Catégorie : Toutes les BD

Micmac moche au Boul’Mich

Album publié en 2015 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 mars 1954.

Le suicide d’un étudiant en médecine oblige Nestor Burma à réviser ses classiques et à arpenter les trottoirs glacés du Quartier latin.
Une enquête du détective de choc dans le cinquième arrondissement de Paris. Nestor Burma, le détective qui met le mystère K.O !

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Micmac moche au Boul’Mich »

Deuxième adaptation de Nestor Burma signée Nicolas Barral, après Boulevard… ossements, Micmac moche au Boul’Mich transpose le roman de Léo Malet en se coulant dans l’univers graphique créé par Jacques Tardi. Nicolas Barral en assure cette fois le scénario, le dessin et la couleur, pour une enquête ancrée dans le cinquième arrondissement parisien.

L’affaire se noue autour d’une mort troublante. Jacqueline Carrier vient trouver le détective Nestor Burma, convaincue que le décès de son fiancé, Paul Leverrier, jeune étudiant en médecine, n’est pas le suicide qu’ont conclu la police et le commissaire Faroux.
L’originalité du récit tient à ce renversement : nul mystère apparent au départ, si bien que Nestor Burma enquête moins pour confondre un coupable que pour épargner à sa cliente de sombrer dans le chagrin. Fidèle à la noirceur de Léo Malet, l’intrigue explore des thèmes rudes, du deuil aux secrets d’un milieu interlope, et déploie une galerie de suspects savoureuse, de la comédienne naïve au médecin véreux, en passant par un mage-guérisseur. L’humour du privé tempère la gravité du propos.

extrait bd Micmac moche au Boul'Mich

Le grand atout de l’album tient à sa mise en couleurs. Nicolas Barral respecte le trait hérité de Jacques Tardi, mais la couleur lui permet de sublimer l’atmosphère : l’éclairage jaunâtre des cafés, le bois patiné des bureaux du quai des Orfèvres, la neige qui recouvre le Quartier latin. Le découpage nerveux et les scènes d’action dynamiques restituent le rythme d’un vrai polar.

L’ensemble est une adaptation savoureuse et rigoureuse. On la recommandera aux amateurs de polars rétro, aux nostalgiques du Paris des années cinquante et aux lecteurs de Léo Malet séduits par l’univers de Jacques Tardi.

Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Album publié en 2016 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

couverture bd Nestor Burma contre C.Q.F.D.

1942. Nestor Burma vient à peine de rouvrir l’agence Fiat Lux qu’il tombe sur une affaire « en or » : retrouver trois lingots disparus lors de l’attaque d’un train postal avant guerre.
Quelques mois après 120 rue de la gare, la deuxième enquête du détective de choc dans le Paris occupé.




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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nestor Burma contre C.Q.F.D. »

Dixième volume de la série consacrée au privé de Léo Malet, Nestor Burma contre C.Q.F.D. adapte la deuxième enquête du détective, écrite au sortir de la guerre. Emmanuel Moynot en signe l’adaptation, le découpage et le dessin, dans le sillage graphique tracé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec assure la couleur.

Fidèle au roman, le récit plonge dans le Paris occupé de mars 1942. À peine rentré du stalag et l’agence Fiat Lux rouverte, Nestor Burma croise dans un abri antiaérien une rousse énigmatique qui le sème aussitôt. Le voici bientôt suspecté du meurtre d’un comédien retrouvé avec une carte de son agence en poche, contraint d’enquêter pour se disculper, sur fond de lingots d’or dérobés lors de l’attaque d’un train postal.
Emmanuel Moynot restitue avec justesse le caractère du personnage : la gouaille de Nestor Burma, son verbe fleuri façon Audiard, son goût des femmes fatales et sa débrouille dans une capitale grise de restrictions et de couvre-feux. Les faux-semblants s’enchaînent, servis par des dialogues savoureux qui font tout le sel de l’univers de Léo Malet.

