Catégorie : Litterature en BD

La Belle au Bois Dormant

Album publié en 2025 aux éditions Contre-Dires.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Charles Perrault (publiée pour la première fois en 1697).

couverture bd La Belle au Bois Dormant

La réécriture la plus sombre du conte classique La Belle au bois dormant jamais imaginée, entre vos mains.
Oserez-vous plonger dans la version graphique de ce Conte interdit ?

Une fillette hantée de souvenirs qui ne sont pas les siens.
Des cauchemars, incessants, qui frappent à la même heure.
Un avertissement incompris, une menace ignorée
Et le passé terrifiant, impitoyable, qui rattrape l’innocence d’Aurore.
Cette réécriture moderne et terrifiante du conte de Charles Perrault est une véritable matière à cauchemars.
Entre secrets, meurtres, débauche et abomination, l’horreur se redéfinit complètement encore une fois sous la plume de L.P. Sicard.


logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle au Bois Dormant »

Inaugurant une déclinaison graphique de la collection québécoise qui revisite les contes classiques sous l’angle de l’horreur, cet album adapte le roman de Louis-Pier Sicard, lui-même construit à partir du conte de Charles Perrault. Simon-Pierre Marion en signe le scénario, l’illustrateur sicilien Aurelio Mazzara le dessin. Le récit suit Aurore, une fillette hantée par des souvenirs qui ne lui appartiennent pas et par des cauchemars récurrents frappant toujours à la même heure.

L’intérêt de l’adaptation tient à la façon dont Simon-Pierre Marion exploite la matière du conte originel. Le motif du sommeil, de la malédiction annoncée et de l’avertissement ignoré, présent chez Charles Perrault, devient ici le support d’une mécanique de l’angoisse fondée sur la mémoire empoisonnée. La question du secret familial structure le récit, et la véritable menace vient moins d’un surnaturel spectaculaire que d’un passé qui refuse de rester enfoui. Le traitement est frontal, la violence assumée, ce qui explique la mention réservant l’ouvrage à un public averti.

extrait bd La Belle au Bois Dormant

Aurelio Mazzara, dont le parcours passe par des collaborations avec de grands studios d’animation et d’édition américains, apporte une maîtrise technique qui tranche avec l’univers du livre. Son trait précis et sa mise en page nerveuse jouent des contrastes lumineux, alternant clarté trompeuse des scènes diurnes et noirceur des séquences oniriques, procédé qui entretient la sensation d’un basculement permanent.

L’album s’adresse exclusivement aux lecteurs adultes amateurs d’horreur et de contes réécrits. Simon-Pierre Marion et Aurelio Mazzara réussissent le passage à l’image d’un univers littéraire déjà installé, en misant sur la suggestion visuelle plus que sur la surenchère.

Peter Pan

Album publié en 2025 aux éditions Contre-Dires.


Résumé éditeur

D’après le roman Peter and Wenby de J. M. Barrie publié en octobre 1911.

couverture bd Peter Pan

La réécriture la plus sombre du conte classique Peter Pan jamais imaginée, entre vos mains.
Oserez-vous plonger dans la version graphique de ce Conte interdit ?

Une vague de drogués se jetant du haut d’immeubles, croyant pouvoir voler.
La disparition d’une jeune femme, Wendy Gauthier, et de ses deux frères délinquants, évadés de leur pénitencier pour mineurs.

Une île perdue dans la forêt boréale, habitée par une communauté déjantée et leur leader sans âge.
Une baronne du crime nymphomane et amoureuse des bijoux en forme de clochettttes.
Un enquêteur médisant dépourvu de sa main droite, dévorée par un cannibale qui hante encore ses nuits.

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Peter Pan »

Le roman graphique sortira en octobre 2025.

extrait bd Peter Pan

Hercule Poirot – Christmas pudding

Album publié en 2025 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Agatha Christie publié le 24 octobre 1960.

Connaissez-vous la recette du Christmas pudding selon Hercule Poirot ?
Prenez une belle maison dans la campagne anglaise, installez-y une famille respectable, où se mélangent la jeunesse et la tradition, insérez une mission secrête, un peu d’imprévu et quelques invités, tournez bien l’ensemble, et n’oubliez pas… Tout le monde doit mettre la pain à la pâte, y compris le voleur et l’assassin !

