J’ai rencontré des manifestant·es de Sainte-Soline, j’ai écouté leurs récits, leurs émotions, ressentileurs traumatismes de survivant·es : « N’importe qui là-bas aurait pu se faire tuer. »
J’ai voulu, par cette BD, leur donner la parole : à de simples participant·es, une dizaine parmi les 30 000 présent·es là-bas. Transmettre cette émotion pour qu’on les écoute. L’écoute est la base de la démocratie. Dans Le Piège de Sainte-Soline, Stéphane Pichot nous propose, trois ans après la manifestation et la répression sanglante du 25 mars 2023 contre la méga-bassine de Sainte-Soline, un recueil de témoignages dessinés.
La bd « Le Piège de Sainte-Soline – Mégabassines : la lutte pour l’eau » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Piège de Sainte-Soline – Mégabassines : la lutte pour l’eau »
Bande dessinée publiée en 2012 aux éditions Vents d’Ouest.
Résumé éditeur
D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.
Des jeux à prendre très au sérieux !
La campagne française, à la fin du XIXe siècle. Comme à chaque rentrée scolaire, entre les deux villages voisins de Longeverne et Velrans, c’est la guerre… Une guerre terrible, menée par les valeureux Lebrac et l’Aztec du Gué et émaillée de tactiques inédites comme la bagarre tout nu ! En effet, la suprême humiliation des vaincus étant de voir leurs boutons de culotte pillés par les vainqueurs, les courageux soldats sont prêts à tout pour sauvegarder leur honneur…
Ce roman de Louis Pergaud publié en 1912 est l’un des plus célèbres récits d’enfance de la littérature. Il fleure bon l’amitié indéfectible, les bobos sur les genoux et l’encre des porte-plume d’écolier ! En voici une adaptation toute en rondeur, enfantine et potache !
La bd « La Guerre des boutons » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons »
Christophe Lemoine adapte le roman que Louis Pergaud a publié en 1912, dessiné par Cécile Brosseau et mis en couleurs par Kaori. Entre Longeverne et Velrans, deux villages de campagne, la guerre reprend à chaque rentrée scolaire. Les armées ont dix ans, leurs chefs s’appellent Lebrac et l’Aztec, et le butin consiste à découdre les boutons de culotte des prisonniers, humiliation dont personne ne se relève avant le soir, quand il faut rentrer à la maison tenir son pantalon.
L’adaptation évite le principal piège du roman, cette légende de douce France rurale que le temps a plaquée sur lui. Christophe Lemoine garde la rivalité pour ce qu’elle est, une querelle de clocher héritée des adultes et rejouée par les enfants avec un sérieux militaire. Il conserve aussi le point de vue des gamins, leur langue crue, leurs conseils de guerre et leur organisation. La réduction du roman en quarante-huit pages fait perdre des digressions, mais l’essentiel tient : la peur du père, la solidarité de bande, la cruauté sans méchanceté qui appartient à cet âge.
Le trait de Cécile Brosseau est rond, doux, tourné vers l’enfance, et c’est ce décalage qui fonctionne. Des visages aussi aimables rendent plus sensibles les genoux écorchés, les gifles et les représailles. Kaori installe des couleurs pastel qui vont dans le même sens, celui d’un souvenir plutôt que d’un reportage.
À conseiller à partir de neuf ou dix ans, aux lecteurs qui ne connaissent le titre que par les films,.
L’homme derrière le mythe, une fresque magistrale revisitant la vie d’un homme qui marqua l’Humanité.