Côté dessin, Emmanuel Moynot s’approprie l’héritage de Jacques Tardi plutôt que de l’imiter, avec un trait plus personnel, volontiers appuyé sur les silhouettes. La grande réussite tient à la couleur de Chantal Quillec : sa palette terne, presque glauque, restitue l’atmosphère poisseuse du Paris de l’Occupation et ancre l’intrigue dans son époque.

L’ensemble est un polar rétro efficace et atmosphérique. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et aux nostalgiques du Paris des années 1940.


L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 17 novembre 1959.

couverture bd L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Mars 1959.
Nestor Burma a rendez-vous dans les beaux quartiers de l’ouest parisien.
Mais quand il se présente au domicile de sa future cliente, c’est pour la découvrir tout refroidie, ainsi que son mari.
Un double suicide, du moins en apparence. Une enquête du détective de choc dans le dix-septième arrondissement de Paris.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau »

Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de L’Envahissant cadavre de la plaine Monceau offre une relecture feutrée de l’adaptation d’Emmanuel Moynot (2009) du roman policier de Léo Malet (1959). Sous la supervision spirituelle de Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans l’opulence feutrée du 17e arrondissement de Paris.

L’intrigue brille par sa peinture sociale acérée de la haute bourgeoisie de la fin des années 1950. Derrière les façades bourgeoises, le scénario explore avec cynisme les thèmes du chantage, des secrets d’alcôve et de l’hypocrisie de classe. Burma y apparaît plus désabusé que jamais, opposant sa verve populaire et son ironie mordante aux manières guindées de ses clients. Sa profondeur psychologique s’enrichit d’une lassitude tangible face aux faux-semblants des notables.

extrait bd L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau

Graphiquement, la mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique sans jamais parasiter la rigueur du trait d’Emmanuel Moynot. Elle oppose magistralement la froideur bleutée et automnale des perspectives du parc Monceau aux tonalités chaudes mais lourdes des intérieurs cossus, salons feutrés aux boiseries sombres et lumières tamisées des hôtels particuliers. Les teintes appliquées fonctionnent comme un révélateur psychologique, renforçant la sensation d’étouffement qui pèse sur les protagonistes et isolant la silhouette imperméable de Burma dans ce décor de cire.

Cette mouture colorisée insuffle une modernité au récit tout en préservant sa noirceur critique d’origine.

Le Soleil naît derrière le Louvre

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 15 mars 1954.

couverture bd Le Soleil naît derrière le Louvre

Paris, été 1957.
Nestor Burma enquête pour le compte d’un client dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Manière pour le détective de nouer quelques connaissances parmi les cercles artistiques et intellectuels qui semblent avoir élu domicile dans ce secteur de Paris : écrivains, critiques, musiciens.
C’est sur les traces de l’un deux, justement, que Burma est lancé : Charlie Mac Gee, batteur de jazz talentueux, et sans doute aux prises, aussi, avec les milieux de la drogue et de la délinquance qui gravitent autour de ce genre d’artiste.
Avec le concours de Marcelle, compagne de circonstance, Burma parvient finalement à loger son client, dans un hôtel de la rive gauche.
Il n’y a qu’un seul ennui : il est mort…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Soleil naît derrière le Louvre »

Publiée en 2017, la réédition colorisée de l’album Le Soleil naît derrière le Louvre magnifie le travail d’Emmanuel Moynot, qui adaptait ici l’acte de naissance des Nouveaux Mystères de Paris écrit par Léo Malet en 1954. Cette enquête inaugurale propulse le détective Nestor Burma au cœur du 1er arrondissement, de l’opulence des galeries d’art du Louvre à la fange du milieu criminel des Halles, sur la piste du meurtre d’un riche collectionneur.

