Catégorie : Litterature en BD

Signé Alain-Fournier

Album publié en 2019 aux éditions BulleBerry.


Résumé éditeur

Alain-Fournier (Henri-Alban Fournier) en BD (13 octobre 1886 / 22 septembre 1914).

couverture bd Signé Alain-Fournier

Henri-Alban Fournier, né le 30 octobre 1886 à la Chapelle-d’Angillon dans le Cher, devint mondialement célèbre sous le semi-pseudonyme d’Alain-Fournier, grâce à son unique roman « Le Grand Meaulnes », paru le 15 septembre 1913.
Il n’eut guère le temps de profiter de sa gloire. Il fut tué au combat près de Verdun, au tout début de la Grande Guerre, le 22 septembre 1914, quelques jours après son grand ami Charles Péguy. Il allait avoir 28 ans.

Mais si des millions de lecteurs connaissent son œuvre, qui connaît l’homme, ses joies, ses peines, ses amis, ses amours ?

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Signé Alain-Fournier »

Publié en 2019 par l’association berrichonne BulleBerry, Signé Alain-Fournier offre une plongée intime dans la vie d’Henri Alban Fournier, le père de l’immortel Grand Meaulnes. Ce récit graphique retrace l’effervescence de la Belle Époque et le destin tragique de l’écrivain, fauché dès les premiers mois de la Grande Guerre.

Le scénario s’articule habilement autour des correspondances et des fulgurances intimes de l’auteur. Les thèmes de la nostalgie de l’enfance, de la quête de l’amour idéalisé (incarné par sa rencontre fondatrice avec Yvonne de Quiévrecourt) et de l’angoisse du temps qui passe s’y entremêlent. La narration tisse une toile psychologique nuancée : on y découvre un jeune homme profondément écartelé entre ses aspirations romantiques absolues, ancrées dans ses paysages de Sologne, et la réalité d’un monde qui bascule brutalement dans le chaos de 1914.

extrait bd Signé Alain-Fournier

Visuellement, l’ouvrage privilégie une approche poétique, capable de capturer l’essence mélancolique de la province française. Les planches restituent avec finesse les brumes matinales et la quiétude des domaines ruraux du Berry.

Signé Alain-Fournier est une réussite recommandée aux personnes sont fascinées par la lisière ténue entre la vie brisée d’un écrivain et la genèse de son chef-d’œuvre.



L'œuvre d'Alain-Fournier en BD

Le Grand Meaulnes
25 Oct 2011

Le Grand Meaulnes

Dead man walking

Album publié en 2026 aux éditions Bayard.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de soeur Helen Prejean publiée le 15 juin 1993.

« L’histoire désormais légendaire de Dead Man Walking a été entendue et vue par des millions de personnes. Ce roman graphique est un moyen pour d’autres – et espérons-le la nouvelle génération – d’être témoins du traitement inhumain réservé aux détenus dans nos prisons. En le lisant, je me suis posé une fois de plus la question que tant de gens évitent : s’il est mal de tuer, pourquoi permettons-nous à l’État de tuer en notre nom ? » John Grisham

Ayant grandi dans une famille catholique de classe moyenne dans le sud ségrégationniste des États-Unis, soeur Helen Prejean avait résisté à l’idée que la foi religieuse puisse être mise au service de la justice sociale jusqu’à ce que les changements dans l’Église catholique des années 1960 et 1970 la conduisent au coeur des quartiers défavorisés de la Nouvelle-Orléans.

Là, on lui a demandé d’écrire une lettre à Patrick Sonnier, un homme condamné à mourir sur la chaise électrique en Louisiane pour le meurtre de deux adolescents. Lorsque Sonnier lui a répondu, la vie de Prejean a changé irrévocablement de cours. Elle a fait la connaissance d’un homme qui était aussi terrifié qu’il avait été terrifiant, ainsi que des familles des victimes et des hommes chargés de mettre Sonnier à mort.

