Catégorie : Toutes les BD

Freud

Album publié en 2011 aux éditions Dargaud.


Résumé éditeur

La vie de Sigmund Freud en BD (6 mai 1856 / 23 septembre 1939).

couverture bd Freud 

Je suis aussi connu que Shakespeare ou Einstein. J’ai plus de trois millions de références sur Google… Mon nom est Sigmund Freud, et j’ai inventé la psychanalyse. Rien que ça !

Petit, déjà, je rêvais d’être explorateur, comme le général carthaginois Hannibal. C’est dans la Vienne du début du XXe siècle que je découvre un continent encore inexploré : l’esprit humain.

J’ai la passion de guérir et je traque l’inconscient partout où il est. En toute modestie, je vous le dis : « Je cherche à libérer l’humanité ! »

extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Freud »

Cet album de 56 pages réunit Corinne Maier au scénario et Anne Simon au dessin. Corinne Maier est elle-même psychanalyste, historienne et sociologue, connue des libraires grâce à deux best-sellers, Bonjour paresse et No Kid. Anne Simon, née en 1980, a étudié aux Beaux-Arts d’Angoulême et à l’École nationale des Arts Décoratifs de Paris, et a reçu le prix Jeunes Talents au festival d’Angoulême en 2004.
Le parti pris est immédiatement désarçonnant : plutôt que de se livrer à un récit biographique linéaire et didactique, les deux auteures adoptent le parti pris de la fantaisie et du vagabondage, ce qui n’exclut pas l’esprit de sérieux et la rigueur historique de leur propos. Sigmund Freud prend lui-même la parole pour raconter sa vie, depuis son enfance en Moravie jusqu’à sa mort à Londres en 1939, en passant par les grandes étapes de la construction de la psychanalyse. L’axe narratif emprunte à la fois une démarche chronologique et thématique : Freud naît, finit par mourir d’un cancer de la mâchoire, mais entre les deux, les avancées de la science qu’il fonde sont développées au sein de chapitres consacrés aux rêves, à Œdipe, aux cas d’école comme le petit Hans ou Anna G.

extrait bd Freud 


Sur le plan graphique, Anne Simon use d’images parlantes et claires, représentant par exemple Freud déchiffrant les rêves comme des rébus, ou traquant les lapsus avec un filet à papillons. L’univers graphique vire aux ambiances oniriques, presque psychédéliques, tout en se cantonnant à la douceur des tons.
Une introduction vivante et rigoureuse, destinée aux curieux de psychanalyse comme aux lecteurs qui souhaitent apprivoiser Freud avant de le lire.



L'œuvre de Sigmund Freud en BD

L'Interprétation des rêves
23 Oct 2013

L'Interprétation des rêves

L’École Capucine – Tome 2 – L’Héritier

Album publié en 2010 aux éditions Vent d’Ouest.


Résumé éditeur

Une Conclusion Envoûtante du Diptyque Breton.

couverture bd L'École Capucine - Tome 2 - L'Héritier

Que se passe-t-il quand un village breton considère un membre de sa communauté aussi malfaisant qu’une cellule malade ? Le dénouement épique de ce diptyque passionnant et envoûtant.

Le retour au village de Kerfilec du couple Honoré Pencrec’h et Camille Desfhouet ne fait pas que réveiller les cancans sur leur compte. Il dérange la tranquillité chérie des villageois. Car même si elle pense bien dissimuler ses sombres desseins, tous le redoutent ; la riche Camille est revenue pour se venger? Mais de quoi ? !

C’est pour tenter de le découvrir, qu’Hortense Malanges, directrice de l’école Capucine nichée sur l’île du Dourduff, ressort ses poudres magiques de ses malles empoussiérées. En faisant revivre un instant Camille et Honoré enfants, elle ne se doute pas qu’elle va gravement envenimer la situation !
C’est sa première expérience de sorcellerie et sans s’en rendre compte, elle laisse s’échapper le jeune Honoré. Perdu dans ce futur inconnu, il s’empresse d’attenter à la vie de la Camille adulte…de sa « future épouse » ! Heureusement que sa soeur Adeline, plus rouée qu’Hortense en matière de magie, peut ressusciter Camille et rétablir provisoirement la situation.

