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Contes des mille et une nuits

Album publié aux éditions Adonis en 2007.


Publié pour la première fois par Antoine Galland vers 1704.

couverture bd Contes des mille et une nuits

Un Calife est captivé par les contes merveilleux que lui narre la babillarde Shéhérazade, au point qu’il la laisse vivre un jour, puis un autre jour encore, se disant en lui-même qu’il la fera bien toujours mourir quand elle parviendra à la fin de son dernier conte.
Mais, sans cesse, elle reprend ses récits. En voici deux parmi cent et mille. En premier, celui de la princesse à marier Nourannahar que trois frères courtisent et qui sont envoyés au devant d’épreuves afin de se départager.
Sortilèges, transports dans les airs abolissant le temps, villes grouillantes aux confins de la Perse et de la Chine. Rencontres de mages et de magiciens, voyage au centre de la Terre auprès de la fée Pari-Banou…
Vient ensuite l’histoire de la princesse Gelnare dont le palais est sous la Mer, qui épouse un prince de la Terre. Leur fils Bader est bientôt aux prises tour à tour avec des génies malfaisants ou bienfaisants, des magiciennes, le cruel roi de Samandal dont il veut épouser la fille. Chacun s’ingénie à entraver ou aider sa quête vers l’amour de sa bien-aimée…

Contes sans fin, toujours recommencés, mots qui coulent comme une source merveilleuse d’entre les lèvres de Shéhérazade. Mais le Calife, comme il lui parut, ne demandait pas mieux que de les entendre, elle poursuivit donc sans attendre son ordre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes des mille et une nuits »

S’attaquer à un monument comme les Mille et Une Nuits est un pari risqué, souvent piégeux. C’est pourtant le défi relevé avec assurance par Daniel Bardet dans cet album paru aux éditions Adonis/Glénat. Connu pour sa rigueur historique sur Les Chemins de Malefosse, le scénariste évite ici l’écueil de la compilation indigeste pour revenir à la source véritable du récit : la traduction d’Antoine Galland.

Daniel Bardet opère des choix narratifs chirurgicaux, se focalisant sur des pépites comme l’histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. Ce parti-pris restitue la véritable mécanique du conte oriental : cette narration en « tiroirs » où la parole devient une arme de survie. On y retrouve une Shéhérazade stratège et une densité psychologique que les adaptations jeunesse ont souvent gommée. Le texte respecte la saveur littéraire du XVIIIe siècle, mêlant le merveilleux à une certaine cruauté sans fausse pudeur.

extrait bd Contes des mille et une nuits

Aux pinceaux, Rachid Nawa livre une partition graphique étonnante. Son trait réaliste ancre le mythe dans une matière tangible, loin des imageries vaporeuses habituelles. Ses décors fouillés et son travail sur les textures confèrent à l’ensemble une atmosphère pesante et envoûtante. La mise en couleurs, chaude et contrastée, sert la dramaturgie.

Cet album réussit le tour de force de concilier le respect du texte classique et le dynamisme de la bande dessinée moderne. Une redécouverte pour les amateurs de littérature qui souhaitent voir les mots de d’Antoine Galland prendre vie.

L’antre de l’horreur

Album publié en 2007 aux Editions Panini.


Adapté des nouvelles dEdgar Allan Poe publiées entre 1827 et 1845.

couverture bd L'antre de l'horreur

Tueurs en série. Vampires. Zombies. Monstres post-apocalyptiques.
Tous ces cauchemars et d’autres hantent le monde ténébreux d’Edgar Allan Poe, revisité par le maître de l’horreur Richard Corben et ses complices dans ce recueil d’adaptations illustrées d’œuvres choisies de l’écrivain.
Des classiques de Poe transformés en bandes dessinées fantastiques, étranges et dérangeantes, et entrecoupés des textes originaux.
Un album à faire frémir d’horreur inspiré d’histoires de meurtres, de folies et de monstruosités imaginées par le grand Edgar.


