Étiquette : 2021

Hemingway à Paris

Album publié en 2021 aux éditions 21g.


Résumé éditeur

Ernest Hemingway en BD (21 juillet 1899 / 2 juillet 1961).

couverture bd Hemingway à Paris

1921, Ernest Hemingway, jeune correspondant du Toronto Star Weekly, débarque dans un Paris bouillonnant et en pleine mutation.
Obsédé par l’idée de devenir un écrivain reconnu, il s’émerveille de la vie qu’il découvre et accumule les notes pour de futurs récits.
C’est là qu’il fait la connaissance de quelques figures incontournables de la littérature du XXe siècle, comme Blaise Cendrars, James Joyce, Ezra Pound ou F. Scott Fitzgerald… qui deviendront ses amis et confidents.
Gertrude Stein baptisera plusieurs d’entre eux la «génération perdue».

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hemingway à Paris »

Auteur complet, l’Américain Jeb Brown consacre la BD Hemingway à Paris à la jeunesse parisienne d’Ernest Hemingway, cette période fondatrice où l’inconnu devint écrivain. Ayant grandi à Key West, non loin de l’ancienne demeure du romancier, Jeb Brown en signe le scénario comme le dessin, dans une veine de bande dessinée documentaire.

Le récit adopte une construction en flash-back. En 1934, Ernest Hemingway déjà célèbre pêche le marlin au large de sa maison de Floride et, songeur, se remémore ses débuts. Nous voici transportés en 1921 : jeune correspondant du Toronto Star, Ernest Hemingway débarque dans un Paris bouillonnant, désargenté mais dévoré par l’ambition, installé rue Mouffetard avec sa première épouse Hadley.
Jeb Brown fait défiler les rencontres décisives, Gertrude Stein, James Joyce, Ezra Pound, F. Scott Fitzgerald, cette communauté d’exilés que Gertrude Stein baptisa la génération perdue. Loin de la seule légende du baroudeur, le livre restitue un homme plus complexe, traversé par le doute, dont la posture de dur à cuire masque une véritable inquiétude créatrice. Le vrai sujet, en creux, demeure la fabrique de l’écrivain, ces années d’apprentissage où se forge un style.

extrait bd Hemingway à Paris

Le dessin réaliste de Jeb Brown épouse cette nostalgie. Son trait soigné, volontiers rétro, ressuscite le Paris des Années folles, et quelques pleines pages consacrées aux monuments de la capitale offrent de belles respirations. La mise en couleurs, sobre, sert l’atmosphère d’époque sans esbroufe.

C’est une biographie graphique documentée et vivante. On la recommandera aux lecteurs de Paris est une fête, aux amateurs de la littérature américaine du XXe siècle et à qui veut arpenter le Paris littéraire des années 1920.



Les 2 œuvres d'Ernest Hemingway en BD

Pour qui sonne le glas
15 Avr 2026

Pour qui sonne le glas

Le vieil homme et la mer
9 Oct 2014

Le vieil homme et la mer

George Sand – Ma vie à Nohant

Album publié en 2021 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

George Sand (Aurore Dupin) en BD (1 juillet 1804 / 8 juin 1876).

couverture bd George Sand - Ma vie à Nohant

Les frasques de George Sand sont fameuses : ses liaisons hors mariages, son rejet de la bienséance hypocrite, son accoutrement masculin, son retentissant et passionné combat en faveur de l’émancipation et des droits de la femme…
L’autrice fait parler d’elle, résonner sa voix et, en s’adressant par l’écriture au monde, elle est aussi et avant tout célébrée pour son œuvre prolifique.
Dans ses textes, la campagne berrichonne a une place primordiale. Ses livres décrivent l’atmosphère campagnarde d’un monde qui n’existe plus mais qui fut le sien.
George Sand, si elle a fréquenté Paris, a passé la majorité de son existence dans sa demeure de Nohant. Ce domaine familial, où elle a grandi et vécu à partir de ses quatre ans, lui a donné l’amour des grands espaces et de la liberté.
C’est dans cette maison qu’elle s’est passionnée pour les histoires, c’est dans cette maison qu’elle a fait son éducation mondaine et paysanne.