Mais le jeune Honoré se balade toujours dans le présent, et les soupçons du juge de paix Cuchard, dépêché de Roscoff, et tombé fou amoureux de Camille, sont loin d’être apaisés. Instrument plus ou moins complice de sa vengeance, il voudrait bien se débarrasser du mari encombrant, mais aussi punir le village tout entier de sa méchanceté envers sa bien-aimée.

De leur côté, avec beaucoup de difficultés, Honoré et son « lui-même » enfant ont fait connaissance. Ils conjuguent leurs souvenirs et leurs réflexions souvent violemment opposées, faisant resurgir à la surface un terrible passé, à l’origine de l’amertume de Camille.

Louis, l’ancien forçat amoureux d’Hortense, la sorcière Adeline, la jolie Emma, amour d’enfance d’Honoré prématurément disparue, le juge Cuchard, Camille, Honoré et tout le village ? Très vite, chacun va forcément devoir choisir son camp, car le rouleau compresseur de la vérité arrive dans l’ombre? Les évènements s’accélèrent, vers un dénouement aussi tranchant que les falaises de Kerfilec.
 
Comme dans le Sleepy Hollow de Tim Burton, les paysages bretons et les villageois sont de véritables protagonistes de l’histoire, bien ou malveillants avec les héros, selon qu’ils se fondent plus ou moins avec le décor?
Les thèmes abordés par Djian (la vengeance, l’innocence brisée, la cruauté de l’enfance) comme le dessin tantôt tendre tantôt cruel de Vincent, tout rappelle Peter Pan, le chef d’œuvre de Loisel?
Une référence plutôt flatteuse !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée «L’École Capucine – Tome 2 – L’Héritier»

Avec ce second tome, Jean-Blaise Djian et Vincent achèvent leur diptyque breton en beauté. Le village de Kerfilec, posé sur la côte bretonne en 1852, se transforme en scène d’une enquête mêlant secrets de famille et pouvoirs surnaturels.

Ce qui fait tenir le récit, c’est la profondeur des personnages. Hortense Malanges, directrice de l’école, et Camille Desfhouet incarnent deux logiques opposées : celle du pardon et celle de la vengeance. Entre eux, les secrets s’accumulent, révélant des blessures enfouies et des destins brisés notamment celui d’Emma, dont le passé jette une ombre sur le présent. La narration progresse avec intelligence, distillant les révélations au compte-gouttes.​

extrait bd L'École Capucine - Tome 2 - L'Héritier

Graphiquement, Vincent signe un travail soigné et intemporel. Ses couleurs, subtiles et étouffées, restituent fidèlement la mélancolie de la Bretagne du XIXe siècle. L’architecture des lieux l’école, la falaise, le village devient presque un personnage à part entière, grâce au soin apporté aux détails. ​

Pour ceux qui aiment les histoires qui laissent des zones d’ombre, qui refusent les conclusions trop lisses, cette BD vaut le coup. À réserver aux lecteurs de fantastique discret.

L’École Capucine – Tome 01 – Venin de village

Album publié en 2009 aux éditions Vent d’Ouest.