« L’Antre de l’horreur » adapte dix œuvres d’Edgar Allan Poe. Voici les histoires adaptées et les dates de leur première publication :

Le Corbeau (The Raven) – Publié en 1845. Ce poème narratif, l’un des plus célèbres de Poe., raconte l’histoire d’un homme endeuillé par la mort de son amante Lenore, confronté à la visite mystérieuse d’un corbeau qui répète inlassablement « Jamais plus ».​

La Dormeuse (Ligeia) – Publié en septembre 1838 dans The American Museum. Cette nouvelle relate l’histoire surnaturelle d’un narrateur dont la première femme, Ligeia, morte prématurément, semble revenir à travers son second mariage avec Lady Rowena.​

Le Cœur révélateur (The Tell-Tale Heart) – Publié en 1843. Un récit à la première personne mettant en scène un narrateur qui affirme sa santé mentale tout en confessant un meurtre minutieusement planifié.​

Bérénice (Berenice) – Publié en mars 1835 dans le Southern Literary Messenger. Cette nouvelle macabre raconte l’obsession d’un homme pour les dents de sa cousine mourante.​

L’Esprit des morts (Spirits of the Dead) – Publié en 1827 dans Tamerlane and Other Poems, le premier recueil de Poe (originellement intitulé « Visits of the Dead »). Ce poème explore les thèmes de la mort et de l’au-delà.

Eulalie (Eulalie – A Song) – Publié en juillet 1845 dans The American Review. Il s’agit d’un poème nuptial qui célèbre le bonheur apporté par la belle Eulalie au narrateur.

Le Lac (The Lake) – Publié en 1827 dans Tamerlane and Other Poems, le recueil inaugural de Poe. Ce poème lyrique de 23 lignes exprime la fascination de Poe pour la solitude et la beauté mélancolique de la nature.​

Israfel – Publié en novembre 1841 dans Lady’s Pearl. Ce poème, écrit à l’époque de son passage à West Point, parle d’un ange musicien dont le talent provoque de la jalousie.

Stances (Stanzas) – Publié en décembre 1845 dans Graham’s Magazine. Ce poème court traite de la beauté et du sommeil.​

Le Ver conquérant (The Conqueror Worm) – Publié en janvier 1843 dans Graham’s Magazine. Initialement présenté comme un poème autonome, il a été intégré à la nouvelle « Ligeia » lors d’une révision en 1845 et traite de la mortalité humaine et de l’inévitabilité de la mort.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’antre de l’horreur »

L’Antre de l’horreur est une belle surprise : Richard Corben et Richard Margopoulos ont eu l’audace de revisiter dix œuvres d’Edgar Allan Poe en refusant la simple transposition. Pas question ici de faire du Poe estampillé « classique ». Non, c’est une adaptation libre, parfois même débridée, où le fantastique se mêle de gore et d’humour trash.

Richard Corben peint en noir et blanc un univers étouffant où chaque histoire respire sa propre atmosphère. Du crayon pur à l’aérographe savamment dosé, il varie ses techniques pour servir le récit : Le Corbeau oppresse, Le Lac glace, Bérénice dégoûte. C’est du travail de pro.

extrait bd L'antre de l'horreur

Le scénario, c’est plus compliqué. Richard Margopoulo qui bosse depuis longtemps dans l’horreur pulp traite les textes de d’Edgar Allan Poe comme des points de départ, pas des monuments intouchables. Israfel devient une histoire de rue, Eulalie se modernise, et ça peut perturber les fans de littérature « pure ». C’est justement ce qui rend le truc intéressant : les adaptations restent fidèles à l’essence sombre de Poe sans singer ses histoires.

Les textes originaux figurent en fin de chapitre. Ça permet de faire le lien, de voir ce qu’on a gardé, ce qu’on a transformé.

L’Antre de l’horreur, c’est pour qui ? Pour les amateurs de BD d’horreur visuellement soignée. Les puristes de la littérature, eux, risquent de grincer des dents.

