Catégorie : Litterature en BD

Mademoiselle Else

Album publié en 2023 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Arthur Schnitzler publié en octobre 1924.

couverture bd Mademoiselle Else

Jeune Viennoise, issue de la bourgeoisie, en villégiature avec sa tante et son cousin Paul dans un palace en Italie, Mademoiselle Else apprend par courrier que son père est menacé de prison pour dette.
Pour le sauver du déshonneur, sa mère lui demande dans cette lettre de solliciter Dorsday, un riche marchand d’art, afin de récupérer la somme demandée.
L’étrange Dorsday propose un marché à la jeune fille : il accepte de prêter la somme nécessaire, mais à la seule condition que la jeune fille se dévête devant lui.

La transposition en images de l’univers psychologique complexe et tourmenté d’Arthur Schnitzler devient pour Manuele Fior un défi relevé avec maestria, démontrant ainsi non seulement qu’une telle transposition est possible, mais qu’elle peut également être parfaitement réussie lorsque l’adaptateur se montre aussi inventif que l’œuvre qu’il transpose.
Inspiré par l’Art nouveau, Mucha, Klimt et Schiele, Manuele Fior fait revivre le texte de l’écrivain autrichien paru en 1924 et son époque.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mademoiselle Else »

Dans Mademoiselle Else, Manuele Fior adapte la nouvelle d’Arthur Schnitzler en misant moins sur le récit que sur une immersion dans une conscience en crise. L’intrigue tient à une situation d’apparence simple : une jeune femme en villégiature, sommée de “sauver” sa famille mais l’album met surtout à nu un système social où l’argent dicte les règles et où le corps féminin devient enjeu de négociation.

La réussite de la BD vient de la façon dont Manuele Fior transpose le monologue intérieur : il fait sentir l’emballement des pensées, les contradictions, les auto-justifications, puis la bascule. Sans tout raconter, disons que chaque scène publique (salons, regards, conversations) fonctionne comme une petite chambre d’écho : ce qui se dit poliment à voix haute est contredit, déformé ou amplifié par ce qui se joue à l’intérieur. Mademoiselle Else n’est jamais réduite à un symbole ; elle reste une personne, traversée par la honte, l’orgueil, le désir de rester “pure” et la tentation de reprendre la main, coûte que coûte.

extrait bd Mademoiselle Else

Graphiquement, l’album s’appuie sur une palette et des textures qui évoquent une élégance fin-de-siècle, vite fissurée par des déformations expressives. Le trait sait être sensuel puis tranchant, et la composition resserre progressivement l’espace autour du personnage, jusqu’à rendre l’air presque irrespirable.

Une adaptation exigeante, d’une grande intelligence, cet album offre une relecture poignante de l’œuvre de Schnitzler, où le trait vibrant capture ce que les mots peinent parfois à dire.

Jefferson fait de son mieux

Album publié en 2026 aux Editions Gallimard.


Adapté du roman de Jean-Claude Mourlevat publié pour la première fois le 4 mars 2022.

couverture bd Jefferson fait de son mieux

Une histoire d’enquête, d’humour et d’amitié adaptée du roman à succès de Jean-Claude Mourlevat !
En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire raffraîchir la houppette.
Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon «Défini-Tif», que sa vie est sur le point de basculer?
Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jefferson fait de son mieux »

Deuxième aventure dessinée tirée de l’univers animalier de Jean-Claude Mourlevat, cet album adapte le roman où le hérisson Jefferson reprend du service. Le dessinateur Antoine Ronzon met en images une enquête qui débute lorsque Simone, la lapine mélancolique compagne d’une précédente expédition, disparaît sans laisser de traces. Inquiets, Jefferson et son ami Gilbert le cochon se lancent sur ses pas, transformant leur petit monde paisible en terrain d’investigation.