Résumé éditeur

Une saga bretonne mystérieuse et fantastique !

couverture bd L'École Capucine - Tome 01 - Venin de village

Dans le petit village breton de Kerfilec, la vie suit gentiment son cours quand débarquent, par un beau jour de l’été 1852, Camille Desfhouets et Honoré, les “parisiens”.
Il y a vingt ans qu’ils n’étaient pas revenus. Ce retour inattendu engendre un malaise dans chaque esprit de Kerfilec. Et particulièrement dans celui d’Hortense Malanges, la vieille directrice de l’école Capucine.
Cette petite école bâtie sur l’île de Dourduff, juste en face de la falaise…
Curieuse de comprendre les raisons de ce retour inattendu, Hortense utilise pour la toute première fois de sa vie, un étrange pouvoir temporel dont tout Kerfilec va bientôt être la victime…
Emmené par le trait précis et terriblement élégant de Vincent, laissez-vous emporter par la magie de L’école Capucine, une série palpitante et inventive qui vous plongera dans le passé, l’aventure, les tréfonds et les regrets de l’âme humaine…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée «L’École Capucine – Tome 01 – Venin de village»

Jean-Blaise Djian et Vincent livrent avec L’école Capucine une bande dessinée surprenante. Paru en 2009, ce premier tome d’un diptyque mêle habilement un drame psychologique rural à la saveur du merveilleux breton.​

L’histoire est simple en apparence : en été 1852, deux Parisiens reviennent au village de Kerfilec après vingt années d’absence, et leur retour ranime des secrets bien gardés. Mais Jean-Blaise Djian ajoute un élément qui change tout Hortense Malanges, la directrice de l’école Capucine, possède un pouvoir temporel qui dérègle progressivement la réalité. Cette intrusion du fantastique transforme ce qui aurait pu être un simple thriller villageois en quelque chose d’étrange et de troublant. L’intrigue explore des thèmes classiques mais efficaces : l’amour impossible, la vengeance, les secrets de famille, la culpabilité qui traverse les générations.​

extrait bd L'École Capucine - Tome 01 - Venin de village

Graphiquement, Vincent maîtrise son sujet. Son trait semi-réaliste, précis et élégant, sublime les paysages bretons. Les falaises de Kerfilec, l’île de Dourduff, l’atmosphère côtière, tout cela dépasse le simple décor pour créer une Bretagne de rêve, brumeux et solitaire, où le malaise s’installe naturellement. Les coloris de Delf renforcent cette ambiance par des tons qui oscillent entre chaleur et étrangeté.

À lire pour qui aime la Bretagne mythique et les mystères qui persistent au-delà de la dernière page.

Victor Hugo – La Bouche d’ombre

Album publié en 2026 aux éditions Anspach.


Résumé éditeur

La vie de Victor Hugo en BD (26 février 1802 / 22 mai 1885).

couverture bd Victor Hugo - La Bouche d'ombre

Septembre 1843.
En feuilletant un journal, Victor Hugo apprend la mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée dans la Seine avec son mari. Le choc est tel qu’il s’enferme dans un silence de dix ans.

En 1853, proscrit par Napoléon III, Hugo s’exile sur l’île de Jersey. Le poète y reçoit la visite d’Herbert Salliès, qui découvre un homme brisé par le chagrin, presque halluciné. Sous l’influence de Delphine de Girardin, Hugo s’adonne au spiritisme : les tables parlent, les voix répondent, les morts semblent revenir.
Léopoldine, Shakespeare, Galilée, même l’Océan lui-même : les esprits deviennent pour Hugo un nouveau langage, un dialogue entre ciel et terre.

Entre mysticisme, deuil et quête de rédemption, Victor Hugo et les tables parlantes retrace la métamorphose d’un homme brisé en mystique visionnaire.

