Étiquette : 2014

Un sac de billes – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Joseph Joffo publié en 1973.

couverture bd Un sac de billes - Tome 3

Traduit dans le monde entier, Un sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joseph Joffo y raconte ses souvenirs d’enfant Juif durant l’Occupation allemande.

La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Un classique adapté en bande dessinée par Kris et Vincent Bailly.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes – Tome 3 »

Dans le troisième tome de « Un sac de billes« , le dessinateur Vincent Bailly et le scénariste Kris poursuivent l’adaptation des mémoires de Joseph Joffo avec une sensibilité graphique captivante.

L’œuvre, qui s’inscrit dans le Paris de l’après-Seconde Guerre mondiale, dépeint avec justesse les tribulations adolescentes de Jo, personnage central du récit.

La force de cette bande dessinée réside dans sa capacité à mêler légèreté et profondeur, en dévoilant les rêves et les désillusions d’un jeune homme confronté à la dure réalité d’un monde en reconstruction.

À travers les jeux de baby-foot, les combats de boxe abandonnés, et les petits trafics, Jo émerge comme un protagoniste aussi ingénieux qu’attachant, dont la quête de liberté et d’identité résonne avec universalité.

L’art de Bailly brille particulièrement dans l’usage de l’aquarelle, conférant une douceur mélancolique à la palette de l’immédiat après-guerre.

extrait bd Un sac de billes - Tome 1

Kris, quant à lui, manie la plume avec une dextérité qui équilibre habillement le rythme de la narration, jonglant entre les moments d’effervescence et de contemplation.

« Un sac de billes – Tome 3 » peut sembler manquer de l’intensité émotionnelle de ses prédécesseurs, il n’en demeure pas moins une œuvre d’une grande finesse, témoignant de l’adolescence comme d’un moment de vie riche de promesses et d’incertitudes.

Poil de Carotte (Glénat)

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Vent d’Ouest (Glénat).


D’après le roman de Jules Renard publié en 1894.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin… »

François est le petit dernier de la famille Lepic. Mais tout le monde l’appelle « Poil de carotte » à cause de ses cheveux roux et de ses taches de rousseur.

Mal-aimé, il subit sans arrêt les reproches de sa mère et l’indifférence de son père et de ses frères et sœurs.

On lui confie toujours les tâches les plus ingrates : aller fermer la porte du poulailler en pleine nuit ou encore achever les perdrix que son père a chassées.

Pour lutter contre les humiliations du quotidien et braver le monde injuste des adultes, notre brave Poil de carotte va devoir se montrer rusé.

Christophe Lemoine s’allie au trait léger et sensible de Cécile pour adapter en bande dessinée le chef-d’œuvre de Jules Renard, l’occasion pour les plus jeunes de découvrir ce classique de la littérature pétri d’humanité.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Poil de Carotte »

La bande dessinée « Poil de Carotte« , adaptation par Christophe Lemoine et Cécile du roman de Jules Renard, se dresse comme un pont audacieux entre classicisme et modernité, entre fidélité et innovation. La tâche n’était pas aisée : transposer en dessins un récit dont la puissance réside dans l’acuité des mots, dans la peinture sans concession d’une enfance meurtrie par l’incompréhension et la cruauté maternelle.

Lemoine, par son scénario, et Cécile, par son trait, ne se contentent pas de raconter : ils réinventent. Leur « Poil de Carotte » est une œuvre qui, en dépit de quelques libertés prises avec la lettre du texte source, reste profondément fidèle à son esprit. Les nuances de la souffrance de François, surnommé Poil de Carotte pour sa chevelure flamboyante et sa différence flagrante, sont esquissées avec une sensibilité qui rend hommage au matériau d’origine tout en le rendant accessible à un public contemporain, peut-être moins enclin à la lecture d’un classique du XIXe siècle.

