Étiquette : Editions Dargaud

La bataille de la Neretva – Tito

Album publié en 1982 aux Editions Dargaud.


La série « Les Grands Capitaines » est une collection d’albums historiques retraçant des épisodes majeurs liés à des figures militaires importantes du XXe siècle. Le quatrième tome porte sur la Bataille de la Neretva et le rôle de Josip Broz Tito durant la Seconde Guerre mondiale.

Historiquement, la Bataille de la Neretva s’est déroulée entre janvier et mars 1943 en Bosnie-Herzégovine occupée, impliquant les partisans yougoslaves de Tito face aux forces de l’Axe (Allemands, Italiens, Oustachis croates) et les Tchetniks monarchistes.
Cet épisode est devenu légendaire car il a permis aux partisans de s’échapper d’un encerclement allemand en effectuant une manœuvre audacieuse.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La bataille de la Neretva – Tito »

Paru en 1982 chez Dargaud, ce quatrième album de la série « Les Grands Capitaines » offre une plongée dans l’un des moments décisifs de la Seconde Guerre mondiale. Le scénariste Jean Sanitas, ancien résistant, et le dessinateur Pierre Dupuis, prolifique créateur de plus de 40 000 planches, conjuguent ici leur expertise pour ressusciter l’épopée yougoslave de février-mars 1943.

L’album retranscrit la stratégie audacieuse de Tito face à l’étau de l’opération Weiss. Au-delà du simple récit militaire, Jean Sanitas explore la dimension humaine du conflit : les combattants affamés, l’hôpital de campagne menacé, les civils entraînés dans la tourmente. Le trait vigoureux de Pierre Dupuis renforce cette atmosphère dramatique, ses perspectives capturant la fureur des combats et la ténacité des partisans.

Cette bande dessinée historique se destine particulièrement à un public aux passionnés d’histoire militaire et à ceux appréciant les adaptations graphiques d’événements significatifs.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Bataille de la Neretva

La Commedia des Ratés – Seconde partie

Album publié en 2011 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman de Tonino Benacquista publié le 12 avril 1991.

Antonio, un jeune rital de la banlieue parisienne, hérite d’un lopin de vigne en Italie, un bout de terre produisant une infâme piquette, mais qui attire bien des convoitises.
Alors que des truands patibulaires, ou d’onctueux membres du clergé, pressent Antonio de vendre, celui-ci, sur les traces de son ami Dario, abattu d’une balle de 9 mm met au point une arnaque redoutable qui le rendra immensément riche… ou le tuera.
Olivier Berlion réalise une remarquable adaptation du célèbre roman de Tonino Benacquista et signe une merveille de polar dense et noir.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Commedia des Ratés – Seconde partie »

Avec cette seconde partie de La Commedia des Ratés, Olivier Berlion conclut magistralement l’adaptation du roman primé de Tonino Benacquista. Antonio Polsinelli, ce fils d’immigré italien de Vitry-sur-Seine, achève son parcours initiatique dans les terres ancestrales de Sora, où l’héritage de son ami Dario révèle ses véritables enjeux.

L’intrigue orchestrée autour de la chapelle Sant’Angelo constitue le cœur battant de ce dénouement. Antonio découvre et réalise l’arnaque imaginée par Dario : transformer un lieu de culte délabré en site de pèlerinage lucratif grâce à un faux miracle soigneusement orchestré. Cette supercherie, mêlant vin rouge, statue miraculeusement intacte et guérison spectaculaire d’un faux aveugle, révèle toute la virtuosité narrative de Tonino Benacquista dans sa critique mordante des dérives religieuses et mafieuses.

Olivier Berlion se dépasse dans la retranscription graphique de l’univers méditerranéen. Son trait réaliste aux contours affirmés saisit avec justesse l’atmosphère lourde du village italien, où se côtoient truands patibulaires et onctueux membres du clergé. Les couleurs chaudes soutiennent parfaitement cette ambiance parfois oppressante, tandis que les flashbacks sur la Résistance italienne de 1944 apportent la profondeur historique nécessaire à la compréhension des enjeux familiaux.