Depuis plus de quarante ans, Prejean travaille aux côtés des condamnés et des familles des victimes pour abolir la peine de mort, une sentence souvent déterminée par la race, le statut économique et la géographie.

Cette adaptation graphique offre un moyen accessible d’aborder l’une des questions morales et émotionnelles les plus complexes auxquelles le monde est confronté. Rose Vines entremêle habilement les développements récents avec le récit original (La dernière Marche, en France), amplifiant ainsi sa pertinence pour les lecteurs d’aujourd’hui.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dead man walking »

La BD sortira en aout 2026.

Le saigneur de la jungle

Album publié en 2026 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Philip Jose Farmer publiée en novembre 1974 sous le titre The Adventure of the Peerless Peer.

Quand Sherlock Holmes rencontre Tarzan.
En pleine Grande Guerre, le célèbre détective est envoyé au Caire.
Sa mission : retrouver l’espion allemand Von Bork, porteur d’une arme biologique capable d’affamer des nations entières. Commence alors une odyssée insensée !
Aux côtés du fidèle Watson, Holmes embarque pour un voyage qui le mènera au cœur de la jungle après un crash spectaculaire.
Dans ce cadre hostile, le duo va croiser la route d’une légende : Lord Greystoke, alias Tarzan. Ensemble, les vaillants aventuriers devront survivre aux pièges d’une vallée perdue dont nul étranger n’est ressorti indemne…
Ce récit parodique du célèbre auteur du Monde du Fleuve, Philip Jose Farmer (1918-2009) est illustré par le trait savoureux de Virginie Augustin, qui réinvente une nouvelle fois son style en s’inspirant des gravures de Gustave Doré.
Une aventure épique, drôle et périlleuse où les mythes croisent l’Histoire et où le plus grand détective du monde découvre que la jungle n’a rien à envier à Londres.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le saigneur de la jungle »

La BD sortira en aout 2026.

Dante Alighieri – «Amour m’a poussée»

Album publié en 2021 aux éditions Kleiner Flug.


Résumé éditeur

Dante Alighieri en BD (1265 / 14 septembre 1321).

Béatrice, l’amour éternel de Dante, prend ici la parole pour raconter leur histoire. Depuis leur rencontre d’enfants jusqu’aux jeux de regards, aux petites jalousies et aux malentendus d’adolescents dans la Florence du XIIIe siècle, elle nous guide jusqu’à leurs retrouvailles au Purgatoire, prélude à leur ascension finale vers le Paradis.

Cette œuvre propose une relecture du mythe de la « femme idéale ». Loin de la figure désincarnée, la muse de Dante est vue ici sous un angle inédit — « depuis l’autre moitié du ciel » — à la fois humaine, concrète et romantique.
Imaginé par Alessio D’Uva, Filippo Rossi et Astrid Lucchesi, ce récit s’est imposé au fil des ans comme un petit classique.

Retrouvez ce chef-d’œuvre dans sa version « deluxe » et définitive. Au fil de 72 pages, laissez-vous porter par les vers du Dolce Stil Novo jusqu’aux profondeurs de l’Enfer. En fin d’ouvrage, une section riche en documents inédits vous dévoile un véritable défi graphique et littéraire : la paraphrase en bande dessinée des Chants XXX, XXXI et XXXII du Purgatoire.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dante Alighieri – Amour m’a poussée »

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Les 5 œuvres de Dante Alighieri en BD

L'Enfer De Dante
19 Jan 2023

L'Enfer De Dante

L'Enfer
2 Nov 2022

L'Enfer

Divine Comédie
29 Déc 2021

Divine Comédie

En enfer avec Dante
13 Mai 2015

En enfer avec Dante

Inferno
13 Juin 2013

Inferno

Bartleby le scribe

Album publié en 2021 aux éditions Futuropolis.


