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Tassili – Une femme libre au néolithique

Bande dessinée publiée en 2022 aux éditions La Boite à Bulles.


À l’aube du néolithique, dans un Sahara encore verdoyant, une femme se rebelle pour changer les usages de son clan…

couverture bd Tassili - Une femme libre au néolithique

À la fin du paléolithique, un clan de chasseurs-cueilleurs évolue au cœur du Tassili, une région saharienne alors riche en faune et en flore. Au sein de ce groupe vit Djané, une jeune femme avide de liberté, d’amour et de changement.

Djané est une jeune femme habile de ses doigts : elle aime confectionner des outils et a découvert que les plantes pouvaient se semer, la terre se travailler… Mais n’est-ce pas là contrarier les esprits ?

Djané aime Doro, un vaillant chasseur. Mais comme toutes les femmes du clan en âge de procréer, elle n’a le droit de se donner qu’à Ghat, le meilleur guerrier de la famille.

Djané aimerait prendre son indépendance. Elle pense que les membres du clan devrait bien plus se mélanger avec ceux d’autres tribus, et cesser de continuer à se reproduire entre eux.

« Tassili« , c’est l’histoire d’un combat pour l’émancipation, celui d’une femme qui lutte pour permettre le passage à un nouveau mode de production et de vie, qui lutte aussi pour l’amour, pour que chacun puisse choisir qui il veut aimer. Un combat pour instaurer un monde nouveau, le néolithique.

Une page d’histoire humaine qui se déroule au sein d’un Sahara inattendu, luxuriant, tel que nous ne l’avons jamais vu ; un paradis terrestre ou sont nées les fameuses peintures rupestres de Tassili.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tassili – Une femme libre au néolithique »

Tassili – Une femme libre au néolithique, co-écrite par Maadiar et illustrée par Fréwé, est une œuvre audacieuse qui réussit à fusionner la richesse historique avec une profonde réflexion sur la liberté et la place de la femme dans un monde en pleine évolution.

Ancrée dans un Sahara luxuriant de l’ère néolithique, la bande dessinée nous transporte à une époque où l’humanité commence à s’organiser, à cultiver et à se sédentariser.

Le personnage central, Djané, incarne à la fois l’innovation et le désir de rébellion face aux normes patriarcales de son clan. Son aspiration à la liberté, à l’amour choisi et à la transmission de nouvelles pratiques agricoles, est mise en valeur par une narration captivante. Maadiar nous livre un scénario sobre mais puissant tout en maintenant l’intérêt du lecteur jusqu’à la fin​.

extrait bd Tassili - Une femme libre au néolithique

Côté visuel, Fréwé réussit à capturer avec délicatesse la beauté d’une nature encore méconnue. Ses dessins lumineux rendent hommage à l’époque tout en nous plongeant dans un environnement foisonnant, presque palpable. Cette reconstitution graphique, fine et poétique, enrichit le récit et lui donne une profondeur supplémentaire.

Tassili est une bande dessinée qui allie avec brio histoire, art et réflexion sociétale.

Ötzi – Une vie décongelée

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions La Boite à Bulles.


couverture bd Ötzi - Une vie décongelée

Découverte en 1991 dans le Sud des Alpes, la momie Ötzi a soulevé – et répondu à – bien des questions. Avec rigueur et humour, Colocho reconstitue l’histoire de sa vie.

En 1991, à la frontière entre Alpes italiennes et autrichiennes, un couple de randonneurs découvre le corps d’un homme momifié, bientôt baptisé Ötzi. Une découverte qui soulève bien des questions : Qui est-il ? À quoi avait ressemblé sa vie ?

Pas facile de le dire… d’autant que l’homme en question est mort il y a plus de 5 000 ans, à la fin du Néolithique. Heureusement pour les chercheurs, l’ancêtre a passé toutes ces années enfoui sous la glace et en est sorti sacrément bien conservé, malgré son âge avancé !

Pourtant, si les études ont permis de déterminer sa condition physique ou encore la composition de son dernier repas, certaines zones d’ombre demeurent. Impossible de connaître précisément son histoire et de savoir ce qui l’a mené à gravir la montagne, jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude, une pointe de flèche dans le dos.