Une nouvelle enquête pour le plus grand des détectives, dans la tradition d’un Noël anglais, mais avec le chauffage central.
Car c’est important, ça, le chauffage central…

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hercule Poirot – Christmas pudding »

Adapté par Isabelle Bottier et Alberto Taracido, « Hercule Poirot – Christmas pudding » transpose en bande dessinée la nouvelle d’Agatha Christie publiée en 1960, au sein de la collection Agatha Christie des éditions Paquet.

Dans une grande maison de campagne anglaise, rassemblée pour Noël, le rituel du pudding partagé par une respectable famille sert de décor à un huis clos où respectabilité affichée, mission secrète et convoitise criminelle se télescopent.

Le scénario condense la nouvelle en soulignant les thèmes chers d’Agatha Christie : jeu sur les apparences, tensions intergénérationnelles et plaisir très britannique de voir un assassin se trahir autour d’un rite apparemment anodin.

Hercule Poirot , au centre des interactions, orchestre le repas comme une mise en scène destinée à faire tomber les masques, donnant aux échanges familiaux une dimension psychologique plus que subtile​.

Le dessin en couleurs de Alberto Taracido, servi par un grand format de 48 pages, met l’accent sur les décors de manoir, les détails de table et les expressions, installant une atmosphère chaleureuse où perce l’inquiétude.

L’album s’adresse autant aux amateurs de cosy mysteries anglais qu’aux lecteurs souhaitant découvrir Agatha Christie  par le prisme d’une adaptation graphique lisible, élégante et fidèle à l’esprit de la reine du crime.

Les Travailleurs de la mer

Album publié en 2025 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre Victor Hugo publié le 12 mars 1866.

Un tour de force graphique dans une édition magnifiée.

Propriétaire de la Durande, un bateau qui vient de faire naufrage, Mess Lethierry est fou de rage à l’idée de perdre le moteur révolutionnaire de son steamer…
Prêt à tout pour récupérer le moteur qui lui donnait gloire et richesse, il promet la main de sa nièce Déruchette à celui qui récupérera la machine !
Mais quelle âme risquerait de s’aventurer entre les deux rochers de l’écueil Douvres ?
Gilliatt, un pêcheur amoureux de Déruchette, accepte le défi ! Aussi robuste que rêveur, il va braver les flots et affronter la colère de l’océan au large de Guernesey. Sans autre témoin que le ciel dans cette lutte engagée contre la nature, Gilliatt va rapporter La Durande, qu’il a arrachée à tous ses ennemis !
Mais lorsqu’il rentre en vainqueur, le cœur de sa jeune promise bat pour un autre. Acclamé par les hommes, le malheureux va faire un geste dont la simplicité rendra son sacrifice encore plus beau…
Redécouvrez l’histoire de Gilliatt dans une magnifique version grand format, limitée et numérotée, qui rend hommage à l’œuvre de Victor Hugo parue en 1866 mais aussi au travail graphique titanesque de Michel Durand. Un album puissant, réalisé entièrement en hachures, pour un artiste au sommet de son art !

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Travailleurs de la mer »

Avec cette adaptation du roman de Victor Hugo, Michel Durand s’attaque à l’un des récits les moins connus de l’écrivain, écrit durant son exil à Guernesey, dont il emprunte la géographie et les brouillards. Le livre suit Gilliatt, pêcheur solitaire et rêveur, qui accepte de récupérer seul le moteur de La Durande échoué sur l’écueil des Douvres, en échange de la main de Déruchette, la nièce de l’armateur Mess Lethierry.

Michel Durand ne paraphrase jamais le texte, il le prolonge. Le combat de Gilliatt contre l’océan devient une méditation sur l’homme confronté aux forces de la nature et aux promesses du progrès industriel, ce moteur à vapeur qui incarne un monde en train de naître. La profondeur du personnage tient à son silence obstiné, à cette solitude qu’il oppose aux éléments comme à l’indifférence des hommes, jusqu’à un dénouement où le sacrifice amoureux dit plus que tout discours.

extrait bd Les Travailleurs de la mer

Le choix du noir et blanc et d’une technique de hachure minutieuse constitue le geste esthétique majeur de l’album. Michel Durand renoue avec la tradition de la gravure et se mesure aux illustrations que Victor Hugo réalisa lui-même. La houle, les nuages et les rêves se répondent dans des volutes tourmentées, et l’affrontement avec la pieuvre atteint une intensité presque hallucinée, la ligne se resserrant jusqu’à faire vibrer la page.