La galerie de personnages révèle toute la richesse psychologique de l’œuvre originale. Marcello, ce vagabond faussement aveugle, incarne avec justesse ces « ratés » du titre, ces laissés-pour-compte qui trouvent dans l’escroquerie religieuse une forme de revanche sociale. Antonio lui-même, initialement en « perte de repères », trouve dans cette arnaque italienne une réconciliation inattendue avec ses origines niées.

L’adaptation de Olivier Berlion respecte scrupuleusement l’esprit grinçant du polar de Tonino Benacquista, cette « comédie à l’italienne » au « goût amer » où se mêlent tous les stéréotypes transalpins : mafia, Vatican, miracles douteux et spéculations financières.

Cette conclusion s’impose comme un modèle d’adaptation BD, prouvant qu’Olivier Berlion sait allier fidélité littéraire et excellence graphique pour servir une histoire où l’absurdité le dispute à l’humanité.

La Commedia des Ratés – Première partie

Album publié en 2011 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman de Tonino Benacquista publié le 12 avril 1991.

couvertrue bd La Commedia des Ratés - Première partie

Mon ami Dario est mort d’une balle dans la tête après m’avoir demandé un service : rédiger une lettre d’amour en français.
Il faut dire que Dario est le seul à n’avoir jamais coupé les ponts. Il était le plus rital d’entre nous. Il a fait de moi son héritier : un minuscule carré de vigne sur les hauteurs de Seca pour lequel il s’est ruiné. Un bout de terre qui a jamais rien produit d’autre qu’une infâme piquette.
Sauf que depuis les cadavres pleuvent, on me tire dessus et je n’ai pas d’autre choix que de retourner sur cette terre maudite pour sauver ma peau…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Commedia des Ratés – Première partie »

Paru le 18 février 2011 chez Dargaud, La Commedia des Ratés est la première partie d’un diptyque adapté du roman de Tonino Benacquista par Olivier Berlion. L’album situe son intrigue entre Vitry-sur-Seine et Sora, en Italie, où Antonio Polsinelli hérite d’un mystérieux vignoble après l’assassinat de son ami d’enfance.

Olivier Berlion et Tonino Benacquista tissent un polar intimiste où la quête d’identité se mêle à la tension criminelle. Les thèmes de l’héritage culturel, de l’exil et de la vengeance s’articulent autour d’un protagoniste en pleine crise identitaire. Les flash-backs sur le passé du père d’Antonio, évoquant la Seconde Guerre mondiale, enrichissent la profondeur psychologique des personnages, et les cadavres qui jalonnent le récit soulignent la noirceur des atmosphères sans jamais basculer dans l’exagération.

extrait bd La Commedia des Ratés - Première partie

Le trait réaliste et parfois rude de Olivier Berlion, aux contours marqués, confère à chaque planche une puissance émotionnelle. Les couleurs directes, oscillant entre tons chauds pour la vigne italienne et sépia pour les souvenirs, renforcent l’immersion dans l’ambiance à la fois crue et mélancolique de l’histoire.

Ce premier tome pose un suspense haletant. Destinée aux amateurs de polars et aux passionnés de BD réaliste, La Commedia des Ratés – Première partie se révèle d’ores et déjà incontournable !

A Game of Thrones – Le Trône de fer

Album publié en 2016 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman A Game of Thrones de George R. R. Martin publié le 6 aout 1996.

L’intégrale des 6 tomes de l’adaptation en bande dessinée de la série culte entre les séries cultes !
Un pavé de 750 pages, pour un immense plaisir de lecture au plein coeur de l’hiver qui est bel et bien là.

Un must.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A Game of Thrones – Le Trône de fer »

Pas encore lu.