Le dessin, à la fois léger et expressif, souligne avec justesse la dichotomie entre la légèreté apparente de l’enfance et le poids écrasant du rejet. La critique pourrait néanmoins émerger de certains choix artistiques : la représentation de la mère, moins sévère et acérée que celle dépeinte par Renard, ou encore une ambiance estivale qui semble par moments édulcorer les épreuves de notre jeune héros.

Il est vrai que l’adaptation d’une œuvre littéraire en bande dessinée est un exercice de funambule, oscillant entre deux mondes : celui de la fidélité absolue au texte et celui de la liberté créatrice. Dans ce cas précis, il est à noter que si l’essence tragique de l’œuvre de Renard est par moments atténuée, l’esprit de résilience et d’ingéniosité de Poil de Carotte est magnifié.

Cette bande dessinée est un hommage qui sait se tenir à la croisée des chemins : respectueux sans être servile, créatif sans être traître. C’est une invitation à redécouvrir Renard à travers une perspective nouvelle, à voir au-delà de la tristesse de Poil de Carotte, la beauté d’une histoire intemporelle sur la différence, l’adversité et la force indomptable de l’esprit humain.

Sampiero Corso – Tome 2 – Vannina d’Ornano

Albums publiés en 2014 aux éditions DCL


Résumé éditeur

couverture bd Sampiero Corso - Tome 2 - Vannina d'Ornano

Sampiero de Bastergà, connu en son temps sous le nom de Sampiero Corso, est devenu une personnalité incontournable de la Renaissance.

Après avoir été l’ami de Jean des Bandes Noires, des Médicis, et défenseur du Vatican, Sampiero est désormais au service de la couronne de France et d’Henri II.

A force de persuasion, Sampiero parvient à convaincre le roi de porter la guerre en Corse, l’île de son enfance, afin d’en chasser les Génois.

Pour ce faire et appuyer sa requête, Sampiero parvient à nouer une alliance avec le diabolique Dragut, corsaire ottoman célèbre dans toute la Méditerranée.

Si les opérations militaires sont couronnées de succès, et si les citadelles tombent les unes après les autres sur l’île, de nombreux complots se nouent partout en Europe, jusque devant l’Office de Saint-Georges à Gênes, et dans les salons de Paris.

Alors qu’il se trouve en Turquie, afin de négocier avec les Ottamans une nouvelle participation militaire en Corse, l’épouse de Sampiero, Vannina, vend tous les biens de son époux à Marseille et embarque discrètement pour Gênes.

Mais la traîtrise est déjouée. La belle est interceptée et emprisonnée. Sampiero décide alors de rentrer à Marseille, pour châtier sa jeune épouse.

Entre haine personnelle, complots et épopée militaire, le second et dernier épisode de cette série, nous conduit au coeur de l’action d’un des personnages majeurs de la Renaissance. Cette série historique, parfaitement documentée, nous raconte la vie d’un personnage illustre qui inspira Shakespeare pour Othello.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Sampiero Corso – Tome 2 – Vannina d’Ornano »

Dans « Sampiero Corso – Tome 2 – Vannina d’Ornano« , Frédéric Bertocchini et Eric Rückstühl plongent le lecteur dans les méandres de l’Histoire corse, au cœur des luttes de pouvoir et des passions dévorantes.

Ce tome clôt avec brio la fresque historique débutée dans le premier volume, et se penche avec une intensité dramatique sur le destin tragique de Vannina d’Ornano, épouse dévouée et victime expiatoire d’une vendetta impitoyable.

Le récit, vibrant d’une authenticité historique, est porté par des illustrations qui transcendent le texte. Rückstühl parvient à capturer l’âme d’une Corse à la fois belle et rebelle, imprégnant chaque case d’une atmosphère qui oscille entre la rudesse des batailles et la tendresse des moments intimes.

Bertocchini tisse une narration qui, bien que fidèle aux faits, ne manque pas de lyrisme. Il explore la complexité de Sampiero, héros à la fois vaillant et implacable, dont les choix déchirants soulignent la brutalité de son époque.