L’intérêt de cette adaptation tient à la manière dont elle conserve l’équilibre si particulier de Jean-Claude Mourlevat, entre le polar léger et la gravité feutrée. Sous les traits d’animaux attachants, le récit aborde des sujets qui dépassent le simple divertissement, à commencer par la détresse intérieure que traduit la fugue de Simone. L’amitié entre Jefferson et Gilbert, faite de maladresses et de fidélité, sert de fil conducteur à une intrigue où l’humour ne désamorce jamais l’émotion. Le titre lui-même résume cette morale discrète, celle d’un héros ordinaire qui, faute d’être un enquêteur chevronné, fait simplement de son mieux.

extrait bd Jefferson fait de son mieux

Formé à l’illustration jeunesse, Antoine Ronzon prête à ce bestiaire une réelle expressivité. Les postures et les regards de Jefferson disent tour à tour la frousse et le courage qui cohabitent chez le personnage, tandis que la douceur du trait et des couleurs installe un cocon rassurant que l’enquête vient troubler. Ce contraste entre la tendresse du dessin et la tension du polar soutient le climat du récit.

Jean-Claude Mourlevat et Antoine Ronzon signent une enquête douce-amère, où la légèreté apparente cache une vraie profondeur.

Bukowski – De liqueur et d’encre

Album publié en 2024 aux éditions Petit à Petit.


Résumé éditeur

La vie de Charles Bukowski en BD (16 aout 1920 / 9 mars 1994).

couverture bd Bukowski - De liqueur et d'encre

Sous l’angle du Docu-BD découvrez le parcours chaotique et l’œuvre de Charles Bukowski, grand écrivain américain du 20e siècle qui laissa une empreinte indélébile dans l’Histoire littéraire.

Bukowski. Charles. Ou Hank. L’écrivain, le poète, l’ivrogne, le vagabond. Sa vie s’est écoulé à la manière d’un robinet qui fuit… un robinet qui n’a jamais vraiment fonctionné correctement.

Auteur en prose comme en vers, en dehors de tout courant littéraire, le vieux dégueulasse a écrit pendant sa vie et nous laisse une œuvre unique, miroir à peine déformant d’une vie chaotique et alcoolique, faite de liqueur et d’encre.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bukowski – De liqueur et d’encre »

Trente ans après sa mort, Charles Bukowski revient hanter les librairies sous la forme d’un docu-BD aussi irrévérencieux que son modèle. Ce quatuor réunissant trois auteurs italiens et le blogueur littéraire français Martin Boujol signe une biographie graphique consacrée au grand écrivain américain du XX siècle, poète hors de tout courant littéraire.

Le récit est raconté à la première personne par Bukowski dans un style âpre, avec des cadres et une typographie rappelant celle de la machine à écrire. Découpé en chapitres scandés par les ruptures et les rencontres féminines, le récit entraîne irrésistiblement dans le tourbillon d’une fuite infinie, dont seule l’écriture aura eu le pouvoir de maintenir le personnage à flot. L’enfance traumatisante, les années de postier, la découverte tardive du succès littéraire : chaque étape est traitée avec précision.

extrait bd Bukowski - De liqueur et d'encre

Letizia Cadonici trace un Bukowski à la serpe. Ce graphisme anguleux, dans un dessin vivant et plein d’élan, raconte cette vie de débauche et d’écriture avec une énergie communicative. Les pages d’en-tête présentent des extraits d’œuvres sur fond sali de traces de verres et de taches de vin, tandis que des doubles pages documentaires illustrées de photos ponctuent l’ensemble.
Charles Bukowski a apporté la poésie à la classe ouvrière, rendu la littérature populaire et accessible au plus grand nombre. Ce docu-BD lui rend justice.



L'œuvre de Charles Bukowski en BD

Folies ordinaires
1 Mar 1991

Folies ordinaires

Folies ordinaires

Album publié en 1991 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’après les recueils de nouvelles Contes de la folie ordinaire et Nouveaux contes de la folie ordinaire de Charles Bukowski publiés en 1983.