Le Chevalier Errant – (Le Chevalier Mystère)

Album publié en 2019 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman The Mystery Knight de George R. R. Martin publié le 16 mars 2010. Les éditions Dargaud ont mal nommé la BD (Le chevalier Errant au lieu de Le chevalier Mystère)

Westeros est étrangement paisible. Mais la peste s’est abattue sur le royaume et sous la surface, les tensions persistent seize ans après une rébellion ratée.
En ces temps troublés, le chevalier Ser Duncan le Grand, alias Dunk, et son écuyer, surnommé l’Œuf, voyagent à travers le royaume des Sept Couronnes. 
Mais le jeune garçon n’est pas n’importe qui, et ses origines doivent être dissimulées à tout prix.
En partance vers Winterfell, Dunk et Œuf s’arrêtent en chemin pour participer à un tournoi lors d’un mariage. Le champion remportera un œuf de dragon.
Mais il apparaît bientôt que les noces et le tournoi sont un nid d’intrigues et d’ambitions, et malgré eux, Dunk et l’Œuf se retrouvent au cœur d’un complot.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Chevalier errant – (Le chevalier Mystère) »

Adaptation de la nouvelle éponyme de George R. R. Martin par Ben Avery et Mike S. MillerLe Chevalier errant plonge le lecteur dans Westeros, près d’un siècle avant les événements du Trône de Fer. Cette bande dessinée suit les aventures de Ser Duncan le Grand, dit « Dunk« , chevalier errant naïf mais courageux, et de son mystérieux écuyer surnommé « l’Œuf ».

L’intrigue se déroule sous le règne paisible de Daeron II Targaryen, où nos héros se dirigent vers un tournoi à Cendregué, dont l’enjeu n’est autre qu’un œuf de dragon. Mais derrière cette apparente quiétude se cachent tensions politiques et complots familiaux, caractéristiques de l’univers de George R. R. Martin.

extrait Le Chevalier errant - Tome 1

Le trait de Mike S. Miller, vétéran des comics américains ayant travaillé pour Marvel et DC Comics, sert cette épopée médiévale-fantastique. Son style classique, aux influences ligne claire, privilégie la lisibilité et l’expressivité des personnages. Les scènes de tournoi bénéficient d’un dynamisme particulièrement réussi.

Cette adaptation est porte d’entrée idéale à l’univers étendu de de George R. R. Martin, offrant une approche plus intimiste et accessibl

Le Paradoxe de l’Abondance

Album publié en 2025 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

couverture bd Le Paradoxe de l'Abondance

Le journaliste Hugo Clément enquête sur l’industrialisation de l’agriculture et ses conséquences pour l’environnement et notre santé.
Nous n’avons jamais produit autant de nourriture et, pourtant, nous sommes en train de détruire le fragile équilibre qui permet de nous nourrir.
Sols surexploités, eaux dégradées, pollution chimique, qualité sacrifiée… L’abondance de nourriture repose aujourd’hui sur la destruction de la Nature, donc sur la disparition de nos moyens de subsistance.
Quel paradoxe !
Le paradoxe de l’abondance est à la fois une investigation dans les coulisses de l’agro-industrie, une mise en perspective historique et un carnet de solutions.
Hugo Clément identifie des pistes pour sortir de ce cercle vicieux et met en lumière des paysans qui nous montrent la voie pour construire un système alimentaire durable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Paradoxe de l’Abondance »

La BD sortira en octobre 2025.

Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle

Album publié en 2011 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

D’après le roman d’ Eugène Sue  publié en juin 1831.

couverture bd Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

1830, Afrique noire.
Atar Gull, un superbe esclave, est chargé sur le bateau du capitaine Benoît pour être vendu aux Antilles.
Son prix est élevé : c’est le fils d’un roi, un athlète, un guerrier…
Son histoire nous entraînera des soutes d’un négrier jusqu’à la Jamaïque, des marchés aux esclaves au cœur des plantations ; son destin sera tragique…
Fabien Nury et Brüno signent une incroyable fresque flamboyante, une aventure sidérante à mille lieues des poncifs mélodramatiques, un superbe album de 88 pages qui vous hantera bien longtemps après l’avoir refermé.

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle »

Adaptant avec brio le roman d’Eugène Sue paru en juin 1831, Fabien Nury et Brüno livrent une BD qui dépasse les codes habituels de la bande dessinée historique. Cette adaptation ne se contente pas de retranscrire fidèlement l’histoire du fils de roi africain transformé en esclave modèle pour mieux assouvir sa vengeance ; elle la réinvente avec une intelligence remarquable.