C’est aussi un portrait sensible de la création artistique, de la douleur transfigurée en poésie, et d’un siècle où science, religion et littérature s’affrontent à la frontière de l’invisible.

extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Victor Hugo – La Bouche d’ombre »

Cet album est signé par Rodolphe au scénario et Olivier Roman au dessin, avec des couleurs réalisées par le studio Cerise. Les deux auteurs avaient déjà collaboré sur Marie et les Esprits, un récit consacré à l’intérêt de Pierre et Marie Curie pour le spiritisme, ce qui fait de ce Victor Hugo le prolongement cohérent d’une démarche éditoriale sur le mysticisme des grands esprits du XIXe siècle.
Le récit s’ancre dans un épisode historique documenté : après le coup d’État du 2 décembre 1851, Victor Hugo est banni et arrive sur l’île de Jersey le 5 août 1852. En septembre 1853, à Marine Terrace, commencent les séances de spiritisme initiées par Delphine de Girardin, au cours desquelles Rodolphe reprend les dialogues consignés par le poète lui-même et par ses amis Auguste Vacquerie et Théophile de Guerin. La mort de Léopoldine, noyée avec son mari dans la Seine en 1843, est le point de départ de cette plongée dans le deuil et le mysticisme. Lelitteraire
Rodolphe, en scénariste chevronné, sait raconter une histoire sans peser sur elle. En prenant comme base les retranscriptions des séances de spiritisme faites par Victor Hugo lui-même, il livre le portrait d’un poète prêt à tout croire pour croire à sa propre éternité, mais aussi celui d’une époque où la croyance devenait, jusque dans ses rêves, le support de visions et de folie.

Olivier Roman apporte un trait réaliste, sobre et efficace, qui sert bien l’atmosphère sombre et introspective du récit. Sa ligne claire et précise livre de belles planches où s’expriment la fureur des océans et des visages tourmentés, avec des dominantes de verts et de bleus.
Une biographie graphique solide, destinée aux amateurs de littérature du XIXe siècle autant qu’aux lecteurs curieux du Hugo intime et hanté.


Les 19 œuvres de Victor Hugo en BD

Les Travailleurs de la mer
19 Nov 2025

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Les misérables (2025)
5 Nov 2025

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Les Travailleurs de la mer
16 Oct 2024

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Les Misérables
29 Nov 2023

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Notre-Dame de Paris
22 Nov 2023

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Claude Gueux
9 Juin 2021

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Les Misérables - Tome 2 - Cosette
1 Oct 2020

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Notre-Dame de Paris - Le roman de Victor Hugo en BD
3 Juin 2020

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Les Misérables - Tome 1 - Fantine
23 Oct 2019

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Les Misérables
8 Mar 2017

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Les Misérables
7 Sep 2016

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L'Homme qui rit - Tome 4
1 Mar 2011

L'Homme qui rit - Tome 4

L'Homme qui rit - Tome 3
1 Oct 2009

L'Homme qui rit - Tome 3

L'Homme qui rit - Tome 2
1 Oct 2008

L'Homme qui rit - Tome 2

L'Homme qui rit - Tome 1
22 Août 2007

L'Homme qui rit - Tome 1

Le dernier jour d'un condamné
15 Mai 2007

Le dernier jour d'un condamné

Hauteclaire - Un duel sous richelieu
1 Oct 2004

Hauteclaire - Un duel sous richelieu

L'Homme qui rit
12 Jan 2000

L'Homme qui rit

Deux dans Berlin

Album publié en 2026 aux Editions La boîte à bulles.


Adapté du roman de Richard Birkefeld et Göran Hachmeister publié le 1 aout 2002.

couverture bd Deux dans Berlin

La traque mortelle d’un policier enquêtant sur le meurtre d’un haut dignitaire nazi et d’un rescapé de camp, dans un Berlin sur le point de tomber.

Berlin, hiver 1944.
L’ancien officier SS Hans Kalterer est affecté auprès de la police criminelle pour enquêter sur le meurtre d’un haut dignitaire nazi. Au même moment Rupert Haas, détenu à Buchenwald, profite d’un bombardement pour s’échapper du camp.

Ayant rejoint la capitale, espérant y retrouver femme et enfant, c’est une tout autre réalité qu’il découvre : ces derniers ont été tués. Décidé à venger leur mort, il se lance dans une chasse à l’homme sanglante.