C’est là-bas qu’elle a vu mourir tant de ses proches, et c’est là-bas qu’elle-même, elle mourra. Lieu isolé, paradis rupestre, cette bâtisse accueillera Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert ou même Chopin pendant presque dix ans. Nohant est, pour George Sand et ses invités, un lieu où peut fleurir la créativité.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « George Sand – Ma vie à Nohant »

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Les 3 œuvres de George Sand en BD

Indiana
15 Sep 2023

Indiana

Le chêne parlant
15 Avr 2021

Le chêne parlant

Mauprat
1 Avr 2008

Mauprat

Le chêne parlant

Album publié en 2021 aux éditions La Bouinotte.


Résumé éditeur

Adapté du conte de George Sand publié le 24 juin 1873.

couverture bd Le chêne parlant

On le dit hanté et doué de parole. Solidement planté au cœur
de la forêt de Cernas, ce chêne cinq fois centenaire effraie les paysans qui l’évitent.

C’est pourtant dans ses branches qu’Emmi, frêle petit gardien
de cochons, trouvera refuge. Une amitié hors du commun
ne tarde pas à naître
entre l’arbre vénérable
et le petit orphelin…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le chêne parlant »


Bruno Forget signe seul l’adaptation et les dessins de cet album, sa quatrième bande dessinée, après une trilogie consacrée aux Légendes Rustiques également d’après George Sand.
Le Chêne Parlant adapte l’un des contes que la « bonne dame de Nohant » fit paraître dans les années 1870, au cœur du recueil Contes d’une Grand-Mère, récits destinés à la jeunesse, écrits pour ses petites-filles, que George Sand avait nourris de contes traditionnels du Berry en y ajoutant une dimension philosophique et initiatique.


Le récit suit Emmi, frêle petit gardien de cochons qui trouve refuge dans les branches d’un chêne cinq fois centenaire au cœur de la forêt de Cernas arbre que les paysans évitent, le disant hanté et doué de parole. De cette rencontre naît une étrange amitié, légèrement magique, qui accompagne le jeune garçon sur le chemin semé d’embûches de son apprentissage vers l’âge adulte.


Bruno Forget ne cherche pas à moderniser le conte : il en assume les codes avec sincérité, ce qui lui confère une cohérence narrative. George Sand célébrait sous cette forme la communion essentielle de l’homme avec une nature trop longtemps négligée message que Bruno Forget porte avec justesse.
Le style graphique de Bruno Forget, ancré dans une tradition réaliste proche de l’illustration naturaliste, restitue la forêt berrichonne avec une attention sensible au détail végétal : jeux de lumière, textures des écorces, atmosphères saisonnières. Cette esthétique proche de la peinture de plein air renforce l’enracinement de l’histoire dans un terroir précis et crédible.

Le Chêne Parlant est une adaptation fidèle et visuellement généreuse, un bel hommage à l’œuvre de George Sand, porté par un auteur dont l’attachement au Berry transparaît à chaque planche.

Des Vivants – Le réseau du musée de l’Homme, 1940-42

Album publié en 2021 aux éditions Editions 2024.


Résumé éditeur

couverture bd Des Vivants - Le réseau du musée de l'Homme, 1940-42

Été 1940 : la France est occupée.
Certains pourtant refusent la fatalité : à Paris, au cœur du musée de l’Homme, quelques ethnologues se réunissent, bientôt rejoints par des gens de tous horizons ― avocats, religieuses ou garagistes.
Autour de Boris Vildé, d’Anatole Lewitsky, d’Yvonne Oddon, ces visionnaires posent les bases de la lutte qui mènera à la Libération : évasions de prisonniers, passages vers l’Angleterre ou la zone libre, et publication d’un journal clandestin, Résistance.
Mais ces insoumis de la première heure seront bientôt trahis, dénoncés à la Gestapo et, pour beaucoup d’entre eux, exécutés.