Mais où s’arrête le champ de compétences de la science commence celui de l’imagination ! Colocho nous raconte la vie d’Ötzi et comble ses parts d’ombre avec humour et vraisemblance. En résulte l’histoire captivante d’un homme à qui un oracle a prédit la renommée… d’ici quelques millénaires !

À l’aide d’une riche documentation, Colocho raconte avec justesse et humour le quotidien d’un de nos ancêtres du Néolithique


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ötzi – Une vie décongelée »

Ötzi : une vie décongelée de Colocho est une véritable prouesse, réussissant à allier une reconstitution historique minutieuse à une fiction palpitante.

Cette bande dessinée nous plonge dans la vie d’Ötzi, ce chasseur du Néolithique, découvert momifié en 1991 dans les Alpes. L’auteur parvient à combler les nombreuses zones d’ombre entourant cette figure historique avec une créativité et un humour savoureux.

Le trait de Colocho, vif et précis, donne vie à une époque souvent difficile à représenter. Le choix du noir et blanc, associé à un style proche de la gravure, confère au récit un réalisme brut, tout en laissant place à des moments plus légers grâce à des dessins au style cartoonesque.

extrait bd Ötzi - Une vie décongelée

Narrativement, Colocho alterne brillamment entre les découvertes scientifiques sur Ötzi et les épisodes fictifs de sa vie quotidienne. On s’attache rapidement à ce personnage, artisan talentueux et père de substitution, dont la destinée tragique est marquée par des conflits tribaux et des rivalités amoureuses. Ce mélange subtil de données scientifiques et d’imagination déborde d’humanité et offre une réflexion captivante sur la vie des premiers hommes.

Ötzi : une vie décongelée n’est pas seulement un hommage à l’Histoire, mais une aventure humaine profondément touchante, servie par une plume et un crayon d’une rare qualité. Un album incontournable pour les amateurs de récits historiques.

Oedipe-Roi

Album publié en 2024 aux éditions La Boite à Bulles.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Sophocle créé entre 429 avant J-C.

couverture bd Oedipe-Roi

Et si Œdipe n’avait pas pas régné sur Thèbes mais à Marseille, en 1720, lors de la grande épidémie de peste… Une adaptation inspirée de la pièce de Sophocle.

Œdipe règne sur Marseille  après avoir vaincu la Sphinge et libéré la ville de son emprise. Il s’est également vu offrir la main de Jocaste, la veuve de Laïos, le précédent roi. De leur union sont nés quatre enfants  : Étéocle, Polynice, Antigone et Ismène.

1720, Marseille est submergée par la peste, les cadavres s’entassent sur le Vieux port. Un oracle prévient Œdipe que  pour arrêter ce fléau, il doit  découvrir l’identité du meurtrier de Laïos et le punir. Mais en menant ses recherches, Œdipe se rend compte qu’il est tout à la fois le  fils de Laïos, son meurtrier et l’époux de sa mère…

Une adaptation  fidèle au texte de Sophocle  mais transposée dans un contexte historique plus proche de nous, à Marseille et au 18e  siècle.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Oedipe-Roi »

Œdipe-Roi, adapté par Clément Baloup et magnifiquement illustré par Eddy Vaccaro et Sae Youn Koh, est une brillante relecture du célèbre mythe grec.

Située dans le Marseille du XVIIIe siècle, en pleine épidémie de peste, cette bande dessinée nous plonge dans un cadre historique riche et troublant, éloigné des origines antiques de l’histoire. Pourtant, cette transposition audacieuse fonctionne à merveille, ancrant l’intrigue tragique d’Œdipe dans un environnement qui évoque à la fois la décadence et le désespoir d’une ville en ruine​.

Le scénario de Clément Baloup suit fidèlement la trame mythologique de Sophocle, tout en l’imbriquant habilement dans ce contexte historique particulier. Œdipe, ici roi de Marseille, mène l’enquête sur le meurtre de Laïos, tandis que la ville est ravagée par la peste. Les rebondissements tragiques qui suivent sont rehaussés par l’atmosphère pesante de la peste, accentuée par les illustrations monochromes. Le choix du noir et blanc, loin d’être austère, intensifie le sentiment d’étouffement et l’horreur des événements​.

extrait bd Oedipe-Roi

Le dessin semi-réaliste de Eddy Vaccaro, complété par Sae Youn Koh confère à l’œuvre une dimension à la fois dramatique et intimiste. Chaque planche est empreinte de détails visuels qui capturent la tension et la fatalité de cette tragédie revisitée.