Que savons-nous de la figure de Jésus, de cette silhouette façonnée par deux mille ans de récits et de croyances ? Et si derrière le mythe, une réinterprétation historique nous dévoilait enfin la vie d’un homme ancré dans son époque ? Ce voyage commence dans la Galilée écrasée par Rome où la naissance de Yeshua déshonore sa mère et son village de Nazareth. Yeshua grandit avec un poids – celui d’avoir un père inconnu – et montre très jeune un appétit pour les Écritures Sacrés et un esprit vif. Il est vite confronté à l’injustice des hommes dans une région instable, aux lapidations et à la violence. Et à l’âge où les hommes se marient, il choisit l’errance. Sur les routes, il rencontre des philosophes, des astrologues, des médecins… De l’Égypte à Antioche, il débat, observe et découvre une autre vision du monde. Quand il rentre en Judée, il ressent l’appel qu’il redoutait tant : celui d’enseigner et de guérir. Sa rencontre avec son cousin Johanan le Baptiseur sera décisive. L’un comme l’autre savent que l’époque s’essouffle et que le peuple attend un « guide ». Grâce à sa parole, Yeshua rassemble les foules et tandis que ses disciples propagent son message certains voient en lui un prophète, un maître et peut-être davantage. Mais son influence inquiète. Des rumeurs agitent une région prête à s’embraser. Confronté à la politique romaine et aux luttes de pouvoir religieuses, Yeshua de Nazareth va bientôt embrasser son destin et entrer dans l’Histoire, sous un nom qui traversera les siècles, celui de Jésus.
De sa jeunesse, dont on sait très peu de choses, jusqu’au moment où l’histoire bascule et où naît la figure du Messie, Jean-Charles Kraehn et la coloriste Patricia Jambers nous entraînent sur les traces d’un homme qui défiait les puissants par la seule force de sa parole… Avec un souffle romanesque et une volonté de reconstitution historique, l’auteur nous dévoile une fresque documentée, accessible et immersive au dessin réaliste qui nous emporte dès les premières pages. Une œuvre sensible et humaniste qui revisite la vie d’un homme qui marqua l’Humanité.
La bd « Le Roman de Jésus » disponible ici
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Toute la vie de Franz Stock : un récit passionnant accompagné de 168 vignettes illustrées pour les enfants.
Découvrez la vie de l' »archange des prisons », l’aumônier des prisons parisiennes pendant la Seconde Guerre mondiale. Après des études de théologie entre Paderborn et Paris, il devient prêtre en 1932. En 1940, il est nommé à la Mission catholique allemande de Paris et commence à visiter les prisons parisiennes, où il prendra soin de nombreux détenus et leur apportera le réconfort spirituel.
Collection historique fondée en 1947, « Belles histoires belles vies » présente aux enfants les plus beaux exemples de sainteté du christianisme !
La bd « Franz Stock » disponible ici
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Figure encore méconnue de la réconciliation franco-allemande, Franz Stock entre dans la collection « Belles histoires belles vies » sous la plume de Marie-André Rousseau. Le livret retrace le parcours du prêtre allemand qui, aumônier des prisons parisiennes de 1940 à 1944, assista des centaines de condamnés jusqu’au poteau du mont Valérien, avant d’animer près de Chartres le « Séminaire des barbelés », où d’anciens prisonniers de guerre se préparaient à la prêtrise.
Marie-André Rousseau tient le fil biographique avec clarté et ne masque pas la dureté du contexte, la prison, les exécutions, la guerre. Le paradoxe qui porte cette vie, un Allemand qui réconforte les résistants français que son propre camp envoie à la mort, affleure sans être martelé : l’enfant est laissé libre d’en mesurer la portée. Destinée à de jeunes lecteurs, la biographie choisit la sobriété et préfère montrer un homme au travail, fidèle à sa vocation, à un moment où tout pousse à la haine.
La forme suit ce parti pris. Le récit progresse par petites vignettes, nombreuses et brèves, chaque étape se donnant en une image et quelques lignes. Le format court impose l’ellipse et va à l’essentiel. Ce découpage rend le propos accessible sans le simplifier à l’excès.
En condensant une existence hors du commun en 168 petites vignettes, ce livret fait d’une figure oubliée une première leçon de paix pour les plus jeunes.
Lieux visités par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale
Virginia Woolf en BD (25 janvier 1882 / 28 mars 1941).