Le scénariste Fabien Nury déploie un scénario en trois temps. Des côtes africaines aux plantations jamaïcaines, en passant par l’enfer des navires négriers, chaque séquence révèle progressivement la complexité psychologique d’Atar Gull. Ce dernier n’est ni un héros sympathique ni une simple victime : c’est un être façonné par la haine, manipulateur génial qui transforme sa soumission apparente en arme de destruction massive. Cette ambiguïté morale, héritée du roman d’Eugène Sue, trouve dans l’adaptation une résonance contemporaine saisissante.

extrait bd Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Le trait de Brüno oscille magistralement entre ligne claire et expressionnisme, créant une esthétique qui sert parfaitement l’intensité dramatique du récit. Ses personnages traduisent avec justesse la brutalité de l’époque sans jamais verser dans le voyeurisme. Les couleurs de Laurence Croix subliment cette approche graphique, alternant ambiances tropicales enflammées et atmosphères crépusculaires.

Au-delà du récit d’aventures, Atar Gull constitue un travail de mémoire sur la traite négrière et l’économie esclavagiste du XIXe siècle. Sans concession ni bons sentiments, l’album révèle les mécanismes d’un capitalisme sauvage où l’humain devient marchandise. 

Une réussite absolue qui confirme le talent exceptionnel de ses créateurs.

Les Zola

Album publié en 2019 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

La vie de Emile Zola en BD (2 avril 1840 / 29 septembre 1902).

couverture bd Les Zola

On connaît l’immense écrivain des Rougon-Macquart et l’auteur engagé de « J’accuse », mais que savons-nous d’Emile Zola l’amoureux ?
Quelles ont été les femmes de sa vie ? Comment l’ont-elles aidé à accomplir son œuvre ? Au prix de quels sacrifices ?

Une remarquable fresque qui nous emporte en cette fin de XIXᵉ siècle, au cœur d’une France en pleine mutation et d’un Paris des artistes et des ouvriers.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Zola »

Les Zola, publié aux éditions Dargaud le 30 août 2019, est une biographie graphique en 116 pages signée Méliane Marcaggi (scénario) et Alice Chemama (dessin). L’album plonge le lecteur dans le Paris haussmannien de 1864, où un jeune Émile Zola, pigiste ambitieux, rencontre Gabrielle, son épouse future et muse des impressionnistes.

Le scénario adopte un rythme maîtrisé, alternant scènes de salon et séquences en analepse pour dévoiler le passé tragique d’Alexandrine. Cette structure renforce la dimension des personnages : Gabrielle apparaît tour à tour force vive et confidente, tandis que Jeanne, seconde femme d’ Émile Zola, incarne la tension entre devoir et passion.

extrait bd Les Zola

Visuellement, Alice Chemama déploie une palette d’aquarelles inspirée du postimpressionnisme, jouant sur les contrastes de rouge et de beige pour souligner l’émotion et la condition sociale des protagonistes. Les cadrages fraisés et l’usage ponctuel du noir dans les flashbacks rappellent Toulouse-Lautrec, créant une atmosphère à la fois documentaire et onirique.

Les Zola se distingue par la justesse de son scénario et la finesse de son graphisme. Destiné aux amateurs d’histoire littéraire et de roman graphique, il offre une immersion captivante dans l’intimité de d’ Émile Zola et des femmes qui ont façonné son œuvre.


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Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible

Album publié en 2016 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Philippe Claudel publiée le 22 aout 2007.

couverture bd Le Rapport de Brodeck - Tome 2 - L'Indicible

Manu Larcenet se confronte à une adaptation, celle du chef-d’œuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck.
Mais lorsque l’auteur de Blast et du Combat ordinaire s’empare du texte, c’est pour le faire sien, et lui donner une nouvelle vie éclatante, sombre et tragique.
Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes, une plongée dans les abîmes, servie par un noir et blanc sublime et violent.
Un très grand livre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible »

Dans cette conclusion magistrale de son adaptation du chef-d’œuvre de Philippe ClaudelManu Larcenet livre avec L’Indicible une BD d’une puissance graphique et narrative exceptionnelle. Ce second tome parachève brillamment l’adaptation du roman prix Goncourt des Lycéens 2007.

