Catégorie : Toutes les BD

Victor Hugo, aux frontières de l’exil

Album publié en 2013 aux éditions Daniel Maghen.


Résumé éditeur

La vie de Victor Hugo en BD (26 février 1802 / 22 mai 1885).

couvertrue bd Victor Hugo, aux frontières de l'exil

Septembre 1853.
Victor Hugo est en exil sur l’île de Jersey. Passionné de spiritisme, le poète assiste régulièrement à des séances de tables tournantes jusqu’au jour où le fantôme de sa fille, Léopoldine, morte tragiquement noyée lui apparaît.
Dès lors, le poète est hanté par des visions nocturnes lui intimant de faire la lumière sur le drame.
Accident ou meurtre ?
Victor Hugo sort de son exil et se lance dans une enquête qui le mènera jusque dans les mystères du ventre de Paris.
Là, au péril de sa vie, il découvrira un univers peuplé d’âmes sombres, qui lui inspireront la formidable épopée humaine des Misérables et quelques-uns de ses combats politiques. Cette aventure, bien qu’imaginaire, est inspirée de faits réels.
Victor Hugo fut un fervent abolitionniste et a « réellement » communiqué avec le spectre de sa fille lors de séances de spiritisme.

extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Victor Hugo, aux frontières de l’exil »

Cet album de 112 pages réunit Esther Gil au scénario et Laurent Paturaud au dessin. Le récit d’Esther Gil est plus qu’une simple fiction : passionnée par Victor Hugo, elle s’appuie sur des faits réels, notamment les convictions abolitionnistes du poète et ses séances de spiritisme à Jersey, au cours desquelles il aurait réellement communiqué avec le spectre de sa fille Léopoldine.

Septembre 1853. Victor Hugo est en exil sur l’île de Jersey. Il assiste régulièrement à des séances de tables tournantes jusqu’au jour où le fantôme de Léopoldine, morte tragiquement noyée dix ans plus tôt, lui apparaît. Dès lors, hanté par des visions nocturnes, il sort de son exil et se lance dans une enquête qui le mènera dans les mystères du ventre de Paris, où il découvrira un univers peuplé d’âmes sombres qui lui inspireront les Misérables.
Ce qui retient l’attention chez Esther Gil, c’est la façon dont elle tisse les fils entre la biographie documentée et la fiction : l’intrigue, mi-fantastique mi-enquête politique, permet de plonger dans la culture française du XIXe siècle, convoquant au passage Napoléon III, les transformations haussmanniennes de Paris et les combats abolitionnistes de Victor Hugo. Le deuil de Léopoldine n’est pas un prétexte : il est le moteur psychologique de tout le récit.

Laurent Paturaud opte pour un sobre réalisme aux décors nuageux, qui sied parfaitement à l’atmosphère brumeuse de Jersey et aux ruelles sombres du Paris de 1853. Les dessins sont de vrais tableaux, et les femmes y sont sublimes, ce qui rend sensible l’amour que leur porte Victor Hugo.
Un album destiné aux amateurs de polar historique autant qu’aux lecteurs qui souhaitent approcher Victor Hugo par le prisme de ses zones d’ombre et de ses obsessions intimes.


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L'Homme qui rit

La course à la bombe – L’histoire incroyable de l’arme qui a changé l’humanité

Album publié en 2026 aux éditions Imagine Graphic.


Résumé éditeur

couverture bd La course à la bombe - L'histoire incroyable de l'arme qui a changé l'humanité

Le 6 août 1945, la première bombe atomique explose sur Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont tuées, la ville est littéralement pulvérisée. L’humanité vient d’inventer une arme d’une puissance infernale qui, en un instant, peut tout détruire.

Basé sur des faits réels, ce roman graphique mêle espionnage, science et histoire dans un récit visuel explosif où se croisent savants, espions et héros de l’ombre… Depuis la découverte en Allemagne de la fission de l’atome en 1938 jusqu’aux laboratoires secrets dans le désert américain, en passant par
les agents infiltrés du KGB, découvrez l’incroyable course vers l’arme absolue.