Servi par un grand format qui laisse respirer ces planches denses, l’album s’adresse aux lecteurs de Victor Hugo curieux d’une relecture graphique exigeante. Une transposition qui donne envie de rouvrir le roman.


Le Puritain

Album publié en 2025 aux Editions Graph Zeppelin.


Adapté de la nouvelle de Robert E. Howard publié pour la première fois en 1928.

couverture bd Le Puritain

Une histoire sombre et épique sur fond de film d’horreur des années 70.

Constance une fille de fermiers à l’imagination prolifique, raconte à qui veut l’entendre des histoires à faire peur. Notamment au sujet d’un certain SOLOMON KANE qui serait un dangereux sorcier.
Hanté par les démons de son passé, ce dernier vit retranché dans une maison isolée. Et c’est en lui livrant un panier de victuailles que la jeune Constance fera une rencontre ensorcelante qui liera son destin à celui que l’on surnomme LE PURITAIN.

Une histoire sombre et épique basée sur la plus controversée des nouvelles écrites par Robert E. Howard.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Puritain »

El Torres et Jaime Infante livrent avec Le Puritain une adaptation du personnage iconique de Robert E. Howard, publié en juillet 2025 chez Graph Zeppelin. Cette bande dessinée de 120 pages explore la psyché tourmentée de Solomon Kane, puritain anglais du XVIe siècle, dans une histoire originale qui capture l’essence même de l’œuvre de Robert E. Howard.

L’intrigue se déploie autour de Constance Snow, jeune fermière dont l’existence bascule lorsqu’elle rencontre le mystérieux Solomon Kane. El Torres, scénariste espagnol reconnu pour ses récits d’horreur et de fantastique, se dépasse dans sa capacité à dépeindre l’ambivalence morale du protagoniste. Kane n’apparaît plus comme un simple justicier fanatique, mais comme un homme vieillissant, rongé par la culpabilité et questionnant sa foi.

Le scénariste développe les thèmes de l’intolérance religieuse et de la chasse aux sorcières. Les véritables monstres de cette histoire ne sont pas les créatures surnaturelles, mais les hommes qui, « se proclamant investis par un pouvoir divin, usent de leur influence pour satisfaire leurs appétits d’assassins et de tortionnaires ».

extrait bd Le Puritain

Jaime Infante, dessinateur madrilène spécialisé dans l’illustration scientifique et historique, apporte un style sobre et réaliste parfaitement adapté à l’univers sombre de l’histoire. Si ses contours peuvent parfois manquer de raffinement, son trait excelle dans la création d’une atmosphère inquiétante et oppressante. Ses compositions visuelles, enrichies par les couleurs expressionnistes de Manoli Martinez parviennent à soutenir l’émotion du récit.

Le Puritain est un hommage intelligent et respectueux à l’œuvre de Robert E. Howard. Cette adaptation libre mais pertinente révèle toute la richesse narrative du personnage de Solomon Kane, moins célèbre que Conan mais tout aussi fascinant.

Mille femmes blanches – 2 – Aux confins du monde sauvage

Album publié en 2025 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté de l’œuvre de Jim Fergus publiée en 1998.

couverture bd Mille femmes blanches - 2 - Aux confins du monde sauvage

En 1874, May Dodd et ses compagnes, toutes internées de force dans des institutions, acceptent un marché insensé : être échangées contre chevaux et bisons pour devenir les épouses de guerriers cheyennes. Officiellement, il s’agit de favoriser l’intégration des peuples autochtones à la société américaine. En réalité, c’est un saut dans l’inconnu, un arrachement, un exil aux confins du monde qu’elles connaissent.