Œdipe-Roi est une œuvre à découvrir pour sa capacité à allier le mythe à une lecture moderne, tout en conservant la force de la tragédie originelle.

Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 2ème partie

Bande dessinée publiée en 2020 aux éditions La Boite à Bulle.


La vie de Jacques, apprenti ouvrier, depuis l’euphorie des premiers congés payés en 1936, jusqu’à la chape de plomb de l’Occupation allemande pendant la Deuxième guerre mondiale.

couverture bd Ouvrier, Mémoires sous l'Occupation - 2ème partie

Nous sommes en 1936 et un vent d’espoir souffle sur le monde ouvrier avec la victoire du Front Populaire aux élections.

Apprenti dans les ateliers de construction navale de Bordeaux, Jacques ne profite pas moins de son adolescence, croquant avec insouciance la vie —­ à pleines dents et en dessins sur son carnet — en ces temps de premiers congés payés…

Mais bientôt, c’est la mobilisation générale puis la guerre. Réformé, Jacques n’y prend pas part.
La débâcle de 1940 ramène à Bordeaux les troupes allemandes. Commence alors le temps de l’Occupation, du couvre-feu, des rationnements, des dilemmes et des premiers amis disparus… Mais faut-il pour autant cesser de vivre pleinement ?

Un récit tout à la fois intime et historique…


Bordeaux, 1942. La France, toujours occupée, continue de vivre à l’heure allemande.

Le frère de Jacques, Marceau, est retenu dans un camp de travail en Allemagne. Les deux compagnons échangent quelques lettres mais la censure ne permet pas de savoir réellement ce que vit le détenu. Cela ne semble pas pour autant perturber Jacques qui, de son côté, goûte aux joies de l’amour et aux balades galantes en compagnie de son amoureuse : Jacqueline.

Jacques culpabilise parfois de sa félicité mais l’ivresse de sa douce passion ne tolère pas d’entrave et la gêne s’efface rapidement.

Jacques et Jacqueline sont deux jeunes gens qui aspirent à la gaieté et si le temps paraît s’opposer à l’idée terrible du bonheur, les amoureux n’en ont que faire et choisissent le camp divergent, une passerelle lumineuse, au-dessus du monde. Et s’il faut être égoïste et aveugle pour s’aimer en temps de guerre, Jacques veut bien fermer les yeux, quitte à oublier tout le reste, la guerre, les Allemands, les grands bouleversements qui se préparent alentour et surtout son frère, son meilleur ami, Marceau.

Un récit intime et enrichissant qui donne à voir l’Occupation sous un angle bien plus humain qu’un cours d’histoire !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 2ème partie »

« Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 2e partie » de Bruno Loth s’affirme comme une bande dessinée à la fois émouvante et historiquement précise, plongeant le lecteur dans le quotidien d’un ouvrier bordelais durant l’Occupation allemande. Le récit, basé sur les souvenirs du père de l’auteur, Jacques, se distingue par sa capacité à allier l’intime et le collectif, offrant une fresque humaine des plus touchantes.

Bruno Loth excelle dans l’art de dépeindre les dilemmes moraux et les petites victoires de la vie quotidienne sous l’Occupation. Ses dessins, à la fois simples et réalistes, sont rehaussés par une palette de couleurs sobres qui souligne la gravité de l’époque sans jamais sombrer dans le pathos. Cette sobriété graphique permet de rendre compte de l’ordinaire avec une justesse saisissante, faisant de chaque page un témoignage poignant de résilience et de survie​.

extrait Ouvrier, Mémoires sous l'Occupation - 2ème partie

La précision documentaire de l’œuvre réussie à capturer l’essence des ateliers de construction navale de Bordeaux ainsi que les bouleversements socio-politiques de l’époque. Loth, par son trait épuré et son sens du détail, transforme le quotidien en une épopée où chaque geste et chaque décision résonnent avec une intensité particulière.

« Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 2e partie » n’est pas seulement une bande dessinée historique, c’est une œuvre profondément humaine qui éclaire d’un jour nouveau les sacrifices et les espoirs d’une génération marquée par la guerre. Bruno Loth offre ici une véritable leçon de mémoire, portée par un récit intime et universel à la fois.



Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Bordeaux

Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 1ere partie

Bande dessinée publiée en 2020 aux éditions La Boite à Bulle.


La vie de Jacques, apprenti ouvrier, depuis l’euphorie des premiers congés payés en 1936, jusqu’à la chape de plomb de l’Occupation allemande pendant la Deuxième guerre mondiale.

Nous sommes en 1936 et un vent d’espoir souffle sur le monde ouvrier avec la victoire du Front Populaire aux élections.

Apprenti dans les ateliers de construction navale de Bordeaux, Jacques ne profite pas moins de son adolescence, croquant avec insouciance la vie —­ à pleines dents et en dessins sur son carnet — en ces temps de premiers congés payés…

Mais bientôt, c’est la mobilisation générale puis la guerre. Réformé, Jacques n’y prend pas part.
La débâcle de 1940 ramène à Bordeaux les troupes allemandes. Commence alors le temps de l’Occupation, du couvre-feu, des rationnements, des dilemmes et des premiers amis disparus… Mais faut-il pour autant cesser de vivre pleinement ?

Un récit tout à la fois intime et historique…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 1ere partie »

Bruno Loth, dans « Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 1ère partie« , plonge le lecteur dans le quotidien difficile de Jacques, un ouvrier bordelais pendant l’Occupation allemande. Loth, s’inspirant des mémoires de son père, réussit à capturer l’essence de cette période avec une authenticité remarquable.

L’une des forces majeures de cette bande dessinée réside dans sa capacité à évoquer les épreuves des gens ordinaires sans verser dans le pathos excessif. Jacques, le protagoniste, incarne la résistance silencieuse de ceux qui, malgré la terreur et les privations, continuent à travailler, à vivre et à espérer. Le trait de Loth, simple mais efficace, accompagne parfaitement ce récit intime et poignant, soulignant les émotions sans les surjouer.

La fidélité historique est un autre point fort de l’œuvre. Loth ne se contente pas de raconter une histoire ; il documente une époque. Les conditions de travail des ouvriers, les dilemmes moraux face aux compromissions imposées par l’Occupation, et la solidarité discrète mais tenace entre les personnages sont autant d’éléments qui ancrent ce récit dans une réalité palpable. La richesse de ce contexte historique confère à l’album une dimension éducative précieuse​​.

L’authenticité et la simplicité narrative de Loth permettent une immersion totale dans cette époque sombre​. La bande dessinée, sans artifice, rend hommage à la résilience humaine et offre une réflexion profonde sur les choix moraux en temps de guerre.

« Ouvrier, Mémoires sous l’Occupation – 1ère partie » est une œuvre à la fois émouvante et instructive, qui capte avec justesse la dure réalité de l’Occupation à travers le prisme des expériences individuelles. Une lecture indispensable pour quiconque s’intéresse à cette période de l’histoire.



Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Bordeaux

Têtes de mule – Six jeunes alsaciennes en résistance

Bande dessinée publiée en 2020 aux éditions La Boite à Bulle.


L’histoire vraie d’une jeune Alsacienne et de ses amies, devenues passeuses de prisonniers de guerre par application des idéaux scouts.

couverture bd Têtes de mule - Six jeunes alsaciennes en résistance

Alice est une jeune fille de la petite bourgeoisie strasbourgeoise. En septembre 1939, à 21 ans, cette guide de France, anticonformiste et francophile s’engage comme infirmière dans l’armée française. Après la débâcle, elle rentre chez ses parents à Strasbourg, en Alsace, que les Allemands s’emploient à nazifier.

Très vite, Alice s’insurge contre la situation et, avec ses amies Guides de France, elle constitue une équipe clandestine qui vient en aide aux prisonniers de guerre français et étrangers enfermés dans les casernes de la ville.