Une plongée palpitante dans la plus dangereuse entreprise scientifique du xxe siècle qui a changé l’équilibre des puissances, façonné le monde moderne… et qui a mené l’humanité au bord de l’anéantissement.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La course à la bombe – L’histoire incroyable de l’arme qui a changé l’humanité »

Comment tenir en haleine des lecteurs qui connaissent déjà la fin ? Steve Sheinkin y parvient en traitant l’histoire de la bombe atomique comme un thriller à trois continents. Ce roman graphique, dont il a écrit le scénario d’après son propre ouvrage documentaire primé, est mis en images par le dessinateur américain Nick Bertozzi et traduit de l’anglais par Mathieu Auverdin. Le récit part de la découverte de la fission de l’atome dans un laboratoire allemand en 1938 pour suivre, jusqu’à Hiroshima, la course entre savants, militaires et espions.

La grande habileté de Steve Sheinkin tient à sa construction. Plutôt qu’une chronologie plate, il fait de l’interrogatoire de l’espion Harry Gold par le FBI le fil qui déroule l’ensemble, entrelaçant trois intrigues : les physiciens réunis à Los Alamos autour de Robert Oppenheimer, les taupes soviétiques infiltrées dans le projet, et les commandos norvégiens lancés contre l’usine d’eau lourde de Vemork. Ce montage donne au livre son rythme de film d’espionnage, sans sacrifier la rigueur : la science reste expliquée, les dilemmes moraux affleurent, et la confrontation finale entre Oppenheimer et Truman laisse un goût de cendre.

Le dessin de Nick Bertozzi, en couleurs, mise sur la lisibilité. Son trait clair découpe les scènes avec une efficacité de storyboard, fait circuler le lecteur d’un continent à l’autre et rend limpides des enchaînements complexes. Les visages, un peu croqués, portent la tension des scènes d’interrogatoire comme celle des sabotages nocturnes dans la neige norvégienne.

À conseiller aux adolescents à partir du collège comme aux adultes qui voudraient une porte d’entrée vivante vers le projet Manhattan. La note finale de Steve Sheinkin, rappelant que cette histoire n’est pas close, prolonge la lecture bien après la dernière page.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

L’univers en manga

Album publié en 2020 aux éditions Bayard.


Résumé éditeur

Un manga destiné aux jeunes passionnés de sciences pour découvrir les merveilles de l’espace et les engins qui permettent de l’explorer.
Le contenu documentaire est porté par les deux petits explorateurs et leur mascotte, ce qui facilite sa compréhension.
Des doubles-pages sont insérées dans le fil du récit pour les enfants qui veulent en savoir plus sur chaque sujet.

logo fnac

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’univers en manga »

Publié dans une collection qui met le manga au service de la vulgarisation scientifique, cet album confie à Katsuhiko Takayama le scénario et à Emiko Yoshino le dessin d’un voyage à travers le cosmos. Le récit s’ouvre en 2300, alors qu’une guerre oppose la Terre à la colonie martienne. Deux jeunes astronautes, Aoi et Seiichi, chargés d’évacuer des réfugiés, voient leur appareil dériver dans l’espace avant d’être recueillis par Heliki, un extraterrestre qui parcourt l’univers pour l’étudier.

Ce cadre de science-fiction n’a rien d’un prétexte décoratif. Katsuhiko Takayama s’en sert pour justifier le déplacement de ses personnages d’un objet céleste à l’autre, et l’exploration devient un apprentissage partagé. Les deux astronautes posent les questions du lecteur, tandis qu’Heliki apporte les réponses. Répartis en dix chapitres, les sujets vont de la Station spatiale internationale aux taches solaires, des sondes spatiales au rapport entre la Terre et la Lune, avec une progression claire du proche au lointain.

extrait bd L'univers en manga

Emiko Yoshino déploie un dessin très expressif, fidèle aux codes du manga jeunesse, où les visages étonnés des personnages relaient l’émerveillement attendu du lecteur. L’intérêt de la maquette tient à son alternance, puisque des doubles pages documentaires, enrichies de schémas et de photographies astronomiques, s’insèrent dans le fil du récit sans en briser le rythme. Un guide illustré du système solaire complète l’ensemble.

