Auteur/autrice : Sébastien D

Un grain d’économie au royaume des fourmis

Album publié en 2024 aux éditions Dunod.


Résumé éditeur

couverture bd Un grain d'économie au royaume des fourmis

C’est l’histoire d’une fourmilière, de sa reine et de ses ouvrières. Certaines récoltent des champignons, d’autres confectionnent… des chapeaux.
Mais pour se nourrir, échanger un chapeau contre un sandwich aux champignons, ça marche une fois, pas deux. Une chapelière a alors l’idée d’utiliser un objet intermédiaire, qui pourrait s’échanger contre n’importe quel produit  : le bonbon.
C’est ainsi qu’est née la monnaie au royaume des fourmis.
L’argent, la bourse, les actions, la fiscalité, les obligations… ces drôles de fourmis aventurières vont tout expérimenter, pour le meilleur comme pour le pire  !
Primée en Corée du Sud et lue plus de 4 millions de fois en ligne au format webtoon, cette BD instructive et amusante vous permet de découvrir les rouages du système économique et financier, même si vous êtes persuadé·e de ne rien y comprendre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un grain d’économie au royaume des fourmis »

Signée Museon Headset, cette bande dessinée originale transpose les grands principes économiques dans un microcosme fourmillant, où chaque fourmi incarne un acteur du marché. À mi-chemin entre fable et manuel pédagogique, l’ouvrage propose une immersion ludique dans la gestion des ressources et la dynamique de l’offre et de la demande.

Le scénario déploie un univers cohérent : la fourmilière devient métaphore d’une cité économique, confrontée à la rareté, à l’échange et à la spéculation. Les personnages – du sage fourmilier garant de l’équilibre budgétaire à l’entrepreneuse audacieuse qui innove avec ses germes de blé – gagnent en profondeur grâce à leurs dilemmes éthiques et financiers. Les enjeux de coopération et de concurrence sont décrits avec justesse, soulignant subtilement la tension entre intérêt collectif et ambition individuelle.

extrait bd Un grain d'économie au royaume des fourmis

Le trait fin et précis de Museon Headset, enrichi d’une palette de couleurs naturelles, favorise l’immersion. Les planches alternent cases d’action de détails et vignettes aérées, offrant un rythme visuel qui souligne l’évolution stratégique des fourmis? Les infographies intégrées, sobres et didactiques, s’harmonisent parfaitement au récit.

À la fois très divertissante et instructive, « Un grain d’économie au royaume des fourmis » s’adresse aux adolescents et aux adultes curieux d’économie appliquée. Un incontournable pour comprendre, en douceur, les mécanismes du monde financier.

MeRDre – Jarry, le père d’Ubu

Album publié en 2018 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

La vie d’Alfred Jarry en BD (8 septembre 1873 / 1 novembre 1907).

couverture bd MeRDre - Jarry, le père d'Ubu

– Vous êtes donc le fameux Jarry ?
– Bouffre ! On le dit.
– Dieu sait qu’on parle de vous…
– … de vous et de votre père Ubu, bien sûr !

Figure des cercles littéraires, intime du Douanier Rousseau, ami d’Apollinaire et inventeur de la pataphysique, Alfred Jarry a créé un mythe littéraire unique, un montre omniprésent dont le nom est entré dans le langage courant. Sa vie fut à l’image de son œuvre : intense… et ubuesque !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « MeRDre – Jarry, le père d’Ubu »

MeRDre – Jarry, le père d’Ubu propose une biographie graphique maîtrisée, qui replace Alfred Jarry au cœur du foisonnement intellectuel et artistique de la Belle Époque. Le scénario de Rodolphe, fondé sur une documentation rigoureuse, suit la trajectoire d’un esprit précoce et rebelle, de son adolescence bretonne jusqu’à ses dernières excentricités parisiennes, sans verser dans l’excès ni l’anecdote gratuite.

Le scénario alterne séquences dramatiques et digressions humoristiques, à la manière d’un chœur grec : trois personnages commentent l’action, interrompent la chronologie pour expliquer la genèse d’Ubu, ou souligner l’ironie tragique de certaines situations.

extrait bd MeRDre - Jarry, le père d'Ubu

Le dessin en noir et blanc de Daniel Casanave joue sur un trait volontiers « potache », où chaque planche tire parti du grain du papier pour renforcer l’atmosphère à la fois poétique et grotesque de l’époque. Les cadrages inventifs et les détails architecturaux restituent un Paris fin-de-siècle tout en soulignant la versatilité de Jarry, tour à tour dandy, cycliste acharné et dandy punk avant l’heure.