Lucy – L’espoir 

Album publié en 2007 aux éditions Capitol.


Résumé éditeur

couverture bd Lucy - L'espoir 

Il y a trois millions sept cent mille ans, dans la vallée de Afar, en Afrique orientale, à la frontière entre la Tanzanie et le Kenya d’aujourd’hui LUCY a perdu son clan un soir d’orage.
Elle est enceinte. Elle n’a pas pu suivre les siens à travers les hautes herbes pour échapper à la colère du ciel. Elle erre dans la savane arborée, perdue, apeurée, tremblante.
C’est la première fois qu’elle se retrouve seule, le moindre bruit la terrifie. Dans son errance, elle croise la route de deux chasseurs Australopithèques d’un autre clan que le sien, qu’elle suit à leur insu, jusqu’à leur campement au bord du lac bleu.
C’est la première fois qu’elle voit des chasseurs d’une telle audace. Ils sont plus grands, ils se déplacent mieux, plus vite, Lucy en est très impressionnée. Cachée dans un taillis, elle assiste à un combat très violent entre l’un des chasseurs et le mâle dominant du clan. A l’issue d’un affrontement incertain, le jeune chasseur est finalement vaincu et banni.

Cette histoire nous conte la rencontre improbable de ces deux êtres, des liens qui peu à peu s’établissent entre eux. Une relation au début hostile, puis méfiante, parfois drôle et facétieuse, avant que ne se révèlent les premiers troubles d’une émotion pudique, porteuse d’un grand sentiment qui renverse tout, pour ce qui constitue peut-être la première histoire d’amour du monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Lucy – L’espoir »

Lucy – L’espoir transpose avec l’histoire de la célèbre australopithèque dans un récit bouleversant qui interroge nos origines. Patrick Norbert s’appuie sur les découvertes scientifiques de la vallée de l’Afar pour imaginer la vie de Lucy, cette femelle d’Australopithecus afarensis datée de 3,2 millions d’années. Le scénariste développe une intrigue intimiste autour de la maternité et de la rencontre avec Adam, représentant un autre clan d’australopithèques.

Patrick Norbert évite l’écueil du sensationnalisme en s’appuyant sur la rigueur scientifique supervisée par Yves Coppens, pour donner à son récit une crédibilité paléoanthropologique indiscutable.

extrait bd Lucy - L'espoir 

Le travail graphique de Tanino Liberatore constitue l’autre pilier de cette œuvre exceptionnelle. L’artiste italien déploie ici une technique entièrement numérique d’une précision photographique. Ses reconstitutions de la savane africaine et de ses dangers – prédateurs, orages, volcans – plongent le lecteur dans cette Afrique primitive avec une intensité visuelle stupéfiante.

Cette bande dessinée sans bulles, uniquement portée par une voix off poétique, révèle sa singularité dans le paysage de la bande dessinée. Lucy – L’espoir s’adresse aux amateurs d’histoire. Une BD remarquable.

Ubu Roi (Adaptation Luc Duthil)

Album publié en 2007 aux éditions Petit à Petit.


Résumé éditeur

Adapté de la pièce de théâtre d’Alfred Jarry publié le 25 avril 1895.

Nous sommes en Pologne où Ubu, ancien roi d’Aragon et capitaine des dragons, jouit d’une haute situation et de la faveur du roi.
Mais sa femme, la Mère Ubu, n’est pas satisfaite de ce rang : elle aspire au trône et réussit à convaincre son mari en évoquant tout ce qu’il pourrait s’offrir en s’enrichissant.
Ubu décide alors de monter une conspiration avec le vaillant capitaine Bordure.
Mais, une fois installé sur le trône, le Père Ubu ne songera plus qu’à l’accroissement de ses biens, et oubliera de récompenser ses alliés…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ubu Roi »

Publié le 13 septembre 2007 par les éditions Petit à Petit, Ubu Roi reprend intégralement la pièce d’Alfred Jarry, précurseur du surréalisme et du théâtre de l’absurde. Luc Duthil adapte fidèlement ce texte révolutionnaire, tandis qu’Aurore Petit lui apporte un traitement graphique affûté.