L’histoire poursuit le récit de Brodeck, ancien déporté chargé de rédiger un rapport sur le meurtre collectif de l’Anderer (« l’Autre »), cet étranger mystérieux dont la présence révélait aux villageois leur lâcheté face à l’Occupation. Manu Larcenet explore les thèmes de la xénophobie, de la culpabilité et de la collaboration.

extrait bd Le Rapport de Brodeck - Tome 2 - L'Indicible

Graphiquement, Manu Larcenet atteint des sommets artistiques. Son trait en noir et blanc dépasse la simple illustration pour devenir un véritable langage émotionnel. Le dessinateur maîtrise parfaitement l’art du clair-obscur, créant des atmosphères oppressantes où les silhouettes se détachent dramatiquement. Ses cadrages donnent aux visages une intensité troublante, particulièrement visible dans le traitement des soldats aux faces monstrueuses symbolisant l’occupant.

Le Rapport de Brodeck – Tome 2 – L’Indicible est une adaptation exemplaire qui dépasse son modèle littéraire. Manu Larcenet réussit le tour de force de rester fidèle à l’esprit de Philippe Claudel tout en imposant sa propre vision artistique, créant un chef-d’œuvre qui marquera durablement la bande dessinée française.


Le Rapport de Brodeck – Tome 1 – L’autre

Album publié en 2015 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Philippe Claudel publiée le 22 aout 2007.

couverture bd Le Rapport de Brodeck - Tome 1 - L'autre

Manu Larcenet s’attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d’œuvre de Philippe Claudel, « Le Rapport de Brodeck« .
Mais lorsque l’auteur de « Blast » et du « Combat ordinaire » s’empare du texte, c’est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique.
Des pages d’une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes ; une plongée dans les abîmes servie par un noir et blanc sublime et violent.
Un très grand livre. Manu Larcenet adapte de façon majestueuse le best-seller de Philippe Claudel : un chef-d’œuvre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Rapport de Brodeck – Tome 1 – L’autre »

Manu Larcenet s’aventure pour la première fois dans l’exercice de l’adaptation de roman avec Le Rapport de Brodeck, transposant le chef-d’œuvre de Philippe Claudel (Prix Goncourt des Lycéens 2007) en une bande dessinée remarquable.
Cette œuvre inscrite dans l’après-guerre confronte le lecteur à l’histoire de Brodeck, ancien déporté contraint de rédiger un rapport sur l’assassinat de l’Anderer, mystérieux étranger lynché par les villageois.

L’adaptation révèle toute la complexité thématique du roman original : la xénophobie, la culpabilité collective et la lâcheté humaine. Manu Larcenet préserve la dimension parabolique de l’œuvre, où l’Anderer devient le miroir impitoyable révélant les compromissions des habitants avec l’occupant. La narration fragmentée, alternant présent de l’écriture et analepses, traduit la temporalité complexe du texte source. Brodeck, narrateur-témoin déchiré entre vérité officielle et réalité, incarne cette tension existentielle propre aux survivants.

extrait bd Le Rapport de Brodeck - Tome 1 - L'autre

Le noir et blanc exclusif de Manu Larcenet transcende le simple choix esthétique pour devenir langage. Son trait expressionniste, oscillant entre réalisme brut des visages villageois et beauté contemplative des paysages naturels, matérialise l’opposition entre bassesse humaine et pureté de la nature. Les pages muettes démontrent la maîtrise narrative de l’auteur. Cette économie verbale renforce l’impact émotionnel, laissant aux images le soin de traduire l’indicible.

Couronné du Prix Landerneau BD 2015, ce premier tome confirme la stature de Manu Larcenet après Blast. L’auteur réussit le défi de rester fidèle au roman tout en imprimant sa signature visuelle singulière.
Un diptyque indispensable qui honore autant Philippe Claudel que le neuvième art.