L’intrigue brille par son habileté à entrelacer la haute société et la pègre parisienne, jetant une lumière crue sur les thèmes de la cupidité, du marché noir de l’art et de la corruption. Le scénario respecte scrupuleusement la verve de Léo Malet. Le personnage de Burma s’y déploie avec toute sa complexité : un détective à l’humour caustique et aux manières cyniques, dissimulant une profonde humanité et une empathie discrète pour les laissés-pour-compte de l’après-guerre.

extrait bd Le Soleil naît derrière le Louvre

C’est sur le plan visuel que cette version de 2017 révèle sa pleine puissance dramatique. La mise en couleurs offre un écrin somptueux à la ligne claire d’Emmanuel Moynot. Elle sublime le découpage et la précision documentaire des décors, les structures métalliques des Halles d’époque ou les perspectives des rues entourant le musée. Les teintes appliquées agissent comme un révélateur d’atmosphère : les contrastes saisissants entre la pâleur froide du petit matin parisien et les lumières chaudes mais sépulcrales des tripots renforcent la tension narrative et l’isolement du détective.

Cette mouture colorisée insuffle une modernité à un classique sans jamais trahir sa noirceur originelle.

La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Album publié en 2017 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman Le Sapin pousse dans les caves ( titre original de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés) de Léo Malet publié le 23 aout 1955.

couverture bd La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Paris, été 1957.
Nestor Burma enquête pour le compte d’un client dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Manière pour le détective de nouer quelques connaissances parmi les cercles artistiques et intellectuels qui semblent avoir élu domicile dans ce secteur de Paris : écrivains, critiques, musiciens.
C’est sur les traces de l’un deux, justement, que Burma est lancé : Charlie Mac Gee, batteur de jazz talentueux, et sans doute aux prises, aussi, avec les milieux de la drogue et de la délinquance qui gravitent autour de ce genre d’artiste.
Avec le concours de Marcelle, compagne de circonstance, Burma parvient finalement à loger son client, dans un hôtel de la rive gauche.
Il n’y a qu’un seul ennui : il est mort…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Nuit de Saint-Germain-des-Prés »

Publiée en 2017 chez Casterman, la version colorisée de La Nuit de Saint-Germain-des-Prés offre une relecture de l’adaptation par Emmanuel Moynot du roman policier de Léo Malet. Chapeautée spirituellement par Jacques Tardi, cette enquête plonge le détective Nestor Burma dans le bouillonnement nocturne et intellectuel du 6e arrondissement de Paris.

L’intrigue dépasse le simple vol de bijoux pour ausculter la faune nocturne de l’après-guerre. Emmanuel Moynot capte avec acuité le cynisme de Burma face au snobisme intellectuel, au trafic de stupéfiants et à la désillusion d’une jeunesse bourgeoise en quête de sensations fortes. Le détective s’y meut avec sa verve habituelle, observateur lucide d’un quartier en pleine effervescence, dissimulant sa propre lassitude derrière une ironie mordante.

extrait bd La Nuit de Saint-Germain-des-Prés

Graphiquement, cette édition de 2017 métamorphose l’expérience de lecture. La mise en couleurs enrichit l’immersion dramatique. Elle oppose magistralement la chaleur dorée et festive des intérieurs de cafés mythiques, comme le Flore, aux tonalités froides et bleutées de la nuit parisienne. Sous les voûtes des caves de jazz, des teintes chaudes et tamisées recréent l’atmosphère enfumée et enivrante de l’époque. La couleur apporte une dimension organique aux décors d’après-guerre des carrosseries de tractions aux affiches murales, renforçant la portée historique du récit.

Cette version colorisée sublime l’adaptation en lui insufflant une atmosphère sensorielle et feutrée. Elle est vivement recommandée aux lecteurs désireux de redécouvrir le Paris des années 1950 sous un éclairage inédit.

M’as-tu vu en cadavre ?

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 3 janvier 1956.

couverture bd M'as-tu vu en cadavre ?

Nestor Burma mène l’enquête dans les coulisses peu reluisantes du show-biz, entre vedettes de music-hall sur le retour, impresario véreux et club d’admiratrices fanatiques…
De privé à joli coeur il n’y a qu’un pas, que Burma franchit allégrement, et tant pis pour les conséquences sur sa mission.