« Sampiero Corso – Tome 2 – Vannina d’Ornano » est plus qu’une bande dessinée; c’est un écho visuel de la grandeur et de la décadence, un hommage à ces figures qui ont sculpté l’identité corse.



Lieux visités par la bd en Corse

BastelicaSuarella

Je, François Villon – Tome 02

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Delcourt.


D’après le roman de Jean Teulé publie en 2006.

Bienvenue parmi les ignobles

couverture Bd Je, François Villon - Tome 02

François Villon fait la rencontre de Colin de Cayeux, chef des Coquillards, brigands pervers et sanguinaires.

Pour être initié, Villon doit réaliser trois chefs-d’oeuvre : un vol scandaleux, un crime écoeurant et un présent abominable.

Ainsi, il volera une femme qui enterre son enfant, égorgera une pauvre prostituée et, sur demande de Colin, il offrira sa femme… Bienvenue parmi les ignobles !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Je, François Villon – Tome 02 »

Au fil des pages du second tome de « Je, François Villon« , Luigi Critone plonge le lecteur dans les abysses d’une âme torturée, où la légende noire du poète maudit prend toute son ampleur. Loin de la verve légère et de l’esprit facétieux du premier volume, cette suite déroule le tapis de l’obscurité sous les pas d’un Villon plus sombre, dont la descente aux enfers est aussi irrésistible qu’effrayante.

La force de ce tome réside dans la capacité de Critone à saisir le paradoxe d’un Villon à la fois poète et scélérat. La plume se fait ici pinceau, dessinant les contours d’un homme écartelé entre la grandeur de son art et la bassesse de ses actes.

Les illustrations, bien que magnifiques, portent en elles la noirceur d’un récit qui ne fait pas l’économie de la violence. Les actes de Villon, peints avec une précision qui frôle parfois la caricature, sont un rappel glaçant que derrière la poésie se cache parfois la brutalité la plus crue.

extrait bd Bd Je, François Villon - Tome 02

Critone nous convie à une réflexion sur la nature humaine, où la noblesse de l’art de Villon se heurte à ses choix moralement discutables. Le lecteur se trouve alors dans l’inconfort de la dualité, à la fois captivé par le talent indéniable du poète et repoussé par ses actions répréhensibles. L’auteur questionne subtilement les limites de notre empathie, nous forçant à contempler l’homme dans toute sa complexité.

Cependant, cette noirceur omniprésente peut susciter une certaine lassitude. L’accumulation des scènes d’une violence graphique peut parfois sembler gratuite, éclipsant la subtilité que l’on attend d’une œuvre qui se veut aussi littéraire. Ce choix audacieux de Critone risque de diviser : est-ce un hommage appuyé à la légende de Villon ou une simplification excessive d’une figure historique complexe ?

« Je, François Villon – Tome 02 » est une œuvre qui ne laisse pas indifférent. Critone y fait preuve d’une maîtrise artistique indéniable, mais le lecteur pourrait regretter que l’obscurité du récit prenne le pas sur la lumière de la poésie.

Une chose est certaine : ce Villon-là ne cessera de hanter ceux qui auront osé s’aventurer dans les méandres de son âme tourmentée.

Le Horla

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman de Guy de Maupassant publié en 1886.

couverture bd le horla

Le narrateur mène une vie tranquille dans sa maison au bord de la Seine, lorsque d’étranges phénomènes commencent à se produire.

Quelqu’un boit la carafe d’eau sur sa table de nuit, des objets disparaissent ou se brisent, une fleur est cueillie par une main invisible…

Peu à peu, le narrateur acquiert la certitude qu’un être surnaturel et immatériel vit chez lui, se nourrissant de ses provisions.

Pis encore, cet être, qu’il baptise le Horla, a tout pouvoir sur lui, un pouvoir grandissant… Du Horla ou de l’homme, l’un des deux doit périr.