Sous la conduite du charismatique capitaine John Bourke, May et ses compagnes s’engagent dans un périple de dix jours à travers les vastes plaines, en route vers le camp Robinson. Un voyage où l’attente se confond avec l’angoisse, où les rêves de liberté, d’amour ou de rédemption se heurtent à la rudesse du réel. Sur ce chemin semé d’épreuves, naît une sororité de fortune, faite de blessures, d’espoirs et de secrets.

Fascinées autant qu’effrayées, ces femmes vont devoir affronter l’altérité dans ce qu’elle a de plus brut, de plus profondément humain.

Et lorsqu’elles atteignent enfin Camp Robinson, elles découvrent que leurs illusions sont mortes en route : pas de confort, pas de répit, seulement le début d’une autre vie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mille femmes blanches – 2 »

Avec Aux confins du monde sauvage, le duo Lylian (scénario) et Anaïs Bernabé (dessin) poursuit sa brillante adaptation du best-seller de Jim FergusMille femmes blanches. Après l’enfermement du premier volume, place à l’immensité des grandes plaines. Nous suivons May Dodd et ses compagnes, désormais engagées dans ce pacte gouvernemental insensé : devenir les épouses de guerriers cheyennes en échange de leur liberté.

Plus qu’un simple récit de voyage, cet album est une exploration psychologique. Lylian prend le temps de tisser les liens de sororité qui unissent ces femmes aux destins brisés. Loin de l’action effrénée, la narration privilégie l’attente et l’appréhension de la rencontre. La tension monte subtilement à mesure que le convoi s’enfonce dans le territoire indien, confrontant les préjugés de l’époque à la réalité brute de l’Ouest. May Dodd s‘y affirme comme une figure de résilience, dont le regard lucide structure le récit.

couverture bd Mille femmes blanches - 2 - Aux confins du monde sauvage

Le travail d’Anaïs Bernabé est tout simplement somptueux. Son usage de l’aquarelle et des teintes sépia confère à l’œuvre une atmosphère onirique, presque mélancolique, qui tranche avec la dureté du propos. Elle excelle à rendre l’immensité écrasante des paysages américains, qui deviennent des personnages à part entière. La douceur du trait n’atténue pas la violence latente au contraire, elle souligne la fragilité de ces femmes jetées dans « le monde sauvage ».

Ce deuxième tome confirme la réussite de cette adaptation. C’est une BD poignante qui ravira les amateurs de fresques historiques.


Les BD de la série « Mille femmes blanches »

Kernok Le Pirate

Albums publiés en 2025 aux éditions Oxymore.


Résumé éditeur

Adaptation du roman d’Eugène Sue paru en 1830.

couverture bd Kernok Le Pirate

Une adaptation magistrale de « Kernok le pirate« , signée par un auteur virtuose reconnu pour sa « trilogie maritime », Riff Reb’s.

Un soir de tempête, Kernok, pirate sans pitié, se fait prédire l’avenir avant un nouveau départ en mer : la sorcière de la baie de Pempoul lui annonce une mort prochaine, tel un couperet menaçant. Cette prédiction dictera alors son chemin de vie…

Premier roman d’Eugène Sue, ce récit palpitant est un petit chef-d’œuvre d’aventure féroce et d’humour noir, magistralement adapté par Riff Reb’s, auteur virtuose de « La Trilogie maritime », publiée dans la collection Noctambule.



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Kernok Le Pirate »

La BD sortira en octobre 2025.

extrait bd Kernok Le Pirate

Lieu visité par la bd en Bretagne

L’Infini dans un roseau – L’Invention des livres dans l’Antiquité

Album publié en 2025 aux Editions Belles Lettres.


Adapté de l’essai d’Irene Vallejo publié le 18 septembre 2019.