L’album s’adresse aux lecteurs curieux dès neuf ans, aux amateurs de manga rebutés par les documentaires classiques et aux enseignants. Katsuhiko Takayama et Emiko Yoshino réussissent une vulgarisation dense et accessible.

Le Horla

Bande dessinée publiée en 2026 aux éditions Futuropolis.


D’après le roman de Guy de Maupassant publié le 26 octobre 1886.

Dans un journal intime, le narrateur rapporte ses angoisses et ses troubles. Il sent progressivement, autour de lui, la présence d’un être invisible qui semble se nommer le Horla.
Il sombre peu à peu dans une forme de folie en cherchant à se délivrer de cet être surnaturel qui, chaque nuit, le terrasse et boit sa vie. Même si on connait ou croit connaître la nouvelle de Guy de Maupassant, la peur s’installe.
Porté par le dessin charbonneux et expressif de Paul et Gaëtan Brizzi, le récit se dévoile sous une nouvelle forme.
Les auteurs suggèrent des formes spectrales, un monstre indéfinissable. Frisson garanti.

Publié en 1887, Le Horla est un modèle de la nouvelle fantastique, régulièrement étudié au collège. C’est aussi une description du dédoublement de personnalité qui menace toute conscience… « La bibliothèque fantastique » de Paul et Gaëtan Brizzi. C’est une nouvelle collection chez Futuropolis.
À raison d’un titre par an, les frères Brizzi adapteront nouvelles ou courts romans de littérature fantastique. Après Guy de Maupassant, rejoindront la collection : Alexandre Dumas, Gaston Leroux…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Horla »

Paul et Gaëtan Brizzi ouvrent leur nouvelle collection consacrée au fantastique en s’attaquant à un sommet du genre, Le Horla de Guy de Maupassant. La nouvelle, parue à la fin du dix-neuvième siècle, prend la forme d’un journal intime. Un homme y consigne ses angoisses : il se croit épié par une présence invisible, un être qu’il finit par nommer le Horla, et qui, nuit après nuit, semble boire sa vie. De doute en terreur, il glisse vers la folie.

L’adaptation respecte l’esprit du texte sans le suivre servilement. Paul et Gaëtan Brizzi ont resserré le récit sur l’essentiel, cette lente contamination d’un esprit par la peur. Le choix de la première personne, du journal tenu au fil des jours, place le lecteur au plus près du narrateur, jusqu’à partager son incertitude : le Horla existe-t-il, ou n’est-il que le nom d’une raison qui se défait ? Là est toute la force de Guy de Maupassant, et l’album la préserve.

extrait bd Le Horla

Les frères Brizzi travaillent au fusain, dans un noir et blanc charbonneux qui laisse les ombres envahir la page. Ils ne montrent jamais vraiment la créature : ils la suggèrent, forme trouble au coin d’une case, tache qui s’épaissit. Cette peur de l’invisible, difficile à mettre en images, trouve ici une réponse juste.

En ne montrant jamais vraiment le Horla, Paul et Gaëtan Brizzi font du hors-champ et de l’ombre au fusain les vrais moteurs de la peur. À conseiller aux amateurs de fantastique et de littérature du dix-neuvième siècle, aux lecteurs de Guy de Maupassant curieux de le redécouvrir en images.

L’Histoire d’une mère

Album publié en 2005 aux Editions Delcourt.


Adapté du conte de Hans Christian Andersen publié en 1848.

couverture bd L'Histoire d'une mère

Pour tenter de récupérer l’enfant qu’elle a perdu, une mère décide d’aller affronter la Mort en personne.
Son chemin sera jalonné de terribles épreuves et aboutira à une conclusion inattendue.
A partir de ce conte d’Andersen écrit en 1848, Peter Madsen, Danois lui aussi, a réalisé un album de bande dessinée d’une rare beauté, qui révèle toute la richesse et la profondeur de ce récit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Histoire d’une mère »

Peter Madsen livre avec L’Histoire d’une mère  une adaptation en bande dessinée du conte d’Hans Christian Andersen. L’album reprend une situation simple et terrible : une mère, à qui la Mort a pris son enfant, se lance à sa poursuite et accepte une série d’épreuves pour tenter de le retrouver.