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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « M’as-tu vu en cadavre ? »

Publié pour la première fois en 2000 chez Casterman, l’album M’as-tu vu en cadavre ? marque une nouvelle et brillante incursion de Jacques Tardi dans le Paris de Léo Malet, adaptant ici le sixième volet des Nouveaux Mystères de Paris paru en janvier 1956. Nestor Burma y arpente le bitume du 10e arrondissement, de la gare de l’Est à la rue de Paradis, sur les traces d’un mystérieux commissionnaire et d’une boîte à bijoux disparue.

L’intrigue brille par sa construction théâtrale et sa satire des faux-semblants. Derrière le prétexte du vol, le scénario explore avec cynisme l’univers de la petite bourgeoisie commerçante et du monde du spectacle, révélant la lâcheté des notables face aux marginaux. Le récit brasse ainsi les thèmes de l’apparence, du chantage et de la déchéance morale. Face à cette faune grotesque, Nestor Burma se mue en observateur désabusé, un détective à l’ironie mordante dont la solitude intérieure fait écho aux drames sordides qu’il met au jour sous la grisaille parisienne.

extrait bd M'as-tu vu en cadavre ?

Visuellement, Jacques Tardi livre une partition graphique d’une noirceur somptueuse. Son noir et blanc tranché, sublimé par des aplats de gris d’une infinie tristesse, capture magistralement le crachat et l’humidité de cet automne 1956. La rigueur documentaire du dessinateur s’exprime dans la précision chirurgicale des décors urbains, des bistrots enfumés aux cours d’immeubles industrielles. Les visages des suspects, croqués avec une expressivité presque caricaturale qui rappelle le meilleur de la satire sociale, renforcent la théâtralité tragique de cette comédie humaine.

Cette adaptation ravira les amateurs de polars parisiens et les passionnés du travail de Tardi, maîtres de l’esthétique du roman noir franco-belge.

Casse-pipe à la Nation

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié le 10 septembre 1957.

couverture bd Casse-pipe à la Nation

En goguette à la foire du Trône, Burma manque d’être jeté du haut d’un grand huit.
Son agresseur, qui ne survit pas à la bagarre, laisse Nestor sur une interrogation puissante : pourquoi a-t-il voulu le tuer ?

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Casse-pipe à la Nation »

Publié pour la première fois en 1996 chez Casterman, l’album Casse-pipe à la Nation scelle de nouveau les retrouvailles artistiques de Jacques Tardi avec l’univers de Léo Malet, adaptant ici le roman policier éponyme de 1957. Nestor Burma se retrouve catapulté en plein cœur du 12e arrondissement de Paris, une enquête de routine sur un vol de voiture le menant rapidement sur la piste d’un braquage sanglant et d’un cadavre encombrant.

L’intrigue brille par son atmosphère de marge sociale, ancrée dans le décor emblématique de la Foire du Trône. La narration de Léo Malet, fidèlement transposée, dépasse les codes classiques pour sonder la psyché des forains, des marginaux et des exclus. Le récit aborde avec cynisme les thèmes de la fatalité, de la cupidité et de la désillusion sociale. Nestor Burma s’y meut avec sa verve habituelle, mais dissimule mal une lassitude mélancolique face à la tragédie humaine ordinaire qui se joue sous les lampions de la fête.

extrait bd Casse-pipe à la Nation

C’est précisément ce contraste graphique que Jacques Tardi sublime. Son utilisation virtuose du noir et blanc, appuyée par des grisés denses, oppose l’éclat artificiel des manèges à la noirceur poisseuse des ruelles de la Nation. Les manèges de la foire, d’ordinaire symboles de gaieté, deviennent sous son pinceau des structures squelettiques, presque menaçantes, renforçant la sensation d’un piège qui se referme. La rigueur historique et la minutie des décors des baraques de tôle aux vieilles tractions avant offrent un écrin d’un réalisme saisissant.

Casse-pipe à la Nation est une adaptation grinçante et immersive. Chaudement recommandée aux amoureux de polars parisiens et aux admirateurs du réalisme poétique de Tardi.