Le scénario met en lumière la tyrannie grotesque et la folie d’un Père Ubu à l’appétit insatiable de pouvoir. La satire politique, toujours d’actualité, est restituée avec force : la soif de richesse et d’absolu déploie la psychologie d’un personnage à la fois monstrueux et pitoyable. Chaque acte décline l’ambition et la duplicité, rappelant la « pataphysique » fondatrice chez Alfred Jarry.

Le noir et blanc d’Aurore Petit, ponctué de trames précises, renforce l’atmosphère oppressante et burlesque. Le découpage rythmé, alternant cadrages serrés et plans d’ensemble, soutient le scénario.

Cette adaptation respecte à la lettre le texte original mais permet de découvrir la pièce de façon visuelle. Destinée aux amateurs de théâtre et de satire sociale, elle séduira un public d’ados et d’adultes en quête d’un humour corrosif et engagé.

Le Maître de Ballantraë – Livre Second

Album publié en 2007 aux Editions Denoël.


Adapté du roman de Robert Louis Stevenson publié le 20 septembre 1889.

couverture bd Le Maître de Ballantraë - Livre Second

« Une implacable tragédie humaine […], c’est ainsi que l’histoire m’est venue. L’intrigue me trottait dans la tête depuis longtemps : le frère aîné part se battre en 45, le cadet reste ; le cadet, bien entendu, reçoit le titre et le domaine, et il épouse la fille promise à son aîné – arrangement de famille – mais lui (le cadet) l’avait toujours aimée, alors qu’elle était vraiment amoureuse de l’autre.
C’est alors que le diable et Saranac m’ont soufflé le dénouement […] : le frère aîné est un INCUBE. Censé avoir été tué à Culloden, il refait surface et saigne sa famille jusqu’au dernier sou ; à partir de là il vient habiter avec eux, d’où découle la véritable tragédie, le duel nocture entre les frères et la deuxième mort supposée de l’aîné... »
(Lettre de Stevenson à Henry James, mars 1888.)


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Maître de Ballantraë – Livre Second »

Adapté du roman de Robert Louis Stevenson, ce deuxième volet clôt le diptyque d’Hippolyte en revisitant la rivalité implacable des frères Durie sur fond de soulèvement jacobite de 1745. Publié en octobre 2006 par Denoël Graphic, ce second volume prolonge l’épopée initiée dans le premier tome, explorant la rédemption d’Henry et le retour ténébreux de James.

Au cœur de cette suite, la faiblesse d’Henry et la perfidie calculatrice de James se nourrissent d’une haine intime qui déborde le cadre familial pour devenir tragédie universelle. Le narrateur, Mackellar, sert de témoin impartial et intensifie la tension psychologique : son dilemme permanent entre loyauté et fascination renforce l’emprise dramatique de ce récit.

extrait bd Le Maître de Ballantraë - Livre Second

Graphiquement, Hippolyte fait preuve d’un talent remarquable. La ligne nerveuse, presque barbouillée, associée à une mise en couleur à l’aquarelle riche en tonalités, crée des ambiances tour à tour froides, chaleureuses ou oppressantes. La double page d’ouverture, où le regard obscur de James hante le château de Durrisdeer, illustre parfaitement cette maîtrise chromatique et symbolique.

Somptueusement édité et visuellement captivant, Le Maître de Ballantraë – Livre Second permet de redécouvrir ce roman un peu moins connu de Robert Louis Stevenson.

Nicolas Eymerich Inquisiteur – 4 – Le Corps et le sang

Album publié en 2007 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après le roman de Valerio Evangelisti   publié en 1994.

couverture bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 4 - Le Corps et le sang

1358. Castres.
Nicolas Eymerich prépare un autodafé pour purifier Castres sous la domination d’une secte aux rites impies et sanglants.
Devant l’inquisiteur se dresse le spectre de la « Mort Rouge ».