Le Horla, comme les contes fantastiques écrits par Maupassant à la fin de sa vie, alors qu’il sombrait dans la folie, joue délicieusement avec nos nerfs en traitant de thèmes très actuels comme l’angoisse, la hantise du suicide et la peur de l’invisible.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Horla »

« Le Horla » par Guillaume Sorel se présente comme un jalon notable, marquant de son empreinte le territoire souvent périlleux de la transmutation d’une œuvre littéraire en dessins et en couleurs.

C’est avec une main à la fois respectueuse et audacieuse que Sorel s’empare du texte de Maupassant, nous invitant à redécouvrir cette nouvelle fantastique à travers un prisme visuel qui déborde de sensibilité et d’innovation.

Lorsque l’on tourne les pages de cette bande dessinée, on est immédiatement frappé par l’éloquence du silence, par cette capacité qu’a Sorel de narrer sans mots, ou avec si peu, l’intériorité tourmentée du protagoniste.

L’artiste, en véritable ventriloque des émotions, fait naître une symphonie de couleurs et de formes qui traduit avec brio la montée en crescendo de l’angoisse et de la folie. Les choix chromatiques, tantôt apaisés en teintes pastel, tantôt alarmants en rouges et jaunes orangés, orchestrent une danse visuelle qui reflète la lutte intime du personnage contre un ennemi invisible.

extrait bd le horla

Certains puristes pourraient arguer que le medium de la bande dessinée, malgré toute sa splendeur graphique, peine à encapsuler la subtilité et la profondeur psychologique de la prose de Maupassant. L’introduction d’un chat, qui n’existe pas dans le texte originel, est symptomatique des libertés prises par Sorel. Pour certains, cela pourrait apparaître comme un écart injustifié, tandis que pour d’autres, c’est une incarnation métaphorique réussie, un guide silencieux dans ce labyrinthe de terreur psychologique.

« Le Horla » de Sorel s’impose non seulement comme une œuvre d’art graphique, mais aussi comme une réflexion sur la nature même de l’adaptation. C’est une invitation à redécouvrir Maupassant, à le sentir et le vivre différemment.

La Guerre du feu – Tome 3

Bande dessinée publiée en 2014 aux éditions Delcourt.


Adapté du roman J.-H. Rosny aîné publié en 1909.

Par le pays des eaux.

couverture bd La Guerre du feu - Tome 3

Naoh, Naw et Gaw ont réussi à garder le feu et se sont assuré l’alliance des mammouths, mais l’accalmie n’est que passagère.

Les vivres à disposition ne cessent de diminuer et de nouveaux ennemis se présentent à eux… les nains rouges !

Dernier tome de l’adaptation du chef-d’oeuvre de J.-H. Rosny aîné.

Un hymne à la préhistoire réalisé par un spécialiste, Emmanuel Roudier, l’auteur de Neandertal.

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre du feu – Tome 3 »


Le troisième et dernier volet de « La Guerre du feu« , sous la plume et le pinceau d’Emmanuel Roudier, clôt avec panache cette odyssée préhistorique qui a su captiver son lectorat depuis le premier tome. Roudier, en véritable érudit de la préhistoire, nous offre une fresque saisissante où le moindre détail semble invoquer l’esprit des temps anciens avec une précision anthropologique.

Dans ce tome, nos protagonistes, Naoh, Naw et Gaw, continuent de défendre leur précieuse découverte — le feu. Ce n’est pas seulement une lutte pour la survie contre les éléments naturels, mais aussi une quête qui les confronte à l’émergence de nouveaux adversaires, les intrigants nains rouges, qui ajoutent une tension palpable à l’intrigue. Cette tension est le moteur d’une narration qui ne faiblit jamais, entretenant une cadence qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

La qualité de l’adaptation du roman de J.-H. Rosny aîné est incontestable, Roudier ayant su capturer l’essence du récit tout en y apposant sa marque visuelle distinctive. Le soin apporté aux illustrations renforce l’immersion, chaque coup de crayon servant à évoquer une époque révolue avec une fidélité qui frôle le cinématographique.