La force du récit tient à sa logique implacable. Il ne s’agit pas d’un suspense, mais d’un chemin de deuil, fait de marchés successifs où l’amour maternel se mesure à ce qu’il consent à perdre. Les thèmes majeurs : sacrifice, douleur, renoncement, acceptation sont traités sans fioritures inutile : chaque étape pousse la mère un peu plus loin, jusqu’à une question centrale, bouleversante, sur le prix réel d’un “retour en arrière”.​

extrait bd L'Histoire d'une mère

Le dessin de Peter Madsen mise sur la lisibilité et l’impact émotionnel. La narration visuelle, souvent peu bavarde, laisse les corps, les regards et les paysages installer une atmosphère froide et nocturne, où la Mort apparaît moins comme un monstre que comme une présence inévitable. Cette retenue donne aux scènes une puissance particulière : l’album suggère beaucoup, et c’est ce qui reste.​

A conseiller à celles et ceux qui aiment les contes sombres, les récits symboliques et les BD où l’émotion passe d’abord par l’image. Un livre bref, mais marquant, qui transforme une fable en vraie expérience de lecture.

Tout est bon dans le breton – 5 – Plus Breizh la vie !

Album publié en 2026 aux Editions Casa.


couverture bd Tout est bon dans le breton - 5 - Plus Breizh la vie !

À Plouzinec, où le vent décoiffe plus vite que les idées reçues, la vie de notre village breton préféré suit son cours… entre galettes, coups de gueule et petites magouilles locales.
Pierrick Le Biniou est toujours aussi débordé par son manque d’activité, Martine tente de maintenir le cap et Mamie Goudène continue à accueillir les touristes à coups de poêle.
Mais cette fois, un vent nouveau souffle sur le village : la toute première Brigade mobile de proximité débarque dans le coin !
Gitton et Genton, deux gendarmes aussi motivés que légèrement dépassés, sillonnent à présent les routes pour faire régner l’ordre… ou au moins essayer.
Ajoutez à ça des touristes à côté de la plaque et un maire à côté de ses pompes, vous obtenez un quatrième épisode hilarant qui prouve une fois de plus que tout est bon dans le Breton… même quand tout part en vrill


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tout est bon dans le breton – Plus Breizh la vie ! »

Fabien Delettres poursuit avec Alain Alteau la chronique de Plouzinec, village breton imaginaire où il a installé la famille Le Biniou. On y retrouve Pierrick, débordé par son absence d’occupation, Martine qui s’efforce de tenir la maison, et Mamie Goudène, reine de la crêpe, toujours prête à recevoir les touristes à coups de poêle. La nouveauté de cet épisode tient à l’arrivée d’une brigade de gendarmerie de proximité : Gitton et Genton, deux représentants de l’ordre pleins de bonne volonté et vite dépassés par le terrain.

Le principe de la série ne change pas, et c’est tant mieux. Fabien Delettres joue à fond la carte du chauvinisme breton, mais toujours au second degré, sans méchanceté envers la région qu’il célèbre. Les gags s’enchaînent autour des clichés locaux, du beurre salé aux touristes égarés, avec un maire à côté de ses pompes et une galerie de personnages qui tiennent de la gentille caricature. L’humour vise large et assume son goût pour la vanne rapide plutôt que pour la finesse.

extrait bd Tout est bon dans le breton - Plus Breizh la vie !

Côté image, le dessin d’Alain Alteau reste au service du rire : silhouettes rondes, expressions marquées, couleurs vives signées Aintzane Landa qui donnent au village son atmosphère ensoleillée, joli pied de nez au cliché du mauvais temps breton. Chaque planche fonctionne comme une saynète, lisible d’un coup d’œil, pensée pour le sourire immédiat.