extrait bd Folies ordinaires

D’un côté, un écrivain brutal, provocateur, âpre, lucide, maudit…
De l’autre, un dessinateur baroque, violent, visionnaire, pervers…
Bukowski et Schultheiss regardent l’Amérique s’effondrer dans ses mythes. Fini Hollywood, Dallas, Play-Boy, les années Reagan et l’american way of life. Place aux taudis lépreux, aux banlieues sordides, aux destins alcoolisés de personnages quotidiens…
Bukowski forge une littérature intense et éruptive, rouge comme le vin le plus lourd et noire comme les tourments de l’âme. Huit de ses plus célèbres nouvelles passent à la B.D. sous le crayon enfiévré de Schultheiss .(Deux poivrots, la putain de 300 livres, du ring à l’abattoir, les tueurs, Henry Becket, ma mère gros-cul, New-York à 95 cents la journée, un job à la Nouvelle-Orléans).
En noir et blanc, un empire agonise et se meurt.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Folies ordinaires »

Né le 27 juillet 1946 à Nuremberg et formé à l’École des Beaux-Arts de Hambourg, le dessinateur allemand Matthias Schultheiss, lauréat du prix Max et Moritz du meilleur auteur germanophone de bande dessinée en 1986, s’attaque ici aux nouvelles de Charles Bukowski, l’un des écrivains américains les plus radicaux du XXe siècle. Le résultat est à l’image de son modèle : sans concession.

L’album rassemble plusieurs nouvelles adaptées de l’œuvre de Bukowski, dont les titres donnent le ton : Deux poivrots, La putain de 300 livres, Du ring à l’abattoir, New York à 95 cents la journée. Ce sont des tranches de vie de l’Amérique d’en bas, celle des bars glauques, des hôtels bon marché, des petits boulots épuisants et de l’alcool omniprésent. Matthias Schultheiss ne cherche pas à adoucir les propos : il le prend tel quel, dans sa crudité et son humour noir, et la transpose en images avec une fidélité radicale à l’esprit de Bukowski.

extrait bd Folies ordinaires

Le dessin en noir et blanc de Matthias Schultheiss est la grande force de cet album. Son style hyperréaliste, précis jusqu’à l’inconfort, rend les personnages dans leur vérité physique la plus brute : les corps fatigués, les visages ravagés par l’alcool et la misère, les décors sordides des bas-fonds américains des années 1950. Ce noir et blanc dense et contrasté épouse parfaitement la noirceur baroque du propos, donnant à chaque nouvelle une atmosphère de roman policier social à la lisière du cauchemar.
Destiné à un public adulte averti, cet album constitue l’une des adaptations les plus fidèles et les plus honnêtes de l’univers bukowskien en bande dessinée.

George Sand, fille du siècle

Album publié en 2021 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

George Sand (Aurore Dupin) en BD (1 juillet 1804 / 8 juin 1876).

couverture bd George Sand, fille du siècle

George Sand est née en 1804, à une époque où dans le code civil, les « débiles mentaux, les mineurs, les criminels et… les femmes » étaient privés de droits juridiques.
Elle connut la gloire autant que Balzac ou Flaubert, eut des amants (Musset ou Chopin…) et des maîtresses, changea de nom, divorça, porta le pantalon…
Elle aimait la vie, la nature, la politique, la musique et la littérature…


extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « George Sand, fille du siècle »

Aurore Dupin, dite George Sand, méritait une biographie à la hauteur de son destin fracassant. La scénariste Séverine Vidal et dessinatrice Kim Consigny ont relevé ce défi en livrant un roman graphique de 333 pages qui s’impose d’emblée comme une œuvre de référence.

Séverine Vidal s’est engagée dans dix-huit mois d’écriture, saisie par cette femme « entre deux mondes, aux deux sangs mêlés, aristocrate par son père, plébéien par sa mère, et qui s’est toujours placée du côté du peuple ». Ce regard affectueux mais lucide traverse chaque séquence : de l’enfance complexe de la petite Aurore à Nohant jusqu’à sa mort, en passant par ses engagements politiques, ses amours et sa production littéraire dont des extraits de romans et de lettres sont habilement intégrés au récit. Le choix de la linéarité chronologique permet de restituer avec clarté l’évolution du personnage vers un féminisme affirmé, particulièrement en avance sur son époque.

extrait bd George Sand, fille du siècle

Kim Consigny a multiplié les recherches historiques, biographies, autobiographie, lettres, romans de Sand, pour restituer avec authenticité les modes, les intérieurs et les visages qui traversent tout le XIXe siècle. Son trait simple et efficace, sa mise en scène allant à l’essentiel, donnent une puissance narrative.