Résumé éditeur

L’adaptation du célèbre roman d’Herman Melville publiée pour la première fois en novembre 1853.

couverture Bartleby le scribe - roman de Herman Melville illustré

Un notaire engage dans son étude un dénommé Bartleby pour un travail de clerc, chargé de copier des actes.
Au fil du temps Bartleby, qui s’est d’abord montré travailleur, consciencieux, lisse, ne parlant à personne, révèle une autre part de sa personnalité : il refuse certains travaux que lui demande son patron.
Il ne les refuse pas ouvertement, il dit simplement qu’il « préférerait pas » les faire, et ne les fait pas. Et cette phrase revient alors systématiquement dans sa bouche : « I would prefer not to« , traduite en français par « je préférerais pas« .
Peu à peu, Bartleby cesse complètement de travailler, mais aussi de sortir de l’étude, où il dort. Il ne mange rien d’autre que des biscuits au gingembre, et refuse même son renvoi par son employeur.

Le dessinateur Stefano Ricci s’empare de cette œuvre majeure d’Herman Melville de 1853 et la transpose dans notre monde du XXI siècle. Je préférerais pas… : avec cette petite phrase apparemment inoffensive de Bartleby, c’est toute la logique productiviste du XIX siècle qui vacille.
Une phrase qui résonne encore aujourd’hui. Après Céline par Tardi, Albert Camus par José Muñoz, Romain Gary par Sfar, la collection Futuropolis/Gallimard confirme sa place d’exceptionnelle collection des grands écrits littéraires illustrés.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bartleby le scribe »

Bien que la Fnac et et l’éditeur lui même classe cette œuvre comme BD, ce n’est pas une BD, c’est un livre illustré. C’est particulier, les amateurs des dessins de Stéfano Ricci y trouveront leur compte, et les autres se tourneront vers l’adaptation BD de José-Luis Munuera de Bartleby le scribe ici.

extrait Bartleby le scribe - roman de Herman Melville illustré

Corum – 2 – La Reine des épées

Album publié en 2026 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Michael Moorcock publiée en avril 1971.

couverture bd Corum - 2 - La Reine des épées

Le Quand l’équilibre du monde vacille…

Menées par Gaynor le Damné, les armées du Chaos marchent sur la cité de Lywm-an-Esh, dernier bastion des Vadhagh.
Pour Corum, c’est le début d’une quête désespérée. S’il veut éviter la destruction et sauver sa cité, il va devoir chercher de l’aide là où aucun mortel n’oserait aller : au cœur même du royaume de Xiombarg, la déesse du Chaos !
Accompagné de Jhary et du comte Moidel, il atteint bientôt la mystérieuse Cité dans la Pyramide, dernier refuge d’un peuple ancien capable de voyager entre les Plans, mais prisonnier de Xiombarg.
Le temps presse, l’étau se resserre autour de Lywm-an-Esh, les frontières entre les Plans se déchirent et des hordes de créatures infernales envahissent le monde. Corum n’aura d’autre choix que d’affronter Gaynor le guerrier immortel, condamné à combattre pour l’éternité… Mais à une époque où les dieux arpentent le monde et foulent la terre, l’intervention d’une déesse pourrait faire basculer les lois cosmiques, le destin de la cité et celui de Corum !

Proche de l’univers d’Elric, cette nouvelle série de fantasy épique est la troisième saga de Michael Moorcock consacrée à ses plus grands personnages littéraires adaptée en bande dessinée aux éditions Glénat.
Avec un récit dense et tragique, Chauvel offre à cette œuvre magistrale un souffle nouveau qui prend forme grâce au trait incandescent et richement détaillé du prodige italien Luca Merli.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Corum – 2 – La Reine des épées »

La BD sortira en aout 2026.


Les bandes dessinées de la série « Corum »

L’île au trésor

Album publié en 2012 aux Editions Futuropolis.


Librement adapté de l’œuvre de Robert Louis Stevenson(publiée pour la première fois le 14 novembre 1883).