L’Infini dans un roseau, d’Irene Vallejo, est un hymne extraordinaire à l’amour des livres qui a séduit des millions de lecteurs à travers le monde.
Son adaptation graphique aux illustrations exceptionnelles réalisées par le dessinateur Tyto Alba, nous transporte sur les champs de bataille d’Alexandre le Grand, dans les palais de Cléopâtre, dans les premières librairies et les ateliers des copistes, mais aussi sur les bûchers où brûlaient les codex interdits, à la bibliothèque en ruine de Sarajevo et dans le labyrinthe souterrain d’Oxford.
Ces dessins et aquarelles, qui racontent l’histoire d’un artefact incomparable né il y a cinq millénaires, lorsque les Égyptiens ont découvert le potentiel d’une plante appelée papyrus, nous font participer à l’aventure collective de celles et ceux qui ont sauvegardé les livres depuis lors.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Infini dans un roseau – L’Invention des livres dans l’Antiquité »

Adapter en graphiquement l’essai d’Irene Vallejo, ce vaste hymne à l’amour des livres qui a conquis des lecteurs du monde entier, relevait de la gageure. Xisca Mas au scénario et Tyto Alba au dessin s’en acquittent en tirant parti de la construction même du texte original, composé de chapitres courts et presque autonomes, comparables à des chroniques. Le livre en retient certains, qu’il déploie en images, plutôt que de tout condenser.

Le récit remonte à la découverte, il y a cinq millénaires, du potentiel d’un roseau que les Égyptiens nommaient papyrus, puis suit l’objet livre à travers les siècles. Les champs de bataille d’Alexandre le Grand, les palais de Cléopâtre, les premiers ateliers de copistes et les librairies antiques alternent avec des épisodes plus sombres, le supplice de la philosophe Hypatie, les bûchers où brûlèrent des codex interdits, avant un saut jusqu’à la bibliothèque de Sarajevo sous les bombes et aux souterrains d’Oxford. Cette circulation entre l’Antiquité et le vingtième siècle constitue le geste le plus fort de l’ouvrage, qui fait de l’histoire du livre une aventure collective, celle de toutes celles et ceux qui l’ont sauvé de la destruction. L’érudition y demeure vivante, romanesque, parfois épique.

extrait bd L'Infini dans un roseau - L’Invention des livres dans l’Antiquité

Le dessin et les aquarelles de Tyto Alba apportent une douceur qui n’est jamais décorative. Les rouleaux de papyrus, les cargaisons de manuscrits, les salles de lecture et les ateliers y trouvent une incarnation sensible, presque tactile, qui donne corps à des objets d’ordinaire abstraits.

L’album s’adresse aux amoureux des livres, aux étudiants en lettres et aux curieux d’histoire culturelle. Une somme accessible et magnifiquement mise en images.

Les Piliers de la Terre – Tome 3 – Le chantier de l’espoir

Album « Les Piliers de la Terre – Tome 3 » publié en 2025 aux éditions Glénat.


Résumé

D’après l’œuvre de Ken Follett publiée en 1989.

Au temps des bâtisseurs de cathédrales : redécouvrez la fresque monumentale de Ken Follett dans une saga épique en bande dessinée.

Angleterre, XIIsiècle.
Dans un royaume en perdition, morcelé par la guerre et affaibli par la famine, Tom, modeste maître bâtisseur, rêve de construire un jour la plus grandiose des cathédrales…
Avec Ellen, sa compagne, ils ont bravé le froid et la misère pour arriver à Kingsbridge.
Quand un incendie ravage l’église de la ville en pleine nuit, Tom propose aux hommes de foi de s’atteler à la tâche pour reconstruire l’édifice !
Mais certains dignitaires ne voient pas d’un bon œil ces travaux. La famille Hamleigh et l’évêque Waleran, fermement opposés à ce projet, n’hésiteront pas à user de leur pouvoir pour ralentir la construction. De son côté, Tom jouit du soutien de Philip, le prieur de Kingsbridge, mais aussi de l’appui des villageois et des moines qu’il a su convaincre de l’aider sur le chantier.

Alfred, Martha et Jack, le fils d’Ellen, sont également solidaires avec Tom. La reconstruction de la cathédrale avance lentement malgré les tensions et les intrigues politiques. Bientôt, une visite pourrait tout changer, celle de l’évêque Henry…
La venue de ce saint homme à la Pentecôte s’annonce cruciale pour l’avenir de la cathédrale. Tom parviendra-t-il à démontrer qu’il est à la hauteur d’une telle tâche ?