Pendant deux ans, elles recueillent, nourrissent, munissent de faux papiers et exfiltrent d’Alsace près de 500 prisonniers de guerre ou d’alsaciens fuyant le Reichsarbeitsdienst, le service du travail du Reich.
Mais suite à une imprudence, le réseau est repéré, les filles arrêtées, et enfermées dans la forteresse de Ziegenhain (près de Kassel). Lucienne, la cheffe d’équipe est condamnée à mort. En septembre 1944, Strasbourg est libéré, Alice n’a alors plus qu’une idée en tête, s’évader, et retrouver sa famille.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Têtes de mule – Six jeunes alsaciennes en résistance »

Écrit par Étienne Gendrin, « Têtes de mule – Six jeunes alsaciennes en résistance » est une bande dessinée poignante et vibrante qui retrace l’histoire vraie de six jeunes Alsaciennes durant l’occupation allemande. Cette œuvre, publiée en 2020, est non seulement un hommage émouvant à ces héroïnes méconnues, mais aussi un témoignage historique richement documenté.

Gendrin s’appuie sur les souvenirs d’Alice Daul, une des protagonistes, pour nous plonger dans l’Alsace annexée des années 1940. À travers une recherche minutieuse et un travail de documentation approfondi, l’auteur parvient à recréer l’ambiance et les défis de cette époque troublée.

Les dessins à l’aquarelle, d’une beauté et d’une précision remarquables, confèrent une dimension presque poétique à ce récit dramatique. Les personnages, dessinés avec une grande humanité, sont à la fois touchants et inspirants.

Le scénario, fluide et bien rythmé, met en lumière le courage et la détermination de ces jeunes filles, membres du mouvement scout des Guides de France. Leur engagement, parfois inconscient mais toujours fervent, les conduit à exfiltrer près de 500 prisonniers de guerre de l’Alsace annexée, malgré les risques et les sacrifices. Gendrin réussit à rendre palpable leur soif de liberté et leur refus de l’injustice, tout en illustrant les aspects moins glorieux de leur quotidien de résistantes​.

« Têtes de mule – Six jeunes alsaciennes en résistance » est une œuvre magistrale qui marie habilement histoire et émotion. Elle constitue une lecture indispensable pour quiconque s’intéresse à la Seconde Guerre mondiale et à la résistance, offrant une perspective unique et profondément humaine sur le rôle crucial des femmes dans ces moments de grande noirceur.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Forteresse de ZiegenhainStrasbourg

Oncle Vania

Album publié en 2025 aux Editions La boite à Bulle.


Adapté de la pièce de théâtre de Anton Tchekhov (joué pour la première fois à Moscou le 26 octobre 1899).

couverture bd Oncle Vania

Dans le domaine qu’elle possède et qu’elle gère – avec l’aide de son oncle Vania – Sonia mène une existence morne et tranquille. Mais celle-ci se trouve soudain perturbée par la présence du père de Sonia, le professeur Sérébriakov, venu passer de longues vacances, accompagné de sa nouvelle épouse, la jeune et belle Eléna.


La jeune femme attise les convoitises de l’Oncle Vania ainsi que d’un ami de la famille, le médecin Astrov – homme misanthrope, amoureux de la nature et inquiet pour son devenir – dont est secrètement amoureuse Sonia…


Quand le professeur, monstre d’égoïsme, annonce son intention de vendre le domaine, la tension entre les différents protagonistes atteint son paroxysme et des coups de feu sont échangés.


La pièce – et sa brillante adaptation – propose une galerie de personnages tout à la fois ridicules dans leur incapacité à prendre en main leur destin, à ne pas gâcher leur unique vie, et touchants par leur sincérité, leur humanité. Et aborde des thèmes aussi contemporains que le mal de vivre ou l’écologie…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Oncle Vania »

Rémy Benjamin propose une adaptation remarquable d’Oncle Vania, l’œuvre emblématique d’Anton Tchekhov de 1897, transformant les subtilités théâtrales en case BD. Cette bande dessinée, parue aux éditions La Boîte à bulles, transcrit fidèlement les tensions psychologiques qui traversent ce domaine rural russe où convergent désillusions amoureuses et questionnements existentiels.