MeRDre se lit d’une traite et s’adresse aux amateurs de bande dessinée sensibles aux grandes figures littéraires. Cette fresque vivante, à la fois documentée et inventive, révèle un auteur aussi attachant que fascinant.


Les 3 œuvres d'Alfred Jarry en BD

Ubu Roi (Adaptation Luc Duthil)
10/09/2007

Ubu Roi (Adaptation Luc Duthil)

Ubu Roi
24/09/2002

Ubu Roi

Ubu Roi (Adaptation Daniel Casanave)
01/10/2001

Ubu Roi (Adaptation Daniel Casanave)

Ubu Roi (Adaptation Daniel Casanave)

Album publié en 2001 aux éditions Les 400 coups.


Résumé éditeur

Adapté de la pièce de théâtre d’Alfred Jarry publié le 25 avril 1895.

couverture bd Ubu Roi (Adaptation Daniel Casanave)

Merdre alors !
L’adaptation d’Ubu roi, le chef-d’œuvre d’Alfred Jarry, en bandes dessinées.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ubu Roi »

Parue fin 2001 aux éditions Les 400 Coups, cette adaptation en bande dessinée de la pièce d’Alfred Jarry transpose l’absurde politique d’Ubu Roi dans un format graphique audacieux.

Danien Casanave respecte la farce originelle en restituant la folie de la prise de pouvoir menée par le Père Ubu et sa complice, la Mère Ubu. L’auteur met en lumière la dimension satirique du texte : cupidité, cruauté et vacuité du tyran se déploient sans concession, faisant écho aux grandes tragédies politiques. La structure en cinq actes, bien qu’abrégée, conserve l’enchaînement des intrigues et la progression dramatique.

extrait bd Ubu Roi (Adaptation Daniel Casanave)

Le choix du noir et blanc « crayonné » installe une atmosphère chaotique qui épouse le grotesque des situations. Les personnages sont esquissés, volontairement imprécis : ce vernis brouillon sert le propos en stimulant l’imagination et en exacerbant l’inconfort. Les planches respirent l’urgence et l’ubuesque grâce à un trait jeté, où chaque hachure participe au tumulte ambiant.

Cette adaptation audacieuse séduira les amateurs de satire politique et d’esthétique expressionniste. Fidèle au texte de d’Alfred Jarry, elle propose une expérience visuelle vibrante et corrosive, idéale pour qui souhaite redécouvrir Ubu Roi sous un angle moderne.

La Traversée des ères – 1 – Les origines

Album publié en 2025 aux éditions Delachaux et Niestlé.


Résumé éditeur

Assister à la naissance de la vie, découvrir les premiers microbes, observer l’apparition des animaux, des algues, dénicher le tout premier poisson, le plus ancien mille-pattes, guetter les plus primitifs des tétrapodes, ça vous dit ? Alors, embarquez avec Pythia et le professeur Noyau à bord du Kronos, camionnette à remonter le temps et l’espace, pour un voyage de 4 milliards d’années à travers les ères géologiques les plus reculées.

Au cours de cette excursion spatio-temporelle, vous pourrez admirer l’émergence progressive et mouvementée des continents et l’évolution continue du monde vivant, de plus en plus riche et varié. Et vous comprendrez à quel point les deux, la Terre et la Vie, sont indissociables pour le meilleur, et parfois pour le pire.

Voilà donc une bande dessinée qui vous entraînera dans les très sérieux méandres de la science de l’évolution, avec un regard pétillant d’admiration pour la beauté de la vie, et toujours un petit (ou grand) sourire en coin.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Traversée des ères – 1 – les origines »

La BD est sortie en septembre 2025. Un avis sera posté quand elle sera lue.

Complètement cramé !

Album publié en 2020 aux éditions Michel Lafon.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Gilles Legardinier publié le 18 octobre 2012.

couverture bd Complètement cramé !

Un hymne à la vie drôle et très réconfortant !

Lassé de tout, Andrew Blake quitte l’Angleterre et se fait embaucher comme majordome en France, au Domaine de Beauvilier.
Confronté à de surprenantes personnalités (sa patronne, Odile la cuisinière ou encore Philippe le régisseur), lui qui croyait en avoir fini avec l’existence va être obligé de tout recommencer..


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Complètement cramé ! »

Cette adaptation en bande dessinée de Complètement cramé ! par Véronique Grisseaux et Laeticia Aynie transpose avec justesse le roman à succès de Gilles Legardinier. Publié chez Michel Lafon en 2020, ce roman graphique explore avec finesse les thèmes de renaissance et de solidarité humaine.