La dynamique entre les personnages est rendue avec une justesse qui transcende les âges, nous rappelant que les émotions et les liens sociaux sont intemporels.

C’est avec un sentiment de nostalgie que l’on referme ce dernier chapitre, conscient d’avoir été témoin d’une saga qui, bien qu’ancrée dans les méandres de la préhistoire, est empreinte d’une universalité émotionnelle et d’une résonance contemporaine.

« La Guerre du feu – tome 3 » est donc une réussite qui confirme Emmanuel Roudier comme un conteur d’exception et un artiste au sommet de son art.

Le Chevalier double

Album « Le Chevalier double » publié en 2014 aux éditions La boite à Bulles


Une adaptation du conte fantastique de Théophile Gautier (paru en juillet 1840), à la fois très personnelle et respectueuse du texte initial.

Edwige, la délicate blonde, devrait être aux anges, enfin enceinte de son vieux comte… Pourtant, elle se morfond dans la mélancolie depuis le passage d’un bohémien, fort charmeur.
Son fils, au sombre regard et à la peau blanche et vermeille ferait la joie de ses parents si son thème astral ne contenait deux étoiles, une verte et une rouge, opposées, qui l’influencent en alternance. Le mire déclare qu’il sera très heureux ou très malheureux, voire les deux à la fois.
De fait, un moment charmant, l’autre presque démoniaque, il fait la fierté de son père qui voit en lui un fier guerrier. Puis sa mère s’éteint, emmenant avec elle son lourd secret… A 20 ans, le jeune homme reprend le titre de comte de son défunt père et ravage les cœurs féminins sans réussir à s’investir dans la moindre relation.
Mais le jeune homme pense avoir trouvé en la personne de la comtesse Brenda, celle qui pourra lui faire connaître l’amour. S’il se débarrasse de son démon…

couverture bd Ivanhoé Tome 3

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Chevalier double »


« Le Chevalier double » se distingue par un esthétisme à la fois raffiné et novateur. Sous le pseudonyme Modrimane, Maud Riemann rehausse le conte intemporel de Théophile Gautier d’une vibrante nouvelle vie, tissant une toile visuelle où la couleur n’est pas simplement un fond, mais une voix narrative à part entière.

Le génie de Modrimane réside dans sa capacité à capturer l’essence dualiste du conte : un combat incessant entre la lumière et l’ombre, l’ange et le démon, le joie et la tristesse. Chaque page de ce récit graphique est une mosaïque de sentiments, où le lecteur est invité à naviguer entre les émotions contradictoires du protagoniste, un homme écartelé entre sa liberté sauvage et son mystère profond.

Ce qui aurait pu n’être qu’une redite d’une fable médiévale se transforme entre les mains de Modrimane en un examen subtil des dilemmes moraux, un avertissement contre les tentations et les conséquences de l’infidélité. L’artiste transcende le didactisme pour atteindre une résonance universelle, faisant de ce conte une leçon de vie aussi pertinente aujourd’hui qu’elle l’était dans la France du XIXe siècle.

« Le Chevalier double » est un ouvrage qui ne se contente pas de satisfaire l’œil ; il interpelle l’esprit et émeut le cœur. À la fois un hommage et une réinvention, cette bande dessinée s’avère être un joyau à offrir ou à s’offrir, un éclat de beauté à préserver dans l’écrin de notre culture littéraire.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 2 – Mon retour en France

Album publié en 2014 aux éditions Casterman


Résumé éditeur

Deuxième étape pour le plus récent des grands projets de Tardi : l’adaptation des carnets de guerre de son père, en pleine Seconde Guerre mondiale.

couverture bd Moi Rene Tardi prisonnier de guerre au Stalag IIB - Tome 2

 » Notre progression n’étant pas satisfaisante, les coups de crosses de de Gummis s’abattaient sur nos échines et sur nos reins. Il fallait ajouter au froid la présence encombrante et brutale des Posten qui nous encadraient, pressés de mettre le maximum de distance entre l’armée Rouge et leurs culs sales, mais ça n’avançait pas plus vite pour autant.« 

Fin 2012, Tardi entreprenait avec Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag II B la publication de l’un de ses projets les plus personnels, mûri de longue date : l’adaptation en bande dessinée des carnets de guerre de son père, où celui-ci tenait la chronique minutieuse de ses années de captivité dans un camp de Poméranie en Pologne, presque cinq années durant.