Avec Des Vivants, Raphaël Meltz et Louise Moaty proposent un scénario d’une grande richesse et d’une profonde intégrité : aucun dialogue n’a été inventé, les paroles prononcées par les personnages sont les leurs. Au terme d’une vaste plongée dans d’innombrables documents d’époque ― mémoires, lettres, témoignages, entretiens, journaux… ― ils composent ce récit en s’effaçant derrière la sincérité et la force de ces voix disparues.
Simon Roussin, grâce à une mise en scène subtile et un dessin d’une grande maîtrise, redonne vie à ces fragments d’Histoire, déployant avec justesse tout leur souffle romanesque.
Ensemble, ils composent une fresque puissante, rigoureuse et émouvante. Surgi très tôt, trop vite détruit, le réseau du musée de l’Homme est peu à peu sorti de la mémoire collective.
Cet album hors normes, à la fois enquête historique, roman de guerre et épopée grandiose, rend ainsi hommage à des hommes et des femmes emportés un jour par cette injonction formidable : résister.
Une folle audace autant qu’une évidence ; l’unique moyen, au-delà de tout, de rester vivants.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Des Vivants – Le réseau du musée de l’Homme, 1940-42 »

Des Vivants retrace l’histoire du réseau de résistance du Musée de l’Homme, actif entre 1940 et 1942. Lauréat du Prix Cases d’Histoire 2021 et du Prix du Jury au Festival d’Angoulême, cet album s’impose d’emblée comme une œuvre à part dans le paysage de la bande dessinée historique.

Raphaël Meltz et Louise Moaty ont relevé un défi rare : aucun dialogue n’a été inventé. Les paroles prononcées par les personnages (Boris Vildé, Anatole Lewitsky, Yvonne Oddon et leurs compagnons) sont les leurs, extraites de lettres, mémoires, témoignages et journaux d’époque. Ce parti pris narratif, loin de figer le récit, lui confère une densité émotionnelle saisissante. On n’assiste pas à une reconstitution : on entend des voix réelles résonner depuis l’abîme.

Du refus de l’armistice en juin 1940 aux condamnations du 17 février 1942, l’album suit pas à pas la structuration d’une résistance improvisée évasions, passages vers la zone libre, diffusion du journal clandestin Résistance, avant que trahisons et arrestations n’anéantissent le réseau.

extrait bd Des Vivants - Le réseau du musée de l'Homme, 1940-42


Plutôt que de recourir à des teintes sépia ou à un réalisme convenu, Simon Roussin déploie une palette chromatique originale et immédiatement reconnaissable, qui confère à l’ensemble une atmosphère singulière. Ce choix créé une distance poétique qui préserve la dignité des disparus sans jamais verser dans la complaisance mémorielle.

Des Vivants renouvelle le genre de la bande dessinée historique en refusant tout héroïsme fabriqué. Indispensable aux amateurs d’histoire, mais tout autant à quiconque croit encore au pouvoir de la forme pour dire la résistance humaine.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

L’Île du docteur Moreau – Tome 1

Album publié en 2021 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

Adapté du roman de H.G. Wells publié le 17 avril 1896.

couverture bd L'Île du docteur Moreau - Tome 1

Suite à un naufrage, Edward Prendick est secouru par un navire faisant route vers une île tropicale.
À son bord, il côtoie Montgomery, l’assistant du docteur Moreau, un scientifique dont le travail est centré sur la vivisection.
Prendick découvre bientôt que les deux hommes se livrent depuis des années à des expériences sur les animaux dans le but de développer chez eux des compétences humaines.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Île du docteur Moreau – Tome 1 »


Cent vingt-cinq ans après la parution originale du roman de H. G. Wells, L’Île du docteur Moreau renaît sous la forme d’un diptyque en bande dessinée, publié par Delcourt dans sa collection Ex-Libris, dédiée aux classiques de la littérature mis en images par le neuvième art.
Classique de la littérature fantastique, le roman de H. G. Wells reproduisait les inégalités humaines en les amplifiant dans un conte philosophique saisissant, où l’homme apparaît proche de l’animal, toujours fasciné par la cruauté. Stéphane Tamaillon s’empare de ce matériau avec une fidélité scrupuleuse à l’esprit de l’œuvre.