Six siècles plus tard, les États-Unis sont touchés par une vague d’épidémies – véhiculées par le sang – ciblant exclusivement les gens de couleur. L’Amérique est au bord d’une catastrophe génétique.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nicolas Eymerich Inquisiteur – 4 – Le Corps et le sang »

Paru en avril 2007 aux éditions Delcourt, Le Corps et le sang signe le quatrième volet de l’adaptation BD du cycle de Valerio Evangelisti par Jorge Zentner (scénario) et David Sala (dessin, couleurs). Ce diptyque conjugue l’enquête inquisitoriale de 1358 à Castres, où Nicolas Eymerich prépare un autodafé contre la « Mort Rouge », et 1952 à Atlanta, théâtre d’une conspiration sanguinaire fomentée par un professeur du Ku Klux Klan.

Le scénario excelle à tisser des résonances entre foi et barbarie. Eymerich, froid et calculateur, incarne un fanatisme raisonné dont la profondeur se révèle dans ses interrogatoires implacables. En parallèle, le projet de diffusion d’une maladie génocidaire souligne l’universalité du mal et interroge la frontière entre savoir scientifique et idéologie raciste.

extrait bd Nicolas Eymerich Inquisiteur - 4 - Le Corps et le sang

Graphiquement, David Sala déploie un art de l’aquarelle : palettes chaudes pour le Moyen Âge, nuances froides pour le XXe siècle. Alternant traits précis et contours estompés, chaque planche diffuse une densité émotionnelle. Les jeux de lumière rouge sang ou bleutée renforcent la tension entre mysticisme et science, tandis que la composition des cases intensifie la claustrophobie du récit.

Sombre, maîtrisée et d’une grande originalité, Le Corps et le sang séduira les lecteurs en quête d’une bande dessinée mariant habilement enquête historique, fantastique et réflexion sur la nature du pouvoir et de la foi.

Le dernier jour d’un condamné

Album publié en 2007 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Victor Hugo publié le 7 février 1829.

couverture bd Le dernier jour d'un condamné

« Condamné à mort !… Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée.
Toujours seul avec elle…
Toujours glacé par sa présence…
Elle m’obsède éveillé, épie mon sommeil…
Et reparaît dans mes rêves…
Je viens de m’éveiller en sursaut… en me disant ‘ce n’est pas en rêve’…
Eh bien avant même d’avoir entr’ouvert les yeux pour vérifier que ce n’en était pas un, je l’ai entendue : condamné à mort !
« 


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le dernier jour d’un condamné »

Dans cette adaptation fidèle du roman de Victor Hugo, Stanislas Gros et Marie Galopin restituent avec l’atmosphère oppressante du cachot et la progression inexorable du temps qui mène à la guillotine. La narration graphique, construite sur un découpage rigoureux, met en valeur la solitude du condamné : chaque case, encadrée de traits noirs serrés, évoque l’enfermement psychologique et la tension dramatique du récit original.

Les couleurs de Marie Galopin, dominées par des camaïeux froids et des ombres prononcées, renforcent le sentiment d’angoisse et de dénuement qui pèse sur le personnage principal. Cette palette minimaliste souligne les moments de vertige intérieur, lorsque les souvenirs affluent et que la peur de la mort devient palpable. L’emploi récurrent de plans rapprochés et de vignettes étouffées intensifie la dimension intimiste du témoignage du condamné.

extrait bd Le dernier jour d'un condamné

Le lecteur est tour à tour spectateur et complice des interrogations existentielles du héros. Le choix d’attribuer au protagoniste une vaque ressemblance à Victor Hugo lui-même constitue un clin d’œil sympathique.

Le Dernier Jour d’un condamné est une adaptation réussie qui a le mérite de refaire découvrir sous l’angle du 9ème art ce roman marquant de Victor Hugo.

Histoire des sciences en Bd – Tome 3 – Moyen Âge et Renaissance

Album publié en 2007 aux Editions Casterman.