Entre Mamie Goudène et sa poêle et un maire à côté de ses pompes, Plouzinec reste ce village où l’on rit d’abord de soi-même. À conseiller aux amateurs d’humour breton bon enfant et à tous les Bretons de naissance ou de cœur prêts à rire d’eux-mêmes le temps d’une lecture légère.

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – Le conflit israélo-palestinien

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Dupuis.


couverture bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - Le conflit israélo-palestinien

Le conflit entre Israël et la Palestine fait malheureusement partie du paysage de l’actualité internationale depuis de nombreuses générations…
À tel point que nous oublions souvent ses origines, au profit de ses soubresauts les plus récents.
Mais Ariane et Nino, eux, peuvent voyager dans le passé… Et ainsi expliquer à toutes et à tous le conflit israélo-palestinien en toute indépendance, en toute humanité, pour un exercice de vulgarisation historique salutaire, nécessaire et tous publics.

Menée par Fabrice Erre et Sylvain Savoia, devenus deux références de la transmission du savoir, cette exploration à la fois précise et ludique du passé permet comme jamais de mieux comprendre notre présent. Et d’initier les enfants à toute la subtilité, la complexité, de l’Histoire en marche.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le fil de l’Histoire raconté par Ariane & Nino – Le conflit israélo-palestinien »

S’attaquer au conflit israélo-palestinien dans une collection destinée à la jeunesse relève de la gageure. Pourtant, avec ce volume du Fil de l’Histoire, le scénariste Fabrice Erre et le dessinateur Sylvain Savoia signent un modèle de BD de vulgarisation intelligente et nuancée chez Dupuis.

L’intelligence du récit repose sur l’interaction entre Ariane, la grande sœur pédagogue, et Nino, le petit frère curieux. Fabrice Erre, historien de formation, utilise ce duo pour déconstruire les complexités géopolitiques sans jamais tomber dans le manichéisme. L’ouvrage remonte aux racines du sionisme et de l’effondrement de l’Empire ottoman, traverse les dates clés (1948, 1967, les accords d’Oslo) et explique les enjeux territoriaux avec une rigueur irréprochable. L’analyse ne se contente pas de lister des dates ; elle expose la psychologie des peuples et le poids des mémoires traumatiques.

extrait bd Le fil de l'Histoire raconté par Ariane & Nino - Le conflit israélo-palestinien

Le trait de Sylvain Savoia est le complément indispensable de cette rigueur. Son style « ligne claire » moderne permet d’humaniser les figures historiques (Herzl, Arafat, Rabin) tout en rendant les cartes et les schémas géographiques parfaitement digestes. Le choix d’une colorisation permet au lecteur de se concentrer sur l’essentiel : la compréhension d’un engrenage tragique.

Cette BD offre les clés de lecture nécessaires pour appréhender l’actualité. Une œuvre recommandable dès 9 ans, mais dont la pertinence et la clarté séduiront tout autant les adultes souhaitant consolider leurs connaissances sur ce sujet complexe.

Les dates chocs de l’Histoire – 11 novembre 1918

Album publié en 2026 aux éditions Bamboo.


Résumé éditeur

L’Allemagne humiliée, la légende du coup de poignard dans le dos…

couverture bd Les dates chocs de l'Histoire - 11 novembre 1918

Novembre 1918 : L’Allemagne, épuisée par la guerre et secouée par une révolution, désigne le ministre Matthias Erzberger pour négocier la paix avec les Alliés.
À Rethondes, Foch lui impose des conditions particulièrement sévères, et malgré ses protestations, Erzberger signe sous contrainte, conscient que la guerre doit cesser.
Le 11 novembre à 11 h, l’armistice entre en vigueur.
Tandis que les Français célèbrent la victoire, Erzberger rentre honni en Allemagne. Pour le monde, c’est le début d’une ère nouvelle marquée par la réorganisation des nations et la recherche d’une paix durable, mais dans laquelle les vaincus humiliés n’auront de cesse de vouloir leur revanche.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les dates chocs de l’Histoire – 11 novembre 1918 »

La BD sortira en septembre 2026.