Un énorme chantier, entouré de palissades, griffe le quartier. On dirait une île. Des bandes de malfaiteurs y recherchent des mallettes pleines de billets : de l’argent pour les partis politiques.
Parmi eux, une petite fille aux grands yeux ouverts sur le monde…
Et un homme à la jambe de bois, qui assure oeuvrer pour un idéal d’ordre et de progrès. Décapante relecture du chef-d’oeuvre de Robert Louis Stevenson, L’île au trésor de Stassen et Venayre garde à la fois la légèreté du récit d’aventures et son vif questionnement sur le bien et le mal.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Île au trésor »

Avec L’Île au trésor, Sylvain Venayre et Jean-Philippe Stassen signent davantage qu’une adaptation de Robert Louis Stevenson : c’est une transposition contemporaine, située dans un quartier populaire en chantier, où le mythe de l’aventure se frotte au béton et à la précarité. Publié chez Futuropolis, l’album interroge ce que devient le désir de partir lorsque l’horizon se limite à une friche promise à la spéculation.

Historien des imaginaires, Sylvain Venayre réactive la noirceur du roman originel en l’ancrant dans un réel social âpre. Jim Hawkins devient Jacquot, adolescente noire dont le parcours se construit au contact d’adultes ambigus, attirants et dangereux à la fois.
La figure de Long John Silver, réinventée en Petit Jean Dargent, conserve cette oscillation fascinante entre complicité protectrice et menace, faisant de la trahison une expérience fondatrice plutôt qu’un simple ressort de suspense.

Le dessin de Jean-Philippe Stassen porte cette tension à son paroxysme. Son trait épais, nerveux, associé à des couleurs denses et presque fiévreuses, donne aux corps une présence physique immédiate.
Les visages, travaillés par les regards et les silences, traduisent la peur, le désir de s’échapper, la violence latente des rapports de force. La mise en scène privilégie les cadrages serrés et les ruptures de rythme, plongeant le lecteur dans une agitation permanente qui fait écho à l’instabilité des personnages.

Là où le roman de 1883 explorait les dernières terres inconnues du monde colonial, cette bande dessinée scrute les friches oubliées de nos métropoles modernes. Hier comme aujourd’hui, l’île demeure la métaphore universelle d’un espace clos où la soif de profit révèle la part la plus sombre de l’âme humaine.

En attendant Bojangles

Album publié en 2026 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Olivier Bourdeaut publié le 7 janvier 2016.

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone.
Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle.
Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant.
C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement.
C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin.
Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « En attendant Bojangles »

Adapté du premier roman d’Olivier Bourdeaut, immense succès de librairie, En attendant Bojangles trouve en bande dessinée une nouvelle vie sous la plume d’Ingrid Chabbert et le pinceau de Carole Maurel, déjà réunies pour Écumes. L’album conserve la voix du récit d’origine : celle d’un enfant qui contemple, émerveillé, la fantaisie de ses parents.

Chez cette famille, la vie n’est qu’une fête perpétuelle. Le père et la mère se vouvoient, dansent sur le Mr. Bojangles de Nina Simone, hébergent une grue nommée Mademoiselle Superfétatoire et rebaptisent chaque jour les êtres et les choses. Ingrid Chabbert saisit avec justesse cette poésie du quotidien, portée par une mère extravagante qui donne le ton. Mais l’adaptation ne se dérobe pas à la part sombre du roman : cette exubérance dissimule une fragilité psychique grandissante, et la mère bascule peu à peu de l’euphorie vers la détresse. Le regard de l’enfant, tendre et naïf, rend l’inéluctable plus poignant encore, car il perçoit la fête sans en mesurer le péril. Père et fils s’efforcent de préserver l’illusion, jusqu’à ce que l’amour, aussi fou soit-il, se révèle impuissant.

Le travail de Carole Maurel épouse cette trajectoire par la couleur. Son trait clair et lisible laisse la palette porter l’émotion : les teintes vives et chaudes des heures heureuses cèdent la place à des tonalités plus froides à mesure que la mélancolie gagne. Ce baromètre chromatique traduit sans un mot le passage de la comédie à la tragédie.

L’ensemble compose une adaptation sensible et rythmée. On la recommandera aux lecteurs du roman d’Olivier Bourdeaut, aux amateurs de récits sur la marge et l’amour fou.