Alors que la ville s’apprête à tomber, s’engage entre les deux hommes une traque mortelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Deux dans Berlin »

Adapté d’un roman signé par les historiens allemands Richard Birkefeld et Göran Hachmeister, Deux dans Berlin porte à la bande dessinée un polar noir situé dans les derniers mois du Troisième Reich. Le scénario est confié au vétéran Rodolphe, le dessin en noir et blanc à Louis Alloing.

Berlin, hiver 1944.
Deux trajectoires s’entrecroisent. Hans Kalterer, ancien officier SS blessé au front, réintègre la police criminelle pour enquêter sur le meurtre d’un dignitaire nazi, faisant son métier dans l’espoir d’une victoire du régime. En face, Ruprecht Haas, évadé de Buchenwald à la faveur d’un bombardement, revient dans la capitale et découvre que sa femme et son fils ont péri : il n’aura plus qu’une obsession, la vengeance.
Rodolphe organise cette double traque en un compte à rebours, chaque chapitre rapprochant la chute de la ville et la collision des deux hommes. La grande réussite du récit tient à son refus de la simplification morale : entre le nazi consciencieux et le rescapé assoiffé de sang, les frontières entre bourreaux, victimes et survivants se brouillent, tandis que les femmes de l’histoire incarnent autant de manières de survivre.

extrait bd Deux dans Berlin

Le dessin de Louis Alloing sert cette noirceur. Sa ligne claire en noir et blanc, nourrie d’une longue documentation, ressuscite un Berlin en ruines d’une vérité saisissante, des immeubles éventrés aux abris bondés. Ses visages secs et anguleux, presque uniformes, accentuent paradoxalement le trouble moral, quand nul n’est tout à fait innocent. Le noir et blanc, enfin, épouse la dureté d’un quotidien où la mort règne.

L’ensemble compose un polar historique implacable. On le recommandera aux amateurs de la Trilogie berlinoise de Philip Kerr et aux lecteurs de récits sur la fin du nazisme.

Colette

Album publié en 2026 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

La vie de Colette en BD (28 janvier 1873 / 3 aout 1954).

couverture bd Colette

Qui est la 1re femme à avoir reçu des funérailles nationales ? Qui est la 2nd à avoir été élue membre de l’académie Goncourt ? Qui est l’autrice dont l’oeuvre est aussi fameuse que sulfureuse ?
Colette, évidemment !

Séverine Vidal et Kim Consigny se plongent avec délice dans la vie de Colette . Elle fut journaliste, écrivaine, créatrice d’un institut de beauté et actrice de music-hall…Pionnière de l’autofiction, elle reçut les hommages de Gide, Bataille ou encore Cocteau.

extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Colette »

Le 3 août 1954, Paris retient son souffle : Sidonie Gabrielle Colette vient de s’éteindre. C’est par cette mort, refusée par l’Église, célébrée par la République avec des funérailles nationales, une première pour une femme que s’ouvre ce roman graphique ambitieux. Un choix d’entrée en matière audacieux, qui dit l’essentiel : Colette a toujours déjoué les conventions, jusque dans la mort.
Séverine Vidal au scénario et Kim Consigny au dessin, déjà autrices d’une BD consacrée à George Sand, s’emparent ici de la figure la plus inclassable de la littérature française : écrivaine, actrice de music-hall, journaliste, pionnière de l’autofiction, créatrice d’un institut de beauté, présidente de l’Académie Goncourt. En 235 planches, elles retracent fidèlement et chronologiquement une existence hors norme, de l’enfance à Saint-Sauveur-en-Puisaye jusqu’aux dernières années parisiennes, dans une œuvre dense et impeccablement documentée.
Au niveau du scénario, c’est la complexité psychologique qui impressionne. L’album conceptualise les contradictions de la femme : son besoin éperdu d’écrire, sa quête d’être aimée et reconnue, sa capacité à se réinventer et ses zones d’ombre, comme sa distance affective envers sa propre fille. Séverine Vidal saisit une liberté qui coûte.