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Piliers de la Terre – Tome 3 »

La cathédrale comme métaphore. C’est tout le génie du roman de Ken Follett, paru en 1989 et vendu à plus de quarante millions d’exemplaires, que le duo Alcante-Dupré parvient à transposer avec une fidélité dans ce troisième volet de leur adaptation en bande dessinée.

Dans cette Angleterre du XIIe siècle déchirée par les guerres et la famine, le chantier de Kingsbridge n’est pas qu’une affaire de pierre et de mortier. C’est un champ de forces où s’affrontent foi et ambition, idéalisme et cynisme. Tom le bâtisseur et le prieur Philip, alliés improbables, doivent avancer vite avant la visite décisive de l’évêque Henry, tandis que l’évêque Waleran et la famille Hamleigh multiplient les manœuvres pour saboter l’œuvre. En parallèle, le personnage d’Aliena entame sa propre reconstruction, sociale, intime, intérieure, donnant au titre toute sa résonance.

extrait bd Les Piliers de la Terre - Tome 3

Didier Alcante tient l’équilibre délicat entre densité du scénario et fluidité de lecture : la complexité des intrigues politiques et cléricales ne décourage jamais, grâce à un découpage cinématographique qui impose son rythme.
Steven Dupré confirme ici un talent hors norme. Son trait réaliste, nourri d’une rigueur architecturale impressionnante, déploie des panoramiques de chantier grandioses, que les couleurs de Sébastien Gérard et Raphaël Bauduin baignent d’une lumière médiévale saisissante. Chaque planche est une invitation à s’arrêter.
Un accomplissement rare : une adaptation qui honore son modèle sans se contenter de l’illustrer. Indispensable aux amateurs de fresque historique.


Flatland – Aventure fantastique à plusieurs dimensions

Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

D’après le roman d’Edwin Abbott Abbott  publié en novembre 1884.

Le mathématicien A. Square est un carré résidant à Flatland, monde bidimensionnel.
Après avoir décrit au lecteur son univers, Square visite Lineland (monde réduit à une seule ligne) et Pointland (avec un seul habitant, très égocentrique, un point !) avant de rencontrer un habitant de Spaceland : une sphère.
Ses convictions en seront changées à jamais… Un pays à quatre dimensions existerait-il ?

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Flatland – Aventure fantastique à plusieurs dimensions »

Adapter en bande dessinée le chef-d’œuvre d’Edwin Abbott Abbott constituait un défi périlleux : comment traduire graphiquement l’abstraction pure ? Avec Flatland – Aventure fantastique à plusieurs dimensions, Danicollaterale relève ce pari avec une intelligence visuelle remarquable, offrant une porte d’entrée magistrale vers cette allégorie philosophique.

Le récit suit A. Square, un carré résidant dans un monde bidimensionnel régi par une hiérarchie sociale rigide fondée sur le nombre d’angles. Sa rencontre avec une Sphère, venue de la troisième dimension, bouleverse ses certitudes, le poussant à remettre en question les limites de sa propre réalité. Au-delà de l’expérience de pensée mathématique, l’œuvre demeure une satire cinglante du conformisme et des structures sociales victoriennes, thématiques qui conservent, hélas, une troublante actualité.

extrait bd Flatland - Aventure fantastique à plusieurs dimensions

Le choix esthétique de Danicollaterale, volontairement géométrique, léché et méthodique, soutient parfaitement le scénario. L’utilisation de formes pures et de contrastes appuyés permet au lecteur de visualiser, avec une clarté étonnante, les paradoxes dimensionnels décrits par Abbott. Si la lenteur inhérente à l’exposition initiale pourra dérouter certains, elle est nécessaire pour ancrer le spectateur dans l’oppression de ce monde plat. L’audace graphique se déploie pleinement lors de la visite des autres dimensions, où le dessinateur enrichit l’œuvre originale par des interprétations audacieuses de la quatrième dimension et de l’espace-temps.

Cette BD est une réussite totale pour quiconque souhaite découvrir ce texte inclassable ou redécouvrir sa profondeur métaphysique sous un prisme visuel renouvelé. Un ouvrage à mettre entre les mains de tous les curieux, qu’ils soient férus de mathématiques, de philosophie ou simplement amateurs de récits d’anticipation stimulants qui questionnent la nature même de notre perception du monde.