Dans quelle ville est née la première université ?
Pourquoi l’Eglise se méfiait-elle des savants ?
Qui surnomma-t-on le  » docteur admirable  » ?
Qu’est-ce que le rasoir d’Occam?
Pourquoi les chiffres arabes ont-ils supplante les chiffres romains?
Y avait-il des chirurgiens au Moyen Âge?
De quand datent l’horloge, les lunettes, la boussole…?
Comment marche un moulin?
Qui fut vraiment Léonard de Vinci?
Comment a-t-on compris que la Terre était ronde?
Que devons-nous à Copernic?
Autant de questions difficiles… mais tellement passionnantes !
Clair et vivant, souvent amusant, ce livre vous présente l’histoire des sciences comme une formidable aventure : tout simplement celle de la civilisation !
Partez à la découverte des bases de toutes les sciences : astronomie, physique, médecine, géographie et mathématiques vous dévoilent leur histoire secrète !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Histoire des sciences en Bd – Tome 3 – Moyen Âge et Renaissance »

Jung Hae-Yiong et Shin Young-Hee livrent avec ce troisième tome une œuvre qui dépasse les frontières géographiques traditionnelles de l’histoire des sciences. Contrairement aux approches occidentales habituelles, les auteures accordent une place significative aux apports scientifiques de l’Islam, de la Chine et de l’Inde, offrant ainsi une vision véritablement mondiale du savoir médiéval. Cette perspective coréenne enrichit considérablement notre compréhension des échanges scientifiques entre civilisations.

extrait bd Histoires des science en Bd - Tome 3 - Moyen Âge et Renaissance

Le trait stylisé façon manga de Shin Young-Hee s’avère particulièrement efficace pour captiver le jeune public tout en maintenant la rigueur documentaire. Les phylactères généreux permettent d’intégrer des explications détaillées sans alourdir la narration, tandis que la présence récurrente d’une enseignante guide habilement le lecteur à travers les concepts complexes.

L’ouvrage privilégie la curiosité en posant des questions concrètes : « Pourquoi l’Église se méfiait-elle des savants ? » ou « Qu’est-ce que le rasoir d’Occam ? ». 

Cette bande dessinée constitue un excellent outil d’initiation à l’histoire des sciences pour les collégiens, tout en offrant aux adultes une perspective rafraîchissante sur les origines multiculturelles de notre savoir scientifique.


Les contes du chat perché – 1

Bande dessinée publiée en 2007 aux éditions Gallimard.


D’après les contes de Marcel Aymé publiés entre 1934 et 1946.

couverture bd Les contes du chat perché - 1

Delphine et Marinette ne sont pas toujours prudentes. Et les parents sont parfois si méchants! Heureusement, les filles ont de bons amis parmi les animaux de la ferme…

«La patte du chat» (1944)
Delphine et Marinette cassent un vieux plat de faïence dans la cuisine de la ferme.
Pour les punir, les parents décident de les envoyer chez l’affreuse tante Mélina, avec sa bouche sans dents et son menton plein de barbe.

«Le canard et la panthère» (1937)
Les parents regardent le canard avec des yeux gourmands. C’est le moment de lui conseiller de faire un grand voyage.

Adaptation du chef-d’œuvre intemporel de Marcel Aymé, deux contes savoureux, loufoques et cruels, où le merveilleux se mêle au quotidien avec une grâce inégalée.
le cycle 3 (en classe de CM1-CM2).

Agnès Maupré, étudiante aux Beaux-Arts de Paris, signe ici sa première bande dessinée. Elle y révèle un talent remarquable d’audace, de vitalité et de charme.

Titre recommandé par le ministère de l’Éducation nationale pour le cycle 3 (en classe de CM1-CM2).


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les contes du chat perché – 1 »

Quand l’aquarelle donne vie aux contes de Marcel Aymé.