L’histoire suit Andrew Blake, sexagénaire anglais désabusé qui devient majordome au domaine de Beauvillier en France. Il y découvre une communauté de « naufragés » : Nathalie la propriétaire endeuillée, Odile la cuisinière bourrue, Philippe l’ermite et Manon la jeune femme enceinte. Chacun porte ses blessures jusqu’à ce qu’Andrew transforme cette galerie de personnages hauts en couleur.

Véronique Grisseaux, scénariste experte en adaptations (A tous les garçons que j’ai aimés
, Les gens heureux lisent et boivent du café, La vie est facile, ne t’inquiète pas ) maîtrise parfaitement l’art de condenser le récit tout en préservant sa substance émotionnelle. Elle respecte l’esprit bienveillant de l’original, conservant dialogues savoureux et situations cocasses.

extrait bd Complètement cramé !

Laeticia Aynie signe des illustrations expressives au trait tendre et dynamique. Son style graphique accessible excelle dans la représentation des émotions et transmet parfaitement la chaleur humaine caractéristique de Gilles Legardinier.

Cette adaptation réussit le pari difficile de conserver la richesse psychologique des personnages tout en exploitant les spécificités du medium BD. Une œuvre touchante sur la capacité humaine à renaître et créer des liens authentiques.

Le dernier jour d’un condamné

Album publié en 2007 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Victor Hugo publié le 7 février 1829.

couverture bd Le dernier jour d'un condamné

« Condamné à mort !… Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée.
Toujours seul avec elle…
Toujours glacé par sa présence…
Elle m’obsède éveillé, épie mon sommeil…
Et reparaît dans mes rêves…
Je viens de m’éveiller en sursaut… en me disant ‘ce n’est pas en rêve’…
Eh bien avant même d’avoir entr’ouvert les yeux pour vérifier que ce n’en était pas un, je l’ai entendue : condamné à mort !
« 


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le dernier jour d’un condamné »

Dans cette adaptation fidèle du roman de Victor Hugo, Stanislas Gros et Marie Galopin restituent avec l’atmosphère oppressante du cachot et la progression inexorable du temps qui mène à la guillotine. La narration graphique, construite sur un découpage rigoureux, met en valeur la solitude du condamné : chaque case, encadrée de traits noirs serrés, évoque l’enfermement psychologique et la tension dramatique du récit original.

Les couleurs de Marie Galopin, dominées par des camaïeux froids et des ombres prononcées, renforcent le sentiment d’angoisse et de dénuement qui pèse sur le personnage principal. Cette palette minimaliste souligne les moments de vertige intérieur, lorsque les souvenirs affluent et que la peur de la mort devient palpable. L’emploi récurrent de plans rapprochés et de vignettes étouffées intensifie la dimension intimiste du témoignage du condamné.

extrait bd Le dernier jour d'un condamné

Le lecteur est tour à tour spectateur et complice des interrogations existentielles du héros. Le choix d’attribuer au protagoniste une vaque ressemblance à Victor Hugo lui-même constitue un clin d’œil sympathique.

Le Dernier Jour d’un condamné est une adaptation réussie qui a le mérite de refaire découvrir sous l’angle du 9ème art ce roman marquant de Victor Hugo.

Supporters du stade rennais, sur la route du paradis

Album publié en 2019 aux éditions Du Coin De La Rue.


Résumé éditeur

L’un est photographe. L’autre, dessinateur. Tous les deux sont supporters du Stade rennais.
Après l’épopée européenne et l’incroyable victoire en Coupe de France 2019 de leur club, Benjamin Keltz et Eudes se sont promis de narrer la plus belle saison de l’histoire du Stade rennais.
Dans ce roman graphique inédit mêlant dessins, photos et textes, les auteurs vous embarquent au coeur de la passion supportrice bretonne de Jablonec à Londres en passant par le Stade de France.
Un livre drôle, tendre et rock’n roll.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Supporters du stade rennais, sur la route du paradis »

Supporters du stade rennais, sur la route du paradis (roman graphique, 2019) est signé par le photographe-journaliste Benjamin Keltz et l’illustrateur Eudes. Tous deux supporters du club, ils célèbrent la saison historique 2018-2019 du Stade Rennais, couronnée par la victoire en Coupe de France et une épopée européenne.