L’auteur belge excelle dans le traitement des thèmes d’Anton Tchekhov : la mélancolie des rêves brisés, les passions refoulées entre Vania, Elena et Astrov, et cette dimension écologique portée par le médecin défenseur des forêts. Rémy Benjamin respecte scrupuleusement le texte original tout en s’appropriant visuellement ces drames intimes où « chacun vit une forme de frustration ».

extrait bd Oncle Vania

Graphiquement, l’œuvre séduit par ses tons jaunâtres et automnaux qui renforcent l’amertume du récit. L’alternance entre gaufriers serrés et pleines pages contemplatives crée un rythme particulièrement efficace. Les paysages, magnifiquement rendus, ne constituent pas un simple décor mais incarnent cette nature menacée, miroir des vies qui se délitent.

Cette adaptation réussit le pari délicat de rendre accessible un chef-d’œuvre théâtral sans le trahir, offrant une lecture riche tant aux néophytes qu’aux connaisseurs de l’univers d’Anton Tchekhov . Un superbe roman graphique.

La Muette – Drancy, un camp aux portes de Paris

Album publié en 2025 aux éditions La Boite à Bulle.


Résumé éditeur

À travers divers destins croisés, le camp d’internement de la Muette, à Drancy, raconté pour la première fois en bande dessinée.

20 août 1941, la police française se prépare à arrêter 5000 habitants du 11e arrondissement de Paris, tous de confession juive… Quelques jours plus tard, ils seront 4230 hommes à être emprisonnés dans la cité de La Muette à Drancy.

Durant trois années, la cité verra ainsi passer 67  000 hommes, femmes et enfants en partance pour les camps de la mort… Parmi eux, Béno, Nissim, Jean, Chil, Chana et bien d’autres. Des noms qui sont autant de victimes de la logique d’extermination nazie – et de ses complicités françaises. Des destins qui se croiseront dans un quotidien rythmé par les rafles et déportations qui emplissent et vident alternativement le camp…

À travers ces histoires, Valérie Villieu et Simon Géliot donnent pour la première fois à voir la vie du camp de La Muette  : son organisation, son évolution et le quotidien des interné.e.s qui y sont passés. Un quotidien marqué par la souffrance, la lutte pour survivre mais aussi la solidarité et la foi en un avenir meilleur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Muette – Drancy, un camp aux portes de Paris »

Dès l’ouverture de cette BD, La Muette s’affirme comme une plongée saisissante dans l’histoire du camp d’internement de Drancy, d’août 1941 à août 1944. Signé par Valérie Villieu (scénario) et Simon Géliot (dessin), ce roman graphique de 304 pages est précédé d’une préface éclairée de l’historienne Annette Wieviorka.

Le scénario, bâtie autour des destins croisés de Béno, Nissim, Chana et bien d’autres, alterne scènes de vie quotidienne — brimades, trafics, privations — et moments de solidarité. Cette construction en mosaïque, sans dévoiler l’issue des trajectoires, installe une tension constante et invite le lecteur à partager l’angoisse du huis clos.

extrait bd La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris

Sur le plan graphique, le choix d’une palette monochromatique (nuances de bleu froid) renforce l’atmosphère oppressante du camp et sert le récit avec sobriété. Les traits anguleux de Simon Géliot soulignent la fragilité des corps émaciés et la rudesse des baraquements, tandis que les cadrages serrés immergent le lecteur au cœur du cauchemar.

À la fois outil pédagogique et œuvre littéraire, cette BD s’adresse aux enseignants d’histoire et à tout public désireux de comprendre la mécanique de l’internement en France pendant la Seconde Guerre mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Drancy

Brest à quai – [Carnet de bord] des travailleurs du port

Album illustré publié en 2016 aux éditions La Boite à Bulles.


Résumé éditeur

couverture bd Brest à quai

Nicolas Le Roy et Damien Roudeau ont exploré les quais de Brest pour donner la parole aux travailleurs du port.

En compagnie de Nicolas Le Roy, Damien Roudeau a exploré les quais de Brest et y a croqué la vie, le travail, les gens :  pêcheurs, dockers, grutiers, remorqueurs, pilotes… autant d’hommes et de femmes qui font vivre ce port du Finistère.

Discret reporter, Damien s’est immergé dans le monde des savoir-faire maritimes et livre avec Nicolas Le Roy, matelot atypique, l’âme des docks et des navires à travers 140 portraits de travailleurs.