Dans ce premier tome des « Contes du chat perché« , Agnès Maupré offre une adaptation vibrante et fidèle de deux histoires emblématiques de Marcel Aymé. Pour sa première incursion dans la bande dessinée en 2007, la jeune illustratrice s’attaque avec brio à ce classique de la littérature jeunesse française.

Les aventures de Delphine et Marinette, ces deux fillettes complices des animaux de la ferme face à leurs parents austères et pragmatiques, prennent une dimension nouvelle sous le trait vif et léger d’Agnès Maupré. Dans « La patte du chat« , où Alphonse fait pleuvoir pour éviter aux enfants la terrible punition parentale, et « Le canard et la panthère« , où une improbable amitié bouleverse le quotidien de la ferme, l’artiste capture parfaitement l’équilibre subtil entre drôlerie et cruauté propre à l’univers de Marcel Aymé.

extrait bd Les contes du chat perché - 1

Ce qui séduit particulièrement, c’est la manière dont les couleurs chatoyantes et le trait souple insufflent dynamisme et tendresse à ces récits. Chaque planche témoigne d’une compréhension fine de l’esprit originel tout en apportant une fraîcheur contemporaine. L’expressivité des personnages traduit avec justesse l’humour des situations cocasses comme la tension des moments de confrontation.

Une adaptation réussie qui ravira tant les nostalgiques de ces contes intemporels que les jeunes lecteurs découvrant pour la première fois ce monde où les animaux parlent et où l’imagination triomphe des conventions.

Le Roman de Renart – Tome 1 – Ysengrin

Albums publiés en 2007 aux Editions Gallimard.


Adapté de l’œuvre de coécrite par 28 auteurs dont Pierre de Saint-Cloud, Richard de Lison, Prêtre de la Croix-en-Brie (écrite entre 1174 et 1250).

couverture bd Le Roman de Renart - Tome 1 - Ysengrin

Renart est de triste réputation : les autres animaux ont trop souvent appris à leurs dépens sa ruse et sa cupidité.
Mais quand il s’en prend au loup Ysengrin, Renart se fait un ennemi aussi stupide que redoutable. Car le loup, qui est loin d’avoir un cœur d’agneau, n’aura de cesse de se venger…

Ce premier volume rassemble quatre des plus célèbres histoires mettant en scène Ysengrin : les bacons, les anguilles, les moines, la pêche.

Titre recommandé par le ministère de l’Éducation nationale, pour le cycle 3 de l’école primaire et en classe de 5e.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Roman de Renart – Tome 1 – Ysengrin »

Bruno Heitz réussit un tour de force avec cette adaptation fidèle et savoureuse du célèbre « Roman de Renart » médiéval. Dans ce premier tome centré sur Ysengrin, l’auteur-illustrateur ressuscite avec talent les quatre épisodes les plus emblématiques de la rivalité entre le rusé goupil et le loup crédule.

Loin d’être une simple transposition, cette bande dessinée capture l’essence satirique du texte original. Bruno Heitz préserve habilement la dimension critique sociale de cette œuvre née aux XIIe et XIIIe siècles, où la ruse triomphe de la force brute dans un monde rural finement observé. La relation complexe entre Renart, opportuniste affamé, et son « oncle » Ysengrin, aussi brutal que naïf, est rendue avec une justesse remarquable.

extrait bd Le Roman de Renart - Tome 1 - Ysengrin

Le trait quasi-naïf de l’auteur s’avère parfaitement adapté à ce récit intemporel. Sa ligne claire, dynamique et expressive, est rehaussée par des couleurs douces qui créent des paysages évocateurs. L’économie du trait n’empêche pas une grande richesse émotionnelle – le sourire malicieux de Renart ou la mine déconfite d’Ysengrin sont irrésistibles. L’humour jaillit autant des dialogues ciselés que des situations visuelles.

Cette BD est un petit bijou qui séduira autant les jeunes lecteurs dès 7 ans que les amateurs de bande dessinée et de littérature médiévale, curieux de redécouvrir ce classique dans une version vivante et fidèle.