La position du tireur couché

Album publié en 2010 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié en aout 1981.

couverture bd La position du tireur couché

À dix-huit ans, Terrier est amoureux d’une jeune fille d’un milieu plus aisé qui lui promet de l’attendre dix ans le temps qu’il fasse fortune.
Terrier s’engage dans l’armée, devient mercenaire puis tueur à gages. Son but est simple : gagner suffisamment d’argent pour aller chercher sa bien aimée.
À trente ans, Terrier décide de se retirer pour retrouver sa promise comme promis. Mais rien ne se passe comme prévu…
Ce roman est certainement l’un des plus célèbres du prince de la Série Noire. Avec près de 100 pages en noir et blanc, il est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La position du tireur couché »

Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. En adaptant La position du tireur couché, Jacques Tardi ne s’est pas contenté d’illustrer Jean-Patrick Manchette : il a gravé dans le métal froid le testament du néo-polar français.

On y suit Martin Terrier, tueur à gages dont la volonté de « décrocher » se heurte à une machine sociale implacable. Ici, point de romantisme. Fidèle au style de l’œuvre originale de 1981, le récit refuse toute psychologie de comptoir. Martin Terrier est un rouage, une pièce d’usine qui saigne, piégée dans une fable politique où le capitalisme a le visage d’une organisation sans âme. C’est sec, nerveux, et d’une lucidité désespérante.

extrait bd La position du tireur couché

Graphiquement, c’est une gifle de grisaille. Tardi déploie un noir et blanc poisseux qui capture à merveille la France des zones industrielles et des chambres d’hôtels anonymes. Ses « tronches » habituelles, marquées par une lassitude existentielle, donnent une chair incroyable au texte. Les scènes d’action, d’une violence clinique et sans fioritures, soutiennent un rythme qui ne laisse jamais respirer le lecteur.

Cet album est une relecture habitée, une œuvre de « sale gosse » qui cogne là où ça fait mal. Jacques Tardi et Jean-Patrick Manchette signent ici le portrait d’un monde qui finit de s’effondrer.

Raison et sentiments

Album publié en 2017 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Jane Austen publié pour la première fois le 30 octobre 1811.

couverture bd Raison et sentiments

Marianne et Elinor Dashwood sont des sœurs très différentes  : l’une est impulsive tandis que l’autre est très méfiante.
Pourtant elles doivent toutes deux faire face à la mort de leur père et à ses conséquences. L’attachement d’Elinor pour le timide Edward Ferrars se voit détruit par l’opposition familiale de celui-ci tandis que la romance entre Marianne et le beau John Willoughby se termine en trahison et en humiliation publique…
Les deux sœurs arriveront-elles à trouver le bonheur et à surmonter ces épreuves que la vie leur impose  ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Raison et sentiments »

Po Tse réussit le pari audacieux de transposer le roman fondateur de Jane Austen en manga, sans sacrifier l’essence de l’œuvre. Cette adaptation, publiée en 2017 chez Nobi Nobi!, propose une relecture visuelle du premier chef-d’œuvre de Jane Austen, où les deux sœurs Dashwood incarnent deux philosophies opposées face à l’amour et à la vie.​

La force de cette adaptation réside dans son respect scrupuleux de la trame originale. Po Tse ne dilue ni ne modernise l’intrigue : les obstacles familiaux, les questions d’héritage et la condition féminine au XIXe siècle demeurent au cœur du récit.​

Po Tse excelle dans la caractérisation visuelle des héroïnes. Eleanor, avec ses sourires discrets et son maintien réservé, incarne la raison. Marianne, aux expressions multiples et au mouvement constant, représente le sentiment. Les yeux stylisés et les expressions détaillées révèlent les non-dits, transformant le silence d’Eleanor en langage visuel. Les costumes soignés, les coiffures élégantes et les ornements minutieux fleurs, volutes, rubans enrichissent chaque page.​

Cette adaptation s’adresse aux admirateurs de Jane Austen. Po Tse livre un hommage visuel captivant à l’une des grandes amoureuses de la littérature anglaise.​