Les poissons morts

Album publié en 2018 aux Editions Lienart.


Adapté de l’œuvre de Pierre Mac Orlan (publiée pour la première fois en 1917).

couverture bd Les poissons morts -Journal du front de Pierre Mac Orlan

Cependant, la nuit, roulé dans ma couverture, étendu sur la paille d’une grange bien sèche, entre le lieutenant et un chien de berger allemand qui avait déserté ses lignes, j’ai revu les poissons morts, la Moselle qui charriait ses poissons au ventre laiteux dont les écailles mortes ne brillaient plus au soleil…
Je fus peut-être le seul à m’émouvoir de ce fait et à considérer cette déroute aquatique à la manière d’un conte d’Edgar Allan Poe.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les poissons morts »

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Le décaméron – Un divertissement d’après Boccace (2026)

Album publié aux éditions The Hoochie Coochie en 2026.


Adapté de l’œuvre de Giovanni Boccace composée entre 1348 et 1351.

Toscane, XIVe siècle.
Alors que la Grande Peste décime allégrement l’Europe, dix jeunes gens se réfugient à la campagne et égayent leurs journées en racontant des histoires à tour de rôle.
Dix contes par journée fois dix jours nous donnent les cent récits formant le Décaméron écrit par Boccace entre 1348 et 1351.
Fabliaux, paraboles, anecdotes traitant d’amours heureuses ou malheureuses, grivoises ou chevaleresques, raillant le clergé et la cupidité d’une époque où l’épidémie de bubons a rejeté toutes valeurs morales aux oubliettes.
C’est dans cette somme que Vincent Vanoli puise la matière de son album et traite de ce Moyen Âge tardif, cher au catalogue The Hoochie Coochie avec le trait expressionniste et charbonneux qu’on lui connaît.
Tantôt drôle, tantôt cruel, cette adptation du Décaméron par Vincent Vanoli a été initialement publiée aux défuntes éditions Ego Comme X au tournant du XXIe siècle.
Pour cette version remaniée, The Hoochie Coochie s’est adjoint les services d’un préfacier hors pair pour introduire cette œuvre : le légendaire Ambre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le décaméron – Un divertissement d’après Boccace »

Les éditions The Hoochie Coochie exhument ici l’adaptation que Vincent Vanoli, figure de la bande dessinée alternative francophone, consacra au recueil de Giovanni Boccace, parue une première fois chez Ego comme X au tournant du siècle. Cette version remaniée, préfacée par Ambre, rappelle le dispositif du texte original, écrit vers 1348 alors que la peste noire ravage Florence, quand dix jeunes gens de bonne famille se réfugient à la campagne et tuent l’ennui en se racontant chacun une histoire par jour.

Plutôt que de transposer les cent nouvelles, Vincent Vanoli puise dans cette somme pour en restituer l’esprit. La crudité de Boccace demeure intacte, avec ses fabliaux grivois, ses amours contrariées, mais l’auteur en éclaire surtout l’arrière-plan moral. Le rire y naît d’un monde où l’épidémie a désarmé toute vertu, et la gaieté des conteurs se teinte d’une inquiétude sourde. Tantôt drôle, tantôt cruel, l’album fait entendre ce contrepoint entre l’insouciance affichée des personnages et la mort qui rôde au-delà des murs.

extrait bd Le décaméron - Un divertissement d'après Boccace

Le trait expressionniste et charbonneux de Vincent Vanoli sert admirablement ce propos. Ses noirs épais, ses visages grimaçants et ses ombres denses installent un Moyen Âge tardif rugueux, très éloigné de l’imagerie policée des adaptations classiques. La texture même du dessin, presque salie, semble porter la trace du fléau qui a engendré ces récits.

L’album s’adresse aux lecteurs de bande dessinée d’auteur, aux amateurs de littérature médiévale. Vincent Vanoli signe une relecture âpre et charnelle, dont la réédition comble une vraie lacune.