Une manière touchante et pudique pour le dessinateur, qui se met lui-même en scène dans ce récit sous les traits d’un enfant, de renouer le dialogue avec ce père ombrageux aujourd’hui disparu, profondément meurtri par cette longue épreuve.

Le premier volet de cette histoire s’achevait sur le départ des prisonniers de leur stalag fin janvier 1945, toujours encadrés par leurs geôliers, sous la menace de l’armée rouge soviétique lancée à l’assaut de l’Allemagne nazie alors en pleine débâcle.


Le second volume de ce grand récit de guerre reprend là où le premier s’était arrêté, toujours sous le regard attentif de l’alter ego enfantin de Tardi : la longue marche des prisonniers dans un dénuement total et sous des températures extrêmes, la violence des garde-chiourme, la peur que suscitent les troupes russes toutes proches, les expédients pour s’assurer les meilleures chances de survie, les velléités d’évasion et ici et là quelques rares moments de récupération, comme la miraculeuse douche chaude négociée dans les locaux d’une ancienne brasserie…


Autant de péripéties authentiques directement inspirées du carnet tenu au fil des jours à la mine de plomb sur « un cahier d’écolier coupé en quatre » par René Tardi, que l’on suit avec ses compagnons d’infortune tout au long de leur marche harassante à travers l’Europe dévastée, en direction de la France et de leurs foyers si longtemps espérés.


Un témoignage d’une force exceptionnelle, et toujours le brio sans équivalent de l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée contemporaine.


Lire un extrait


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 2 – Mon retour en France »


« Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 2 » poursuit l’émouvant récit de guerre adapté des carnets de son père par Jacques Tardi.

Cette bande dessinée offre une perspective personnelle sur la Seconde Guerre mondiale, en se concentrant sur les années de captivité de René Tardi dans un camp en Poméranie, en Pologne. Dans le premier tome, les prisonniers quittaient le stalag, tandis que ce second volet raconte leur longue et pénible marche à travers l’Allemagne en plein hiver, sous la menace des Soviétiques.

L’œuvre est portée par la narration authentique de René Tardi, exprimée avec un détachement empreint d’ironie qui contraste fortement avec l’horreur des événements. Les conditions de vie des prisonniers, les maltraitances, la peur constante, tout est dépeint avec une sobriété saisissante.

extrait Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB - Tome 2 - Mon retour en France

Jacques Tardi associe le texte à des illustrations en noir et blanc, caractérisées par un trait épais et des aplats de gris. Les images sont souvent des panoramiques qui illustrent la longue marche des prisonniers.

Le récit est agrémenté de nombreux dialogues, en grande partie tenus par René Tardi lui-même, et enrichis par des informations historiques. Cette approche détaille la réalité de la guerre, loin des stratégies militaires, mettant en avant la souffrance des individus.

Il est évident que cette bande dessinée offre un témoignage inestimable sur la guerre, rappelant la réalité brutale de cette période.

Jacques Tardi nous plonge dans un monde de souffrance, de froid, de faim, et de peur, créant ainsi un récit puissant et touchant.

Une lecture nécessaire pour mieux comprendre l’humanité dans des temps de crise.

Dieppe 42 – Opération Jubilée

Album publié en 2014 aux éditions ANDB


Résumé éditeur

couverture bd Dieppe 42 - Opération Jubilée

1913/24 : Au Canada naissent deux jeunes gens, l’un à Woodstock, province anglophone de L’Ontario (non loin des chutes du Niagara) et l’autre à Montréal, province francophone du Québec.