120, rue de la gare

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en 1943.

couverture bd 120, rue de la gare

1943.
À peine libéré d’un camp de prisonniers en Allemagne, Nestor Burma rentre en France et s’attelle à l’énigme de cette adresse qui fait tant parler les mourants.
Burma délaisse quelque peu Paris (alors en pleine zone occupée) pour Lyon et une enquête au long cour sous l’Occupation.



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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 120, rue de la gare »

Publié pour la première fois en 1988 chez Casterman, l’album 120, rue de la Gare marque l’adaptation par Jacques Tardi du tout premier roman de Léo Malet, écrit sous l’Occupation en 1943. En s’emparant de cette intrigue policière, Jacques Tardi livre une œuvre historique majeure où la petite histoire des marginaux se heurte à la grande tragédie de la Seconde Guerre mondiale.

L’enquête débute dans le dénuement d’un stalag allemand pour s’achever dans le Paris occupé, en passant par un Lyon glacial. Nestor Burma, marqué par la captivité, y poursuit la vérité derrière les derniers mots énigmatiques d’un codétenu agonisant. Loin de l’héroïsme classique, la narration explore avec cynisme et amertume l’atmosphère de la France de Vichy. Les thèmes de la trahison, du marché noir et de la survie morale irriguent le récit. Le personnage de Nestor Burma s’y dessine avec une profondeur psychologique inédite, tiraillé entre sa verve de détective et la détresse d’une population opprimée par la faim et la peur.

extrait bd 120, rue de la gare

Graphiquement, Jacques Tardi déploie un noir et blanc d’une noirceur absolue. La rigueur documentaire de son trait ressuscite la France des années 1940 : gares embrumées, files d’attente devant les devantures vides, et trains de prisonniers sous la neige. Les aplats sombres et l’omniprésence des grisés structurent une mise en scène étouffante, faisant écho à l’enfermement physique et mental des personnages. La laideur et la fatigue des visages, fidèles à la ligne claire retravaillée de l’auteur, renforcent le réalisme historique.

Cette adaptation transcende le genre policier pour devenir un témoignage graphique indispensable. A recommander pour les inconditionnels de Nestor Burma.

Brouillard au pont de Tolbiac

Album publié en 2024 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Léo Malet publié en octobre 1956.

couverture bd Brouillard au pont de Tolbiac

Appelé au chevet d’un vieux chiffonnier mourant, Nestor Burma se retrouve plongé dans ses souvenirs de jeunesse, alors qu’il traînait dans les milieux anarchistes de l’entre-deux-guerres.
Léo Malet s’inspire de sa vie de bohème durant les années 1930 pour donner vie à son personnage fétiche.




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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Brouillard au pont de Tolbiac »

Publié pour la première fois en 1982 chez Casterman, l’album Brouillard au pont de Tolbiac est bien plus qu’une simple bande dessinée : c’est la rencontre historique entre Jacques Tardi et le célèbre détective Nestor Burma, né sous la plume de Léo Malet en 1956.

Cette enquête crépusculaire plonge Burma au cœur du 13e arrondissement parisien, hanté par les fantômes de sa propre jeunesse anarchiste. Confronté à la mort suspecte d’un ancien camarade de bohème, le détective remonte le fil d’un passé douloureux. Tardi capte avec brio cette mélancolie introspective, s’inspirant des résonances autobiographiques de Léo Malet qui vécut lui-même dans les milieux libertaires de l’entre-deux-guerres.

extrait bd Brouillard au pont de Tolbiac

Visuellement, le chef-d’œuvre de Jacques Tardi s’impose par un noir et blanc magistral. Son trait épais et ses profonds aplats de gris restituent à la perfection le Paris pluvieux et poisseux de l’hiver 1956. Chaque case exhale une odeur de bitume mouillé et de tabac froid. La précision avec laquelle le dessinateur immortalise les décors d’époque, des pavés de la rue Watt au viaduc ferroviaire de Tolbiac aujourd’hui disparu confère à l’œuvre une dimension quasi photographique et intemporelle. Les silhouettes massives, presque figées, accentuent la fatalité qui pèse sur les protagonistes.