Graphiquement, le parti pris du noir et blanc au trait fin et expressif s’avère un choix juste et puissant : il confère à l’œuvre une élégance intemporelle, sans nostalgie clinquante, qui épouse les contrastes d’une existence tour à tour lumineuse et douloureuse.

Impeccablement documenté, Colette constitue une porte d’entrée idéale pour appréhender le parcours et l’œuvre de cette figure majeure de la vie intellectuelle française de la première moitié du XXe siècle. Il s’adresse autant aux passionnés de littérature et à toutes celles et ceux qui, en lisant, ont envie de vivre un peu plus librement.



Les 3 œuvres de Colette en BD

Le blé en herbe
3 Juin 2026

Le blé en herbe

Gigi
20 Mar 2026

Gigi

Claudine à l'école
22 Mar 2018

Claudine à l'école

Le Livre sans nom – 2 – La Fête de la Lune

Album publié en 2026 aux éditions Sonatine.


Résumé éditeur

D’après le roman de Anonyme publié le 8 juillet 2006.

couverture bd Le Livre sans nom - 2 - La Fête de la Lune

La suite des aventures du Bourbon Kid, enfin disponible en BD !

Souvenez-vous, la dernière fois que vous aviez visité Santa Mondega, la ville était dans un sale état : un massacre dans une chambre d’hôtel, le vol d’une pierre mystérieuse qui suscite toutes les convoitises, un agent du Service paranormal du FBI détenu par deux vampires mafiosos et un mystérieux cadavre cloué au plafond…
Le suspense a assez duré, il est temps de refaire vos valises pour Santa Mondega !
Cette fois, préparez-vous pour des combats de catch épiques, l’arrivée inopinée d’un Hells Angels qui joue les chasseurs de prime pour le Très-Haut, une voyante aux prémonitions douteuses et surtout, l’événement que toute la ville attend : la Fête de la Lune.
Imaginez : une foule en délire, des costumes barrés, des règlements de compte à tout va et une éclipse qui plonge tout ce petit monde dans l’obscurité… Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Livre sans nom – 2 – La Fête de la Lune »

Volontairement mystérieux et discret sur son identité, Anonyme est l’auteur anglophone d’une série qui débute en 2006 avec Le Livre sans nom, véritable ovni littéraire, à mi-chemin entre roman policier et fantastique, hommage aux univers ironiques et gores de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Koe’ et Yello poursuivent ici la transposition en BD de ce roman explosif, avec un deuxième tome qui tient toutes ses promesses.
Santa Mondega n’a pas changé. Au programme : combats de catch épiques, l’arrivée d’un Hells Angels qui joue les chasseurs de prime pour le Très-Haut, une voyante aux prémonitions douteuses, et surtout la Fête de la Lune, foule en délire, costumes déjantés, règlements de compte et éclipse qui plonge la ville dans l’obscurité. Mais derrière le chaos apparent, Koe’ maintient une construction narrative solide : le récit se charge de tension et de noirceur, teinté d’humour noir, et avance à bon rythme. Les révélations donnent lieu à des prises de conscience brutales et dressent un tableau d’ensemble inquiétant.

On ressort de la lecture de ce deuxième tome avec le souffle coupé, après un double uppercut narratif et visuel : les scènes d’action et les points de vue des personnages s’enchaînent de façon fluide, tandis que les dessins viennent renforcer le dynamisme de l’ensemble, au point d’en oublier de respirer. Le trait de Yello, nerveux et frontal, épouse parfaitement la démesure du propos, alternant cases chargées de violence et silences pesants qui font d’autant plus d’effet. R
Réservé à un public adulte amateur de polar déjanté et de fantastique gore, ce deuxième tome confirme que l’univers du Bourbon Kid trouve dans la BD un écrin parfaitement taillé pour son excès et son second degré.