Le rythme, relativement lent, accentue la tension dramatique : petit à petit, la curiosité se transforme en surprise avant de laisser place au mystère et au malaise. Ce premier tome pose les jalons avec une efficacité certaine. Le récit ne souffre d’aucun temps mort, et démontre que la face sombre du scientisme propre à la fin du XIXe siècle n’a rien perdu de sa modernité pour interroger les démons actuels.

Sur le plan graphique, la mise en image de Joel Legars convainc par sa modernité, sa lisibilité et l’élégance des attitudes des personnages, entre chaleur et expressivité théâtrale. Le traitement des décors adopte une technique plus traditionnelle, tandis que la palette chromatique d’Anna Conzatti installe une atmosphère sombre et brumeuse, baignée d’une lumière de crépuscule très présente. L’île de Moreau n’est jamais un paradis, mais toujours une menace voilée.
La tension s’installe dès les premières pages et culmine dans la scène chaotique qui clôt ce premier tome, laissant le lecteur impatient de la suite.


L’évasion – Lyon 1943

Albums publiés en 2021 aux éditions Jarjille.


Résumé éditeur

couverture bd L'Évasion - Lyon 1943

La silhouette de la prison de Montluc, à Lyon, est connue des Français depuis que Klaus Barbie y a symboliquement été enfermé au moment de son procès.
Sous l’Occupation, la Gestapo y détenait les résistants et les juifs avant leur exécution ou leur déportation.
Membre du réseau Groussard, André Devigny y fut emprisonné en avril 1943. Mais il s’était juré de s’évader.
Un récit inspiré de faits réels, suivi d’un cahier historique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Évasion – Lyon 1943 »

Quand un professeur d’histoire autodidacte du dessin signe seul scénario, illustrations et couleurs d’une bande dessinée documentaire, le résultat pourrait n’être qu’un exercice appliqué. Avec L’Évasion – Lyon 1943, Mathieu Rebière réussit bien davantage : une œuvre sobre et tendue, portée par une rigueur rare.
Six ans de travail ont été nécessaires pour finaliser cet album, dont l’écriture avait démarré en 2015. Le sujet s’est imposé à lui lors d’une visite scolaire : c’est en découvrant la prison de Montluc, désormais reconvertie en mémorial, que Mathieu Rebière tombe sur l’histoire d’André Devigny. Il lit ses mémoires d’après-guerre, rencontre son fils, et construit un récit fourmillant de détails authentiques jusqu’aux 2,12 m² de la cellule et au lit de fer qui la meuble.

Au niveau du scénario, l’album dépasse la simple chronique de résistance. Le rôle ambigu du jeune Antoine Gimenez, qui accompagne André Devigny au dernier moment dans l’évasion, introduit une tension inattendue. La mécanique de l’évasion elle-même, André Devigny comprend comment démonter sa porte grâce aux techniques apprises auprès de son oncle menuisier, à l’aide d’une simple cuillère, confère au récit une ingéniosité concrète, loin du mythe héroïque.

extrait bd L'Évasion - Lyon 1943

Mathieu Rebière développe un trait classique et bien senti, au service d’une narration efficace plutôt que spectaculaire. Les couleurs, volontairement retenues, restituent l’atmosphère pesante de l’Occupation sans effets dramatiques forcés. Un dossier historique en fin d’album complète l’ensemble, ancrant l’œuvre dans la démarche documentaire.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Irena – L’Ange du ghetto – Édition complète

Album publié aux éditions Glénat en 2021.


L’histoire vraie d’une héroïne oubliée.

couverture bd Irena - L'Ange du ghetto - Édition complète

Décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, Irena Sendlerowa, résistante et militante polonaise, fut l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle est oubliée des livres d’Histoire…
C’est en lisant par hasard un article sur elle que Jean-David Morvan a eu le déclic : sa vie devait être racontée. Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, ils retracent le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste. »

Porté par un dessin d’une grande sensibilité et pour la première fois dans une édition complète qui reprend tous les codes du roman graphique, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel… Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Irena – L’Ange du ghetto – Édition complète »

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extrait bd Irena - L'Ange du ghetto - Édition complète

Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

N.E.O. – 2 – Un nouveau monde

couverture bd N.E.O. - 2 - Un nouveau monde

Album publié en 2021 aux éditions Jungle.