Ce roman graphique en noir et blanc est une véritable radioscopie du XIXe siècle, pour quiconque aime la littérature, la politique ou la musique. Accessible dès l’adolescence, il réconcilie rigueur biographique et plaisir de lecture.



Les 3 œuvres de George Sand en BD

Indiana
15 Sep 2023

Indiana

Le chêne parlant
15 Avr 2021

Le chêne parlant

Mauprat
1 Avr 2008

Mauprat

Freud – Le moment venu

Album publié en 2023 aux éditions Boite A Bulles.


Résumé éditeur

Sigmund Freud en BD (6 mai 1856 / 23 septembre 1939).

couverture bd Freud - Le moment venu

En 1923, Sigmund Freud, âgé de 67 ans et fumeur invétéré de cigares, découvre qu’il est atteint d’un cancer de la bouche. Longtemps, les médecins lui avaient caché la vérité, persuadés qu’il n’est pas prêt à entendre la nouvelle…

Durant plus de 15 ans, Freud luttera contre sa maladie… tout en refusant d’arrêter de fumer, persuadé que le cigare augmente sa productivité et lui permet de garder une meilleure maîtrise de lui-même.

Dans le même temps, un mal tout aussi redoutable ronge l’Europe : en 1933, Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. Cinq ans plus tard, il annexe l’Autriche. Freud n’a alors d’autre choix que de fuir Vienne pour Londres…

Avec justesse et sobriété, Suzanne Leclair et William Roy nous plongent dans l’intimité du père de la psychanalyse. Ils livrent le portrait d’un homme, loin des fantasmes, face à ses contradictions et ses faiblesses, dans une réflexion autour de notre façon de faire face à la mort et au droit de la choisir.


extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Freud – Le moment venu »

On connaît le Freud des amphithéâtres, celui des concepts fondateurs et des grandes controverses. Suzanne Leclair, psychiatre et plasticienne québécoise, choisit un autre angle : 1923, le père de la psychanalyse a 67 ans, et ses médecins lui cachent depuis des mois qu’il est atteint d’un cancer de la bouche. Ce mensonge bienveillant, ce « moment venu » repoussé, devient le fil conducteur d’un récit dense.
Loin des fantasmes qui entourent la figure freudienne, les auteurs restituent un homme aux prises avec ses contradictions et ses faiblesses et notamment sa réflexion sur le droit de choisir sa propre mort. Freud refusera jusqu’au bout d’abandonner le cigare, convaincu qu’il préserve sa productivité et sa maîtrise de lui-même, lui qui avait fait de l’auto-aveuglement la matière première de toute une science. L’ironie est cruelle, et l’album ne l’exploite jamais de façon facile.
En arrière-plan, la montée du nazisme ronge l’Europe avec la même logique inexorable que la maladie : l’annexion de l’Autriche en 1938 contraint finalement Freud à quitter Vienne pour Londres. Ce double mouvement (le corps qui cède, le monde qui s’effondre) donne au récit une ampleur que la sobriété du ton rend encore plus pesante.

extrait bd Freud - Le moment venu

Suzanne Leclair travaille en noir et blanc, rehaussé de touches de carmin qui signalent les différents maux traversés par son sujet. Le lavis, les effets d’ombre et de lumière confèrent aux planches une qualité presque charbonneuse, à l’image d’une existence qui se consume lentement. Pas d’esbroufe, pas de démonstration : le trait dit ce que les mots taisent.

Un album qui s’adresse autant aux passionnés de biographie graphique et à Freud.


L'œuvre de Sigmund Freud en BD

L'Interprétation des rêves
23 Oct 2013

L'Interprétation des rêves

L’Amie Prodigieuse – Tome 2

Bande dessinée publiée en 2026 aux éditions Delcourt.