La parole est ici donnée à chacun et à chacune et, sous la plume de Nicolas et le dessin de Damien, le quotidien de plus de 100 métiers différents s’éclaire, s’anime et se dévoile…

Un reportage graphique haut en couleur et porté par les splendides croquis.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Brest à quai »

Brest à quai, de Damien Roudeau et Nicolas Le Roy, est une bande dessinée qui transcende les simples représentations graphiques pour plonger le lecteur dans la réalité brute du quotidien des travailleurs du port de Brest.

Le récit se distingue par la manière dont il réussit à capturer l’atmosphère de ce milieu maritime, souvent méconnu, et à lui rendre un hommage émouvant.

Les croquis de Damien Roudeau, réalisés sur place, sont particulièrement remarquables. Ils ne se contentent pas de figer les moments, mais transmettent le mouvement et la vitalité des métiers portuaires. Le travail graphique, à l’aquarelle, apporte une dimension douce et vivante à cet univers de métal, de câbles et de mer. Chaque personnage semble habité par son métier, ce qui donne à l’œuvre une profondeur humaine indéniable.

extrait bd Brest à quai

Le texte de Nicolas Le Roy, quant à lui, amplifie cette authenticité en laissant la parole aux travailleurs. Leurs récits sont poignants et réalistes, révélant des vies dédiées à des métiers aussi exigeants que variés. C’est un véritable document social qui ne verse jamais dans l’excès, mais au contraire, met en avant la dignité et la fierté de ces hommes et femmes.

Brest à quai est un exemple brillant de reportage graphique.



Lieu visité par la bd en Bretagne

Brest

Little Katherine Johnson

Album publié en 2022 aux Editions La Boite A Bulles.


couverture bd Little Katherine Johnson

Qui a dit que les maths n’étaient pas amusantes ?

Pour la petite Katherine Johnson, tout est une question de calcul ! Avant de devenir mathématicienne et de mettre son talent au service des programmes habités de la NASA, la petite Katherine passait son temps à faire du monde son laboratoire, de la Terre à la Lune, et de la Lune aux étoiles !

Armée de son esprit logique, rien ne lui résiste, pas même les mythes les plus tenaces : comment Noé a-t-il réussi à mettre 48 000 animaux sur son arche, sans compter les quantités incroyables de nourriture nécessaires ? Rien n’échappe à qui, comme elle jongle, avec les chiffres !

Accompagnée de son frère Charlie et de sa poule Lucinda, Katherine fait de l’univers entier son terrain de jeu et se prend parfois même à rêver d’une société plus égalitaire où blancs et noirs auraient les mêmes droits… ou d’une Lune qui répondrait à ses questions !

Au fil des histoires (et des problèmes à résoudre), William Augel nous brosse le portrait amusant et tendre de cette mathématicienne afro-américaine héroïne du film Hidden figures / Les figures de l’ombre…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Little Katherine Johnson »

Dans Little Katherine Johnson, William Augel signe un hommage vibrant et inspiré à une figure scientifique trop longtemps restée dans l’ombre : Katherine Johnson, mathématicienne afro-américaine dont le génie des calculs a été crucial pour les missions spatiales de la NASA.

À travers une série de courtes scénettes, William Augel nous plonge dans l’enfance de cette future pionnière des sciences, en imaginant une petite fille passionnée par les chiffres et dotée d’une curiosité insatiable.

L’album se distingue par son approche ludique et éducative. Les petites histoires, souvent teintées d’humour, montrent une Katherine qui questionne le monde avec une logique implacable, accompagnée de son frère et d’une poule amusante, Lucinda. William Augel intègre subtilement des exercices mathématiques au fil des pages, transformant la lecture en un jeu de découverte et d’apprentissage.

extrait bd Little Katherine Johnson

Le style graphique, vif et chaleureux, confère aux personnages une grande expressivité et apporte une légèreté bienvenue, rendant accessible le parcours d’une figure emblématique des sciences. Par ce biais, William Augel parvient à captiver petits et grands, éveillant chez les jeunes lecteurs une admiration naturelle pour les sciences et pour les défis que Katherine a dû surmonter.

Little Katherine Johnson est plus qu’une biographie ; c’est une célébration du rêve et de la détermination.

Un ouvrage intelligent et inspirant, qui, avec simplicité et talent, rend hommage à une héroïne moderne.