Résumé éditeur

Adapté du roman La chute du soleil de fer de Michel Bussi publié le 1er octobre 2020.

couverture bd N.E.O. - 2 - Un nouveau monde

Les clans sauront-ils s’allier contre la menace qui les guette ?

La tribu du Tipi et celle du château sont enfin réunies. Seuls quelques enfants ont choisi de partir vivre en marge avec Mordélia.
Les ados décident alors de se lancer dans une expédition, en la mer, dans l’espoir de trouver d’autres enfants ayant survécu au Nuage.

Mais Zyzo et Chrysanthe découvrent un livre susceptible de bouleverser l’entente toute nouvelle entre les deux clans…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « N.E.O. – 2 – Un nouveau monde »

Ce second tome de la série N.E.O. s’inscrit dans la continuité d’une adaptation ambitieuse : Maxe L’Hermenier et le dessinateur Djet signent une remarquable transposition du roman de Michel Bussi, donnant vie à une galerie de personnages à travers un récit choral rythmé et parfaitement orchestré.

Un an après les événements du premier tome, les enfants du Tipi et du Château se trouvent désormais réunis. Mais cette unification fragile devient le véritable moteur du récit : comment bâtir une société quand les mythes fondateurs vacillent ? La découverte d’un livre susceptible de bouleverser l’entente toute nouvelle entre les deux clans agit comme un révélateur philosophique autant que narratif. Le scénario interroge sans détour la légitimité du pouvoir, la transmission de la vérité et les tensions entre mémoire collective et survie, des thématiques d’une maturité remarquable pour une œuvre jeunesse.
Mordélia incarne une dissidence radicale, Chrysanthe et Zyzo portent le poids des révélations historiques, tandis que des figures comme Lupo apportent une distance critique bienvenue face aux certitudes des clans. Le scénario dense et bien construit est sublimé par de magnifiques graphismes.

extrait bd N.E.O. - 2 - Un nouveau monde

Le trait de Djet, aux couleurs soignées de Diego L. Parada, restitue avec efficacité le Paris post-apocalyptique de Michel Bussi : une ville reconquise par l’enfance, entre ruines chargées de sens et espaces ouverts évoquant une liberté à inventer. Chaque planche respire l’urgence du monde en construction.
Ce second tome s’avère particulièrement enthousiasmant et convaincant. Il s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes sensibles aux dystopies humanistes. Une série qui grandit, comme ses héros.


N.E.O. – 1 – La chute du soleil de fer

couverture bd N.E.O. - Tome 1 - La chute du soleil de fer

Album publié en 2021 aux éditions Jungle.


Résumé éditeur

Adapté du roman La chute du soleil de fer de Michel Bussi publié le 1er octobre 2020.

couverture bd N.E.O. - 1 - La chute du soleil de fer

Zyzo et Alixe parviendront-ils à l’éviter, tout en sauvant les membres de leur clan ?

Un nuage empoisonné s’est répandu sur terre.
Seuls quelques adolescents n’ont pas été exterminés par le cataclysme.
Alixe vit au Louvre (« le Château ») avec d’autres privilégiés, tandis que Zyzo tente de survivre en habitant la tour Eiffel (« le Tipi ») avec son clan.
Mais lorsque les animaux sont empoisonnés, la nourriture vient à manquer à ceux du Tipi. Pour eux, aucun doute, les enfants du Château sont coupables.
La guerre va être déclarée !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « N.E.O. – 1 – La chute du soleil de fer »

Adapté du premier roman jeunesse de Michel Bussi, paru en octobre 2020 aux éditions Pocket Jeunesse, ce premier tome plonge le lecteur dans un Paris post-apocalyptique où les adultes ont disparu, décimés par un nuage empoisonné, et où des adolescents livrés à eux-mêmes tentent de survivre. Le duo Maxe L’Hermenier et Djet, qui avaient déjà collaboré ensemble sur La Rivière à l’envers, s’approprie cette dystopie young adult avec une maîtrise affirmée.