D’après le roman d’Elena Ferrante publié le 19 octobre 2011.

couverture bd L Amie Prodigieuse - Tome 2

L’histoire d’amitié entre Lila et Lenù.
Un lien indéfectible qui commence avec deux petites filles qui se prennent par la main, dans un quartier misérable de la banlieue napolitaine dans les années 1950.

L’amitié entre Lila et Lenù est mise à rude épreuve par le temps et par leurs chemins de vie qui divergent.
Lagani et Cerri s’attaquent au deuxième tome de la tétralogie, toujours fidèles à l’intrigue et toujours plus habiles à mettre en lumière la complexité des protagonistes, le charme ambigu des décors et les qualités de l’écriture d’Elena Ferrante.
Une adaptation fidèle mais artistiquement autonome, donnant un nouveau souffle à l’histoire la plus aimée de la littérature contemporaine.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Amie Prodigieuse – Tome 2 »

La BD sortira en aout 2026.

Les Matins doux – Simone de Beauvoir & Nelson Algren

Album publié en 2023 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

Simone de Beauvoir en BD (9 janvier 1908 / 14 avril 1986).

couverture bd Les Matins doux - Simone de Beauvoir & Nelson Algren

L’amour transatlantique de Simone de Beauvoir et Nelson Algren en bande dessinée

En 1947, Simone de Beauvoir est invitée par l’Institut français pour une série de conférences aux États-Unis.
Elle arrive à Chicago avec le numéro de téléphone d’un écrivain américain recommandé par une amie.
Nelson Algren va jouer les guides et s’amuser à l’entraîner dans les bas-fonds de la ville. De club en club, leur première nuit est endiablée, la passion immédiate, l’aventure torride.
Amoureux comme jamais, ils écriront tous deux leurs œuvres majeures durant les années de cette liaison transatlantique.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Matins doux – Simone de Beauvoir & Nelson Algren »

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extrait bd Les Matins doux - Simone de Beauvoir & Nelson Algren

Marilyn, dernières séances

Album publié en 2022 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Michel Schneider publié le 1 septembre 2006.

couverture bd Marilyn, dernières séances

De janvier 1960 jusqu’au 4 août 1962, Ralph Greenson fut le psychanalyste de Marilyn Monroe. Elle lui avait donné comme mission de l’aider à se lever, à jouer au cinéma, à aimer, à ne pas mourir. Ce récit retrace la relation tourmentée entre Marilyn et cet homme qui fut tour à tour un père, une mère, un ami mais qui ne put la sauver d’elle-même, de sa peur et de sa solitude. Il fut la dernière personne à l’avoir vue vivante et la première à l’avoir trouvée morte.
Lorsque l’actrice s’adresse en 1960 à Greenson, celui-ci est un psychanalyste freudien réputé de la côte ouest, mais aussi un homme fasciné par le cinéma et Marilyn est certes la déesse du sexe mais aussi une femme souffrant d’inhibitions et d’angoisses qui a déjà eu recours aux soins de deux psychanalystes à New York.
Lors de leur première rencontre, Greenson saisit la fragilité narcissique de Marilyn, manifestée notamment par une toxicomanie aux barbituriques, et avec prudence il lui refuse le divan et lui propose une psychothérapie en face à face.

Mais très vite leur relation dérape et Greenson intervient de plus en plus massivement dans la réalité, abandonnant progressivement tout ce qui aurait dû constituer le cadre analytique de cette cure. Il l’introduit dans sa famille, s’occupe de ses contrats professionnels, lui fournit lui-même les barbituriques, etc. Des deux, qui avait l’emprise sur l’autre ? Qui détruisait l’autre ? Le mystère reste entier.
Une brillante adaptation du roman de Michel Schneider, prix Interallié 2006. Louison centre son récit sur les séances entre Marilyn Monroe et son psychanalyste pour mieux nous dévoiler l’intimité d’une femme brisée derrière son statut de star.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Marilyn, dernières séances »

Dans cet album publié chez Futuropolis, Louison s’empare du roman de Michel Schneider (Prix Interallié 2006) pour nous offrir un contre-champ bouleversant sur les deux dernières années de Marilyn Monroe. Loin des paillettes d’Hollywood, le récit se cristallise sur le face-à-face entre l’icône et son dernier psychanalyste, le docteur Ralph Greenson, de janvier 1960 à ce tragique mois d’août 1962.