Virginia Woolf est, comme chacun sait, un écrivain essentiel du XXe siècle qui, par son œuvre et le flux de voix intérieure qui caractérise son écriture, a été déterminante dans l’évolution du roman moderne. Dans ses romans comme dans ses journaux et correspondances, il est clair que les impressions et sensations d’enfance, qu’elles soient conscientes ou affleurant par réminiscences, ont été le socle et la matière de son travail d’écriture. Le texte de Michèle Gazier et les planches de Bernard Ciccolini reviennent sur des éléments forts et essentiels dans la construction de la personnalité et de la psyché de la petite Virginia Stephen, avant qu’elle ne devienne Virginia Woolf. Son enfance est en effet jalonnée de deuils et de traumatismes qui l’ont à jamais marquée et rendue particulièrement sensible et fragile.
La bd « Virginia Woolf » disponible ici
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Le parti pris de cette collection consiste à chercher dans l’enfance ce qui a façonné des femmes devenues exemplaires. Appliqué à Virginia Woolf, le principe se révèle particulièrement pertinent, tant les impressions et les sensations premières constituent, dans ses romans comme dans ses journaux, la matière même de son écriture. Michèle Gazier et Bernard Ciccolini reviennent donc sur la petite Virginia Stephen, avant le nom, avant l’œuvre.
Le choix le plus audacieux de Michèle Gazier réside dans la narration à la première personne. Le risque était réel de pasticher une voix aussi singulière, et l’écueil est évité. Le récit s’ouvre sur une enfance heureuse au milieu d’une fratrie nombreuse, avec ces étés de Saint Ives où la mer, la chaleur et l’heure du thé procurent un bonheur que l’écrivaine passera sa vie à vouloir recréer. Puis les deuils s’enchaînent, la mère, la demi-sœur Stella, le père, le frère aimé Thoby, et l’album évoque avec sobriété les agressions subies de la part d’un demi-frère. Michèle Gazier relie ces blessures à la mélancolie qui traverse l’œuvre sans jamais réduire l’écrivaine à ses traumatismes, rappelant aussi son énergie, elle qui fonda une maison d’édition et fréquenta les esprits les plus vifs de son temps.
Le dessin de Bernard Ciccolini, épuré et précis, s’accorde à cette retenue. Sa palette crépusculaire, aux teintes assourdies, installe une mélancolie diffuse qui accompagne le texte sans le surcharger.
L’album s’adresse aux lecteurs souhaitant aborder Virginia Woolf autrement, et aux adolescents intimidés par son œuvre.
Adapté du roman d’Hervé Le Tellier publié le 20 août 2020.
« Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension« . En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.
La bd « L’Anomalie » disponible ici
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Adapté de la nouvelle Le Grand handicap du sermon de P.G. Wodehouse publié en juin 1922.
Londes, 1922. Bertie, héritier paresseux, et Jeeves, valet modèle, forment un duo atypique. Lorsque Bertie reçoit une mystérieuse invitation de ses amis pour un week-end à Twing Hall, il accepte sans hésiter. Sur place, Bertie se laisse entraîner dans une aventure aussi étrange que divertissante. Entre rivalités et intrigues sentimentales, les protagonistes ne sont pas au bout de leurs surprises.
P.G. Wodehouse (de son nom complet Pelham Grenville Wodehouse, 1881-1975) est un écrivain britannique, considéré comme l’un des maîtres de la comédie littéraire en langue anglaise. Wodehouse est surtout connu pour ses romans humoristiques pleins de situations absurdes, de jeux de mots et d’un style très élégant et léger. Ses oeuvres les plus célèbres tournent autour de personnages récurrents, notamment :
Bertie Wooster, jeune aristocrate un peu naïf
Jeeves, son valet extrêmement intelligent, qui résout toutes les situations.
Il a écrit plus de 90 livres et est toujours très lu aujourd’hui. Il est considéré comme un des plus grands auteurs humoristiques de tous les temps, influençant de nombreux écrivains.
Béjà s’inspire de la nouvelleLe Grand handicap du sermon pour livrer une intrigue ausis drôle que rétro.