Mac Arthur – Je reviendrai

Album publié en 1984 aux Editions Dargaud.


couverture bd Mac Arthur - Je reviendrai

Cet album de la série Les grands Capitaines raconte en bandes dessinées la vie militaire du général américain Douglas MacArthur, une figure marquante de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre du Pacifique.
L’histoire s’attache notamment à l’un des épisodes les plus célèbres de sa carrière : l’évacuation dramatique des Philippines face à l’avancée japonaise, suivie de sa promesse solennelle « Je reviendrai » faite aux habitants et à ses troupes.
À partir de cet engagement, le récit retrace avec force et détails les étapes de la reconquête progressive des archipels pacifiques, mettant en lumière la ténacité stratégique et le charisme de MacArthur,, ainsi que les enjeux militaires et humains de cette période intense du conflit.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mac Arthur – Je reviendrai »

Huitième volume de la collection « Les grands capitaines » publiée chez Dargaud, Mac Arthur, Je reviendrai paraît en avril 1984. Jean-Pierre Gourmelen signe le scénario, Pierre Dupuis les 62 planches en quadrichromie. Ensemble, ils s’attaquent à l’une des figures les plus singulières de la Seconde Guerre mondiale : le général américain Douglas MacArthur, commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique.
L’album se concentre sur trois épisodes emblématiques et successifs de la carrière du général : la perte des Philippines face à l’avancée japonaise, puis la reconquête de la façade pacifique en deux phases majeures. Le ressort dramatique tient à une phrase, prononcée le 13 mars 1942 au moment où Douglas MacArthur est contraint d’évacuer vers l’Australie : « Je reviendrai », promesse solennelle faite aux Philippins, qui fournit opportunément le sous-titre de couverture.
Jean-Pierre Gourmelen construit toute le scénario autour de cet engagement, transformant une retraite humiliante en point de départ d’une reconquête méthodique.
Ce qui retient l’attention, c’est la façon dont l’ouvrage rend compte de l’abnégation d’un chef déterminé à ne pas demeurer vaincu, alors même qu’il a dû quitter les Philippines en catimini, avec sa famille, sous la pression du président Roosevelt, sans avoir livré une ultime bataille décisive. Cette tension entre la grandeur affichée du personnage et la fragilité de sa situation initiale donne au récit une profondeur que les biographies illustrées évitent souvent.

extrait bd Mac Arthur - Je reviendrai


Pierre Dupuis adopte un style réaliste et documenté, où les cartes d’opérations, les uniformes et les matériels militaires sont restitués avec précision. Le trait, ferme et lisible, sert la clarté d’un récit dense sans jamais l’alourdir.
Un album solide, destiné aux amateurs d’histoire militaire comme aux lecteurs curieux du théâtre pacifique, trop souvent éclipsé par le front européen.

Les aventures de Tom Sawyer

Album publié en 2021 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du roman de Mark Twain publié le 9 juin 1876.

couverture bd Les aventures de Tom Sawyer

Un classique intemporel de Mark Twain  !

Garnement espiègle, Tom Sawyer n’a rien contre l’école, surtout quand on y croise de jolies filles comme Becky Thatcher.
Seulement, à choisir, il préfère de loin faire les 400 coups et partir à l’aventure avec son ami Huck le vagabond pour jouer aux pirates ou aux bandits.
Mais un soir, dans un cimetière désert, les deux compères sont les témoins d’un crime bien réel !
Cette expérience va bouleverser leur quotidien, car le terrible Joe l’Indien, avide de vengeance, court toujours…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les aventures de Tom Sawyer »

Adapter Tom Sawyer en manga, c’est un vrai pari. Mais Crystal S. Chan au scénario et Kuma Chan au dessin s’en sortent plutôt bien avec cette nouvelle édition Nobi Nobi. Le livre reste fidèle au roman de Mark Twain tout en le rajeunissant par le biais du manga.

