à grimper pour continuer à exister, tandis que Fukamachi passe du statut de simple observateur à celui de témoin spirituel.

Graphiquement, l’art de Jirō Taniguchi insuffle une dimension presque mystique au récit. Les ruelles étouffantes et vibrantes de Katmandou contrastent radicalement avec la pureté géométrique et écrasante des parois rocheuses. Le découpage de l’auteur, caractérisé par de grandes cases panoramiques silencieuses, suspend le temps et installe une atmosphère de recueillement avant la confrontation finale avec l’Everest. Le soin apporté aux détails techniques de l’équipement moderne renforce le réalisme immersif de l’œuvre.

Ce troisième opus confirme la trajectoire magistrale de la série. Plus intimiste mais viscéralement intense. Une œuvre majeure où le manga rejoint la grande littérature.

Le Sommet des Dieux – Tome 2

Album publié en 2010 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Fukamachi cherche toujours à en apprendre plus sur le fameux alpiniste Habu Jôji qui aurait retrouvé l’appareil photo de George Mallory sur l’Everest.
Il fait la rencontre de Kishi Ryôko, la soeur d’un jeune alpiniste qui a côtoyé Habu et celle-ci lui déclare être en possession du journal de Habu-san.
Sa lecture va plonger Fukamachi, et le lecteur à sa suite, dans une aventure aux limites de l’extrême.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 2 »

Dans ce deuxième tome du Sommet des Dieux, Jirō Taniguchi approfondit son adaptation du roman de Baku Yumemakura. Alors que le premier volume posait les bases du mystère autour de l’appareil de Mallory, ce second opus plonge au cœur du passé de Habu Jōji à travers de longs flashbacks. L’auteur y dresse le portrait sans concession d’un homme dévoré par son art, traçant une frontière de plus en plus poreuse entre la passion et l’aliénation.

Sur le plan narratif, l’œuvre brille par sa densité psychologique. Jirō Taniguchi explore avec brio le thème de la rivalité destructrice, notamment à travers le face-à-face indirect entre Habu et le talentueux Hase Tsuneo. Le récit décortique les dynamiques de la communauté alpine japonaise des années 1970 et 1980, montrant comment l’orgueil et le deuil façonnent le destin des grimpeurs. Le rythme se fait plus lourd, presque étouffant, la narration introspective de Jirō Taniguchi servant de miroir à la trajectoire tragique et solitaire de Habu.

extrait bd Le Sommet des Dieux - Tome 2

Visuellement, le travail de Taniguchi atteint des sommets de réalisme technique. Son trait, minutieux jusqu’à l’obsession, restitue les textures de la roche, la rigidité du matériel d’époque et la violence des éléments. Les scènes d’escalade en falaise, épurées mais dynamiques, traduisent parfaitement la tension physique et le vertige. L’expressivité des visages, marqués par l’effort et la frustration, renforce la dimension dramatique.

Ce tome 2 confirme le statut de chef-d’œuvre de la série. Plus psychologique et ancré dans l’histoire de l’alpinisme moderne, il s’adresse aux lecteurs exigeants, avides de fresques réalistes.

Le Sommet des Dieux – Tome 1

Album publié en 2010 aux éditions Kana.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sommet des Dieux (Kamigami no Itadaki) de Baku Yumemakura publié le 4 aout 1997.

Un manga à vous couper le souffle!
Dans une petite boutique népalaise, Fukamachi tombe sur un appareil photo qui pourrait bien être celui de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l’Everest.
Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l’on puisse savoir s’ils sont parvenus au sommet.
Et si c’était seulement lors du chemin du retour qu’ils avaient eu cet accident fatal?
Cela changerait l’histoire de l’alpinisme!
C’est sur cette passionnante question que s’ouvre le chemin initiatique de Fukamachi qui sera amené à faire la rencontre de figures hautes en couleurs.
Le dépassement de soi, l’aventure, la passion de la montagne sont les leitmotivs de cette formidable aventure signée Jirô Taniguchi !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Sommet des Dieux – Tome 1 »

Adaptation magistrale du roman de Baku Yumemakura, le premier tome du Sommet des Dieux de Jirō Taniguchi s’impose comme une œuvre totale. Ce récit d’alpinisme ne se contente pas de relater une ascension, il sonde l’âme humaine face à l’immensité. L’intrigue s’ouvre sur la découverte, à Katmandou, d’un appareil photo ayant potentiellement appartenu à George Mallory, déclenchant chez le reporter Fukamachi une quête obsessionnelle pour retrouver Habu Jōji, un grimpeur prodige aussi insaisissable que solitaire.

Loin du simple récit d’aventure, Jirō Taniguchi transforme cette poursuite en une introspection philosophique sur le dépassement de soi. La narration, délibérément immersive, tisse un lien viscéral entre le journaliste et l’athlète. Le récit explore pourquoi certains hommes sont prêts à tout sacrifier, y compris leur vie, pour atteindre des sommets où l’oxygène se fait rare.

Visuellement, Jirō Taniguchi excelle. Son trait réaliste, d’une précision chirurgicale, capte la puissance brute de la montagne. Les décors sont vertigineux, les visages portent le poids des épreuves, et le silence de la neige semble presque palpable. Le dessin ne sert pas seulement à illustrer, il impose une atmosphère pesante et grandiose, où chaque ombre et chaque fissure racontent une histoire de souffrance et de beauté.

Le Sommet des Dieux est une leçon de narration graphique. Par son exigence et sa poésie sombre, cette œuvre s’adresse autant aux passionnés d’alpinisme qu’aux lecteurs en quête d’une fiction littéraire dense et mature. Un chef-d’œuvre qui force le respect.