La bd « Jeeves – Les aventures d’un valet de chambre » disponible ici
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Un Français sur deux souhaiterait que son épargne profite à l’écologie. Si les acteurs de la finance mobilisent éléments de communication et marketing pour nous convaincre qu’ils sont en mesure de répondre à nos attentes, cette bande dessinée nous démontre que nous sommes encore loin du compte. En suivant Julien Lefournier et sa troupe lors d’une conférence itinérante et illustrée, nous déconstruisons avec humour et pédagogie le mythe d’une finance durable. C’est l’occasion de découvrir les mécanismes financiers ; mais aussi de prendre un peu de hauteur, en montgolfière, pour remarquer que les objectifs de rentabilité du marché ne vont pas encore de pair avec ceux de l’habitabilité de la planète.
La bd « Finance Insoutenable » disponible ici
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Adapter un essai d’économie en bande dessinée relève souvent de la gageure. Avec Finance insoutenable, Julien Lefournier reprend l’ouvrage qu’il avait cosigné avec Alain Grandjean, L’Illusion de la finance verte, et choisit de se mettre lui-même en scène. Ancien praticien des marchés reconverti dans la pédagogie, il se glisse dans le rôle du conférencier itinérant qui promène son propos de salle en salle, suivi d’une petite troupe de curieux.
Le pari tient d’abord parce que le récit refuse la posture du cours magistral. Julien Lefournier expose sa thèse, à savoir que la promesse d’une finance verte relève largement de l’habillage marketing. L’humour désamorce l’aridité du sujet : on passe des labels environnementaux aux mécanismes de la Bourse de Paris par des ruptures de ton qui allègent sans caricaturer. La démonstration reste ferme, parfois franchement pessimiste, mais elle avance à hauteur de lecteur.
Le dessin de Pauline Vuarin (Allias VAP), épouse cette intention. Là où le texte manie l’abstraction, elle donne à voir : une montgolfière pour figurer la prise de recul sur le marché, une baleine dont on chiffre le service rendu au climat, une aurore boréale contemplée sur une plage normande. Ces images concrètes fixent des notions qui, en tableau ou en équation, resteraient lettre morte. Le trait, expressif, garde une lisibilité qui sert la vulgarisation sans jamais l’appauvrir.
On pourra discuter le tranchant de certaines conclusions, assumées comme telles. Reste une BD documentaire qui rend un sujet rébarbatif étonnamment fréquentable. À conseiller aux lecteurs curieux d’économie et d’écologie, aux étudiants comme aux militants soucieux de comprendre ce que recouvre vraiment l’épargne « responsable ».
Adapté du roman de Stieg Larssonpublié le 29 juin 2006.
Les pistes que suivent, chacun de leur côté, Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist se rejoignent peu à peu pour n’en faire plus qu’une, sur les traces de l’énigmatique et dangereux Zala. Chef de gang à la tête d’un réseau de trafic de prostituées, il n’est autre que le père de Lisbeth, dont on continue de découvrir le douloureux passé. Recherchée par la police pour des meurtres qu’elle n’a pas commis, elle traque le moindre indice susceptible de localiser cet homme, source de tous les malheurs de sa famille, jusqu’à le débusquer dans son QG. Pendant ce temps, convaincu de l’innocence de Lisbeth, Mikael enquête de son côté malgré la désapprobation grandissante d’Erika et de sa rédaction. Et ce qu’il commence à discerner, au fur et à mesure de ses investigations, lui fait petit à petit comprendre l’ampleur insoupçonnée de l’affaire qu’il est en train de mettre au jour. Une affaire explosive qui implique directement les services secrets suédois…
La bd « Millénium – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Tome 2 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Millénium – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Tome 2 »
Deuxième volet de l’adaptation en bande dessinée de la trilogie de Stieg Larsson, ce Millénium confié au scénariste Sylvain Runberg porte à l’image le roman où Lisbeth Salander cesse d’être une silhouette énigmatique pour devenir le cœur battant de l’intrigue. Accusée du meurtre de deux journalistes qui préparaient une enquête sur un réseau de prostitution venu de l’Est, la hackeuse voit tous les soupçons converger vers elle, tandis que Mikael Blomkvist, seul à douter de sa culpabilité, remonte une piste qui plonge vers l’enfance saccagée de son ancienne alliée.