Le Louvre (rebaptisé « le Château ») abrite un clan de jeunes instruits et organisés, tandis que la Tour Eiffel, surnommée « le Tipi », sert de refuge à une tribu de chasseurs débrouillards. Cette géographie symbolique est l’un des atouts du récit : les monuments parisiens dépouillés de leur prestige deviennent des métaphores vivantes des fractures sociales. Les thèmes de la survie, de l’écologie, de l’amitié et des inégalités face à la culture s’y déploient naturellement.

extrait bd N.E.O. - 1 - La chute du soleil de fer

Djet, dessinateur réunionnais également actif dans l’animation et le jeu vidéo, signe des planches aux personnages expressifs et aux décors soignés. Malgré le cadre post-apocalyptique, il fait le choix d’une palette lumineuse et colorée : ce Paris envahi par la végétation est magnifique, contrastant avec la violence latente de l’intrigue. Les compositions jouent habilement des perspectives pour accentuer la force de certains passages.

À mi-chemin entre L’Autre Monde de Maxime Chattam et Le Labyrinthe de James Dashner, cette Chute du soleil de fer parvient à s’imposer par une identité qui lui est propre. Une entrée en matière convaincante, recommandée aux adolescents comme aux adultes curieux de dystopies bien construites.


George Sand, fille du siècle

Album publié en 2021 aux éditions Delcourt.


Résumé éditeur

George Sand (Aurore Dupin) en BD (1 juillet 1804 / 8 juin 1876).

couverture bd George Sand, fille du siècle

George Sand est née en 1804, à une époque où dans le code civil, les « débiles mentaux, les mineurs, les criminels et… les femmes » étaient privés de droits juridiques.
Elle connut la gloire autant que Balzac ou Flaubert, eut des amants (Musset ou Chopin…) et des maîtresses, changea de nom, divorça, porta le pantalon…
Elle aimait la vie, la nature, la politique, la musique et la littérature…


extrait bd colette

L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « George Sand, fille du siècle »

Aurore Dupin, dite George Sand, méritait une biographie à la hauteur de son destin fracassant. La scénariste Séverine Vidal et dessinatrice Kim Consigny ont relevé ce défi en livrant un roman graphique de 333 pages qui s’impose d’emblée comme une œuvre de référence.

Séverine Vidal s’est engagée dans dix-huit mois d’écriture, saisie par cette femme « entre deux mondes, aux deux sangs mêlés, aristocrate par son père, plébéien par sa mère, et qui s’est toujours placée du côté du peuple ». Ce regard affectueux mais lucide traverse chaque séquence : de l’enfance complexe de la petite Aurore à Nohant jusqu’à sa mort, en passant par ses engagements politiques, ses amours et sa production littéraire dont des extraits de romans et de lettres sont habilement intégrés au récit. Le choix de la linéarité chronologique permet de restituer avec clarté l’évolution du personnage vers un féminisme affirmé, particulièrement en avance sur son époque.

extrait bd George Sand, fille du siècle

Kim Consigny a multiplié les recherches historiques, biographies, autobiographie, lettres, romans de Sand, pour restituer avec authenticité les modes, les intérieurs et les visages qui traversent tout le XIXe siècle. Son trait simple et efficace, sa mise en scène allant à l’essentiel, donnent une puissance narrative.

Ce roman graphique en noir et blanc est une véritable radioscopie du XIXe siècle, pour quiconque aime la littérature, la politique ou la musique. Accessible dès l’adolescence, il réconcilie rigueur biographique et plaisir de lecture.



Les 3 œuvres de George Sand en BD

Indiana
15 Sep 2023

Indiana

Le chêne parlant
15 Avr 2021

Le chêne parlant

Mauprat
1 Avr 2008

Mauprat