À travers un dispositif mêlant textes, dessins, photographies et leurs avatars narratifs (Benji et Eudes), l’ouvrage explore la ferveur des supporters avec humour et émotion. Les auteurs avouent que « à 95 % c’est du vécu », et l’autodérision rock’n’roll renforce le caractère sincère et vibrant de ce récit. On suit leur périple de Jablonec à Londres, jusqu’au Stade de France, incarnant la passion collective et la psychologie d’un public qui patiente depuis des décennies.

Le graphisme vivant, enrichi par des photographies de terrain, confère une immédiateté visuelle à l’histoire. Le dessin d’Eudes, parfois tendre, parfois nerveux, rend palpable l’ivresse du match, la tension. Le mélange iconographique crée une immersion émotionnelle, où chaque planche vibre de réalisme et de complicité supportrice.

Ce roman graphique se distingue par son authenticité, son ton juste et son esthétique riche. Il s’adresse aux fervents supporters du Stade Rennais. Une œuvre vibrante qui rend hommage à la fidélité bretonne, avec style et cœur.


Lieux visités par la bd en Bretagne

RennesStade de la route de Lorient

Nota Bene – La Mythologie Grecque 

Album publié en 2022 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

couverture bd Nota Bene - La Mythologie Grecque 

Quand on pense à la Grèce Antique, on pense immédiatement à ses dieux innombrables et aux premiers Jeux Olympiques.
Venez découvrir la réalité derrière les mythes, avec sérieux et humour.
Rencontrez toutes les compagnes de Zeus, Prométhée, Hérakles et ses douze travaux, la légendaire Toison d’Or et même le premier robot de l’histoire : Talos !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Nota Bene – La Mythologie Grecque »

Philippe Castaza signe avec ce cinquième tome de la collection Nota Bene une adaptation graphique remarquable de l’univers du vulgarisateur Benjamin Brillaud, créateur de la célèbre chaîne YouTube éponyme comptant plus de deux millions d’abonnés. Accompagné au scénario par Mathieu Mariolle, ce récit pédagogique explore la mythologie grecque avec un savant mélange de rigueur documentaire et d’humour intelligent.

L’album démystifie les grandes figures de l’Olympe en présentant Zeus et ses nombreuses conquêtes, Héraclès et ses douze travaux, ou encore Prométhée, tout en évoquant des éléments moins connus comme Talos, le premier robot de l’histoire. Cette approche encyclopédique s’appuie sur les sources antiques pour offrir une vision synthétique mais précise de la cosmogonie grecque, révélant la réalité derrière les mythes.

extrait bd Nota Bene - La Mythologie Grecque 

Philippe Castaza, dessinateur expérimenté actif depuis 1990, déploie un style graphique caricatural et expressif parfaitement adapté au propos. Ses dessins simples mais explicites facilitent la compréhension tout en intégrant des références architecturales et vestimentaires fidèles à la vision traditionnelle de la Grèce antique. Le coloriste Joël Odone sublime l’ensemble par une palette chromatique qui soutient l’émotion du récit.

Destiné à un large public, de la sixième aux classes de seconde, cet album de 56 pages constitue un excellent point d’entrée vers l’univers mythologique grec. Il réussit le pari de conjuguer divertissement et apprentissage, confirmant le talent de Benjamin Brillaud pour transformer la vulgarisation historique en aventure captivante. Cette BD permet d’aborder des sujets complexes sans jamais tomber dans le ton professoral.

Cocoro – La vie de Léonard de Vinci – 2

Album publié en 2025 aux éditions Panini.


Résumé éditeur

Léonard de Vinci est victime d’une dénonciation anonyme et se retrouve arrêté par les autorités sous l’accusation d’homosexualité.
On lui reproche une liaison présumée avec Jacopo Saltarelli, un jeune homme de 17 ans, connu pour offrir des services de prostitution masculine en secret.
Dans l’Italie du XVe siècle, l’homosexualité est perçue comme un péché grave, pouvant mener au bûcher. Comment Léonard parviendra-t-il à se défendre et à échapper à un destin funeste ?
Après Seizon Life et Confession, Kaiji Kawaguchi revient en solo avec Cocoro, un manga qui retrace la jeunesse de Léonard de Vinci.