En signant cette adaptation, Jacques Tardi n’a pas seulement traduit un roman policier : il a redéfini le roman graphique moderne. Cette œuvre sombre, immersive et désabusée est indispensable pour tout amateur de polar classique.

20 000 lieues sous les mers

Album publié en 1980 aux éditions Nathan.


Adapté de l’œuvre de Jules Verne (publiée pour la première fois le 20 juin 1870).

couverture bd 20 000 lieues sous les mers

Après le Tour du monde en quatre-vingts jours et Michel Strogoff, parus dans la même collection, nous présentons à nos lecteurs une autre adaptation d’un très célèbre roman de Jules Verne : Vingt mille lieues sous les mers.

Ce livre, paru en 1870, est le deuxième volet d’une grande trilogie commencée en 1867 avec les Enfants du capitaine Grant et achevée par l’Île mystérieuse en 1875. On y retrouve certains personnages, l’énigmatique capitaine Nemo étant le trait d’union qui relie Vingt mille lieues sous les mers à l’Île mystérieuse.

Tous ces livres font partie des œuvres maîtresses de l’auteur. Dans celui-ci, le professeur Aronnax, son serviteur et le harponneur forment un trio inoubliable. Quant au capitaine Nemo, prince indien rebelle à la Grande-Bretagne, il est le prototype de l’anti-impérialiste idéaliste et rêveur. Jules Verne se plaît manifestement à brosser ce caractère dont la personnalité secrète sera dévoilée dans l’Île mystérieuse.
Outre ces personnages attachants et l’intérêt de l’intrigue, on remarque ici l’apparition d’un prodigieux véhicule qui se meut au fond des mers : c’est l’archétype du sous-marin, que Jules Verne appelle le Nautilus.

S’il fallait rappeler la popularité toujours vivante de Jules Verne, il suffirait de dire qu’en 1954, soit près de quatre-vingt-dix ans après la parution de Vingt mille lieues sous les mers, lorsque les États-Unis lancèrent le premier sous-marin atomique, ils l’appelèrent… le Nautilus, en hommage au grand écrivain français, qui fut un si génial visionnaire.


Rares sont les romans qui ont fait rêver de sous-marins des générations entières avant même que ceux-ci n’existent vraiment. Adapter en bande dessinée 20 000 lieues sous les mers, c’est se mesurer à l’un des récits les plus visuels de Jules Verne. Le dessinateur espagnol Ramón de la Fuente relève ce pari en signant l’adaptation et le dessin, condensant le voyage du Nautilus pour de jeunes lecteurs. On y retrouve le professeur Aronnax, son fidèle Conseil et le harponneur Ned Land, recueillis à bord du sous-marin de l’énigmatique capitaine Nemo, après avoir cru poursuivre un monstre marin.

Réduire à une soixantaine de planches un roman foisonnant, célèbre pour ses inventaires savants et ses longues descriptions, oblige à choisir : Ramón de la Fuente privilégie l’aventure et les grandes scènes qui ont fait la gloire du texte, l’apparition du Nautilus, les paysages engloutis, l’affrontement avec les créatures des profondeurs. Le fil de la vengeance de Nemo et sa part d’ombre mélancolique restent davantage en retrait, mais l’essentiel du merveilleux passe. C’est une porte d’entrée vers Jules Verne plus qu’un substitut à sa prose.

Le dessin réaliste de Ramón de la Fuente s’inscrit dans la tradition des classiques illustrés, soucieux de restituer les décors et les machines. Le Nautilus, ses hublots et ses fonds marins y trouvent une présence qui doit beaucoup à l’imagerie des gravures anciennes.

En condensant le voyage du Nautilus pour les plus jeunes, Ramón de la Fuente ouvre une porte d’entrée vers l’imaginaire de Jules Verne. BD difficile à trouver actuellement.