Leurs trajectoires sont différentes, mais ils vont se retrouver dans l’armée canadienne en formation pour rejoindre l’Angleterre.


1939/41 : La guerre éclate, ils quittent le Canada et se retrouvent en garnison au sud de l’Angleterre.

Très vite ils vont rencontrer d’autres jeunes engagés venant d’autres provinces canadiennes .
L’attente est ponctuée d’entraînements.

1942 : Sur l’île de Wright les troupes canadiennes, anglaises, américaines et françaises libres, sont regroupées et subissent un entraînement intensif.

Edwin, Jacques et leurs camarades rejoignent leurs unités, l’état major confirme la nouvelle, « l’Opération JUBILEE » commence. L’aurore pointe déjà à l’horizon, ils découvrent les hautes falaises de la côte dieppoise et les horreurs de la guerre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dieppe 42 – Opération Jubilée »

La bd n’a pas encore été lue. Un avis sera posté dès que ce sera le cas.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Dieppe

Commandos SAS Qui ose gagne

Album publié en 2014 aux éditions Triomphe


Résumé éditeur

couverture bd Commandos SAS Qui ose gagne

Le 5 juin 1944, sous les ordres du Commandant Bourgoin, appelé Le Manchot suite à la perte d’un bras lors d’une opération commando en Algérie, des parachutistes du 4e SAS sont largués en Bretagne occupée.

Ils vont y opérer des actions de sabotage visant à retarder la progression des renforts allemands vers la Normandie, mais également à prendre contact avec la résistance locale.

Dans le Morbihan, près du village de Saint-Marcel, c’est un véritable camp fortifié qui se met en place lorsque plus de 2000 résistants répondent à l’appel de leurs chefs.

Mais les mouvements ne tardent pas à être repérés par les Allemands et le camp doit être dissous après une attaque en règle le 18 juin 1944.

Durant les semaines qui suivent, les parachutistes, regroupés par petites équipes vont continuer leurs missions de sabotage tout en étant implacablement pourchassés par la milice et les soldats allemands.

Commandos SAS – Qui ose gagne, selon la fière devise de ces hommes, raconte l’extraordinaire épopée de ces hommes, commencée bien avant le Débarquement de Normandie, dans le pourtour méditerranéen et qui s’achèvera au retour de la paix.

Un autre aspect de l’opération Overlord dont nous avons fêté l’an passé le 70e anniversaire.

La bd « Commandos SAS Qui ose gagne » disponible ici


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Commandos SAS Qui ose gagne»

« Commandos SAS – Qui ose gagne » est une bande dessinée de Philippe Zytka, magnifiquement illustrée par Ludovic Gobbo, qui plonge les lecteurs au cœur de l’histoire méconnue des commandos SAS parachutés en Bretagne occupée en 1944.

Ce récit captivant met en lumière l’extraordinaire épopée de ces hommes courageux, chargés de saboter les opérations allemandes tout en collaborant avec la résistance locale pour retarder l’arrivée des renforts ennemis en Normandie.

L’histoire se déroule pendant les jours cruciaux précédant le Débarquement de Normandie et offre une perspective unique sur les sacrifices et la détermination de ces héros oubliés. Les illustrations de Ludovic Gobbo captent l’intensité de ces moments dramatiques, nous transportant directement dans l’action.

« Commandos SAS – Qui ose gagne » est un hommage émouvant à ces actes de bravoure et à l’importante contribution des résistants au succès de l’opération Overlord.

Cette bande dessinée retrace particulièrement les évènements du maquis de Saint-Marcel du 5 juin 1944 au 18 juin 1944.

Une bande dessinée qui rappelle l’héroïsme de ces combattants méconnus de l’histoire et qui mérite d’être lue par tous ceux qui s’intéressent à la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance française.


Plus d’information sur le maquis de Saint-Marcel

Via le site des archives du département du Morbihan ci dessous.


Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

HéraklionSaint-Marcel