Ce qui marche, c’est que l’adaptation ne sacrifice pas la profondeur du texte pour faire du divertissement facile. Tom n’est pas juste un petit garnement qui fait des bêtises : c’est un gamin qui grandit et qui, peu à peu, devient conscient des responsabilités morales du monde adulte. Le meurtre au cimetière, qu’il découvre par hasard, marque le tournant : là, le ton change, la naïveté s’envole et les personnages doivent affronter des questions sérieuses.

extrait bd Les aventures de Tom Sawyer

Le trait de Kuma Chan colle bien à cette ambivalence. Il dessine avec énergie les escapades de Tom et Huck, mais quand arrive le moment dramatique, l’illustration devient plus ténébreuse, plus tendue. C’est efficace. Les paysages du Mississippi gardent leur poésie, ce fleuve reste au cœur du récit, comme chez Twain.

À noter : les éditions Nobi Nobi n’ont pas censuré le texte et proposent un avant-propos expliquant le contexte historique et les problèmes sociaux du XIXe siècle (le racisme notamment).

C’est une belle surprise. Ça fonctionne pour les enfants qui découvrent Tom Sawyer, et ça peut aussi intéresser les « grand enfants » qui connaissent déjà le roman. Le manga apporte quelque chose de frais sans trahir l’essence de l’histoire. Bref, ça se lit et c’est plaisant..

Prométhium

Album publié en 2021 aux éditions Massot.


Résumé éditeur

Librement adapté du livre La Guerre des métaux rares de Guillaume Pitron publié le 10 janvier 2018.

couverture bd Prométhium

2043.
La transition énergétique a eu lieu : le monde s’est débarrassé du charbon et du pétrole. La planète est 100 %  » green « . Mais à quel prix…

Sud de la Malaisie.
Salem, chasseur expérimenté à la solde de l’une des plus grandes compagnies
d’exploitation de métaux rares, est sur les traces des derniers gisements de prométhium, le plus convoité de tous les métaux.

Nord-Est de la Sibérie.
Laszlo et Aude font une découverte qui pourrait tout changer et ruiner l’empire juteux de la greentech.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Prométhium »

Adapté de l’essai « La Guerre des métaux rares » de Guillaume PitronProméthium transpose en roman graphique ce que l’auteur nous criait déjà à la face : nos panneaux solaires, nos batteries électriques, tout ce qui nous permet de croire à une énergie propre, c’est extrait des entrailles de l’Afrique et de l’Asie. Coécrit par Séverine de la Croix et Guillaume Pitron, illustré par Jérôme Lavoine, cet album de 106 pages pose la question qui tue : à quel prix sauvons-nous la planète ?​

Nous sommes en 2043. L’Occident a vaincu le pétrole mais pas son vice : la rapine. Le prométhium ce métal rare et radioactif devient l’eldorado des multinationales vertes. Salem Hoarau, mercenaire sans scrupules, chasse ce minerai de mort tandis qu’en Sibérie, des écologistes français se demandent s’il existe une sortie à ce cauchemar.​

Graphiquement, Jérôme Lavoine ne laisse respirer personne. Ses traits durs, ses paysages de désolation minière imposent l’oppression. La bande dessinée ne cherche pas à plaire : elle veut déranger, montrer comment les corporations assument ouvertement l’écocide pourvu qu’elles soient rentables.​

Prométhium refuse la complaisance de la « croissance verte ». Elle dénonce le néocolonialisme écologique : les terres éventrées au Sud financent les recharges électriques au Nord, les maladies des mineurs ignorées pendant que nos voitures roulent « propres ». C’est brutal. C’est juste.​

Un dossier documentaire à la fin ancre la fiction dans la réalité, ce qui donne son poids à l’avertissement : il n’existe pas de transition écologique sans sacrifice massif, juste un sacrifice qu’on préfère ne pas voir.