La force de cette adaptation réside dans son changement de focale : le récit est ici porté par la voix de Greenson lui-même. On assiste à une dérive passionnelle et clinique où le thérapeute, pensant sauver sa patiente, finit par l’enfermer dans sa propre névrose familiale. Louison explore avec une acuité psychologique remarquable cette relation d’emprise, dépeignant une Marilyn Monroe fragmentée, en quête perpétuelle d’un regard qui ne la transformerait pas en objet de désir.

extrait bd Marilyn, dernières séances

Graphiquement, le parti pris est aussi radical que sublime. L’autrice délaisse le glamour pour une bichromie aux nuances de bleu nocturne, traduisant l’étouffement et la mélancolie de la star. Son trait vibrant, presque nerveux, privilégie l’émotion pure et les silences pesants, renforçant l’aspect claustrophobique de ce huis clos psychologique. L’utilisation de la lumière souligne magnifiquement la solitude abyssale d’une femme qui s’évapore littéralement sous nos yeux.

Louison propose en BD un portrait de Marilyn d’une intensité rare, à hauteur d’être humain, en la montrant à travers le regard de son psychanalyste Ralph Greenson, dans un huis clos psychologique aussi troublant que crédible.

Jane Eyre

Album publié en 1999 aux éditions Triomphe.


Adapté du roman de Charlotte Brontë (publié pour la première fois le 16 octobre 1847).

couverture bd Jane Eyre

Le célèbre roman de Charlotte Brontë dessiné par Noël Gloesner sur une adaptation de Monique Amiel.

Monique Amiel, scénariste, entre chez Fleurus en 1958. Pour Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes, Fripounet et bien d’autres éditeurs, elle collabore avec de nombreux dessinateurs.

Noël Gloesner débute en 1945 avec les Aventures de Chiffonnette dans Fripounet. De 1948 à 1956, il mène la saga de Yann le Vaillant. Il travaille ensuite à de nombreuses séries avec Marijac, le Père Thivollier… Ses différents styles, de la caricature au réalisme, en font l’un des maîtres de la BD d’après-guerre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jane Eyre »

Transposer en images un roman aussi intérieur que « Jane Eyre », récit à la première personne où l’héroïne raconte sa propre formation, n’a rien d’évident. La scénariste Monique Amiel et le dessinateur Noël Gloesner s’y emploient dans cette adaptation du classique de Charlotte Brontë, une histoire de dignité et d’amour contrariée dans l’Angleterre victorienne.

Le mérite du scénario de Monique Amiel est d’éviter la raideur qui guette souvent les mises en bande dessinée des grands textes. Plutôt que d’illustrer platement, elle resserre l’intrigue autour de la trajectoire de Jane, orpheline sans fortune devenue gouvernante, et de sa rencontre avec le ténébreux Rochester, dont le domaine de Thornfield dissimule un secret. L’adaptation préserve ce qui fait la modernité du roman : une héroïne qui refuse de renoncer à sa liberté morale et à son estime d’elle-même, quitte à sacrifier son bonheur.

extrait bd Jane Eyre

C’est toutefois le dessin de Noël Gloesner qui fait passer l’émotion. Représentant de la grande tradition de la bande dessinée d’après-guerre, il possède une qualité rare chez les dessinateurs de son école : il sait rendre, sur un visage, la nuance exacte d’un sentiment. Là où bien des adaptations réalistes figent leurs personnages, ses expressions font passer l’hésitation, la retenue ou l’émoi, et compensent l’absence de la voix intérieure du roman. Le trait se met entièrement au service du récit.

De quoi faire découvrir Jane Eyre à ceux qui n’oseraient pas ouvrir le roman, sans trahir ceux qui l’aiment déjà. Monique Amiel et Noël Gloesner ne cherchent pas à surprendre : ils racontent bien, et c’est déjà beaucoup.