Sylvain Runberg resserre la matière touffue du roman sans en trahir la noirceur. Il fait de la traque judiciaire un révélateur intime, chaque indice rapprochant Lisbeth Salander de la figure paternelle qu’elle a passé sa vie à fuir. La violence n’est jamais gratuite, elle éclaire une mécanique de domination sociale et sexuelle que le récit refuse d’édulcorer.
Au dessin, Manolo Carot reprend la charte graphique posée par José Homs et lui imprime une tension plus sèche. Ses cadrages nocturnes, ses visages fermés et sa palette de gris bleutés traduisent le froid moral autant que climatique de Stockholm. Une scène marque durablement, celle du souvenir d’enfance où Lisbeth Salander embrase la voiture de son père, réglée par Manolo Carot en quelques plans d’une brutalité contenue qui dit tout de sa révolte.
L’album gagne à être découvert par les lecteurs du polar nordique comme par ceux qui connaissent déjà les romans, tant l’adaptation restitue la densité psychologique de Lisbeth Salander. Un thriller graphique âpre, porté par un personnage qui n’a jamais paru aussi vulnérable ni aussi indomptable.
Adapté du roman de Stieg Larssonpublié le 29 juin 2006.
La saga « Millénium » continue ! Ce premier volet de l’adaptation de « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » se recentre sur le passé de Lisbeth Salander, dont l’histoire personnelle se recompose tel un puzzle, tandis que Mikael Blomkvist se lance, pour le compte de « Millénium« , dans une nouvelle enquête sur le trafic d’êtres humains en Europe de l’Est et du Nord. Après un début d’idylle, leurs routes se sont séparées, mais pas pour longtemps. Le passé de Lisbeth ressurgit en faisant étrangement écho à l’enquête que mène Blomkvist et dont les ramifications vont le mener au coeur de l’histoire sombre et occultée de la Suède contemporaine.
La bd « Millénium – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Tome 1 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Millénium – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – Tome 1 »
Après avoir porté à la bande dessinée le premier roman de la trilogie de Stieg Larsson, Sylvain Runberg entame l’adaptation du deuxième, La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Changement notable, le dessinateur Manolo Carot, signant Man, succède à José Homs, sous la supervision de ce dernier, la couleur étant confiée à Sébastien Gérard et Valérie Vernay.
Cette première partie déplace le centre de gravité vers Lisbeth Salander. Revenue en Europe avec la fortune acquise lors de l’affaire précédente, la hackeuse entend régler ses comptes avec son tuteur, tandis que Mikael Blomkvist prépare, pour le magazine Millénium, une enquête sur le trafic sexuel entre la Suède et les pays baltes. L’assassinat de deux collaborateurs fait bientôt basculer Lisbeth Salander dans le rôle de suspecte, accusée de meurtre et livrée à la vindicte médiatique. Sylvain Runberg resserre habilement l’épais roman d’origine et fait remonter, par de brefs retours en arrière, l’enfance saccagée de son héroïne, jusqu’à cet homme, un chef de gang surnommé Zala, dont l’ombre explique le titre. Le récit gagne en épaisseur ce qu’il concède en enquête, en creusant la psychologie d’une femme que la société n’a cessé de broyer.
Au dessin, Manolo Carot relève le défi de la succession. Après quelques planches d’ouverture déroutantes, il retrouve l’atmosphère de la série, portée par la colorisation froide et brumeuse de Sébastien Gérard et Valérie Vernay, qui restitue la moiteur glauque du récit.
Ce nouveau cycle confirme la tenue du projet. On le recommandera aux amateurs de polars nordiques, aux lecteurs de Stieg Larsson et à ceux que fascine Lisbeth Salander.
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