Publiée pour la première fois en 1997 au Japon, cette œuvre explore les premières années de ce génie de la Renaissance, son isolement et l’exclusion qu’il a vécus avant de devenir l’un des plus grands esprits de l’histoire, dont l’héritage continue de marquer les arts, les sciences et l’humanité. Cette édition double regroupe les quatre volumes originaux pour une immersion complète dans l’univers de Leonard.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cocoro – La vie de Léonard de Vinci – 2 »

Kaiji Kawaguchi conclut avec ce manga sa biographie magistrale du jeune Léonard de Vinci, publié chez Panini en septembre 2025. Ce second volume, qui regroupe les volumes 3 et 4 de l’édition japonaise originale de 1997, plonge le lecteur dans un épisode de la jeunesse du maître (rumeurs ou réalité ?) : l’accusation d’homosexualité qui manqua de détruire sa carrière naissante.

Le récit s’articule autour de la dénonciation anonyme de 1476 qui vise Léonard, alors âgé de 24 ans, pour une liaison présumée avec Jacopo Saltarelli, jeune prostitué de 17 ans. Kaiji Kawaguchi restitue cette affaire qui mobilisa les « Officiers de la Nuit », la police des mœurs florentine. Il y a peu de certitudes sur certaines accusations dans ses jeunes années, donc ce que décrit Kaiji Kawaguchi peut être largement romancé ou interprété.

Le scénario de Kaiji Kawaguchi se déploie dans l’analyse psychologique de Léonard face à l’adversité. L’emprisonnement temporaire, l’angoisse de la condamnation possible – qui pouvait mener au bûcher dans l’Italie du XVe siècle – transforment le jeune homme. L’auteur saisit parfaitement cette période charnière où l’isolement social forge paradoxalement la détermination artistique du futur génie.

Le style graphique réaliste de Kaiji Kawaguchi trouve ici son expression la plus aboutie. Florence apparaît dans toute sa complexité : cité prospère mais traversée de rivalités politiques, où l’homosexualité masculine, bien que socialement tolérée, demeure juridiquement répréhensible. Les planches dépeignent avec justesse cette société renaissante où art et pouvoir s’entremêlent dangereusement.

Cocoro – Tome 2 constitue un aboutissement, offrant aux lecteurs une plongée authentique dans les zones d’ombre de l’Histoire tout en préservant la dimension profondément humaine de son héros. Il ya probablement un plus grande part de il y a une part de fiction / dramatisation dans ce second volume.


Cocoro – La vie de Léonard de Vinci – 1

Album publié en 2025 aux éditions Panini.


Résumé éditeur

Né dans le hameau italien de Vinci, Léonard n’est pas un garçon comme les autres. Plus intéressé par la nature que par les jeux des enfants de son âge, il passe le plus clair de son temps à dessiner, observer et réfléchir.
Sa vie bascule le jour où son père, un notable de Florence, l’emmène s’installer en ville.
Sur place, le jeune homme – qui est doté d’impressionnants dons artistiques – se fait rapidement remarquer.
Il entre alors comme apprenti au sein du prestigieux atelier de l’artiste Verrocchio… où son originalité et son génie ne tardent pas à faire des étincelles !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Cocoro – La vie de Léonard de Vinci – 1 »

Kaiji Kawaguchi propose avec ce manga une exploration intime de l’enfance de Léonard de Vinci. Publié originellement au Japon en 1997 et réédité chez Panini en 2025, ce premier tome nous plonge dans les premières années méconnues du maître de la Renaissance.

Kaiji Kawaguchi révèle un Léonard de 13 ans, fils illégitime évoluant dans le petit village de Vinci. L’auteur excelle à dépeindre cet enfant en décalage avec son environnement rural, dont la curiosité insatiable déstabilise les adultes. La psychologie du personnage se déploie avec finesse : ni prodige agaçant ni génie stéréotypé, ce Léonard fascine par son authenticité émotionnelle.

extrait bd Cocoro - La vie de Léonard de Vinci - 1

Le style graphique de Kaiji Kawaguchi, maître reconnu du réalisme manga, restitue l’atmosphère de l’Italie renaissante avec authenticité. Ses compositions rigoureuses et son trait précis donnent vie aux paysages toscans et aux ateliers florentins. L’auteur saisit visuellement cette période où Florence devient le carrefour artistique de l’Europe.

Kaiji Kawaguchi s’appuie sur une documentation solide pour retracer l’entrée de Léonard dans l’atelier de Verrocchio et ses rencontres avec Laurent de Médicis. Mais attention, ce n’est pas un manga purement factuel sans ajout fictif : il y a des choix narratifs, des scènes dramatiques, des dialogues imaginés pour enrichir le récit.

Cette première partie constitue une introduction remarquable à l’univers Léonard de Vinci, révélant comment cet esprit d’exception a émergé dans un contexte qui ne le comprenait pas toujours.